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Vague à l'âme

Dans mon jardinet, l'énergie, 
En ce temps, à chaque seconde,
Fait que l'herbe, en tiges, y abonde.
Me sens vaguement étourdie.

En ce temps, à chaque seconde, 
Circule ardent, le vent de vie.
Me sens vaguement étourdie.
Liées, les plantes se confondent.

Circule, ardent, le vent de vie.
Il répand la lumière, en ondes.
Liées, les plantes se confondent.
Les tiges des pivoines plient.

Il répand la lumière, en ondes.
Mon âme troublée se replie.
Les tiges des pivoines plient.
Des regrets flottants font la ronde.

13 juin 2015

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Ruines de Palmyre

"Les ruines ou Méditations sur les révolutions des empires" est un ouvrage philosophique de C. F. Volney, pseudonyme de Constantin François Chassebeuf (1757-1820), publié sous le nom de M. Volney, député à l'Assemblée nationale de 1789, à Paris chez Desenne-Volland-Plassan en 1791.

 

Déjà connu par son Voyage en Égypte et en Syrie (1787), Volney, disciple des Philosophes, pamphlétaire dans la Sentinelle du peuple de Rennes (1788), connaît une immense célébrité européenne avec ce livre où se mêlent décor antique, souvenirs du périple en Orient, digressions philosophiques, dénonciation de l'obscurantisme et apologie du déisme opposé à l'intolérance. Réflexion sur la philosophie de l'Histoire et la politique, les Ruines s'imposent aussi par des pages emblématiques du premier romantisme français.

Si l'Avertissement indique que le projet du livre, fruit «d'un amour réfléchi de l'ordre et de l'humanité», remonte à «près de dix ans», et le situe dans une période où les «vérités morales» doivent freiner les passions, l'invocation initiale (1) salue les «ruines solitaires, tombeaux saints, murs silencieux». Organisé en vingt-quatre chapitres, l'ouvrage commence par une rêverie devant les ruines de Palmyre (2) qui le rattache au Voyage. Plongé dans une «mélancolie profonde», le narrateur voit apparaître un fantôme, le Génie des tombeaux (3). Un dialogue s'installe et, entraînant le narrateur dans les airs, le Génie dégage le sens de l'univers, de la condition humaine et de l'histoire des sociétés (4-11). Contemplant l'horrible spectacle d'une guerre (12), les interlocuteurs débattent du progrès (13-14), et de la Révolution française (15-18). Se déploie alors une vision utopique où l'«Assemblée générale des Peuples» entend s'opposer les tenants des religions et «l'orateur des hommes» qui recherche «l'origine et la filiation des idées religieuses» (19-23). Les législateurs enfin concluent qu'il faut «ôter tout effet civil aux opinions théologiques et religieuses», et entreprennent de développer «les lois sur lesquelles la Nature elle-même a fondé son bonheur» (24).

 

Livre complexe, les Ruines, ancrées dans l'expérience de leur auteur, se présentent comme une apocalypse rationaliste. A la prose poétique du préambule, «aux planes rives de l'Euphrate» succède un style d'inspiration biblique chargé de toutes les séductions de la rhétorique, tantôt didactique, tantôt «inspirée». Célébration d'une ère nouvelle, l'ouvrage entend démystifier aux yeux des hommes les causes de leur misère millénaire, qui les ont incités à créer des religions. L'Histoire se définit comme une suite d'obstacles placés sur le chemin de la perfectibilité. Régi par des lois naturelles, l'homme, être sensible, a fondé la société selon des «mobiles simples et puissants» qui le firent s'élever au-dessus de l'état sauvage: l'amour de soi, le désir de bien-être, l'aversion pour la douleur. Ces thèses, héritées de d'Holbach et d'Helvétius, interprètent la suite de l'évolution historique comme le produit de la cupidité, qui inspire le despotisme, et de l'ignorance, qui explique la soumission des faibles à la tyrannie et à l'imposture religieuse. Contre ces illusions tragiques, la morale, «science physique, composée, il est vrai, d'éléments compliqués dans leur jeu, mais simples et invariables dans leur nature», permet l'avènement des Lumières, grâce auxquelles les hommes pourront construire rationnellement des sociétés où règneront égalité, justice et liberté.

 

Partie essentielle du texte, les chapitres 21 à 23 développent en une monstrueuse litanie les billevesées métaphysiques qui encombrèrent et obèrent toujours l'esprit humain au long des siècles de ténèbres, dont ces pages écrivent la légende noire. Tyrans confondus, prêtres avouant leur imposture en se traitant mutuellement de menteurs, abusant tous de la crédulité des nations ignorantes pour les subjuguer: ce triomphe philosophique ne peut pourtant vaincre l'impression funèbre que les mélancoliques pages inaugurales laissent planer. «Ah! malheur à l'homme, dis-je dans ma douleur! une aveugle fatalité se joue de sa destinée!» Tout en proclamant une foi optimiste dans le progrès des esprits, les Ruines conservent l'aura de leur titre. Du passé fondateur, il ne reste que la «cendre des peuples».

 

Mais une telle lecture occulte le véritable projet de Volney qui annonce explicitement une suite, le texte s'achevant par «Fin de la première partie ou des Ruines». Publiée en 1793, la Loi naturelle ou Catéchisme du citoyen français apparaît comme la seconde partie, que les Oeuvres complètes feront succéder aux Ruines. Volney y exprime son athéisme, y expose un système proche du stoïcisme et s'y montre comme l'un des fondateurs les plus rigoureux de l'idéal de laïcité. A ce cadre éthique où se définit l'homme éclairé et maîtrisant les lois de son être individuel et social, les Leçons d'Histoire données à l'École normale en 1795 (publiées en 1826) apportent leur scepticisme quant aux enseignements de cette pseudo-science et leurs perspectives sociologiques qui permettraient d'envisager les civilisations comme des organismes vivants. Volney restitue alors à l'humanité son environnement, que l'édification d'un homme nouveau avait réduit à la longue succession de ses errements.

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Le plus souvent, c'est l'à peu près!

Propos

 

On existe sans trop penser

Aux dangers de l'incertitude.

On essaie de se protéger

Des imprudences prévisibles.

 

La Nature a tout mesuré,

Ne laissant pas jouer la chance.

Les artistes sont soucieux

De bien calculer la distance.

 

On était à peu près certain,

Que le temps serait au beau-fixe.

En déluge, la pluie surprend

Une noce sur une rive.

 

Interrogé par la police,

Un témoin dit à peu près tout.

À se souvenir, on le force;

On a besoin de savoir tout.

 

Ceux qui accueillent la paresse

N'ont cure de l'exactitude.

Ils s'en tiennent à l'à peu près,

Convenant à leurs habitudes.

 

Vaut mieux être enclin à l'humour

Face aux torts de la négligence,

Se recommander la prudence.

 Certes, on ne sourit pas toujours,

 

La mémoire, qui nous interpelle,

Ne nous conte que l'à peu près,

N'ayant jamais saisi le vrai.

Elle est sincère telle quelle.

 

12 juin 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le baiser.

 

 

Vous écrire ;

ce baiser d'encre,

bleu-chaud,

le seul qui me soit permis

de vous donner.

Ce baiser, à peine audible,

me fait songer au bruit

que fait ce pas extrêmement bleu,

dans la neige matinale,

 intouchée encore  ;

cette vague musique qu'il laisse.

A ce flocon solitaire aussi,

perdu sur un champs de coquelicots

en plein été paroxystique,

que calcine l'ensoleillement meurtrier.

Vous écrire,

un abri pour vous,

 fait de moi.

 

NINA

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Nucléus.

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Nucléus

Matière à rêve

Tel un sein

Coup de poing

Force brêve

Psaume d'une main

Rite païen,

Où la forme

De matière quelconque

Jaillit, éclate

Parfaite conque

Mémoire d'agate

Attente sous l'orme

D'une éternelle seconde

Genèse d'un monde

Pour qui demain

Ne signifie rien.

Michel Lansardière

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Illustrations :

  • biface indien (Utah).
  • racloir paléolithique (moustérien ?) trouvé à Dammartin-en-Goële (par bibi !). Et Homo sapiens sapiens entre en scène.
  • variations sur une photographie "Prince noir" de Hans Hartung (1904-1989).                                        "Un monde ignoré " dans lequel le peintre dans sa "recherche de pureté abstraite" a "fixé l'image de ces drôles d'êtres."                                                                                                                    Facétieux, j'y ai ajouté 2 pointes pédonculées (armatures de flèches indiennes du sud-ouest des Etats-Unis) en guise d'oreilles et une armature de flèche denticulée provenant de l'Adrar de Mauritanie (3e millénaire av. J.-C.) pour le nez. La chevelure est composée de 2 armatures de flèches du Néolithique saharien (1 lancéolée, olé, 1 pédonculée) et d'une aiguille d'obsidienne (Mexique, travail contemporain).                                                                                                                        Voilà le Prince paré :

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12273097882?profile=originalIvan Corbisier, vous avez repris la direction du festival en 2010, vous pourriez faire un bilan des cinq dernières années. Le festival est-il devenu de plus en plus européen ?
Il est européen depuis 13 ans. Au début, il y avait des sections européennes mais il y avait aussi des films américains ou autres. Mais depuis treize ans, le festival est consacré au cinéma européen sauf que me prédécesseurs privilégiaient les premiers et les deuxièmes films donc les films de jeunes auteurs. Depuis 5 ans, on a ouvert le festival à tous les auteurs, connus ou pas. Ce qui permet deux choses. Primo, de suivre des auteurs que l’on a découverts il y a quelques années et ensuite, d’inviter des réalisateurs ou des acteurs plus connus comme Jacques Doillon, Jérémy Régnier, Vincent Lannoo… La politique éditoriale a changé elle aussi avec des conséquences sur les invités, l’intérêt des médias pour le festival.12273098485?profile=original
La ligne éditoriale, elle est décidée en amont ou bien se dessine-t-elle en cours de sélection ?
La ligne éditoriale est décidée avant. On recherche des films d’auteurs, des gens qui ont quelque chose à dire et une manière de le dire. Soit ce sont des sujets originaux traités de manière géniale, soit ce sont des réalisateurs qui arrivent à créer un film de qualité esthétique mais on privilégie les auteurs, les cinéastes qui ont un regard. Au-delà de cela, ils peuvent venir de toute l’Europe géographique et quel que soit leur genre, que ce soit du drame, de la comédie, du thriller ou autre… C’est tout l’intérêt de la recherche en cinéma. Donc la ligne éditoriale, c’est une base. Mais, selon les années, tout peut changer. Cette année, par exemple, on a plus de films du Nord de l’Europe que du Sud, simplement parce que le cinéma nous semblait plus intéressant et plus riche au Nord qu’au Sud ! Et c’est vrai que cela fait deux ou trois ans que c’est le cas. Je pense que tout cela est lié à la crise. Le cinéma en Espagne et en Italie ne se porte pas super bien, donc on trouve moins de films que par le passé dans ces régions; en revanche, le cinéma scandinave est plus riche. Ce qui se dégage aussi, c’est la tendance des cinéastes à traiter des sujets universels, des sujets d’actualité, sociaux, économiques liés bien sûr à la crise. Mais cela devient clair à posteriori, et non pas d’emblée, car nous allons bien sûr à des festivals comme celui de Berlin, de Cannes ou d’autres mais nous recevons aussi des films de tous les vendeurs, de tous les producteurs européens. Et on cherche à en voir un maximum. Ici, on en a vu 800.
Ne trouvez-vous pas paradoxal que les pays du Sud, qui sont les plus marqués par les mesures d’austérité n’aient pas développé un cinéma créatif en ce sens ?
Je pense que le problème de l’Espagne, de l’Italie et d’autres pays, c’est que leur cinéma, peut-être à cause de la crise, mais c’était déjà le cas avant, sauf que cela s’accentue… En fait, y a deux sortes de cinéma: il y a le cinéma qui est fait pour la télé et pour l’instant, c’est vraiment le propre du cinéma du Sud parce que c’est le seul financement qu’ils trouvent - vu que les pouvoirs publics n’ont plus d’argent ou le mette ailleurs que dans la culture ou le cinéma - il y a donc ce cinéma de télé, de divertissement, qui n’est pas toujours de très bonne qualité, mais, ma foi, le dimanche soir devant la télé, cela passe; sauf que c’est un cinéma qui n’a pas un niveau suffisant pour concourir dans un festival international car à côté, il y a un cinéma d’auteur avec des gens qui parviennent à trouver des financements et c’est le cas du cinéma du Nord de l’Europe.
Pensez-vous qu’il y a une identité dans le cinéma européen ou qu’il y a un lien entre les différentes identités européennes ?
Le propre du cinéma européen c’est d’être un cinéma qui entre guillemets a la caractéristique d’être un cinéma artisanal. C’est un cinéma d’auteurs, d’artistes qui ont envie de dire des choses et ce ne sont pas des « entertainers » comme on dit aux États-Unis. Aux États-Unis, il y a aussi des gens qui disent des choses, il ne faut pas non plus caricaturer le cinéma américain, ce n’est pas le propos ; mais c’est une industrie du divertissement. Et donc, le cinéma américain est le plus fort avec 80 à 85% de fréquentation en Belgique, puisque c’est du divertissement pur… en tous cas, celui qui arrive en Belgique. En Europe, on est plus dans une réflexion quand on fait du cinéma… mais, il y a aussi des films de divertissement... Malgré tout, ils sont moins nombreux et je dirais que même dans les films divertissants, il y a souvent un fond solide… « Intouchables » qui a raflé tous les records de fréquentation parle aussi de choses graves comme le handicap. Le cinéma européen réfléchit plus sur notre monde.
La ligne éditoriale choisie, le contexte de la crise, a–t-elle mobilisé le public ? Constatez-vous une affluence plus importante cette année, par rapport aux autres années?
Le fait d’ouvrir le festival au-delà du premier et du deuxième a attiré le public. Jusqu’au premier, au deuxième film, nous sommes dans une ligne l’art et d’essai, de cinéphiles purs et durs. Ici, tout le monde peut trouver son bonheur, il y a des avant-premières, des réalisateurs plus connus et plus accessibles qui interpellent les médias, en général peu intéressés par des réalisateurs inconnus en Belgique…
Quels ont les critères de sélection d’un film pour qu’il aille en compétition ?
Nous somme une petite dizaine à visionner les films. On travaille en comité et avant de placer les films dans telle ou telle section, plusieurs personnes les ont vus. Chacun a donné son avis. Pour la compétition, on essaye de retenir les films les plus récents : c’est donc déjà un aspect technique qui n’est pas lié à la qualité du film. On essaye de sélectionner des films qui n’ont pas fait le tour des festivals, pour avoir une primeur. Il arrive cependant que certains films aient déjà été montrés dans plusieurs festivals d’Europe et même remportés des prix. Certains pays européens produisent peu de films et il peut arriver que l’on fasse concourir des films qui ont déjà une carrière internationale. Au-delà de tout ceci, on choisit les films qui nous paraissent les plus novateurs… là où on trouve un regard sur la manière de faire un film… ceux qui illustrent la richesse du cinéma européen. C’est ainsi que s’élabore la sélection pour la section «Compétition». La section « Panorama » présente des films de moindre qualité innovatrice. En tant que vitrine du cinéma européen, on cherche à proposer des films qui ont déjà été vus dans les festivals mais pas encore en Belgique et qui ne seront sans doute jamais un créneau. Nous avons aussi créé des sous-sections pour aider les gens à s’y retrouver. On a les "Masters" avec des réalisateurs déjà connus. Cette année, par exemple, nous avons retenu Cristina Comencini, une réalisatrice italienne très connue. Son film est très bien mais on ne l’a pas trouvé suffisamment original que pour le mettre en compétition.
Pour la compétition européenne, est-il important d’avoir une répartition géographique équilibrée ?
Non, ma politique est de représenter un maximum de pays européens. Mais si une année, il n’y a pas de bons films en Espagne… ou en Allemagne, ou peu importe où... on n’en montre pas. Je trouve que c’est desservir une cinématographie que de s’imposer de représenter tous les pays et de montrer le film qui n’a pas convaincu, histoire d’être représentatif ! Je trouve cela contreproductif. Il y a beaucoup de festivals qui le font; moi, j’ai toujours refusé. Nous, on choisit des films, pas des pays. Bien sûr, on évitera de proposer dix films islandais, mais ce n’est pas notre but de sélectionner suivant la nationalité.

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Les films belges sont bien représentés dans les projections en plein air mais il n’y en a pas en compétition…
C’est vrai que l’on a beaucoup de films belges cette année, surtout en extérieur avec deux avant-premières. On a aussi eu la grande avant –première de « Je suis mort mais j’ai des amis » qui a attiré beaucoup de monde, que nous trouvions très drôle, très divertissant mais qui, malgré toutes ses qualités, n’avait pas sa place en compétition. Mais on espère avoir un film belge en compétition l’une ou l’autre année, bien sûr.12273099071?profile=original
Est-il vrai que vous êtes propriétaire du festival, que vous l’avez acheté ? Qu’est-ce que cela implique ?
Des dettes ! (rires). Comme pour les autres festivals, c’est une asbl qui gère le festival, je ne suis pas propriétaire personnellement. C’est l’asbl qui est propriétaire d’un nom, d’une identité. On parle de 13 éditions mais le festival en compte en réalité 47 sauf qu’il s’est arrêté, puis qu’il a repris, puis s‘est encore arrêté et a encore repris. Ce festival est un héritage de longue date. Il y avait un autre directeur qui a désiré ne plus s’en occuper. Je lui avais proposé de prendre sa suite. Il a mis trois ans pour se décider, puis finalement, c'est lui-même qui l'a proposé.


Le choix de X+Y en clôture, c’est un coup de cœur ?
C’est un coup de cœur et aussi un choix de montrer la diversité. Puisqu’on a ouvert avec "La loi du marché", un film que je trouvais très fort et que l’on avait choisi bien avant les résultats de Cannes – et qui est un film dur, je voulais terminer sur une note plus positive. X + Y est un film émotionnel, sensible, touchant et qui est un film good movie. Je n’avais pas envie de terminer sur un drame mais sur une note d’espoir…

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Propos recueillis par Palmina Di Meo

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Innocenti - Premières lignes

Déborah sait qu'elle rêve et elle prie pour que cela ne s'arrête pas, tant le songe la ravit. Un joli soleil printanier s'est installé au-dessus des platanes aux feuilles vert tendre, dont l'ombre portée sur le sol semble faire danser le gazon. Elle porte sa robe en lin blanc, celle qui donne à son mari un regard malicieux lorsqu'en fin d'été, la peau de Déborah se colore comme du miel. Sous le ciel d'un bleu intense, un vent faible coule avec la régularité d'un fleuve. Les abeilles s'affairent autour des pommiers. Déborah tient sa fille dans ses bras. Jasmine n'est pas encore éveillée, mais déjà sa petite tête remue, à la recherche du sein maternel. Déborah la laisse patienter un peu, fascinée par la frimousse de son nouveau-né dont les yeux viennent de s'ouvrir en même temps que la bouche. Cet imperceptible mouvement des lèvres suscite un étrange frisson. Déborah sent le lait affluer. Le vent souffle un peu plus fort, mais l'air reste doux et le calme règne. La jeune femme n'a pas envie de rentrer pour nourrir sa fille. Elle pince l'aréole de son sein droit entre l'index et le majeur et présente à Jasmine ce qu'elle convoite. Déborah ferme les yeux. Elle se concentre sur les bruits de déglutition qui se mêlent aux soupirs du nourrisson, mélange d'effort et de satisfaction, et en même temps elle accorde une attention particulière à son ventre, qui se contracte un peu plus fort à chaque tétée. Jamais la jeune femme n'aurait cru qu'elle pourrait se sentir « animale » à ce point. Qu'au-delà de l'accouchement, sa propre fille agirait encore si intensément sur sa physiologie la plus intime, comme si son destin de femme n'était autre que d'enfanter à nouveau, puis à nouveau, puis encore et encore. Un coup de vent plus chaud lui fait ouvrir les yeux. Jasmine diminue déjà ses efforts : il faut que Déborah la sollicite pour qu'elle finisse son repas. Elle détache sa fille de son sein droit et porte son petit corps contre son épaule. « On fait une pause, ma chérie ? Un petit rot et on s'y remet, d'accord ? » Même en rêve, nourrir son enfant est une affaire sérieuse. Déborah fait glisser ses doigts le long de la colonne vertébrale de sa fille, de haut en bas, de bas en haut. Le nourrisson se tortille un peu avant d'obéir à sa maman en libérant son estomac. L'été s'invite dans le rêve de Déborah : l'air printanier se mue doucement en un souffle plus chaud. Elle transpire un peu, mais peut-être est-ce l'effet des contractions qui s'intensifient dans son ventre. Déborah se souvient que dans la vie réelle, loin de son rêve qu'elle n'a aucune envie de quitter, Jasmine est encore à venir. Comme pour s'accrocher à ce songe si réaliste, la jeune maman laisse doucement glisser sa fille de son épaule à son cou, puis à son sein gauche. Le nourrisson s'empare du mamelon avec voracité, déclenchant à nouveau une salve de contractions. La douleur devient gênante. Déborah sent venir le moment où son corps va l'arracher à ses songes et à l'image si harmonieuse de sa fille. « Bientôt, ce sera comme dans mon rêve, n'est-ce-pas, Jasmine ? Tu n'imagines pas comme je suis impatiente. » murmure-t-elle. La douleur se propage du ventre vers la poitrine, insistante, prête à tétaniser son corps, à l'aspirer en-dehors de son rêve, aussi Déborah jette-t-elle un dernier regard à sa fille qui boit toujours avec avidité. Ses petites narines, tout contre le sein gauche de sa mère, émettent un son humide. « Elle avale trop vite », se dit Déborah, qui gémit sous les crispations de son ventre et en même temps à l'idée de son retour forcé vers le réel. La bouche grande ouverte, Jasmine tète, quelques gouttes coulent sur le bord de ses lèvres. Le lait maternel est rose comme les joues de sa fille, mais à chaque nouvelle contraction qui prend le ventre de Déborah en tenaille, il paraît plus sombre. Plus rouge. Jasmine tète et tète encore. Elle transpire sous l'effort et la sueur qui perle sur son front laisse apparaître des reflets vermillon. Une nouvelle contraction s'annonce, elle arrache définitivement Déborah à son sommeil. Les arbres, le soleil, disparaissent d'un coup.

Il fait nuit. La jeune femme a froid, elle qui avait toujours trop chaud depuis qu'elle est sur son lit d'hôpital. Ses mains se portent à son ventre. Jasmine est bien là. Malgré la douleur, elle sent son bébé, se rassure et revient avec précipitation à la réalité. Les contractions. C'est le grand jour. Jasmine va arriver. Elles vont pouvoir quitter le service des « grossesses à risques », où malgré l'amabilité des sages-femmes, elle se sent prisonnière. Six semaines que ça dure. Mais ça en valait la peine, c'est presque fini. Une nouvelle contraction arrive, plus intense encore. Quelque chose se rompt en bas, comme une bulle qui éclate. « Je perds les eaux », se dit Déborah, qui entend des pas dans le couloir. Elle tend le bras vers l'interrupteur qui pend à côté de son lit, mais son mouvement s'exécute au ralenti, dans un silence étrange. Sa main retombe avec lenteur, tandis qu'une sage-femme pénètre dans la chambre en allumant les néons gris. Le monde autour de la jeune femme alitée ralentit à un tel point qu'elle peut presque voir la lumière quitter le plafond pour tomber sur elle. Au passage, son regard ricoche sur le visage horrifié de la sage-femme, qui porte ses deux mains à la bouche et crie quelque chose. La douleur s'éloigne, même si Déborah sent bien qu'une nouvelle contraction lui mord le ventre. La sensation de perdre à nouveau une vague d'eau lui fait porter le regard vers le pied de son lit. L'obscurité envahit peu à peu la pièce, mais Déborah comprend qu'elle perd du sang. Plus qu'elle imaginait en avoir dans le corps. Elle n'a plus la force de crier, ni de garder les yeux ouverts. Blanche comme un linge, elle repose la tête sur l'oreiller, ferme les yeux pour chercher à nouveau le soleil. Lorsqu'elle le trouve, c'est à peine si elle se rend compte qu'on la manipule avec empressement, que c'est l’affolement autour d'elle. Les contractions se sont éloignées. Déborah est déjà de retour dans son rêve. Sa conscience se dilue et en même temps elle se simplifie à l'extrême, pour se résumer à une seule et unique idée : le repos est tout proche, comme s'il était tout contre sa peau. Elle n'a plus froid, plus chaud. Une simple pensée et son rêve durera pour toujours. Elle n'a qu'à en décider.

Déborah vient de quitter son corps, elle est légère, elle monte. Enfin libre, elle prend sa fille dans ses bras et laisse son cœur s'arrêter.

Assis dans le couloir de l'hôpital, la tête dans les mains, Vincent aurait donné cher pour revenir deux semaines en arrière. S'il avait pu entrevoir où tout cela le mènerait, il aurait mis de l'eau dans son vin. La dispute aurait été évitée. Alice ne serait pas partie avant de revenir comme une voleuse. Elle n'aurait pas fourré quelques vêtements dans un sac de sport sorti de nulle part avant de disparaître. Il ne l'aurait pas laissé faire, non. Ni ce soir-là, ni plus tard, lorsque, revenu d'une interminable journée de travail, il avait retrouvé l'appartement vide de toute trace de sa fiancée.

Enfin, « fiancée », c'était beaucoup dire. Vincent avait trouvé le mot joli. Alice l'avait laissé dire, depuis les trois mois qu'ils vivaient ensemble.

(...)

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HISTOIRE COURTE 30.

VIEILLE PASSION !

S'ils s'imaginent que je vais changer d'avis parce qu'ils me font la tête, ils se trompent lourdement!

Ce n'est pas parce que je m'appelle Rose que je suis juste une plante décorative et ce n'est pas parce que j'ai presque  quatre-vingts ans que je vais renoncer à ma passion!

J'ai toujours aimé les voitures, la vitesse, l'aventure. Alors oui, malgré les grimaces collectives de mes proches, je vais le faire ce rallye!

Mais non, le désert ne me fait pas peur. Il y aura tout de même une organisation derrière ce rallye des Séniors et mon copilote est un petit jeune, puisqu'il n'a que soixante ans!

Alors, vive la vie. Et qu'on ne me parle plus de santé, de sagesse et d'autres balivernes! J'ai toujours vécu en ignorant mes bobos, c'est peut-être pour cela que j'ai la chance d'être en bonne santé... Alors, qui vivra verra..

J'ai rendez-vous avec Antoine demain matin. Je me demande à quoi il ressemble? Nous n'avons pas encore eu de contact puisque c'est le tirage au sort qui décide. En l'occurrence, cela me va parfaitement...

Par contre le pauvre doit être inquiet, une partenaire avec dix-neuf ans de plus que lui! Je ne sais pas comment, moi, j'aurais réagit?

Pff!!, ce n'est guère possible! Ce devrait être une momie! 79 + 19 ! Il vaut mieux ne pas faire le calcul...

Je vais renoncer à mon look bon chic bon genre pour cette rencontre et tester une tenue appropriée avec le défi.

Un jeans pas trop collant et un blouson de coton, bleu lavande, pour rappeler la couleur de mes yeux...

J.G.

.

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L'envie d'un talent qu'on n'a pas

Je fis un pari mais sans gage,
En déployant sur une page
Des mots qui finissent en age,
Acquis d'un commun héritage.

Je me souvins d'un personnage,
À la façon parfois sauvage,
Qui faisait fuser comme rage
Le rire de personnes sages.

Sans un don, a tort qui s'engage,
À se présenter sans bagages,
En habitué du langage.
L'humour n'est pas lot en partage.

Je n'ai pas su qui mettre en cage
Ni comment le sort qui saccage,
Parfois attendu, encourage.
De faire rire me désengage.

11 juin 2015

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En ce temps d'horribles frayeurs


Non pressé, un oiseau, parfois,
Tout en picorant se promène
Et sa présence me ramène,
Même délicieux émoi.

Un promeneur avec des ailes,
Qui, à son gré peut s'envoler,
Planer serein ou s'élever
Aussi haut que le fait un aigle!

Les animaux inventent peu.
Ils n'ont pas besoin de le faire;
Ils possèdent le savoir-faire,
Que la Nature a mis en eux

.

Les humains, curieux de tout,
Qui sont dotés d'intelligence,
Esclaves de leurs exigences,
Peuvent, soudain, devenir fous.

Certains massacrent, à l'aveuglette,
Voulant, obéir à des voix,
Qui ne leur laissent pas de choix
Et envahissent la planète.

Face à la rage qui persiste,
Surgissant partout à la fois,
Les dirigeants perdent leur foi.
Bénis demeurent les artistes.

11 juin 2015

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Le crépuscule.

 

Le crépuscule, n'est-il  pas cette caresse

nocturne, marine, sur l'endormissement

du jour, un enlacement ?

le souffle atténué de ce dernier,

ses petits pas feutrés ?

entendez-vous à cette heure de la journée,

une sonorité bleue, claire et mesurée ?

Le bruit d'un corps incandescent,

moins fort, qui s'étend et s'endort

 dans l'or d'un soir d'été ?

N'Est-ce pas mon visage blanc dirigé vers le tiens,

 mêlé au ciel, ce soir tout empourpré ?

C'est le grand présent,

 l'instant qui vous bouleverse,

insufflateur de vie,

vous fait don de vous même,

vous touche au plus profond.

NINA

 

 

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Lettre à un Ami,

Puisque vous m'aimez, comme j'aime l'écriture, je me sauve dans vous pour me trouver encore.
Immatériel, mais bien réel, en vous ce soleil bleu flamboie, dont les lèvres sont "carmin", les nuits fort blanches.
Ne plus écrire ; prendre froid.
Entre les deux, simplement rire, rendre grâce à ma mère, de m'avoir permise de mettre un pied sur terre, puis d'avancer vers vous, jusqu'à vous ; vous faire don de mon univers !
Ma p'tite terre et la vôtre à présent.  
NINA
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Malgré le handicap.

 

J'ai la certitude que l'on peut toujours

faire éclore quelque chose en quelqu'un ;

un brin d'herbe un peu fou, rare,

une simple fleur ou même parfois

un bouquet somptueux ;

Si bien sûr l'autre le désire.

En soi,  existe un jardin plus ou moins

éveillé, ouvert, plus ou moins ordonné,

 mais attentif, réceptif à un geste, une voix,

un regard d'encouragement, de joie,

enfin à toutes ces attitudes de réassurance,

fertilisantes !

Cet autre que l'on accompagne, que l'on aide,

auprès duquel on existe, ressent profondément

ce crépitement  bien vivant et d'exaltation,

de bonheur que l'on porte en soi, que l'on partage ;

c'est cette beauté toute simple, invulnérable,

que l'on donne qui est génératrice d'éclats de rire,

 de sourires immenses ;

de cette envie insufflée à cet autre,

qui est celle d'avancer encore,

d'être acteur dans l'instant : D'être là !

 

NINA

 

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Les mains pleines


Depuis que je suis peu vaillante,
Non pas par manque de vouloir
Mais par énergie défaillante,
N'ai pour sentier que le couloir.

J'y circule sans allégresse,
Aller-retour, en pas perdus.
Je me convaincs que rien ne presse;
C'est souvent vrai, bien entendu.

Ce jour, je manque d'appétit.
Dois-je manger une salade?
Je grignote quatre biscuits
Et bois un peu de limonade.

Près de moi, surgit, les mains pleines,
En souriant, mon fils Alain.
Parfums et saveurs me parviennent.
Je savoure l'odeur du pain.

8 juin 2015

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Passeurs de mémoire

12273095301?profile=original.

Après de multiples essais infructueux j'ai peut-être trouvé le "fil" pour ajouter un petit article sur les

"PASSEURS DE MEMOIRE"  Le voici :

Ecrivains, artistes peintres, photographes, artistes du 7e art ou conteurs, sont  très souvent des "passeurs de mémoire". J'ajouterai les archéologues qui exhument des entrailles de la terre les vestiges de civilisations antiques parfois disparues et les philologues qui par leur étude des textes font parler les papyri et les pierres en déchiffrant leurs inscriptions.

Je pense ici bien naturellement à l'un d'entre eux, Etienne DRIOTON dont j'ai suivi pas à pas le parcours exceptionnel en classant ses archives. Premier voyage en Egypte, ses travaux contribuent grandement à reconstituer l'histoire du Temple de Médamoud, les rites qui s'y déroulaient....De même pour le temple de Tod dont nous possédons grâce à lui nombre de clichés des blocs de pierre couverts d'inscriptions. Ajoutons que dans certains domaines, grâce à sa parfaite connaissance des textes il va beaucoup plus loin. Il met en évidence l'existence d'un théâtre à l'époque pharaonique. Il découvre encore la clé de lecture de la cryptographie, sorte de rébus dans l'écriture hiéroglyphique. Son immense savoir s'exerce dans tous les domaines de l'égyptologie : Passeur d'une mémoire enfouie depuis des millénaires !

Plus modestement je me suis attachée à  sortir de l'ombre cet immense savant, l'un des grands égyptologues du XXe siècle, avec la publication de sa biographie

"Etienne DRIOTON, l'EGYPTE, une passion"

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Troublée par l'oubli

Soliloque à mon doux ami

J'avais cru ne jamais pouvoir
Passer une journée entière,
Sans te sortir de l'oubli noir
Et t'attirer dans la lumière.

Je te sentais partout présent,
Ainsi ma joie était parfaite.
Je t'avais décrit si souvent
Les émois me mettant en fête.

Il m'est difficile d'admettre
Que j'aie cessé de te parler.
Ma nature put le permettre,
En y songeant, je suis troublée.

Grâce à tes lettres, se conservent
Tes sentiments et tes pensées,
Ton humour joyeux et ta verve.
N'y recours pour me ressourcer.

Toi, de nombreux talents doté,
Qui me rendis plus curieuse,
Que j'adorais et dorlotais,
Désirais que je sois heureuse.

8 juin 2015

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Jeanne et Thomas JGobert

Dans un petit local où l’ampoule dénudée éclaire des visages chagrinés, le silence règne en maître. Tous s’observent. Tous se regardent. Pour parvenir dans ce lieu, une petite ruelle sombre avec une porte cochère qui donne dans un couloir étroit mal éclairé. Un long chemin à parcourir avec soi-même pour arriver à cet endroit.

Certaines personnes se connaissent. Ils se côtoient depuis un moment. Ils savent.

Bien des années plus tôt, Jeanne a traversé une période très difficile. L’enchaînement d’une vie stressante, bouleversée. Divorcée, elle a quitté sa maison, son quartier, ses voisins. N’arrivant pas à faire surface, elle a perdu son boulot et ses amis. Ceux-ci se sont dispersés pour disparaître peu à peu et tout a tourné au cauchemar.

Jeanne veut se battre seule. A la recherche d’un travail, elle sonne aux portes, envoie ses coordonnées, laisse son numéro de téléphone. Et le soir, pour se réconforter, Jeanne prend l’habitude de boire un verre. Un verre pour s’apaiser, un verre pour se détendre. Chaque soir, c’est devenu un rituel. Un petit verre salvateur, un ami qui l’attend dans cet appartement vide. Tous ces petits verres l’aident à trouver l’instant plus agréable. Ils deviennent nécessaires à sa vie. Jeanne ne s’inquiète pas, elle s’arrêtera quand le moment sera venu.

Les cadavres de bouteilles remplissent sa poubelle et Jeanne prend maintenant un petit verre le matin pour partir à son nouveau travail. A midi, elle ne mange pas et s’autorise néanmoins une petite pause, un petit verre pour se rafraîchir. Toute sa journée est ainsi ponctuée de petits verres. Jeanne a sombré dans l’alcool.

Un soir, assisse dans un café, elle est incapable de rentrer chez elle et s’endort sur la banquette. Abandonnée à elle-même, elle pleure souvent dans les effluves de cet alcool qui la détruit jour après jour.

Dans cette salle d’accueil, des chaises en arc de cercle et des participants de tous âges, hommes, femmes attendent.  A côté de Jeanne, une dame encore jeune qui a perdu un fils dans un terrible accident de voiture, qui buvait pour oublier. Un représentant de commerce qui a, lui aussi, combattu le stress, la fatigue, le chiffre d’affaire par l’alcool et fini par avoir un grave accident. Une jolie dame, fort distinguée qui a force de s’ennuyer et d’attendre  avait commencé à boire. Tous sont marqués par l’alcool et le savent.

Au cours des périples de Jeanne dans les cafés de son nouveau quartier, elle a rencontré un jeune homme, gentil, qui lui parle parfois. Elle n’espère rien de cette rencontre, mais attend inconsciemment chaque soir sa venue. Elle temporise et n’hésite pas à s’octroyer un peu de réconfort en buvant un petit verre de plus.

Souvent, elle rentre chez elle titubante, chancelante et s’effondre sur le lit froid. Jeanne, au réveil, se souvient peu de sa soirée. Sa nouvelle voisine connait le manège de Jeanne et s’inquiète.

Un soir, quelqu’un sonne à sa porte. C’est la voisine accompagnée de ce jeune homme qu’elle a rencontré dans ce bar. Bénévole dans une association,  quelques personnes l’ont prévenu de l’état de Jeanne. Thomas a fait connaissance de Jeanne dans un café mais il n’a pas obtenu une écoute suffisante. Il a donc attendu un meilleur moment pour se présenter.

Jeanne n’a pas besoin d’aide.  Elle n’a pas de problèmes. Son addiction sera vite résolue dès qu’elle le décidera. Thomas acquiesce mais connait trop cette vérité et ces mots jetés comme des bouteilles à la mer. Il laisse donc Jeanne à elle-même et lui propose de la revoir. Jeanne n’a besoin de personne en ce moment. Thomas a compris le message et laisse Jeanne à ses démons.

La salle s’anime et l’animateur arrive. Un homme à l’écoute qui s’installe et propose aux participants de se présenter. Jeanne est là, collée à sa chaise et reste silencieuse.  

C’est Thomas qui l’a amené ici, juste pour voir, juste pour écouter. Jeanne reste muette. Cette démarche un peu étrange ne lui ressemble pas. Elle a pourtant accepté d‘être là, physiquement.

La réunion s‘achève et l’animateur présente Jeanne aux participants. Ceux-ci l’accueillent chaleureusement.  Jeanne éclate en sanglots, un moment difficile. Un pas vers l’indépendance, vers la délivrance, vers l’abstinence.

 

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La liberté féline..

 

Le chat gouverne si bien,

en ne faisant strictement rien ;

il fait ce qu'il veut, ce qu'il décide,

sans le moindre bruit,

parfois avec un léger son de soie ;

dès qu'il se déplace furtif, longiligne,

propriétaire des lieux,

totalement libre à l'ombre d'un soleil bleu,

auprès d'une rose neuve et close,

dès l'aube rose inanimée sur le jardin ;

son territoire, où pépient, s'égosillent,

chantent à outrance, insoucieux,

une multitude d'oiseaux multicolores ;

spectacle de réjouissance à ses yeux convoiteurs, amusés ;

 guerrier il l'est, à ses heures,

dès que s'assoupit, s'alourdit le jardin crépusculaire.

Entre l'aube et la nuit noire, le chat attend,

patiente, avant de grimper dans les arbres,

d'attaquer, de s'amuser,

 de dévorer un à un avec délectation,

 les volatiles inertes, les oisillons,

sous le regard impuissant, compatissant,

 de la rose insomniaque,

dans cette chaleur moite d'une nuit estivale.

Le ciel est rouge-sang.

 

NINA

 

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Instant

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Suis installée devant ma porte,
Dans le silence frémissant.
J'accueille, attentive, l'instant,
Attendrie par ce qu'il apporte.

Des pivoines superbes abondent.
Il est certain que le bonheur
Séjourne en mon jardin en fleurs.
Le zéphyr y circule en ondes.

Sur un arbuste, des fleurettes
Couvrent chaque branche en entier,
Par leur nombre, la fait plier.
Il en résulte des courbettes.

Les clairs sédums, voluptueux,
Prendront des couleurs attrayantes
Durant l'automne festoyante.
Lors, ils deviendront savoureux.

Quelques fourmis, sur les galets,
Comme des folles, se déplacent
Alors que rien ne les menace,
Les empêche de circuler.

Leur dynamisme époustouflant,
Me surprend et me rend songeuse.
Pourquoi cette énergie rageuse?
Je trouve ce constat troublant.

Ne sert à rien de méditer
Sur des effets qui nous dépassent.
Dans la beauté, je me prélasse,
J'ai la grâce d'en profiter.

7 juin 2015

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Tristesse enfantine.

J'ai perdu ma poupée brune,

un jour de grand soleil,

dans un jardin d'hiver tout ouvert,

dans une maison toute blanche,

dans une ville en feu ;

mon chat bleu somnolant,

sur un sofa velours ;

mon p'tit cœur est si lourd.

J'ai perdu ma poupée aux yeux bleus,

un jour de transparence,

dans un jardin d'hiver tout en verre,

dans une maison immense,

dans une ville en feu ;

ma mère enchanteresse,

assise face à son piano sombre,

s'éloigne de mon chagrin ;

mon p'tit corps est si lourd.

J'ai perdu ma poupée de porcelaine,

un jour d'intense clarté,

dans un jardin d'hiver tout vert,

dans une maison sans mur,

dans une ville en feu ;

mon père grand solitaire,

absorbé par Voltaire,

ignore tout de ma peine ;

mes bras bercent l'absente.

NINA

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