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Des mots qui ne voulaient pas se perdre

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«Quand s'ébranla le barrage de l'homme aspiré par la faille

géante de l'abandon du divin, des mots dans le lointain, des

mots qui ne voulaient pas se perdre, tentèrent de résister à

l'exorbitante poussée. Là se dessina la dynastie de leur sens».

 

René CHAR

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Michel SIDOBRE dans " LA BAIE D'ALGER "

Furtif, peut-être, mais...à l'image! La figuration demande beaucoup d'humilité : 12 heures de présence ( de 14 h à 2 h du matin), avec un premier aller retour Narbonne/Sète pour essayage et idem le jour du tournage.

Le plaisir de participer, à chaque fois, à une belle aventure collective!

Beaucoup de chance encore une fois puisque j'apparais dans la scène du concert dans

" LA BAIE D'ALGER ", non loin de Catherine JACOB, Michèle MORETTI, Solal FORTE et Margaux CHÂTELIER.

 

Les images:

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Pour commander le DVD:

http://video.fnac.com/a4202431/La-Baie-d-Alger-Catherine-Jacob-DVD-Zone-2

 

Michel Sidobre

Site Figurant & Acteur:

http://michelsidobre.onlc.fr

Site littéraire:

http://sidobremichel.onlc.fr

 

 

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SUSSURES

Jusqu’à ce que le temps cautérise
Les plaies béantes de mon cœur
Je t’attendrai
Même s’il faut encore que je puise
Ma force du vent ou des heures
Et des marées
Jusqu’à ce que l’aube pointe au levant
Et s’ouvrent les yeux du ciel blanc
Je m’efforcerai
De voir en toi ma belle lueur
Qui de cet horizon lointain et charmeur
M’apparaît
J’aimerais te dire tout mon amour
J’aimerais te dire toute ma flamme
Je le dirai
Seulement dans le blanc des espaces
De mes lignes sans laisser de trace
Et te laisserai
Le soin de lire entre cette encre
Ce qui se cache au fond de l’ombre
De mes pensées
Qui ne sont ni noires ni sombres
Ni tristes ni jalouses ni blâme
Mais toutes rosées
Pour adoucir de loin le feu de ta passion
L’attiser exciter tes sens et tes ardeurs
Sans te brûler
Car mon amour est dans l’ivresse adoration
Et ma passion est dans la liesse attachement
Illimité.

 

Khadija, Agadir, Mercredi 06/6/2012, 6h45 du matin.

 

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UN APPEL DU SOLEIL

Ivre et bien attendrie de m’être recueillie
Sur la tombe fleurie de ma mémoire meurtrie
Je pleure et me souviens : Ö ma douce mémoire !
Belle cité mortuaire qui meurt et me sourit
M’offrant un regard blême et un bras flétri
Et ne veut plus cueillir ce petit bouquet de vie
Que j’avais dans la main que je voulais offrir
Car je n’avais rien d’autre
Ni mon corps ni mon nom
Que ces très doux relents d’amour et de souvenirs.
Mon émotion n’est guère ni feinte ni ternie
Par le poids du passé qui écrase mes rêveries,
Les images nostalgiques qui battent contre mes tempes,
Les pages de mon passé qui tombent sous mes doigts,
Ce vent putréfide qui moissonne mes pas.
Et l’ange noir qui crie m’appelle à le rejoindre,
De son sourire futé, il balaie les sentiers
De ma large mémoire, cette cité mortuaire,
Où se bousculent le noir et les rasoirs de l’air.
Je me réveille par terre, le nez parmi les tombes
Aux épitaphes d’émail et d’étaim et de plomb.
Me réveillent une pluie de rayons lumineux,
Un appel du soleil aux sons teintants et bleus
Entré par effraction dans mon cœur solitaire
Sans bousculer mes mœurs pudiques et retenues
A peine effleure-t-il la peau de mes rêveries
L’hymen des choses tues par son flux éclairé
Et mon cœur qui bondit atteint le paradis.


Khadija, Agadir, Lundi 11 juin 2012 à 23h15

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bonsoir

Je suis désolée d'une si longue absence...

Ce WE je participais, à Paris, à Artshopping au Carrousel du Louvre, moment d'échanges et de rencontres intéressants.
Beaucoup de travail avec différentes galeries...

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Le choix de s'exprimer

 

Réagir me semble un devoir

Face à des actes déplorables

Ou à des propos condamnables.

Or il faut savoir et pouvoir.

...

La passivité encourage

Ceux qui agressent ouvertement.

Ils ont même comportement

Faute d'être accusés d'outrages.

...

Souvent, déçu de laisser faire

Critiquant seulement pour soi,

Quand se présente un autre choix

On le saisit et l'on espère.

...

L'internet permet, chaque jour,

De s'exprimer, sans équivoque,

Sur une nouvelle qui choque.

C'est un bénéfique recours.

...

13 juin 2012

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La Petite Note de musique

La Petite Note de Musique

 

Une petite note de musique,

Eclaire la partition,

D’un son enchanteur,

Comme une note d’Espoir,

Elle se faufile, puis glisse et caresse,

Délicatement l’oreille attentive,

Elle se cache délicatement,

Pour choisir son chemin,

Une petite note de musique,

Emportée dans l’air du temps,

Se retient solidement,

Afin de faire battre le cœur,

D’une femme mélomane

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Agnès Piantadosi,

Ana Lebre, Annie SUBRA,

Barbara Navarro,

Brigitte Schoorman-Delaby,

ESPIAU,

Lambé Jean Paul,

philippe Schoorman (alias FISCO),

umelda leloup

 

Belle fête à chacun  de mes 9 jumeaux du 13 juin !

Nous sommes les éternels ludiques lutins

émerveillés de beauté !

Nous nous sommes réveillés

En ce jour étoilé,

Comme au premier matin.

Et chacune de notre vie les années,

Heureux et comblés d’être nés

En ce mois des roses et des milles fleurs offertes

Yeux écarquillés devant les multiples découvertes.

 

Quel bonheur d’être venus en ce doux parfumé temps,

Dans le signe des gémeaux et son ultime uranien décan,

En ce jour fleuri de juin, des mois le plus joli.

Nous sommes pétris de l’ambiance de joie et lévité  

De l’heureuse fête aérienne de la Saint Jean

Qui Inspire danse, musique et poésie

Et nous fait sauter haut par-dessus le feu prestement,

Nous nous sentons à l'aise et  libérés

Quand l’air devient transparent et si léger

Qu’il nous soulève de joie et nous fait danser !

Il nous pousse alors des ailes pour nous envoler,

Et pour déclamer mille vers enchantés !

 

Notre ange attitré se penche sur nous, en ce beau jour

Nous adombrant de son fidèle divin amour

Pour nous rappeler nos projets premiers, nos aspirations

et nous donner toujours plus de force et d’inspiration

afin d’aller toujours plus en avant sur notre chemin

Toujours plus en accord à nous mêmes, plus loin !

 

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soleil et zéphyr

Mon jardin sera-t-il le même?
J'y travaille fort chaque jour.
L'ennui m'était devenu lourd,
Je ne me sentais plus moi-même.
...
J'y travaille fort chaque jour,
Je déracine, plante, sème.
Je ne me sentais plus moi-même,
Mon énergie est de retour.
...
Je déracine, plante, sème.
Sous le soleil, le zéphyr court.
Mon énergie est de retour,
Me remet en l'état que j'aime.
...
Sous le soleil, le zéphyr court.
Léger mais taquin tout de même,
Me remet en l'état que j'aime.
J'attends la grâce d'un poème.
...
12 juin 2012

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Une fleur

Une fleur égarée,

Au coeur d'une vallée,

Fragile et sensible,

Se laisse coiffée,

Par la bise de la Vie,

Une abeille délicate,

Pose ses petites pattes,

Sur son coeur qui palpite,

Et emporte avec elle,

Le Nectar de l'Espoir,

Et de la Vie....

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administrateur théâtres

 

12272812890?profile=originalCe soir, sous la baguette de l’immense AUGUSTIN DUMAY, trois des six lauréats du Concours Reine Elisabeth nous offrent leur rêverie musicale  lors du prestigieux CONCERT DES LAUREATS.

Au programme :

 - Concerto Nr 5 en la majeur KV 219 de Wolfgang Amadeus Mozart, soliste :  Tseng Yu Chien

 - La sonate « Le trille du Diable » en sol mineur de Giuseppe Tartini, soliste : Esther Yoo

- Tzigane (arr. David Walter) de Maurice Ravel, soliste :  Artiom Shishkov

- Poème opus 25 d’Ernest Chausson, soliste : Artiom Shishkov

- Fantaisie sur des thèmes de Carmen de Franz Waxman, soliste : Esther Yoo

Tsen Yu-Chen, 5e lauréat, voltige tranquillement dans les parfums du  concerto de Mozart, cisèle de très belles sonorités. C’est un morceau de bravoure, exécuté avec finesse et maestria. Il alterne intimité et vaillance. Son adagio est plein de légèreté et  il se laisse parfois prendre à la confidence avec le Chef d’Orchestre avant de développer son dernier solo à la façon d’un hommage à la jeunesse éternelle… et invincible ? Même les cors ont été convaincus ! On ressent une sollicitude profonde dans la conduite enveloppante d’AUGUSTIN DUMAY qui entraîne les solistes par-dessus son épaule, comme un premier de cordée puis les laisse à leurs soli avec le respect profond qu’il éprouve pour les jeunes talents.  Bonheur de magister.

L’apparition d’Esther Yoo, 4e lauréate,  dans sa divine robe de  mousseline rouge Carmen cause des remous. La sonate pour violon  de Tartini  qu’elle présente est tout de suite habitée par ce qui fait la beauté et l’intelligence à la fois.  Joyeuse,  elle s’échappe dans des acrobaties ludiques. Le deuxième mouvement mélange majesté et tendresse. Sa virtuosité pétulante emballe des rythmes pressés pour se fondre à nouveau dans des vagues ralenties qui semblent chercher le sens intime des choses. Plusieurs reprises aussi vivantes que  des poissons volants alternent avec la houle romantique profonde, brodée de Ralentandi très étudiés. L’intention poétique est présente, ce qui caractérise un grand violon.  Et la fin est une dentelle d’écume suspendue à la vague qui virevolte en solo devant un public subjugué.

Voici enfin Artiom Shishkov, 6e lauréat dans Tzigane de Ravel. La première phrase est une longue incantation pathétique énoncée… passionnément. Elle se termine sur un souffle qui jette aussitôt des murmures  dans la harpe sertie au cœur de l’orchestre. Reprise tendre qui a tout des souffrances du jeune Werther. Dans la douceur exquise d’une nuit musicale s’élève un chant d’oiseau grave. La harpe aussitôt fait naître une forêt enchantée. Il y a l’apparition de danses autour du feu des violons. Le soliste rend son couplet plus festif. Celui-ci s’éclate en pizzicati miroitants. La joie est communautaire et le violon-étoile, pris de joie, se livre au bonheur de la musique. Le public exulte.

 Après la pause, c’est encore Artiom Shishkov qui joue le  Poème opus 25 d’Ernest Chausson.   Il attend que les profonds roucoulements de cordes repris à l’octave s’estompent pour nous emmener dans une complainte vibrante, reprise par les respirations profondes du tapis de violons. Multes modulations s’enchaînent avant le premier accord. Etonnant. Puis le soliste reprend son chant rhapsodique qui se répercute en mille éclats de sonorités lumineuses. Le plateau musical gonfle comme un gâteau vivant. Cela tremble du côté des violoncelles pendant la progression ascensionnelle du thème. Libération de la mélodie qui s’élève vers des cimes … et plane. C’est tout. C’est beau.

 Acclamée encore, Esther Yoo revient pour interpréter les envolées de Carmen. Le visage  concentré à l’extrême, c’est tout à la fois:  la  fièvre de l’exaltation personnifiée, la facétie, la versatilité, la détermination splendide, le tonus musical et le sentiment d’immortalité. … invincible Jeunesse ?

"La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée" disait Platon.

Une pensée pour vous donc, MADAME qui fêtez ce jour vos 84 ans en même temps que la jeune lauréate, et le 75e anniversaire du concours Reine Elisabeth. Vous, fidèle à la Belgique, fidèle à vos engagements culturels et sociaux. Vive la reine cinquième des Belges ! Coïncidence ou rêverie ? C’est ce soir qu’Esther Yoo fête aussi ses dix-huit ans.  L’orchestre entonne le « Happy Birthday » de circonstance,  repris par le public et, cerise sur la magnifique pièce montée qu’est ce concert, voici Navarra suite espanola, dédié tout particulièrement à la Reine. Les trois lauréats se retrouvent sur l’avant-scène et joignent leurs violons, jouant  à l’unisson. L’orchestre ajoute le souffle chaud de l’Espagne et  de mystérieuses castagnettes. C’est la feria ! Tous debout, les cœurs et les mains se joignent dans des applaudissements généreux et la Reine rejoint la liesse, du bord de sa loge royale.  

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Une vie,

Seriez-vous l’éternel rendez-vous,

exceptionnelle rencontre,

 l’égale d’une vie, féconde,

 à peine commencée, entière elle est déjà ;

pérenne ?

Seriez-vous mon ami,

cette peau,  chez elle contre la mienne,

car à peine touchée, elle lui répond sans mot,

 s’y enracine fébrile ;

alchimie ?

Seriez-vous la couleur de mes lèvres,

à force de les vouloir,

cette rose qui sort d’elles,

blanche d’abord puis rouge,

quand les vôtres les prennent,

les cueillent en un baiser ?

Oui mon Cher Ami.

 

 

 

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Boîte d'antan

Jolie boîte d’antan, vieille valise en carton ou boîte en fer, vous êtes l’endroit où je pose mes souvenirs, mes rêves passés, joyeux et tristes,  pour ne pas les oublier.

Liens avec le temps, avec ceux qui sont partis, dans cet espace protégé d’amour, vous représentez la vie d’une famille, les photos bonheur en noir et blanc, les photos de baptême, de communion, de mariage.

Petits souvenirs, petits papiers griffonnés à la hâte, mots d’amitié ou d’amour,  vous vous mêlez dans un joli capharnaüm.

Parler du passé est parfois doux, toujours à portée de main, au bord de l’âme ou dans le plus profond de son cœur.  D’un clin d’œil,  vous arrivez, heureux d’être appelés et prêts à être dépoussiérés et racontés.

« Souvenirs, souvenirs.. »      Quelle bousculade.

Moi, moi, raconte-moi…

Toutes les oreilles ne sont pas propices à entendre les confidences du passé. L’homme d’aujourd’hui n’a pas le temps de s’intéresser à vous, il est pressé, fatigué et agité par une vie qui ne laisse plus de temps.

Quand j’ouvre ma boîte à souvenirs, couverte de papier jauni, je m’y plonge et m’y enfonce pour vous rejoindre, oublier, pleurer et laver mon chagrin.

Jolie boîte d’antan, vous êtes toujours là quand la tristesse m’envahit…

 

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DIT D'UNE SCULPTURE EN TERRE...

Regarde-la: c'est de la boue

   12272812852?profile=original                  Regarde-la c'est de la boue    

 

                   Regarde-la: c'est une femme

 

 

                Es-tu vraiment plus réelle qu'elle?

 

 

                Regarde-la

                Ton regard lui donne la vie

 

 

                Ecoute battre ton coeur

                Et imagine le sien

                Qui bat...

 

 

 

 

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Les Amants

Deux amants,

S'attirant comme des aimants,

Le Pôle Nord,

Le Pôle Sud,

Et malgré Vents et Marées;

Malgre le Noir et le Blanc,

La Lumière et l'obscurité,

L'absence et le désespoir,

Les souffrances et les pleurs,

Ils continuent à se manquer,

A s'éprouver,

A se torturer,

A s'accrocher à l'Espoir,

L'Espoir de s'aimer....

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L' étoile Vesper

12272812485?profile=original« L’étoile Vesper » est un récit de souvenirs de Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954), publié aux Éditions du Milieu du Monde (Genève, Paris, Montréal) en 1946.

 

Après les épreuves de la guerre, Colette connaît celles de la maladie. Elle souffre en effet d'une arthrite qui la rendra impotente. Cette immobilité forcée est propice aux vagabondages de l'esprit vers le passé et à ceux du regard dans les jardins du Palais-Royal, sur lesquels donne la fenêtre de l'appartement de l'écrivain.

 

L'ouvrage est scandé par de brefs dialogues entre Colette et son mari, Maurice Goudeket, qu'elle appelle «mon cher ami». Soulignés par l'italique, ces passages, où son compagnon s'enquiert avec sollicitude de l'état physique ou moral de Colette malade, sont autant de rappels à la réalité et au présent. Le livre est en effet consacré aux rêveries de Colette qui, condamnée à l'immobilité, voyage par l'esprit au pays des souvenirs. L'écrivain n'évoque ici ni son enfance à Saint-Sauveur, à laquelle elle a déjà consacré plusieurs ouvrages (voir surtout la Maison de Claudine, la Naissance du jour et Sido), ni la période de son mariage avec Willy, relatée dans Mes apprentissages. Sans se préoccuper de l'ordre chronologique, Colette ressuscite, au gré de ses pensées vagabondes, diverses périodes de sa vie depuis l'époque où elle écrivait dans le Matin (à partir de 1910) jusqu'à celle de la Seconde Guerre mondiale et de l'Occupation (le traumatisme causé par l'arrestation de Maurice Goudeket, qui fut heureusement relâché, est encore vivace). L'auteur, à travers quelques portraits, fait revivre aussi les amis disparus (la figure de la poétesse Hélène Picard est singulièrement émouvante).

 

Ce livre est, ainsi que le titre l'indique, celui de la vieillesse. Vesper est, après Lucifer, le troisième nom de la planète Vénus: «A son troisième nom, Vesper, j'associe, je suspends celui de mon propre déclin [...] A Vesper aux trois noms, la suivante du soleil, je dédie mes propres vêpres.» Le temps de l'amour et de ses troubles est désormais révolu. C'est maintenant l'époque du renoncement à la séduction et à l'ardeur des passions. Le symbolisme cosmique du titre souligne le caractère naturel et inévitable de ce parcours que Colette accepte avec une attentive lucidité mais sans pessimisme, en «vieillard normal, donc qui s'égaie facilement». Au détour de quelques phrases, toujours pudiques, sur la douleur perce parfois un accent plus pathétique. La souffrance n'est pas tue, mais elle est le plus souvent tenue à distance par un irrépressible humour.

 

L'Étoile Vesper est à la fois la conséquence de l'invalidité imposée par la vieillesse et le moyen de la surmonter. Colette, qui sait en effet «élever son impotence à la hauteur d'un privilège», fait de l'écriture un moyen d'accéder à la pacification et à l'harmonie de son être. L'oeuvre intime revêt donc une fonction heuristique. Une fois terminés «primo, une nouvelle; secundo, un gentil articulet», lorsque «l'heure est de [s]'abandonner à des rêveries plus vaines», la prose de Colette épouse les méandres d'une pensée en liberté, d'«une contemplation sans buts ni desseins». Tournée vers soi, la littérature, à l'heure de la vieillesse, s'affranchit de toute préoccupation séculière et, du même coup, renonce à la fiction: «Voici que l'empêchement de marcher et les années me mettent dans le cas de ne plus pécher par mensonge, et bannissent de moi toutes chances d'événements romanesques». L'approche de la mort purifie et dépouille l'écriture, la portant aux bords même du silence car «écrire, c'est souvent gaspiller». Colette pensait que l'Étoile Vesper serait son dernier livre. Elle termine l'ouvrage par ce voeu: «Désapprendre d'écrire.» L'oeuvre suivante - et, cette fois la dernière - de Colette, le Fanal bleu, montrera que c'est à la mort seule qu'il échoit de mettre un terme à l'écriture.

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Poètes/Artisans.

 

Ne point écrire pour écrire,

mais pour rire à nouveau, pleurer, résister,

s’exalter, s’indigner, être debout !

Désincarcérer les émotions, les colères,

les peurs encloses en soi, se réapproprier « son entièreté» ;

sur sa feuille nue et blanche,

un grand bruit lexical, très lourd,

y tombe, tonne ; parfois arrivent

les larmes, c’est le début de l’orage que

 l’écriture nous donne,

dans toute son amplitude, au départ si noire.

Mots droits ou de travers, qui murmurent

ou bien  hurlent, sur la tête, sur les pieds,

avec chapeaux ou pas ;

inharmonie mais vie.

Cet entre-deux, dont je parle parfois,

n’est point encore là, juste son seuil.

Pour l’atteindre, réaccorder le tout,

 jusqu’à ce que le chaos s’atténue puis cesse,

 que progressivement jaillisse une musique,

 bien à soi, que l’on partagera ou pas :

Mélodie des mots, harmonie et rééquilibre.

Les arbres, les fleurs, le soleil et la mer,

 sans  effort ni travail y parviennent jusqu’au bout ;

 

les poètes ne sont que les traducteurs, les interprètes

 de la terre et du ciel, au début tâtonnants, maladroits.

Ce sont d’abord des auditeurs.

Il faut faire des gammes très longtemps, inlassablement,

puis balbutier longtemps, pour égaler les arbres, les fleurs, le soleil, et la mer,

 toucher l’autre, écrire la langue du Monde.

Poésie, feu sans artifice,

coquelicots, en novembre graciles et forts sous le périph,

pas dans la neige, ayant l’air d’un pas de danse,

naturel  et léger, envolé.

Tout s’accorde  !

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