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Depuis ma fenêtre, je distingue la gare,
désertée, dépeuplée en cette heure de la journée,
un peu grise et muette !
Je voudrais y apercevoir la Seine, ses berges,
ses bancs en bois par les intempéries patinés,
sans personne dessus, juste un livre oublié et intact.
Une voix au vent mêlée ; un chant !
J'aimerais vous y rencontrer, votre tête pleine de moi,
toute minuscule pour m'y blottir entière ;
être votre majuscule-minuscule je voudrais !
Ce genre de vague à l'âme vous irait bien ;
des vagues chaudes, incessantes et caressantes,
géantes, de mes yeux pleines.
Bleues-grises ; métal chaud.
Cet infini poème, fluide et étincelant mélangé à
votre sang semblable au mien, je l'entends il me semble !
Vos pensées me touchent tout le temps.
«Être humain, c’est être une maison d’hôtes.
Tous les matins arrive un nouvel invité.
Une joie, une dépression, une méchanceté,
une prise de conscience momentanée vient
comme un visiteur inattendu.
Accueillez-les tous et prenez-en soin!
Même s’ils sont une foule de chagrins,
qui balaient violemment votre maison
et la vident de tous ses meubles,
traitez chaque invité honorablement.
Peut-être vient-il faire de la place en vous
pour de nouveaux délices.
La pensée sombre, la honte, la malice,
rencontrez-les à la porte en riant,
et invitez-les à entrer.
Soyez reconnaissants pour tous ceux qui viennent,
parce que chacun a été envoyé
comme un guide de l’au-delà.»
– Rumi, La Maison d'Hôtes
En ce jour d’anniversaire
...
À ma grande soeur, Marcelle
...
Je veux te redire :je t’aime!
J’ai des pensées ensoleillées
Face à des grâces réveillées.
Mon amour est resté le même.
...
Tu fus pour moi, un bon modèle,
Sage, discrète, courageuse,
Effacée, toujours généreuse,
À tes habitudes fidèle.
...
Alors que j’étais excessive,
Tu ne me critiquais jamais.
Ton comportement me calmait,
Quand je devenais agressive.
...
Tu as vieilli, malgré le temps,
Dévouée, douce, affectueuse.
Tes enfants te rendent heureuse.
Que ta vie demeure un printemps!
28 février 2012
- Situé à Ixelles, le CIVA est un centre culturel public dédié à l’architecture,à la ville et le paysage. Il réunit des bibliothèques, des centres d’archives et de documentations, des salles d’expositions et de conférences.
Il a une double vocation : d’une part héberger et soutenir des associations œuvrant dans les domaines de son objet social, d’autres part, développer une production culturelle propre.
Il a pour triple objectif :
- de faire connaître l'histoire pour conserver et vivifier la mémoire, de renforcer l'identité et agir pour la qualité architecturale dans toute sa diversité, tant dans la protection de l'existant que dans la création ;
- de stimuler le débat sur l'actualité pour sensibiliser des opinions et mieux orienter les choix ;
- de s'insérer dans un réseau international d'échanges et d'informations pour vivre au rythme du monde et être en prise directe sur l'innovation.
Le CIVA poursuit ces diverses missions tant par le biais d'expositions (monographies ou thématiques, seul ou en partenariat avec d'autres institutions culturelles) que via l'édition (catalogues d’expositions, monographies, ouvrages thématiques, CD roms, DVD, guides d’architecture,… encore l'organisation de débats, de colloques et de conférences.
A l’occasion de ses 12 ans d’existence, le CIVA et les associations-membres organisent un appel à candidatures pour la conception d’une nouvelle image forte, contemporaine, fédératrice, explicite et internationale, via la création d’une charte graphique et d’une signalétique du bâtiment, à l’intérieur et à l’extérieur. La mission à confier au consultant est décrite aux points 6.A. et 6.B. ci-dessous.
Cette image se déclinera dans tous les domaines de la communication interne et externe.
Appel à candidatures : Création de la nouvelle image du CIVA.
1. Conditions
Cet appel est ouvert aux professionnels de la communication graphique, indépendants ou sous forme d’agence.
2. Document à remettre
• une présentation générale du candidat / de l’agence (CV, références…) ;
• une liste de références comparables à la mission à réaliser pour le CIVA ;
• une sélection de projets choisis librement par le candidat et représentatifs de son travail, accompagnés d’une brève note reprenant les caractéristiques des projets (objet, budget, contexte) et expliquant la pertinence du choix de ces références ;
• un court essai libre – quelle qu'en soit la forme - faisant valoir la pertinence et la motivation de cette candidature.
Le dossier complet doit impérativement parvenir aux organisateurs pour le vendredi 30 mars 2012 avant 18h00 à l'adresse suivante :
A l’attention de Véronique Moerman
CIVA, Rue de l'Ermitage 55 - 1050 Bruxelles
T : 0032 2 642 24 53 (de 9h30 à 13h30)
veronique.moerman@civa.be
3. Mode de sélection et procédure
Les candidatures seront déposées au plus tard le lundi 30 mars 2012 au siège du CIVA, 55, rue de l’Ermitage – 1050 Bruxelles, à l’attention de Véronique Moerman.
En avril, une commission, présidée par Christophe Pourtois, Directeur du CIVA et composée de Véronique Moerman, responsable communication du CIVA et d’un représentant des associations membres, sélectionnera 5 candidats appelés à remettre une offre, appréciée sur base de leur capacité technique.
Les candidats sélectionnés seront appelés à remettre une offre pour le jeudi 31 mai 2012 comprenant les prix détaillés des différents services, une note d’intention détaillant la manière dont le soumissionnaire entend répondre aux prestations à réaliser, accompagnée des éléments graphiques pertinents.
Début juin, les candidats seront appelés à présenter leur offre à une commission présidée par Marie Vanhamme, Présidente du CIVA, et composée Christophe Pourtois, Directeur du CIVA, Véronique Moerman, responsable communication du CIVA, d’un représentant des associations membres et d’un expert extérieur invité. Cette commission analysera les offres et classera celles-ci selon leur intérêt en regard du prix proposé et de la qualité des prestations offertes.
L’avis de la Commission sur chacune des offres, le classement de celles-ci seront transmis au Conseil d’Administration du CIVA qui procédera à l’attribution du marché.
4. Calendrier
29 février 2012 > Lancement de l’appel à candidatures
30 mars 2012 : dépôt des candidatures
Avril > sélection des 5 candidats
31 mai 2012 : Remise des dossiers graphiques
Début juin 2012 : présentation par les 5 candidats de leurs travaux
Fin juin 2012 : Attribution du marché par le Conseil d'Administration du CIVA
5. contact
Véronique Moerman, responsable communication
CIVA, Rue de l'Ermitage 55 - 1050 Bruxelles
T.0032 2 642 24 53 (de 9h30 à 13h30)
veronique.moerman@civa.be
6. Cahiers des charges :
A. Charte graphique CIVA - associations-membres.
1. Logos
- Création ou adaptation du logo CIVA
- Création d’un logo « civa.be »
- Intégration du logo CIVA avec les logos des associations-membres (qui seront utilisés sur tous les documents lors d’événements communs)
2. Typographie
Définir une charte typographique commune, qui devra être lisible par le plus grand nombre, qui sera utilisée par le CIVA et les associations-membres pour tous documents (lettres, documents promotionnels…) réalisés en Belgique (et/ou à l’étranger). La typographie sera compatible avec toutes les utilisations informatiques décrites ci-dessous.
3. Documents promotionnels
Création de documents types pour :
- Affiche: format (40 x 60 cm) + (80 x 120 cm) + (100 x 135 cm) / Unilingue FR, bilingue FR - X
- Invitation : format américain / unilingue FR, bilingue FR - X, trilingue FR- X - Y
- Dépliant : A3, A4 /Unilingue FR, bilingue FR- X, trilingue FR- X - Y
- Visuel témoin, à destinations des diffuseurs, qui remplace la couverture des éditions non encore réalisées / Unilingue FR, bilingue FR- X, trilingue FR- X - Y
4. Papeterie (sous format world)
Il est demandé de concevoir un système coordonné de papeterie en vertu duquel le CIVA et les associations membres auront les mêmes documents, c'est-à-dire que toutes les associations-membres seront présentes sur tous les documents papier. L’expéditeur- utilisateur sera clairement mis en évidence.
C’est important pour que les destinataires comprennent d’une part ce que représente le CIVA et d’autre part qui les contacte.
Création de documents types pour
- Papier à entête : unilingue FR, bilingue FR-X
- Papier fax : unilingue FR, bilingue FR-X
- Carte de visite : unilingue FR, bilingue FR-X
- Carton compliment : unilingue FR, bilingue FR-X
- Facture : unilingue FR
- Facture pro-forma : bilingue FR-AN
- Chemise cartonnée à 3 rabats : trilingue FR
- Enveloppe (fomat américain) : unilingue FR, bilingue FR-X
- Etiquette
5. Dossier
Création de documents types unilingue FR, bilingue FR-X pour :
- Dossier de presse
- Dossier d’itinérance
- Dossier de sponsoring
6. Site internet
Relooker le site internet avec l’image créée et intégration des
facebook.com - Twitter.com - YouTube.com - myspace.com - Flickr.com - netlog.com
7. Electronique
Création de documents types unilingue FR, bilingue FR – X pour :
- Signature électronique
- newsletter
8. Matériels divers
Création de documents types pour :
- Pochette CD : unilingue FR, bilingue FR-X
- Pochette DVD : unilingue FR, bilingue FR-X
- Bic : unilingue FR
- Crayon : unilingue FR
- Sac en tissus : unilingue FR
- Cachet unilingue FR,
B. Signalétique du bâtiment
1 extérieure – Façades : Définir un concept qui inclurait
- Création de documents types pour 2 bannières au CIVA :
- 1er signalant l’institution de manière permanente trilingue FR – NL-AN
- 2ième signalant l’exposition temporaire principale bilingue FR - X)
- Bâche sur la façade du bâtiment à Espace Architecture La Cambre, ULB (signalisation d’exposition temporaire /bilingue FR - X)
- Marcage au sol autocollant bilingue FR – X à partir de l’avenue Louise vers le CIVA et depuis la place Flagey jusqu’à l’Espace architecture – La Cambre Horta,ULB
- Panneaux signalétiques conformes à la réglementation en vigueur, à partir de l’Avenue Louise vers le CIVA et depuis la place Flagey jusqu’à l’Espace architecture – La Cambre – Horta – ULB
- Autocollant translucides bilingue FR – X grand format signalisant les associations-membres du CIVA à placer sur les vitrines du rez-de-chaussée (locaux AAM)
- Autocollant translucides unilingue signalant le CIVA Lunch et le CIVA Book à placer sur les vitrines correspondantes du rez-de-chaussée
B. intérieur du bâtiment : Définir un concept qui inclurait
Création de documents types trilingues FR – X – Y pour :
- schéma du bâtiment avec identification des activités permanentes et des associations-membres (support à définir)
- Schéma du bâtiment avec indication des activités temporaires
( support à définir)
- flèches directionnelles permanentes et flèches directionnelles de signalisation d’événements
Chaque nom, abstrait ou concret,
Évoque un état, une image,
Suivant leur humeur et leur âge,
À ceux qui l’avaient rencontré.
...
Un animal ou une chose,
Ne se conçoit pas aisément,
En étant décrit seulement.
Une photo aide la cause.
...
Or, on ne peut rendre sensible,
Un état par soi ressenti,
Aimé, combattu, consenti.
Il n’est certes pas transmissible.
...
Une analogie usitée,
Est une aide bien imparfaite.
Dans une obscurité complète,
Sait-on ce qu’est la cécité ?
...
Certes des noms sont octroyés
À l’énergie inconnaissable,
Aux phénomènes insondables.
Ils demeureront employés.
...
On parlera toujours de l’âme,
Qui conserve un être vivant,
Sans savoir ce qu’elle est vraiment.
Qu’en est-il à la fin du drame?
...
29 février 2012
Sois toi, vole au dessus des nuages
sois comme l'oiseau libre de vivre
apprends à ne pas parler dans le vide
sois toi, oublie le passé , seul compte le devenir...
Danse au grès des vagues et crois en tes capacités
on n'est pas seul dans l'éternité , on veille sur ton âme.
Sois terre à terre quand il faut l'être
Sois un arbre bien en terre, on t'aidera à garder les pieds sur terre.
Sois positive , dans tes moments de peines et de doutes
Sois heureuse d'être là même si parfois c'est dur
Tu sais tu guériras de tes peurs et de ta maladie
on est là pour t'aider à évoluer sur le chemin de la guérison.
Accroches toi , tu sais vivre ,c'est simplement respirer
ressentir et toujours voir le meilleur dans le pire.
Le moment viendra où tu reposeras tes ailles
De ta fatigue rejailiera le soleil.........
Que faire de tout ce jour en plus ?
2012… année bissextile… jour cadeau du temps… comme cela… pour le plaisir…
Certains diront que le temps, c’est de l’argent… Un peu plus à déposer dans l’escarcelle…
Imaginons un joli paquet oublié sous le sapin… Tout un jour à utiliser au mieux… à perdre… ou à gaspiller… au choix de chacun…
Qu’en ferais-tu, toi lecteur ?
Et toi, le centenaire du 29 février aux vingt-cinq printemps ? Irais-tu compter fleurette ou te remémorerais-tu les guerres et les luttes, les petits et les grands bonheurs tout en levant ton verre de jus de pommes ?
29 février, frileux perturbateur… Que ferais-je de toi, maintenant que chacun de mes jours n’est que ce que je veux bien en faire ? Vais-je devoir te vivre en attendant le mois suivant ou bien vais-je te regretter ?
Je ne peux t’ignorer… Je refuse de te subir…
Un cadeau qu’il est impossible de refuser… Mais je n’ai rien demandé au temps… Pourquoi se fait-il soudain bienfaiteur de l’humanité ?
Et pourtant, tout bien pesé… Un jour en plus pour me permettre d’être un jour plus jeune plus longtemps… Notre anniversaire retardé d’un jour… 29 février : fontaine de Jouvence ???
J’en redemande chaque année !!!
Bonjours à tous,
Pour Information et découverte sur les dernières techniques de la vision.
Voici un concept Hybride de pure création qui tourne autour de la 3 D, et que j'appelle Morphose Vectorielle. En effet le résultat entre la photographie et une oeuvre peinte est surprenant.
Merci
Disgrâces de matins
pâles comme tes joues.
Dans tes yeux de chimères
la trace de la mort
comme soeur de misère.
Brûlent encore des parfums
venus d'antres lointains
sourdines de douleurs
comme des fleurs amères.
Il faudrait revenir
à la tombée du jour
savoir le choix des mots
sur le poids des amours...
le regard ne peut s'infiltrer
le mur est cassé
la porte est brisée
interdit de stationner
quel mystère se cache?
est-ce une triste histoire ?
les histoires sont souvent tristes ...
Sinon il n'y aurait pas d'histoire
ce serait un conte
AA
Absence de mères,
Pères perdus, en partance, paumés,
Brutale et frontale solitude,
Choc sourd, lourd,
Débrouillardise et survie ;
dans nos têtes, cette bousculade tout le temps,
violente et conséquente vers l’obscur,
le trop dur, l’impur !
Michèle et moi,
L’une dans l’autre, nous nous abritions,
Nous nous protégions contre le pire, ce « noir avenir » ;
par cœur nous nous connaissions,
Solidarité enfantine, instinctive, salvatrice ;
résistance déjà !
Nos rires, nos insolences et nos
Pitreries étaient nos chauds manteaux même l’été ;
Cette fibre de pudeur !
Nos corps tantôt anorexiques, tantôt boulimiques
nous éloignaient des autres ;
Sans tuteur, nous étions de vulnérables fleurs.
Nos cœurs étaient trop là, trop las,
porteurs bien avant l’heure des
responsabilités et des soucis des « Grands » ;
ceux qui décrétaient et croyaient tout savoir.
Nous étions deux petites géantes,
un peu jumelles et turbulentes,
au cœur de notre cité vertigineuse et verte,
excentrée et hurlante.
Construction d’un monde alors,
premiers pas de l’écriture.
Un genre de premier p’tit bonheur !
D’Anton Tchekhov.
Adaptation et mise en scène de Michel Dezoteux.
Avec: Rosario Amedeo, Karim Barras, Erwin Grünspan, Blaise Ludik, Sophie Maillard, Fanny Marcq, Emilie Maquest, AntojO,Dominique Pattuelli, Julien Pillot, Achille Ridolfi, Alexandre Trocki.
Un spectacle bouillonnant de vie, d’humanité et d'émois... et pourtant il n'y a pas vraiment d’intrigue! De la magie théâtrale pure et simple, mais ô combien fignolée! Le spectateur est happé du plus profond de ses affects, et hissé au-delà de son ennui. C’est que l’émotion circule dans tous les sens, le théâtre est une rotonde, les spectateurs tous invités sur scène vibrent à l’unisson avec les comédiens, cœurs déchaînés. Tous dans le même creuset. Le thème de l’ennui provincial se fond avec celui de la recherche éperdue du sens de la vie. « Quel est le sens de tout ça ? Tiens il neige, où est le sens ?» Macha : « Il me semble que l'homme doit avoir une foi, du moins en chercher une, sinon sa vie est complètement vide... Vivre et ignorer pourquoi les cigognes volent, pourquoi les enfants naissent, pourquoi il y a des étoiles dans le ciel... Il faut savoir pourquoi l'on vit, ou alors tout n'est que balivernes et foutaises. » En filigrane le pessimisme foncier de Gogol fuyant vers l’Europe en berline ressort: « On s'ennuie à se pendre, dans ce monde, Messieurs ! » Tour à tour le rêve, l’imagination s’emparent de chaque protagoniste … et l’inaction sert chacun à la gorge. Le public ne fait rien que regarder. Les comédiens à travers rires et pleurs comme aux giboulées de Mars, ne font pas avancer l’histoire. Rien ne change, malgré le temps qui passe, d’année en année, et c’est juste la vieillesse qui creuse son désespoir, tarit l’enthousiasme, tue, comme l’alcool, à petit feu.
Il ne reste plus rien du médecin militaire. Il a tout oublié, il n’existe plus, d’un geste évocateur il fait mine d’ouvrir sa boîte crânienne, c’est le vide, tout est parti, envolé, et il s’en fout : seul remède contre le désespoir ! « Nous ne vivons pas, il n'y a rien en ce monde, nous n'existons pas, nous le croyons seulement... Et n'est-ce pas bien égal ?... » Ses solos d’ébriété déchainent les rires, l’humour est triste.
Irina, la plus fantasque, celle qui poursuit son rêve avec le plus d’acharnement, qui vit le plus d’imaginaire sera la plus grande victime. « Mais mon cœur est comme un piano précieux fermé à double tour, dont on aurait perdu la clé. » Elle n’arrive pas à dire les mots que le baron, qu’elle est sur le point d’épouser, voudrait entendre avant d’ouvrir la porte sur la dernière affaire à régler de sa vie. « Un baron de plus ou de moins… » ironisera encore le médecin, impassible devant l’absurdité.
Le frère adoré, Andreioucha, à l’avenir tellement prometteur est devenu fonctionnaire administratif au lieu de sa brillante carrière de professeur. Il a été berné par une femme fatale prédatrice et dure, qui fabrique des enfants avec l’égoïsme d’une féline sans cœur. Ce n’est pas tant la mort du père un an avant qui « a libéré son corps et son âme » comme il le prétend, c’est la privation d’action, imposée par la Natalia toute puissante qui le fait grossir à vue d’œil ! Humour triste et affectueux. Et si approprié ! Quand la mante religieuse va-t-elle le dévorer ? Il est à point, couvert de dettes de jeu, il a hypothéqué la maison familiale sans l’avis de ses sœurs.
Et pourtant, à la fin le souffle mêlé des trois sœurs fait renaître l’espoir insensé dans la vie, crié à tue tête. Malgré la neige glacée éparpillée sur le sol, la maison perdue… Le mari de Macha accueille sa femme comme s’il ne s’était jamais rien passé avec le Verchinine, sagesse de cœur, confiance radieuse en l’inaction. Les défaillances du réel sont si négligeables ! Voilà pour l’homme. « La vie est immuable, Monsieur, elle a ses propres lois que nous ne comprenons pas.» Mais l’homme est éphémère : « On nous oubliera » répètent inlassablement les personnages tour à tour : « Pour nous le travail, rien que le travail pour que les générations de l’avenir aient un avenir élargi ...heureux ! » Cette pièce a ressuscité Tchékhov, l’auteur, et nos espoirs.
L’interprétation, les mouvements, l’élocution, la vivacité des répliques sont pour le spectateur, une ronde de délices que l’on savoure minute par minute. Quel plaisir !
vu le 2 octobre 2010
repris en février-mars 2012
Bruit ardeur, bruit rigueur, fracas mat du fendeur*,
Ennuyeux ou joyeux, il peine et encaisse,
Les coups durs du travail, passe au tiroir-caisse,
Bruit grondeur, bruit gerbeur*, fracas sourd du labeur.
Bruits, bruits, bruits.
Bruit lourdeur, bruit hurleur, fracas de l‘ébarbeur,
Braillement, l’accident, râle du tâcheron,
Blessé dans sa chair, pour les gains du baron,
Bruit rumeur, bruit fâcheur, fracas cris du fondeur.
Bruits, bruits, bruits.
Bruit frondeur, bruit casseur, fracas de l’harangueur,
Qui revendique à cris et à corps un morceau,
Plus égal au patron, une part du gâteau,
Bruit putscheur, bruit grèveur, fracas du travailleur.
Bruits, bruits, bruits.
Bruit douleur, bruit brûleur, fracas client du docteur,
Maladies du feu de fer professionnel,
De la mort voit l’avis et le bout du tunnel,
Bruit tumeur, bruit pleureur, fracas d’un grand malheur.
Bruits, bruits, bruits,
Silence !
Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.
Fendeur : personne qui fend le fer dans les anciennes forges.
Gerbeur : engin de manutention, ouvrier qui empile des marchandises.
Fâcheur, putscheur, grèveur ont été créés pour les besoins de la rime et du poème.
Je pénètre dans le bureau de mon nouveau psychanalyste,
Je lui dis « oh, je n’ai même pas eu le temps de me maquiller »,
Il ne répond rien, enfin si ; il pose sur moi, un regard limpide, profond, un peu surpris.
Une bulle relationnelle, ouverte sur le Monde, qui vole, vole, audacieuse et multicolore, n’éclate jamais ;
une paix exceptionnelle.
La pièce est claire, feutrée, d’où l’on peut voir l’extérieur grâce à une baie vitrée, très grande, limpide.
Soudain, l’agitation, la gesticulation d’une femme venue dont ne sait où, perturbe, empêche le
commencement de la séance.
Je regarde, étonnée et silencieuse l’étrange scène, bruyante et aphone à la fois, blanche.
Le psychanalyste se lève, essaye de faire sortir la femme, visiblement furieuse, par l’ouverture de la baie vitrée
toute ensoleillée.
Une fois dehors, la femme se métamorphose en un livre, puis en plusieurs, répandus sur l’herbe verte et régulière.
Elle disparait, pour vivre encore plus fort.
Je regarde, puis je dis ceci ; « oh on dirait un livre, de la poésie » !
Je trouve ce rêve fort troublant en même temps que plaisant, agréable ;
une sortie envisageable grâce aux mots, au vert de l’herbe, à la lumière, enfin à cette alchimie formidable !
Puis je me réveille, impatiente de tout écrire pour ne rien oublier.
Ivan Karizna - Eliane Reyes
BOZARSUNDAYS
Dimanche 26.02.2012 11:00
Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf
Les BOZARSUNDAYS sont « LE » rendez-vous des familles amateurs de l’art dans toutes ses expressions. Après le petit-déjeuner en famille, les générations se séparent. Les adultes ont le choix soit de visiter une exposition en compagnie d’un guide, soit d’assister à un concert pendant que les enfants à partir de 3 ans participent à un atelier bilingue et explorent la fibre artistique qu’ils portent en eux. Quelques dimanches par an, un film est programmé pour toute la famille. Ce dimanche 26 février a accueilli un concert chatoyant de sonorités dans la salle Henry Le Bœuf.
Joli programme :
Robert Schumann, Fantasiestücke pour violoncelle et piano, op. 73
Ludwig van Beethoven, Sonate pour violoncelle et piano n° 4, op. 102/1
Sergey Prokofiev, Sonate pour violoncelle et piano, op. 119
Ivan Karizna violoncelle - Eliane Reyes piano
Deux jeunes interprètes débordants d’amour de la musique saluent un parterre presque complet. Nous étions allés au concert pour Eliane Reyes (née en 1977) , nous découvrons Ivan Karizna (né en 1992) un jeune musicien magnétique qui fait, rire, rêver, pleurer et méditer grâce à son jeu vibrant et subtil. Son lien intime avec son instrument émerveille, il joue souvent les yeux fermés, distillant son énergie intérieure, faisant éclater la passion et poursuivant les moindres frémissements de l’âme de cordes, en glissades vertigineuses. Not Love Alone, Spirit. And Power. Une trilogie de perfection. Parfois il parcourt l’instrument dans tous les sens comme s’il partait à l’assaut de terres inviolées. Des touches tour à tour vives, tendres, sombres virevoltent sous nos yeux, mystérieux papillons flamboyants qui égrènent l’émotion. On connait Elyane Reyes et ses doigts de fée lorsqu’elle se penche sur son instrument comme sur un berceau et fait jaillir tantôt la romance et la lumière tantôt l’esprit de conquête et la fougue. Ensemble, ils distillent une très belle interprétation de l’opus 73 de Schumann.
La Sonate pour violoncelle et piano n° 4 de Beethoven est magnifiquement maîtrisée. Les très belles ornementions pianistiques, les attaques vaillantes, les accords frappés avec passion alternent avec des envolées bucoliques ; pause. Les notes graves que l’on aime au violoncelle répondent au piano, énonciateur de mystère pour se transformer en chant nostalgique. Les festons de trilles gracieux s’interposent avant la reprise des accords francs et de la fougue du 2e mouvement. Le 4e débute dans le suspense pour terminer dans une vivacité de printemps qui éclate.
Et voici le chef-d’œuvre : le morceau de Prokoviev, bouillant, scandé plein de surprises pincées aux cordes, de battements de cœur échappés du piano, déployant des poupées russes toujours renouvelées et de plus en plus ciselées. Turbulences et le violoncelle se prend pour Paganini, des notes ondulent en écho. Des pizzicati jazzy font imaginer un groupe de trompettes fantomatiques. Une allégorie de la beauté expose toutes ses courbes. Tongue in cheek , le thème dansant jazzy reprend. Surbrillance, défoulement, les cheveux d’ Ivan Karizna volent, son visage épanoui aspire la musique à grandes goulées. On est dans une fête villageoise, il y a des accords burlesques et un violon sur le toit. Le toucher frissonnant de pizzicati précède des regards par-dessus l’épaule à la pianiste, avant d’entonner un duo de romance. On perçoit le rire intérieur du violoncelliste qui fait babiller les cordes, l’archet s’effiloche sous tant de vigueur, le piano ne cède rien sur le terrain passionnel qui cherche l’apothéose, la construit et la trouve.
Les deux virtuoses sont applaudis, comme on applaudit lors d’une soirée grandiose. Ensemble ils nous feront un dernier cadeau - slave bien sûr - en forme de bis éblouissant : le "Quadrille" de l’Opéra "Not Love Alone" de Rodion Schedrin.
Y a-t-il un art primitif ?.Non, l'art est l'Art,c'est notre perception qui est réductrice !.
L'art actuel peut être défini comme primitif ou d'avant garde .
Comment sera-t-il jugé dans 300 ans ?! PJ ma perception du viaduc de Milhau !
Je m’émerveille, en m’étonnant,
Face à l’énergie créatrice,
Étant à la fois spectatrice
Et animée par son courant.
...
Le fonctionnement du cerveau
Permet à l’être de survivre.
C’est un incomparable livre,
Où s’inscrivent des faits nouveaux.
...
Il capte les expériences,
Avec plus ou moins de détails,
Puis il nous guide sur des rails,
Nous incitant à la prudence.
...
Je suis comblée par ma mémoire,
Insurpassable à préserver
Des événements arrivés,
Qui agrémentent mon histoire.
...
Elle est purement affective,
Me restitue nombreux émois.
Quand, elle ne peut rien pour moi
Muette et restant inactive,
...
Je vais alors, avec succès,
À la mémoire artificielle.
Je n'ai pas besoin de ficelles,
Fiable, elle est d’un libre accès.
...
27 février 2012
Ma peau claire, lisse,
terre de délices de ta peau,
vaste berceau,
de nos mots sans nul bruit chuchotés, agrandis,
gestes paroxystiques et légers,
mélodie chaude ;
pluie dehors.
Ma peau blanche, lisse,
Glissement lent de ta soie sur moi,
précieuse et complice,
de ta peau bel été,
Résonnance de mon sang,
contre tes blêmes veines,
instrumentales cordes ;
Pluie dehors.
Nos corps accordés,
Lys l’un dans l’autre greffés,
éclos, exacerbés dans la noirceur du soir ;
Nuit monumentale alors,
musicale et solaire
pour eux seuls !
Pouvons-nous être convaincus,
Quand la mémoire nous présente
La réalité évidente
De faits que nous avons vécus?
...
Frères et soeurs qui se souviennent,
Réagissent différemment
Et plus ou moins spontanément,
Aux images qui les surprennent.
...
Une date, un événement
Parfois ont été occultés
Par ceux qui ont la faculté
D’engranger arbitrairement.
...
Ce qui était imprévisible
Se produit, au cours d’un échange,
Si un état d’esprit dérange,
Attriste ou bien rend irascible.
...
Une vérité douloureuse
Devrait demeurer acceptable.
Or quand elle est insupportable,
On la dit fausse, ou bien, douteuse.
...
26 février 2012