Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16185)

Trier par

Réflexion,

 

Receler, préserver une intériorité en soi,

dessine et pérennise en chacun et chacune de nous,

un vaste paysage, plus ou moins architectural ;

un espace créatif, plus libre et extensible.

Ceci, aux autres nous relie car chacun et chacune

seront devenus un Monde, une individualité ;

ainsi, une complémentarité, un partage, seront envisageables.

La co-construction d'une Démocratie verra le jour !

Celle-ci n'étant que la résultante et le fruit,

d'une multitude de mondes réellement rencontrés.

Le collectif, n'étant fait que d'identités et d'individualités,

entières et épanouies.

Chacun de nous,

a son propre sommet.

 

Lire la suite...

 

12272997085?profile=original

Françoise Buisson, Adyne Gohy, Claude Carretta et Marie Josèphe Bourgau réunis le 28 février 2014  dans la belle salle Suzanne Tourte à Cormontreuil près de Reims pour le vernissage de l'exposition

Les Lorrains à l'honneur 

du 1er au 9 mars 2014i

absente sur la photo  Christine Mathis-Wehrlen

Lire la suite...

Une vie comme une autre

 

 

Mon père exerçait la profession de pantouflier. Il était le président de la corporation des pantoufliers juifs de Czestochowa. Son autorité était si grande qu'il décrétait la grève d'un seul geste. Il mettait sa machine sur l'épaule et parcourait les rues du quartier. Longtemps, je me suis demandé comment un homme de sa taille qui n'était pas très grande, et de sa robustesse qui n'était pas remarquable, pouvait porter une machine sans se fatiguer.

Dans mes souvenirs, jusqu'à ce que j'apprenne la vérité, mon père était un héros comparable à ceux de l'antiquité. De l'un d'eux, en particulier, qui portait une mappemonde sur l'épaule. Dieu seul sait de quelle corporation, il était le président.

Un jour, j'avais deux ans à peine, il a dit:

- Nous allons quitter la Pologne.

Je me demandais comment des gens pouvaient vivre hors de la Pologne. Personnellement, je n'en connaissais pas. Mais, s'ils y parvenaient, des polonais y parviendraient mieux encore.

A cette époque, en 1929, Paris était déjà une métropole cosmopolite. Les habitants y étaient d'origine russe, polonaise, italienne, espagnole et venaient d'autres pays encore, si bien que lorsqu'ils étaient obligés de s'exprimer en français, ils le faisaient avec un accent à ce point différent l'un de l'autre, que chacun d'entre eux avait le sentiment de parler français mieux que son interlocuteur.

Un cousin de mon père habitait rue Lamarck dans le 18ème arrondissement. Il était fourreur mais moins prestigieux que mon père ne l'avait imaginé. Il est vrai que tant qu'à rêver, autant rêver un peu au dessus de la réalité. Son atelier était son magasin, et les passants pouvaient le voir travailler à travers la vitrine. En été, quand la porte était ouverte, l'odeur de l'atelier, une odeur de cuir mouillé et de suint, empestait la moitié de la rue.

Mon oncle, en était tout imprégné lui aussi. Mais il ne s'en rendait pas compte. Homme bien élevé, quand il fumait le cigare, son seul vice, il s'excusait auprès des gens.

- L'odeur du cigare ne vous incommode pas, j'espère.

Mon père prit une chambre, rue Paul Bert, dans un petit hôtel situé dans le même arrondissement, pas très loin d'un cabaret à la façade colorée, illuminé le soir d'ampoules de couleur, qui se nommait le Moulin Rouge. Mais, il n'avait rien d'un moulin malgré ses ailes, du reste immobiles.

C'est dans cet établissement que mon père  trouva du travail lorsqu'il décida de rester à Paris quelques temps, le temps de juger si on pouvait y creuser les fondements d'une vie heureuse. La formule était légèrement amphigourique mais elle donnait une touche de noblesse à ce qui, à mon avis, était de l'attirance pour un monde qu'il ignorait, et les couleurs vives revêtues par les parisiennes.

Ce jour là, il rentrait à l'hôtel en passant par le Moulin Rouge lorsqu'un homme qui portait un fauteuil qu'il venait d'extraire d'une carriole faillit le laisser tomber.

- Attention, dit mon père en polonais, je vais vous aider.

- Merci, merci. Dieu merci.

Lui aussi d'instinct s'était exprimé en polonais. Le fauteuil déposé dans le hall, ils éclatèrent de rire tous les deux.

- Ainsi, vous êtes polonais.

- Les polonais sont partout.

- Les polonais, je ne sais pas, mais les juifs, c'est vrai, sont partout. Faut-il s'en étonner? Ils étaient présents à la création du monde. Et peut-être même avant. Je m'appelle Simon Weissberg. En français, c'est Montblanc.

- Moi, c'est Louis Pelzer. Je viens d'arriver de Czestochowa.

- Vous cherchez du travail?

L'affaire fut vite réglée. Monsieur Montblanc cherchait une sorte d'homme à tout faire, et mon père avec sa mine honnête lui inspira confiance. Il commença son travail le soir même.

Monsieur Montblanc n'avait pas de famille. Ni épouse, ni enfants, personne. Des parents, il en avait eu sûrement mais ils étaient morts. Si bien que c'est à mon père qu'il proposa de lui succéder en contrepartie d'une rente raisonnable.

- Louis Pelzer, patron du Moulin Rouge, ça sonne bien.

- Louis Pelzer de Montblanc, ça sonne mieux encore, dit ma mère.

L'affaire fut conclue.

A cette époque, à Paris, la plupart des étrangers, les Russes en tout cas, étaient Princes ou Ducs, le moins élevé en grade était général. Tous, à peu de chose près, étaient taximen le jour, et joueurs de balalaïka, le soir. Seuls les italiens et quelques espagnols n'étaient pas de souche noble ou taximen. Ils étaient peintres dans le quatorzième arrondissement.

Le nouveau nom de mon père : Pelzer de Montblanc n'étonna personne. Son accent polonais pouvait tout aussi bien être russe. Polonais, russe, c'était pareil pour des gens qui ont la réputation d'ignorer la géographie. D’ailleurs, il ne prétendait pas porter de titre de noblesse. Quand il se présentait en disant Pelzer de Montblanc, il voulait signifier Pelzer c'est mon nom, et Montblanc celui de l'homme auquel je succède, mais les gens n'écoutent qu'eux-mêmes et ils n'entendent que ce qu'ils veulent entendre. Ils voulaient entendre Pelzer de Montblanc parce que cela les honorait de parler à un homme dont le patronyme avait une particule. Mon père cessa de les corriger.

 Les affaires se développaient grâce aux intuitions de ma mère. Désormais, on dînait au Moulin Rouge et les convives, le vin aidant, parlaient haut tout en regardant les jambes des danseuses. Les filles, c'était l'essentiel, avaient toujours les jambes bien faites et des cuisses pleines et suggestives. Certains soirs, des messieurs attendaient devant la sortie des artistes. C'est dire le succès du New Moulin rouge, et la qualité des spectacles.

Personne ne se rendait compte que l'histoire était en train de basculer. Nous étions en 1936.

Monsieur Blandin, un député, bon client de l'établissement, avait dit à mon père:

- Les allemands viennent d'envahir la Pologne.

- Les allemands? Pourquoi?

- Pourquoi, pourquoi. Mon pauvre ami !

Le spectacle du Moulin Rouge était fort apprécié par la clientèle. C'est ma mère qui choisissait les danseuses, elle connaissait le goût des hommes pour l'anatomie féminine. La formule est un peu vulgaire mais elle correspond à la réalité: Une femme, si elle suggère certaines parties de son corps, que tout le monde connait cependant depuis l'enfance, bouscule le cœur des hommes. La culture, en cette matière, qu'elle soit française, polonaise ou autre, est davantage affaire de sexe que de nationalité.

L'une des danseuses, son nom était Frieda, avait un corps splendide. Il suffisait de l'avoir vue un seul soir se trémousser en costume de scène pour ne jamais plus cesser de ressentir, à vous arracher le bas du ventre, la séduction de son corps. Même lorsqu'elle était habillée, les hommes, immanquablement, l'imaginaient nue.

Personne n'y était insensible. Mon père pas plus que les autres. Et il eut assez rapidement deux femmes, une épouse qu'il respectait, et une maîtresse qu'il respectait tout autant parce qu'il la respectait un peu moins. Ils avaient l'air heureux. Tous les trois.

Personne ne pensait à la guerre qui se déroulait ailleurs. Les journalistes appelèrent cette période la drôle de guerre. Jusqu'à ce que les allemands contournent la ligne Maginot. Et ce fut l'exode.

Le Moulin Rouge resta fermé durant trois semaines. Mon père venait tous les jours se rendre compte de son état. Aucune déprédation ne défigurait sa façade mais le dessin coloré de danseuses levant la jambe, et la reproduction d'un moulin aux ailes figées, alors qu'aucune lumière ne les animait, donnait au tout un air cocasse épouvantablement triste.

- Ce n'est pas possible, monsieur Montblanc, ça ne peut pas continuer comme ça.

Mes parents se morfondaient de l'inaction à laquelle ils étaient acculés. Ils habitaient désormais le haut du Boulevard Caulaincourt dans un immeuble bourgeois.

Par contre, ouvrir le Moulin Rouge alors que les Allemands occupaient Paris, n'était-ce pas manquer de patriotisme, se disait mon père.

- Il faut rouvrir l'établissement, Monsieur Montblanc. Vous avez charge de personnel.

C'est le commissaire du quartier qui le dit à mon père qu'il avait convoqué. Puis, il ajouta à mi-voix:

- Et je ne vous cache pas qu'un officier de la Kommandantur le souhaite également. Un homme charmant. Et très cultivé. Il adore la danse.

Une semaine plus tard, le Moulin Rouge avait ouvert ses portes, une partie de la clientèle était revenue, et des officiers allemands s'étaient attablés devant la scène. Au dehors, toutefois, il n'y avait pour situer l'établissement qu'une lampe bleue qui tremblotait au moindre souffle de vent.

Durant les guerres, la vie des gens tout autant que l'histoire prend des directions que nul ne peut prévoir. Certains d'entre nous s'en rendent compte et changent de vie, d'autres s'efforcent de retrouver la routine habituelle.

Durant la dernière guerre, il faut préciser: celle de 1940, certaines catégories d'êtres humains étaient vouées à la mort. Mais pour les autres, c'était comme si les saisons s'étaient transformées. Elles prenaient une autre couleur à laquelle il fallait s'adapter. Si auparavant les gens étaient tentés de se plaindre de tout et de rien comme si leur vie à chaque fois était en cause, durant les guerres ils deviennent doux comme des moutons.

- Alors monsieur Montblanc, est-ce que ce n'est pas mieux comme ça ?

Le commissaire du quartier était devenu une relation intéressante qui venait visiter régulièrement les coulisses. Il donnait son avis sur les filles. Ou sur les décors. Il avait avoué à mon père que durant son adolescence, il avait rêvé de devenir comédien.

- Eh oui, monsieur Montblanc.

Il disait monsieur Monblanc et non monsieur Pelzer. Mon père, dieu sait pourquoi, était rassuré. Atavisme peut-être il savait que tout finit toujours par arriver, il suffit d'attendre.

Un soir, l'Ober-leutenant Fritz Muller, l'officier charmant et cultivé qui nous avait poussé à rouvrir le Moulin Rouge prit mon père à part.

- Monsieur Montblanc, vous aurez remarqué que de plus en plus de nos soldats fréquentent votre établissement. Les demoiselles y sont remarquables: de vraies parisiennes. Mais il est dommage que les repas ne soient pas à la hauteur du spectacle.

- Que faire? Le rationnement, hélas, à ses limites en matière de gastronomie.

- Allons Monsieur Montblanc, un peu d'imagination.

- Je vous comprends, Herr Major, mais si je me fais prendre ?

- Je vais vous faire établir un ausweis personnel. Après tout, il s'agit du moral de nos troupes.

C'est ainsi que mon père, ouvertement cette fois, alimenta les clients du Moulin Rouge de viande, de beurre, de café, enfin de tout ce qui se mange, se boit ou se fume. Bientôt il eut trop de tout et il approvisionna un de ses amis qui avait ouvert un commerce de gros et occupait une place en vue sur le marché parallèle.

En l'espace d'un an, mon père avait de quoi ouvrir un compte en Suisse et d'acheter des lingots d'or qu'il entreposait dans un coffre à Zurich.

De temps en temps, il offrait à l'Ober-Leutenant une caisse de champagne. S'il dînait au Moulin Rouge, que mon père fut présent ou non, il se voyait refuser de payer l'addition. En véritable gentleman, au bout de quinze jours, pour ne pas mettre le personnel dans l'embarras, il cessa de la demander. Pour ce qui était des danseuses, personne n'était censé intervenir dans des tractations, somme toute, privées.

Frieda resta longtemps la maîtresse de mon père. Il avait de quoi entretenir deux épouses. Elle témoignait de l'ascension sociale de la famille. En outre, ma mère était fière d'être l'épouse d'un homme pourvu de beaucoup de charmes puisqu'il plaisait à d'autres. Ainsi allait la vie.  C'est Brecht qui le disait en 1929 déjà, d'abord, il faut bouffer. Après vient la morale.

Jusqu'à la fin de la guerre, mon père, ma mère et Frieda eurent une existence convenable, de celle qu'on peut souhaiter à ses meilleurs amis. Des amis en nombre, une situation professionnelle enrichissante, un statut social enviable.

Sinon que tout cela n'est que le fruit de mon imagination.

C'est vrai que je suis né en Pologne. C'est vrai que mon père était le président des pantoufliers juifs de Czestochowa. C'est vrai que ma mère était belle. Un avenir radieux s'offrait à eux comme à tous les enfants du monde.

Mais j'ignore où ils sont enterrés. D'ailleurs, l'ont-ils été? De la plupart des gens, on connait la date de naissance et celle de leur mort. Je connais les dates de naissance de mon père et de ma mère, j'ai retrouvé sur internet, la date de naissance de nombreux membres de ma famille. Mais d'aucun d'entre eux, je ne connais la date de leur décès. Serait-ce qu'ils sont toujours vivants?

 

Lire la suite...
administrateur partenariats

Un professeur ...heureux !

12272982858?profile=original

Chaque année, le dernier jour de décembre avant les examens de Noël ou de juin, je reçois des cadeaux !

Nous immortalisons d'une photo et elle est partagée... sur leur mur .

Cette année, je vous en fait profiter, chers amis.

Oui, la jeunesse est difficile, le métier d'enseignant est malade, mais lorsque nous recevons, nous , enseignants, un pareil cadeau, nous reprenons courage et repartons d'un pied alerte.

12272983852?profile=original12272983693?profile=original

Lire la suite...

Un bouquet de tendresses

 

À Marcelle

Ce moment est propice pour te dire les mots

Que ma pensée, émue, souvent me fait entendre

Quand dans la joie, je prends le temps de me détendre

Et en laisse couler le nostalgique flot.

Parfois, il me revient, de ma petite enfance,

Quelques scènes sauvées de l’oubli, dans leurs lieux.

Tu es à mes côtés dans les rires et les jeux,

Qui furent notre lot jusqu’à l’adolescence.

Toujours auprès de moi, était la grande soeur,

Généreuse, discrète, amusée, laissant faire,

Respectant ma façon d’exister sans prière.

Jamais d’impératifs, des avis en douceur.

Tu as été la fille dont peut rêver un père.

Et tu as certes fait la joie de tes parents

Relevant sans faiblir les défis les plus grands.

Tu as mis tant d’amour à soigner notre mère!

Puisses - tu recevoir, en bouquet de tendresses ,

Ces murmures, à nouveau, entendus ce matin.

J’y ajoute mes voeux pour d’heureux lendemains.

Tes enfants te feront une douce vieillesse.

 

28 février 2014

 

Lire la suite...

Propos au sujet de l'honneur

 

 

Tant de croyants, imprévisibles,

Commettent des actes d'horreur,

Crimes qu'ils qualifient d'honneur!

Des innocents sont pris pour cibles.

L'orgueil peut imposer des choix,

Aux douloureuses conséquences,

Mais retenus de préférence,

Très rapidement quelques fois.

La dignité rend respectable

Lors chaque être humain s'en soucie,

N'accepte pas et réagit

En se sachant jugé coupable.

Les très importantes personnes

Prennent bien soin de leur honneur,

Indispensable à leur valeur.

Rien en cela ne nous étonne.

Que renferme le mot honneur?

Comment devrions-nous l'entendre?

Il faut certainement apprendre

Qu'il est nombreuses fois trompeur.

Je me souviens de ma surprise

Quand je lus que le bon Rousseau

Trouva ce mot fort à propos

Pour mettre fin à une crise.

Donner son enfant, s'en défaire?

Thérèse admit dans la douleur

Que pour préserver son honneur

N'existait que ce choix à faire.

28 février 2014

Lire la suite...

Terre inexpugnable

Ni l’orage ni l’averse

N'épuisent l’arc en ciel

Ni le brouillard n’étouffe

Les chants des Aurès

Terre inexpugnable

Qu’es-tu devenue ?

Tu saignes encore

A l’ombre de tes légendes

 

Que de sacrifices évanouis

Que de mirages en héritage

Que de leaders sans courage

Que de héros sans prouesse 

 

Terre inexpugnable

Déterre tes vivants

Transmue tes phantasmes

Pour traverser la brume 

Modifie  l’éveil

Pour chasser la nostalgie

 

Terre inexpugnable

Cèdres du Djurdjura

N’est point  perdue

La rage des révoltés

L’entrain des orphelins

N’est point perdue

L'attente des martyrs sans stèle

 

Terre inexpugnable

Les chants du passé

N’assument plus le présent

 

Lire la suite...

Souvenirs et rires

12272994101?profile=original

Souvenirs et rires

Play, pleasure, plaisir

Désir de dire les plaies des heures

Plaies et heurts

Du temps qui passe

Et se joue de nous.

Reflets, reflection, réflexion

Traces fugaces, séance de projection

Miroitements, séquences et impressions

Épreuves par imbibition

Les bobines défilent

Pellicule nitrate inflammable

Sur la table de montage

Le tourbillon de nos émotions.

Avoir l'heur de vous plaire

Conserver les couleurs par transfert

Et retenir cette flamme

De nous une image même floue.

 

Souvenirs...

12272995256?profile=original

et rires...

12272995295?profile=originalLansardière Michel (février 2014)

Lire la suite...

Petite histoire d'un juif.

 

Petite histoire d’un juif.

 

J’étais journaliste à cette époque. Il y a longtemps que je souhaitais d'aller en Israël. Non pour y vivre comme Hector qui en était revenu, ni comme Michel qui y était enterré. Je me demandais si Israël ressemblait à l'idée que je m'en faisais. Un Israël mythique avant d'être un territoire.

C'est l'image qui me venait sous la plume. Une terre où des intellectuels s'étaient faits agriculteurs, envahie par des malheureux qui n'avaient pour but que de vivre comme des êtres humains après avoir vécus comme des bêtes.

C'était aussi une formule qui pouvait s'inscrire dans un article. Mais dans cet Israël là, terre de Sion et des Hébreux,  les palestiniens avaient une présence qui tenait du théâtre, et perturbait mon raisonnement.

Peut être que l’incroyant que j'étais avait envie de mettre ses pas dans ceux du christ.

Le rédacteur en chef avait approuvé.

- Un article sur Israël, ce n'est pas une mauvaise idée. N'oubliez pas de parler des Arabes.

Je suppose qu’il y en avait, mais je n'ai pas rencontré d'Arabes en Israël. A Jaffa peut être, à proximité de la mer, dans un établissement semi-restaurant, semi-bistrot, où un employé du consulat m'avait invité à manger une friture. C'était à la fois le patron et le serveur.

- Il n'est pas juif ? Je ne vois pas de différence entre lui et ceux que vous appelez des Sabras.

- Je n'en vois pas non plus. Il n'est pas juif, c'est sûr, mais les israéliens ne sont pas juifs non plus, dans leur majorité je veux dire. Ils ne sont pas très portés sur la religion, vous savez. Et ils n'apprécient pas tellement les juifs qui ne vivent pas en Israël, religieux ou non.

C'est une nation qu'ils s'efforcent de créer. Ils prétendent d’ailleurs, pour se distinguer des juifs de l'étranger, qu'ils ne sont pas juifs mais israéliens. Cet homme là, il est israélien, si vous lui posez la question.

-  C'est compliqué d'être juif. Mon père disait qu'un juif, lorsqu'il veut se gratter l'oreille gauche passe le bras droit derrière la tête. C'est pour eux qu'on a inventé la formule: pourquoi faire simple quand on peut faire " compliqué ".

-Tu es juif, toi aussi?

C'était un garçon de grande taille, blond et les yeux rieurs.

- Pourquoi. Je n'ai pas le type?

Je suis resté trois jours en Israël. Le temps de mettre mes pas, effectivement, dans ceux du christ, et de visiter Jérusalem où se côtoyaient juifs orthodoxes et arabes.

L'article que j'ai écrit en rentrant, après un tableau d'ambiance, insistait sur l'entente des juifs avec les arabes, et celle des arabes avec les juifs. Deux peuples sans doute, mais une seule nation. J'en ai eu beaucoup de compliments.

Lorsque des amis m'ont proposé d'adhérer aux amitiés belgo-palestiniennes, j'ai signé une pétition qui prônait l'amitié entre les peuples, et j'ai proposé d'assister à un colloque qui devait avoir lieu au Caire.

Finalement, je ne suis pas parti. Jean Clément, un jeune avocat qui était devenu mon ami, le secrétaire du mouvement, après une réunion du bureau, m'avait demandé de rester. Il avait l'air ennuyé.

- Ca ne va pas, Jean?

- Ils ne t'ont pas accordé de visa.

- Quel visa? Qui ça ils?

- Ce n'est pas notre faute, Pierre. Ils m'ont téléphoné de l'ambassade. Ils disent que ce ne serait pas indiqué qu'un juif participe à ce colloque, au Caire.

- Ils t'ont demandé si j'étais juif? Tu leur as dit que j'étais juif? Je rêve, dis-moi. C'est la guerre, et les allemands sont toujours là.

J'avais le cœur qui battait, mes joues étaient brulantes.

- Je t'en prie Pierre. J'ai demandé tous les visas, pour chacun d'entre nous, dans le même courrier, en même temps. C'est ton nom qui les a frappés. Je ne savais même pas que c'était un nom juif. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si tu étais juif ou non. Et même si tu es juif, c’est ton droit, ça n'empêche pas.

- Alors, qu'est-ce qu'on fait.

- Pour le bien du mouvement, les choses sont déjà tellement avancées, et nous avons des idées à défendre, je pense que tu aurais fait comme moi, j'ai dit: d'accord.

Le colloque, à ce que j'ai appris, avait été un succès. On avait cité la délégation belge dans la presse, et un officiel avait félicité Jean pour la hauteur de son intervention. J'aurais été satisfait, Jean avait utilisé certaines de mes formules dans son intervention.

Je n'ai plus participé aux réunions du bureau.

Un jour, j'ai cessé de proposer des articles au rédacteur en chef du journal. Je suis retourné à l’anonymat du secrétariat de rédaction. Il paraît que monsieur Balder, le patron du journal, en avait été surpris. Il aimait bien la manière dont, en quelques lignes, j'évoquais une atmosphère, une ambiance.

- En quelques lignes, Pierre se fond dans un milieu. On dirait qu'il en fait partie.

Oui, pensais-je, mais qui est Pierre?

Lire la suite...
administrateur théâtres

1606895_10151903374689212_1488373188_n.jpg?width=960Le Grand Soir
de Jean-Louis Leclercq et Patrick Chaboud

Créé au Magic Land Théâtre en 2009, Le Grand Soir fait son come-back ! Il nous revient réactualisé, initiateur de nouvelles révoltes mais aussi fournissant de nouvelles solutions !

Si vous vous demandez toujours pourquoi laisser une planète propre à nos enfants quand on voit le bordel de leur chambre ?
Ou pourquoi la raquette de Fédérer a plus de valeur que celle des Inuits qui se les caillent aux pieds ?
Alors venez découvrir les réponses (et bien d’autres) qu’offrent Paul Klut, ex-humoriste révolté reconverti en conférencier politique, et son incroyable acolyte Maurice !

Un spectacle décalé, drôle, persifleur et sarcastique, avec Jean-Louis Leclercq et Stéphane Stubbé, jusqu'au 15 février aux Riches-Claires !
Infos et réservations : 02 548 25 80 * www.lesrichesclaires.be
http://vimeo.com/84202408

Mise en scène : Patrick Chaboud
Auteur : Jean-Louis Leclercq et Patrick Chaboud
Avec Jean-Louis Leclercq et Stéphane Stubbé

http://www.meletout.net/klark/klark-theatre/

images?q=tbn:ANd9GcRf3n2OBSt7Cd6W3mYu6OfIVbZfQAk3YUFNtDkFJQuhR_dbSk1q  Ranimer le Désir!

Bienvenue à la tribune de Jean-Louis Leclercq et Stéphane Stubbé, deux joyeux lurons, le maître et l’assistant ès rires, railleries et rodomontades révoltées additionnée de malicieuse générosité. Ensemble, ils composent une série de sketches jubilatoires comme ceux du Fameux Speaker’s Corner à Hydepark. Le décor n’est d’ailleurs pas beaucoup plus élaboré, une tribune suffit, le talent fait le reste, et la pertinence du persiflage. Paul Klut, ex-humoriste révolté est donc reconverti en conférencier politique et son génial acolyte Maurice! Le conférencier appelle aux armes, donne rendez-vous pour une manifestation, où, ironie du sort, ils seront tout juste deux, sauf peut-être avec vous s’ils vous ont convaincus. Un duo qui n’est pas sans rappeler les facéties du grand Don Quichotte et de Sancho Panza. "Nous devons arrêter de regarder passer le monde avec l’indifférence des vaches qui regardent passer un train… de viande de bœuf."

Les sujets de réflexion abondent : les ados, les riches et les pauvres, les téléphones portables, les notices de médicaments, les journées mondiales, les tics langagiers, les bureaux de poste, les afghans dans les caves, la composition impossible des bureaux de vote, les scandales de tout poil.

Mais en définitive nous avons juste besoin « d’avoir envie » et de dire zut à la peur qui fait peur,  pour un prêt à vivre dans la sobriété heureuse ! Une clé du bonheur dans un monde rêvé ? Les artistes pleins de fraîcheur et de bonhommie sont là pour faire rêver et nous rappeler notre nature profonde.

Un haut débit qui enchante, avec un très bel interlude chansonnier  "Un Barbier de Saint Gilles " hilarant - merci à la superbe voix de Stéphane Stubbé, le ténor. Le génie comique est au rendez-vous avec cette touche nostalgique et émouvante des amuseurs publics qui, tout en caressant l’irrévérence, ont des choses à nous dire. Et notre rire de faire généreusement écho à leur vérité, solidarité oblige!

Stéphane Stubbé? Vous vous souvenez? L'inénarrable Winston Churchill dans "No sport"?

http://lazzi.over-blog.com/pages/Stephane_Stubbe-2677442.html

Lire la suite...

A TOI L'ARTISTE...

Laisse s'en aller ta révolte

Aussi s'écouler tes peurs...

Si l'art en toi virevolte

Efface le bruit, la fureur!

Ancré dans ton univers

Au chaud de ton impatience...

Fais gaffe aux effets pervers

Ne laisse pas s'enfuir tes chances!

Creuse au fond de ton cœur

Un antre de grâce et d'amour...

Il n'est pas de grand malheur

Qui résiste au départ des jours!

Il neige au creux du printemps

Et doux peut se faire l'hiver!

Laisse donc s'écouler du temps

Accroche ton art à la terre!

Toi, l'ami au cœur béant

imprègne ton âme de vie

Ne sera pas de néant

Qui résiste à tes envies!

J.G.

Lire la suite...

Ce samedi 1er mars, sur la RTBF-La Première, je dialoguerai avec Jacques Lemaire à propos de mon livre " Le Dit d'Ariane" Paris, éd. Orizons. Il sera question des mythes antiques, de leur réécritures contemporaines, de l'amour et de la liberté, du deviens qui tu es nietzschéen, hier et aujourd'hui.

Où ? Quand ?,;;; Dans l'émission radiophonique La Pensée et les Hommes du 1/03/2014, RTBF-1, vers 19:05. ou sur podcast dans les jours qui suivent la diffusion de l'émission. Bonne écoute !  

Lire la suite...

Des scrupules inefficaces

 

 

Chaque jour commençant, je me sens satisfaite.

J'ai la grâce d'avoir une santé parfaite.

Lors, je peux occuper à mon gré les instants,

Demeurant en éveil, inactive souvent.

Je n'invente jamais, privée de cette option

Mais me passe fort bien de l'imagination.

Le réel me surprend et me ravit sans cesse,

M'incite à méditer pendant que je paresse.

Lorsque je m'aperçois que j'ai passé mon temps

À flâner sans souci de tout ce qui attend,

J'accueille des scrupules et bien sûr me sermonne

Mais sans trop insister; vite, je me pardonne.

C'est que j'ai rédigé un propos qui me plaît.

J'ai pris cette habitude et certes m'y complais.

Les tâches ménagères ont si peu d'importance!

Le plaisir du moment fait que je m'en dispsense.

Je suis incorrigible et devrais  quelques fois

Pour me punir un peu me taper sur les doigts.

Scrupules inefficaces, mon envie me rattrape.

Lors c'est sur un clavier qu'allègrement je tape.

27 février 2014

Lire la suite...
administrateur théâtres

play_349_closer-2707_-_copie.jpg?width=563             « Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir.» Louis Jouvet

 

 « Closer » est une comédie incandescente, mêlant de façon surprenante sentiments, érotisme et humour mordant. Un chassé-croisé amoureux où le sexe, la séduction, la jalousie et le mensonge composent une carte du Tendre  fort amère. À l’instar du roman de Milan Kundera, « L’Insoutenable légèreté de l’être », cette pièce évoque à la fois le plaisir et la douleur d’aimer. Créée au National Theatre de Londres en 1997, puis à Broadway, la pièce  de Patrick Marber est rapidement devenue un succès international joué dans le monde entier. Elle obtint le Laurence Olivier Award, le Critic’s Circle Award, le Evening Standard Award et le Time Out Award. Suivra un film en 2004, dont Patrick Marber signera le scénario. Le théâtre Le Public accueille ce soir de 2014 la splendide production du POCHE GENÈVE sous l’intelligente direction de Françoise Courvoisier.

 

Dans un rythme très tranchant, fait d’éblouissements et de noirs profonds, le miroir de notre société a volé en éclats. Françoise Courvoisier signe une mise en scène élégante et clinique, construite en forme de staccatos en crescendo, comme une formidable partition musicale sans aucune fausse note, terminée par  le point d’orgue d’une danse macabre.   Douze débris de miroir et de temps différents  qu’il va falloir réassembler pour comprendre l’histoire complexe des chassés croisés de ce quatuor  de jeunes trentenaires-quarantenaires insupportables.  Ils ont tous un  esprit caustique et une  force de jeu très précise et expressive, époustouflante de vérité et de modernité. Square-dance d’un type particulier, les quatre personnages se poursuivent  dans une complexité d’émotions haute gamme. Si le langage fort branché est parfois très explicite, la charge émotionnelle inouïe qui siège derrière chaque phrase courte et vive du texte comme un galet brûlant, empêche la vulgarité.  On oscille entre  la subtilité des « Liaisons dangereuses », version moderne, et  celles du « Jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux.

play_349_closer-2685_-_copie.jpg?width=150Dan, un écrivain raté, journaliste nécrologique, a sauvé d’un grave accident sur la chaussée, la jeune et séduisante Alice dont  il tombe amoureux dans la salle d’attente de l’hôpital où travaille Larry, le beau mâle. Quelques mois plus tard, une séance de photos avec la photographe d’art Anna (divorcée et dépressive) relance chez Dan une série d’irrésistibles vibrations sexuelles alors qu’il vit avec Alice et en a fait son héroïne de roman. Entre-temps, rejeté par Anna et se faisant passer pour une femme, Dan se lance dans une séance de chat amoureux torride sur internet  avec le beau docteur Larry, dermatologue et caïd sexuel, à qui il donne rendez-vous à « l’Aquarium » le lendemain. C’est Anna qui arrive au rendez-vous et, se remettant rapidement de la méprise, elle lui tombe dans les bras. Le square-dance infernal peut commencer.

 Patrick Marber semble être désenchanté par l’amour et ne croire qu’à la luxure et à  la volatilité de la relation. Il met  imperturbablement en scène la rencontre, la crise et l’inévitable rupture. Dans la pièce il confronte même deux scènes de ruptures  concomitantes! C’est admirablement joué et interprété par ce quadrille de comédiens totalement investis dans leurs rôles.  Une merveilleuse et très convaincante  PATRICIA MOLLET-MERCIER joue la jeune Alice, à la fois oiseau libre et creuset de souffrance et de charme  entre VINCENT BONILLO et JUAN ANTONIO CRESPILLO. Blackbird Fly! A la dernière semaine de répétitions, notre comédienne belge,  FRANCE BASTOEN a accepté de  remplacer au pied levé le rôle d’Anna. Un rôle qu’elle épouse avec une présence et  une sincérité extraordinaires. play_349_closer8523.jpg?width=260

 

« Honesty’s the best policy ? »  De trahisons, en  abandons, en  revirements, la vérité est  tour à tour une arme et une preuve d’amour, et le plus souvent, un besoin compulsif de demande ou d’octroi de pardon.

DAN.- Je l’aime.

LARRY.- Hé oh, moi aussi.

Ce n’est pas Anna que vous aimez, c’est vous.

DAN.- Vous vous trompez, je ne m’aime pas.

LARRY.- Mais si, et je vais vous dire quelque chose : c’est vous, les égoïstes, qui avez raison, vous êtes les plus forts et le monde est à vous.

Elle est revenue vers vous parce qu’elle ne peut pas supporter de vous voir souffrir, vous le savez. Et ne me parlez pas d’égoïsme, ce n’est pas Anna que vous voulez. Vous voulez votre revanche.

DAN.- Vous lui ferez du mal. Vous ne lui pardonnerez jamais.

LARRY.- Mais si je lui pardonnerai ; je lui ai déjà pardonné. Sans pardon, on est des sauvages.

 On est néanmoins dans des rapports de force, au lieu de ceux de l’amour. Larry-the-winner-takes-it-all a un penchant effréné d’exigence de vérité qu’il habille des traits de l’amour.Tandis que Dan, le loser, genre anti-héros de Woody Allen, frustré et pénible, a du mal à comprendre qu’il faut parfois pardonner sans vouloir fouiller dans des explications qui font mal. Les deux mâles, mus par un égoïsme également affirmé, veulent surtout garder le contrôle à tout moment, quels que soient leurs « sentiments ».

play_349_closer-7024_-_copie.jpg?width=250Le talent de chacun des partenaires pour attirer l'autre n’est dépassé que par leur besoin de posséder ceux qu'ils prétendent aimer. Dans la quête de l’autre il y a un net  penchant pour l’appropriation, … à cause du dépit de ne pas fort s’aimer soi-même, sans doute. Quelle comédie humaine !  Devant la jalousie et le  furieux besoin « d’avoir », la confiance joue les abonnés absents entre victimes ou bourreaux consentants. Portrait incisif d’une société basée sur le défi et le mensonge. "Love and sex are like politics: it's not what you say that matters, still less what you mean, but what you do."

CLOSER

http://www.lepoche.ch/upload/cms/dp_closer.pdf

CLOSER

de PATRICK MARBER. Adaptation Pierre Laville
Mise en scène: Françoise Courvoisier Avec: Vincent Bonillo, Juan Antonio Crespillo, Patricia Mollet-Mercier et France Bastoen.

DU 25/02/14 AU 05/04/14

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=349&type=1

Lire la suite...
ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 26/02 au 16/03/2014 l’exposition  événement des artistes suivants : Gert Salmhofer (Aut) peintures, Kostas Kalentzis (Gr) peintures, Ann Philippsen de Bellefroid (Be) peintures et Pierre Content (Fr) sculpture.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 26/02 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

Le FINISSAGE a lieu le 15/03 de 11h 30 à 18h 30.

 

 

         Gert SALMHOFER (Aut) peintures

         « Palimpseste » 

12272987259?profile=original

12272987301?profile=original

         Kostas KALENTZIS (Gr) peintures

         « De l’iPad à la toile »

12272988452?profile=original

Collectif de la GALERIE :

        

         Ann PHILIPPSEN de BELLEFROID (Be) peintures

12272988865?profile=original

Pierre CONTENT (Fr) sculpture

 

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

Louis de VERDAL (Fr) sculpture

 

Exposition du 26 février au 16 mars 2014.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0) 497 577 120

 

 

INFOS ARTISTES ET VISUELS SUR :

 

Le site de l’Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur

Le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

Voir: https://artsrtlettres.ning.com/ (Inscription gratuite)

Programmation de la Galerie de janvier à avril 2014 :

Voir : http://j.mp/MzSIB0

Diaporama des plus belles expositions de l'Espace Art Gallery :  

Voir: http://ning.it/KHOXUa

Les critiques de François Speranza sur Arts et Lettres :

Voir : http://j.mp/1dDwL9m

Expositions de l’Espace Art Gallery d’avril 2011 à janvier 2014 :

Voir : http://j.mp/1dO2y7o

 

 

Information pratique : Pour les visiteurs de la galerie qui viennent en voiture. Les parkings rue Lesbroussart et environs sont payant jusqu’à 20h 30 ! Si vous ne trouvez pas de places dans le quartier il est tout à fait possible d’utiliser le parking Flagey sous la place. Il est à 5 minutes de la galerie et cela sans tourner en rond à la recherche d’une place disponible. Ou alors venir après 20h 30 et trouver une place en surface. Et il y a aussi les transports publics : le tram (81) et les bus (38, 54, 60 et 71).                   Jerry Delfosse

 

 

Voici les cinq prochaines expositions:

 

-Titre : « La blessure de durée » (Aragon)

Artiste: Hans Schmidt (Be) sérigraphies

Vernissage le 19/03 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 19/03 au 06/04/2014

Finissage le 05/04/2014 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « Différents regards sur l’art »

Artistes: Clara Berger (Fr) peintures, Veronika  Ban (Slov) peintures et Pierre Content (Fr) sculptures

Vernissage le 19/03 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 19/03 au 06/04/2014

Finissage le 05/04/2014 de 11h 30 à 18h 30.

 

-Titre : « Emergences » 

Artiste: Max (Be) peintures

Vernissage le 09/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/04 au 27/04/2014

Finissage le 26/04/2014 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « INTERMEZZO » 

Artiste: Daniel Roger (Fr) peintures

Vernissage le 09/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/04 au 27/04/2014

Finissage le 26/04/2014 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « Différents regards sur l’art »

Artistes: Patricia Le Guennec (Fr) peintures et Corinne Benoliel alias Corinart (Fr) peintures et sculptures

Vernissage le 09/04 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/04 au 27/04/2014

Finissage le 26/04/2014 de 11h 30 à 18h 30.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

  

Bien à vous,

 

                                                         Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                        eag.gallery@gmail.com

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

Lire la suite...

Jonathan

 Jonathan était né à Gdynia en Pologne. Lorsque les  allemands envahirent la Pologne, il était âgé de quatorze ans. Il fréquentait le collège depuis trois ans, et prévoyait d’entrer plus tard à l’Université de Cracovie pour y apprendre la philosophie.

C’était un adolescent intelligent, fort séduisant, qui retenait le regard des jeunes filles autant que celui de leur mère.

Le soir, Jonathan se rendait à la Yeshiva, une école dirigée par des rabbins, où il apprenait l’hébreu et la Thora. Dans chacun de ces établissements, il apprit le plaisir de la discussion et l’importance qu’il y avait à chercher et à trouver les bons arguments. Il faisait la joie de ses parents. Orthodoxes, ils respectaient les rituels prescrits, et toutes fêtes étaient motifs à se ranger aux côtés des élus. Aux yeux de leur dieu, ils étaient des modèles vraisemblablement.

Son grand père, Salomon, était un rabbin respecté de la communauté. Souvent, Jonathan lui rendait visite pour lui parler de ses études ou lui demander conseil. Avec son grand père, il ne craignait pas d’avoir les sujets de conversation qu’il ne pouvait pas avoir avec son père. Au sujet des filles par exemple. Il faut bien le reconnaitre, juives ou non, aux yeux d’un jeune garçon, elles avaient toutes des attraits qui donnaient à rêver, la nuit généralement, et même alors qu’on ne dormait pas encore. 

Jonathan avait un frère, Samuel, de deux ans son cadet, et beaucoup moins préoccupé de religion. Lorsqu’il jouait avec ses amis, juifs ou non, les coups pleuvaient fort de part et d’autre. Samuel avait appris très tôt que les coups étaient beaucoup plus convaincants que les arguments les mieux élaborés lorsqu’on avait affaire à des interlocuteurs que la philosophie n’intéressait pas.

Qui peut dire lequel des deux frères avait raison ?

Avant la guerre déjà, il y eut  des pogroms encouragés par les autorités. Tuer ses semblables défoule, a dit je ne sais plus quel sociologue. Un soir que Jonathan était auprès de son grand père, un groupe dont personne n’eut été capable de dire quel en était le plus soûl des participants, deux d’entre eux, munis d’une hache, fracassèrent la tête du rabbin tandis que les autres le tirèrent hors de chez lui, et l’abandonnèrent en criant mort aux juifs. Cette frénésie à tuer les avait empêchés de voir Jonathan, pétrifié derrière l’armoire où le grand père rangeait la Thora.

C’est ce jour-là vraisemblablement qu’il apprit à se taire, et que ses yeux prirent cette couleur de noir qui fit dire, longtemps après encore, qu’il avait de beaux yeux dans lesquels ont se serait noyé.

Ses parents et lui furent arrêtés un peu plus tard. Ils furent mis dans des camps de concentration, séparés et, probablement, brûlés dès que les premiers fours furent construits. A l’exception de Jonathan parce que le commandant du camp avait été séduit par sa beauté. Et par son intelligence, affirmait-il.

Les commandants de camps étaient des officiers. Des gens qui sortaient des bonnes écoles. Ils étaient sensibles à l’intelligence et à la beauté. Il fît de Jonathan son domestique personnel, et son amant. Jonathan voulait vivre. A tout prix.

A la libération du camp, il vivait en effet. Il émigra en Belgique. Mais il n’était plus orthodoxe, il avait un compte à régler avec le tout puissant ; disait-il.

Saisi d’une fringale de connaissances, Jonathan entama des études de droit. Il voulait devenir avocat. Sa femme trouva un poste dans un Grand Magasin de sorte qu’en se serrant au maximum ils purent subsister. Le soir et le week-end Jonathan donnait des cours de français à des compatriotes. Ce n’était pas un français impeccable mais il était amplement suffisant pour des gens dont la plupart ne parlaient qu’à leurs compatriotes.  

Jonathan faisait les choses systématiquement. Il disait qu’il était nécessaire de se tracer une route à suivre et de la suivre scrupuleusement si on voulait atteindre le but qu’on s’était fixé.

A la fin de ses études, il entra en stage dans le cabinet d’un de ses professeurs. Il s’exprimait désormais parfaitement en français. Seul, un léger accent révélait ses origines. Et la langueur de son regard, typiquement slave, disait ses interlocutrices.

Lorsque sa femme mourut d’un cancer, il décida de mourir à son tour. Il n’avait rien oublié. Il avait un compte à régler avec le très haut.

Il n’y eut personne à ses funérailles.

 

Lire la suite...

Une délicieuse réminiscence

 

  

Ah ! Gringoire, qu'elle était,jolie la petite chèvre de M. Séguin ! qu'elle était,jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! C'était presque aussi charmant que le cabri d'Esméralda, tu te rappelles, Gringoire ? - et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre...

 

...............................................................................................................................................................................

Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n'avaient rien vu d'aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu'à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.

Tu penses, Gringoire, si notre chèvre était heureuse !

 

N.B: Passages inoubliables de « La chèvre de M.Séguin »

Lire la suite...

Pensée de moi vers vous,

 

Le trajet quotidien,

depuis champs de courses,

jusqu'à la gare du Nord,

alors qu'à vous je songe,

prend l'allure d'un infini voyage,

au subtil parfum,

 d'un dense feuillage.

Puis cette main fraiche et claire,

sur moi posée ,

hésitante, légère ;

une aération verte,

le gros drap de l'air se faisant tout velours.

S’éprendre ne s'apprend pas,

mon cher ami,

mais simplement se vit,

nous rendant alors fou-joyeux !

Dans le train bleu,

vêtue d'un chemisier blanc,

qu'agrémente un collier de groseilles,

à vous je songe,

mes lèvres framboisées,

non sans audace,

ne cessent par la pensée,

de taquiner les vôtres,

jusqu'à ce qu'elles rosissent un peu

et osent !

C'est l'été en hiver,

ici et là des roses,

sur les berges de la Seine,

il neige multicolore..

,

 

S

 

 

 

Lire la suite...

Songe et réalité

Quand vient l’hiver et que tombe la neige, on cherche à s’émerveiller.  Les portes s’entrouvrent et laissent passer les rêves les plus fous. Parfois des songes plus irréels encore apparaissent et nous plongent dans un monde parallèle, féerique.

Un soir où la lune blanche éclaire mon jardin, apparait un petit être étrange, un lutin.  Egaré, perdu, il est sous les branches d’un arbuste et tremble. Son regard fuyant se pose sur moi. Je frisonne de froid à moins que ce soit de crainte, je ne me souviens plus et je reste là un instant sans bouger.

J’ai laissé la porte de la maison ouverte et brusquement le lutin s’introduit chez moi sans que je puisse m’interposer sur son passage. Il passe tellement vite que je le vois à peine et je ressens immédiatement un léger courant d’air à mes pieds.
Tout de go, il s’installe confortablement près de la grande cheminée pour se réchauffer.  C’est la première fois que je vois un lutin pas plus grand que trois pommes. Sa chevelure rousse et ses habits  composent  avec la nature, du brun, du vert, du blanc.  Il ne bouge plus.

Passé le premier moment de stupeur, un peu rassurée, je m’avance vers lui.  Je commence à lui parler, à lui poser des questions. Il me regarde de côté et prend une mine boudeuse. Il ne veut apparemment pas me répondre. Il baisse la tête et ne prononce aucun mot.
Brusquement, il se lève, ses yeux cherchent les miens, il bouscule mes objets et les casse. Je comprends son audace, sa certitude. Son regard est maintenant agressif, destructeur, voir cuisant d’inhumanité  et  fait craindre  la zizanie qu’il cache au fond de lui.
Ce lutin à l’air maléfique  m’observe maintenant, debout aussi.  J’ai subitement peur qu’il saccage en qq secondes ce qui fait ma vie, mes pensées, ma raison, ma confiance. J’ai peur. Aussi petit qu’il soit, c’est devant un géant de malveillance que je me trouve. Je le sens.

Perfide, il me laisse avec mes interrogations et renâcle de plus belle. Il m’ignore. Je le somme de répliquer et de répondre à mes questions, à sa présence ici. Il ne dit rien. J’en arrive à me sentir coupable, fautive, désorientée de l’avoir rencontré. De colère, je lui dis que s’il ne veut pas communiquer, notre entretien tire à sa fin et qu’il parte.

Ses petits yeux sourient de me voir déstabilisée  et incapable de me contrôler.  Il rit enfin de contentement. Son rire se répand comme un cri de jouissance, de satisfaction dans ma propre maison. Ce vilain me fait perdre la raison. Toutes mes blessures passées viennent me tordre le cœur et je les ressens chacune comme une plaie qui s’est ré ouverte. Je passe du réel à l’irréel, du tangible au cauchemar.

Tout à coup, la fenêtre s’ouvre inopinément et d’un bond, il disparait.

Restée seule, je me demande si j’ai rêvé mais ma peur est bien palpable. J’ai vraiment la sensation d’avoir rencontré le malin.

Ce lutin n’est peut-être pas unique.

 

Lire la suite...

Une occasion de voir dans une première partie Sophie BARBERO et Jean-Paul JOGUIN dans une pièce de théâtre " BANG PUBLIC " ...

De prendre une collation...

De voir le film où les 2 acteurs ont les rôles principaux : " 1, RUE DU CAUSSANEL "de Stéphane KOWALCZYK.

Un film dans lequel Jean-Paul et Stéphane m'ont donné ma chance. MERCI !

Michel SIDOBRE

Acteur : http://michelsidobre.onlc.fr 

Auteur : http://sidobremichel.onlc.fr 

 

 AGENDA
PEYRIAC MINERVOIS vendredi 31 janvier.
CANET D'AUDE samedi 8 février.
GRUISSAN vendredi 28 févier.
BAGES samedi samedi 1 mars.
VINASSAN vendredi 7 mars.
à partir de 18h30

 

 

 

 

1795685_10203331299062947_1868085468_n.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lien pour réserver:

http://www.ville-gruissan.fr/de-la-scene-a-l-ecran

 

L’amphithéâtre du Palais des Congrès, vous propose une soirée de la scène à l’écran qui comme son nom l’indique entraînera le public dans le jeu des acteurs d’abord sur scène avec la pièce de Bernard Di-Marcko "Bang Public" puis dans le film réalisé par Stéphane Kowalczyk "1 rue du Caussanel".

Le Vendredi 28 Février au Palais des Congrès de Gruissan

A 18h30 Bang public de Bernard Di-Marcko

Comédie 
Environ 1 heure

JPEG - 18.1 ko

Un banc dans un jardin public. Des couples vont s’y rencontrer, s’y confronter, s’y déchirer, s’y retrouver... Sont-ce les même à chaque fois ? Cela se pourrait malgré les apparences... S’agit-il vraiment de couples ? On pourrait le penser parfois, mais ce n’est pas certain car ils ne sont pas toujours ce qu’ils devraient être. Il n’est pas certain non plus qu’ils soient les mêmes en quittant ce banc qui a servi de scène à leur histoire.

Interprétée par Jean Paul Joguin et Sophie Barbero

A 21h "1 Rue du Caussanel"

Film Expérimental

JPEG - 9.8 ko

L’inspecteur de police Garrigue a des problèmes cardiaques à cause de son manque d’activité physique et de sa forte consommation d’alcool. Il reçoit la lettre d’un vieil ami policier qui lui demande de l’aide avant de mettre fin à ses jours. Garrigue se rend dans le village ou son ami viens de se suicider. Il y découvre la compagne de son ami. Celle-ci lui propose de l’héberger pour la nuit. Garrigue commence alors une enquête officieuse entre mensonge et vérité, rigueur policière et intuition chamanique

Film réalisé par Stéphane Kowalczyk.
Avec Jean-Paul Joguin, Sophie Barbero, Jacques Sablier, Marion Denivan, Michel Sidobre...

Prix de la soirée 12€ (théâtre + film)
Une collation sera prévue entre les 2 parties de soirée
Infos et Réservation auprès du service culture 04 68 75 21 15 - falessandri@ville-gruissan.fr
Règlement à l’entrée du spectacle auprès de la compagnie le 28/02/2014
Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles