«Être humain, c’est être une maison d’hôtes. Tous les matins arrive un nouvel invité.
Une joie, une dépression, une méchanceté, une prise de conscience momentanée vient comme un visiteur inattendu.
Accueillez-les tous et prenez-en soin! Même s’ils sont une foule de chagrins, qui balaient violemment votre maison et la vident de tous ses meubles, traitez chaque invité honorablement. Peut-être vient-il faire de la place en vous pour de nouveaux délices.
La pensée sombre, la honte, la malice, rencontrez-les à la porte en riant, et invitez-les à entrer.
Soyez reconnaissants pour tous ceux qui viennent, parce que chacun a été envoyé comme un guide de l’au-delà.» – Rumi, La Maison d'Hôtes
Publié(e) par Robert Paul le 29 février 2012 à 6:00
Situé à Ixelles, le CIVA est un centre culturel public dédié à l’architecture,à la ville et le paysage. Il réunit des bibliothèques, des centres d’archives et de documentations, des salles d’expositions et de conférences. Il a une double vocation : d’une part héberger et soutenir des associations œuvrant dans les domaines de son objet social, d’autres part, développer une production culturelle propre.
Il a pour triple objectif : - de faire connaître l'histoire pour conserver et vivifier la mémoire, de renforcer l'identité et agir pour la qualité architecturale dans toute sa diversité, tant dans la protection de l'existant que dans la création ; - de stimuler le débat sur l'actualité pour sensibiliser des opinions et mieux orienter les choix ; - de s'insérer dans un réseau international d'échanges et d'informations pour vivre au rythme du monde et être en prise directe sur l'innovation.
Le CIVA poursuit ces diverses missions tant par le biais d'expositions (monographies ou thématiques, seul ou en partenariat avec d'autres institutions culturelles) que via l'édition (catalogues d’expositions, monographies, ouvrages thématiques, CD roms, DVD, guides d’architecture,… encore l'organisation de débats, de colloques et de conférences.
A l’occasion de ses 12 ans d’existence, le CIVA et les associations-membres organisent un appel à candidatures pour la conception d’une nouvelle image forte, contemporaine, fédératrice, explicite et internationale, via la création d’une charte graphique et d’une signalétique du bâtiment, à l’intérieur et à l’extérieur. La mission à confier au consultant est décrite aux points 6.A. et 6.B. ci-dessous.
Cette image se déclinera dans tous les domaines de la communication interne et externe.
Appel à candidatures : Création de la nouvelle image du CIVA.
1. Conditions
Cet appel est ouvert aux professionnels de la communication graphique, indépendants ou sous forme d’agence.
2. Document à remettre
• une présentation générale du candidat / de l’agence (CV, références…) ; • une liste de références comparables à la mission à réaliser pour le CIVA ; • une sélection de projets choisis librement par le candidat et représentatifs de son travail, accompagnés d’une brève note reprenant les caractéristiques des projets (objet, budget, contexte) et expliquant la pertinence du choix de ces références ; • un court essai libre – quelle qu'en soit la forme - faisant valoir la pertinence et la motivation de cette candidature.
Le dossier complet doit impérativement parvenir aux organisateurs pour le vendredi 30 mars 2012 avant 18h00 à l'adresse suivante :
A l’attention de Véronique Moerman CIVA, Rue de l'Ermitage 55 - 1050 Bruxelles T : 0032 2 642 24 53 (de 9h30 à 13h30) veronique.moerman@civa.be
3. Mode de sélection et procédure
Les candidatures seront déposées au plus tard le lundi 30 mars 2012 au siège du CIVA, 55, rue de l’Ermitage – 1050 Bruxelles, à l’attention de Véronique Moerman.
En avril, une commission, présidée par Christophe Pourtois, Directeur du CIVA et composée de Véronique Moerman, responsable communication du CIVA et d’un représentant des associations membres, sélectionnera 5 candidats appelés à remettre une offre, appréciée sur base de leur capacité technique.
Les candidats sélectionnés seront appelés à remettre une offre pour le jeudi 31 mai 2012 comprenant les prix détaillés des différents services, une note d’intention détaillant la manière dont le soumissionnaire entend répondre aux prestations à réaliser, accompagnée des éléments graphiques pertinents.
Début juin, les candidats seront appelés à présenter leur offre à une commission présidée par Marie Vanhamme, Présidente du CIVA, et composée Christophe Pourtois, Directeur du CIVA, Véronique Moerman, responsable communication du CIVA, d’un représentant des associations membres et d’un expert extérieur invité. Cette commission analysera les offres et classera celles-ci selon leur intérêt en regard du prix proposé et de la qualité des prestations offertes.
L’avis de la Commission sur chacune des offres, le classement de celles-ci seront transmis au Conseil d’Administration du CIVA qui procédera à l’attribution du marché.
4. Calendrier
29 février 2012 > Lancement de l’appel à candidatures 30 mars 2012 : dépôt des candidatures Avril > sélection des 5 candidats 31 mai 2012 : Remise des dossiers graphiques Début juin 2012 : présentation par les 5 candidats de leurs travaux Fin juin 2012 : Attribution du marché par le Conseil d'Administration du CIVA
5. contact
Véronique Moerman, responsable communication CIVA, Rue de l'Ermitage 55 - 1050 Bruxelles T.0032 2 642 24 53 (de 9h30 à 13h30) veronique.moerman@civa.be
6. Cahiers des charges : A. Charte graphique CIVA - associations-membres.
1. Logos - Création ou adaptation du logo CIVA - Création d’un logo « civa.be » - Intégration du logo CIVA avec les logos des associations-membres (qui seront utilisés sur tous les documents lors d’événements communs)
2. Typographie Définir une charte typographique commune, qui devra être lisible par le plus grand nombre, qui sera utilisée par le CIVA et les associations-membres pour tous documents (lettres, documents promotionnels…) réalisés en Belgique (et/ou à l’étranger). La typographie sera compatible avec toutes les utilisations informatiques décrites ci-dessous.
3. Documents promotionnels Création de documents types pour : - Affiche: format (40 x 60 cm) + (80 x 120 cm) + (100 x 135 cm) / Unilingue FR, bilingue FR - X - Invitation : format américain / unilingue FR, bilingue FR - X, trilingue FR- X - Y - Dépliant : A3, A4 /Unilingue FR, bilingue FR- X, trilingue FR- X - Y - Visuel témoin, à destinations des diffuseurs, qui remplace la couverture des éditions non encore réalisées / Unilingue FR, bilingue FR- X, trilingue FR- X - Y
4. Papeterie (sous format world) Il est demandé de concevoir un système coordonné de papeterie en vertu duquel le CIVA et les associations membres auront les mêmes documents, c'est-à-dire que toutes les associations-membres seront présentes sur tous les documents papier. L’expéditeur- utilisateur sera clairement mis en évidence. C’est important pour que les destinataires comprennent d’une part ce que représente le CIVA et d’autre part qui les contacte.
Création de documents types pour - Papier à entête : unilingue FR, bilingue FR-X - Papier fax : unilingue FR, bilingue FR-X - Carte de visite : unilingue FR, bilingue FR-X - Carton compliment : unilingue FR, bilingue FR-X - Facture : unilingue FR - Facture pro-forma : bilingue FR-AN - Chemise cartonnée à 3 rabats : trilingue FR - Enveloppe (fomat américain) : unilingue FR, bilingue FR-X - Etiquette
5. Dossier Création de documents types unilingue FR, bilingue FR-X pour : - Dossier de presse - Dossier d’itinérance - Dossier de sponsoring
6. Site internet Relooker le site internet avec l’image créée et intégration des facebook.com - Twitter.com - YouTube.com - myspace.com - Flickr.com - netlog.com
7. Electronique Création de documents types unilingue FR, bilingue FR – X pour : - Signature électronique - newsletter
8. Matériels divers Création de documents types pour : - Pochette CD : unilingue FR, bilingue FR-X - Pochette DVD : unilingue FR, bilingue FR-X - Bic : unilingue FR - Crayon : unilingue FR - Sac en tissus : unilingue FR - Cachet unilingue FR,
B. Signalétique du bâtiment
1 extérieure – Façades : Définir un concept qui inclurait
- Création de documents types pour 2 bannières au CIVA : - 1er signalant l’institution de manière permanente trilingue FR – NL-AN - 2ième signalant l’exposition temporaire principale bilingue FR - X) - Bâche sur la façade du bâtiment à Espace Architecture La Cambre, ULB (signalisation d’exposition temporaire /bilingue FR - X) - Marcage au sol autocollant bilingue FR – X à partir de l’avenue Louise vers le CIVA et depuis la place Flagey jusqu’à l’Espace architecture – La Cambre Horta,ULB - Panneaux signalétiques conformes à la réglementation en vigueur, à partir de l’Avenue Louise vers le CIVA et depuis la place Flagey jusqu’à l’Espace architecture – La Cambre – Horta – ULB - Autocollant translucides bilingue FR – X grand format signalisant les associations-membres du CIVA à placer sur les vitrines du rez-de-chaussée (locaux AAM) - Autocollant translucides unilingue signalant le CIVA Lunch et le CIVA Book à placer sur les vitrines correspondantes du rez-de-chaussée
B. intérieur du bâtiment : Définir un concept qui inclurait Création de documents types trilingues FR – X – Y pour : - schéma du bâtiment avec identification des activités permanentes et des associations-membres (support à définir) - Schéma du bâtiment avec indication des activités temporaires ( support à définir) - flèches directionnelles permanentes et flèches directionnelles de signalisation d’événements
Publié(e) par Yvette Hulin le 28 février 2012 à 10:09
Que faire de tout ce jour en plus ?
2012… année bissextile… jour cadeau du temps… comme cela… pour le plaisir…
Certains diront que le temps, c’est de l’argent… Un peu plus à déposer dans l’escarcelle…
Imaginons un joli paquet oublié sous le sapin… Tout un jour à utiliser au mieux… à perdre… ou à gaspiller… au choix de chacun…
Qu’en ferais-tu, toi lecteur ?
Et toi, le centenaire du 29 février aux vingt-cinq printemps ? Irais-tu compter fleurette ou te remémorerais-tu les guerres et les luttes, les petits et les grands bonheurs tout en levant ton verre de jus de pommes ?
29 février, frileux perturbateur… Que ferais-je de toi, maintenant que chacun de mes jours n’est que ce que je veux bien en faire ? Vais-je devoir te vivre en attendant le mois suivant ou bien vais-je te regretter ?
Je ne peux t’ignorer… Je refuse de te subir…
Un cadeau qu’il est impossible de refuser… Mais je n’ai rien demandé au temps… Pourquoi se fait-il soudain bienfaiteur de l’humanité ?
Et pourtant, tout bien pesé… Un jour en plus pour me permettre d’être un jour plus jeune plus longtemps… Notre anniversaire retardé d’un jour… 29 février : fontaine de Jouvence ???
Pour Information et découverte sur les dernières techniques de la vision.
Voici un concept Hybride de pure création qui tourne autour de la 3 D, et que j'appelle Morphose Vectorielle. En effet le résultat entre la photographie et une oeuvre peinte est surprenant.
Un spectacle bouillonnant de vie, d’humanité et d'émois... et pourtant il n'y a pas vraiment d’intrigue! De la magie théâtrale pure et simple, mais ô combien fignolée! Le spectateur est happé du plus profond de ses affects, et hissé au-delà de son ennui. C’est que l’émotion circule dans tous les sens, le théâtre est une rotonde, les spectateurs tous invités sur scène vibrent à l’unisson avec les comédiens, cœurs déchaînés. Tous dans le même creuset. Le thème de l’ennui provincial se fond avec celui de la recherche éperdue du sens de la vie.« Quel est le sens de tout ça ? Tiens il neige, où est le sens ?» Macha : «Il me semble que l'homme doit avoir une foi, du moins en chercher une, sinon sa vie est complètement vide... Vivre et ignorer pourquoi les cigognes volent, pourquoi les enfants naissent, pourquoi il y a des étoiles dans le ciel... Il faut savoir pourquoi l'on vit, ou alors tout n'est que balivernes et foutaises. »En filigrane le pessimisme foncier de Gogol fuyant vers l’Europe en berline ressort: « On s'ennuie à se pendre, dans ce monde, Messieurs ! »Tour à tour le rêve, l’imagination s’emparent de chaque protagoniste … et l’inaction sert chacun à la gorge. Le public ne fait rien que regarder. Les comédiens à travers rires et pleurs comme aux giboulées de Mars, ne font pas avancer l’histoire. Rien ne change, malgré le temps qui passe, d’année en année, et c’est juste la vieillesse qui creuse son désespoir, tarit l’enthousiasme, tue, comme l’alcool, à petit feu.
Il ne reste plus rien du médecin militaire. Il a toutoublié, il n’existe plus, d’un geste évocateur il fait mine d’ouvrir sa boîte crânienne, c’est le vide, tout est parti, envolé, et il s’en fout : seul remède contre le désespoir !« Nous ne vivons pas, il n'y a rien en ce monde, nous n'existons pas, nous le croyons seulement... Et n'est-ce pas bien égal ?... »Ses solos d’ébriété déchainent les rires, l’humour est triste.
Irina, la plus fantasque, celle qui poursuit son rêve avec le plus d’acharnement, qui vit le plus d’imaginaire sera la plus grande victime.« Mais mon cœur est comme un piano précieux fermé à double tour, dont on aurait perdu la clé. »Elle n’arrive pas à dire les mots que le baron, qu’elle est sur le point d’épouser, voudrait entendre avant d’ouvrir la porte sur la dernière affaire à régler de sa vie.« Un baron de plus ou de moins… »ironisera encore le médecin, impassible devant l’absurdité.
Le frère adoré, Andreioucha, à l’avenir tellement prometteur est devenu fonctionnaire administratif au lieu de sa brillante carrière de professeur. Il a été berné par une femme fatale prédatrice et dure, qui fabrique des enfants avec l’égoïsme d’une féline sans cœur. Ce n’est pas tant la mort du père un an avant qui« a libéré son corps et son âme »comme il le prétend, c’est la privation d’action, imposée par la Natalia toute puissante qui le fait grossir à vue d’œil ! Humour triste et affectueux. Et si approprié ! Quand la mante religieuse va-t-elle le dévorer ? Il est à point, couvert de dettes de jeu, il a hypothéqué la maison familiale sans l’avis de ses sœurs.
Et pourtant, à la fin le souffle mêlé des trois sœurs fait renaître l’espoir insensé dans la vie, crié à tue tête. Malgré la neige glacée éparpillée sur le sol, la maison perdue… Le mari de Macha accueille sa femme comme s’il ne s’était jamais rien passé avec le Verchinine, sagesse de cœur, confiance radieuse en l’inaction. Les défaillances du réel sont si négligeables ! Voilà pour l’homme.« La vie est immuable, Monsieur, elle a ses propres lois que nous ne comprenons pas.»Mais l’homme est éphémère: « On nous oubliera »répètent inlassablement les personnages tour à tour :« Pour nous le travail, rien que le travail pour que les générations de l’avenir aient un avenir élargi ...heureux ! »Cette pièce a ressuscité Tchékhov, l’auteur, et nos espoirs.
L’interprétation, les mouvements, l’élocution, la vivacité des répliques sont pour le spectateur, une ronde de délices que l’on savoure minute par minute. Quel plaisir !
Les BOZARSUNDAYS sont « LE » rendez-vous des familles amateurs de l’art dans toutes ses expressions. Après le petit-déjeuner en famille, les générations se séparent. Les adultes ont le choix soit de visiter une exposition en compagnie d’un guide, soit d’assister à un concert pendant que les enfants à partir de 3 ans participent à un atelier bilingue et explorent la fibre artistique qu’ils portent en eux. Quelques dimanches par an, un film est programmé pour toute la famille. Ce dimanche 26 février a accueilli un concert chatoyant de sonorités dans la salle Henry Le Bœuf.
Joli programme :
Robert Schumann, Fantasiestücke pour violoncelle et piano, op. 73 Ludwig van Beethoven, Sonate pour violoncelle et piano n° 4, op. 102/1 Sergey Prokofiev, Sonate pour violoncelle et piano, op. 119
Ivan Karizna violoncelle - Eliane Reyes piano
Deux jeunes interprètes débordants d’amour de la musique saluent un parterre presque complet. Nous étions allés au concert pour Eliane Reyes (née en 1977) , nous découvrons Ivan Karizna(né en 1992) un jeune musicien magnétique qui fait, rire, rêver, pleurer et méditer grâce à son jeu vibrant et subtil. Son lien intime avec son instrument émerveille, il joue souvent les yeux fermés, distillant son énergie intérieure, faisant éclater la passion et poursuivant les moindres frémissements de l’âme de cordes, en glissades vertigineuses. Not Love Alone, Spirit. And Power. Une trilogie de perfection. Parfois il parcourt l’instrument dans tous les sens comme s’il partait à l’assaut de terres inviolées. Des touches tour à tour vives, tendres, sombres virevoltent sous nos yeux, mystérieux papillons flamboyants qui égrènent l’émotion. On connait Elyane Reyes et ses doigts de fée lorsqu’elle se penche sur son instrument comme sur un berceau et fait jaillir tantôt la romance et la lumière tantôt l’esprit de conquête et la fougue. Ensemble, ils distillent une très belle interprétation de l’opus 73 de Schumann.
La Sonate pour violoncelle et piano n° 4 de Beethoven est magnifiquement maîtrisée. Les très belles ornementions pianistiques, les attaques vaillantes, les accords frappés avec passion alternent avec des envolées bucoliques ; pause. Les notes graves que l’on aime au violoncelle répondent au piano, énonciateur de mystère pour se transformer en chant nostalgique. Les festons de trilles gracieux s’interposent avant la reprise des accords francs et de la fougue du 2e mouvement. Le 4e débute dans le suspense pour terminer dans une vivacité de printemps qui éclate.
Et voici le chef-d’œuvre : le morceau de Prokoviev, bouillant, scandé plein de surprises pincées aux cordes, de battements de cœur échappés du piano, déployant des poupées russes toujours renouvelées et de plus en plus ciselées. Turbulences et le violoncelle se prend pour Paganini, des notes ondulent en écho. Des pizzicati jazzy font imaginer un groupe de trompettes fantomatiques. Une allégorie de la beauté expose toutes ses courbes. Tongue in cheek , le thème dansant jazzy reprend. Surbrillance, défoulement, les cheveux d’ Ivan Karizna volent, son visage épanoui aspire la musique à grandes goulées. On est dans une fête villageoise, il y a des accords burlesques et un violon sur le toit. Le toucher frissonnant de pizzicati précède des regards par-dessus l’épaule à la pianiste, avant d’entonner un duo de romance. On perçoit le rire intérieur du violoncelliste qui fait babiller les cordes, l’archet s’effiloche sous tant de vigueur, le piano ne cède rien sur le terrain passionnel qui cherche l’apothéose, la construit et la trouve.
Les deux virtuoses sont applaudis, comme on applaudit lors d’une soirée grandiose. Ensemble ils nous feront un dernier cadeau - slave bien sûr - en forme de bis éblouissant : le "Quadrille" de l’Opéra "Not Love Alone" de Rodion Schedrin.
Publié(e) par Robert Paul le 26 février 2012 à 6:00
Ce roman paraîtra à l'occasion de la Foire du Livre de Bruxelles 2012
Séance de dédicaces de l'auteure :
DIMANCHE 4 MARS
DE 15h à 16h STAND 327 (Exposant "Peuples et Continents")
Des MEURTRES sont commis à BRUXELLES dans des lieux ART DECO...
(La Basilique de Koekelberg, un hôtel de passe, le Palais des Beaux-Arts)
Une carte de jeu représentant un As est retrouvée à proximité des corps.
Afin de sauver "l'As de coeur", un flic, un journaliste et une guide vont plonger dans les fantômes de l'entre-deux-guerres.
Cette période fascinante qui englobe l’exubérance des années folles et l’effondrement des années trente les renverra à leurs propres fêlures.
Ce POLAR mettant en valeur le PATRIMOINE Art Déco bruxellois est édité chez 180° EDITIONS (mars 2012)
Une 'ÉCRITURE EXPLORATION"
L’auteure, pendant près d’une année, a arpenté la ville de jour comme de nuit, a scruté les façades des maisons, écouté le rythme des rues, suivi ses personnages dans les cafés, les hôtels, les lieux de spectacle, les salles de cinéma. Sur la pointe des pieds, elle est entrée dans des intérieurs incroyables et y a respiré les secrets de l'entre-deux-guerres...
Les lieux:
La Basilique de Koekelberg, un des plus impressionnants bâtiments Art Déco en Europe...
Une ancienne Maison de passe: L'Espérance, pur bijou Art Déco, situé à deux pas de la rue Neuve et devenu, depuis son classement en 2008, un lieu tout à fait respectable...
Et le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (maintenant renommé "Bozar" Une "bonne feuille":
Extrait chapitre 18
Quand on pense que c’est Horta le pape de l’Art Nouveau qui a conçu ce palais Art Déco ! Elle se lève. Un peu plus loin, une porte de service est ouverte, un étroit escalier peint en rouge et un vieil ascenseur conduisent vers des salles d’exposition. L’ascenseur en bois, avec sa porte en accordéon la fascine. La structure est entièrement visible. Elle prend une multitude de photos de la grille, du câble, mais aussi de l’escalier rouge, des murs, du sol, de la rambarde qui suit le mouvement de l’ascenseur. Depuis son arrivée dans le lieu, elle n’a fait que cela, photographier. Extérieur et intérieur. Et vas-y les vitraux d’un rouge vif de l’espace royal qui donne sur la rue Ravenstein. Et vas-y le vitrail mauve dont on devine les lignes élégantes depuis la rue Baron Horta. Hé hop, les marbres, les parquets, les portes en noyer, les granitos de l’entrée des artistes, l’espace paquebot qui entoure la gigantesque salle Leboeuf dont le lieu est en fait l’écrin. Près de 30 000 mètres carrés. Une petite ville dans la ville. Guerre 14-18, Victor Horta est en exil aux USA, le génie de la ligne coup de fouet subira l’influence des longues maisons plates et horizontales de Franck Lloyd Wright le plus doué des architectes américains. Pour le construire ce palais Art Déco mêlé d’éléments classiques et maya, les contraintes à vaincre ont été atroces, terrains dénivelés et marécageux, Palais royal à proximité, interdiction de construire en hauteur, présence d’hôtels datant du XVIIIe siècle. Horta y est arrivé.
Tout autour de l’espace paquebot, des photos à n’en plus finir ! Quatre-vingts années défilent sous les yeux de la visiteuse. Des hommes en smoking, les cheveux tirés vers l’arrière et des femmes aux robes lamées d’or rappellent que le lieu fut avant tout un temple de la culture bourgeoise. Ce ne sont pas les photos officielles des soirs de gala qui l’interpellent mais les autres, celles situées un peu en retrait, celles des petites vies, des petits moments, des grandes espérances. Une photo porte comme titre « Auditions » et montre un groupe de joyeuses jeunes femmes portant des chapeaux enfoncés jusqu’aux sourcils faisant la file dans la salle des sculptures. Elles se ressemblent toutes. Elles sourient de la même façon. Elles attendent de la même façon. Une seule est restée. Son nom doit figurer quelque part dans des archives qui n’ont probablement jamais été consultées. Toutes ces joyeuses jeunes femmes, qui à la fin des années vingt voulaient faire quelque chose de leur vie, sont maintenant des mortes.
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Le Palais des Beaux-Arts est un lieu de rêve pour un assassin. Huit niveaux, dont six sous terre, composés de carrefours, de rotondes, de ruelles à l’infini, de cours intérieures, de passages dérobés, de coulisses, de loges et de salons sont accessibles par une dizaine d’entrées.