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Un jour,

Un jour je m'emparerai de votre ombre,

je m'en ferai un long manteau fantôme,

à proximité de vous,

je serai dans vos pas plus vivante, pas à pas !

Un jour je boirai en douce, dans votre verre,

j'y laisserai mes lèvres, leur parfum,

ce bouche à bouche sans réserve et secret,

incendiera nos mots à venir !

Un jour vos mains seront les miennes

et vice versa, votre silhouette épousera la

mienne, dès lors qu'elle la frôlera,

la bousculera tout en dedans !

Désir.

NINA 

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Instantanés_Itinéraires_à_pieds_à_continuer_Vale_Of_Glendalough_Wicklow_Mountains_Ireland

Tellement les jours, à travers la brillante étoile.

Vale of Glendalough.

L’hiver chemine le long de ses sentiers.

Lough Nahanagan.

Quand le gel blanchit au lever du soleil le froid de l’hiver.

Quand dehors, les yeux parlent, et quand dedans, ils te reprennent.

A gauche après le pont dans le village.

Et puis loin, très loin.

Le long des courbes, le chemin continue avec une vue sur les Wicklow Mountains.

Danse et chant des pierres foulées aux pieds.

L’âge de l’arbre au sommet de la colline en face semble indéfinissable,

Et à son approche, après une heure de marche, il nous regarde en fait juste à notre taille.

Glendasan River.

Summit of Camaderry.

The Spink.

Tellement les jours, et ailleurs, un coup d’archet et leurs sourires,

Face au flot des forêts et des voluptés de leurs collines.

Julien Boulier

A Brest

Le 20 janvier 2020

texte déposé Sacem 

code oeuvre  3460963711

 

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SI SEULE.

Face au miroir, 

ma robe ivoire, glisse dans le noir,

ma peau ne se laisse plus voir

depuis son désespoir de n'être plus

l’alliage de la vôtre !

Face au miroir,

mon regard épars, se perd dans le noir,

car il vous cherche, ne se laisse plus voir

ailleurs qu'ici, depuis son désespoir de n'être

plus jumelé au vôtre !

Face au miroir,

mes gestes tâtonnants, éclaircissent le noir,

car ils ne désirent que retrouver vos mains,

ne se laissent plus voir en plein jour,

depuis leur désespoir de n'être plus mêlés aux vôtres !

Face au miroir, me voilà infiniment seule !

NINA

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POURQUOI PAS !

Faire d'une sente, un long chemin,

d'un boulevard, un jardin,

d'un océan pollué, une mer originelle,

d'un marécage, un ruisselet bavard,

d'un abandon, un corps qui s'ouvre,

d'une porte fermée, un entrebâillement de vous,

d'un brouhaha, un silence,

d'une guerre, une réconciliation,

d'un immobilisme, une danse,

d'un cri, un chant,

d'un mutisme, une écriture,

d'un vertige, un frisson,

de l'obscurité, une transparence,

de l'oubli de soi, une enfance,

d'un renoncement, une audace,

d'une rupture, un grandissement,

d'une chute, une ascension,

d'une rose fanée, un nénuphar,

d'une gifle, un enlacement,

de l'indifférence, un simple regard,

du quotidien, l'extraordinaire,

d'un sommeil agité, le souvenir d'un rêve,

d'une grossièreté, l'altitude d'un mot,

d'un grand froid, une chaleur bienfaisante,

d'un livre brûlé, le souvenir de sa voix,

d'une adolescence volée, un cahier retrouvé,

d'un chant, un opéra,

d'un opéra, une symphonie,

d'une symphonie, l'éternité.

Faire de la vie, LA SIENNE.

NINA

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Amoureuse,

L'hiver dans ma tête me dessine un été,

une tempête dans mon corps, fait éclore l'ondée bleue,

l'absence de vous, m'apporte des mots féconds,

l'ombre en plein soleil, expire sous ma plume,

mon cœur ensanglanté cicatrise, dès lors que j'espère,

les larmes sur mon visage se diamantent à l'approche de vous,

ma peau sous mon pull blanc, contre vous s'incendie,

nos yeux pensifs et chauds, s'étreignent en pleine foule,

nous existons ainsi.

NINA

 

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PLEINE LUNE.

L'épouse du soleil, insomniaque fait la fête,

illumine la terre depuis la salle de bal, le ciel immense

et noir, d'où dansent leurs maintes filles, vêtues

comme des étoiles !

L'épouse du soleil, trottine dans l'infini et nous

tend son regard, chaleureux, tranquille, alors

que le soleil, son époux fabuleux, sommeille,

ne prend plus feu !

Les deux originels amants, rendent un peu

jalouses, la terre et puis les mers et même

moi et vous, tellement sans un seul mot, ils

s'aiment et très fort se touchent !

Ce soir, c'est la pleine lune, toute dorée et 

ronde, au dessus des toitures elle vagabonde,

blonde. 

NINA

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SOLITUDE

D'ici, je contemple la mer,qui s'argente sous la pluie,

plus de bruit, rien que le murmure des flots, le rythme ralenti

des vagues, des déferlantes.

Mes pensées sont trempées, hiberne tout mon corps, ma tête

esseulée vers vous caracole, alors que mes yeux fous si loin

de vous dégringolent, s'assombrissent.

D'ici, je regarde la Seine que j'ai prise pour la mer, l'instant

d'une pensée folle, alcoolisée sans l'audace de la vôtre, la

fulgurance d'un baiser de vous sur mes yeux consolés.

D'où je suis, à chaque instant je vous espère, je tâtonne 

l'espace à la recherche éperdue, de votre geste pour moi

si nu !

NINA

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le jour se lève...

le jour se lève, un zigzag rose zèbre le ciel...

Le gris s'estompe, place au turquoise, il va faire beau!

Si solitude aussi souffrance distillent leur fiel

Vouloir sourire ainsi guérir de tous les maux...

Matin enchante, l'immensité danse sa joie

Fleurit le temps, joli moment, fragile l'instant...

Ta voix résonne et je frissonne, bonjour l'émoi

En plein hiver, petite merveille, un goût d'printemps!

J.G.

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INTRODUCTION
Le 19 avril 1945, alors qu’il vient d’être rapatrié du camp d’extermination de Nordhausen, Henri Megglé dicte ce qu’ont été ses dix-huit mois de déportation dans les camps de Buchenwald, Dora/Mittelbau, et Nordhausen.
Déportation précédée par son arrestation à Vichy en juillet 1943, par son emprisonnement dans la prison de Montluc à Lyon, et par son transfert dans le camp de transit de Compiègne.
« Cette note, composée de 23 feuillets, est le récit pris en sténotypie, de Henri MEGGLÉ, âgé de 27 ans, arrêté par la Gestapo à Vichy en juillet 1943, expédié en décembre à Compiègne, puis après une quinzaine de jours, à Buchen-wald. (…)
Au moment de son arrestation Henri MEGGLÉ faisait partie de l’organisation M.U.R. (Mouvements Unis de la Résistance) où il travaillait sous la direction de Jean PRONTEAU “Groupe Cévennes”.
Son récit a été recueilli le lendemain de son arrivée au Bourget par avion, alors qu’il est couché et dans l’incapacité absolue de circuler.
Son poids actuel est de 38 kg, son poids normal est de 79 kg.
Nous croyons savoir qu’Henri Megglé est le premier ré-sistant effectif à être arrivé au Bourget, de la région de Weimar »
(Note transmise par Stéphane Simon avec le texte de Saint-Tropez)

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Pour un peu de bleu

Certains jours
l’on voudrait seulement
tourner le dos
aux nuits obscures
aux ciels de feu
aux barbelés
au vacarme du monde
l’on voudrait seulement
que tout bascule
dans le bleu

.........................
Martine Rouhart

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Hymne à la Terre nourricière

12273322268?profile=originalHymne à la Terre nourricière

 

Bombe, navette, javelle, fuseau,

fils de feu, pétrifiante parabole,

tissent leur voile au point de croix.

Terre terreur sème ses cataclysmes,

laisse sa trame cataplasme

grains de riz ou marasme

croute de pain, sel de cette sphère

qui en son cœur puise ses ressources

où la vie paie son tribut au destin

Couleur du sang séché

qui abreuve nos sillons,

coulées de boue issues du flanc

de montagnes de cendres

Chant des soldats du sein

de notre mère la Terre

Nuées ardentes, prières de pierres

Désert d’où surgira demain.

 

Michel Lansardière

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Pentes prospères des volcans aux pieds desquels les Anciens s’établirent, à Pompéi ou ailleurs. Ainsi, sur l’île de Pâques, les immenses moaï sculptés par les Rapanuis, du début du XVIe siècle (ou XIe siècle selon les hypothèses) jusqu’à leur déclin dans la première moitié du XVIIe, étaient taillés dans la roche volcanique (tuf) issue de la carrière creusée dans le volcan Rano Raraku (carrière de Puna Pau, à une douzaine de kilomètres de la première, pour les coiffes, pukao, de tuf rouge). Ces idoles étaient tout à la fois des sculptures rituelles et bornes fertilisantes grâce aux sels minéraux (calcium, phosphore) et autres oligo-éléments qu’elles concentrent, maintenant par ailleurs l’hydratation des sols. Une vénération qui vous revitalise. « Il est, paraît-il,
des terres brûlées donnant plus de blé
(ou, en l’occurrence, bananes, taros ou patates douces) qu'un meilleur avril. » Il n’en demeure pas moins vrai que la surexploitation de l’île est devenue emblématique de la catastrophe écologique. «  Neuf cent millions de crève-la-faim, et moaï et moaï et moaï. » Je n’irai pas plus loin.

 

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Photos M. L. :

  • Moaï de l’île de Pâques (Musée du Louvre, Paris) ;
  • Bombe volcanique en fuseau (Chaîne des Puys, Auvergne). Pour obtenir cette forme en navette, il faut que la lave projetée soit encore assez fluide, visqueuse, pour, en tournoyant dans l’air, prendre cette allure fuselée, puis suffisamment refroidie pour ne pas s’écraser au sol comme une bouse. La bombe affecte alors cette allure caractéristique, mais pas si courante, d’un grain de blé, promesse peut-être de moissons futures ;
  • « Pour qu’un ciel flamboie le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ? », (J. Brel). Eruption nocturne du Stromboli dans les Îles Eoliennes.
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Merveilleuse année 2020

12273321461?profile=originalLes lampions se sont éteints, les humains sont rentrés chez eux et la vie reprend "peu à peu" son cours.  Bonne année, joyeux Noël, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté… 

Et à propos, où sont ces êtres qui portent la lumière, faisant fuir l’obscurité qui semble couvrir notre avenir ?  Bonne année, dansottons sous les trémolos d’un violon et faisons sauter les bouchons dans l’espoir d’un peu d’ivresse.  Les excès d’un éphémère instant de liesse nous fera oublier la réalité, les victimes de la méditerranée, les rejetés d’une société en panique et les mensonges étalés par une publicité omniprésente. 

Joyeux Noël et bonne année certes, même si, malheureusement, je déteste les fêtes, les souhaits ânonnés du bout des lèvres, d’un sourire de circonstance et l’haleine chargée par des relents de repas plantureux pour certain, de "crève misère" pour d’autres,  tant pis si le monde continue à tourner de plus en plus vite, de moins en moins contrôlé par un chauffeur irresponsable. 

Les bourses se délient, les montants consacrés sont écœurants, le markéting se porte bien.12273321673?profile=original Certains  nous enlisent sous des messages de paix tandis qu'au même instant, sous prétexte de religions d’autres affûtent leurs armes attisant les haines  qui ne sont, somme toute, que nuages de fumée, mais pour quelles raisons ?  Sommes-nous réellement prêts à assumer la paix ?  Sommes-nous conscients de ce que cela veut dire ?  Que ce mot se mérite, demande de l’effort, de l’empathie, du partage et de la tolérance.  La paix signifie tendre la main sans essayer de tirer l’autre à soi, c’est faire preuve de tendresse sans pour autant oublier sa propre éducation.  La paix  c’est respecter l’intimité de chacun sans imposer la sienne.  En d’autres mots, c’est compliqué même si l’impossible n’existe pas, pas encore, pas si nous nous offrions du temps en oubliant de juger plutôt que d’essayer de comprendre.

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Ainsi 2020 fait son entrée.  Sidney tremble devant les flammes et la ville déploie la fureur d’un feu d’artifice hors norme.   « Les secours nous coûtent une fortune », proclamait un dirigeant devant les caméras.  Belle comédie si l’on oublie de quantifier le budget de cette parade d’explosion qui feront trembler la ville sous les regards effarés des pompiers qui luttent contre l’avancée des flammes. 

Bonne année!  Oui, certes, en remerciant tous ceux qui veillent au creux des hôpitaux, à ceux qui gardent les routes, qui veillent sur notre sécurité.  Bonne année oui, même à ceux  qui combattent les pénibles respirations et surtout pour ces porteurs de larmes qui sanglotent pour de multitudes raisons. 

Non, je n’aime pas la période des fêtes.  Je crains cette période, non pas pour ce qu’elles représentent au contraire, mais en raison d’une hystérie commerciale qui s’est emparée d’un sujet qui mériterait d’être épuré tout simplement. 

Oui, la lumière va reprendre ses droits, oui le chant des oiseaux s’entendra en pétillement heureux, oui les bourgeons vont poindre timidement le nez.  Ainsi, à mon regard, c’est dans cette manifestation que se fête l’an neuf.  Je regarde les champs de ma jeunesse, ils n’existent plus, seuls quelques arbres plantés artificiellement  rappellent qu’ici la forêt prenait ses marques.  Le petit peuple des bois s'est exilé.  Il a été remplacé par quelques lotissements, par un vomissement de voiture à chaque levé du jour, à chaque fin de journée et devant cette absurdité le rouge-gorge tremble d’être un jour égorgé en raison de son besoin de liberté.  Oserais-je avouer que j’ai peur ?  Peur de vieillir non en raison de l’âge, du grincement de mes articulations, mais devant la crainte qu’un matin il soit décidé que nos carcasses dérangent.  Il n’est pas bon d’être inutile lorsque l’on fréquente nos contrées.  Chacun se doit d’être rentable, d’engraisser les caisses, de se lever, de se coucher, de se battre pour trouver une petite place, une place digne ?  Qu’est-ce la dignité ?

Ce matin les gueules de bois prédominent tandis que les égouts débordent.  Ce matin c’est un peu comme hier, comme un biscuit géant sur lequel on serait assis et pour survivre, on grignote peu à peu.  Sérieusement, dans quoi va-t-on tomber ?

Bonne année, même si le sourire semble avoir déserté mon regard je vous souhaite que le vôtre brille intensément.

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Philippe De Riemaecker

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Deux enquêtes du commissaire Zorro!!!

« Moi, j’aime pas l’été.

     A partir de trente deux degrés, je suffoque, je bous, je ramollis. Bref, je suis en apnée. Et trente deux degrés, l’été, dans mon Languedoc natal, c’est du courant, du normal, de la petite bière...

    Dans ces cas-là, j’hiberne.

     Blottie au fond de ma maison bien fraîche, je démultiplie mon rythme, je procrastine allègrement et sans scrupules, demain il fera jour, comme disent les vieux sages…et peut-être un peu moins chaud, qui sait ?

    Et je mets le nez dehors le matin, de très bonne heure...    

    Je prends mon petit déjeuner face aux montagnes, et hop, c’est l’heure de la balade, à pieds ou en vélo.

     Ce matin-là, c’était en vélo. »

 

     Sauf que ce matin-là, la balade d’Elsa Dekermarech, artiste peintre installée à Montréal, village bordé par le joli massif de la Malepère dans l’Aude, va plonger dans un inconnu d’autant plus inquiétant qu’il est étroitement lié à un tableau du peintre Soulages.

     Heureusement le commissaire Zorro n’est pas loin !12273320257?profile=original

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ABSENCE.

Je suis peinée par votre silence, triste,

les secondes, les minutes, les heures et les jours

traversés seule, tout en couleurs, ne défleurissent pas mon cœur,

mais au contraire l'arrosent de vous,

Je suis perdue sans votre peau, vos gestes, triste, 

votre visage, votre silhouette, votre voix et vos mains,

si éloignés de moi, illuminent pourtant mes nuits,

m'illimitent

Je suis grande de nous, forte,

votre absence incandescente est tombée dans mes mots,

tout en peau, pour retenir peut-être vos sombres yeux

d'homme tout le temps pressé.

Je suis celle, qui de vous, ne désespère jamais !

Nina

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Chant de l’apocalypse

 

 

 

Les vents de l’oubli

Répandent leurs arômes  

Prélude au déluge

Le soleil traîne ses rayons

Entre les marécages de l’imposture

Et les méandres  de la perfidie

 

Déborde le désespoir

Aux abords   de l’apocalypse...

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HIVERS,

Ne croirait-on pas traverser un village empaqueté

dans un voile de tulle, puis voir s'immobiliser les arbres,

les roses et tout le reste jusqu'au soleil levant ?

Ne croirait-on pas entendre le son atténué d'un

clocher, par la brume caché, puis d'une voix blanche

murmurer les arbres enneigés ?

Ne croirait-on pas voir disparaître le ciel, déserté

par le soleil, les étoiles et même par les nuages bleutés

et si légers, puis la terre monochrome peu à peu

s'endormir ?

Ne croirait-on pas ressentir sur nos peaux le baiser

fragile et chaud d'un flocon sans nul poids, puis sur nos

chevelures brunes tomber des bouts de lune et sur

nos visages offerts, des pépites de soleil ?

Ne croirait-on pas toucher l'épiderme de l'hiver, lorsque

nos doigts posés sur les troncs des chênes et des

pommiers s'en étonnent et s'y brûlent ?

A l'heure ou je vous écrit, la nuit a tout repris ; les

maisons, les chats, les rivières et les mers, 

jusqu'à à la terre entière, mais point vous !

NINA

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NOEL,

Des couleurs inventées tombent du ciel,

Des soleils pleins les yeux, je contemple la neige,

Des clartés argentées, fleurissent ici et là, 

Des sapins majestueux bruissent mélodiquement,

Des jardins bleus et verts, s'endorment avec le chant du vent,

Une enfance naissante, s'enchante des vocalises du firmament

Un pull over blanc mélangé à la neige,

Une robe pastel empourprée par le parfum de vous, 

Des tourterelles grises vêtues de lainages clairs,

Des cadeaux pleins le ciel, la terre, jusqu'à la mer marine,

Je contemple tout cela en murmurant ; QUE C'EST BEAU !

NINA

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L'HIVER.

Je regarde par la fenêtre tomber la neige,

s'éclaircir le jardin et s'obscurcir le ciel,

le soleil semble être tout en verre et

en cristal toutes mes roses d'hiver,

j'imagine tout près la montée de la mer !!

Je regarde par la fenêtre tomber la neige,

sautiller ici et là, deux pies joyeuses, concertistes,

et ployer sous un lainage blanc mon rosier

et mon houx, et j'entends s'approcher

mon amour à pas de loup !

Je regarde par la fenêtre tomber la neige,

s'amuser des enfances, à lancer des flocons,

et  passer dans le ciel deux tourterelles claires,

qui s'élancent vers avril et des villes hispaniques !

oui je regarde l'hiver, pour moi seule composer

une douce musique.

NINA

 

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On nous dit



On nous dit qu'il existe des pays tout blancs,
Qu'en cette saison la pluie est comme le vent,
Légère, transportée aux souffles du froid,
Bâtissant des palais de verre entre les doigts.

On nous dit que cette pluie est un manteau blanc,
Qu'elle recouvre les plaines, les parcs et les bancs,
Qu'elle mouille à peine et fait rire les enfants
Quand de joie ils la serrent entre leurs gants.

On nous dit qu'en cette saison où il y fait froid
Il y a des maisons avec des cheminées,
Qu'on y a coupé un arbre illuminé
Et que demain un vieux monsieur s'y arrêtera.

On nous dit tout cela mais on ne le croit pas.
Ici les palais ne tombent jamais du ciel,
Ils ne sont pas de pluie et il n'y fait pas froid ;
On nous dit tout cela mais est-ce vraiment réel ?

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