C'est ici qu'ils m'ont mis.
"Trop vieux" ils ont dit.
"On n'avance pas avec lui" ils ont dit.
Mais moi, je ne suis fait
que pour la vie au plein soleil !
Mais moi, je ne suis fait
que pour m'activer au beau milieu
des herbes odorantes !
Je ferme les yeux
et je revois ce beau Percheron
qui vient m'atteler encore,
et il m'emmène enfin vers
les Grands Prés de mon Père.
Toutes les publications (16054)
Il y a dans un arbre
Il y a dans un arbre,
Comme écrit dans le marbre,
Ton tronc enraciné
Dans La terre où tu nais
Tes branches grattant le ciel
De la vie essentielle,
Avec ou sans soleil,
Des abeilles et leur miel
Dans un arbre il y a
Tous ceux nés avant toi,
Des siècles de famille,
Celui où ton nom brille
Tu peux remonter haut,
De tableaux en tableaux,
Paysans, médecins,
Artisans, musiciens
En structurant notre destin
Par chaque forme, autre dessin,
L’essence est là, cherchant en terre
Des âmes nouvelles à satisfaire
Il y a dans un arbre
Des feuilles qui palabrent,
Sur celles d’à-côté
C’est comme à la télé
Une union va se faire,
Se défaire, se refaire
Une histoire de deux vies,
Baisers sur le parvis
En structurant notre destin
Par chaque forme, autre dessin,
L’essence est là, cherchant en terre
Des âmes nouvelles à satisfaire
« Scènes de la vie d'opéra »
de Carlo Goldoni , L’imprésario de Smyrne 1759 :
19.01 > 17.02.2024
Avec une distribution éblouissante de vitalité et de férocité devant une salle comble au théâtre du Parc, cette pièce sans concessions de Carlo Goldoni jouée à L'Aula Magna de Louvain-la-Neuve en septembre dernier a recueilli des applaudissements passionnés. Dans cette pièce du 18e siècle, Goldoni déterre les racines du théâtre comique et met à jour les travers de l’homme et de la société. Il faut saluer l’adresse et l’intelligence de ce dramaturge subversif qui continue à plaire jusqu’à nos jours, dans son jeu fatal et splendide d’inexorables touchés-coulés.
C’est que le Molière italien se moque du tout Venise, des grands, des puissants, des hypocrites et des gens sans cœur. Ainsi le metteur en scène travaille à coups de masques blancs brossés au plâtre sur des visages aux bouches de clowns. Comédiens, chanteuses lyriques et ensemble baroque sont tous, de noir habillé pour faire une fois pour toutes le deuil du bon, du beau et du vrai en Majuscules. Ni couleurs, ni nuances, l’image que nous recevons du monde des grands interprètes de l’opéra est celle d’une bande de fausses divas insatiables, qu’ils soient hommes ou femmes, tous, gredins avides et sans conscience. Peu importe le genre ou le sexe, orgueilleux en diable, ils sont pris d’une incroyable frénésie de survie dans leur course au cachet. Car c'est par-dessus tout, l'argent qu'ils convoitent et accessoirement, la renommée. S'ils avaient du cœur, le voilà désormais fibre inutile et desséchée.
Goldoni mène dans un rythme affolant une descente aux enfers où l’autre n’existe pas. C’est intense et - en version comique - aussi dur que celle de l’auteur américain… dans « They shoot horses, don’t they ? » Le marathon est désespéré et iconoclaste. Furieusement théâtral.
Laurent Pelly, metteur en scène de théâtre et d’opéra sert au public interloqué, un chef-d’œuvre d’hypocrisie, de trahisons, d’égoïsmes suraigus, bref, une entretuerie sans merci, dans un monde qui chavire avec ce plateau désertique et son cadre doré de guingois. On est bien sûr aux antipodes de la solidarité, plongés dans l’horreur du sauve qui peut. Les bêtes d’opéra sont prises comme dans un laboratoire qui semble dire que tous les milieux se prêteraient bien à l’exercice ! C’est brillant, incisif, divertissant et amer. Parfait pour les amateurs de roquette : vivifiant et vitaminé, question de réveiller les esprits endormis par la routine et le confort.
Bien sûr dans cette course haletante pas la moindre paillette de bonheur, ni de rêves poétiques, encore moins d’amour, mais une vision du monde acéré de Darwin : « Eat or be eaten » Mensonge, perfidie, tout est bon aux arrivistes qui veulent percer dans ce monde travesti. On assiste à une amplification particulièrement satirique et grinçante de la phrase de Shakespeare : « the world is a stage ». Et c’est tellement drôle !
Par ailleurs, on pourrait se demander si les dieux s’amusent là-haut des travers humains ou si c’est le Dieu Argent lui-même qui est descendu sur le plateau blanc, glissant et bancal pour procéder à son savant jeu de massacres. Dans cette Venise fière, riche et tourbillonnante mais en perdition, chaque humain semble perdre pied pour être pris inexorablement dans la plus dangereuse des danses macabres.
Alors, on se laisse très vite gagner par la magie théâtrale du grand guignol mondain si bien mené. C’est la jubilation devant le jeu impeccable des comédiens, le mystère des gondoles invisibles qui débarquent un à un les protagonistes dans l’enfer blanc du plateau, et ces les voix admirables des chanteurs lyriques. Bref, la communion avec les artistes vivants s’installe, et le rire, baume universel des plaies du monde. Et puis la grâce est là, avec ce magnifique trio de musiciens, presque caché aux yeux du public , qui soutient sans relâche les pages du drame cruel avec une ferveur obstinée. Avec la célèbre soprano Natalie Dessay, on gardait ceci pour la fin.
L’harmonie retrouvée ? Un ressourcement infini : la Musique.
Dominique-Hélène Lemaire,Deashelle pour Arts et Lettres
Au Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi 3,
1000 Bruxelles
+32 2 505 30 30
*crédit photos: Dominique Breda
A partir de L’Impresario de Smyrne (1759) et du Théâtre Comique (1750) de Carlo GOLDONI.
Par l’un des plus talentueux metteurs en scène de sa génération, Laurent Pelly.
Avec la grande chanteuse d’opéra et comédienne Natalie Dessay
Distribution :
Natalie Dessay : Tognina, chanteuse vénitienne
Julie Mossay : Annina, chanteuse bolognaise
Eddy Letexier : Ali, marchand de Smyrne et Nibio, impresario
Thomas Condemine : Carluccio, ténor
Cyril Collet : Le Comte Lasca, ami des chanteuses
Antoine Minne : Maccario, pauvre et mauvais poète dramatique
Jeanne Piponnier : Lucrezia, chanteuse bolognaise
En alternance Raphaël Bremard et Damien Bigourdan : Pasqualino, ténor
Musiciens : Louise Acabo (clavecin), Octavie Dostaler-Lalonde et Arthur Cambreling en alternance (violoncelle), Ugo Gianotti et Paul Monteiro en alternance (violon)
Mise en scène et costumes Laurent Pelly
Traduction et adaptation Agathe Mélinand
Scénographie Laurent Pelly et Matthieu Delcourt
Création lumière Michel Le Borgne
Assistanat à la mise en scène Laurie Degand
Création sonore Aline Loustalot
Réalisation costumes Julie Nowak, assistée de Manon Bruffaerts, Jeanne Dussenne et de l’atelier du Théâtre de Liège
La pièce est publiée dans la traduction française d’Agathe Mélinand par L’Avant-scène théâtre.
Tu me souffles les mots
Tu me souffles les mots et choisis les couleurs
Et pousses mon crayon, enfantin cavaleur,
Depuis tôt le matin et souvent jusqu’au soir
Noircissant mes carnets j’erre dans mon couloir
Dans mon «orthopédisme»* je happe par instants
Des bribes de valeurs, certaines à contretemps,
Une info associée à mes fondus troublants**
Et en moi la lumière s’allume à ce moment!!
Tu me souffles les mots, tes rituels de la mort
De ce brasier éteint tu rallumes l’incendie
Et ma peinture en cours s’enflamme sur le chemin,
Le pinceau est tenu par ta virtuelle main
Une série de toiles symbolisant l’ailleurs,
Je peignais sans comprendre, puis me vint la lueur,
Par tes vers je compris ce qu’elles disaient enfin
Nos deux âmes* sont unies du début à la fin…!!
Tu me souffles les mots en moi**** c’est la tempête
Et en plein océan, bourrasques en pleine tête,
Échouant sur la plage, je me retrouve seul
Et je tire mes carnets découvrant ton linceul
le 24-1-2024
*Mes actions dans mon siège relax
**Hallucinations mémorielles
***L’âme de mon frère que je remplace et la mienne
L’Orfeo, Opéra en cinq actes de Claudio Monteverdi sur un livret d’Alessandro Striggio (fils) par la Cappella Mediterranea et le Chœur de chambre de Namur, à la direction musicale, clavecin et orgue : Leonardo García Alarcón
Un reflet de la Lyre céleste? Une soirée en tous cas, extraordinaire
L'argentin Leonardo García Alarcón, créateur de l'ensemble Cappella Mediterranea, ...explorateur passionné de la musique baroque tourne ce soir le dos au public, assis devant le clavecin pour diriger l'œuvre fondamentale du genre opéra : « L'Orfeo » de Monteverdi, dont il fera un pur élixir de musique et de théâtre. Tandis que sur scène retentissent les sonorités printanières de la harpe, flûtiaux, cordes et basse continue, dans une allée de lumière, s’avancent gravement une procession de cuivres somptueux. Première surprise, le ton est donné pour un spectacle imaginatif et chatoyant. Du pur cinéma au sens étymologique du terme. Une fonte harmonieuse des habits, des lumières, des mouvements, et des voix.
Telle une reine d'Égypte parée d'un fourreau étincelant couleur chair, c’est la Musique en personne qui apparaît. Celle dont les doux accents « Calme, les âmes troublées et enflamme la passion ou la colère. » C’est la brillante Mariana Flores. Elle aussi prendra le rôle délicat d’Eurydice, l’innocente femme d'Orphée, morte sur le coup pour avoir été mordue par une vipère cachée dans l'herbe le jour même de son mariage. Mais l'amour doit triompher de la mort. Et Orphée bravera les Enfers. Mais auparavant, l’ensemble célèbre la joie de vivre, le bonheur bucolique des bergers et bergères couronnées de fleurs pour célébrer l’hyménée du demi-dieu et de la nymphe.
Le Chœur qui a fait son entrée encercle l'orchestre comme un lever de soleil, appelle à la prière pour que le ciel veille sur l'amour dans un credo, intense fuse qui fuse vers Apollon. « Après les aurores qui accablent le monde, revient la lumière. Après la froidure, les fleurs du printemps. » Tandis que le rythme de talons fougueux martèle la joie sur l'herbe fleurie le violon principal et son archet bondit en danse et bienheureuses cabrioles. Est-ce même Chagall qui revient de l'au-delà ? Tout, mystère, grâce, fluidité et douceur, Orphée interprété par Valerio Contaldo, exulte. Son timbre est chatoyant et la chaleur de son interprétation est enchanteresse. Il donnera tour à tour chair et vérité à la joie de l'amour absolu et à la douleur inconsolable de sa perte.
« Rosa del ciel » est la plus belle de toutes les déclarations d'amour. Mais le destin en décide autrement, la joie est hélas passagère. Et après la funeste annonce de la mort d’Eurydice par une Messagère éplorée, la musique s'éteint subitement sous les doigts du chef d’orchestre. La colère bout dans le sang des bergers. Et Orphée est prostré. Il regrette : « Tu es morte et je respire ». Bouleversant les limites de la condition humaine, Orphée, jure descendre aux Enfers. « Ou je la ramènerai auprès de des étoiles, ou je resterai auprès d'elle au séjour des morts. » Et la Messagère, incarnée par la mezzo-soprano, Giuseppina Bridelli, se morfond dans une page poignante de culpabilité pour avoir terni le merveilleux bonheur du demi-dieu.
Toujours dans la foulée d’une magnifique chorégraphie, le chœur quitte la scène à pas lents dans une émouvante marche funèbre, au fur et à mesure que baisse la lumière. Celle-ci vient ensuite inonder le plateau de rouge : le feu de l’Espérance, « l’unique bien des mortels » sous les traits d’Anna Reinhold (à la fois Proserpine). Par deux fois, Orphée sera abandonné : par la mort d’Eurydice et par celle de l’Espérance qui guidait ses pas jusqu’aux Enfers. « Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir » chante l’illustre poète Dante. A l’autre balcon, surgit alors la voix saisissante de la basse, Alex Rosen qui incarne l’implacable Charon. Aussitôt, l’ensemble se ligue pour plaider la cause d’Orphée : avec le jeu insistant des violons, les voix féminines, le cornettiste, armé de cette longue flûte qui n’est pas sans rappeler un serpent endormi, et la harpe frissonnante soutiennent la voix d’Orphée saccadée par les sanglots. Il y a cette certitude d’Orphée, « Là où se trouve une telle beauté, e s t le paradis !»
La lumineuse musique d'Orphée finit par ensorceler le gardien des enfers qui s’est laissé attendrir. Les pas d'Orphée vers sa compagne sont couverts par la puissance des chœurs d'homme passés à l'avant-scène sous la force des percussions. Ils entonnent un credo de foi en l'homme, vainqueur de la nature. Cuivres et percussions célèbrent l’audace de l’homme dans cette sublime œuvre d’éternité.
Et puis, un nouveau climax prend le public à la gorge : il y a ce tragique retournement quand le doute saisit le demi-dieu sur le chemin du retour avec son Eurydice, « Je chante, mais qui me dit qu’elle me suit ? » interrogation fatale. « Don’t fear ! » Il a été saisi par la peur. Il a bravé sans le vouloir l’interdit de Pluton (Andreas Wolf), et son monde s’écroule. Il est inexorablement happé par la lumière, loin de son épouse. Le chœur se mute alors en chœur antique, dans une ode à la vertu et au sacrifice. Il souligne qu’Orphée a vaincu l’Enfer, mais a été vaincu par sa passion. Sur quoi, quittant les lieux au cours de la conclusion orchestrale, toute la salle verse dans de chaleureux applaudissements très inattendus pour le chef argentin.
Imperturbable, Leonardo García Alarcón relance le thème initial comme un leitmotiv chantant le retour d’une belle saison. Il reste un cinquième acte ! Celui, où Orphée, fou de douleur s’en prend aux femmes qu’il trouve impitoyables et perfides, clamant son attachement inaliénable à sa compagne. Apollon, alors, sous les traits d’Alessandro Giangrande, prend pitié de son fils et l’invite à rejoindre le ciel où vit le Bien. La vertu n’est pas dans les extrêmes, sagesse grecque… Et toutes les mains, certaines munies de tambourins, célèbrent les couleurs miroitantes de La Vie.
Les Interprètes :
*Valerio Contaldo,
Orfeo (ténor)
*Mariana Flores,
La Musica & Euridice (soprano)
*Giuseppina Bridelli,
La Messagiera (mezzo-soprano)
*Anna Reinhold,
Proserpina & Speranza (mezzo-soprano)
*Andreas Wolf,
Plutone (baryton-basse)
*Alex Rosen,
Caronte (basse)
*Alessandro Giangrande,
Pastore & Apollo (ténor)
*Leandro Marziotte,
Pastore (alto)
*Pierre-Antoine Chaumien,
Pastore, Spirito & Eco (ténor)
*Matteo Bellotto,
Pastore (basse)
*Estelle Lefort,
Ninfa (soprano)
*Philippe Favette
Spirito (basse)
Bozar / Palais Des Beaux Arts. le 24 janvier '24
S’asseoir quelques instants sur un banc un peu à l’écart de la rue,
Pour y partager des petites nouvelles avec les Amies et les Amis.
M’asseoir à son côté pour y lire quelques fugitifs instants de sa vie.
En jardinant mes impressions
En jardinant mes impressions,
Tranquillement et sans tensions,
Je plante un bruit ou une couleur,
Reflet d’amour et de bonheur
Sur mon sillon viennent les mots,
Je m’imagine à mes fourneaux,
De fines fragrances caressent mes doigts,
Mes intuitions sources d’émoi
En jardinant mes espérances,
Je vais au bout de mon enfance,
Un peu de terre et de terreau
Et s’épanouit ce beau joyau
Je vais l’offrir à mon trésor,
Cette parure enlacée d’or,
Tourbillon d’âme ma ritournelle,
Mon essentielle toujours plus belle
En jardinant tous deux ensemble,
Dans les allées on se ressemble,
A l’horizon on se rejoint,
Nous piétinons main dans la main
Et nos carrés bien arrondis,
Entrelacés de paradis,
Forment un tableau concret-virtuel
Que nous signons dans nos deux ciels
Nos feuilletons
Nos feuilletons, nos ritournelles
D’accordéon à manivelle,
Manèges vivants, fleurs de marelles,
Corde à sauter et porte-jarretelles
Châteaux rêvés d’Occitanie,
Un jardin zen de paradis
En oasis de l’intuition,
D’un monde de rien en thérapie
Nos feuilletons du temps passant,
Emplis d’oiseaux, de cormorans,
Mouettes ou pigeons à nos instants
Les décodeurs du firmament*
Quel est le poids de tout ce monde,
Agitation censures en ronde
Réduit à rien, poids de fourmi
La gouttelette de cette pluie
Chacun a en lui
Le diamant de vie,
Don original
Nécessaire au bal
Nos feuilletons, nous les jouons
Et les refrains de leurs chansons,
Surtout pour ceux si différents
Les marginaux sortis du rang
Un solitaire a sa couleur,
Il est unique par sa valeur,
Une seul clé, un seul sésame
Prenons bien soin de toutes leurs âmes**
Chacun a en lui
Le diamant de vie,
Don original
Nécessaire au bal
Le 19-1-2024
(*»Décodeur de psychisme» (à inventer))…!!**Les âmes sont bien réelles, elles!!!
Il n’est pas nécessaire d’être une Sainte Vierge
pour symboliser la maternité.
Elle et son enfant suffisent à ma beauté du monde.
Qu’attends-tu sur le pont
Qu’attends-tu sur le pont,
As-tu peur du plongeon?
C’est celui de Monet,
Appelé japonnais
Au bout de ton histoire,
Au fond de ton couloir,
On le dit de la mort,
Tu es face à ton sort
Qu’attends-tu sur le pont,
Dans cette position,
Pourquoi venir ici,
Au sein de Giverny
Ton grand amour artiste,
Profondément lampiste,
Ne vivant qu’en son art,
Le restant un trou noir
Les différents peuvent-ils s’aimer?
Malades mentaux handicapés
Est-ce dangereux? vivre avec eux?
Ces pauvres diables, ont-ils un dieu?
Qu’attends-tu sur le pont,
Soudain une vision,
Qu’a-t’il ce nénuphar,
S’allumant comme un phare,
Puis devient clignotant,
L’âme de ton amant,
Une hallucination,
Vas-tu sauter du pont?
Les différents peuvent-ils s’aimer?
Malades mentaux handicapés
Est-ce dangereux? vivre avec eux?
Ces pauvres diables, ont-ils un dieu ?
le 18-1-2024
C’est un personnage comme il en surgit dans les rêves,
Il est sans visage
Et pourtant je sais qui elle est.
Elle est celle que je n’ai pas,
Elle est celle que je ne veux pas avoir.
Elle est ce fantôme sans visage qui hante mes jours et mes nuits.
Afin de réussir un beau et bon jardin,
Il faut investir du temps et de la raison,
Trouver où le soleil chérira le terrain,
Pluie, gel, vent doux pour la ronde des saisons.
Alors il faut ôter chardons et orties,
Qui blessent parfois nos mains innocentes,
Y semer d’un air satisfait nos envies,
Mais confier au temps ses humeurs changeantes.
Dame Nature et ses humeurs maussades,
Comme elle nous tient par la barbichette !
Un jour nous augure de belles salades,
Le lendemain ne récoltons que tripette !
L’homme et le jardin, vous l’avez deviné,
Sont pareils, point n’est besoin de le démontrer,
Ils rêvent de lumière, de fruits magiques,
Un coup de vent et s’écroule la boutique !
- Bonjour, c’est moi. Je t’observe depuis un moment du haut de ma fenêtre, tapie dans l’ombre pour que tu ne me voies pas.
- Je t’entends aller et venir, courir après ce temps qui t’est cher sans te satisfaire.
Ma vie est plus sereine, tranquille. Chercher un peu de nourriture, dormir, fouiner sans cesse dans les coins et recoins. Visiter avec délice des endroits emplis de mystère, de secrets, de souvenirs. Me couvrir de poussière et emmener avec moi ce doux sentiment du passé.
Depuis peu, je te sens moins réactif comme quelqu’un qui a perdu son âme, ou est-ce ton cœur qui ne bat plus la chamade manque d’amour ? Un besoin irraisonné d’aimer comme les grands romantiques de tes lectures, de tes chansons. Le temps semble interminable dans la solitude du cœur.
Je me permets de te parler d’un monde blessé, infirme où chacun a néanmoins une place même infime. Un monde souvent injuste devant lequel s’agenouiller devient difficile et incompréhensif. Où même aimer est devenu compliqué tant il faut de contrainte pour entrer dans la norme. Un monde qui nous isole pour mieux nous décourager. Un monde d’indifférence qui se répand de jour en jour et rend la vie malaisée, difficile.
Malgré cette torpeur, une étincelle avait éclairé ta vie. Une rencontre lointaine et toujours présente, un discours simple, touchant et sincère. Un amour si profond, ancré dans le cœur qui n’attend qu’un geste pour se répandre et déverser des flots de tendresse. Un moment de lucidité pour le découvrir, l’apprécier.
Je crains malheureusement que ma petite voix ne soit pas assez puissante pour éveiller cet essor et ne te laisse consolé, réconforté.
L’amour aussi a besoin d’efforts pour exister, de raison pour vivre.
L’anniversaire d’amour
L’anniversaire d’amour
Improbable et pourtant
Différent chaque jour,
La lumière, le néant
Rapace et hirondelle,
Quasimodo, sa belle
Ont trouvé le chemin
En croisant leurs destins
L’anniversaire d’amour,
Lui perdu pour toujours
Venant des encombrants
Jeté par ses parents
De ce semblant de rien,
L’envers du paradis
Et puis en balancelle
Elle l’a mis sous sous son aile
Comment peut-on nous faire comprendre
La relation extravagante
Entre une muse si douce et tendre
Avec un monstre glissant la pente
Et rimaillant des gribouillis
Puissent s’accorder toute une vie
L’anniversaire d’amour,
Pour eux deux un grand jour,
Qui a jeté le dé
Cupidon vénéré
Moi Corbeau-entonnoir,
Empli de désespoir
Avec son lien secret
C’est un vrai conte de fée
Comment peut-on nous faire comprendre
La relation extravagante
Entre une muse si douce et tendre
Avec un monstre glissant la pente
Et rimaillant des gribouillis
Puissent s’accorder toute une vie
Je ne vous dirai plus
Je ne vous dirai plus,
Je garde ça pour moi,
Ce sera l’inconnu,
A chacun son combat
Pourquoi je marche nue
En voilant mes secrets,
Tous ces individus
Je connais leurs pensées
Je ne vous dirai plus,
D’ailleurs je n’ai rien dit,
Vous n’avez jamais vu
Aucune de mes envies
Une femme c’est ainsi,
On ne sait si elle jouit,
Il la croit tout là-haut,
Elle dirige le bateau
Vous les malins, vous savez tout,
Mais n’avez pas de garde-fous,
J’ai enfermé au fond de l’âme
Ma clef des champs, c’est mon sésame
Je ne vous dirai pas
Pourquoi je m’assois là,
Tout reste dans ma tête
Où il y a la fête
Je suis dans le jardin,
Peut-être bien le tien,
Sautant dans les couleurs,
Elles connaissent mes bonheurs
Vous les malins, vous savez tout,
Mais n’avez pas de garde-fous,
J’ai enfermé au fond de l’âme
Ma clef des champs, c’est mon sésame
Je t'ai laissé cette trace,
juste pour te dire
que ton ami frigorifié
est venu appeler à ta porte.
Mais ma voix est si faible
et ta couette si épaisse.
Je suis reparti vers
ma triste liberté.
Les traits d'union
Les traits d'union sont importants,
Accords de mots, accords du temps,
De nos couleurs et de nos sons,
Une harmonie dans nos chansons
Cette harmonie elle est humaine,
Elle est complexe et souveraine,
De grandes bourrasques dans nos hivers,
Peur d'abandon dans l'univers
Certains d'union sont discordants,
De désaccord des instruments,
L'enfant détruit dans son enfance,
A toute sa vie des discordances
A chaque instant peut arriver
Une explosion dans la tranchée,
Sans prévenir et sans raison,
Comme une fausse-note dans une chanson
L'arabesque de ta vie
Était devant l'école
Tout petit tu l'as dit,
Tu n'as qu'une parole *
Les traits d'union aléatoires
Menant au fond de ce couloir,
Ce labyrinthe de nos souffrances
Où sont enfouis toutes nos errances
Au tourniquet de nos questions,
Qui peut comprendre nos intentions
Tournant en rond soleil couchant,
Le monde revient à chaque instant
L'arabesque de ta vie
Était devant l'école
Tout petit tu l'as dit,
Tu n'as qu'une parole *
Le 12-1-2024
*Tu avais annoncé à ta mère c'est écrit ici il n'y a pas de place pour moi dans cette école...! Et Tu n'es jamais entré ni dans l'école ni dans la société!!
Dans la salle du musée
Dans la salle du musée
Il y a le néant,
Toiles noires accrochées
Montrant la mort du temps
Univers dépourvu
Des étoiles de la vie,
Soleil interrompu
Douleurs-cacophonies
Dans la salle du musée,
Les ombres somnambules,
En mémoires du passé
s'enlacent et déambulent
L'enfant interpelé
Par le flash du destin,
Un masque est éclairé
Lui montrant le chemin
Sortir du sombre à travers l'art,
De ses ténèbres, du désespoir
Vers sa lumière, le grand soleil,
Sortir vers soi d'un grand sommeil
Dans la salle du musée
D'autres toiles exposées
S’incarnent et prennent vie,
Éden et paradis
Il connaît ces tableaux
Signés de lui Marco
Et malgré son grand âge,
Il entre en leurs rouages
Sortir du sombre à travers l'art
De ses ténèbres, du désespoir
Vers sa lumière, le grand soleil,
Sortir vers soi d'un grand sommeil
Souvent le soir dans ma chambre quand tout s’éteint,
Et que de pâles lueurs au loin déclinent,
Il me semble voir à la cime des pins,
Danser une âme blanche en mousseline.
Alors dans mes bras tendrement je t’enlace,
Sur un manège aux mille fééries,
C’est une valse de joie qui m’embrasse,
Au son des années si vite parties.
Je frôle tes boucles noires parfumées,
Sur ton visage qui m’apparaît familier,
J’y dépose honteusement mille baisers,
Comme tant de pardons méchamment oubliés.
Je ne te retiens pas, peut-être à demain,
Tu me souris, alors la nuit sera belle,
Toutes les fois, chaque soir, je prendrai ta main,
Et gommerai la larme qui te rappelle.
.
Les souvenirs s'enlacent
Les souvenirs s'enlacent,
Patinant sur la glace,
Leurs mélodies grimacent
En se voilant la face
Certains guignols en rient,
Sous des nuées d'utopies
Des reflets d'harmonie,
Virtualité de vie
Les souvenirs s'enlacent,
Où était donc ma place,
Je me souviens la classe,
Quelques pas dans les traces
Je me vois quand je n'ose
Cette horreur de la pose,
J'étais jeune embryon
en pleine ovulation
Je ne serais ce remplaçant,
Assis toujours sur ce vieux banc,
Tant mieux pour eux les bons vivants,
J'ai le costume, MAIS JE JOUE QUAND??
Les souvenirs s'enlacent,
Revenant en surface,
J'ai refusé la vie,
Tout ce qu'elle signifie
J'ai refusé son deuil,
Sa douleur, mon écueil
Je ne suis un doublon,
Qu'elle garde ses chansons
Je ne serais ce remplaçant,
Assis toujours sur ce vieux banc,
Tant mieux pour eux les bons vivants,
J'ai le costume, MAIS JE JOUE QUAND ??



