Bonnes Fêtes
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Je n’ai pas besoin
de voir un oiseau
pour écrire sur les oiseaux
je n’ai pas besoin
de la saison des fleurs
pour dire le bleu
des jacinthes
Je n’ai pas besoin
de la lumière du jour
pour éclairer mes pages
Tout cela
je l’abrite
à l’intérieur de moi
Martine Rouhart
La vie s'enfuit, on court derrière
Comme des mille-pattes déboussolés!
Pas question d'rester en arrière
On a tellement envie de rêver...
Dans les rues et dans les jardins
Les guirlandes font un p'tit détour
Ce sont si jolis serpentins
Que les sourires sont de retour...
Dans quelques jours déjà Noël!
Alors des étoiles plein les yeux
Après quoi une année nouvelle
Aussi des vœux pour rendre heureux?
Que pour tous cette année soit belle
On ne se lasse pas de l'apprendre!
Et cette jolie ritournelle
On finira bien par l'entendre...
Si les ans apportent la sagesse
Avec un plus d'anxiété...
On a toujours le goût d'l'ivresse
Et surtout, besoin d'être aimé!
Joyeux Noël et bonne année.
J.G.
Qu'est-elle ?
Ce sang incolore qui me traverse, me fait vivre et plus encore exister,
qui prend corps, dès lors, que les mots s'en remplissent et se mettent
en musique.
Qu'est-elle ?
Ce fleuve tantôt bleu, tantôt sombre, qui me traverse tout entière, jusqu'à
se mélanger à l'océan de vos yeux, qui depuis sont bien plus vastes que
le monde.
Qu'est-elle ?
Cette encre, dont la mère est mon sang et le père le vôtre.
Voilà pourquoi, l'écriture m'a donné vie.
NINA
Il court, il court, son crayon,
Etrange ballet d'arabesques
Mais d'une grande cohérence,
Les traits révélant bientôt une forme...
Que dessine-t-elle?
Droites, courbes et sillons,
A l'écoute d'une humoresque,
L'artiste, concentrée, danse,
Fort loin des contingences et des normes...
Qu'imagine-t-elle?
Il gagne en précision,
Son dessin pourrait être fresque,
De par ses couleurs transcendance,
A présent bien plus qu'une simple forme...
Mais que crée-t-elle?
Vient d'apparaître un pont
Quand se termine l'humoresque;
Sur ce joli pont: ambiance!
Une pure ballerine, hors normes,
Danse, étincelle!
Fabuleux coup de crayon,
Véritablement une fresque,
Un plaisir d'artiste intense,
Qui s'était installé sous son orme,
Femme, aquarelle...
Oui, elle y danse, transcendance...
Je me suis perdue dans vos gestes,
emplie de musique, dès nos peaux l'une sur l'autre posées,
amarrée à la vôtre, ma bouche refleurit, tremblante et nue.
Je me suis perdue dans ces draps bleus,
emplie d'embruns, dès nos corps à l'instar des vagues,
l'un et l'autre mêlés, ondulants et chantants.
Nous nous sommes perdus l'un dans l'autre,
emplis de clarté, dès nos têtes libérées de tout ce vague à l'âme,
vous et moi ensoleillés et bleus, nous voici arrivés à l'aube
de nos vies.
La nuit sur nous est claire et le jour solaire !
NINA
L’éternel sacrifice
(ou L’effusion des sentiments)
Face cachée, part des ténèbres
Mystère sacré, halo de lumière
Chimie des corps
Alchimie de cœurs
Education et société, dorure
Faux-semblants ou nudité, fêlure
Comme une source à son griffon
s’écoule de nos jours la lave
mêlant au rouge du tison
la sève qui dans l’orage
donnera les floraisons
jaillies d’un cri d’espoir,
de sueur, sang et suie noire
retombées de nos nuits ardentes,
fleurs de passions et artifices,
pour cette illusion permanente
qu’est l’amour, éternel sacrifice.
Michel Lansardière
Cœur de lave, Napau crater, Kilauea, Hawaï (photo, libre de droit, captée sur le net)
:LES BERGES DE NOEL
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9782970079019. 40 pages, parution: octobre 2012 ... https://www.payot.ch/Dynamics/Result...
Une force virulente? « Angels in America »
La pièce a été écrite en 1991. Il y a près de trente ans déjà que la pièce-fleuve de l’américain Tony Kushner recevait le prestigieux prix Pulizer. L’ épopée intime et politique est ramassée ici sur deux heures trente. « Angels in America » confronte deux mondes qui se cognent : l’immobilisme, le rejet de l’Autre versus l’ouverture et le progrès de l’humanité au sein d’un universalisme de bon aloi. Elle met en scène l’histoire parallèle et turbulente de deux couples en difficulté, un homosexuel et un hétéro : Louis Ironson et son amant Prior Walter, et l’avocat mormon Joe Pitt et son épouse Harper. Après les funérailles de la grand-mère de Louis, Prior lui apprend qu’il a contracté le syndrome de Kaposi, autrement dit, le Sida et Louis panique. Le début d’une apocalypse ?

Joe Pitt, mormon bon teint, qui doit négocier avec sa femme ses tendances homosexuelles, travaille pour Roy Cohn, personnage réel ancien avocat de Trump au service de Reagan qui se découvre atteint par le sida également. Coup d’éclairage sur quelques turpitudes. Valse des téléphones, présence obsédante de l’univers médical, de lits en bataille, les couples se désagrègent, le chaos du millénium approche, ce sera la fin du monde, prédit l’aigle ou l’ange rétrograde et vengeur ! Tandis qu’à Salt Lake City, la vie continue. Le monde se remplit d’hallucinations, symboles tangibles des craintes les plus irrationnelles. Nous voilà même en bord de banquise en déroute. C’est glaçant ! Mais après le cataclysme, dans la deuxième partie de la pièce, de nouveaux liens se créent, la compassion et le pardon prennent presque imperceptiblement le dessus, la vie renaît. Une rédemption. Le principal fléau à combattre n’est-il pas tout d’abord, celui de la peur de l’autre ?
Philippe Saire souligne dans sa note d’intention que même si le Sida se soigne aujourd’hui, que s’il est devenu « moins grave » qu’auparavant, et que l’homosexualité commence à être chose acquise et banalisée… le vivre ensemble reste une question cruciale qui nous sauvera ou nous condamnera sans appel. Il n’y a qu’à voir combien ce qui nous est étranger continue à créer des réactions de rejet, dans tous les domaines. Le choix de telle ou telle société se pose aujourd’hui intensément, au niveau planétaire. Voulons-nous voir nos enfants et nos petits-enfants vivre dans un monde de cauchemar ? Le risque c’est de voir disparaître tout ce qui donne un sens à notre aventure humaine. Le risque c’est le repli sur soi et la férocité destructrice du suprématisme. Par aveuglement et irresponsabilité. Nous sommes ici au cœur d’une actualité virulente qui décidera ou non du naufrage de notre civilisation qu’aucune main magique ne viendra sauver, si ce n’est la nôtre.
Voilà donc pour les thèmes et les idées. Mais la manière dont cette vibrante épopée est chantée, vaut une note artistique 10/10. Philippe Saire est tout d’abord un chorégraphe d’une remarquable limpidité et fluidité lorsqu’il nous emmène dans la réflexion par le mouvement des corps. Il a dans sa fabuleuse équipe trois de ses élèves de l’école de Lausanne, et un belge, gentil comme un ange, Jonathan Axel Gomiz ! Le metteur en scène nous explique que la genèse de sa création a commencé par l’interprétation purement physique des histoires qui se chevauchent, se croisent et se complètent. A la façon d’une « bande dansée ? » le texte semble superposé par la suite à la vérité des corps et des tableaux vivants, ce qui rend le verbe d’autant plus percutant. Le spectateur est happé par les mouvements et se sent danser sur scène, cependant que l’esprit est à l’écoute intense du texte et analyse. Le jeu des voix se permet l’utilisation artistique de l’amplification et la fresque n’en est que plus fascinante. Le liant entre texte et corps c’est l’humour, tantôt bienveillant, tantôt sarcastique, tout comme dans les fabliaux d’antan, une sorte d’état de grâce qui permet à l’homme de ne pas tomber au fond de la disgrâce moderne. On constate donc que ce spectacle est monté avec un soin immense, sans la moindre faute de goût. Tout est beau à regarder, à la façon d’une ode humaniste généreuse qui se doit de nous donner la force d’âme, à chacun selon ses moyens, de redresser le cap d’une civilisation en dérive.
Du 06 au 14 décembre 2019 … seulement !
INFOS & RÉSERVATIONS
02 223 32 08 – http://theatre-martyrs.be/
Philippe Weissbrodt
Les mardis et samedis à 19h00, les mercredis, jeudis et vendredis à 20h15, le dimanche 08.12 à 15h00. Bord de scène mardi 10.12.
GÉNÉRIQUE DU SPECTACLE :
JEU Adrien Barazzone, Valeria Bertolotto, Pierre-Antoine Dubey, Joelle Fontannaz, Roland Gervet, Jonathan Axel Gomis, Baptiste Morisod CHORÉGRAPHIE & MISE EN SCÈNE Philippe Saire ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Chady Abu-Nijmeh DRAMATURGIE Carine Corajoud LUMIÈRES Eric Soyer CRÉATION SONORE Jérémy Conne SCÉNOGRAPHIE Claire Peverelli COSTUMES Isa Boucharlat PRODUCTION Compagnie Philippe Saire COPRODUCTION Arsenic (Lausanne), Comédie de Genève, Théâtre des Martyrs.
La Compagnie est au bénéfice d’une convention de soutien conjoint avec la Ville de Lausanne, le Canton de Vaud et Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture. Le spectacle est lauréat du concours Label + romand – arts de la scène, et soutenu par la Loterie Romande et de Sandoz – Fondation de famille. La Cie Philippe Saire est compagnie résidente au Théâtre Sévelin 36, Lausanne.
Le soir qui descend sur les toits et les gens,
enjolive la ville, la féérise dès l'heure du crépuscule,
où chaque rose, arbre et enfance tout à l'heure
immenses, en cet instant clair-obscur,
ne sont plus que d'humbles miniatures !
La lune qui déambule au dessus des toitures,
fantomatique et pleine, infuse sa clarté dans le ciel endeuillé,
où chaque étoile, nuage et soleil blanc, tout à l'heure
moins précieux, en cet instant magique,
murmurent une musique pour nous, tout éblouis !
Le ciel certains soirs devient un Opéra !
NINA
L'aube déshabille sans empressement
la nuit qui s'éclaircit, sans un bruit, petit à petit,
tombent comme la pluie sur le sol rose et nu,
de sombres lainages et de noires dentelles,
pour laisser place à de pâles soieries !
Voici la naissance du jour, l'éclaircissement
du ciel faïencé, point de soleil encore,
mais juste son corps environné de brume !
Ma cafetière chantonne dans la pièce à côté,
tout autour virevoltent des papillons fleuris
et des essaims d'abeilles vêtues d'ensoleillement !
Ma tête tourne un peu, entre l'ombre et la clarté,
vertigineuse, elle se souvient de vous, qui comme
la nuit, s'en est allé, sans un mot, sur la pointe
des pieds !
L'horloge s'est arrêtée entre la nuit et l'aube en
plein été.
NINA
Le soleil à l'ombre de la terre tombe,
à l'instar de ma robe dans la pénombre de vous,
Ce soir, la nuit est lente, tout ambrée, affolante !
Nos corps tout médusés, incendient nos esprits,
dans cet hiver clos, nos silhouettes démesurées,
murmurent, s'enchantent l'une de l'autre !
La terre regarde le soleil, qui sans cesse
la touche de ses pourpres baisers .!
L'un et l'autre s'aiment.
Ce soir, la nuit est mouvante sur nos peaux
si émues, elle nous couvre l'un et l'autre et
retarde le jour..
NINA
La joie est un soleil tout bleu,
la tristesse, son ombre,
la joie est l'herbe qui chantonne,
la tristesse, le gazon immobile,
la joie est l'ombre pleine de vous,
la tristesse, une larme trop lourde,
la joie est l'alphabet qui danse, tourbillonne,
la tristesse un ciel sans rien dedans,
la joie est une terre couleur mer,
la tristesse, une mer couleur terre,
la joie est une effervescence de l'instant,
la tristesse, une joie fatiguée,
la joie c'est l'enfance dans l'adulte,
la tristesse, l'adulte dans l'enfant,
la joie, c'est ce regard ému lorsque tombe la neige,
la tristesse, une pluie de Toussaint,
la joie, c'est regarder la vie, s'émerveiller toujours,
la tristesse, l'indifférence, l'absence de mouvemente en soi !
La joie, c'est ce baiser qui retrouve le vôtre,
la tristesse l'oubli;
NINA
Les artistes de la Concept Store Gallery de La Baule fêtent Noël ensemble
Les artistes de la Concept Store Gallery de La Baule fêtent Noël ensemble !!!
Pensée du jour. 5/12/2019
Ce matin, l'aube est pâle,
bleues mes cernes, assombrissent mes yeux,
ma tête murmure une vague tristesse,
de sa voix pleine de vous !
Ce matin, le soleil est voilé,
blanche ma peau, accentue la monochromie hivernale,
mes gestes inlassables, tâtonnent votre absence,
avec cette légèreté pleine de vous !
Ce matin, le ciel est maritime,
mon cœur tout en vrac, exacerbe mon chagrin,
ma main écrit l'immobilité de la vôtre, son silence,
avec cette persévérance pleine de vous !
Ce soir, le monde me semble se résumer à vous,
à cet espace infini, dans lequel je me perds
juste pour ne jamais cesser d'écrire.
Lorsque l'hiver se fait plus chaud, plus doux,
l'automne se déboutonne, se dévêt, se donne
puis s'étend toute brune, sur le sol mordoré,
en attendant, patiente, la neige et les blondes clartés !
Une fois les premiers flocons tombés,
inanimés au sol,
l'arborescence ici et là,
entonne, de sa voix argentée,
des chants et des cantiques,
des musiques composées, par notre sainte terre !
C'est noël, s'enneigent le soleil
et l'enfance qui danse
et les femmes qui bercent
aux quatre coins de notre belle terre.
NINA
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