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La langue du temps

La lumière issue du soleil
Rend mieux perceptibles les choses.
Les ombres se métamorphosent,
Forment des dessins sans pareils.

Quand l'être ressent un émoi,
Toujours de durée éphémère,
Son esprit libéré qui erre
Le fait soliloquer parfois.

Or si l'immense ciel est blanc,
La joie enfouie ou perdue,
Toute activité suspendue,
Il peut demeurer chancelant.

Il choisira l'indifférence
Et le repos qu'elle procure.
De se dépenser n'ayant cure,
Optera pour la somnolence.

Cela dépend de l'énergie
Qui en ce même instant l'anime
Car c'est sa puissance qui prime
Et qui engendre les envies.

Le poète se veut existant
Capte les mots qui lui arrivent, 
Emplis d'images affectives.
Il connaît la langue  du temps.

9 juin 2016

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Passé - Présent - Futur !

Passé – Présent – Futur. Comme à l'école !

Lire ce court billet entre les lignes, écrit ... je le suppose... En écriture automatique sur un petit carnet hier pendant un voyage.

Si nous partons de NOTRE temps présent en reculant dans LE passé, celui-ci n'ayant aucune limite connue il est impossible d'en mesurer la longueur, la durée, car l'infini ne se mesure pas. A l'opposé, toujours en partant du même temps présent, si nous dirigeons nos pensées dans le futur, nous ne pouvons évidemment pas en déterminer la fin, car la fin des temps nous est inconnue. Le temps présent se retrouve donc comprimé entre passé et futur dont nous ne pouvons en déterminer, ni le début, ni la fin. Deux hypothèses s'offrent à nous !

Où, le temps présent tel que nous le concevons, n'existe pas, le passé n'étant pas modifiable, et ayant un avenir inconnu ! Ou le temps présent est le temps primordial, celui qui permet à un esprit éveillé de créer SON futur proche en analysant SON passé vécu!

... J'avoue qu'en le recopiant tel quel ce matin, j'ai un peu de mal à "voir" le fond de mes pensées ! Y a t-il un Psy dans la salle ? ...

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Un jour parmi les ternes

Songerie

Je me sens lasse, tristounette.
Ce matin, j'ai planté des fleurs,
Plutôt de fragiles fleurettes,
Tout une gamme de couleurs.

Elles paraissent languissantes,
Sans doute en manque d'énergie.
Sont restées longtemps en attente,
Maintenue faiblement en vie.

Le soleil rayonnant ailleurs,
Reste assombrie ma solitude.
J'aimerais voir ma rue en pleurs,
Recevoir une certitude.

L'eau de pluie tombant en douceur,
Apporte fraîcheur et brillance.
M'a causé nombreux coups de coeur.
Ô suaves réminiscences!

8 juin 2016

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La faille JGobert

A l’entrée d’un parc, une vision étrange, un lutin tire laborieusement une vieille besace. Lourde et bien remplie, il peine à avancer. Il la traine cruellement derrière lui depuis des lustres. C’est son travail, son boulot sur la terre comme d’autres ont une destinée bienveillante. Un sac de vieilles lettres entassées, non distribuées, non remises. Elles sont fermées et enferment des mots par millier. Certaines n’ont pas de destinataires et pas d’expéditeurs. Pleines de ratures, de non-dits,  de mots cruels, de sentiments inhibés, refoulés, dérisoires, imparfaites, incomplètes, elles sont un poids lourd à porter.

Il tracte cette charge et traverse le parc par tous les temps. Peu de gens le voient.  Et ceux qui l’aperçoivent ont peur. Ils ne veulent pas l’aider, le soulager, le débarrasser de ce fardeau étrange. Ces envois sont vieux, obsolètes, désuets. Nul ne se sent concerné et ne veut prendre sa part dans ce jeu insolite et accepter ce qu’il a écrit dans le passé. Certain craigne, appréhende ce qu’ils recèlent et pensent parfois n’avoir pas été à la hauteur à un moment de leur vie.

Le lutin me tend une lettre. Etonnée, je la refuse.  Elle n'est pas à moi. Je n'ai jamais écrit de lettre. Je ne connais pas ce destinataire. Mon esprit fouille vainement cette mémoire faillible et refuse tout net de reconnaître cet acte passé. Quelle idée de me rendre cette vieille missive jaunie. Subitement je me souviens de cet écrit, de cette histoire. Il y a si longtemps, il y a trop longtemps. Je n’ai rien oublié mais refermé fermement mon cœur et rejeté au loin ce vécu de ma mémoire.

Cette lettre n’est donc pas parvenue à son destinataire.  Peut-être est-ce la raison de son silence ? Tout aurait été différent. Le destin a choisi. Lutin, reprend ton courrier, il n’a plus de raison d’être. Ma réalité est ailleurs. C’est un passé qui n’a pas existé et que je ne veux pas imaginer.

La quête du lutin est souvent sans succès. Il sait depuis longtemps que ces lettres renferment des peurs, des tourments, des vérités, des mensonges. La plupart du temps, il n’insiste pas auprès des hommes qui renient ainsi leurs pensées passées. Il fait quelques pas, trébuche et part avec son lourd fardeau de mystère, de secrets, de larmes.

Le lutin connaît les lettres sans les avoir lues. Celles écrites sur du papier pelure pour en alléger le poids n’ont ni nom ni date et parlent d’amour impossible. Celles écrites d'une main d’enfant sont terribles. Elles recèlent, révèlent des faits insensés, des cris étouffés, des silences lourds. Les mots que les adultes ne veulent pas entendre.  Celles écrites au crayon renvoient à la souffrance, à la mort et n’annoncent que des larmes et des pleurs.
Le lutin connait toutes ces litanies par cœur et accepte que personne ne veuille les reprendre, les récupérer, les vivre. Les douleurs, les souffrances sont trop nombreuses, exprimées avec pudeur ou énoncées avec cris.

Le vieux lutin passe dans les âmes, dans les cœurs, ramasser ce courrier comme un facteur. Il hésite et revient vers moi. Insiste. Non, je ne veux pas la reprendre, la compléter, l’envoyer, et remplir les blancs que j’y ai laissés. Je sens une douleur étrange. J’ai le cœur qui se serre.

Le lutin continue sa course et cherche un autre preneur qui le déchargera de son fardeau. Un homme devant lui, troublé, ne comprend pas cette démarche. Il prend une lettre, l’ouvre et d’un geste brusque, la jette dans le caniveau. Il a des larmes dans les yeux. A peine lue et effleurée de la main, une souffrance intense lui comprime le corps. Il ne veut pas revivre son histoire, ni recommencer cette bataille une nouvelle fois. Il a tiré un trait sur cette époque. Il est tourné vers l’avenir.

Le génie n’en a pas fini avec ces messages venus pour ramener et confronter les hommes à leur réalité.  Le monde est une faille, une fêlure que l’humanité entretient avec des mots et des actes déloyaux.

 

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Au parc Dorval

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Alain conserve l'habitude
De prendre des photos de moi.
J'y ai les mêmes attitudes,
Éprouvant de nouveaux émois.

Je suis le témoin des saisons,
Chacune toujours surprenante.
Sublime apparaît l'horizon
Quand l'astre effectue sa descente

.

Les suaves tableaux qu'il capte
Montrent des grâces non perçues
On peut les contempler sans hâte.

On ne se sent jamais déçu.

Au parc Dorval en ce matin,
Les allées sont déjà fleuries.
Le vent fait son petit malin,
Sa fraîcheur me regaillardit.

6 juin 2016

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À l'amour métissé

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La houle des mots imbibe à son flux le visage
d'un amour métissé qui se dolente sous le jardin d'un ciel illuné.
Sur le remous onduleux gorgé de soleil et de parfum ambré,
un vent soupiré berce leur dilection de ses murmures cadencés.
Ô chant mesuré, scarifie de tes pulsations les flots de ces syntagmes appariés
afin d'empreindre sur leur robe de soie convulsée, leur passion sucré.
Que de la caresse échevelée de leur inclination à l'union
de leur âme altière sourde et se déchaîne sur la crête frangée
de fraisil, l'harmonie incoercible d'un nous qui s'épouse.
Ainsi fidélisées sous des rayons dorés pour horizon,
les coulées miellées de grains d'amour viennent alléguer
du parfum de leurs serments, l'hyménée.

Nom d'auteur Sonia Gallet

recueil © 2016
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ADMINISTRATEUR GENERAL

 

Espace Art Gallery vous présente son sommaire :

 

 

1.4 Actuellement à EAG

2.4 Prochainement à EAG

3.4 Informations diverses :

Adresse, liens, …

4.4 En pièce jointe : Bruxelles Culture juin

 

 

1.4 Actuellement à EAG

 

 

Lysianne MATISSE dit Lys MATISSE (Be) bic

« Traces d’évidences »

 

Danielle Davin dit DIELLE (Be) peintures à l’huile

« Ondes de formes »

 

Shasha SHAIKH (franco-indienne) peintures batiks

« Oies sauvages »

 

Anne CANNEEL (Be) sculptures et digital art

 « Arborescences »

 

Le FINISSAGE les 04 & 05 juin 2016  de 11h 30 à 18h 30.

 

 

2.4 Prochainement à EAG

 

 

Philippe MEIER (Fr) peintures

« Voyages intérieurs »

 

Huguette LECOMTE (Fr) peintures

« Les élégantes »

 

Rodrigue VAN HOUTTE (Be) peintures

« Triangle de Karpman »

 

Le VERNISSAGE a lieu le 08/06 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Le FINISSAGE les 25 & 26 juin 2016  de 11h 30 à 18h 30.

 

 

La galerie est fermée en juillet pour vacance annuelle sauf pour les dates suivantes :

 

Oscar B. (Fr) peintures

« Une re-construction poétique »

 

Vernissage : le 09/07/2016

Exposition : les 09 & 10/07 et 30 & 31/07/2016

Finissage le 30 & 31/07/2016

 

Marie-Claire HOUMEAU (Fr) peintures

« Transparences »

 

Vernissage : le 09/07 et 07/09/2016

Exposition : les 09 & 10/07 et 30 & 31/07/2016 et du 08/09 au 25/09/2016

Finissage le 30 & 31/07/2016 et 24 & 25/09/2016

 

 

ATELIER JÖRG (Ch) peintures

« Voyages entre voile et vignes »

 

Le VERNISSAGE a lieu le 03/08 et 07/09 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Le FINISSAGE les 24 & 25 septembre 2016  de 11h 30 à 18h 30.

 

 

3.4 Informations diverses

 

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120

 

Infos artistes et visuels sur :

 

Site de la galerie : http://www.espaceartgallery.eu

Le site de l’Espace Art Gallery se prolonge également sur

Le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

Voir: https://artsrtlettres.ning.com/ (Inscription gratuite)

Diaporama des plus belles expositions de l'Espace Art Gallery:  

Voir: http://ning.it/KHOXUa

Les critiques de François Speranza sur Arts et Lettres :

Voir : http://bit.ly/265znvq

La galerie est devenue éditrice d’art pour fêter ses 10 ans :

Voir : http ://www.espaceartgallery.eu/editions/

 

 

4.4 En pièce jointe : Bruxelles Culture

 

 

Découvrez en pièce jointe « Bruxelles Culture » le magazine qui facilite la vie culturelle des amateurs d’arts.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                        Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                        Voir:         http://espaceartgallery.eu

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Sable

Sable

Le sable de la plage est comme une ardoise

Que la mer efface jour après jour

Et toujours les pas des amoureux disparaîtront

Dans les profondeurs océanes.

 

Quand il ne reste rien que quelques grains de sable

Que le vent emporte en tourbillons improbables

Comment croire encore que Roméo et Juliette ont pu se rencontrer

Et marcher ici même dans la brise marine ?

Comment imaginer qu’ils ont pu s’aimer devant l’immensité du monde

Et se faire des promesses éternelles sous le vol blanc des grands oiseaux de mer ?

 

A l’horizon passe un bateau en partance vers un Orient lointain.

Bientôt il aura disparu et il ne restera de lui qu’un souvenir

Qui s’effacera petit à petit dans la mémoire des vieux marins.

 

Et voilà la marée qui monte encore une fois à l’assaut de la plage

Et efface pour la millième fois les traces de tes pas.

Seule demeure la profondeur océane et la brise marine qui emporte tout

Absolument tout

Même les grands oiseaux blancs de nos rêves.

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À Détona, les pieds dans l'eau

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Fin d'une nostalgique attente.

Un moment des plus émouvants,
Le sable où s'alignent des tentes,
Face aux vagues de l'océan.

La dame âgée semble ravie.
Révolu le temps de la nage,
De la fabuleuse énergie.
Mais elle est là, sur une plage.

Respire le parfum des algues,
Marche les pieds dans l'eau salée,
En voyant arriver les vagues.
Le poids des ans s'en est allé.

5 juin 2016

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L'instant.

Le temps qui passe,

qui se fait lisse,

sur nous qui glisse,

tel un malingre lys,

pour un corps, un esprit,

assoiffés de reliefs,

de verdure et de  bleu,

est un profond supplice !

Alors, prenez vos crayons,

vos couleurs ou votre encre,

pour faire chanter ce lys,

le nourrir de vous, jusqu'à

ce qu'il grandisse,

 devienne radieux et fou ;

Créer déleste du non-vivant,

pérennise  l'instant,

qui s'étend sous nos yeux ;

ainsi l'instant donné,

a pris la dimension de la vie

de cet autre.

NINA

,

 

 

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Vauvenargues. Introduction à la connaissance de l' esprit humain. ; 1746.

Réflexions et Maximes. Essais moraux de Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues (1715-1747), publiés à Paris chez Antoine-Claude Briasson en 1746; réédition revue et corrigée en 1747.

 

Où le ranger? Philosophe de la volonté de puissance, précurseur de Nietzsche? Moraliste préromantique annonçant Rousseau? On retient en général son opposition aux moralistes classiques, ses attaques contre La Rochefoucauld, par exemple, qui ne voit qu'égoïsme dans les affaires humaines; contre les jansénistes, Pascal en tête, qui n'ont de cesse d'insister sur la vanité du monde et sur la nécessité pour l'homme de s'en détacher. Pour Vauvenargues, en effet, «la morale austère anéantit la vigueur de l'esprit, comme les enfants d'Esculape détruisent le corps, pour détruire un vice du sang souvent imaginaire» (maxime CLXVII).

 

Mais comment appréhender l'originalité d'un auteur qui déclare d'emblée que tout est dit, que «les meilleures vérités courent les rues» et qui se propose simplement d'en faire l'inventaire, de les amasser au sein d'un tout qu'il nomme «système raisonnable»? Un tel projet jure en son siècle, d'autant que Vauvenargues rejette l'éclectisme et l'idée de progrès, tous deux liés nécessairement au relativisme. S'il veut «concilier tant de vérités [venant] d'une infinité d'hommes différents qui envisageaient les choses par divers côtés», en effet, c'est contre «le bel esprit moderne» qui prétend «parler de tout sans rien savoir» (Essai sur quelques caractères). Une telle science superficielle ne peut servir qu'à contenter la vanité. Le ton, on le voit, est bien celui d'un moraliste.

 

L'édition posthume de 1747 comprend l'Introduction à l'étude de l'esprit humain, suivie de «Fragments», de «Réflexions critiques sur quelques poètes» et de 330 «Réflexions et Maximes» numérotées en chiffres romains (les maximes des Oeuvres posthumes sont numérotées en chiffres arabes). Une brève «Méditation sur la foi» et une «Prière» terminent l'ouvrage (Vauvenargues les donnait lui-même pour de purs exercices rhétoriques).

L'Introduction à l'étude de l'esprit humain est composée de trois livres qui traitent de l'esprit en général, des passions, du bien et du mal moral. L'organisation des trois livres témoigne de l'originalité et de la modernité intellectuelles de Vauvenargues. Son objet est de «faire connaître, par des définitions et par des réflexions, fondées sur l'expérience, les différentes qualités des hommes qui sont comprises sous le nom d'esprit». Imagination, réflexion et mémoire, puissances «vides», sont très vite éliminées et Vauvenargues peut adopter le ton d'un moraliste pour traquer et saisir l'esprit dans l'invention, l'éloquence, le caractère et le sérieux, le sang-froid et l'esprit de jeu, etc. Les passions sont envisagées d'un même point de vue. Vauvenargues s'intéresse entre autres à la passion des exercices, à l'amitié que l'on éprouve pour les bêtes.

 

Après Abbadie (l'Art de se connaître soi-même ou la Recherche des sources de la morale, 1692) et Malebranche (Traité de l'amour de Dieu, 1697), mais avant Rousseau, Vauvenargues distingue nettement l'amour-propre de l'amour de soi. Ainsi de l'amour de la gloire: la vie imaginaire qu'achète l'homme qui meurt pour la gloire au prix de son être réel traduit une préférence incontestable pour le jugement d'autrui. «Avec l'amour de nous-mêmes, on peut chercher hors de soi son bonheur; on peut s'aimer davantage hors de soi que dans son existence propre; on n'est point à soi-même son unique objet. L'amour-propre au contraire subordonne tout à ses commodités et à son bien-être.»

 

Impossible de résumer la diversité des sujets abordés par les «Fragments», les «Réflexions critiques» (qui passent en revue divers auteurs, parmi lesquels Corneille, Racine et J.-B. Rousseau occupent l'essentiel) et les «Maximes». On peut néanmoins souligner la discrète mélancolie qui clôt l'ouvrage: «Quiconque a vu des masques dans un bal, danser amicalement ensemble, et se tenir par la main sans se connaître pour se quitter le moment d'après, et ne plus se voir ni se regretter, peut se faire une idée du monde» (maxime CCCXXX). L'éloge de la familiarité, quant à lui, surprendra de la part de celui qu'on présente volontiers comme un moraliste aristocratique et hautain: «Il n'est pas de meilleure école que la familiarité [...]. Là paraît la stérilité de notre esprit, la violence et la petitesse de notre amour-propre, l'imposture de nos vertus. Ceux qui n'ont pas le courage de chercher la vérité dans ces rudes épreuves sont profondément en dessous de tout ce qu'il y a de grand» (fragment XVII).

 

Enfin, de la Préface de l'ouvrage aux différentes «Réflexions et Maximes», se laisse deviner le projet «systématique» de Vauvenargues. Il faut retrouver l'unité et l'harmonie de l'esprit. Tout choix excluant un contraire dans nos appréciations serait alors signe d'abandon, d'impuissance à embrasser toutes ses variétés. Vauvenargues postule qu'«il n'y a pas de contradictions dans la nature» (maxime CCLXXXIX). Aussi nous faut-il renoncer à l'idéal d'une vérité unique et pure. «Nous avons grand tort de penser que quelque défaut que ce soit puisse exclure toute vertu, ou de regarder l'alliance du bien et du mal comme un monstre et comme une énigme. C'est faute de pénétration que nous concilions si peu de choses» (maxime CCLXXXVII). Se dévoile alors la méthode qui inspire l'écriture fragmentaire: «On ne saurait trop tôt rapprocher les choses, ni trop tôt conclure. Il faut saisir d'un coup d'oeil la véritable preuve de son discours et courir à la conclusion. Un esprit perçant fuit les épisodes et laisse aux écrivains médiocres le soin de s'arrêter à cueillir toutes les fleurs qui se trouvent sur le chemin» (maxime CCXIII). L'esprit n'atteint au grand que par saillies, passant de la sorte sans gradation d'une idée à une autre qui peut s'y allier. Il saisit les rapports des choses les plus éloignées. Mais «les hommes frivoles ont besoin de temps pour suivre ces grandes démarches de la réflexion, ils sont dans une espèce d'impuissance» (Introduction, livre I). C'est qu'en effet il n'y a guère d'esprits capables d'embrasser à la fois toutes les faces d'un même objet: c'est là la source la plus ordinaire des erreurs des hommes. Vauvenargues emprunte à Crouzas (Traité du beau, 1715), cette définition du génie comme puissance synoptique. Le génie tient moins aux facultés intellectuelles qu'à la force de l'âme, du coeur. Et réciproquement, ce que l'esprit ne pénètre qu'avec peine ne va pas souvent jusqu'au coeur. Finalement, l'esprit cherche à se saisir lui-même à travers la visée esthétique, dans la manifestation de sa puissance. On retrouve ainsi cette idée leibnizienne que toute joie esthétique se fonde sur une élévation de l'être, le plaisir de ce sentiment pouvant bien l'emporter sur l'aversion qu'inspire l'objet, comme en témoigne ce fragment au ton déjà très rousseauiste (voir le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité): «La vue d'un animal malade, le gémissement d'un cerf poursuivi dans les bois par les chasseurs, l'aspect d'un arbre penché vers la terre et traînant ses rameaux dans la poussière, les ruines méprisées d'un vieux bâtiment, la pâleur d'une fleur qui tombe et qui se flétrit, enfin toutes les images du malheur des hommes réveillent la pitié d'une âme tendre, contristent le coeur, et plongent le coeur dans une rêverie attendrissante.»

 

 

 

«Les choses ne font d'impression sur nous que selon la proportion qu'elles ont avec notre esprit. Tout ce qui est hors de notre sphère nous échappe.» Pour Vauvenargues, le moi n'est pas un théâtre d'idées; il est leur source même, toujours déjà engagé dans un rapport au monde. Il n'est pas continuité de fait, mais de volonté, et l'élargissement de son expérience, qui culmine dans la possession de l'être par l'être, dans la participation au rythme du monde, est, en un sens romantique déjà, action. «Le feu, l'air, l'esprit, la lumière, tout vit par l'action. De là la communication et l'alliance de tous les êtres. De là l'unité et l'harmonie dans l'univers. Cependant, cette loi de la nature si féconde, nous trouvons que c'est un vice dans l'homme. Et parce qu'il est obligé d'y obéir, ne pouvant subsister dans le repos, nous concluons qu'il est hors de sa place» (maxime CXCVIII). Vauvenargues, aristocrate ambitieux et déçu, lancé non sans donquichottisme dans la carrière des armes, annonce clairement cette vision de l'action comme réalisation et affirmation de soi dans le dépassement de soi que consacrera la philosophie romantique.

 

L'homme s'identifie avec son univers mental et sa nature profonde repose en ses passions. Le cogito est la conscience d'une force positive en laquelle on se reconnaît conforme aux lois qui régissent l'existence universelle. Pour Vauvenargues, comme pour Wolff (Psychologia rationalis), le phénomène primitif de l'âme est non pas dans un pâtir (l'impression subie) mais dans l'action. Contre une psychologie des facultés, il faut saisir les directions et expressions divergentes de l'âme comme liées à une seule puissance active qui est force de représentation, génie propre. Le sujet n'est pas en face de l'objet, coupé de lui et devant réformer sa vision pour se soumettre à son ordre: «C'est dans notre propre esprit et non dans les objets extérieurs que nous apercevons la plupart des choses. Les sots ne connaissent presque rien parce qu'ils sont vides, et que leur coeur est étroit; mais les grandes âmes trouvent en elles-mêmes un grand nombre de choses extérieures [...], elles n'ont qu'à se replier sur elles-mêmes, et à feuilleter, si cela se peut dire, leurs propres pensées» (maxime 366). Vauvenargues en tire une doctrine des types d'esprits, doctrine forcément systématique si l'activité de l'esprit est elle-même essentiellement synthétique.

 

L'esprit, ainsi, ne sera pas décomposé en facultés mais décrit en différentes figures, en types, en degrés: «Les hommes ne sentent les choses qu'au degré de leur esprit, et ne peuvent aller plus loin» (fragment XII). L'esprit sera peint en mouvement, en situation, dans ses modalités d'investissement. On comprend ainsi l'intérêt tout particulier de Vauvenargues pour les saillies, le goût, le langage et l'éloquence ou encore pour la passion du jeu, ou pour l'amitié que l'on donne aux bêtes.

 

Contre une psychologie de l'impersonnalité, dépouillant le sujet du discours de son statut privilégié, Vauvenargues met le dynamisme du moi à l'honneur; en ceci, il annonce l'égotisme d'un Rousseau ou d'un Stendhal. Sa psychologie s'ouvre sur l'idée de personnalité sans en avoir le mot (Vauvenargues parle de «caractère»). L'ego est à la fois transcendantal _ condition de possibilité de son propre monde _ et génial, l'accent étant mis sur son originalité créatrice. C'est que l'unité de l'esprit n'est pas point de départ mais exception. C'est l'apanage de l'«esprit étendu», du génie, qui «consiste, en tout genre, à concevoir son objet plus vivement et plus complètement que personne» (maxime 422). La nature est spectacle et la saisie du phénomène comme tel est la pensée la plus profonde. Un préjugé nous fait croire que l'abstrait est d'un accès plus difficile que le concret. L'enjeu, en fait, est celui d'un «retour aux choses mêmes»: le romantisme est là, et avec lui ce que l'on nommera bientôt la phénoménologie (le mot fait son apparition avec Lambert dans son Neues Organon, 1764). S'impose le souci de saisir des phénomènes dans leur dynamisme propre: c'est ce que rend possible une vision attentive aux formes et aux qualités. Car «l'extérieur distingue tous les divers caractères aux yeux d'un esprit attentif», dit Vauvenargues; il faut voir au lieu d'analyser, en considérant que le phénomène tire ses formes de son propre fonds. Car «tout ce qui existe a de l'ordre», c'est-à-dire une certaine manière d'exister qui lui est aussi essentielle que son être même. Deux ans plus tard, dans le «Premier Discours» de l'Histoire naturelle, Buffon dira des choses très semblables.

 

La phénoménologie naïve de Vauvenargues découvre ainsi la nature comme compréhension et participation. Comprendre, en effet, c'est assumer toute la réalité de l'être et dans cette découverte, que Vauvenargues nomme «amour» ou «amour de l'être», la personnalité s'affirme et se crée. Cet amour conjoint le coeur et la réflexion, lie intellection et passion. Car «on ne s'élève point aux plus grandes vérités sans enthousiasme; le sang-froid discute et n'invente pas; il faut peut-être autant de feu que de justesse pour faire un véritable philosophe» (maxime 335). Le sentiment exprime cette spontanéité de l'âme et doit donc être très nettement distingué de la sensation comme deux modes totalement différents de la relation à l'objet. Le sentiment fait le monde à notre mesure.

 

L'évidence «pathique» est alors la vivante vérité. Son contraire est l'inauthenticité: le mot comme simple vêtement, la compréhension abstraite et désincarnée, le savoir mécanique. «La plupart des hommes honorent les lettres comme la religion et la vertu, c'est-à-dire comme une chose qu'ils ne peuvent ni connaître, ni pratiquer, ni aimer» (Introduction, II); «Faites remarquer une pensée dans un ouvrage, on vous répondra qu'elle n'est pas neuve; demandez alors si elle est vraie, vous verrez qu'on n'en saura rien» (maxime 341). Et encore: «Un ouvrage véritablement barbare, c'est un poème où l'on n'aperçoit que de l'art» (Essai sur quelques caractères).

 

En regard, l'herméneutique de Vauvenargues _ qui veut de la vraisemblance jusque dans les fables et affirme que toute fiction qui ne peint pas exactement la nature est insipide _, se prolonge dans une morale de la profusion, tout inspirée d'amour du réel et refusant la modération, laquelle «naît d'une espèce de médiocrité dans les désirs et de satisfaction dans les pensées». «Les sages se trompent en offrant la paix aux passions. Ils vantent la modération à ceux qui sont nés pour l'action et pour une vie agitée.» Il y a des vices qui n'excluent pas de grandes qualités. Il y a donc de grandes qualités qui s'éloignent de la vertu: «Je serai très surpris qu'une imagination forte et hardie ne fit pas commettre de très grandes fautes.» Mais «il faut permettre aux hommes de faire de grandes fautes contre eux-mêmes, pour éviter un plus grand mal: la servitude» (maxime CLXII). C'est le défaut d'ambition qui, chez les puissants par exemple, peut être la source des plus grands vices. Le goût de l'ordre et des règles, le désir de pureté, l'incapacité à supporter le réel dans son achèvement et son imperfection, la sévérité _ que Vauvenargues abomine par-dessus tout _, tout cela est l'indice d'un manque de vitalité, tout cela a sa source dans l'ignorance de la nature et donc dans l'étroitesse, l'impuissance du coeur. Il est difficile de ne pas penser à Nietzsche ici et en particulier à ces phrases de l'Avant-propos d'Ecce Homo: «Quelle dose de vérité un esprit sait-il supporter, sait-il risquer? Voilà qui, de plus en plus, devint pour moi le vrai critère des valeurs. L'erreur n'est pas aveuglement, l'erreur est lâcheté.»

 

Vauvenargues, pour qui «toutes les grandes pensées viennent du coeur» (maxime CXXVII), annonce le mouvement qui, après 1750, avec les Éléments de métaphysique tirés de l'expérience de l'abbé de Lignac notamment, va ramener au coeur. Si l'idée même est action, c'est-à-dire puissance d'affirmation, inséparable de la volonté qui la pose, sa force est dans le coeur, c'est-à-dire dans les passions. L'esprit n'est que l'oeil de l'âme (voir maxime CXLIX), les passions ont appris aux hommes la raison et il n'y a de solide esprit que celui qui prend sa source dans le coeur. De sorte que ceux qui ne sont ni assez faibles pour subir le joug de leurs idées ni assez forts pour l'imposer se rangent volontiers au pyrrhonisme (se justifie ainsi la méfiance de Vauvenargues envers le relativisme).

 

Mais l'originalité de Vauvenargues est surtout d'arriver à une toute nouvelle conception de l'esprit par la réhabilitation des passions: nous sommes nos passions, elles ne se distinguent pas de nous-mêmes. Elles participent de notre caractère. «Il y aurait de la folie à distinguer ses pensées ou ses sentiments de soi.» La nouveauté, ainsi, c'est qu'entre passion et raison on ne puisse plus choisir. L'homme n'est pas esprit d'une part et passion de l'autre, soumis comme tel aux dérèglements du corps. La raison n'est pas non plus rabaissée à l'étage des passions. Vauvenargues ne cherche pas, à l'instar d'un Condillac ou d'un Hume, le principe régulateur de l'esprit dans quelque chose de plus naturel, de plus intime que lui. S'il envisage la raison au risque des passions, c'est pour trouver leur commune unité, dans une conception élargie de l'esprit capable de rendre compte de toutes ses manifestations. Plus de cinquante ans plus tard, Jean Esquirol, l'un des grands fondateurs de la psychiatrie et du traitement de l'aliénation mentale, fera le même chemin (Des passions, 1805).

 

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Un élan vers l'indicible

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Silence dans la solitude.
Le corps sain qui ne bouge point,
L'esprit qui prend de l'altitude,
L'âme émoustillée le rejoint.

La raison est clouée au port,
La mémoire rendu inaudible.
A disparu l'ancien décor.
L'être vole vers l'indicible.

Se colore l'espace bleu
Se métamorphosant sans cesse,
Devenant parfois fabuleux,
Éclairé de vive allégresse.

Ce voyage transcendantal, 
Offert à l'être solitaire,
Qui redevient sentimental,
Est certainement salutaire.

5 juin 2016

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MÊME SI...

Même  si ce n'est qu' un point

Sur l'i du verbe aimer...

Non, ce n'est pas en vain

On peut le savourer.

Et si demain est gris...

Y a des coins de ciel bleu

Qui sont comme un défi

à être enfin heureux!

Même si la vie s'enfuit

Et les jours trop comptés...

Connaitre sous la pluie

Des minutes enchantées!

Et puis, complices et fous

Au milieu des tourments

Arriver à dire NOUS

Ce mot combien charmant!

J.G.

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Espérant de l'imaginaire

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À n'importe qui arrive n'importe quoi.
Des propos conduisant à différentes voies.
De longues élucubrations, aux fins d'instruire,

Des oeuvres fascinantes et d'autres à détruire.



Méditant sur ce qu'il reçoit, le déphasé
Surpris, confus, pense ne plus rien proposer.
Cependant sont en attente des solitaires
Espérant voir surgir la beauté légendaire.

Les poètes chantant engendrent une énergie
Qui mène en un ailleurs empli de fantaisie.
Des peintres, qui ont l'art de la facilité,
Combinent les couleurs de la félicité.

La toile sans limites que survolent les vents
Présente le savoir offert par les savants.
Ce qu'ils ont découvert défie l'imaginaire.
Du divin la nature est le dépositaire.

3 juin 2016

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F L O R A I S O N

De minces lilas verts éclose floraison

Seul un enfant pourrait traduire ce qu'il voit

Exprimer non traduire redire sans changer

La calme multitude uniforme des sons

Que font les rayons blancs du soleil qui se pose

Sur le geste lointain des charpentiers rieurs

Sur l'oiseau sur le pampre où se froissent les feuilles

Sur la clochette au loin sur les coups de marteau

poussière de soleil fleurs blanches vergers verts

Tout parle le silence est habité de voix

Et l'enfant nu logé dans le blason d'azur

Frappé des quatre éclats du soleil émeraude

Rêve au seul bien présent et à ces bêtes calmes

Qui se coulent sans bruit sous les feuillages mûrs

(extrait de "Poussière d'âme", éditions Chloé des Lys, 2009)

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Contemplation.

 

Je regarde tomber la pluie

 du grand ciel vert ;

c'est l'automne du firmament inanimé sur terre,

ce jour un peu trop gris que

j'écris tout en bleu.

Ce matin, dans un jardin, j'ai surpris

une rose blanche qui me semblait bien seule,

je m'en suis approchée juste pour la sentir ;

point de parfum encore n'émanait d'elle ;

elle sommeillait encore, point apprêtée

 mais fort belle, insouciante, toute donnée !

Les roses seraient-elles à jamais adolescentes ?

Nos deux féminités, dans un silence autarcique et ouaté,

se sont un peu touchées.

 

NINA

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Lettre de Joséphine à Pierre,

 

 

Le ciel est gris, les arbres sont sages,

immobiles, les oiseaux ont déserté l'anthracite

pour s'aventurer dans un petit square clos et vert,

ou les mains, les lèvres s'enlacent

jusqu'à ne plus pouvoir faire autre chose

que cela ; l'essentiel pour un temps un peu fou !

Elles existent en s'ouvrant, s'offrant, à  l'instar

des roses qui ne font qu'exister,

 réceptacles infinis de l'instant !

ça et là, un son de coquillages, presque un chant,

à deux stations de métro de la Seine :

L'enfance légère et bleue !

Et moi j'erre ici et là,

je viens de m'offrir le Prix Nobel

2014 de Patrick Modiano :

 Suis heureuse car éprise

de Paris et de vous.

D'une partie de vous, tue car secrète,

 je reçois un monde,

insufflateur d'écriture, de pluies chaudes

et d'ensoleillement, car partagé.

Pourquoi alors devrais-je rêver à un autre bonheur ?

La grisaille du ciel ce matin,

 à côté de tout cela, est d'une telle insignifiance !

Bel automne printanier.

Bien à vous.

NINA

 

 

 

 

 

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Mon très cher JGobert

Malgré ton absence, le fil du temps continue de se dérouler inlassablement. Il défile et poursuit son œuvre de manque. Je pense un peu moins à toi mais je ne veux pas faire de ce départ un deuil.  Depuis peu, ma vie se remplit d’autres particularités qui, au début, ne me paraissaient pas importantes mais qui, aujourd’hui, le sont devenues. Des petites choses qui remplissent ma vie de menus plaisirs simples, et de long silence. Le vide se comble doucement. J’entends toujours tes mots, tes bruits familiers dans une autre dimension, dans mes rêves de toi.  Je saisis les nouveaux sons de la vie avec appréhension, blessée de ton départ, de ton abandon.

J’ai longtemps pleuré d’être seule parmi tous les êtres qui m’entourent et qui me réconfortent. Éloignée de tous malgré moi mais avec un grand besoin de solitude pour oublier une tendresse qui me manque tant.

Depuis peu, de nouveaux projets s’éveillent dans mon âme et dans mon cœur. Mon ami, la vie se réveille, s’éveille avec un grand besoin de vivre malgré mon chagrin. Réaliser mes projets sans toi me paraissait impossible, irréalisable, voir utopique.  Aujourd’hui, cela devient possible.

Chaque matin me paraît plus doux même sans toi. J’en ai les larmes aux yeux. Je ne croyais plus revivre ces matins joyeux.

 J’ai accepté de partir loin d’ici. J’abandonne notre chez nous pour en créer un à moi. Cette existence est un nouveau départ. Mes projets vont enfin prendre vie et je vais m’y plonger pour les réaliser. Je te reste attachée malgré ces mois qui défilent sans toi. Tu seras le premier informé par pensée de cette destinée qui m’attend, délivrée de mes doutes, de mes craintes.

Je saute dans cet avion vers un avenir apaisé et plein de promesses. Accepter le temps qui reste et regarder le vivre sans toi. Un défi pour les printemps à venir.

 

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