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Il est sept heures. Un vent léger et frais s'introduit dans le salon. Un rayon de soleil franc et coupant déjà illumine d'un orange pâle les meules de paille jaunies en contre-bas dans la vallée. Les ouvriers municipaux en cette période de l'année commencent tôt leur journée, bricolent dans les fossés et semblent tuer le temps pour cesser leur calvaire à midi où plus rien ne sera plus possible. Même les chiens sont fatigués d'aboyer : c'est l'été . L'été dans le Sud, comme une lame tranchante découpe le jardin en profondes crevasses, assassine le vert des fruitiers qui pleurent des feuilles déjà jaunies et où quelques fruits deviennent alors visibles. L'été dans le Sud c'est une chaleur écrasante, asphyxiante, aux volets fermés l'après-midi ou près d'une rivière pour les plus chanceux ! L'été dans le Sud ce sont des vacanciers venus souffrir sur les grands axes, mourir dans les bouchons interminables, s'attabler à de fausses tables, recevoir de faux sourires, contempler des pierres et des plaques, s'allonger aux cancers des plages et rentrer aux brumes le teint hâlé fauchés comme les blés ! Le Sud c'est la fournaise des vacances, le désespoir des agriculteurs, les landes de pins et les incendies puis l'attente inquiète des orages comme le pardon violent de la nature.
Pensée du jour. 21/07/2020
Y en a fallu du temps
Et tellement de courage
Pour oublier des yeux
Enfin tourner la page...
Arrêter de rêver
Se battre avec la vie
Ne plus envisager
L'envie d'avoir envie...
Renaître peu à peu
Soleil de la tendresse!
Se sentir de mieux en mieux
Et que plus rien n'oppresse.
Y en a fallu du temps
Et tellement de courage
Pour oublier des yeux
Enfin tourner la page...
La vie à contretemps
Revenir en arrière...
Préférer le présent
Renier toute guerre!
Et se sentir au port
Tout au bout du tunnel
Refuser d'avoir tort
Non, rien n'est éternel!
Y en a fallu du temps
Et tellement de courage
Pour oublier des yeux
Enfin tourner la page...
J.G.
Divagations
Hier et demain n'est que rumeur qui gonfle comme une dune.
Mon rêve un langage dont je suis l'humble oracle.
Je ne suis que peu ou prou éloigné des grands chemins,
Dans une solitude agreste.
Mon cœur habite des siècles de frondaisons.
Le roman de mon âge s’attelle à l'horizon,
Dont l'étendue n'est multipliée que par le mouvant destin.
La lumière tient au temps et à l'espace d'un infini céleste.
La lente désagrégation me ramène à la poussière
Et en chaque sépulture je suis identifié à la terre.
Ô vous!
Prêtez-moi l'oreille, quelques ondes immortelles,
Comme des juges redoutables tamisent la cité éternelle.
Existe t'il un souffle dans la croissance des nombres
Qui nous augmente comme de simples miracles.
Existe t'il même, ne serait-ce qu' une seule pensée pour y répondre.
Notre vie est d'épines et de rosiers
Et notre cœur a fait son nid au creux du cerisier.
C'est un vieux visage que nos anciennes fortunes.
Avons nous relu le poème qui tisse la trame de notre destinée.
Seul quand le jour abdique, le penseur reste douloureusement incliné.
Sur les traces de « Femmes ayant marqué l’histoire de l’Algérie »
Dans cet ouvrage, l’auteur évoque de grandes personnalités féminines d’horizons et de secteurs d’activité divers, allant de Cléopâtre Séléné II jusqu’aux résistantes de la guerre de Libération nationale.
Le livre Femmes ayant marqué l’histoire de l’Algérie du professeur Mostéfa Khiati est inspiré de l’acte intitulé « Le rôle des femmes algériennes pendant la guerre d’Algérie », qui lui a été demandé par l’université de Cheonan à Séoul, où il était l’invité des festivités du centième anniversaire du mouvement d’indépendance de la Corée du Sud. Assuré de la faisabilité de la chose, le médecin-chercheur a dû vite modérer ses prétentions, eu égard à l’ardue tâche qui souffre de l’indigence en matière d’archives.
En effet, s’il lui était aisé d’aller sur les traces de nos résistantes de la guerre de Libération nationale, en revanche, l’itinéraire des femmes de l’antique Tamazgha[1] s’en trouve ardu, car aride de toute trace de témoignages. « Les annales coloniales privilégient la femme d’obédience chrétienne, donc de statut romain, et déshéritent l’autochtone de son algérianité », peut-on lire. Autre escale de recherche, l’antique Cirta[2], où le culte de déesse et de prêtresse est buriné dans la stèle « Himilce et une grande prêtresse, Arisat ».
Autrement, le livre de l’universitaire Mostéfa Khiati est l’almanach où sont inventoriées les femmes célèbres de l’Antiquité, à l’instar de la mythique reine de Cherchell[3], Cléopâtre Séléné II ou Cléopâtre VIII et la légende de la belle Salsa de Tipasa. On en arrive à notre reine-prêtresse berbère, la Kahena, de son vrai nom Dihia, et tout ce que la guerrière charrie de polémiques. Outre la Kahena, l’auteur évoque également la princesse Tin-Hinan, l’ancêtre originel des Touareg nobles du Hoggar. « Cet ouvrage les évoque aujourd’hui, d’une part, pour refléter la richesse de notre pays en femmes éternelles et, d’autre part, pour perpétuer leur mémoire. »
De ce point de vue, l’auteur s’est aidé de l’identification qu’a repérée Mme Benseddik au sujet des femmes berbères que l’histoire a occultées mais « qui ont occupé des positions importantes dans la hiérarchie sociale de leur époque ». Certes, il y a le livre El Bostan, ou le jardin biographique des saints et savants de Tlemcen, de Ibn Maryem Ech-Cherif El-Melity, mais il reste muet au sujet de sa mère « Maryem » qui était pourtant une femme de science, note l’auteur dans son introduction. Pour ce qui est de l’épisode de la Régence d’El-Djazaïr (Alger), il n’y a rien à puiser dans l’occupation ou la cohabitation d’avec les Ottomans, si ce n’est l’histoire à l’eau de rose de « Zaphira » que le diplomate Jacques Philippe Laugier de Tassy a romancée dans son livre Histoire du royaume d’Alger : un diplomate français à Alger en 1724.
Autre révélation, les femmes du M’zab (Ghardaïa) et l’organisation féministe ibadite de l’État rostomide (776-909), où la femme fréquentait assidûment les cours qui se prodiguaient à la mosquée : « Six au moins des dirigeants de cet État se faisaient appeler par le nom de leur mère. » Reste que l’ouvrage de type répertoire du professeur Mostéfa Khiati doit intégrer au plus vite l’école pour guider nos enfants vers nos mères courage d’horizons divers et de secteurs d’activité diversifiés.
Par Nourreddine LOUHAL
Extrait du journal Liberté du 13 juillet 2020
[1] Ancienne appellation de l’Afrique du Nord.
[2] Actuellement Constantine qu’est la capitale de l’Est algérien.
[3] Cherchell, dite autrefois Césarée de Maurétanie ou Caesarea, est une commune de la wilaya (Préfecture) de Tipasa qui fut l'une des plus importantes cités du littoral de l'Afrique du Nord.
Aquarelle : Ciel de Bretagne, de Liliane magotte
Pour toi
je pousserai le vent
et le ciel
te racontera
en éclats de tendresse
d’infinies tonalités
de bleu
Poème : Je pousserai le vent, de Martine Rouhart
George Floyd: "Je t'aime maman"
Que ce soit en cuisine, jouant avec la pâte
Ou, le pinceau frondeur interpellant la toile!
Encore… serrant la plume sur feuille qui s'éclate
Ou, cherchant la douceur en déchirant les voiles...
Habiles et maladroites, par le temps abîmées
Elles forcent le respect étant toujours soignées!
Tes mains que je regarde les pupilles incrédules
De les trouver si lasse au seuil du crépuscule...
J.G.
J’ai un oiseau
dans la tête
qui comble
les heures vides
les ravins indicibles
En chantant tout bas
il me donne
son ardeur à vivre
...............................
Martine Rouhart
Le chant des chants
Une analyse pointue de ce texte extraordinaire et majeur
(Lecture: 1h 17min.)
L’auteur de la trilogie du billet vert, le « Dollar » le maestro Ennio Morricone (1928- 2020) s’est éteint à Rome où le chef d'orchestre italien repose désormais pour l’éternité dans la ville éternelle. Il s’en va rejoindre son ami, le défunt réalisateur et scénariste Sergio Leone (1929-1989), pour lequel Ennio Morricone a composé les musiques des films : « Pour une poignée de dollars » (1964), « Et pour quelques dollars de plus » (1965) et « Le Bon, la Brute et le Truand » (1966) qui a mis en selle l’acteur Clint Eastwood.
Pour le souvenir, Sergio Léone a légué à la postérité le style « western spaghetti », qui faisaient trémousser les cinéphiles d’Alger à la sortie d’une projection cinématographique. Mieux, Ennio Morricone a rehaussé l’aura du film « La bataille d’Alger » (1966) de feu Gillo Pontecorvo (1919-2006) pour lequel il a composé la musique de ce chef d’œuvre «La Battaglia di Algeri, » qui a été primé du « Lion d’or » à La Mostra de Venise en 1966. Ironie du sort ou est-ce le hasard d’un calendrier morbide, Ennio Morricone est mort au lendemain du 5 juillet 2020 soit durant ce 58e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962.
Bien sur qu’il a d’autres œuvres au bout de sa baguette de chef d’orchestre, dont l’inégalable «Il était une fois la révolution » (1971) de Sergio Leone, puis la chanson « Here's to you » (1971) de Joan Baez qu’il a arrangé pour qu’elle soit la bande originale du film « Sacco et Vanzetti « de Giuliano Montaldo. Adieu l’artiste ! Repose en paix sous ton étoile que tu as obtenue ce 26 février 2016 sur le Hollywood Walk of Fame (2 574e étoile). Qu’il gît aussi sur ses lauriers où il y’a également sa couronne de l’Oscar d'honneur pour son œuvre à l'art de la musique de film. Pour ma part et en guise d’un hommage prémonitoire ? J’ai consacré à l’artiste, un chapitre dans mon livre « Sauvons nos salles de cinéma Acte II » aux éditions Aframed 2019. Alger, Louhal Nourreddine, le 6 juillet 2020.
Il est important et nécessaire de redonner des frontières aux individus car une liberté débridée n'a jamais fait le bonheur de quiconque.Laissons nous tout faire à nos enfants ? Le constat est forcément alarmant. A chaque jour sa nouvelle destructive, handicapante, angoissante, héritée des errements de l'humanité. Une humanité qui se cherche et qui a cru en déverrouillant les frontières géographiques, intellectuelles, physiques, culturelles que cela serait la solution au bonheur; Au bonheur de qui ? Même si l'on nous affirme que la pauvreté, par exemple, a reculé, le sentiment qui en découle est que cette affirmation reste en contradiction avec la réalité vraie. Le déverrouillage n'a que des effets néfastes même s'il ne s'agit nullement de cesser les échanges et de se claquemurer dans des peurs. Les frontières sont nécessaires.Elles donnent le sentiment à chacun d'un chez-soi, gardé avec attention et qu'un franchissement sans raison peut être sanctionné. D'où une liberté davantage contrôlée par la frontière apportant la sécurité des populations et n'enlevant en rien au plaisir des rencontres.
C'est l'abus qui nuit en tout et nous en sommes aux portes. Le déverrouillage a conduit aux crises identitaires que nous voyons se développer, aux crises sanitaires mondiales, aux actes terribles d'invasions de toutes sortes dues à la délocalisation des richesses des territoires. S'enrichir plus dans la crainte de manquer et par la force s'il le faut.Délocaliser le travail etc... Cette cacophonie où plus personne ne sait à quel saint se vouer vient de ce trop de liberté qui serait le remède à la paix et l'amour durable. Mais comme à chaque fois, à chaque constat les choses changeront, soyons en sûrs. Le mot transition est souvent évoqué. Ne s'agirait-il pas plutôt de récession, de retour à la maison après un voyage initiatique tempétueux et hasardeux ?
Pensée du jour, 11/07/2020
Au sein
de notre jardin
nous allons bien
il y fait sain
Au creux
de notre nous deux
sommes radieux
comme des demi-dieux
En plein
dans le confin
resterons sereins
même sans vaccin
Ils furent mis en vedette pour la qualité de leurs communications sur le réseau.
L'homme est comme l'iceberg, plus grand qu'il ne paraît.
Je raconte mon histoire, je palabre
La vague
Je pense à ma barbare enfance, à l’amertume de l’été, à cet air vide de tout appelant la solitude.
Je pense à l’épine du hasard.
Je pense à toutes les mères!! Et je pense à cet intérieur qui me nourrit comme étant le chemin de l’autre!!!
Je dédie ce poème à ma mère!!!
Le soir sur la dune, l’océan ouvert à l’infranchissable horizon
Je m’amuse au sable fin et à la dérision.
Je regarde la vague devenir gouffre
Sa bouche est béante et tout l'univers s'y engouffre.
Tandis que là haut
La lune rieuse se gonfle comme un gros sein tout rond.
Et pleure au ruisseau et sur la plaine des moissons.
Je ferme les yeux et la nuit me nourrit du passé
Un fleuve sans retour alimente d’innombrables fossés.
A mes pieds ensablés, sombre comme un vin de messe
La mer roule sa vague épaisse
Gorgée d’une éternité noire;
C’est une bouche affamée dévoreuse de mémoire.
La vague avance, aveugle au temps qui passe
Et jour après jour pèse davantage.
Nous allons de concert en petits bavardages
Anonymes, dans un temps long, quelque chose qui nous dépasse.
La vague est comme les larmes d’une mère
Tissées de tourments
Échappée des abîmes: Debout !!
Allez!! La vague, une lame de fond,
Échappée au sommeil du temps.
Elle est de révolte, elle submerge.
Parmi la plus forte, la plus féconde,
Comme le secret qui la créa.
Elle va et vient sans repos et sans berge
Rien ne peut la contenir.
Avez-vous déjà été aimé avant ?
Avant que tout ne soit qu' un vague souvenir
Maintenant, elle est d’ eau profonde
Elle se multiplie et passe au trou de la terre!!
Le lâche s’assiéra sur la gréve,
Je dois dire sa traîtrise envers vous,
L ‘ impuissante pleurera de tristesse,
Et le vrai juste la trouvera.
Pour avoir osé son immortel rêve.
Il veut par son amour l’arrêter
Mais elle ne revient pas,
Elle est d’eau à sa dernière demeur'
La vague est un fracas au milieu de la mer.
Et quand elle va à la fin, .. elle meurt.
LES MIETTES DU POÈME de Jean Lavoué
Magnifique poème et quelque peu troublant
Qu'est-ce qui va surgir aujourd'hui
Que tu n'aies jamais vu
Quelles fleurs du soleil
Fêteront ton chemin
Quelle feuille en tombant
Ranimera l'été
............
Qu'est-ce qui va surgir aujourd'hui?
....
Quel cataclysme, quel incurable ennui.
Peut-être et sans doute un dieu au visage inédit
Qui nous rendra notre liberté perdue.
Le monde moderne fait de nous les orphelins du sacré.
Ô dormeurs, ô cerveaux chloroformés,
Nous rassemblerons nos corps dans les vestiges du passé.
Une autre lumière, jaillie du soleil nous trace un chemin inattendu.
Dans un champs de haut ciel, de vaste espace
La rencontre, une autre vision prend place
C'est une eau vive qui rend témoignage,
Les mots sans correctif prennent la forme des images
Ici, oeuvre l'arbre et ses racines. Ne le taille pas en croix.
L'esclave orgueilleux
Pense: Nous ne sommes pas devenus heureux
Nous n'avons plus beaucoup de folies à commettre
Nous les affamés du lucre, avons-nous encore quelques billets à émettre
Au-delà de l'agitation sans règles, au delà de tout pragmatisme,
Nous avons besoin d'un nouvel humanisme.