Qui es-tu, si différent de moi que parfois je t'oublie? Qui es-tu avec ton orgueil bardé d'acier, tes yeux froids, tes mains chaudes, tes colères? D'où viens-tu? De quelle maison en ordre, de quel passé sévère, de quelles amours faciles? Quand vais-je te joindre pour ne plus te perdre? T'avoir en moi comme l'hostie, effacer nos frontières de peau, toucher ta bouche et la reconnaître. T'oublier à jamais dans un sommeil mélangé... J'ai perdu des jours et des jours à te poursuivre alors que tu m'étais donné, à t'appeler pendant que tu me parlais. Je suis lasse de Toi, comme d'un chemin qu'on fait les pieds blessés et cependant j'ai faim de Toi, la stupide faim sans nom. Quand t'aurai-je ouvert jusqu'à l'âme? Quand serai-je devenue si faible, si consentante, si donnée que tu ne sauras plus que faire de moi? je suis patiemment, ton ennemi et ton amour, le guet. Es-tu entré une seule fois à l'intérieur de toi-même pour t'y rencontrer, t'y parler, m'accorder à Toi entre Toi et Toi? Dépêche-toi : je m'occupe à mourir.
Toutes les publications (16185)
"Puppy", sculpture monumentale , photographiée en 2011.
Sur l'esplanade devant le musée Guggenheim de Bilbao !
éTulipes " de Jeff Koons...
Voici un nouvel extrait du spectacle que j'ai cosigné (j'ai écris les textes) avec Marielle Vancamp (musique, chant), un site promotionnel bientôt à venir :D
« Qu’il est doux à deux de s’aimer
Et que notre amour fusse ou non courtois
Précipité ou de mauvais aloi
Le premier battement de mon cœur
Est à dater de toi
L’amour ici n’est pas à rendre
Un philtre aura suffit pour nous éprendre
Nulle prison je te le dis
Jamais n’eut la beauté de tes yeux
Ni la blondeur de tes cheveux
Je suis d’un pays ménestrel
Qui tisse des liens éternels
Mille ans n’est pas assez
A tes pieds je me dépose
La même histoire toujours recommencée
De toi je suis le pendu éperdu
L'amant indomptable et magnifique
Qui tel un opéra enchanté
A fait de ton cœur sa douce musique
Je me sens Vigne et toi la Rose
Sur ce chemin qu’on nous impose
J’irai jusqu’à lier racines
Pour que notre amour on n’assassine
Pour que notre amour on n’assassine
Je suis d’un pays ménestrel
Qui tisse des liens éternels
Mille ans n’est pas assez
A tes pieds je me dépose
( Tristan et yseut, extrait de « sur un nuage » spectacle musical
parole : pascal Feyaerts
musique, composition et chant : Marielle Vancamp)
Deux coins d’œil se toisent
Deux regards se croisent
Deux frêles cœurs palpitent
Deux jeunes corps s’agitent
Leurs sens perdent le sens
Les lèvres balbutient
Les soupirs asphyxient
Débute la longue errance
Ses barrières et distances.
Les deux âmes s’apeurent
Les deux cœurs s’écœurent
La distance perce son arme
Dans les corps qui se meurent
Les yeux fondent en larmes.
Mais par regain de force
Un nouveau feu s’amorce
Les âmes sœurs s’appellent
Les deux cœurs s’excitent
Les deux corps s’agitent
Les deux corps prennent des ailes
Les deux corps se précipitent
Les deux cœurs se rencontrent
Les distances s’effondrent
Les deux corps se rapprochent
Les deux corps se raccrochent
Les deux corps s’entrelacent
Les deux corps prennent feu
Les deux corps font une masse
Et dessinent par un jeu
Le sort d’un couple heureux.
Agadir, samedi 2 février 2013
L’autre qu’en faire ?
L’autre n’est pas l’enfer
Comme dit Jean-Paul l’amer
L’autre est une sœur ou un frère
Des amis, des êtres bien chers
Des parents pour unique repère
Dans les moments de galère
Pour ceux-là j’écris
Pour cela je maudis
La haine et le mépris
De l’autre que je suis
Aux yeux de l’autre. Et puis
L’autre, ma foi
N’est que moi
Finalement aux yeux d’autrui.
Agadir, dimanche 3 février 2013
En hommage aux poètes québécois
Ma mémoire classe les mots
Et ma raison les emprisonne.
Ils ont l'espace qu'il leur faut
Mais ne quittent jamais leur zone.
Les limites étant garde-fous
Protègent ma lucidité,
Empêchent que se créent le flou,
Et la fausse réalité.
Quand s'est assoupi mon esprit,
En un ailleurs imaginaire,
Sans retenue ni parti pris,
Mon âme accueille des chimères.
C'est l'oubli complet au réveil;
Les mots n'étant pas du voyage,
Non plus une muse en éveil.
Mes songes ne sont que mirages.
J'ai lu, demeurant attentive,
La poésie des gens d'ici.
Hardie, purement intuitive,
Elle a l'énergie du pays.
Montréal 2 février 2013
L'esprit de Gaudi rôde dans ce pavillon surprenant décoré d'animaux, de feuilles de palmiers et de fleurs de tournesol... (1883-1885)
L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 06/02 au 24/02 l’exposition événement des artistes suivant : Philippe Guenin (Fr) peintures et photographies + performance en live par Ariane Schréder et Kej, et Barbara Stacher (Aut) sculptures.
Le VERNISSAGE a lieu le 06/02 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.
Vernissage qui sera agrémenté d’extraits de Musique Celtique interprétés par la harpiste Françoise MARQUET.
Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120
Philippe Guenin (Fr) peintures et photographies + performance en live par Ariane Schréder et Kej
« L’âme du Chaos »
Peintre, poète, performer né en 1965 expositions de peintures et performances:
Centre G. Pompidou « les revues parlées », La B.N.F, Paris, Vieille Charité de Marseille, Galerie J. et J. Donguy, Divan du Monde, Art gallery Bruxelles, Galerie Rey, Marrakech, etc.
Publications : livres de poésie publiés chez Gallimard, Mercure de France, etc.
Enseignement : a dirigé un atelier de performance à l’université Paris 8
Titre : « L’âme du chaos »
L’exposition-performance « L’âme du chaos » de Ph. Guénin se caractérise par des séries d’images singulières et troublantes allant du microcosme au macrocosme en passant par le monde humain.
La performance visuelle et sonore (qui aura lieu pendant le vernissage) avec Philippe Guénin et Ariane Schréder sera centrée sur un jeu de métamorphoses oniriques du corps et de la voix…
Cette performance portera le même titre que l'expo "l'âme du chaos", durée une vingtaine de minutes, Avec des chants diaphoniques de Mongolie que je ferai (il faut préciser qu'il n'y a pas beaucoup de monde en Europe à connaître ce genre de chants, c'est sur place au Ladakhpendant un long séjour que je les ai appris), il y aura avec moi 2 performers qui feront une gestuelle très onirique. Ce genre de performance a déjà été réalisé au centre G. Pompidou de Paris.
(Peintures et photographies)
Présentation de Ph. Guénin :
Philippe Guénin est un artiste multiforme (peinture, performance, vidéo, photographies) et un poète français. En tant que plasticien, il se situe dans le sillage de l’action painting et du body art. Il utilise pour ses performances la technique du chant diphonique (chant de Mongolie émettant deux sonorités simultanées). Il a réalisé des performances, entre autres, au Centre Georges Pompidou – Paris et à la Bibliothèque François Mitterand – Paris. Il a été publié en poésie chez Gallimard et au Mercure de France.
Présentation d’Ariane Schréder :
Ariane Schréder est performer et écrivaine française. Elle a joué dans des vidéos de Philippe Guénin, elle publie un roman aux éditions Philipe Rey en février 2013.
Barbara Stacher (Aut) sculptures
« Matières primaires »
Née à Vienne/ Autriche en 1967, licenciée en économie et relations internationales, résidant en Belgique depuis 1992. Fait de la peinture, sculpture et dessin depuis toujours; poursuit des études formelles d’art entre autres à l’Académie d’Art d’Ixelles (sculpture chez L. Sentjens et auparavant aussi peinture chez T. Roata), peinture à l’Académie Constantin Meunier d’Etterbeek (V. Colpaerts) ainsi que d'ateliers privés (C. Heymans, H. Gohlke, L. De Melo).
Expositions/distinctions : Expositions finales des Académies d'Ixelles et d’Etterbeek (différentes années), Expo finale Neumarkt/Raab, Autriche (2011), Exposition collective (sculptures) programmée pour février 2013 à l’Espace Art Gallery à Ixelles - Bruxelles, Exposition individuelle de peinture programmée pour fin février 2013 à la Galerie Art Base (Bruxelles centre-ville).
Grande Distinction du jury en peinture en 2011 et 2012, Académie d’Etterbeek, Grande Distinction du jury en sculpture en 2012, Académie d’Ixelles. Sélection pour l'Exposition des finalistes du Prix Louis Schmidt 2012 à l'ULB, Salle Allende en décembre 2012.
Barbara Stacher
Le processus de création :
« La recherche instinctive de s'approcher à l'essentiel du sujet, de l'approcher des cotés différentes, de l'approximer, encercler; de l'entourer, le cerner, afin de le dissoudre par la suite, trancher, effacer, recommencer, regard frais, danse avec le sujet, la musique devient plus forte, excitée, impulsive, pulsante, rythmique, ancestrale, l'éclat, la frustration, l'extase de la couleur, de la forme, des angles, des axes, la matière, l'affirmation des contours portants, la composition, décomposition, l'audace de la reconstruction à l'envers, les émotions et le rationalisme, l'analyse de l'impulsion, le défi, le combat, matière partout – et tout d'un coup la tranquillité, la sérénité et l'ordre s'est mis en place de manière imprévue, l'inconcret se matérialise comme il a voulu être dès le début, la forme émergente donne satisfaction d'une œuvre conclue. »
« Ma démarche artistique est donc basée sur la force de l'instinctif qui veut créer, se décomposer, le courage de mettre tout en question d'un angle radicalement différent pour à la fin prendre sa forme définitive, harmonieuse et équilibrée en soi. Les matières utilisées comme la peinture à l'huile, la terre ou la cire se prêtent idéalement pour cette démarche ludique, la force des couleurs et traces sculptées en sont témoins. Tout est remis en question, rien n'est achevé tant que tout ne le soit. »
Barbara Stacher
Et à titre d’information voici les trois prochaines expositions:
-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »
Artistes : collectif d’artistes de la galerie.
Vernissage le 16/01/2013 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.
Exposition du 16/01 au 17/03/2013 à l’Espace Art Gallery II.
-Titre : « Ombres de présence »
Artistes : Xica Bon de Sousa Pernes (Pt) peintures
Vernissage le 27/02 de 18h 30 à 21h 30
Exposition du 27/02 au 17/03/2013.
&
-Titre : « Collectif de la galerie »
Artistes : Joy Jourdet (Fr) peintures, Sophie Dubois (Be) peintures et David Léger (Fr) sculptures.
Vernissage le 27/02 de 18h 30 à 21h 30
Exposition du 27/02 au 17/03/2013.
Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.
Bien à vous,
Jerry Delfosse
Espace Art Gallery
GSM: 00.32.497. 577.120
Voir: http://espaceartgallery.be
En hommage respectueux à M. Léon Warnant
Maîtriser un art semble un don,
Qui fut donné comme une grâce
À ceux qui laissèrent leur trace
Dont restent les oeuvres et le nom.
En parvenant à l'excellence,
Les plus doués veulent souvent,
Insuffler généreusement
Leur savoir qui est une science.
Je suis ébahie par l'ardeur
Qu'ils mettent à réchauffer des âmes,
À faire s'élever des flammes,
En outillant des créateurs.
Des professeurs, dits émérites,
Des milliers d'autres, au cours des ans,
Charismatiques, énergisants,
Ont fait éclore des élites.
Ier février 2013
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Maeterlinck, mieux qu'aucun autre, s'est bon gré mal gré identifié à ce symbolisme au sein duquel il a vécu et dont il a tiré les accents les plus caractéristiques en même temps que les plus personnels.
Il doit sa gloire à un malentendu. De La Princesse Maleine publiée en 1889, Octave Mirbeau déclarait qu'elle était « supérieure en beauté à ce qu'il y a de plus beau dans Shakespeare ». Camille Mauclair écrira, en 1895, dans Les Hommes d'aujourd'hui , un article autrement prophétique, sachant déceler dans le dramaturge d'alors le métaphysicien en puissance : « Ce qu'il a esquissé présage un métaphysicien peut-être inattendu de l'Europe intellectuelle, un surprenant continuateur de la philosophie imagée et artiste de Carlyle. » Mais personne n'a su voir dans le poète des Serres chaudes , publiées également en 1889, l'annonciateur et, pour ainsi dire, le fondateur du symbolisme. Car c'est lui, le Flamand, le terrien profond, qui enracina la « décadence » dans les lettres et lui donna droit de cité. Au moment où Verlaine vieillissant laissait la poésie à ce carrefour ouvert à tant d'influences mêlées,
Maeterlinck imprimait au vers un accent bien particulier.
Il semble bien, après les Douze Chansons , que le poète soit mort en Maeterlinck. L'homme, entouré de gloire, s'était retiré à Orlamonde dès 1930. Il n'eut jamais le temps d'être Shakespeare ou Carlyle. A peine le temps d'être Maeterlinck, d'en être ébloui et de se retirer dans l'ombre à tout jamais, lui qui, loin d'être ce « grand écrivain artiste » dont rêvait Faguet, avait écrit dans Le Trésor des humbles : « Je mets l'âme au-dessus des torts les plus cruels et des fautes les plus graves. »
Parcours visible et parcours invisible
Né à Gand, Maurice Maeterlinck fit au célèbre collège Sainte-Barbe ces études de droit qui semblent bien avoir été pour cette génération de poètes un paravent à l'abri duquel l'aigle de la poésie grandissait en silence. Dès 1889, Maeterlinck publie ces Serres chaudes qui ne trouvent au départ que vingt lecteurs, mais dont Apollinaire saluera plus tard le modernisme, et qui demeure le maître-livre du symbolisme. Jusqu'alors, le symbolisme avait été -
plus peut-être par la faute de l'esthétisme d'une époque que par la volonté des poètes - le grand rendez-vous des ornementations et des déguisements. Avec les Serres chaudes , le doute n'est plus permis : l'âme pénètre dans les décors maniéristes du temps, s'y inquiète et se libère par un chant d'une discrétion lancinante. Un peu plus de silence encore, et le mystique eût ici dominé le poète. Est-ce pour rompre cette angoisse, où la poésie le menait, que Maeterlinck se livra alors à la grande fête théâtrale de La Princesse Maleine (1889), de Pelléas (1892) et de L'Oiseau bleu (1909) ? Il y fut entraîné par l'article dithyrambique de Mirbeau, par la rencontre de Georgette
Leblanc et, cela va de soi, par un désir très naturel d'ouvrir sur soi-même les fenêtres. Mais au sein même de ces aventures extérieures et parfois de cette féérie, l'inquiétude natale le poursuit. Trop pur pour y renoncer, trop humble aussi pour songer un instant à tricher avec elle, il l'affronte. On peut dire que toute son oeuvre est l'immense attente de Dieu. Plus tard, lorsqu'il se penchera sur ces vies infiniment petites que sont les abeilles, les fleurs, les termites et les fourmis, ce sera moins en philosophe qu'en chercheur. Dans l'infiniment petit, il cherche l'infiniment grand. Il meurt à Orlamonde.
Il est extrêmement périlleux de s'aventurer à l'intérieur d'une âme. Et Maeterlinck, en dépit des honneurs - il devait recevoir le prix Nobel en 1911 et être anobli en 1932 -, est tout entier tendu vers l'invisible. S'il est passé de la poésie directe aux sciences morales, c'est en poète qu'il l'a fait, et il semble bien que les longues études qu'il fit de Ruysbroeck l'Admirable, de Novalis puis d'Emerson aient aiguisé son pessimisme latent et l'aient d'abord poussé au silence avant de l'amener à ce virage qu'il aborde très tôt par le Trésor des humbles (1896). Il s'est heurté au temps, lui qui aurait aimé, plus que tout autre, vivre hors du monde. Mais ce serait mal le comprendre que de le chercher ailleurs que dans ce combat avec l'invisible. «Je n'ai pas de biographie », disait-il. Ses oeuvres mêmes ont l'air d'avoir été arrachées au silence. Il est peu d'hommes qui aient comme lui parcouru le silence à marches forcées, une vie durant, et qui, sans cesse invités par les autres à se situer, aient à ce point contraint leur oeuvre à ne trahir que les
itinéraires les plus secrets.
Traces visibles et traces invisibles
Les tréteaux du théâtre symboliste sont morts pour avoir été dressés trop tôt. Qui reconnaît encore aujourd'hui l'immense mérite des Aveugles (1890) de Maeterlinck ou des Flaireurs de Van Lerbergue ? Ils attendaient « Godot », mais l'attendaient avec une générosité qui n'a plus cours. Notre époque inquiète ne se reconnaît plus que dans le passage le plus étroit et porte jusque dans son style et dans ses idées le reflet d'une sécheresse d'âme qui n'est elle-même qu'un masque posé sur la peur. Il reste le poète, dont on s'éloigne toujours à tort. Lui est intact. Les Serres chaudes et les Douze Chansons répondent par avance, avec une justesse vérifiable, à une attente et à une angoisse éternelles. Ainsi, c'est toujours dans la vérité la plus humble et la plus resserrée qu'un homme peut espérer laisser les meilleures traces.
Ces traces maeterlinckiennes sont d'une actualité surprenante. Et d'abord, parce qu'elles sont sans âge. Au seuil de ces temps embryonnaires, elles apportent la preuve irrécusable du passage d'un ange - fût-il l'ange gris de
l'absence - parmi les hommes.
Ainsi, loin d'avoir fini sa course, cet homme du XIXe siècle égaré au centre du XXe continue-t-il d'influencer secrètement les poètes et les dramaturges.
Simplement ces influences se font-elles plus diffuses à mesure que l'âme se masque. Mais les masques les mieux conçus finissent par tomber d'eux-mêmes. Le temps n'est plus très éloigné où l'on pourra suivre l'influence de Maeterlinck à travers l'histoire littéraire de ces dernières périodes. Déjà, elle apparaît en clair dans les efforts que la poésie fait aujourd'hui pour échapper au balbutiement. C'est que Maurice Maeterlinck est lié par son oeuvre, par l'inquiétude qui la traverse à la manière d'un clair-obscur et jusque dans son silence même à la démarche des poètes de ce temps. Il passe en nous aux meilleures heures, comme les bateaux à vapeur d'autrefois passaient en silence au milieu des jardins de Gand.
Rencontre
Appel éclair
Des êtres fous
Cœurs à genou
Sourires offerts
Les yeux se cherchent
Cœurs à la perche
Appel éclair
Cœurs à l’écoute
Fi des déroutes
Pas des mystères
Les yeux repèrent
Le cœur se perd
Des bras ouverts
Des sens ignés
Défiant les codes
Vivant l’exode
Les corps en feu
Les bras fougueux
Bras enlacés
Cœurs embrassés
Seins embrasés
Sans nul aveu
Que le secret
D’une destinée
Quel beau voyage
De ces fous sages
Vécu au gré
D’une brève rencontre
Khadija, Marrakech le Mardi 29/1/2013
© Khadija ELHAMRANI
Soliloque
Instants favorables, heureux,
Créant un courant d'espérance,
D'autres vécus dans la souffrance,
Tout chemin demeure hasardeux.
L'âme ressent, dans le silence,
Grâces et agressions aussi,
Étant toujours à la merci
Du sort qu'on appelle la chance.
Ceux pénétrés de méfiance,
Soupçonnent ses revirements,
Craignent le pire à tout moment.
Nombreux vivent dans l'innocence.
L'énergie que l'être possède,
Qui l'a surpris, nombreuses fois,
Sans cesse lentement décroît.
Un jour, il lui faudra de l'aide.
Or, quand on est devenu vieux,
On aspire à l'indifférence,
On n'attend plus rien de la chance,
On se défend d'être envieux.
Ire février 2013
Bonjour, c'est par sympathie pour Arts et Lettres que je vous livre ci-dessous un de mes textes que l'on ne trouve que sur mon site. Merci de votre attention.
Musiq'3, festin de roi...
Symphonies, concerti, Beethoven ou Mozart,
mélodies, duetti, vraiment du tout grand art,
sonates mineures, en dièse ou bémol,
cantates majeures, splendides rossignols,
Musiq'3 nous berce, de fraîcheur emplie;
ses notes nous percent, où règne la vie.
De l'aube au crépuscule, les présentatrices,
précieuses funambules, fières cantatrices,
en délicatesse, offrent symbiose;
et, avec finesse, vers l'apothéose,
pianos, violons, trompettes et timbales,
et flûtes et bassons bravement nous emballent.
De nuit comme de jour, s'élèvent les cordes,
munies de leurs atours, de miséricorde,
fort beau cérémonial accompagné de choeurs,
où un maestro génial nous livre son bonheur;
et les bois et les vents incitent à vivre,
toujours plein de mordant, et de plaisir ivres.
De l'actualité, de littérature,
et de la qualité, Musiq'3 est pure;
douceur et tendresse, de Cindy à Lothar,
ampleur et prouesses, de Cécile à Bernard;
tout est poésie, on est à l'écoute,
pas de duperie, jamais dans le doute.
Tu ne sais que faire? Branche-toi classique,
cela va te plaire car cette musique,
dans ton âme et ton coeur jettera sentiments,
émotions et ardeur sans aucun jugement;
préludes et canons en mi bémol majeur,
légers, t'investiront, te désignant Seigneur.
Alors, enfin conquis? Oui, avec Musiq'3,
tu seras ébloui, un vrai festin de roi,
sans omettre Saskia ni le plaisant Michel
non dénué d'aura, ce devant l'Eternel.
Rose, ô reiner Wiedersprach,
Lust niemandes Schlaf zu sein
unter soviel Lidern.
Rose, ô pure contradiction,
joie de n’être le sommeil de personne
sous tant de paupières.
R. M. Rilke
L'on s'attend à tout moment à voir surgir des elfes dans ce romantique parc du Palais de Pena, à Sintra...milieu naturel et d'une importance scientifique rares, les 85 hectares de beautés paysagères émerveillent les visteurs surpris au détour de multiples sentiers par grottes, étangs en cascades, arbres monumentaux bicentenaires, et une flore digne des plus grands arboretum...
Le Palais de Pena, joyau du romantisme du XVIIIe s au Portugal, construit dès 1834 sur les ruies d'un monastère , sous le Roi D.Frenando II.
La Porte du Triton, allégorie de la création du monde, mi-homme , mi-poisson.
Vue générale de la cour intérieure, façade ornée de carreaux aux motifs géométriques mauresques que l'on retrouve dans toute architecture classée au Portugal.
Il ne savait rien d'elle, ni d'enfance, ni d'amour...
Seulement son sourire, ensuite tant d'élégance!
Et, un bras sous le sien, qui soudain devint lourd...
Il n'en fallait pas plus, pour qu'il tente sa chance!
Entre des mains si frêles, il a posé son coeur,
Dans son regard brûlant, elle a rêvé sa vie!
Malgré la pluie très drue, le temps était couleur...
Et le son monocorde éveillait leurs envies!
Il est de ces instants qui sont tellement banals
Et qui deviennent trésors dans la mémoire enfuis!
Tant de bonheur perdu, un jour peut faire très mal...
Mais il peut enchanter la mémoire de nos nuits!
J.G.
- Entonne! - Fredonne!
- Façonne! - Déconne!
- Ronchonne ! - Bougonne!
- Tourbillonne! - Papillonne!
- Frissonne! - Ordonne!
- Pardonne! - Illusionne!
- Emprisonne! - Espionne!
- Chantonne! - Réveillonne!
- Inonde! - Redonne!
- Couronne! - Orne!
- Raisonne! - Assaisonne!
- Déboulonne! - Déboutonne!
- Proportionne! - Impressionne!
- Biberonne! - Aiguillonne!
- Téléphone! - Claironne!
- Éperonne ! -..... J'abandonne!
31 janvier 3013
MIROIRS DE FERNANDO PESSOA
MIROIRS DE FERNANDO PESSOA
Pessoa est une mauvaise conscience plurielle et monstrueuse : la vôtre, la nôtre. Pessoa est un cri de douleur et un bêlement, un chant très pur et une grimace, un ongle qui raye le tableau où un bon professeur voulait inscrire la sécurisante démonstration de son théorème.
« Une dramaturgie s’efforçant de rendre compte de l’univers de Pessoa se doit de donner une place essentielle à la multiplication du poète en ses principaux hétéronymes. Le sujet est éminemment théâtral, nous place au coeur de l’oeuvre et permet d’en faire miroiter les diverses facettes.
Mais, pour ne pas nous limiter à un simple montage de fragments venus des diverses voix pessoennes, nous avons inventé une articulation narrative qui organise quelque peu le jeu d’échos, de mises en parallèle et mises en opposition qu’il est passionnant de dresser entre Pessoa, Caeiro, Reis, de Campos, Soares, Quaresma, et aussi les grands personnages comme Faust ou le Banquier anarchiste. Cette articulation, nous nous proposons de l’organiser à partir d’une sorte d’enquête, aux aspects ludiques, bien entendu, menée par celui des hétéronymes qui paraît tout désigné à cet effet : le docteur Quaresma, déchiffreur d’intrigues ; car c’est bien à une énigme des plus étranges qu’aura affaire ici ce personnage voué à la rationalité et à l’esprit de déduction : qui est ce singulier Fernando Pessoa qui se fragmente de la sorte en des doubles à la fois si semblables et si différents ?
Et qui, en fin de compte, est-il lui-même, Abilio Quaresma, sinon, comme il le découvrira au terme de son enquête, un double supplémentaire et une créature de Fernando Pessoa ? Entre un Pessoa perdu dans son rêve et Quaresma cherchant à comprendre le pourquoi et le comment du fonctionnement poétique de son interlocuteur se développe ainsi à intervalles réguliers un jeu de questions-réponses et de réparties dessinant peu à peu quelques contours thématiques de cet univers magnifique et si complexe.
Alternent avec cette confrontation, pour prolonger et concrétiser en différents échos ce qui s’y dira, l’apparition des autres hétéronymes, de brefs débats entre eux, ainsi que nombre d’extraits de prose et de poésie, tant des hétéronymes que de Pessoa lui-même : il y avait tant et tant de passages à faire entendre que le choix n’a pu être que douloureux… »
Paul Emond
Miroirs de Fernando Pessoa de Paul Emond
Un spectacle du THEATRE DU SYGNE
au théâtre des Martyrs jusqu'au 9 février
Du 15 janvier au 9 février 2013 Dim 27/01 et 03/02 Je ne suis personne
Je ne peux être personne car je porte tous les rêves du monde « Je ne suis personne » confie Pessoa. Intuition essentielle qui l'amène à écrire sous l'effet « incontrôlable » de multiples dédoublements de sa personnalité (certains spécialistes de l'œuvre en ont compté jusqu'à cent vingt). A plusieurs de ces hétéronymes, il ira jusqu'à attribuer une véritable biographie et fera même de l'un d'entre eux celui qu'il appelle son maître. Ainsi s'organise un formidable théâtre mental où la fiction de ces personnages écrivains devient réalité, tandis que l'auteur Pessoa lui-même se glisse dans l'évanescence d'une vie rêvée (« Je suis, dit-il encore, le personnage d'un roman qui reste à écrire. ») Tout cela se passe à Lisbonne, que le poète a chanté comme nul autre et dont l'évocation constitue souvent le décor imagé du spectacle.
Mise en scène : Elvire Brison Texte : (adaptation d'après l'oeuvre de Pessoa) Paul Emond Distribution: John Dobrynine, Emmanuel Dekoninck, Itsik Elbaz, Idwig Stephane Guitare : Renaud Dardenne Décor : Philippe Hekkers Costumes : Myriam Deldime
Penser à vous,
à la profondeur brune de vos yeux,
à votre peau respirant sur la mienne,
à votre corps illimité
dès lors qu’il frôle le mien,
le touche, s’étonne et s’éclaircit ;
ensoleillement soudain !
A penser à vous tout le temps,
le mouvement de mon cœur,
son balancement,
doivent de l’extérieur se voir, s’entendre,
me rendre bien étrange.
Oh, puisse cette mélodie,
n’appartenir qu’à nous !
Joie.
Sur mes lèvres, ce sanglot de vous,
pétale bleu, de vos yeux tombé,
léger pour un chagrin trop lourd.
A fleur de peau vous et moi,
l’un sans l’autre, tellement tristes.
Cœurs qui vacillent, chutent et roulent dans le corps,
dans le ventre se fracassent, pierres douces ;
mal partout.
Nous n’osons pas, puis un jour,
sur mes lèvres ce sourire solaire, tout entier,
l’immatérielle alliance,
destiné, adressé à vous.
Rencontre.
Cœurs qui volent, tourbillonnent dans le corps,
le ventre, se reconstruisent partout,
devenus forts.