Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Les lampions se sont éteints, les humains sont rentrés chez eux et la vie reprend "peu à peu" son cours.  Bonne année, joyeux Noël, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté… 

Et à propos, où sont ces êtres qui portent la lumière, faisant fuir l’obscurité qui semble couvrir notre avenir ?  Bonne année, dansottons sous les trémolos d’un violon et faisons sauter les bouchons dans l’espoir d’un peu d’ivresse.  Les excès d’un éphémère instant de liesse nous fera oublier la réalité, les victimes de la méditerranée, les rejetés d’une société en panique et les mensonges étalés par une publicité omniprésente. 

Joyeux Noël et bonne année certes, même si, malheureusement, je déteste les fêtes, les souhaits ânonnés du bout des lèvres, d’un sourire de circonstance et l’haleine chargée par des relents de repas plantureux pour certain, de "crève misère" pour d’autres,  tant pis si le monde continue à tourner de plus en plus vite, de moins en moins contrôlé par un chauffeur irresponsable. 

Les bourses se délient, les montants consacrés sont écœurants, le markéting se porte bien. Certains  nous enlisent sous des messages de paix tandis qu'au même instant, sous prétexte de religions d’autres affûtent leurs armes attisant les haines  qui ne sont, somme toute, que nuages de fumée, mais pour quelles raisons ?  Sommes-nous réellement prêts à assumer la paix ?  Sommes-nous conscients de ce que cela veut dire ?  Que ce mot se mérite, demande de l’effort, de l’empathie, du partage et de la tolérance.  La paix signifie tendre la main sans essayer de tirer l’autre à soi, c’est faire preuve de tendresse sans pour autant oublier sa propre éducation.  La paix  c’est respecter l’intimité de chacun sans imposer la sienne.  En d’autres mots, c’est compliqué même si l’impossible n’existe pas, pas encore, pas si nous nous offrions du temps en oubliant de juger plutôt que d’essayer de comprendre.

Ainsi 2020 fait son entrée.  Sidney tremble devant les flammes et la ville déploie la fureur d’un feu d’artifice hors norme.   « Les secours nous coûtent une fortune », proclamait un dirigeant devant les caméras.  Belle comédie si l’on oublie de quantifier le budget de cette parade d’explosion qui feront trembler la ville sous les regards effarés des pompiers qui luttent contre l’avancée des flammes. 

Bonne année!  Oui, certes, en remerciant tous ceux qui veillent au creux des hôpitaux, à ceux qui gardent les routes, qui veillent sur notre sécurité.  Bonne année oui, même à ceux  qui combattent les pénibles respirations et surtout pour ces porteurs de larmes qui sanglotent pour de multitudes raisons. 

Non, je n’aime pas la période des fêtes.  Je crains cette période, non pas pour ce qu’elles représentent au contraire, mais en raison d’une hystérie commerciale qui s’est emparée d’un sujet qui mériterait d’être épuré tout simplement. 

Oui, la lumière va reprendre ses droits, oui le chant des oiseaux s’entendra en pétillement heureux, oui les bourgeons vont poindre timidement le nez.  Ainsi, à mon regard, c’est dans cette manifestation que se fête l’an neuf.  Je regarde les champs de ma jeunesse, ils n’existent plus, seuls quelques arbres plantés artificiellement  rappellent qu’ici la forêt prenait ses marques.  Le petit peuple des bois s'est exilé.  Il a été remplacé par quelques lotissements, par un vomissement de voiture à chaque levé du jour, à chaque fin de journée et devant cette absurdité le rouge-gorge tremble d’être un jour égorgé en raison de son besoin de liberté.  Oserais-je avouer que j’ai peur ?  Peur de vieillir non en raison de l’âge, du grincement de mes articulations, mais devant la crainte qu’un matin il soit décidé que nos carcasses dérangent.  Il n’est pas bon d’être inutile lorsque l’on fréquente nos contrées.  Chacun se doit d’être rentable, d’engraisser les caisses, de se lever, de se coucher, de se battre pour trouver une petite place, une place digne ?  Qu’est-ce la dignité ?

Ce matin les gueules de bois prédominent tandis que les égouts débordent.  Ce matin c’est un peu comme hier, comme un biscuit géant sur lequel on serait assis et pour survivre, on grignote peu à peu.  Sérieusement, dans quoi va-t-on tomber ?

Bonne année, même si le sourire semble avoir déserté mon regard je vous souhaite que le vôtre brille intensément.

Philippe De Riemaecker

Vues : 79

Commenter

Vous devez être membre de Arts et Lettres pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Arts et Lettres

Commentaire de Sandra Dulier le 9 janvier 2020 à 22:04

Que le feu de l'espoir soit feu de résistance! Belle année 2020, Philippe. Amicalement. 

Commentaire de Lansardière Michel le 3 janvier 2020 à 12:25

Une nouvelle génération semble porter nos voeux, puisse-t-il en être ainsi. Bonne année 2020.

Commentaire de Danielle Davin le 2 janvier 2020 à 18:21

Hello les Artistes Créateurs! ... Oh oui je comprends "tout cela", cependant la résultante du passé exalte les "paix" entre "guerres" ... & nous n'avions pas le bon côté, quand même, d'internet pour donner une vue d'ensemble planétaire! ... 

2020/ "2 mille vins" à savourer, après un honnête bilan, ... nouvellement!

L'expérience Terre est comme hypnotisante voire anesthésiante certes &, en ce 2020, numérologiquement "Equilibre/Harmonie", accédons à notre Graal intérieur & fêtons, en nous & en partage, le changement en cours ...

Commentaire de Patrick de Sagazan le 2 janvier 2020 à 17:15

Merci Philippe, tout cela est tellement vrai !

Je n'en dirais pas plus car je n'ai pas votre plume, simplement je pense que l être humain en général est indécrottable malgré tout certains portent l'espoir dans la création et des petits gestes de tous les jours, il nous reste cela, et cela se nomme la résistance !

Enfin un réseau social modéré!!!

L'inscription sur le réseau arts et lettres est gratuite

  Arts et Lettres, l'autre réseau social,   créé par Robert Paul.  

Appel à mécénat pour aider l'éditeur de théâtre belge

Les oiseaux de nuit

   "Faisons vivre le théâtre"

Les Amis mots de compagnie ASBL

IBAN : BE26 0689 3785 4429

BIC : GKCCBEBB

Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Child Focus

Brussels Museums

      Musée belge de la franc-  maçonnerie mitoyen de l'Espace Art Gallery

Les rencontr littéraires de Bruxelles

Les rencontres littéraires de Bruxelles  que jai initiées sont annulées sine die. J'ai désigné Thierry-Marie Delaunois pour les mener. Il en assurera également les chroniques lors de leur reprise.
                Robert Paul

      Thierry-Marie Delaunois

Billets culturels de qualité
     BLOGUE DE              DEASHELLE

Quelques valeurs illustrant les splendeurs multiples de la liberté de lire

Sensus fidei fidelis . Pour J. enlevée à notre affection fin 2020

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

© 2021   Créé par Robert Paul.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation