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Un évènement artistique pour célébrer la semaine des Droits de l’Enfant, un prétexte aussi pour lever le voile sur les répercussions, à l’âge adulte, de la « mal-traitance » subie dans l’enfance.
Quel que soit le milieu social ou culturel, n’est-ce pas entouré d’adultes que l’enfant est supposé être le plus en sécurité ? Cependant, la réalité nous montre aussi que c’est parfois dans sa propre famille que l’enfant est le plus en danger.
Vulnérable par sa demande affective, docile sous l’autorité, l’enfant peut être l’enjeu de tous les pouvoirs : violence verbale, violence psychique, violence physique, abus sexuels, négligence, abandon, la liste n’est pas exhaustive.
Grâce à l’évolution durant ces dernières décennies du contrôle de la petite enfance, de l’encadrement scolaire et du suivi médical, il est plus aisé de repérer qu’un enfant est en difficulté. L’attention qui lui est alors portée permet, si cela s’avère nécessaire, une prise en charge par des professionnels voire par des services spécialisés ; le cas échéant, la prise en charge de la famille dans sa globalité (parents et fratrie).
Mais qu’en est-il de ces adultes qui, enfants, ont vécu l’indicible ? Ceux qui n’en n’ont jamais parlé, comment ont-ils surmonté leur traumatisme, leur souffrance, leur mal-être ? que sont-ils devenus ?
Lorsque des souvenirs dérangeants surgissent du passé, que des sentiments confus envahissent, que des images récurrentes obsèdent, et cela malgré l'oubli si bien organisé de ce passé, que faire pour cicatriser des blessures qui menacent d’éclater à plaies ouvertes ?
En exploitant l’expression artistique comme outil de réflexion, notre démarche se veut originale, mais avec la volonté d’être respectueuse envers les victimes.
Cette exposition réunira à la Chapelle de Boondael 17 artistes de différentes disciplines comme la peinture, la sculpture, la gravure, la photographie, la filmographie, la création sonore et l’écriture.
Toutes ces réalisations sont présentées dans un parcours qui guide le visiteur dans la compréhension des diverses facettes de la maltraitance : sa représentation symbolique, les répercussions dans la vie des victimes et notre rôle face à cette réalité sociale.
La maltraitance des enfants, n’est pas un phénomène nouveau. La médiatisation et par voie de conséquence la prise de conscience de ce fléau, ne doivent pas faire penser que cette problématique n’est que le sujet des psy, assistants sociaux et autres professionnels de l’aide. Elle est une réalité de la société dans laquelle nous vivons et est donc un sujet de la société entière.
C’est dans une société qui prend ses responsabilités, qui reconnaît que les enfants ne sont pas tous égaux face à la défaillance de certains adultes, que les ex-enfants en souffrance peuvent s’autoriser à exprimer leur vécu dans un contexte socialement acceptable et vivre avec confiance au sein de la société.
Alors. Parlons-en !
Avec le soutien de Willy Decourty, Bourgmestre, Yves de Jonghe d'Ardoye, Echevin de la Culture et des membres du Collège des Bourgmestre et Echevins.

'Fragments d'enfance'

Chapelle de Boondael

Adresse: Square du Vieux Tilleul 10 , 1050 Ixelles

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administrateur théâtres

Au théâtre 140

« Les Fragments d’un discours amoureux » sont un essai paru en 1977 de l’écrivain et sémiologue français ROLAND BARTHES. La structure formelle très particulière et la typographie spécifique de l’édition Tel Quel épousent le propos qui se veut foisonnant et inter-relié, comme en (é?)toile d'araignée. Roland Barthes s’appuie ainsi sur ses lectures d’œuvres littéraires, qu’il s’agisse de romans comme Werther, de Goethe, qui tient notamment un rôle important ou d'autres oeuvres poétiques, théâtrales et artistiques. Il les combine à sa propre réflexion, à ses propres expériences pour former UN discours sur la sphère amoureuse. Une nouvelle Carte du Tendre?

Cet essai ne se veut donc pas une étude positive, mais la proposition de cheminements et d’explorations qui peuvent expliquer ou du moins éclairer toute expérience de l’amour en relation avec le langage. »

Je viens de comprendre aujourd’hui, avec cette recherche sur Wikipédia, le sens des « fils » que la danseuse silencieuse, souple et graphique tissait entre les deux voix masculines. Donc certains détails de mise en scène fort recherchée ne sont pas toujours directement perceptibles par le public. Qu’importe, place à un certain mystère. A des interrogations. La représentation théâtrale de ce texte à voix multiples est prodigieusement inventive.

Le discours amoureux, ou « discursus », c'est courir ça et là (ce que font les comédiens), chercher l’essence des démarches, trouver des « bouffées de langage », « au gré de circonstances aléatoires ».

Deux statues ou figures rugueuses en fin papier doré accueillent les spectateurs pour se dévoiler progressivement et nous permettre d’entrer dans le jeu amoureux. Ces figures figent des postures, ces instants magiques de la rencontre. Pour constituer les figures, c’est le sentiment amoureux qui est le guide. Chorégraphie savante des mots, du langage corporel, des signes. De quoi être ébloui: le papier est d’or.

Des bribes de fragments flottent jusqu’aux lendemains, tâchons d’en saisir quelques unes..: « L’amour, cette folie que je veux ! Cette chose qui vient s’ajuster à mon désir dont j’ignore tout ! Le moment fugitif d’une posture d’un corps en mouvement…Le tableau que je me fais consacre l’objet que je vais aimer… »

Lorsque Werther découvre Charlotte, elle est en train de couper du pain. Image innocente. Elle ne sait pas qu’il la regarde. Elle se croit seule, elle est sans barrières, sans masques, authentique. Et on peut la surprendre. C’est le rapt!

«Le coup de foudre est un immédiat antérieur. Dans mon cœur, je ne cesse de revoir la scène première. Je garde l’éblouissement et je n’ai de cesse qu’il revienne! A chaque instant je retrouve une parcelle de moi-même, … que j’adore ou que je hais…Dans la rencontre amoureuse, je rebondis sans cesse, je suis léger ! »

Les deux comédiens montent toute la scénographie de l’attente, celle des souffrances, de la jalousie, de l'abandon, celle des masques possibles du sentiment. Et leur raison d’être. Ils plongent tous deux, la tête dans le seau pour boire le système, la structure bienfaisante…. Ils parlent de cette pensée amoureuse. « Je pense à toi…. Je te fais revenir dans mon esprit à proportion même que je t’oublie… » Res ad finem venit. The End. Fin. Déjà ?

*

* *

http://www.theatre140.be/fr/index-action-spectacle-ficheSpectacleId-145.html

Mise en scène d'Arnauld Churin avec Arnaud Churin lui-même et Scali Delpeyrat, la danseuse, Luciana Botelho Le mardi 9 et mercredi 10 novembre 2010 à 20h30

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LA PLUIE...

La pluie chante sur le toit

Et mon coeur s'illumine!

C'était moi contre toi

Et cet hier, était sublime...

La pluie mouille mon regard

Le destin s'est bien perdu!

La vie est sans égard

Et mon coeur éperdu...

La pluie comme étendard

Aurait dû m'intriguer!

Mais dans l'amour sans fard

Pas de place pour douter...

La pluie lave le ciel

Des illusions enfuies!

Et met un peu de miel

Sur un coeur qui s'ennuie...

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Où Beckett évoque « Le Consortium »

Beckett publie le roman « Malone meurt » en 1952. Les deux mots qui composent son titre le résument presque parfaitement ("Malone finit de mourir" sonnerait moins bien, mais serait plus juste). Très vieux, même pour un vieillard, ce Malone est cloué au lit. Chaque jour une femme, vieille elle aussi, lui porte de la soupe et lui vide son pot de chambre, Malone qui ne sait ni comment il a échoué là, ni pour quelle raison la femme s'occupe de lui, la soupçonne d'appartenir à un "consortium", mot habilement choisi pour définir la société telle que se la représentent tous les héros, ou plutôt toutes les épaves, anonymes ou nommées de Beckett. Abstraite et organisée, elle traite l'individu comme bon lui semble, sans s'expliquer; ce qu'il ressent lui est indifférent. Révolté en ce sens qu'il refuse de collaborer, de jouer le jeu, qu'il se retire et se rétracte autant que faire se peut, Malone, de même que ses prédécesseurs Murphy et Molloy, lui rend avec usure cette indifférence: il reste insensible aux attentions de sa vieille nourrice et prend tellement l'habitude de ne pas la regarder que, peu à peu, il cesse de la voir. Mais peut-être l'a-t-elle abandonné, comme son corps par petits bouts l'abandonne, se paralyse. Bien que le jour et la nuit continuent de se succéder, tout lui paraît grisaille indéterminée. Ne subsiste en lui, indépendante de sa volonté, que la rage de penser et de coucher noir sur blanc quelques miettes de ce méli-mélo d'images, de souvenirs et de réflexions tâtonnantes qui défilent en lui. Il s'efforce de canaliser ce magma en devenant romancier, en se racontant l'histoire d'un double de lui-même. L' idiotie de cet être reflète la sénélité de celui qui l'a conçu. Autour de lui s'agitent, pour s'effacer soudain, des silouhettes campées avec un humour sinistre qui, tout en faisant rire, étalent, impitoyablement, le linge sale de la vie. Il est difficile d'expliquer pourquoi ce roman, comique, mais au fond horrible, coule si bien. Peut-être est-ce une question d'équilibre. Une façon de passer, sans cahots, de Malone à sa créature, et vice-versa, de l' idiot amorphe au moribond pervers, revenu de tout et radoteur, qui en tire péniblement, à hue et à dia, les molles ficelles. Une façon de ne pas traîner, de sauter à autre chose au moment où il sombrerait dans l'outrance. Mais son secret est sans doute sa bonhomie. Elle désarme. Elle apprivoise.

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administrateur théâtres

Emma (Théâtre des Riches Claires)


Le père aimait bien Flaubert. Il a donné à sa fille le nom d’Emma. S’il avait su l’alchimique prédestination du malheur contenue dans ce nom ! Pourtant Shakespeare avait bien prévenu: des catastrophes absurdes peuvent émaner d’un nom, malgré les dénégations de Juliette… « What’s in a name ? » A name is but a name… A voir! Et Nicole Croisille de renchérir :

C'était une provinciale
Et elle s'appelait Emma
Dans la Normandie matinale
Quand les vaches ruminent déjà
Quand la brume s'étire sur les champs
Elle cachait ses yeux sous les draps
Et disait à celui qui n'était jamais là

(Refrain)
Emma, je m'appelle Emma
Et je ne sais pas
Si jamais cœur aima
Aussi fort que moi
Je m'appelle Emma
Alors aime-moi
Moi Emma

Alors Emma-moi-je ...rêve. Elle remplace la réalité. Comme le fait pour nous la société dans tous les interstices de notre vie. Le texte de Dominique Bréda stigmatise toutes les nouvelles illusions, la publicité mensongère, le mythe de la jeunesse éternelle, les objets qui ‘font vivre pleinement’, les paradis artificiels: la farandole virtuelle est belle. Le sensuel ? Le spirituel ? Oubliés… relégués dans les coulisses du 19e siècle! Emma est passée à côté de sa vie. Mise en garde! Voilà l’insatisfaction chronique du siècle. La femme désœuvrée et vide. L’Emma de Bruxelles a détesté cordialement la langue de Flaubert, une vraie barrière, trop différente de sa langue de Bruxelles-la neuve, "sa langue maternelle…" dit-elle. Et son désert culturel a rayé le vocabulaire. Elle est passée à côté du bouquin. Et de tous les autres. Elle s’en fout. L’effort, non. « J'ai dix-sept ans et j'ai d'autres choses à me taper que Flaubert » Le père écume de colères rentrées, la mère s’adonne à la fumée. Elle passe sa vie à surligner, cela la calme, elle ne fait rien d’essentiel. Manque d’amour, partant manque de tout, partout. Rien à verbaliser!

Hélas si elle avait voulu aller vers l’autre, lire la beauté, analyser la souffrance, les élans, décrypter les messages, elle ne serait pas tombée de son secondaire banal presque raté, en une vie rythmée par la bouteille de whisky « de deux jours d’âge » qui règle ses jours et ses nuits. …Pour échouer en fin de parcours, comme infirme d’hôpital lucide et triste. Triste toute sa vie. Isolée dans son bovarysme. Elle n’aura aucune visite, mais ne sera pas déçue « Il n’y a personne pour me décevoir. » «Et ce bip ! » Horripilant, comme un sablier pressé d’en finir, de vous envoyer, une fois pour toutes, dans le gouffre. Reliée à un moniteur, elle soupire : « La machine à faire des montagnes est fatiguée. C’était d’abord les Alpes, puis les collines de Hesbaye, puis… »

Emma n’a jamais pu que s’adresser à de vulgaires objets en peluche. « On ne jette jamais les animaux en peluche, mais ils disparaissent. » Même eux… C’est un beau spectacle, l'actrice est très très habile, mais ce n'est pas le coup de foudre comme d’autres le prétendent. Je suis personnellement irritée, plus qu’amusée, par les grimaces, les voix déformées, le ricanement, la banalité grinçante, le vulgaire. Même si la vulgarité est tout un art, nous prévient gentiment la comédienne!

EMMA de Dominique Bréda
Avec Julie Duroisin

Adresse : Rue des Riches Claires, 24 - 1000 Bruxelles
Téléphone : 02 548 25 80
Site Web :
http://www.lesrichesclaires.be

Jusqu'au 27 novembre 2010

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L’heure de pointe

Ce matin dans le métro

Nous étions un peu serrés

Hommes et femmes pressés

À l’ouverture des portes

Le silence obscur se déchire

Afflux de montées et descentes

Va-et-vient et brouhaha

Visages blêmes et pensifs

L’insoutenable relent de sueur

Se confond dans le parfum lourd

Petite voix crie : 'Au secours' au fond de moi

Têtes aux cheveux gras et yeux cernés

Alors qu’une belle silhouette

Monte à bord aux fragrances de ciel

Figures fardées et lèvres écarlates

Une écharpe bleue marine

Et une paire de gants en cuir

Un étudiant avec des écouteurs

C’est ‘Herbie Hancock’ mais, quelle merveille!

L’autre jeune est à moitié somnolent

Malgré le rock & roll aux oreilles

Soudain rayonne un sourire

J’entends le mot pardon

Lorsqu’une jeune dame descend

L’homme d’en face lisait son journal

D’un air sérieux il fronce les sourcils

Une belle cravate aux couleurs que j’aime

Le mendiant passe avec son bonnet et sa guitare

‘Morning’ en anglais et ‘holà’ en espagnol

Tout à l’heure on se disait ‘dag’ en néerlandais

‘A presto’ en italien et je t’aime en français

09/11/10

Nada

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Macbeth quand a tari le lait de l’humaine tendresse

Macbeth est une tragédie en cinq actes, en vers et en prose, de William Shakespeare.

représentée en 1606, et imprimée dans l'in-folio de 1623.

Macbeth et Banco, généraux de Duncan, roi d' Ecosse, revenant d'une campagne victorieuse contre les rebelles, rencontrent sur une lande trois sorcières, qui prophétisent que Macbeth sera "thane" (titre nobiliaire écossais que portent les compagnons du roi, correspondant à peu de choses près à celui de Baron) de Cawdor et, par la suite, roi, et que Banco engendrera des rois, bien que lui-même ne sera jamais appelé à le devenir. Aussitôt après, arrive la nouvelle que Macbeth a été nommé "thane" de Cawdor. Tenté en partie par la prophétie qui s'est à moitié réalisée, mais aussi par Lady Macbeth qui l'y pousse, faisant tarir en lui "le lait de l'humaine tendresse", Macbeth assassine Duncan pendant son sommeil, alors qu'il est son hôte. Cependant il est aussitôt pris de remords. Les fils de Duncan, Malcolm et Donalbin, s'enfuient et Macbeth s'empare de la couronne. Mais il reste encore un obstacle sur sa route: les sorcières n'ont-elles pas prophétisé que le royaume irait aux descendants de Banco? Aussi Macbeth décide-t-il de le tuer, ainsi que son fils Fléance; mais ce dernier réussit à s'enfuir. Poursuivi par le spectre de Banco, -qui lui apparaît au cours d'une scène demeurée célèbre, pendant un banquet, -Macbeth consulte les sorcières qui lui disent de se garder de Macduff, le "thane" de Fife; qu'aucun être né d'une femme n'a le pouvoir de nuire à Macbeth, et qu'il ne sera vaincu que lorsque la forêt de Birnam viendra à Dunsinane. Apprenant que Macduff s'est uni à Malcolm, lequel rassemble une armée en Angleterre, Macbeth fait assassiner Lady Macduff et ses enfants. Lady Macbeth, à qui le poignard était tombé des mains lorsqu'elle avait tout d'abord tenté d'assassiner Duncan pendant son sommeil, Lady Macbeth perd la raison et cherche vainement à ôter de ses mains une tâche de sang imaginaire, puis elle meurt. L'armée de Macduff et de Malcolm se prépare à attaquer Macbeth. En passant dans la forêt de Birnam, chacun des soldats coupe une branche, et derrière ce rideau de feuillage, ils se mettent en marche vers Dunsinane. Macduff, qui a été arraché au sein maternel par les fers avant terme, tue Macbeth. La prophétie s'est réalisée et Malcolm devient roi. Le drame est en partie un hommage à Jacques Ier (procession des futurs rois d' Ecosse, acte IV, scène 1, et autres détails).

Des tragédies de Shakespeare, "Macbeth" est sans aucun doute la plus puissante. Comme le dit si bien A.W. Schlegel, après "L' orestie" d' Eschyle, "la poésie tragique n'avait rien produit de plus grand, ni de plus terrible". Un "tempo" rapide mène le drame, depuis les premières mesures orageuses jusqu'à l'accomplissement de la prophétie; l' ensorcellement infernal qui révèle au guerrier victorieux et ambitieux, au moyen de la prophétie des sorcières, ses aspirations inavouées, l'enferme dans un filet auquel il ne peut échapper. Le guerrier succombe à la tentation, mais il se débat et conserve l'empreinte de sa noblesse première dans tous les excès vers lesquels il se trouve entraîné. Sur tous les personnages de ce drame, qui se déroule au milieu des brouillards et des tempêtes du Nord, pèse le même climat de fatalité maudite qui pesait sur la famille des Atrides. L'action s'étend logiquement sur plusieurs années, mais toute considération de temps disparaît devant le spectacle, dont le rythme est réglé par l'horreur et l' angoisse.

Un sentiment profond de mystère et aussi l'impression que tous les actes qui s'accomplissent (le crime de Macbeth était-il vraiment nécessaire? N'est-il pas un saut dans le noir, provoqué par une espèce d' envoûtement?), tout aide à faire de ce drame une oeuvre puissante et terrible. La nuit y domine, avec les fréquentes invocations aux ténèbres, et la présence, cachée mais constante, de ces abjectes créatures qui peuplent l'obscurité, furtives et rapaces. Atmospère étouffante de peur et de doutes; et en effet, le mot "peur" ("fear") revient très fréquemment, à côté des images de violence et de sang. La vie même apparaît comme "une histoire contée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne veut rien dire". Les phrases que l'on cite que l'on cite couramment sont très nombreuses: outre celle que nous venons de rapporter, rappelons: "Mais je crains ta nature; elle est trop pleine du lait de la tendresse humaine pour saisir le chemin le plus court"; "Ne dormez plus! Macbeth assassine le sommeil"; Duncan est dans sa tombe, après les convulsions fiévreuses de la vie, il dort profondément"; "Tous les parfums de l' Arabie ne purifieraient pas cette petite main-là!"; "J'ai assez vécu, le chemin de ma vie incline vers l'automne et ses feuilles jaunies"; "Demain, puis demain, puis demain, rampe à petits pas, de jour en jour, jusqu'à la dernière syllabe du souvenir; et tous nos hiers ont éclairé, pour des fous, le chemin vers la poussière de la mort. Eteins-toi, éteins-toi, court flambeau!"

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Les Dialogues de Confucius

C'est l'oeuvre la plus importante pour la connaissance de la pensée de Confucius (551-479 avant JC.). Composée de vingt chapitres, elle rapporte les discussions entre le Maître et ses disciples, discussions que ceux-ci eurent soin de noter. Les problèmes traités concernent la morale, la politique et la méthode. Le "Jên", ou concept d' humanité dérive pour Confucius du concept traditionnel du "T'ien" (ciel) qui gouverne l' Univers avec justice et bonté. L' humanité, dans son acception générale, embrasse toutes les manifestations possibles: la politique et la religion, en particulier, ne peuvent exister sans elle. Mais les "Dialogues" ne livrent pas qu'une seule conception de l'humanité; Confucius en parle de différentes manières, selon que c'est l'un ou l'autre de ses disciples qui a receuilli sa pensée. Pour Yen Yuan (le disciple qui est le plus porté à la spéculation morale), posséder sa propre humanité, c'est se mortifier et se faire une règle de l'intérêt commun (exprimé par les rites). Mais lorsqu'il interrogea Confucius sur la vertu parfaite, la Maître répondit: "Que vos yeux, vos oreilles, votre langue, tout en vous soit maintenu dans les règles de l' honnêteté... Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse à vous-même. Dans la principauté, personne ne sera mécontent de vous; dans la famille, personne ne se plaindra de vous" (Dialogue XII). Pour Tseu Kong (le disciple qui s'adonne à la dialectique), l' humanité consiste à se stabiliser soi-même avant de stabiliser les autres, et à devenir soi-même compréhensif, au lieu d'attendre que les autres le soient (Dialogue VI). Pour conquérir cette humanité, il faut avoir courage et bonne volonté, ainsi que bon sens et intelligence. Un gouvernement comme celui des premiers temps des Chou (vers 1122 avant JC.), -gouvernement qui est aux yeux de Confucius un modèle à imiter,- doit son exceptionnelle perfection à la sagesse et à la vertu des souverains. Un bon gouvernement appuie son autorité sur la force des armées, la satisfaction d'un peuple suffisamment pourvu de vivres et la confiance qu'il inspire. Que si la nécessité oblige à se passer de l'un ou de l'autre de ces trois éléments de base, il importe de renoncer tout d'abord aux armées, puis à la nourriture, mais jamais à la confiance, parce que "la mort a existé et existera de tout temps, mais un peuple ne peut survivre s'il n'a foi en son souverain". La conséquence de cette attitude est le respect des lois; une distinction naturelle et acceptée par tous doit s'établir entre supérieurs et inférieurs, de sorte que tous demeurent à leur poste et accomplissent leur tâche, faisant par là régner l' ordre et la félicité.

L'attitude de Confucius est celle qu'ont adoptée les psychologues et les pédagogues de nos jours: il prend soin en effet d'adapter son enseignement à la nature de ses disciples, et de développer les possibilités de chacun. C'est à force de volonté qu'il a réussi à être un grand maître: "A 15 ans, je m'appliquai à l'étude de la sagesse, dit-il; à 30 ans, je marchais d'un pas ferme dans le chemin de la vertu; à 40 ans, j'avais l' intelligence parfaitement éclairée; à 50 ans, je connaissais les lois de la Providence; à 60 ans, je comprenais sans avoir besoin d'y réfléchir, tout ce que mon oreille entendait; à 70 ans, en suivant les désirs de mon coeur, je ne transgressais aucune règle" (Dialogue II, 4). Et c'est, avec un grand zèle qu'il entreprend de conduire ses disciples sur le chemin de la vérité et des vertus. Yen Yüan a dit que le Maître le conduit adroitement suivant le plan qu'il avait établi. Il donne du champ à son esprit grâce aux études, il règle sa conduite d'après les exigences de la nécessité. Quand il tente de se détourner de l'étude, il n'y réussit pas, quoi qu'il fasse; il lui semble que quelque chose se dresse devant lui, bien qu'il veuille s'en saisir, il ne trouve aucun moyen de le faire.

Dans ces "Dialogues", Confucius apparaît comme le plus grand Maître et le premier moraliste du monde oriental. D'aucuns le considèrent même comme le maître de morale par excellence, du fait que parmi ses disciples, il ne s'en est pas trouvé un seul qui prît le contrepied de son enseignement. De toute évidence, c'est grâce aux leçons tirées des "Dialogues" que le peuple chinois a pu vivre jusqu'à maintenant dans cette sérénité et cette sagesse exemplaire.

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BIEN PLUS!

Plus doux que le vin de Sauternes

Plus gai que le pinson dans la luzerne

Plus fort que la mer en tempête

Plus insidieux qu'un mal de tête!

Plus généreux que le soleil du midi

Plus pieux qu'une messe à minuit

Plus insolent que ton rire dans le vent

Plus timide que ma main qui se tend!

Plus vivant que la pluie qui détrempe

Plus brûlant que ton regard qui rampe

Plus démuni qu'un enfant qui s'enfuit

Plus déchirant que le cri de l'ennui!!

Plus surpris qu'un coeur pris au hasard

Plus ruisselant que les notes de Mozart

Plus délirant que ma prose au printemps

Plus fougeux que la course de l'alezan!

Mon amour sur le papier se couche

Dans l'espoir qu'un jour, il te touche...

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A l'arrache j'vous dis..!

Encore un jour, une année, une vie comme ça et je meurs.. En attendant ce jour je fais actuellement des .. aquarelles histoire de refaire un stock.. ce carnet de voyage sur la Toscane déménage.. et je n'ai plus assez de pièces pour la prochaine expo..

Ah..! c'est dur la vie d'artiste..


Une ruelle à Florence proche du duomo 25x25 300grms

Je devrais changer de nom d'artiste pour ce travail.. les collectionneurs de Gegout sont perdus par les 2 facettes de l'agent double..

ruelle

Voici une des dernières faite of course à partir de photos faites en Toscane au printemps

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A l'invitation du Réseau Arts et Lettres

Le nouveau Roman historique de Pascale Hoyois

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Sera présenté

SAMEDI 27 NOVEMBRE à 20h - ESPACE ART GALLERY - 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles

Présentation par le journaliste Laurent Michel, rencontre avec l’auteur, dédicaces
(Entrée gratuite)





Après le tome 1 : « LES DISSIDENTS DU 16ème SIECLE »

1521-1526 : Une forêt idyllique : la chênaie à jacinthes du Bois de Hal, au 16ème siècle. Lisbeth, fille d’une guérisseuse et petite-fille d’une érudite, est enthousiasmée par la pensée humaniste d’Erasme et par les idéaux de la Réforme. Sauvera-t-elle les premiers luthériens de Bruxelles, ville impériale où siège Charles-Quint, où sévit la sanglante Inquisition ? Ce roman historique nous plonge dans une période charnière de la pensée occidentale.

Le roman de Pascale Hoyois m’a captivé du début à la fin. Elle aurait pu écrire le double de pages sur ce sujet, tant il est bien documenté et d’une écriture vivante. Cela sonne « vrai » et l’on vit au rythme des personnages attachants. C’est aussi une leçon d’histoire sur les « martyrs protestants » du 16ème siècle.
(Florent L.)


Voici le tome 2 : « JOURNAL A QUATRE MAINS SOUS LA REFORME »
Ed. PARLER D’ETRE

Les lecteurs du premier tome attendaient avec impatience le suivant : il est arrivé !


TOME 2 : « Journal à quatre mains sous la Réforme »

Les sœurs jumelles Louyse et Jenneken respecteront-elles le pacte secret qu’elles ont signé une nuit de pleine lune de décembre 1542 à la Chênaie à Jacinthes ?

Leurs aventures les mèneront à Bruxelles, où, bravant les dangers du voyage et les persécutions de l’Inquisition, elles trouveront l’amour et la révélation de leur propre destinée, s’inscrivant dans le vaste mouvement de liberté de pensée qui bouleverse l’Europe.

L’auteur propose un portrait fidèle des personnages historiques (Charles-Quint, Marie de Hongrie, le bienfaiteur bruxellois Gilles Thielemans,…) ainsi qu’une analyse fine des mœurs et nous plonge dans l’idéalisme et la cruauté qui existaient à l’époque.



Une page méconnue de notre Histoire à travers un roman palpitant !

Passionnant et émouvant ! (Bernard H.)

J’ai dévoré ce livre. C’est un bijou, une perle rare. Merci de l’avoir écrit. (Christian B.)

J’ai vu un film se dérouler devant moi. J’ai ressenti beaucoup d’émotions à travers un suspense où chaque chapitre réserve une surprise. On imagine bien les personnages. Je m’y suis fort attachée. J’ai eu de la compassion pour Jenneken et j’ai été impressionnée par l’injustice des emprisonnements arbitraires. La Réforme est très bien racontée dans sa vie quotidienne. (Vinciane D.)


Parus: Les dissidents du 16ème siècle
Journal à quatre mains sous la Réforme
A paraître: Egmont et Hornes, l’allégeance bafouée

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Pascale Hoyois


Recevez le livre chez vous,
directement de l’auteur au lecteur
tél : 02/478.81.78.
www.parlerdetre.be



PASCALE HOYOIS, auteur belge, a publié trois autres romans : George et Moi sur George Sand, J’ai rêvé d’un monde sans ça sur une forme de société plus équitable et La Chênaie à jacinthes-Les dissidents du 16ème siècle, premier tome de la trilogie. Elle écrit aussi poèmes, nouvelles, chansons et pièces de théâtre. Récitante, elle a créé et produit des spectacles pendant vingt ans. Elle est coach en ateliers d’écriture personnalisés, orientation professionnelle et scénothérapie : méthode française de thérapie émotionnelle par la lecture à voix haute de textes littéraires.


Laurent Michel présente Pascale Hoyois

L’écriture relève d’une démarche intérieure qui n’appelle pas toujours la facilité des échanges. Sur l’estrade des confidences, l’auteur se trouve souvent seul face à son public. Parce que l’évidence est là: si l’auteur apprivoise les mots au point de les coucher au fil des pages ; il n’en est pas toujours de même quand les mots se confrontent au public. Une autre sensibilité peut alors parfois intervenir.
Laurent Michel navigue et nous invite à naviguer aux côtés de l’auteur, sur le courant des phrases. Il est de la tradition de l’écrit, mais de celle de l’oral aussi. Avec douceur, humour, intelligence, il brosse le portrait de l’auteur, celui du narrateur. Laurent construit des ponts entre l’un et l’autre. Il installe l’histoire sur les parois de toutes les curiosités. Sans brusquer ni ménager. Il bouscule les réticences, les réserves, la pudeur. Il gagne la confiance. Il investit les rives de l’artiste, et guide le public dans les méandres de la création, dans les recoins de l’œuvre. Il invite ensemble, dans un seul voyage, l’écrivain, le livre et le public.
Pour l’heure, Laurent parcourt l’univers historique et romancé de Pascale Hoyois.

Vous êtes cordialement invités à le suivre. A les découvrir, lors de cette présentation du samedi 27 novembre à 20 Heures à L'Espace Art Gallery, à Ixelles

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Léternel présent

Extrait de ma pièce : "Les meubles parlent"( Premier acte, scène 2) : Dans un hôtel des ventes six meubles d'époques différentes font connaissance

L’HORLOGE : Quel besoin avez-vous de vous préoccuper de l’avenir ? Ne pouvez-vous pas vous contenter de profiter de l’instant présent ? Certains ne vivent que dans le passé, d’autres anticipent le futur. Et pendant ce temps que vivent-ils ? Rien ! Moi, je suis l’Eternel Présent. Rien ne me perturbe. Parfois je dérange avec mon tic-tac régulier et mon carillon qui jour après jour, décline les heures. Les humains vieillissent et me lancent parfois des regards haineux. Je n’en ai que faire. L’heure suivante mes aiguilles déclenchent le signal inébranlable de la fuite du temps. D’autres fois je sens des yeux suppliants posés sur moi comme si j’avais le pouvoir de provoquer les évènements alors que je ne suis qu’un point de repère que rien ne peut ébranler. Je me sens parfois un peu seule dans cette fonction unique qui est la mienne. Mais je suis la gardienne du rythme du jour et de la nuit depuis que plus personne ne regarde le soleil. Parfois, on oublie de me remonter. Je m’endors d’un profond sommeil qu’aucun rêve ne vient troubler. Dès que le cliquetis de ma clef actionne mes lourdes aiguilles, je m’éveille sans mémoire, sans passé, ni futur dans la conscience de l’éternel présent. Ainsi les années ne me marquent-elles pas. Bien que je sois votre doyenne, on me crédite de 239 ans, je n’ai pas d’âge. Ça n’a pas d’importance puisque je ne dépasse jamais le nombre douze.

LE FAUTEUIL DE STYLE : Ça doit être un peu abrutissant de refaire indéfiniment le tour du cadran.

L’HORLOGE : Pas pour moi ! Vous ne pouvez pas imaginer l’instant sublime de la rencontre de la grande aiguille sur la petite qui n’aspire qu’à cette fusion éphémère. Cette pulsation qui déclenche le gong tant attendu, c’est à chaque heure, un cœur qui bat, une vibration, une étreinte amoureuse vouée à un éternel recommencement.

En savoir plus : Lire le premier acte

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administrateur théâtres

Appel à projets - Prix jeune peinture

Prix jeune peinture belge

Appel à projets: Prix jeune peinture belge

En 2011 l'asbl Jeune Peinture Belge présente, en collaboration avec le Palais des Beaux-Arts, une nouvelle édition du Prix de la Jeune Peinture Belge. Ce prix prestigieux est l'un des événements majeurs de l'art contemporain en Belgique.

Le concours est ouvert aux artistes de toutes disciplines artistiques, âgés de moins de 35 ans au 1er janvier 2011 et belges ou résidant en Belgique depuis un an au moins. Sur base d'un dossier, un jury international de directeurs et curateurs de musées sélectionnera les projets. Les artistes choisis seront invités à exposer au Palais des Beaux-Arts du 9 juin au 11 septembre 2011. Lors de l’inauguration, le jury remettra quatre prix, dont minimum un à un(e) peintre.

-le Prix Jeune Peinture Belge «Crowet» (25.000€)

-le Prix Jeune Peinture Belge «Langui» (12.500€)

-le Prix Jeune Peinture Belge «Palais des Beaux-Arts» (12.500€)

-le Prix Jeune Peinture Belge «ING» (12.500€)

Les dossiers et bulletins d’inscription doivent être envoyés au Palais des Beaux-Arts au plus tard

le 29 novembre 2010 (Maïté Smeyers -23, rue Ravenstein, 1000 Bruxelles).

Le dossier de présentation (format A4) doit obligatoirement comporter: -le curriculum vitæ de l’artiste -la démarche artistique générale -une présentation précise du projet à réaliser ou des œuvres existantes (réalisées il y a max 3 ans) proposées pour l’exposition au PBA -des illustrations de ces œuvres au moyen de photographies, d’esquisses, de diapositives ou, le cas échéant, les dvd ou cd-rom des œuvres vidéographiques. (extrait de max. 15 minutes).

Remarque : le jury étant international, nous conseillons de remettre un dossier bilingue français-anglais

Le Jury cette année est composé de :

Henriette Bretton-Meyer, Directrice de Overgaden, Institut for Samtidskunst, Copenhague

Miguel von Hafe Pérez, Directeur du Centro Galego de Arte Contemporànea, Santiago de Compostela

Clément Minighetti, chef-curateur du MUDAM, Luxembourg

Thierry Raspail, Directeur du Musée d’art contemporain de Lyon

Hilde Teerlick, Directrice du Frac Nord-Pas de Calais

Le règlement complet du concours et le formulaire d'inscription sont disponibles sur le site: www.jeunepeinturebelge.be

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Ledent

Si l'on pouvait tapisser une maison avec les oeuvres de Ledent, le bonheur y régnerait, les yeux écarquillés sur le beau, la couleur, la chaleur, en un mot: un vivatoire
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ton style c'est ton cul

A l'arrache, je vous dis que ça..!

Encore une série d'aquarelles faite comme si j'avais le feu au cul..

Ca de vient insupportable cette frénésie. Peindre comme au delà de toute réflexion, laisser venir le geste..

La palette est noire de couleurs qui se mélangent, je trouve sur le coin ce qu'il faut pour poser la touche ocre rosé..

la région des étangs en Tosscane 25 x25 aquarelle sur papier 300grs

lacs--blog

Putain comment ça marche, juste à l'arrache..

Faire chaque fois comme si c'était la première fois, sans la moindre chance de parvenir à un résultat. Peindre entre 2 regards ce qui se passe dans ce laps de temps..

Le style, c'est une intuition, un mouvement de hanches, pas travaillé, un pas de danse au réveil..

Son style, chacun le sien, chacun son cul..

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Le livre de Marco Polo ou Le devisement du monde

Cet ouvrage célèbre de Marco Polo, citoyen de Venise, datant de 1298 retrace les aventures du fameux explorateur et marchand, qui, au cours de ses activités commerciales et politiques, vécut à la Cour du grand Khan des Tartares, Kublai, et put ainsi connaître les pays et les moeurs des fabuleuses régions du Catay et du Cipungu, c'est-à-dire la Chine et le Japon. Le livre est composé des récits que l'auteur fit à Rusticien de Pise, alors que, de retour dans son pays, il avait été fait prisonnier par les gênois, en 1298, à la bataille navale de Curzola. Rusticien (écrivain habile à qui l'on devait dès 1271, le "Médiadus", compilation de romans bretons) rédigea lui-même en langue d' oil le récit de son illustre compagnon de peine ("Le devisement du monde de messer March Pol de Venece"). Le texte original fut transformé et déformé au cours des siècles dans les différentes versions françaises, italiennes et latines qui en furent données; il n'a pu être reconstitué que de nos jours, selon une édition à peu près complète, par Luigi Foscolo Benedetto, et réédité enfin dans sa rédaction française primitive.

On retrouve dans le récit que fit Marco Polo au retour des riches et mystérieuses régions de l'Orient, le ton d'un spectateur encore émerveillé par les souvenirs de son voyage. Les pages consacrées au Vieux de la Montagne (légende dont on retrouve les traces dans nombre de contes médiévaux), à la résidence d'été du grand Khan à Ciandu (aujourd'hui Shang-tu) et aux coutumes de l'ancien empire chinois, sont demeurées célèbres. La description de la bataille entre le roi Abarca (Béréke, khan de la Horde d' or) et le roi Alau (Hulagu, khan de Perse) est toute imprégnée d'une atmosphère de légende et d' épopée: la lutte de deux conquérants est admirablement restituée dans sa splendeur barbare et sanglante.

Ici, Marco Polo ne laisse pas d'éprouver une certaine fierté millénaire de se sentir européen, héritier d'une civilisation millénaire; toutefois, pressantant la vie nouvelle, fascinante et mystérieuse, de ces peuples nomades, il tempère ses jugements par une sagesse que lui inspire la connaissance d'hommes et de terres si éloignées de sa patrie. Le récit de l'activité déployée par Marco Polo à Jang-Ciou, dont il fut le gouverneur pendant trois ans, constitue un important document historique. Ses actes révèlent le sang-froid d'un homme qui sait évaluer les événements et apporte, en toute occasion, une modération et une précision de jugement qui lui permettent de les dominer. On relève encore les étonnantes descriptions de certains grands voyages effectués à travers des terres vierges, la découverte de populations, inconnues même de ses guides, de plantes et d'animaux jusque là entourés d'un halo de suppositions fabuleuses. Les allusions à son activité de marchand offrent un grand intérêt documentaire et nous renseignent sur des produits précieux et rares, les épices, le pétrole d' Arménie, le charbon fossile du Catay, les pierres précieuses. Mais ce qui frappe le plus, dans cette relation, c'est l'émerveillement et la stupeur d'un homme, habitué aux dures réalités de la vie quotidienne, devant un monde apparu à ses yeux comme par enchantement: palais d'or et d'argent, jardins embaumés de mille fleurs rares, cérémonies solennelles avec leurs foules prosternées devant les idoles et les représentants du pouvoir, hordes s'entre-tuant pour la possession d'un lambeau de terre, coutumes, langues et sentiments inconnus à l'ancienne civilisation méditerranéenne, sinon dans les rappels de quelque lointaine légende. Cet abandon à un monde fait de contrastes et de splendeurs anime cette vaste narration et lui confère tous des caractères d'un univers poétique, qui la situent parmi les plus riches témoignages de l'Europe médiévale et de l'ère des premières découvertes géographiques. On a pu dire à juste titre qu'avec ce livre, Marco Polo donnait à l' Italie le monument épique et vigoureux qui lui manquait par rapport à la littérature chevalresque des autres pays.


Le Devisement Du Monde - Marco Polo
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Déconstructivisme

A l’heure du coucher, visage figé sous l’insulte encaissée sans broncher. Dans le sommeil, fendillements. Draps défaits du petit matin. Traits reconstitués avec patience, morceau par morceau, à la colle repositionnable.

Se refaire une tête, une autre. Battre les cartes, les redistribuer. Fragmenter l’ancien visage en mille facettes mouvantes et moirées.

Reconstruire au hasard : l’œil écoute, la bouche regarde et une oreille se fait langue pour mieux circonvenir les attentes de l’autre. Des cheveux plein la voix, discours tissé de scories, lapsi et zézaiements, pour la plus grande incompréhension de ceux qui, de toute manière, n’écoutent jamais rien.

Mitose, méiose, les mots se subdivisent, les syllabes prolifèrent, s’engrossent mutuellement. Sens seconds et sourds-entendus. Sabir et charabia, qui par hasard passaient par là, entreprirent un jour de construire une tour, à l’aide de langues de bois. Tenons et mortaises, dictons et foutaises, le grand colloque international s’y tient tous les dimanches entre hoquet et colique, à deux heures du matin.

La vestale en robe blanche, aux yeux cernés par des nuits sans soleil, ne cesse de ranimer les flammes défaillantes d’une pentecôte prolongée au-delà de toute décence. C’est à la lueur des bougies que les visages se décomposent pour de bon. Dans le public, Francis Bacon jubile et son menton tremblote avant de se répandre en gélatine rosâtre sur son plastron. Autour de lui, les gens s’efforcent de faire bonne figure sans trop perdre la face. En vain. Les joues s’affaissent et les sourires hypocrites se désagrègent aux avant-postes des assentiments convenus.

Dieu rallume le feu sous le chaudron de la bouillie primordiale. En matière de création, tout est toujours à recommencer.

Josiane Hubert.

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administrateur théâtres

L'Insoumise ou Scarlett O'Hara au pied du terril

Nous voici à L’ESPACE MAGH, le Centre culturel maghrébin, aussi accueillant que le hall d’un bel hôtel étoilé. A gauche en entrant, un superbe bar, décoration florale majestueuse, d’innombrables théières ventrues bientôt fumantes, l’accueil souriant d’Anissa - Ben Salah, la directrice et créatrice géniale de tout cet ensemble surprenant, à la lisière des Marolles et des quais de Senne. La musique feutrée… vous fait prendre le temps d’examiner de magnifiques toiles lumineuses, suspendues tout le long de la rampe d’accès vers la salle, dissimulée par de lourds rideaux rouges rehaussés de spots. Il faudra passer ce rideau de scène subsidiaire, pour accéder à la salle de spectacle, disposée sur deux niveaux, un concept ancien complètement dépoussiéré qui remplace une ancienne boîte de nuit. C’est confortable comme un lounge VIP.

Et puis voici en contraste fascinant et émouvant, L'Insoumise ou Scarlett O'Hara au pied du terril. « Seule en scène, Jamila Drissi s’est inspirée de sa mère, héroïne ordinaire d’une cité du Borinage, pour dessiner une pièce touchante, loin de tout misérabilisme, hommage à toutes ces mères qui ont connu l’exil et choyé leurs enfants malgré la misère. » Nous sommes au cœur du Borinage.

Jamila Drissi apparaît, dos à un immense écran qui par magie s’allume et se dissipe au moindre de ses signes. Les jeux de lumières très délicats éclairent la lecture de sa jeunesse, de ses rêves, de ses tendres souvenirs. Le fond de misère de son village couvert de la suie des terrils s’illumine des grands espaces américains ou de scènes de films romantiques. Les rêves de l’enfance. La capacité de voir la vie autrement, avec les yeux de l’amour. Avec simplicité elle évoque la solidarité de sa famille et de ce village tout entier, elle rend hommage à la joie, à la tendresse, à l’imaginaire qui recrée les couleurs au milieu de la suie, du travail harassant, des maladies de la mine. Sa mère n'est jamais allée à l'école mais elle adorait le cinéma, le théâtre, l'opéra et elle a semé les merveilleuses graines de la création dans sa fille, insoumise, de mère en fille! Jamila plonge dans le personnage de sa mère, qu’elle essaie de déchiffrer, car les yeux d’une petite fille voient parfois tout autre chose. Souvent un nuage gris menaçant et autoritaire! Elle raconte son père, si vite disparu à l’hôpital devenu sa dernière résidence secondaire… Elle fait raconter à sa mère sa vie en Algérie, sa venue en Belgique à 17 ans. Elle conte ses propres jeux d’enfants, le théâtre de la vie de village. Elle joue en guise de couplet, Anna, l'Italienne toujours au courant de tout, Thérèse et son inséparable caniche, Renée, l'alcoolique fumeuse de Belgas, avec leurs accents multiples, tellement drôles, puis redevient l’enfant irrésistible, riche de sa relation de princesse avec son père, ou bien Jacques Dufilho, ou bien les deux ? Mais il y a aussi Cathy l'Allemande et Henri le nazi revisités avec la lorgnette de l’enfance.

Que connaît-on des adultes ? Comment savoir si on connait bien ses parents ? Que peut-on connaître d’eux ? Cette vision d’enfant reçue au creux de notre main, un oiseau précieux qui ose chanter l’espoir à tue tête, est un bonheur insigne pour le spectateur. Pas la moindre harangue sociologique ou discours racoleur. On jette un regard neuf sur ces centaines d’immigrés venus de toutes parts, avides de se construire une nouvelle vie, digne et respectable. Le texte est plein d’humanité et d’humour et s’achève comme le générique d’un film d’amour. La réponse que reçoit Jamila à la fin de ses interrogations, est un hommage à la liberté et à la dignité de la femme, un envol pour la magie de l’écriture.

http://www.espacemagh.be/index.php

17 rue du Poiçon, Bruxelles

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