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12273349882?profile=originalLapidaire

L’œil, la main, le lapidaire

(L’Art et la Matière)

Lapidaire, ca 1920, Allemagne (Idar-Oberstein ?, C.P.A.).

Intelligence de la matière et cœur de pierre

Où l’on verra que cela n’a rien de péjoratif…

 

« La promesse au tréfonds du caillou dessine en riant le ciel. »,

Jean-Pierre Luminet

 

Ce billet constitue le pendant du précédent, « L’œil, la main, le lapidaire » ( https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-il-la-main-le-lapidaire-l-art-et-la-mati-re ), dans lequel des explications complémentaires seront données sur les gemmes utilisées et l’art du tailleur de pierres, le tout agrémenté bien sûr de nouvelles illustrations.

Il y a tant d’histoires à raconter…

 

12273350461?profile=originalL’œil du maître

Aux yeux perçants d’une agate il faut le regard pénétrant du lapidaire… agate œillée ou niccolo (1,8 x 1,3cm ; Indonésie).

 

 

12273351259?profile=originalBouchon de flacon à tabac (Chine, XVIIIe ou XIXe s.) sculpté dans l’améthyste figurant un crapaud posé sur une fleur de lotus, le tout sur 23mm x 15mm ! Dire qu’en gemmologie un « crapaud » est un défaut dans une pierre précieuse !

 

12273351854?profile=originalLe travail des agates d’après le Journal d’un voyage de Cosimo Alessandro Collini (1776)

Le travail des agates à Idar-Oberstein, capitale européenne de la taille des pierres dures, exigeait la collaboration de quatre corps de métiers.

Les mineurs (achat-grübern) qui extraient l’agate des montagnes du Palatinat rhénan. Les tailleurs (achat-schleiffern) qui, penchés sur leurs meules, polissent la pierre. Les foreurs (achat-bohrern) qui percent et façonnent des ébauches que les maîtres-lapidaires parachèveront.

Sur l’illustration on notera :

En bas, à gauche, la meule de grès alimentée en eau ; au centre, le lapidaire couché en position de travail allongé sur son banc (kürass) ; à droite, détail du banc de travail.

Au centre, un touret à polir.

En haut, différents dispositifs pour percer, creuser ou polir au XVIIIe siècle.

 

 

12273352096?profile=originalYin-Yang

 Le grand commencement originel

Yin et yang dansant dans une agate (Indonésie). La glace et le feu, l’ombre et la lumière, le vide et le plein… effet obtenu d’un geste délié.

 

« Le Tao engendre l’Un

L’Un engendre le Deux

Le Deux engendre le Trois

Le Trois donna naissance aux Dix Mille Êtres

Les Dix Mille Êtres s’adossent au Yin

et serrent sur leur poitrine le Yang

L’harmonie naît au vide des souffles médians. »*

Lao Tseu

Pensée complexe dont j’essaie de suivre les méandres.

 

12273352663?profile=originalLa croix et la manière

Une croix se dessine et flotte telle une apparition dans l’agate (Indonésie).

Le lapidaire comme le photographe ou le peintre saisit l’image et de sa main l’impose à l’esprit.

 

12273352870?profile=originalLa montagne de la croix sacrée

Huile sur toile, 1875 (détail)

Thomas Moran (1837-1926)

Mount of the Holy Cross (Colorado) qu’avait photographié pour la première fois en 1873 William Henry Jackson (1843-1942).

Les deux artistes accompagnaient la mission géologique de Ferdinand Vandeveer Hayden (1829-1887) de 1871. Ces trois-là furent à l’origine de la création du premier parc national, celui du Yellowstone.

Art et géologie se recoupent.

 

 

12273353459?profile=originalFigure taillée en bas-relief comme pour un camée dans une moldavite.

La moldavite (de la Moldau pour les Allemands, ou Vlatvite, de la Vlatva pour les Tchèques) est une tectite (ou impactite), c’est-à-dire un verre d’impact dû à la chute d’un bolide de grande taille sur la Terre il y a 15 millions d’années.

Le travail du lapidaire est remarquable de finesse, jouant de la couleur, de la transparence, de l’épaisseur de la pierre pour modeler un visage empreint de noblesse. Bel exemple de glyptique.

 

12273353687?profile=originalMoldavite (ou vlatvite) de Bohème (République tchèque)

telle que le ciel et la terre nous l’ont donnée ! brute !

Cette pierre, quasi extra-terrestre, sans être une météorite mais le résultat de son impact, un métamorphisme de choc, se trouve en Bohème (région de České Budějovice), alors que l’astroblème (le Nördlinger Ries en Bavière) d’où elle a été éjectée se situe en Allemagne à 300 kms !

 

12273354076?profile=original« Monument Valley » 

Agate paysage du Brésil, taillée à Idar-Oberstein en Allemagne. Vision panoramique, profondeur de champ, dans un technicolor éblouissant, on se projette dans un film de John Ford. Les vastes étendues entre Arizona et Utah, tout ça dans moins d’un millimètre d’épaisseur et dans la dimension d’une vignette (4 x 2,8cm).

 

« C’est un miroir merveilleux qui, à un moment donné,

a reçu l’empreinte et reflété l’image d’un grand spectacle…

la vitrification de notre planète. »,

George Sand

 

12273354459?profile=original« La mare au diable »

 Agate paysage (Inde). Des inclusions d’oxydes et d’hydroxydes de fer et manganèse forment ce paysage fantasmé. Ce « dessin » (2,2 x 2cm) est produit de façon naturelle par la croissance fractale d’oxydes. La nature n’a pas de dessein, mais l’homme par son intention révèle l’œuvre. George Sand appréciait tout particulièrement les dendrites. A sa mémoire, c’est donc à un voyage au cœur du cristal que je vous invite ici.

 

12273354875?profile=originalPetite coupe en agate mousse (Inde)

La ‘mousse’ est due à des inclusions de chlorite, un silicate.

Travail particulièrement délicat qui montre toute l’habileté du lapidaire.

 

 

Photos coll. M. L.

 

* Le Tao-tö king, dont cette citation est extraite  est un texte bien obscur pour nous, sujet à controverse. Me référant notamment à François Cheng, il peut s’interpréter ainsi : « Le Vide originel engendre le Souffle originel qui engendre les souffles vitaux, les principes complémentaires du Yin et du Yang s’associent au vide médian faisant naître l’ensemble de la Création. »

 

Notes :

  • Toutes les pierres présentées sont entièrement naturelles, sans traitement (ni colorées artificiellement, ni traitées thermiquement), si ce n’est la taille et le polissage. La nature dans ce qu’elle a de plus beau et de plus secret. Si vous voulez en savoir davantage reportez-vous à la note suivante.
  • Calcédoine, agate, cornaline sont en fait synonymes. On parlera d’agate pour des calcédoines colorées et rubanées (le terme de calcédoine étant souvent réservé pour les couleurs grise ou bleue, de cornaline pour une pierre d’un rouge-orangé, alors que la sardoine est brun-rouge, d’onyx pour une alternance de couches blanches et noires, chrysoprase pour la calcédoine verte… Finalement ce n’est qu’un code de couleurs pour une même matière, un quartz microcristallin. Si l’agate est translucide, le lapidaire doit se montrer extralucide. Connaissance, clairvoyance, il est en intelligence avec la matière. Quant au jaspe c’est un quartz microcristallin opaque associé à d’autres minéraux, des oxydes de fer notamment, qui lui donnent des couleurs souvent vives et variées comme dans l’héliotrope, ou jaspe sanguin, vert moucheté de rouge, ou le plasma, vert tacheté de jaune, la lydienne, charbonneuse, noire... C’est la pierre de touche des orfèvres. Des minéraux à aspect amorphe, de même composition (SiO2) et de même dureté (7) que le quartz qui cristallise dans le système rhomboédrique, formant des prismes hexagonaux avec une terminaison sommitale en pyramide à six cotés.

« Les pierres sont des maîtres muets »,

Johann Wolfgang von Goethe

Chaque pierre a son histoire sans paroles…

… il faut savoir écouter, le lapidaire est volubile.

Sur cet oxymore j’ajouterai que la goethite a été dédiée à Goethe (1749-1832) et que cet oxyde de fer se trouve souvent en fines inclusions. Dendrites et inclusions, tout un monde en soi que j’espère vous faire découvrir un jour…

 

Notes et légendes Lansardière Michel

  

 

12273355865?profile=originalLapidaires et leurs tours à archet

“ Grinding gems –garnets, rubies, sapphires and moonstones,

at Ratnapora, Ceylon “

 (« Le meulage des gemmes-grenats, rubis, saphirs et pierres de lune à Ratnapura », Sri Lanka, ca 1910).

Petits métiers d’art du coin de la rue…

Le procédé est archaïque, mais le résultat obtenu souvent spectaculaire.

 

Lien : "Le luxe, le goût, la science..." Neuber, orfèvre minéralogiste à la Cour de Saxe.

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/exposition-le-luxe-le-go-t-la-science-neuber-orf-vre-min

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Le fou, le sage et le comédien


Il en vint à se croiser trois individus

Qui venaient de trois mondes bien différents :
Un fou, un sage et un comédien fort convaincus
D'être sur le bon chemin les conduisant !

Voilà le chemin du sage s'adressant au fou :

-" En voilà un qui part en guerre tout affublé !
Qui te gène donc que tu portes des armes,
Un clairon, un drapeau au vent agité
Et ta chanson qui me sort des larmes ? "

-" Eh bien ne vois-tu pas Ö sage aveugle le danger ?
Tes paroles vont-elles arrêter les armées,
Celles qui se préparent à nous ruiner ?
Alors je sonne l'alarme aux courageuses assemblées ! "

Quant au comédien tout sourire s'en allant de village en village,
Jouant tantôt le fou tantôt le sage,
Récitant des textes pour la circonstance,
Il agite des émois comme des drapeaux de tendre enfance !

Les voilà repartis, bien certains, chacun dans sa direction,
Prêchant aux foules leurs intimes sentiments.
Et à la question qui a tort qui a raison 
Y voir que la vérité est au milieu bien souvent !

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administrateur partenariats

"Ventôse"

Liliane Magotte


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Sous les toits

Habitent l'hiver ceux qui se dédient aux vents

Asile d'étoiles sous l'écorce du gel et du givre
l'haleine hésite ou frisonne dans l'étroit courtil
le chemin doute mais par l'écho qui appelle
le fugitif trouve terre de refuge et droit de gîte

le temps mûri porte moisson
ces fruits de semailles
qui meurent en naissant

 Patrick Hellin 

Un partenariat

Arts

Lettres

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"Raconte-moi ton quartier" Porte de Namur le 02 octobre

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Venez rêver et découvrir des contes inspirés

de paroles du quartier !

 

Des conteurs se sont baladés, ils ont collecté la parole des habitants et  s’en sont inspirés pour écrire des contes, des histoires dont le souhait est de mettre en résonance la poésie du quartier. Venez les écouter, elles ne demandent qu’à être découvertes !

 

Des recueils des « Contes de quartier » seront distribués en souvenir et un souffle de rumba congolaise apportera sa musique au chant des mots.

Rendez-vous à l’événement

“RACONTE-MOI TON QUARTIER PORTE DE NAMUR”

vendredi 02 octobre à 18h30 à La Bibliothèque d’Ixelles,

rue Mercelis 19.

Il y aura de quoi grignoter.

 

                                                                 Bienvenue à tous !!

 

 

 

Les inscriptions sont obligatoires à l’adresse e-mail : elisabeth.mertens@arc-culture.be - confirmation de votre participation par retour du courrier.

Plus d’informations : www.arc-culture.be -02/219 68 88 ou biblioxl.be

 

Cet événement est compatible avec les normes transmises par le Conseil National de Sécurité (CNS) - Merci de vous munir de votre masque !

 

«Un projet ARC - Conte en Balade avec le soutien de Monsieur Christos Doulkeridis, Bourgmestre, de Monsieur Ken Ndiaye, Echevin de la Culture et des membres du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Commune d’Ixelles »

 

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Daniel Bastié : Edgar Allan Poe revisité par le cinéma de Roger Corman

Malgré des efforts répétés, le septième art a rarement bénéficié à Poe, n’ajoutant peu ou prou de lustre à sa réputation d’enfant terrible et de chrétien non pratiquant, perverti par des addictions dangereuses. A sa manière, Roger Corman a enclavé l’écrivain dans une série de poncifs pour engendrer des chocs visuels, passant de personnages décadents à la matérialisation d’angoisses métaphysiques, sans omettre le motif iconique du chat noir. D’une façon réductrice, on peut également retenir que le cinéaste a joué avec le thème de la culpabilité pour justifier les agissements de ses protagonistes, ramenant du coup le récit à un niveau de compréhension beaucoup plus accessible que l’apparition de Morella ou de Ligeia dont on-ne-sait-pas-trop-où ?

 

Avec son cycle de sept longs métrages, Roger Corman s’est targué de devenir l’ambassadeur de l’écrivain et il est vrai qu’il a réussi à sceller d’une pierre blanche le souvenir de ce dernier dans la mémoire collective, en poussant le public à découvrir chacune de ses réalisations et à attendre la suivante. Ni mieux réalisés ni moins bien mis en chantier que la production ordinaire des sixties, « La chute de la maison Usher », « La chambre des tortures », « L’enterré vivant », « L’empire de la terreur », « Le corbeau », « Le masque de la Mort rouge » et « La tombe de Ligeia » s’inscrivent dans le circuit commercial, ayant tout un temps réussi à épouser les attentes des spectateurs avant de resserrer son périmètre. Au demeurant, des longs métrages qu’on revoit avec nostalgie. Ah, le cinéma de papa !

Editions Ménadès - 238 pages

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REGARD...

Un ciel d'un gris souris... de nuages diffus...

çà et là une touche de lumière, un sourire.

Un ciel à l'image de ce présent, tellement nu...

Baigné dans l'espérance qui ne veut pas finir!

Chercher toujours la force qui diffuse la vie

Qui, tantôt lointaine se fait bientôt si proche!

Dans le néant trouver ce reste d'énergie...

L'envie d'avoir envie ancrée dans la caboche!

J.G..

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L’œil, la main, le lapidaire

(L’Art et la Matière)

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L’œil appréhende, examine, perce, envisage
Dans l’inerte, le brut, la trace de quelque visage
Pierre roulée amasse dendrites, inclusions, formes
Mémoire des temps immémoriaux, informes.

12273353861?profile=originalDevant l’innommable, l’inconnu, l’étrange
La main soupèse, évalue, espère et tranche
La tête sur le billot, la silhouette, le paysage
Certains voient dans cette révélation un présage.
12273353875?profile=originalDans l’ombre de l’atelier le lapidaire est un expert
Hasard ou intuition, heuristique et probabilité
Il discerne, interprète, modèle l’objet à façonner
Qui sans lui ne serait que galet, caillou sans vie.
12273354267?profile=originalEn la matière, sa savante lecture des pierres
Taille, clivage, sciage, polissage et manière
Mettent en lumière et offrent à l’imaginaire
Du cristal inanimé, son âme, ses mystères.

12273354660?profile=originalArtiste obscur, artisan habile et téméraire
Devin, maïeuticien d’une réalité augmentée
Pour nos sens à jamais émerveillés, ravis
De ce tour d’où jaillit l’étincelle, l’esprit.

Michel Lansardière
(photos coll. M. L.)

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Si vous voulez tout savoir sur les pierres présentées en interlignes tels des culs-de-lampe historiés et le travail du lapidaire, je vous convie à lire le billet suivant :

« Voyage au cœur du cristal »

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/voyage-au-c-ur-du-cri...

12273355292?profile=original

12273355076?profile=originalJe dédie ce poème aux artisans d’art, et plus particulièrement à mon grand-père.

Penché sur son banc de finition, cette photo ancienne d’un lapidaire allemand me le rappelle.

Mêmes gestes, même attitude, même silhouette, même amour du travail bien fait, même air bienveillant. Flamand (de Lede), il fit la guerre de 14-18, qui le rendit antimilitariste, s’installa et se maria en France.

Il m’éleva avec ma grand-mère jusqu’à son décès en 1966. Il était artisan-bottier.

Il s’appelait Petrus Flonius Bijl (Pierre Byl pour l’état civil français, mais il resta Belge jusqu’au bout),

ma grand-mère l’appelait Floni.

Je pense souvent à lui.

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administrateur théâtres

Chronique d’une onde de choc. Tout comme le hashtag #Metoo qui depuis 2017 révolutionne les esprits, le spectacle "ACCUSE,E " se veut être un électrochoc pour secouer notre société de son indifférence face au viol, une offense capitale. Afin de cesser de mettre systématiquement en doute la parole des femmes, pour dénoncer les prédateurs, pour faire cesser l’impunité des agresseurs.

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Écrite par Clémence Baron, la pièce a tous les accents d’une histoire vraie. Monsieur Valeur, ancien copain de classe, offre un verre à Mademoiselle Leduc. Alexis Hubert, parfait comédien, c'est  le beau gosse qui joue Gaspard Valeur! Avec des copains, il la kidnappe et la viole après l’avoir droguée. Elle n’a, vu son état de souffrance et d’abrutissement, pas la possibilité d’exprimer son refus de la relation sexuelle. La drogue, les coups ne lui ont pas laissé le temps de dire non. Elle est dans un état de sidération total, affaiblie par la violence déchaînée sur elle.

Après l’aveu difficile à sa mère, ses parents saisissent la justice car la jeune-fille a 17 ans. Le calvaire qui s’en suit , jusqu’à la fin du procès en assises, est une descente aux enfers qui dure cinq ans, pendant que le présumé coupable a tout le temps de préparer pour sa défense un portrait parfait de son avantageuse personne, lui, un fils de bonne famille. Louise est moquée sur les réseaux sociaux, sa santé et ses études sont compromises. Elle touche le fond du désespoir. Toute la vie de la famille est bouleversée, celle-ci ne fait plus que survivre péniblement tandis que de nouveaux malheurs s’accumulent. Louise aurait préféré mourir cette nuit-là!

"Cette nuit là, ils m'ont volé quelque chose.Cette nuit là, je suis morte en continuant à vivre."

Le spectateur peut se voir dans la position d’un membre du jury d’assises. L’écriture relate bien sûr le point de vue de la victime, le violeur est vu par ses yeux. Elle consigne l’argumentation révoltante de l’avocat du violeur, ce qui remplit le spectateur de juste colère. En dépit de la prise de parole de cinq autres comédiens dont le jeu reflète bien l’atmosphère étouffante du procès d’assises, on garde les yeux plongés dans le yeux magnifiques de la comédienne, Clémence Baron,  qui joue le rôle de la victime. Plus l’action se développe, plus la lumière inonde son visage, est-ce l’œuvre de la résilience? L’œuvre de la thérapie par le verbe? La parole, revenue, on sent circuler une empathie palpable. Ah quelle excellente comédienne! Et quelle impeccable diction. On se met à regretter, à tort bien sûr, que la loi protectrice des citoyens dans un état de droit fasse que la victime soit déboutée quand elle ne dispose pas de preuves concrètes de la culpabilité de son agresseur. Pourtant Il s’agit bien de la survie de la victime dont la personnalité a été avilie versus le risque de laisser un coupable en liberté et de priver la victime d’une honorable réparation! Mais qui peut risquer d’établir un jugement qui mettrait un innocent en prison, sur des convictions non appuyées par des preuves tangibles? On ne peut pas verser dans l’émotionnel. Pas étonnant dès lors que les jurés détournent les yeux de la victime qui réclame le droit d’exister.

L’image contient peut-être : 2 personnes, dont Clémence Baron, nuit et intérieur

Dénoncer les actes répréhensibles, mettre aussi le spectateur devant les imperfections de notre justice, devant cette justice parfois à plusieurs vitesses, dénoncer cette blague cynique d’éligibilité au viol. Rendre la vie à une victime avérée, sa dignité, sa lumière. Lui rendre sa personnalité. La débarrasser de l’inévitable sentiment de culpabilité. Voilà les électrochocs que véhicule cette pièce étonnante jouée au théâtre de la Clarencière. Le lieu est petit mais l’émotion est grande et la révolte gronde...

En 2019 , à Saint-Nazaire, une victime de viol classé sans suite au motif d’une absence d’infraction s’est fait attaquer en diffamation. Rien n’est gagné.

Dominique-Hélène Lemaire

L’image contient peut-être : 8 personnes, personnes debout, nuit et costume

Très belle distribution avec : BRIEUC DUMONT, PSYCHIATRE EXPERT, POLICIER, AVOCAT GENERAL, ROMANE SAVOIE, LA PRESIDENTE, COLIN DOUCET, ADAM, ALEXIS HUBERT, GASPARD VALEUR, MATHILDE TOUBEAU, LA MERE (SYLVIANNE LEDUC), CLEMENCE BARON LOUISE LEDUC

Mise en scène : CLEMENT BAAL ET LUCAS BISCOMBE, Photos : Diana Vos

Du 10 au 19 septembre 2020 au théâtre de La Clarencière Rue du Belvédère, 20 1050 Ixelles http://www.laclarenciere.be fabienne.govaerts@skynet.be
+32 2 640 46 76

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Renaître un jour

Préface par Jean Olivier

Auteur du livre « A la recherche de sens : 200 noms de dieux », éditions « edipro ». Cet ouvrage constitue une analyse pertinente de l’émission produite et réalisée pour la RTBF par Edmond Blattchen et Jacques Dochamps entre 1992 et 2015.

 

Vous avez dans les mains un ouvrage qui va vous surprendre. Un roman écrit par un poète : un vrai.

Un auteur amoureux d’un vocabulaire maturé, avec le rythme de phrases « musicales » qui procurent cette essence si particulière au goût des belles images, pour décrire un village, ses habitants, leurs relations familiales, amicales, amoureuses, leurs conflits, leurs chagrins, leurs espoirs.

Ils sont à peine sortis du dernier conflit mondial et apprennent à revivre dans le contexte d’une renaissance propre aux années 60-70.

C’est aussi la renaissance d’un des protagonistes qui a cru se réfugier dans l’alcool pour échapper à ses angoisses, à ses incohérences, à ses errements mais atteint le fond de son labyrinthe.

Sommes-nous en Ardennes, en Hesbaye, en Provence ? Peu importe le nom du village et de ses habitants : le récit d’Alain NINANE est universel.

 

C’est un roman, c’est un drame, une comédie théâtrale qui aborde aussi la philosophie dans le quotidien de la vie… de chacun d’entre nous.

Excellent prosateur, le poète a quand même cédé à la tentation : il a pris soin de glisser quelques poèmes, comme des pépites d’ambre enluminant son texte.

 

Jean OLIVIER.

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