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À la tombée de la nuit

 

 

Plongée dans la lucidité,
Dans l'indifférence complète,
Pensant à la fin d'une fête,
J’accueille l'insipidité.
...
Nacré, le ciel grandiose,
M'offre un décor majestueux,
Un autre tableau fabuleux,
Mais sans gaieté privé de rose.
...
Une journée fade s'achève.
J'ai pu la sauver de l'ennui.
Somptueuse arrive la nuit,
Un hymne à la beauté s'élève.
...
3 avril 2006

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12272808888?profile=originalIl s'agit d'un recueil de poèmes en prose de Paul Claudel (1868-1955), publié dans diverses revues parisiennes (la Nouvelle Revue, la Revue blanche, le Mercure de France, l'Occident) du 15 septembre 1895 à mai 1905, et en volume au Mercure de France en 1900. L'édition définitive, très augmentée, paraît chez le même éditeur en 1907. En 1914, une édition dite «coréenne» fut composée à Pékin sous la direction de Victor Ségalen.

Le recueil s'ouvre sur une évocation de "Hong Kong" en versets, ajoutée en 1927: le poète a fixé le souvenir de la Chine éternelle. Le regard qu'il porte sur l'Extrême-Orient privilégie les thèmes qui structurent son espace intérieur: le son religieux de la cloche ("la Cloche"), le motif de la lumière ("la Lampe et la Cloche") et celui, récurrent, de l'étoile; la figure symbolique de l'arbre lui suggère ainsi des variations fuguées, du cocotier au pin en passant par le banyan. Souvent, le poète, «passant inexplicable», adopte une position extérieure à l'action afin d'accroître l'impression de mystère ("Jardins"); il tente de pénétrer l'esprit de la Chine au travers de ses constructions ouvertes ("Pagode", "l'Arche d'or dans la forêt"), du grouillement de ses cités antiques ("Ville la nuit") aux rues étroites ("Villes"), de l'architecture compliquée de ses temples ("Considération de la cité"). Le leitmotiv du seuil souligne la perméabilité réciproque du royaume des morts et de celui des vivants ("Fêtes des morts", "Tombes", "la Tombe"). Les demeures du poète-narrateur ouvrent toutes sur le spectacle du monde. Il finit par conjurer les douleurs de l'exil ("Pensée en mer"). Pour lui, la Chine présente «l'image du vide», symbole inversé de l'absolu, de Dieu, qu'elle ignore, lui préférant Bouddha ("Bouddha"). Il célèbre ("la Dérivation", "Salutation") alors avec d'autant plus d'ardeur les forces élémentaires: le Feu de l'énergie solaire ("l'Entrée de la Terre", "Ardeur", "Proposition sur la lumière"); l'Eau, élément unifiant ("le Fleuve", "la Source", "la Marée de midi", "la Terre quittée"); la Terre ("la Terre vue de la mer"); l'Air, puisque le poète respire au rythme du cosmos ("la Nuit à la Vérandah", "Splendeur de la lune", "la Descente"). Le poète-narrateur vibre au rythme des éléments cosmiques; «comme on dit qu'on comprend la musique, je comprends la nature, comme un récit bien détaillé qui ne serait fait que de noms propres» ("le Promeneur").

 

Les textes de Connaissance de l'Est sont regroupés en deux séries d'importance inégale. Le passage du XIXe au XXe siècle semble faire le départ entre les deux sections: la première (52 textes) fut rédigée de 1895 à 1899 et la seconde (9 textes) de 1900 à 1905. Sur cette répartition dans le temps se surimpose la symbolique de l'espace, lorsque Claudel découvre l'autre côté de la planète et franchit les «eaux essentielles». Connaissance de l'Est restitue les impressions sur la Chine que le poète rédigea au cours de sa carrière diplomatique: elles forment une sorte de mosaïque, organisée autour de la figure omniprésente du poète-narrateur. Cet itinéraire en apparence fragmenté témoigne aussi d'un approfondissement dans la connaissance de l'Orient. A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la littérature de voyages fait florès. Mais, bien souvent, le cosmopolitisme apparaît comme un simple prétexte à l'exotisme. Claudel ne semble pas tant céder à une mode que s'efforcer d'aller vers une poésie plus descriptive pour se déprendre de la subjectivité dont témoignent les Vers d'exil, pour se raffermir et se défaire de son angoisse d'exilé. Cette poésie paraît avoir eu pour lui une fonction cathartique. De plus, rédigées dans un style relativement plus accessible que des textes plus travaillés, d'un lyrisme moins débridé, ces petites pièces en prose offrent la possibilité de saisir ses préoccupations presque quotidiennes, en tout cas immédiates, et de définir la cohérence de son imaginaire. Certes, le décor se fait facilement exotique, l'auteur évoque la nature (les rizières, les montagnes, etc.), la ville (les labyrinthes citadins, les maisons de thé), et les lieux de culte avec leurs cérémonies et les attitudes rituelles des moines. Cependant, la description claudélienne ne peut être parfaitement objective: alors que l'auteur a pour projet avoué de pénétrer l'essence de l'Orient, il trahit ses obsessions personnelles et l'on pourrait relever des images communes avec Tête d'or, l'Échange, Partage de midi ou Conversations dans le Loir-et-Cher. D'un point de vue idéologique, la Chine lui apparaît comme une sorte d'espace vierge où prolifère une végétation monstrueuse mais dont l'homme demeure le maître, ignorant l'aliénation européenne par la machine. Cependant Claudel ne se satisfait jamais du seul visible. De la foule chinoise monte la musique secrète de la communauté humaine, accordée à l'harmonie cosmique: «C'est cela que je viens écouter, car quelqu'un, perdant son intérêt dans le sens des paroles que l'on profère devant lui, peut lui prêter une oreille plus subtile» ("Tombes"). Il ne trahit pas là des préoccupations d'ordre social; pour lui, la misère des Asiatiques tient à leur ignorance de toute notion de transcendance, à leur méconnaissance de Dieu. Cependant, la nature chinoise lui renvoie une image visible de son art poétique. L'objet révèle le poète à lui-même, lui donne une conscience pleine et entière de ses sens et de leur fonction.

 

Ainsi se dessine, de façon dramatisée et lyrique, la figure du poète en quête de lui-même dans un monde soumis à la menace de la démesure, mais accordé au rythme de la mer et pénétré par le feu de la lumière. Les tableaux se déploient et les images se multiplient, orchestrées par un poète qui emprunte son rythme à celui du cosmos. Toute description du monde équivaut à une célébration du Dieu créateur, et définit la fonction médiatrice du poète, interprète de la volonté divine en actes dans le monde.

 

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L'ESSENTIEL...

Ce qui reste quand on a tellement oublié...

Ce qu'on a involontairement imprimé!

Et qui nous accompagne au long de ce chemin

Où nous mène la vie et nous guide l'instinct...

 

Cette chose enfin à quoi l'on donne bien des noms...

Connaissance ou culture? Bagage me semble bon!

Car étant ordonné il sera plus léger...

Partant vers l'essentiel sans en être encombré!

 

Ces gènes que l'on reçoit en cadeau de la vie

Ils sont de notre essence et non de nos envies!

Et cette construction n'a de sens vraiment...

Que si elle se perpétue à travers les temps!

 

Nous ne sommes que des pions aux yeux de l'univers

Et dans ce grand jeu fou, parfois oui, on se perd!

Alors nous nous cherchons un remède pour l'instant

Et c'est pourquoi l'amour est aussi important!

J.G.

 

 

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Procès à l'Aréopage

 

 

Jupiter ,entouré de sa divine Cour,
Doit rendre son verdict avant la fin du jour.
Il s'agit du procès d'Espérance, accusée
De se jouer des hommes et de les abuser.
...
Tous les Dieux sont présents. Pluton est l'orateur
Qui sera, pour ce cas, le grand accusateur.
Le splendide Apollon plaidera l'innocence
De la nymphe affligée par tant de violence.
...
On la prétend trompeuse. On sait qu'elle a déçu
Sur de nombreux projets que certains ont conçus.
Pourtant hommes et femmes, assemblés en silence,
Attendent, coeur battant, l'imminente sentence.
...
Un message soudain récompense leur foi.
Jupiter a tranché en imposant son choix:
«Laissons-la s'envoler car déjà sur la Terre
Les humains l'y attendent et elle a fort à faire.!»

C'est pourquoi de nos jours, par sa seule présence,
Épargnée des soupçons et de la médisance,
La nymphe chaleureuse apaise les douleurs
Stimule ceux qui osent et écarte les peurs.

10 mars 2004

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Le Veuf et la Muse

 

 

N’ayant plus près de lui, le soir

Sa tendre amie, sa confidente,

Attentive, rieuse, aimante,

Monsieur le juge broie du noir.
... 

Ses trois enfants devenus grands,

(Qu’il est loin le temps des mercis!)

Ne prennent pas souvent le temps

De s’informer de ses soucis.
... 

Il s’adresse alors à l’absente,

Lui confie sa grande douleur.

Sa douce aussitôt se présente,

Dans une agréable chaleur.
... 

- Tant d’êtres humains esseulés,

Qui soliloquent attendris

Sur leur âme déboussolée,

Se consoleraient  dans l’écrit.
... 

Là, il arrive qu’une intruse

Vienne transcender leur pensées,

Les émouvoir, sans nulle ruse,

Les inspirer et les bercer.
... 

 Lors un miracle s’ accomplit.

Le solitaire époustouflé,

Se délecte aussitôt qu’il lit

Les mots qui lui furent soufflés

...

Uue muse, dans le silence,

Passa chez lui un peu plus tard,

Soupçonnant le froid de l’absence,

Et le consola sans retard.

..

Il est possible que souvent,

 Contre les regrets et la peine,

On réalise heureusement

Que la poésie n’est pas vaine.

...  

4/3/2004

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L’inspecteur Goffin dû s’accroupir derrière un arbrisseau et se résoudre à prolonger sa congélation. Les deux bêtes se rapprochaient sensiblement et il appréhendait le moment proche où ils allaient croiser le parcours qu’il venait d’emprunter. Immanquablement, la piste toute fraîche conduirait les deux molosses jusqu’à lui. Que faire ; piquer un sprint ?   Dans le noir et avec tout ce qui encombrait le sol, c’était pour se casser la figure, et de toute façon, les chiens seraient plus rapides à la course. Il est vrai qu’ils ont quatre pattes, eux. Hubert Goffin scrutait alentour parmi les débris de toutes sortes, afin de trouver un objet contondant pour pouvoir tenir les bêtes en respect tout en reculant, lorsqu’un cri retenti… Cela semblait venir de la porte de la ferme. Les molosses se redressèrent, oreilles pointées. Ils se mirent à courir à toute vitesse vers les bâtiments et l’inspecteur en profita, sans demander son reste. Il s’installa dans sa voiture, et la déplaça de manière à apercevoir la lumière émanant de l’atelier. Son plan, maintenant que les chiens avaient disparu, était d’attendre que Mignolet aille se coucher, pour aller jeter un coup d’œil discret sur son bricolage. Malheureusement, les chiens revinrent au bout de vingt minutes rôder dans les parages. Il était clair qu’on les avait seulement appelés pour leur pâtée, et qu’ils étaient laissés en liberté toute la nuit. Il n’y aurait plus rien à tenter, et l’inspecteur rentra chez lui, méditer sur ce qu’il avait vu.

Le plan était clair. Encore une fois Hubert Goffin avait eu le nez creux. Mignolet pratiquait une cache indécelable dans cette camionnette probablement démobilisée. Les sigles de la compagnie d’électricité allaient être repeints, le gardien serait bluffé et laisserait passer le véhicule. Tout se tenait, on avait mal fouillé. L’or était toujours dans l’enceinte des « Trois Tilleuls », mais ç’allait être un jeu d’enfant d’intercepter cette vielle camionnette une fois chargée du butin. Instructions furent données au concierge afin qu’il ne fasse pas obstruction. Trois semaines se passèrent… Enfin le véhicule attendu fit son apparition, astiqué soigneusement, et avec ses sigles sur les portières… comme une vraie. Les deux policiers qui planquaient à ce moment là, avertirent prestement les renforts prévus de ce que l’heure « H » était arrivée. Enfin cela bougeait !  Ceux-ci arrivèrent illico. Mais voilà que contre toute attente, la camionnette ne se présenta pas à la grille d’entrée, mais alla stationner quelques rues plus loin, dans une impasse. Il était trois heures de l’après-midi, la pluie n’avait cessé de tomber à verse depuis le jour précédent, et semblait constamment redoubler. Ces cordes qui tombaient du ciel empêchaient qu’on puisse distinguer la personne se trouvant au volant. Dix-huit heures, personne n’était sorti de la camionnette. L’anxiété envahissait les estomacs. L’inspecteur Goffin, dépêché sur place se demandait ce qui pouvait bien clocher. Si le ou les malfrats avaient repéré la police, ils auraient décampé au plus vite, alors, qu’attendaient-ils ? Pourquoi stationnaient-ils à deux rues de distance, à quatre cent mètres de la propriété, qui n’était même pas visible de cet endroit ? Soudain, une volute de fumée bleutée sortit de l’échappement, les phares s’allumèrent et le faux véhicule de la compagnie d’électricité s’ébranla.

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L’esprit inondé d’image, le jeune garçon qu’il était avait bien du mal à comprendre que pour vivre heureux il fallait apprendre…
Apprendre quoi ?

Ce que les autres avaient eux même appris d’autres encore.

Et comment les premiers savaient ils ? Qui leur avait montrer la voie ?

Tout cela était pour le moins confus. Une chose était certaine, la nature était une telle source de diversité qu’il lui semblait que le simple fait de son existence allait lui faire comprendre le véritable sens de la vie.

Explorer les paysages, les arbres, les fleurs, la mer, le vent serviteur de la nature. Il fallait figer toutes ces merveilles avant qu’il ne soit trop tard. Telle fut sa mission pensait il.

C’est ainsi que l’Art de peindre et interpréter cette environnement s’imposa tout naturellement.

D’abord timide dans l’approche de technique du sujet, la toile blanche l’angoissait quelque peu, tel l’écrivain devant sa feuille blanche, il se sentait tout à coup désemparé.

Cependant, très vite , les couleurs se superposaient et les forment miraculeusement, pensait il, apparaissaient …………..

Des arbres, des montagnes, le ciel venant écraser de sa force les paysages paisibles de campagne ou de marines.

Il ne pouvait s’arrêter de créer, le réservoir était inépuisable d’imagination et les toiles s’enchainaient, chaque jour il produisait de plus en plus.

Au diable les techniques et les conseils que l’on ne manquait pas de lui prodiguer ici et là.

Pour la première fois de sa vie il était libre.

Seul à décider quand comment et pourquoi !!!

Pierre Paul MARCHINI
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ADMINISTRATEUR GENERAL

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L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 23/05/2012 au 10/06/2012 l’exposition « Le mouvement dans l’art ». Le VERNISSAGE a lieu le 23/05 de 18 h 30 à 21 h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11 h 30 à 18 h 30. 

 

Sounya Planes Peintures

 

 

De la Corée à la France

 

Diplômée en enseignement artistique à l’Université de Séoul, en Corée du Sud, Sounya Planes exerce comme professeur d’arts plastiques pendant douze ans. Elle vient en France, autant par curiosité que pour approfondir ses connaissances, d’abord en maîtrise de Sciences de l’éducation à l’Université de Paris VIII, puis en Art thérapie à l’Université de Paris V. Elle se marie et s’installe en Auvergne en 2004.

 

La culture occidentale, très admirée en Corée, est restée longtemps sa référence. Dans les écoles d’art, on y apprend la perspective et le dessin académique tandis que l’art traditionnel asiatique, qui a pourtant inspiré les grands précurseurs européens de l’art moderne, de Monet à Van Gogh, est mis à l’index. Paradoxalement, c’est en France qu’elle prend conscience de la valeur de l’art de son pays, de la délicatesse des paysages, des natures mortes, des portraits et de la calligraphie.

 

De la tradition à l’abstraction

 

Dans l’art traditionnel coréen, les peintres sont également écrivains et accompagnent leurs œuvres picturales de poésies sur l’homme et la nature. Sounya Planes a gardé cette pratique. Elle sort un ouvrage alliant peinture et poésie « Traces et signes », aux éditions Alternatives. Cet ouvrage a été primé au salon du livre de Creil.

 

Même si ses peintures tendent vers l’abstraction, Sounya Planes garde d’autres caractéristiques fortes de l’art traditionnel. De son point de vue, une œuvre, même complètement abstraite, devrait toujours rester le fruit d’une longue observation du monde réel. Elle se réapproprie par ailleurs l’outil traditionnel par excellence : l’encre de Chine. Son art singulier réconcilie ainsi les techniques ancestrales de l’encre de Chine prônant la maîtrise du geste et la pureté des lignes et des couleurs, avec le plaisir brut d’une abstraction lyrique à fleur de peau.

 

FORMATION et EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

 

1982: Diplôme de l’Enseignement artistique à l’Université Pédagogique de Séoul

1982-1994: Professeur d’arts-plastiques

1997: Diplôme de maîtrise de Sciences de l’Éducation à l’Université Paris 8

(Dessin d’enfant et son interprétation)

2002: Diplôme de l’Art en thérapie et psychopédagogique à l’Université Paris 5 (Art-thérapie et peinture asiatique)

 

ACTIVITES ARTISTIQUES

 

1999: Réalisation d’une fresque (12 x 2,5 m environ) au mur de ‘Notre Ecole’ avec les enfants autistes (7, place du Cardinal Amette, Paris 15ème)

2003: Exposition personnelle au Conseil Général du Puy-de-Dôme

(Hôtel du Département à Clermont-Ferrand)

2006: Exposition personnelle à la ville de Brioude

(Maison de Mandrin)

2007: Publication du livre « Sounya, traces et signes », tableaux et poèmes de Sounya, chez l’édition Alternatives

2007: Exposition personnelle à la Ville de Lepecq sur Seine au Centre culturel André Malraux.

2007: Prix de « La ville aux livres Creil » lors de Salon du livre de Creil, pour le livre « Traces et Signes »

2008: Exposition personnelle invitée par la Mairie de premier Arrondissement de Paris.

2009: Exposition « D’où vient la brise? » à l’Espace victoire à Clermont-Ferrand

2010 : Salon d’Arts Visuels à Poitiers

2010 : Exposition des Artistes Internationnales, Museum of the Americas, Maimi, USA

2011 : Exposition personnelle à Seyssel

2012 : Exposition à l’Entrepôt Paris 14ème avec la présentation du livre « Ainsi ce monde devient céleste ». Du 11 janvier au 18 mars 2012

2012 : Exposition au Centre d’Ailleurs en Auvergne. Du 3 mars 22 juillet

2012 : Exposition collective à Espace Gallery, Bruxelles

 

 

Christian Vey peintures

 

Peintre autodidacte

Né le 08 novembre 1960 à Saint Etienne - France

Atelier :

Carrignargues - Chemin de la Garrigue

30700 UZES - France

 

Membre de « La Maison des Artistes » n° V208552

Siret n° 427548342 00018 8045

 

1977/1981  sportif de haut niveau, membre de l’équipe de France de Judo

1986           découvre la peinture en Bretagne (France)

1991           médaille d’argent du salon des artistes de Saint Etienne

1992           médaille d’or du salon des artistes de Saint Etienne

1993/1995  diverses expositions en région Rhône Alpes

1995           centre Européen d’Art Paris

1996 Galerie        « THERME » Saint Etienne

1997/1998  « HOTEL MECURE » Châsses sur Rhône/ festival « JAZZ à Vienne »

1998 Galerie        « Yves Laroche » Montréal (Canada)

1999           relais château « la Pyramide » festival « JAZZ à Vienne »

2000/2003  « JF FINE ART GALLERY » Scottsdale Arizona - USA

2001/2006  « HANSON GALLERY » Nouvelle Orléans - USA

2004           deuxième prix du festival « Louis Armstrong » Nouvelle Orléans - USA

Depuis 2005        relais château « la Pyramide » Vienne - France

déc. 2005    festival « Penang jazz » PENANG - Indonésie

Depuis 2006        « ANGELA KING GALLERY » Nouvelle Orléans - USA

2006/2009  « LA CONNER SEASIDE GALLERY » Washington - USA

2007           « groupe Em2C » Vourles - France

2008           installation à UZES - France

« groupe MSC » Vourles - France

2009           « ATLAS KLINIK » Bruxelles - Belgique

Participation couverture du « guide Michelin » pour le centenaire

2010           Mercure Tour Eiffel Paris – France

Festival «Crest Jazz Vocal» Crest - France

2011           « NAZAROV GALLERY » New York – USA

Cotation Hotel Drouot à Paris

2011           « Espace Art Gallery » Bruxelles

 

 

« Artiste Peintre autodidacte  » à Uzès,

 

Né le 8 novembre 1960 à Saint Etienne

 

« C’est en 1986, à l’âge de 26 ans que j’ai rencontré la peinture, lors d’une journée pluvieuse en Bretagne qui m’a conduit dans une galerie. L’émotion fut intense et, étant donné que je ne pouvais pas acquérir une toile, j’ai décidé de peindre.

 

Après des années de passion passées avec le judo (j’étais sportif de haut niveau), la découverte de la peinture m’a permis de retrouver ce monde d’émotion, de travail et de créativité. Dans la peinture, J’aime la vitesse, le mouvement, l’instantanéité et la couleur et j’essaie de donner toute mon énergie pour aller au bout des choses. J’ai aussi découvert la musique très tard et c’est le jazz qui est entré dans mon univers. La peinture et le dessin m’ont toujours semblé plus simples que la musique.

 

Pour peindre, il n’y a pas besoin d’apprendre, il n’y a pas de gammes musicales, il n’y a que des tâches, des traits. J’ai alors commencé à peindre le jazz, ce qui me permettait d’être en quelque sorte un musicien ! Puis, les femmes, les mouvements de foule et enfin l’abstrait ont rejoint les musiciens de jazz. Le parcours est long, mais à force de travail, on arrive toujours à notre but. Les différentes rencontres m’ont amené au festival de jazz à Vienne puis aux Etats Unis où j’expose à la Nouvelle Orléans et depuis peu à New York. Je connais la joie et le privilège de vivre de ma création. Ce n’est pas un luxe mais un grand bonheur de chaque matin. Mes toiles sont exposées sur des murs dans le monde entier, et je n’en reviens toujours pas !!

 

Aujourd’hui j’habite avec ma compagne dans le sud de la France ; le temps est clément, la lumière extraordinaire … il y fait bon vivre. »

 

 

Et à titre d’information voici les six prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie.

Vernissage le 04/04/2012 de 18 h 30 à 21 h 30 en la galerie même.

Exposition du 04/04 au 30/06/2012 à l’Espace Art Gallery II.

 

-Titre : « Le carré pour essentiel »

Artiste : Pierre Meuris (peintures)

Vernissage le 13/06 de 18 h 30 à 21 h 30 en présence de Françoise Marquet (harpiste)

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

&

-Titre : « Entre rêves et réalité  »

Artiste : Patrick Marin (peintures)

Vernissage le 13/06 de 18 h 30 à 21 h 30

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

&

-Titre : « Let the altars shine »

Artiste : Michel Marinus (peintures)

Vernissage le 13/06 de 18 h 30 à 21 h 30

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

&

-Titre : « Octet et les sculptures parlantes »

Artistes : Dominique Le Roy de La Chohinière (sculptures) et Patricia Izquierdo (textes)

Vernissage le 13/06 de 18 h 30 à 21 h 30

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

 

La galerie est fermée au mois de juillet

 

-Titre : « Le collectif de la galerie à l’honneur »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie.

Vernissage le 01/08/2012 de 18 h 30 à 21 h 30 en la galerie même.

Exposition du 01/08 au 31/08/2012 à l’Espace Art Gallery II.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                                  Jerry Delfosse

                                                                  Espace Art Gallery

 



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Festival MaelstrÖm reEvolution

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maelstrÖm reEvolution

En coproduction avec l’Espace Senghor

Et avec le soutien de La Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Commission Communautaire française (COCOF- Culture), Région de Bruxelles-Capitale, WBI-Wallonie-Bruxelles International, Commune d’Etterbeek, Loterie Nationale et les sponsors et partenaires : Radio Nostalgie, Maison de la Poésie d’Amay, et Sep Stigo Films présentent:

maelstrÖm reEvolution fiEstival #6
Mercredi 9 > Dimanche 13 mai 2012

Troubler le Futur

Une Fête, un Festival d’Arts Littéraires, Visuels, Théâtraux, Poétiques et Musicaux
The Gurdjieff Folk Instruments Ensemble (AM), Andrea Allulli (IT), Antonio Bertoli (IT), Carlo Vitale (IT), Mariano Bellopede (IT), David Santori (IT), Pierre Guéry (FR), Sophie de Tillesse (BE), Laurence Vielle (BE), Vincent Tholomé (BE), Abdelhak Tikerouine (MA), Anna Ciborowska (PL), Cezariusz Gadzina (PL) et le Gitan de Bramapan (BP)...

 

 

Si ce n’est maintenant, quand ? Si ce n’est ici, où ? Si ce n’est moi, qui ?

(A. Jodorowsky)

Désoccultez votre poésie, le passé et le futur sont deux voleurs qui dérobent le présent... (Dante Bertoni)

Troubler ce futur déterminé par le passé, pour que seul existe l’infini moment présent. Un art de vivre poétique dans la liberté et la réinvention de tous les A-venirs possibles.

 

Né de la volonté de dédier une fête à la  « performance poétique », à la littérature, à la musique. Né de la volonté de décloisonner les secteurs artistiques. Né de la volonté de réunir annuellement des artistes et poètes internationaux autour d’un projet commun. Né de la volonté d’une rencontre conviviale avec le public. 
maelstrÖm reEvolution, maison d’édition et organisatrice d’événements fête en ce mois de Mai 2012 ses 22 années d’existence ainsi que la 6e édition du fiEstival et vous propose, en collaboration avec l’Espace Senghor :

En Ville : lectures et actes improvisés en journée !
Réévolution poétique! When poetry comes to town ! Dès le 7 mai les artistes du fiEstival réaliseront des lectures improvisées et des actes poétiques dans des cafés, des lavoirs, des coins de rue, des musées. La Libraire nomade sillonnera les places et la ville également.

 

Du 9 au 11 mai  à partir de 18h :

les apéritifs thématiques à la Boutique maelstrÖm 4  1  4

 

Juste à côté de l’Espace Senghor, la boutique-librairie maelstrÖm, vous invite  à rencontrer les auteurs et artistes du fiEstival tout en decouvrant des mets venus d’ailleurs !

 

MERCREDI 9 MAI À 20H

Novecento : a SocioPlay

Théâtre interactif

Spectacle bilingue français-italien

Prix plein : 12€ - préventes et prix réduit : 10€

 

JEUDI 10 MAI À 20H

Au plus blanc de la nuit

Immage à Gaston Compère

Film, musique, lectures - Salle 1900

Prix plein : 12€ - préventes et prix réduit : 10€

 

VENDREDI 11 MAI À 20H

The Gurdjieff Folk Instruments Ensemble

Voyages sonores de Daumal à Gurdjieff

Performances, Conférence, Concert - Salle 1900

Prix plein : 12€ - préventes et prix réduit : 10€

 

SAMEDI 12 MAI À PARTIR DE 16H

Affirming ! Affirmation !

Big FiEsta et Rassemblement !

Prix plein : 12€ - préventes et prix réduit : 10€

 

DIMANCHE 13 MAI À PARTIR DE 14H

Jongleurs d’Histoires & Thé des Écrivains...

Animations et rencontres, Salle Agénor

Prix libre

PROGRAMME COMPLET au format PDF...

<http://fiestival.net/images/stories/pdf/brochurefiestival2012web.pdf>;

 

 

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La femme en noir et les volailles

 

Devant un vaste poulailler,

Après s'être un peu égayée

Du comportement amusant

Des acteurs y déambulant,

Tout en noir, tête baissée,

Une femme s'entend penser:

...

Au royaume des animaux,

Superbes et jouant les héros,

Ce sont les mâles qui flamboient,

Plus de panache et plus de voix.

Leurs compagnes, parfois rebelles,

Ne sont certes pas aussi belles.

...

Chez nous, c'est presque le contraire:

En comparant nos soeurs et frères,

Nous voyons des filles attrayantes,

Qu'elles soient calmes ou pétillantes,

Et des garçons moins attractifs,

Embarrassés , même craintifs.

...

Lors il se trouve des gourous

Que l'envie maintient en courroux.

Ils se disent prophètes et clament

Qu'il faut se méfier des femmes.

Ils invoquent des lois divines

Contre la ruse féminine.

...

La bêtise des fanatiques,

Prônant des préjugés antiques,

Prive le monde de beauté,

Les femmes de leur liberté,

Contamine les pauvres d'esprit

Satisfaits d'eux, ces hommes prient.

...

Toujours la raison du plus fort!

Las! nous subirons notre sort,

Désenchantées et sans espoir,

Déguisées en fantômes noirs.

...

Colorées, pimpantes, coquettes,

Sans soucis, les poules caquettent.

...

6 mars 2004

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Caresse du printemps

 

 

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Il y a tout le bleu, là foncé, là de nacre

D’un ciel rayonnant et les masses dorées,

Corbeilles ajourées, des érables géants.

Il y a la caresse agissante du vent.

... 

Tous les sens en éveil, je reste sans bouger.

Un oiselet se pose, étonnement léger,
Observe, et sans tarder, reprend son doux voyage.

Je pense à ma lourdeur, aux outrages de l’âge.

... 

Surtout n’y plus songer, savourer le moment.

L’harmonie à l’entour est un enchantement.

Déjà les jardinets offrent de tendres fleurs.

Certes, j'accueillerai de nouveaux coups de coeur.

... 

7/5/2004

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Le silence entre ceux qui s'aiment

 

 

Emplis de poésie, il y a des silences

Où flottent des parfums dans le recueillement.

Lors, l’âme délivrée du regret de l’absence,

Se plaît à demeurer dans son isolement.

...

Il y a des instants que la mémoire emplit

D’images et d’émois enrobés de tendresse.

Le temps les a gardés intacts ou embellis.

Souvenirs accueillis, comme douces caresses.

...

Les mots semblent alors tout à fait inutiles,

Le silence entretient l’amour que l’on ressent.

Engendre des élans ou des pensées subtiles,

Peut-être recueillis télépahiquement.

...

18 /12/2006

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Un oiseau

 

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Soudain un oiseau dans l’air bleu.

Cet oiseau c’est la vie

Qu’on n’emprisonne pas.

C’est l’esprit dans l’espace,

Libre de toute joie ou de désespérance.

C’est la liberté émouvante,

Si grande et si fragile,

Inaccessible à l’homme.

 

 

22/9/1969

 

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La rivière chantante

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J'habille, en mots de tous les jours,
Les joies simples qui m'ensoleillent,
Le beau divin qui m'émerveille,
Et mes émois, légers ou lourds.
...
Une habitude distrayante
Me fait saisir l'instant qui fuit.
J'essaie de le garder en vie,
Dans une rivière chantante.
...
Rien ne peut s'y perdre vraiment.
Aux heures de mélancolie,
Je viens m'y pencher et j'y lis,
Souvent dans l'attendrissement.
...
Le courant charrie, dans l'eau claire,
Des confessions venues d'ailleurs
Et des images en couleurs
Qui triomphent de l'éphémère.
...
21 juin 2006

 

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Albert et Marguerite

En souvenir de la Grande Guerre, voici l'histoire d'amour de deux modestes héros.

Le petit soldat de la Grande Guerre s’appelait Albert et sa dulcinée se nommait Marguerite. Comment s’étaient-ils rencontrés ? A l’occasion d’un bal, d’une réunion de bienfaisance au bénéfice des Poilus ou tout simplement dans un lieu quelconque où Cupidon avait décidé de lancer ses flèches. Peu importe car ils étaient tombés en amour. De cet amour il reste une trace matérielle : une flopée de cartes postales envoyées à Marguerite, depuis les tranchées ou pendant les périodes de repos.

Ces messagères ont dormi longtemps dans un grenier et, par un hasard heureux, elles sont tombées entre mes mains. Leurs images aux couleurs passées, rehaussées de sentences douceâtres, tentent  d’enjoliver la dure réalité.

Un couple y figure généralement. Une jeune femme, en blanc et rose, y accueille les effusions d’un poilu bien rasé – il n’a gardé qu’une petite moustache de bon ton – son uniforme sort du pressing et son casque qui n’est jamais loin ne comporte pas une tache de boue. Le décor est aimable et paisible. Il y figure souvent des roses, tantôt dans un vase, tantôt dans les bras de la belle. Et lorsque le soldat songe à la femme sur laquelle il veille, si d’aventure il se la représente au lit, elle y est blottie sous une courtepointe violine, bordée d’un drap ajouré, brodé et orné de dentelle, écho des fanfreluches et affutiaux que les dames s’appliquaient à produire à cette époque, pour agrémenter leurs dessous.

La première carte postale d’Albert, envoyée de Montauban et datée du 12 mars 1915, est cérémonieuse car le scripteur dit vous à la destinataire qu’il appelle « Ma Chère Amie ». Mais elle est en même temps brûlante quand Albert assure Marguerite qu’elle pourra compter sur lui dimanche car il me tue de vous revoir, quand l’on aime un petit ange comme vous, que ne ferait-on pour lui ? Tue, lapsus révélateur ? En effet il lui tarde de la revoir, à la condition qu’il ne soit pas tué entre-temps, pauvre pioupiou soumis à la mitraille.  Il est heureux de pouvoir l’aimer cette jeune fille car c’est un rêve pour la vie. Vient ensuite le côté prosaïque : il ira à sa rencontre si elle n’est pas arrivée à l’heure qu’ils ont fixée. Puis, à nouveau, une grande flamme jaillit de l’âme du petit ami qui embrasse sa mie de tout son cœur, lui envoie ses meilleures amitiés et mille baisers.

L’image au revers du message fanfaronne en coup de clairon. Albert a choisi une carte postale sur laquelle un alter ego moustachu occupe l’avant-scène, sabre au clair, tandis qu’au fond du paysage champêtre sont massés une foule confuse d’hommes et quelques chevaux, sommés du drapeau tricolore.

Au fil du temps l’écriture se fait plus passionnée. Dans sa tranchée ou sa casemate le jeune-homme rêve à celle qui est maintenant sa petite fiancée. C’est bien rarement qu’il peut la tenir dans ses bras.  La guerre a mis entre eux une distance sidérale qu’ils peuvent franchir le temps d’un soupir, lors d’une permission. Pour employer le style de l’époque, la Patrie est une maîtresse exigeante, à qui le soldat doit chaque atome de son corps, son sang, ses yeux, sa chair, ne laissant à la bien-aimée qu’un être fourbu, angoissé et en sursis. Et s’il tremble, ce n’est pas de désir, c’est qu’il espère sauver sa peau, cette peau si tendre qu’il voudrait criblée de baisers et non d’éclats d’obus.

Mais l’amoureux  commence malgré tout à se dessaler. Sur la carte postale « Heure Exquise », Marguerite - car pour lui c’est Marguerite bien sûr – porte un déshabillé  qui dénude ses épaules et ses bras. Elle penche vers le canapé où reposent d’autres froufrous. Si Albert a cette fois oublié son casque, il a gardé sa vareuse. Enfin espérons qu’ils se débrouilleront puisqu’ils en sont aux préliminaires.

Dans une carte datée du 24 octobre 1916,  Albert s’exprime en termes pressants :

Mon cher ange d’amour, Je suis heureux, ma chère Marguerite, d’avoir toujours de tes nouvelles. Tu me dis que tu ne voudrais pas que je fasse comme la dernière fois. Eh bien je t’assure qu’il me tarde d’aller te donner une petite bise sur la bouche. Je te le dirai de plus près quand cela sera le moment. Reçois ma chère bien-aimée, mes plus doux baisers,

Albert, celui qui t’écriras toujours.

Le 2 janvier 1917 Albert franchit un nouveau pas dans les épanchements érotiques. Cette fois il va fort avec une carte friponne : Vite au dodo, mignonne, c’est l’heure du berger qui sonne.  Le couple est au lit. Elle, toujours en déshabillé, lui, en chemise. L’oreiller et le drap sont parsemés de fleurs bleues. La vareuse repose sur la couverture, surmontée du casque réapparu bien mal à propos.

Sans doute effrayé par l’audace de l’image, Albert se fait laconique :

Ma chère Marguerite,

Reçois de ton cher bien-aimé ces tendres et doux baisers.

Celui qui t’embrasse bien fort.

Mille baisers,

Albert

Mais trêve d’ironie ! A travers cette correspondance transparaissent les espoirs et les craintes d’un couple dont l’avenir est suspendu au fil de l’épée. Albert est pudique. Il se plaint rarement car il ne veut pas alimenter les frayeurs de Marguerite. Il lui assure que sa santé est excellente, que tout va bien, qu’ils se retrouveront bientôt dans la paix, cette paix qu’il appelle de ses vœux. Il écrit beaucoup à Marguerite aux alentours du Nouvel An 1917. Il lui envoie coup sur coup les fameuses cartes  postales qu’il trouve si jolies et si roboratives, comme s’il voulait conjurer le sort.

Mais il arrive que l’angoisse affleure entre les lignes.

Le 12 octobre 1916 Albert soupirait :

Nous sommes en ce moment entassés dans des abris comme des renards, où il me faut la bougie en plein midi pour écrire. Alors, vois-tu la vie que l’on mène. Enfin j’espère venir bientôt auprès de toi passer quelques heures où je serai très heureux.

Sur une carte datée du 23 novembre 1916 on lit : Oh, ma Chère Marguerite, quand j’y pense quelle vie que c’est et que cela dure ! Je pourrais être si bien auprès de toi. Enfin, espérons qu’un jour…

Quelques jours plus tard, le 28, Albert creuse son chagrin : Je pense toujours à toi, nuit et jour. Toujours mon cœur est près du tien, si éloignés que nous soyons lorsque je suis là à veiller l’ennemi. Je pense souvent à ces belles journées de la semaine passée, à ces belles heures d’amour, qu’on était si bien tous les deux. Je suis heureux quand j’y pense.

Marguerite souffre elle aussi. Albert y fait écho dans sa correspondance du 19 décembre 1916.

 

 Ma Chère bien Aimée, Tu me dis que tu es restée sans recevoir de mes nouvelles. Ce doit être dans le temps que j’étais à faire un stage. Ne te tourmente pas. Tu en auras presque chaque jour car je t’écris si souvent. Je suis très content de toi, ma petite Marguerite, car tu ne donnes plus de paroles de désespoir.

A l’approche du Nouvel An, les images et devises des cartes postales se font plus lyriques. Année nouvelle, année d’amour, douce ivresse, heure exquise, permission enchanteresse, foule de baisers et tonnes de caresses. Que de fleurs autour des fusils et des baïonnettes. ! Le summum de l’ineptie est atteint par ce quatrain :

 Si l’amour ainsi que la guerre

 A ses douleurs et ses combats,

Les baisers qui ne blessent pas,

Sont les obus que je préfère !

Mais comme il faut rester guerrier, coûte que coûte, un artiste un peu plaisantin  adosse chacune des lettres de « bonne année » à un obus fièrement dressé dans une guirlande de gui. Quoi qu’on fasse ils existent ces obus, on ne peut pas les gommer. Après la fin du conflit ils dresseront dans les chaumières, sur le marbre des cheminées, de chaque côté de la pendule, leur cuivre martelé, repoussé, travaillé avec amour,  et leur gueule débordante de fleurs en papier.

Albert n’échappe à cette fièvre d’optimisme. Entre Noël et Nouvel an il bombarde Marguerite de ces cartes idylliques, pour lui parler d’espoir, de bonheur et de paix, et l’assurer encore une fois de son amour. Il veut y croire : Année nouvelle, année d’amour, Sur le nouveau chemin défriché par la guerre, mon amour vous fera la marche plus légère.

Comme tant d’autres, les deux amoureux souhaitent la fin prochaine du cauchemar… qui mettra encore presque deux ans à s’accomplir. Hélas ! Comme on le sait, la ‘Der des Der » a engendré vingt ans plus tard un démenti sanglant à la naïve espérance d’une paix durable.

Pour Albert et Marguerite la correspondance s’interrompt brusquement, après les premiers jours de 1917. Que s’est-il passé ? J’aimerais imaginer que dans un coin perdu du grenier gisent oubliées des tonnes de « doux baisers ».  

Et que des baisers ils ont pu en échanger vraiment, à se meurtrir les lèvres, qu’ils ont fait l’amour et, s’ils le souhaitaient, engendré beaucoup d’enfants. Qu’ils se sont aimés fort, au moins pendant quelques années.

Le petit soldat est plus vraisemblablement mort, à Craonne, sur le plateau où il aura chanté avec ses compagnons « Adieu la vie, adieu l’amour, adieu toutes les femmes ». Il s’est peut-être mis en grève, avec d’autres troufions. A-t-il fait partie des révoltés, fusillés « pour l’exemple » ? A moins que tout simplement il n’ait sombré dans les boues de l’Yser ou de la Somme, sans avoir revu sa Marguerite.

Fauché en pleine jeunesse, comme tant d’autres. Mort pour la France ou pour la Belgique. Mort pour cette Patrie dont d’autres images dessinent la sinistre trilogie : armée, sceptre ou république – c’est du pareil au même - et clergé. Et pour que l’horreur (ou la dérision ?) soit totale, le Christ cautionne parfois cette allégorie, en marchant dans le sang comme sur les flots du lac de Tibériade, main dans la main avec une bonne sœur.

Rien n’a changé depuis les tirades patriotardes de Corneille. Les mots ont pu rajeunir mais c’est toujours le même refrain : Mourir pour la Patrie est un si digne sort qu’on briguerait en foule une si belle mort…

La Patrie, entité mamelue,  ouvre grand les bras aux orphelins de père pour les broyer sur son sein de granit. A quoi bon pleurer, les enfants, votre papa a connu une mort glorieuse et la patrie reconnaissante vous accueille et vous protège. Et, bien sûr, les veuves et les mères éplorées ne sont pas oubliées. Beaucoup de médailles, un flot de belles paroles, un peu d’argent et le tour est joué !

Au-dessus des morts pour la patrie, entassés dans des fosses communes ou alignés dans un cimetière bien propre, comme à la parade, au dessus des gueules cassées, des manchots et des culs de jatte, plane la camarde, toujours recommençant sa danse macabre, coquettement drapée dans les plis de l’emblème national.

Ce bout de soie tricolore qu’on jette sur le cercueil des morts illustres flotte symboliquement au-dessus des charniers où s’entasse le menu fretin des sans grade.

Pour ce drapeau il serait indécent de marchander sa vie, dit la propagande de l’époque. Elle recommande même à chacun d’ouvrir sa bourse en souscrivant à l’effort de guerre. Quel meilleur placement que la multiplication des canons ?

On en lit des choses politiquement correctes sur l’avers de ces vieilles cartes postales !   La vérité s’écrit au revers, à l’encre ou au crayon aniline, en plein cœur de l’espérance et de la souffrance humaine. Baisers de papier, baisers virtuels, pauvres mots d’amour, un peu d’écume rose sur un trop-plein d’amertume. Albert et Marguerite aspiraient à une vie toute simple, faite d’amour et de petites joies, en lieu et place  d’un destin héroïque dont ils se seraient bien passés!

MARCELLE DUMONT   

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A signaler pour les contemplatifs la belle et rare exposition "Rochers de lettrés. Itinéraires de l'art en Chine" au musée Guimet de Paris (jusqu'au 25 juin 2012). Pour une initiation à l'esthétisme chinois, mieux un art de vivre et pour nous un bain de sérénité.

Vous y découvrirez notamment quelques pierres de rêve (mengshi) qui sont un de mes sujets de curiosité et d'émerveillement.

"Je me demande si c'est un tableau ou un rêve", Zhang Fengyu (dynastie Ming).

"Tout en étudiant la Voie

Je m'adonne aux jeux de l'encre.
Mon but n'est pas le renom,

Bien qu'à ce jeu on se laisse prendre.
Ceux qui me traitent d'amateur

Ignorent tout du Chan :

Je n'ai rien à leur répondre..."

Kuncan (1612-1693)

Le Chan chinois donnera le Zen japonais, comme le mengshi correspond au suiseki. Citations extraites de "Beauté tranquille de la Chine" de Pat Fok et de "Toute beauté est singulière" de François Cheng.

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Cinq grandes Odes de Claudel

12272810094?profile=originalIl s'agit d'un recueil poétique de Paul Claudel (1868-1955), publié à Paris par la revue l'Occident en 1910, puis en volume chez Gallimard en 1913.

Dans l'ouverture symphonique, "les Muses" (ode 1), Claudel célèbre la mère primordiale, la muse de la Danse, qui imprime un rythme essentiel au texte. Puis, il salue les autres nymphes intérieures, matrices du verbe poétique qui insufflent au poète et à son chant une énergie toute rimbaldienne. Saisi par une déflagration initiale, le poète restitue le souffle divin et replace toute chose dans l'ordre du cosmos. Mais, dans cet espace à vocation apollinienne, Erato introduit un principe dionysiaque. Le mouvement du texte naîtra du conflit entre la plénitude et la rupture. "L'Esprit de l'Eau" (ode 2) dramatise l'épopée du moi dans le monde. Impatient, si par l'ivresse des flots, le moi rompt avec la vie ancienne et se constitue dans son rapport à l'activité poétique. Figure de l'Esprit, l'eau donne la clé de son être à ce combattant de l'esprit. Prenant possession de l'espace et de lui-même, le moi se fait poète, nouveau Christ, qui unit le sensible et l'intelligible, le visible et l'invisible. Fort parce que consubstantiel à la Présence divine, faible parce que lié à la matière, le poète entonne alors un credo au monde. Mais il demeure aussi le Crucifié, l'amant déchiré. Le "Magnificat" (ode 3) place au centre du recueil la célébration de la Création. Le poète remercie Dieu de l'avoir délivré des idoles, des livres et, surtout, de lui-même, trop conscient de son propre néant pour ne pas s'abîmer dans la volonté de Dieu. Et, certes, qui d'autre que le poète peut louer le Seigneur? «Étreins le texte vivant et ton Dieu invincible dans ce document qui respire!» Comme Paul sur le chemin de Damas, comme Moïse sur le mont Sinaï, face à face avec Dieu, le poète chrétien fait vivre, dans sa totalité et son unité, la Révélation. Dans "La Muse qui est la Grâce" (ode 4), le poète demande à sa muse de le laisser libre d'accomplir sa tâche: «Laisse-moi être nécessaire!» Il ne veut plus de l'exaltation orgiaque mais entend tenir le compte du travail humain dans un monde soustrait au hasard. Alors qu'il se plaint de son élection, de l'enfantement douloureux de son oeuvre, elle lui révèle: «Tu m'appelles la Muse et mon autre nom est la Grâce.» Mais il refuse cette inspiration destructrice et les chimères poétiques. "La Maison fermée" (ode 5) donne la parole aux hommes qui demandent au poète embourgeoisé de rendre compte de la Parole donnée. Le poète est inséparable de la Créature, de la Création et donc de Dieu. Il poursuit son lent travail de fermentation et de restitution du Verbe. Le poète, c'est le chiffre de la Création. Les piliers des vertus cardinales soutiennent l'édifice de son moi: ouvert sur l'avenir du «siècle nouveau», de la descendance d'Abraham, il n'en célèbre pas moins, à jamais, l'office des morts.

Quelle est l'unité de ce recueil dont la composition s'étend de 1901 à 1908? Le montage des différentes parties confère à l'ensemble une structure polyphonique et non pas didactique. Se plaçant dans la continuité liturgique, Claudel se met en scène lui-même, se donne comme le héros d'un parcours poétique, et donc définit son art poétique comme une célébration du monde. Entre le début (l'invocation aux Muses) et la fin (la référence aux vertus cardinales), le poète construit sa propre image, en référence à celle du poète grec (un orateur qui raconte des histoires fabuleuses et qui exprime la parole de la communauté). Les Cinq Grandes Odes sont placées sous l'éclairage de Rimbaud mais tentent de maîtriser cet héritage. L'illumination initiale est nécessaire (ode 1) et le poète vit sa contradiction, sa saison en enfer, mais, en quête du Texte sacré, du Livre mallarméen, il finit par trouver sa place dans la maison de Dieu (ode 5). Comme le poète Couvre (voir la Ville), il se fait «prêtre»: il donne la parole aux choses, au monde et au cosmos; il unifie la multiplicité (ode 3) et bâtit un espace nouveau, entre le passé et l'avenir. Loin de posséder toutes les certitudes, il continue son interrogation sans vouloir céder aux illusions (ode 4). En effet, la parole poétique est nécessaire à Dieu et aux hommes (ode 5). Pris entre ces deux pôles, le poète doit rompre, dans un premier temps, avec la communauté des hommes, pour prendre du recul et, dans un deuxième temps, pouvoir donner une cohérence au monde. Conquérant du spirituel, il prend d'abord possession de lui-même et affirme son désir singulier (ode 2) avant de se ressaisir de la Terre promise, comme Josué (ode 3). Il apparaît à la fois comme l'homme de la prière, de la supplication (ode 4) et comme l'incarnation de la force (ode 5). Entre le désordre rimbaldien et l'ordre mallarméen, il ne choisit pas: il maintient ensemble les deux exigences. Le poète est riche de ses propres incertitudes et de la conscience de sa propre vanité.

 

Claudel renoue avec une poésie «primitive» qui puise son pouvoir dans une vocation au sacrifice. Le poète célèbre la Création; sa parole fait vivre le témoignage du Christ et l'ensemble des Cinq Grandes Odes reprend différents moments de la liturgie en brassant leur symbolisme: l'eau du baptême le fait renaître comme le Sauveur, le vendredi et le dimanche de Pâques (ode 2); la supplication du poète évoque la cérémonie de Noël (en un temps où Claudel lui-même devenait père) au moment où, comme saint Jean Baptiste, il passe de l'Ancien, de l'exil, au Nouveau (ode 3) et se dirige vers Canaan, vers l'Est. La muse et l'épouse nocturne évoquent la belle fiancée du Cantique des cantiques (ode 4). Enfin les vertus cardinales et la référence à l'Évangile de la Résurrection ouvrent et ferment le texte tout à la fois (ode 5). La visée du travail poétique consiste à rétablir un ordre au sein même du désordre saisi dans toutes ses excroissances baroques. Il faut rejeter les fausses lectures du monde (culturelles, Virgile, Homère et Dante, ode 1; intellectuelles, les professeurs, ode 2; trop terriennes, ode 4) et traduire l'abondance du monde, son ivresse (Erato dans l'ode 1).

 

Cette cohérence dans la célébration liturgique ne suit pas un itinéraire aisément identifiable: Claudel reprend sans cesse les leitmotive religieux pour donner la mesure rythmique mais il module des chants successifs. Il déploie les images (poésie des éléments et de la sensualité) qui produisent une sorte de jeu et suscitent toujours d'autres analogies. L'esprit éprouve une sorte de jubilation à explorer toutes les virtualités sémantiques d'un mot mais aussi à passer du discours argumentatif à la litanie et à la déploration. L'ensemble des versets progresse donc par reprise avec, à chaque fois, un déplacement du point de vue qui modifie l'interrogation sur le moi et le monde. Aussi le texte de Claudel peut-il apparaître comme difficile, et même, à l'époque où il fut écrit, iconoclaste. Les hommes (ode 5) le dénoncent comme obscur. Certes, le principe même de l'organisation est contradictoire: le recueil se construit dans un effort constant pour dire le désordre et le tumulte de la réalité. Entre les ténèbres fécondes de son humanité et la fulgurance de son élection, le poète connaît à la fois la nécessité de la clôture, de la fermeture parfaite, et l'urgence de l'interrogation perpétuelle. Il faut épuiser toutes les expériences pour aller vers la totalité, donnée comme éclatée, et toujours à reconstruire.

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Printemps et enfance,

Un chat noir sur l’allée blanche du jardin,

chevelures blanches et mauves des lilas,

par la brise un peu défaites ;

  chuchotis des arbres,

nudité rugueuse ou douce,

translucidité verte ou rousse;

dès l’angélus venu,

 sonore dans la campagne blonde,

l’extraordinaire veillée du soleil au dessus de la plaine

apparaît dans un ciel monochrome,

drapé d’une soie mauve ;

l' inaccoutumée tiédeur de mai !

Puis, tout près,

une petite fille, vêtue d’une robe claire,

sur une balancelle, en même temps que les roses,

se balance, s’élance jusqu’au ciel et même bien au delà ;

avec le soleil joue,

le vent les encourage, les aide.

Les roses blanches et jaunes,

 sont bien plus que des roses pour la petite Fleur si seule,  empétalée,

parfumée par ses sœurs végétales,

 pour elle désépinées !

Le chat noir sur l’allée blanche du jardin,

de ses grands yeux dorés et maquillées,

les contemple immobile;

il comprend, il sait.

C’est son premier secret !

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