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À Claude
Ton enveloppe entre les mains,
Mon esprit désormais serein,
S’interroge sur l’impossible,
Et sur ce qu’est l’irréversible.
...
La mort engendre un non-retour,
Laissant meurtri et sans recours.
Certes l’éloignement, l’absence,
Sont aussi causes de souffrance.
...
Prolongés, ils usent l’espoir.
On sait qu’on ne pourra revoir,
Un être éloigné que réclame,
En silence et en vain notre âme.
...
Inutiles sont les efforts
Le destin reste le plus fort.
Or,en se moquant des oracles,
Il réalise des miracles.
...
Ton enveloppe entre les mains,
Me ramène au passé lointain.
Sur papier vert, tant de messages,
Reçus comme de tendres gages.
...
2 février 2007
Tu prenais soin, avec tendresse,
De ton vaste jardin secret.
Les oiseaux s’y faisaient discrets
Du vent, parvenaient les caresses.
...
De ton vaste jardin secret
Tu contemplais chaque richesse,
Du vent, parvenaient les caresses,
Rendant amoindris les regrets,
...
Tu contemplais chaque richesse.
Les allées gardaient leurs attraits.
Rendant amoindris les regrets,
Des bourgeons offraient des promesses.
...
Les allées gardaient leurs attraits.
Tu combattais le sécheresse.
Des bourgeons offraient des promesses.
Tu préservais le beau, le vrai.
...
Tu combattais la sécheresse,
Cultivais nombreux intérêts.
Tu préservais le beau, le vrai,
M’invitais là, où je paresse.
...
Cultivais nombreux intérêts.
M’entourant de délicatesses,
M’invitais là où je paresse,
Sachant pouvoir t’y rencontrer.
...
14 avril 2012
C’était au temps tout feu tout flamme.
Il savait que je le guettais.
Certes, jamais n’avait été
Tant attendu par une dame.
...
Grandissait mon impatience,
Dès qu’il était près de chez moi.
Je l’observais avec émoi,
Serait-ce un autre jour de chance?
...
Nombreux ans se sont succédés,
Aussi les porteurs d’espérance.
À jamais, malgré la distance,
Nos coeurs restèrent accordés.
...
Apaisée, dans l’indifférence,
En m’activant dans mon jardin,
J’ai vu arriver ce matin,
Un messager, sans importance.
...
16 avril 2012
Un jour d’avril pluvieux,
trois escargots tout verts,
la fille, le père et puis la mère,
dans trois ou quatre gouttes d’eau,
prenaient un bain de mer,
parmi les coquelicots et les
herbes légères.
L’océan à Denfert, oh oui je l’ai bien vu,
entre deux tours en verre
et des jardins urbains,
un jour de vague à l’âme,
de cœur tout à l’envers,
sans vous, douloureusement femme,
mais oh combien vivante ;
la présence de l’absence !
Le bonheur je le sais,
spectaculaire rarement,
est infiniment lent !
Bonjour à toutes et tous
Les sentiments brulants
Ceux-là de nos 20 ans
Quand il se font la malle...
C'est l'amour qui détale !
En prenant quelques rides
Parfois le coeur se vide
Et pense avoir gagné...
Un peu de tranquillité !
Alors on se fait le deuil
Evitant tout écueil
Se croyant à l'abri...
Peinard et sans soucis
Et puis voilà qu'un soir
Un regard qui s'égare...
Le soleil qui se couche...
C'est la vie qui nous touche !
Un sentiment nouveau
Surgit tranquille et beau
Oh! Surprise sublime...
Il rend l'humeur câline !
J.G.
Enlacement magnifique; masculinité et féminité
indissociables, mêlées,
naissance de quelqu'un d'invisible et de bleu !
Musique de deux peaux, aphones l'une sans l'autre ;
solitude blanche et froide alors.
Au dessus d'elles, orphelines l'une de l'autre,
métallique et lourd le ciel se fait,
infinitude stérile.
Mais que dis-je, l'une dans l'autre, elles s'oxygènent,
se protègent, s'ensoleillent et se désaltèrent,
bien au delà de la terre,
refleurissent deux corps qui s'imaginaient morts.
Aimer c'est un peu cela, enfin je crois.
Amputez-moi de mes mots, il m’en restera toujours assez de bribes pour en faire un poème. Prenez mes souvenirs aussi, en gage de ma bonne foi, j’en sauvegarderai l’écume. Et tous mes fantômes, je vous les donne : il y a trop peu de sel dans mes remords pour attenter à leur départ.
(Mots, extrait de « L’amour en lettre Capitale » Ed. Le Coudrier, 2012)
La distance ravive, dit-on, le verbe qui s’échoue et le soir se saisit de ton absence comme le rideau rend plus vivace encore les acteurs qu’il feint de gommer. Je voudrais te parler de la lune, te dire que la nuit tous les chats ne sont pas gris, qu’en dépit de leur nom les rigoles manquent singulièrement d’humour, qu’elles ont, elles aussi, leur part d’ombre et que certains y ont abandonné leur âme : je m’y perds tout comme eux, loin de tout, loin de toi… Je voudrais te parler de mes voyages et du temps, te dire que les trains qui fuient leur ombre n’ont pas d’attaches ni d’heure pour le départ, et que les seules horloges que je connaisse épellent chacune des lettres de mon prénom mais ignorent tout de toi. Elles ont l’éternité pour t’attendre et je n’ai plus aucun nom à leur donner et toujours un train à prendre.
(Absence, extrait de « L’amour en lettre Capitale », Ed. Le Coudrier)
Faut-il rendre le champagne à ses bulles, à Hippocrate son serment et ses larmes à un chagrin qui en a bien besoin ? Ou tant qu’à faire céder le ciel à ses anges et s’intéresser aux nuages pour jauger la distance qui sépare un havre de ma souffrance ? La question est : Faut-il ?
(Faut-il, extrait de « Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium, Ed. de l’Acanthe 2001)
Croisée des chemins
Cavalcade de lapins
Frissons d'arbres morts
Erables tremblants
Frayeur de la fougère
Feuillages flétris
Neuf oeufs de Pâques
Crêtes rouges dressées
Galines surprises
Lune de gel en avril
Grand mystère au jardin
Anémones blanchies
Chat rouquin errant
Chuinte la pluie
Sur le feuillage du buis
Pas pleurnicheur
Le saule rit sur la rive
Coin coin lisse ses plumes
Cheval rit tournez manège
Laissant Lucie faire
La peur au ventre
La voie lactée
Soulignée sur un pan
De la montagne percée
Raymond Martin
Il est venu parler de ce festival, de son parcours et de son travail sur le plateau de TV Com
Merci, cher Robert Paul d'avoir mis en valeur la remise du Prix Langue et Littérature à Geneviève Michel pour Paul Nougé au coeur de la révolution ce 21 avril prochain à La Fleur en papier doré.
Merci pour elle et aussi pour Paul Nougé.
Marie-Ange Bernard
Réservez donc votre place! Venez écouter cette voix d'or
une des facettes de la mémoire ?
l'oeil cave et la mine terreuse
ressassant inlassablement
c'est l'ancestrale radoteuse
qui régurgite obstinément
en des hoquets nauséabonds
la vie qui nous a fait faux bond
beurkkkkkk
2001
A MNEMOSYNE
derrière le front clos, dans un recoin obscur,
se terre en permanence une forme sans âge aux pouvoirs infinis
elle parcourt l’espace à petits pas furtifs,
glanant de ci de là les mots intempestifs
qu’elle fait mijoter dans son chaudron maudit
ô sournoise mémoire !
qu’as-tu donc concocté pour ce nouveau voyage ?
tu m’as sortie du temps,
transplantée dans l’avant,
fait revivre pour moi des fragments d’autrefois
ce passé révolu qu’on ne refera plus
pourquoi donc t’acharner à le ressusciter ?
ancestrale conteuse,
limonaire barbare ,
hypocrite gardienne !
en hideux jacquemart tu scandes sans répit
l’inutile refrain de ce temps qui n’est plus
bon ou mauvais ? qu’importe !
un souvenir est mort
mais tel un nécrophage
tu suçotes sans fin ses bribes faisandés
rien à faire de toi et de tes bavardages
la route que je prends va d’un autre côté
laisse-moi m’en aller vers un autre voyage
dans ce présent où tu n’as pas droit de cité
2001
LE REVEIL DE MNEMOSYNE
derrière le front clos de sinistre mémoire
le vieil implant dormant s'est soudain réveillé
siffle siffle serpent ranime la mémoire
mnémonique poison jadis entreposé
l'enfant nu hurle en vain
nul ne pourrait entendre
ce fantôme oublié
que le temps dévora
écheveau emmêlé sur lequel il s'acharne
siffle siffle serpent ranime la mémoire
distille les poisons jadis entreposés
ô belles bandelettes
cachant la pourriture
si savamment tressées pour la postérité
l'enfant nu hurle en vain
fantôme dévoré
il n'y a pas d'enfant dans ces ruines moussues
de ses yeux révulsés il sonde sa mémoire
par-delà le front clos
et glissent des serpents dans les orbites vides
2001
à chaque tour de terre
un de ses soleils meurt
les doigts
comme les dents
s'écoulent de leurs châsses
les sourires fissurent
puis deviennent grimaces
puis deviennent morsures
et les paupières closes
pèsent de plus en plus
il n'y aura pas d'aube
chaque soleil est autre
et le sien est noyé
c'est entre chien et loup que son coeur s'est joué
dans un gris monotone
brisé d'éclairs sanglants
et plein de la menace
de ces mots dérisoires
qui happaient par lambeaux de grands pans de mémoire
encore évermeillés de ce soleil couchant
et le trésor-soleil enfoui dans le coeur
fera s'évaporer les derniers souvenirs
voilà pourquoi cet être est devenu gaga
.
1973
.
Bonjour à tous,
J'exposerai à la mairie du 13ème arrondissement de Paris du 2 au 18 mai avec un vernissage le jeudi 3 mai à partir de 18 h00.
Venez nombreux !
Amour vraiment
Naissant troublant
C'est l'attirance
Se révélant
Evidemment
Croire au printemps
Dans l'innocence
Et pour longtemps
Amour vraiment
Le saisissant
C'est l'insolence
Quand fuit le temps
Le plus souvent
N'importe quand
On peut la danse
Qu'importe comment
Ne te pose plus de questions
Sur le sens d'un frisson
L'amour impose son émotion
C'est toujours sans raison
Amour vraiment
Le connaissant
C'est l'évidence
Pour l'important
Tout simplement
Deux coeurs battant
La préférence
En un serment
Amour vraiment
Le maintenant
C'est la présence
C'est hors du temps
On sait pourtant
Même en rêvant
Que chaque chance
Est dans l'instant
Ne te pose plus de questions
Sur le sens des saisons
L'amour a pour définition
La belle déraison
Amour vraiment
Le découvrant
C'est l'espérance
La voile au vent
Et tout autant
La terre d'antan
Et tout l'immense
De l'océan
Amour vraiment
Le grandissant
De l'impatience
Du grain germant
Au fil du temps
Le murissant
Pour l'abondance
Le vendangeant
Ne te pose plus de questions
D'une si grande obsession
C'est l'amour qui ose la passion
Telle en est la raison
Amour vraiment
Nous l'éprouvant
C'est dans l'intense
Toujours croissant
Etonnamment
En voyageant
Dans les nuances
Sans faux semblants
Amour vraiment
Eblouissant
C'est la romance
Pour les amants
Finalement
Eternisant
D'invraisemblance
Possible pourtant
Ne te pose plus de questions
Elles sont sans solutions
Notre amour vit tant d'émotions
Le temps lui donne raison
© Gil DEF. 27.12.2005
- Amours en conjugaison -
Écriture,
acte d'amour, de résistance,
qu'elle s'écoule où surgisse
de l'indignation, de la colère ou de la joie ;
elle s'attrape et se touche,
lorsque nous l'entendons, la recevons,
la partageons, hémophile !
Touchante, elle peut l'être,
dérangeante parfois.
C'est le cours d'une vie accidentée,
le lit défait, très large d'un fleuve obscur ou clair ;
l'excroissance de la mer,
son insupportable enfant
devenu bien trop grand, libre ;
Ce grand chahut qui équilibre.
L’azur mordu par quelques nuées cotonneuses
Au petit matin merles et pies chantonnent un refrain
Dans la foule des passionnés du Vieux Marché
Je pars en quête d’un coup de cœur
Ici et là sont étalés des trésors d’hier
Photos anciennes et lettres d’amour
Profanées par les puces de Bruxelles
Sur les pavés de la Place du Jeu de Balle
Sont étendus chandelles argentées et verres colorés
Alors que la porcelaine fine de Chine est émaillée de rose
L’imari est orné de Bleu, rouge et or
Lys et pensées rehaussés à la main sur le Limoges
Nappe à thé et six serviettes brodées
Deux belles aquarelles m’attendaient
Encadrées en bois doré incrusté d’ébène
Tentation plein les yeux, je n’ai pas pu résister
Brouhaha et cris de joie, j’ai rempli mes bras
Nada
17/04/12
Le ciel,
visage sans bouche ni yeux,
mi-ange mi-humain,
me touche, à lui seul m’apparente,
ennuagé ou rose,
me fait don de ses mots,
sans fin.
Palpitation secrète et forte de toi,
touchante contre moi ;
écriture chaude, même posée,
mouvante sur la feuille,
vivante tout le temps ;
respiration de l’encre.
La terre,
corps monumental, préservé, protégé,
martyrisé ou célébré,
très humain,
me fait hurler, parfois chanter,
mais à toi attaché, il s’adoucit, s’angélise,
s’écrit tout en bleu.
Le Monde ne se partage t-il pas comme ça ?