Arts et Lettres

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Quand vient l’hiver et que tombe la neige, on cherche à s’émerveiller.  Les portes s’entrouvrent et laissent passer les rêves les plus fous. Parfois des songes plus irréels encore apparaissent et nous plongent dans un monde parallèle, féerique.

Un soir où la lune blanche éclaire mon jardin, apparait un petit être étrange, un lutin.  Egaré, perdu, il est sous les branches d’un arbuste et tremble. Son regard fuyant se pose sur moi. Je frisonne de froid à moins que ce soit de crainte, je ne me souviens plus et je reste là un instant sans bouger.

J’ai laissé la porte de la maison ouverte et brusquement le lutin s’introduit chez moi sans que je puisse m’interposer sur son passage. Il passe tellement vite que je le vois à peine et je ressens immédiatement un léger courant d’air à mes pieds.
Tout de go, il s’installe confortablement près de la grande cheminée pour se réchauffer.  C’est la première fois que je vois un lutin pas plus grand que trois pommes. Sa chevelure rousse et ses habits  composent  avec la nature, du brun, du vert, du blanc.  Il ne bouge plus.

Passé le premier moment de stupeur, un peu rassurée, je m’avance vers lui.  Je commence à lui parler, à lui poser des questions. Il me regarde de côté et prend une mine boudeuse. Il ne veut apparemment pas me répondre. Il baisse la tête et ne prononce aucun mot.
Brusquement, il se lève, ses yeux cherchent les miens, il bouscule mes objets et les casse. Je comprends son audace, sa certitude. Son regard est maintenant agressif, destructeur, voir cuisant d’inhumanité  et  fait craindre  la zizanie qu’il cache au fond de lui.
Ce lutin à l’air maléfique  m’observe maintenant, debout aussi.  J’ai subitement peur qu’il saccage en qq secondes ce qui fait ma vie, mes pensées, ma raison, ma confiance. J’ai peur. Aussi petit qu’il soit, c’est devant un géant de malveillance que je me trouve. Je le sens.

Perfide, il me laisse avec mes interrogations et renâcle de plus belle. Il m’ignore. Je le somme de répliquer et de répondre à mes questions, à sa présence ici. Il ne dit rien. J’en arrive à me sentir coupable, fautive, désorientée de l’avoir rencontré. De colère, je lui dis que s’il ne veut pas communiquer, notre entretien tire à sa fin et qu’il parte.

Ses petits yeux sourient de me voir déstabilisée  et incapable de me contrôler.  Il rit enfin de contentement. Son rire se répand comme un cri de jouissance, de satisfaction dans ma propre maison. Ce vilain me fait perdre la raison. Toutes mes blessures passées viennent me tordre le cœur et je les ressens chacune comme une plaie qui s’est ré ouverte. Je passe du réel à l’irréel, du tangible au cauchemar.

Tout à coup, la fenêtre s’ouvre inopinément et d’un bond, il disparait.

Restée seule, je me demande si j’ai rêvé mais ma peur est bien palpable. J’ai vraiment la sensation d’avoir rencontré le malin.

Ce lutin n’est peut-être pas unique.

 

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Commentaire de Quivron Rolande le 1 mars 2014 à 20:43

 

Merci Josette .... pour la policière sanitaire que nous hébergeons un peu à contre coeur quand même.

Il paraît qu'elle est jolie, mais fouine ne badine pas toujours avec douceur de vivre ..... car les fouineuses n'ont guère bonne réputation ....

Alors, faisons contre mauvaise fortune bon coeur ....

Très bon dimanche . Amitiés. Rolande.

Commentaire de Josette Gobert le 28 février 2014 à 19:43

Bonjour Rolande,

J'ai entendu dire que la fouine joue encore aujourd'hui un rôle de police sanitaire aux abord des habitations humaines. Donc difficile de s'en débarrasser. Elle vit une dizaine d'année. Bon courage.

Amicalement

Josette

Commentaire de Josette Gobert le 28 février 2014 à 19:36

Merci Martine pour votre commentaire.

Amicalement

Josette

Commentaire de Quivron Rolande le 28 février 2014 à 13:10

Les petits lutins lutineurs ne sont pas très souvent badineurs. ....

Dans notre grenier, l'un d'eux se manifeste chaque nuit et, parfois, nous réveille.

Impossible de l'attraper ! Sans doute une fouine..... qui, je l'avoue, n'est pas la très bien-venue.

Là .... je conserve les "pieds sur terre". Qui a la recette pour la faire fuir ?

Merci et bonne fin de semaine à tous et toutes. Amitiés. Rolande.

Commentaire de martine rouhart le 27 février 2014 à 17:52

Un des secrets  du bonheur c'est, comme vous, savoir observer les signes de vie partout autour de vous et surtout, ressentir...

Commentaire de Josette Gobert le 27 février 2014 à 16:08

Merci Adyne de votre passage et de votre lecture.

Bonne journée

Amicalement Josette 

Commentaire de Josette Gobert le 27 février 2014 à 16:06

Merci de votre commentaire,.  Il s’agit bien un « lutin d’écriture » qui me suit parfois et dont je me méfie…

Merci Chère Suzanne de me lire

Amicalement Josette

Commentaire de Josette Gobert le 27 février 2014 à 16:02

Robert,

J’apprends à chaque fois qq chose avec vous, de fin stratège et au psychologue de haut rang, je vous sens réceptif à mes petits textes qui ne sont pas toujours heureux. J’aborde l’écriture avec une certaine facilité dans le côté sombre de la vie, avec certes un certain vécu. Mais croyez bien que tout ceci n’est que de l’écriture. Mon ami vous dirait que je suis la gaieté personnalisée. Vrai ou faux. Peut-être…

Commentaire de Josette Gobert le 27 février 2014 à 16:00

Merci Gilbert de votre commentaire, il me rassure sur ce que je pense parfois. En ce qui concerne le lutin, laissons le mourir de froid mais la solution n’est pas d’essayer d’effacer à tout prix un vécu douloureux d’un coup de gomme.

 Pour les enfants, vous avez raison,  laissons-les en paix, ils connaîtront assez vite les pièges de la vie.

Amicalement

Josette

Commentaire de Josette Gobert le 27 février 2014 à 15:51

Merci de votre commentaire chére Jacqueline.

Vous résumez en qq mots mon texte et ce que je pense.

Amicalement

Josette

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