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« Je crève de pitié, d’aimer et de sourire:

mais, sourire, ne m’est pas toujours possible[1]…hélas !!!

 

 

 

 

"L'enfant qui sait un jour se pencher sur l'animal souffrant,

saura un jour tendre la main à son frère."

Albert Schweitzer

 

 

 

                        "L'homme a peu de chances de cesser d'être un tortionnaire pour l'homme, tant qu'il continuera à apprendre sur la bête son métier de bourreau" déclarait une humaniste à la lucidité implacable, dame Marguerite Yourcenar, tandis que pour son illustre prédécesseur, Friedrich Nietzsche : "L'homme est un être superficiel par profondeur".

                        Craignons fort, hélas, que ces truismes perdurent dans leur intemporalité et que nous n’ayons, en outre, nulle amélioration à attendre concernant notre devenir sur cette planète Terre ! Prenons-en pour preuve la déplorable attitude que nous manifestons, nous autres « deux pattes », en regardant ces compagnons à « quatre pattes » de nos existences, comme un simple objet de consommation, pire un accessoire inanimé ou un meuble soumis à nos desiderata, pulsions d’amour ou de désamour et autres humeurs fluctuantes, le plaçant de prime abord, dans un élan d’euphorie, sur un piédestal, pour presque aussitôt l’en destituer, en lieu et place d’épouser une devise flaubertienne nous incitant à la fraternité faisant fi de toute distinction de genre :

                       "Je suis le frère en dieu de tout ce qui vit, de la girafe et du crocodile, comme de l'homme, et le concitoyen de tout ce qui habite le grand hôtel garni de l'univers !"

 

 

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                         Ô monstres d'humains insouciants, immatures, à l'égoïsme prononcé, combien vos méfaits éhontés me répugnent ! Antihéros à l’irresponsabilité consommée, qui abandonnez fréquemment sans fondement véritable, au premier grief-prétexte, fruit de votre déraison, que vous cherchez, de surcroit, à justifier, en répudiant ceux que vous avez auparavant élus, puis pendant un certain temps, choyés, le temps qui vous arrangeait, le temps de vous servir d'eux, de jouer avec leur affectif, de vous y ressourcer même, avez-vous la moindre notion, vils Narcisse, de la souffrance de ces petits êtres vulnérables éperdus de confiance pour vous et devenus totalement dépendants de vos soins ?

                         Avez-vous la moindre conscience, de ce que votre odieux geste suscite en eux, bourreaux, ce qu’il leur faut endurer de par la loyauté abolie à leur égard, dénuement matériel, dénuement psychologique et émotionnel, par votre seule faute et action innommable, vous, en qui ces innocents voyaient un Dieu ?

                          Pourquoi tant d’abjectes cruautés laissant à jamais leurs empreintes, influant sur le comportement futur du malheureux rejeté? Pourquoi faut-il que tant de volontaires au cœur généreux, « Hommes de bonne volonté » à la Jules Romains, rentrant inlassablement en résistance, quelque soient les saisons et leurs cohorte d’intempéries, œuvrant tant bien que mal au quotidien afin d’atténuer les maux de ces martyrs, passent heures et énergie à tenter de réparer les dégâts générés par vos esprits doués de perversité, rivalisant d’ingéniosités infâmes que vous infligez à vos victimes sans vergogne, ni l’ombre d’un remords !!!

                         « Je crève de pitié », pour paraphraser une formule du « Poète rustique »Francis Jammes, ce « Faune habillé de bure » à la Saint François d’Assise…, évoquant un vagabond félin aperçu sur son chemin… pauvre créature impuissante condamnée à l’errance et à mille et un périls, elle aussi trahie par l’un de nos semblables !

                        Faut-il que nos« Amies les bêtes » chères à l’écrivain Colette, perdurent à payer un lourd tribut par l’extinction de nombre de leurs espèces, faune sauvage en tête, subissant qui plus est, lorsque elles sont dévolues à nous tenir compagnie, d’ignobles et inqualifiables maltraitances, sous de quelconques et cyniques doléances, que, dans votre for-intérieur vous savez fallacieuses ! "Sans grandeur, ni noblesse ; le sens de la noblesse animale est trop souvent sacrifié à la bestialité humaine!" affirmait Paul Guth, en similitude de notre idéal qui nous fait dire que la férocité ne se situe pas du côté que l’on croit, surtout si on ne prend garde à se défier des faux-semblants, apparences, qui comme chacun sait, sont en tous points trompeuses !!!

                      Pensez-vous que cette fructueuse « Corne d’abondance » que nous offre Mère Nature, notre mère universelle à tous, encline à se transformer en « Mater dolorosa » au fur et à mesure des ans écoulés creusant l’abîme, soit inépuisable, et, qu’en l’occurrence, nous pouvons donc, en arrogants despotes que représente notre engeance imbue d’elle-même, puiser en elle jusqu’à plus soif ? En vérité, à quel titre les trésors prodigues fécondés par notre Alma mater, depuis ses origines, nous appartiendraient-ils ?

                          «La Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la Terre»

avait coutume d’énoncer le penseur Amérindien Sitting Bull…

                        

                           Oui, mon cœur crève de pitié et lourd d’un tel fardeau, menace parfois de débonder devant « l’insoutenable légèreté de l’être » dont fait montre une palette de nos « Frères humains », devant toutes les barbaries inconcevables dont notre genre bipède soit disant évolué se rend coupable en étant coutumier du fait, ayant, excusez-moi du peu, la suffisance de se prétendre de race « supérieure » !

                          Or, le respect de la vie proclamée par quelques sages appartenant à notre humanité si fréquemment déshumanisée, passe aussi, ce me semble, par l’attention et la considération, sinon l’amour portés aux autres destinées que les nôtres, ne bénéficiant pas du privilège d’un langage articulé sophistiqué pour exprimer leur désarroi, clamer leur révolte et douleur, en adéquation avec la pensée de Boris Cyrulnik qui professe ceci : « Le jour où l'on acceptera enfin qu'il existe une pensée sans parole chez les animaux, nous éprouverons un grand malaise à les avoir humiliés et considérés aussi longtemps comme des outils"…

                         « Règnes végétal, animal, minéral » pour lesquels il nous échoit de demeurer constamment à l’écoute, en vertu du motif fondamental suivant : nous faisons tous partie intégrante de la chaine, nous sommes tous un maillon essentiel à l’équilibre de la biodiversité, de ces trois règnes adjoint au nôtre, celui-ci étant l’unique à vouloir imposer sa suprématie dans une violence inouïe !

              

                          Viendra t-il ce jour reviviscent tant attendu, décrit par Pierre Rabhi ? La connaitrons-nous cette « Terre promise » gage d’espérance ? Renaitrons-nous enfin de nos cendres, tel le Phénix, après nous être consumés ?

                          Car « Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation qui n’est pas de produire et de consommer jusqu’à la fin de nos vies, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes. »

                         Nous n’aurons pas d’autres alternatives, pas d’autres issues que d’instaurer une éthique si nous voulons assurer la survie de notre espèce ou bien, il n’est nullement besoin d’être devin, pour présager que l’inéluctable nous guette, soit, que les générations futures s’entredéchireront pour défendre leur propre descendance !!!

                         Ce n’est pas le philosophe d’origine indienne Jiddu Krishnamurti, aujourd’hui parti « tutoyer l’azur » qui nous contredirait, lui qui était convaincu de l’égotisme des Hominiens :

 

                         « Cet immense chaos, cet immense désordre qui règne dans le monde entier met en danger toute forme de vie.

                          Il gagne du terrain de toutes parts. Les scientifiques, les hommes politiques, les philosophes, les psychanalystes, les gourous n'ont pas résolus les problèmes qui nous assaillent en tant qu'être humain : ils ont émis toute sorte de théories mais n'ont pas résolu les problèmes.

                          Personne ne le fera à notre place : c'est à nous qu'il incombe de résoudre nous-mêmes ces problèmes, parce que c'est nous qui en sommes la cause.

                          Mais malheureusement nous n’avons pas envie de regarder de près nos propres problèmes, de les creuser et de découvrir pourquoi nous vivons en égoïste obnubilé par notre propre ego. »

 

                          Saurons-nous réagir en temps et en heures avant qu’il ne soit trop tard, fédérant les forces spirituelles partageant des valeurs communes ? Gageons que oui, si l’on tient compte des magnifiques initiatives fleurissant ici et là, volontaires altruistes et intègres jusqu’à frôler l’abnégation dans leur dévouement au service de la misère animale !!!

                          N’oublions jamais que :

                         « Seul, on ne peut rien : il faut s'unir à l'heure opportune. »

                                                                     Johann Wolfgang Von Goethe

 

                          Nous nous séparerons par cette admonestation en forme de sonnet signée de la plume du père des « Chimères », « Vers dorés » nervaliens nous conviant à une mûre introspection de nos psychés :

 

 

Eh quoi ! tout est sensible !
 Pythagore

Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'Univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant :
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
« Tout est sensible ! » - Et tout sur ton être est puissant !

Crains, dans le mur aveugle, un regard qui t'épie :
A la matière même un verbe est attaché...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché;
Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

Gérard de Nerval (1808-1855)

(Recueil Les Chimères, 1853)

 

 

I

Je crève de pitié, d’aimer et de sourire :
mais, sourire, ne m’est pas toujours possible,

et ce petit chat m’a rempli d’une tristesse grise.
Il miaulait sous la grande porte de la mairie,

par ce soir pluvieux, boueux, et j’ai senti
toute l’infinité résignée et muette

de la douleur des bêtes, de la douleur des bêtes.
Mon Dieu : qu’allait-il faire? Qu’allait-il faire ?

Son malheur est si triste sous la pluie.
Qui va le nourrir? Qui va le nourrir ?

Oh! s’il allait, en tremblotant, là, mourir,
— ou devenir un triste chat des saligues

qui crève, dans la boue malsaine, de famine,
de grelottement, de croûtes et de fièvre

— ou être tué par un chien qui le prend pour un lièvre.

 

Francis Jammes (1868-1838)

 

(Recueil : "De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir")

 

 

 

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"Arbre de Vie"

peinture onirique de source non identifiée

 



* :  Emprunt à une formule de l'écrivain Colette

[1] : Citation extraite d’un poème du « Faune habillé de bure » alias le « Poète rustique » Francis Jammes ; se reporter en fin de document afin de prendre connaissance de l’œuvre dans son entièreté …

2 : références de la première illustration :  Œuvre d'Adrienne Ségur

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Durée

 

Comme branches et feuilles, au caprice du vent,

Ma robe se soulève en agitant ses manches.

Je ne sais si ce jour est ou non un dimanche,

Attentive, enjouée, j'accueille ses présents.

...

La lumière, à foison, éclaire les couleurs:

Le bleu uni du ciel, seul un nuage y glisse,

Tous les verts qu'elle dore, en faisant mes délices.

Pour l'instant, mon jardin n'offre aucune senteur.

...

Nul besoin de bouger car rien ne m'y oblige.

Ma mémoire, assoupie, ne m'interpelle pas.

Mon esprit semble absent. C'est peu souvent le cas!

Il m'oblige à penser, ce qui parfois m'afflige.

...

Le temps reprend sa marche, inévitablement.

Il change le décor, des ombres s'y balancent.

Arrivent, se suivant, des nuages immenses.

Ma raison réveillée, prend le commandement.

...

29 juin 2012

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Histoire comique des états et empires du soleil

12272817087?profile=originalIl s'agit d'un roman de Savinien de Cyrano de Bergerac (1619-1655), publié dans les Nouvelles Oeuvres de l'auteur à Paris chez Sercy en 1662.

 

Second volet de l'étrange roman philosophique de Cyrano de Bergerac (Histoire comique contenant les États et Empires de la Lune), les États et Empires du Soleil ne sont connus que par l'édition posthume des Nouvelles Oeuvres parues en 1662; contrairement à la première partie, nous ne disposons plus du manuscrit, et il ne reste que le texte en l'état connu par les contemporains.

 

Revenu en France après son voyage sur la Lune, Dyrcona [anagramme de Cyrano], le narrateur, est accueilli au château de M. de Colignac. Tout commence autour du débat provoqué par les États et Empires de la Lune: Dyrcona est pourchassé pour sorcellerie. Arrêté par une foule excitée par le curé, puis mis en prison, il s'évade, ce qui donne lieu à une poursuite dans les rues de Toulouse, puis se déguise en mendiant. Ayant été repris, il est sauvé de justesse par Colignac, qui améliore ses conditions de détention. Dyrcona en profite pour construire une nouvelle machine, qui l'enlève de nouveau vers les cieux. Le voyage, qui lui permet de confirmer que la Terre tourne bien autour du Soleil, dure quatre mois: il se pose alors sur une «tache» du Soleil (considérée comme un satellite de cet astre). Dyrcona y rencontre un petit homme qui lui expose un système du monde inspiré de Gassendi. Il s'envole de nouveau, et décrit les effets de l'approche du Soleil, notamment la transparence progressive de son corps et de sa machine. Au bout de vingt-deux mois, il atteint enfin le Soleil. Il y découvre un arbre en or massif, d'où se détache un fruit parlant, à forme semi-humaine, qui se révèle être le roi de cet arbre, et qui est accompagné d'un rossignol. Une métamorphose étrange des petits êtres constituant l'arbre aboutit à la formation d'un beau jeune homme, dont le petit roi devient l'âme. Ayant reçu une explication des principes de cette métamorphose, Dyrcona repart, en compagnie du rossignol, à la découverte de ce nouveau monde. Après trois semaines, il parvient au royaume des Oiseaux, où son étrangeté le fait mettre aussitôt en prison. Suit un procès, où il est défendu par une pie: on lui reproche le seul fait d'être homme, être abominable et ennemi naturel des oiseaux. La pie expose à Dyrcona le fonctionnement de la république des Oiseaux. Après un réquisitoire qui l'accuse de magie et de desseins néfastes à l'encontre des oiseaux, Dyrcona est condamné à être mangé par les mouches. Il est libéré de justesse par l'intervention de César, ancien perroquet de sa cousine qui témoigne de sa bonté, attestée par le fait qu'il l'avait libéré autrefois. Relâché, Dyrcona repart et il surprend par hasard les confidences des arbres parlants, avant d'assister au combat d'une salamandre et d'un rémora; un vieillard rencontré à ce moment même, qui n'est autre que Thomas Campanella, lui explique l'enjeu de ce combat, qui est la lutte du feu contre la glace, appelée pour protéger les arbres. Campanella expose ensuite à Dyrcona les conditions dans lesquelles les âmes des philosophes survivent sur le Soleil. Il lui montre enfin les cinq fontaines des cinq sens qui alimentent les trois fleuves de l'imagination, de la mémoire et du jugement. Après avoir rencontré une jeune femme venue du royaume des Amoureux, les deux hommes accueillent l'âme de Descartes; à ce moment s'arrête le texte, inachevé.

 

La contestation politique se dessine ici plus nettement que dans les États et Empires de la Lune; l'influence de la Cité du Soleil de Campanella y est sans doute pour quelque chose; le philosophe italien intervient d'ailleurs «en personne» pour guider Dyrcona sur le Soleil. Mais cela est aussi très sensible dès les premières pages, où l'on voit le narrateur aux prises avec la justice de Toulouse. L'esquisse d'une véritable course poursuite, mêlée d'éléments qui évoquent les romans de gueuserie, nous ramènent sur terre, avec tout le réalisme et la violence que cela comporte (voir notamment la saisissante description de la prison): l'intolérance de la pensée instituée à l'égard des informations venues de la Lune est sévèrement critiquée. Cet épisode liminaire, loin d'être un hors-d'oeuvre, dénote l'importance de l'enjeu d'une pensée nouvelle: «Ayant décousu le paquet, et au premier volume qu'ils ouvrirent s'étant rencontré la Physique de M. Descartes, quand ils aperçurent tous les cercles par lesquels ce philosophe a distingué le mouvement de chaque planète, tous d'une voix hurlèrent que c'étaient les cernes que je traçais pour appeler Belzébuth.» La fuite qui s'ensuivra donne lieu à une expérience particulière du voyage, à la façon d'un picaro, que Dyrcona commente en ces termes: «Enfin j'appris que la gueuserie est un grand livre qui nous enseigne les moeurs des peuples à meilleur marché que tous ces grands voyages de Colomb et de Magellan.»

 

Cela dure le temps de traverser Toulouse, mais on ne manque pas d'être frappé par cette allusion aux grands voyages: Dyrcona est, à sa manière, un picaro de l'espace, et ses malheurs continueront sur le Soleil, où une autre justice le mettra en prison et le jugera. Il sera «gueux», par son humanité même, aux yeux de la république des Oiseaux. Il lui faut surtout se garder d'avouer qu'il est homme pour avoir la vie sauve. Comme sur terre, il est accusé de sorcellerie: «Or, vous savez, Messieurs [c'est la perdrix qui parle aux juges], que de tous les animaux il n'y a que l'homme seul dont l'âme est assez noire pour s'adonner à la magie, et par conséquent celui-ci est homme.»

 

Cette insistance sur la justice et ses aberrations, sa relativité et son aveuglement, fait de ces épisodes, sur la Terre comme dans le Soleil, une part significative du roman. Les imperfections propres à la république des Oiseaux renvoient à celles du monde terrestre; en cela, l'Autre Monde, pas plus sur le Soleil que sur la Lune, n'est une utopie traditionnelle.

Les sources philosophiques demeurent pourtant celles qui nourrissaient la première partie: Gassendi et Lucrèce sont paraphrasés, particulièrement lorsqu'un petit homme, sur la «tache» du Soleil, expose les principes de son univers à Dyrcona. On retiendra par exemple l'idée que la mer est la sueur de la terre, et que les «coctions» successives de la boue qui en résulte, par le mélange de chaleur et d'humidité, aboutissent à l'enfantement de l'homme par des matrices terrestres (Lucrèce, De rerum natura, V). Dans le même passage apparaît l'idée des trois âmes (âme végétative, puissance vitale, puissance de raisonner), que défendait Gassendi. La transparence progressive du héros et de sa machine à l'approche du Soleil reflètent aussi une conviction de Lucrèce, pour qui la matière est plus subtile et plus éthérée à proximité de cet astre. L'étonnant combat de la salamandre [le feu] et du rémora [la glace], que commente Campanella, confirme cette conception élémentaire des principes de l'univers. L'exposé final sur la venue des âmes dans le Soleil renvoie à une hiérarchie toute matérielle des atomes: les âmes des philosophes, plus subtiles et raffinées que celles des autres hommes, ne rejoignent pas la masse du Soleil mais y demeurent comme habitants, «pour ce que la matière qui les compose, au point de leur génération, se mêle si exactement, que rien ne la peut déprendre: semblable à celle qui forme l'or, les diamants, et les astres, dont toutes les parties sont meslées par tant d'enlacements, que le plus fort dissolvant n'en sçauroit relâcher l'étreinte».

 

La pensée problématique que Cyrano offre au lecteur, dont les commentateurs ont souvent relevé les contradictions, s'épanouit pleinement dans la fiction: au-delà de ces contradictions demeurent l'affirmation d'un matérialisme total, la confiance dans la pensée scientifique nouvelle (appuyée néanmoins sur les prestiges de l'imagination), et enfin la critique des superstitions et des institutions humaines. S'il est un «autre monde» qui hante la pensée de Cyrano, il s'agit sans conteste du monde nouveau qu'un esprit curieux et inventif pouvait espérer voir naître de la révolution copernicienne et de l'univers infini qu'elle révélait.

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Les mots bleus

Où vais-je trouver ces mots qui vont sonner, trébucher

à mes chastes oreilles

la poésie.....des mots rien que des mots

qui côte à côte vont chanter,

résonner, danser , se trémousser,

la poésie...toujours les mots encore des mots

mais quelles mots !

D'où viens-tu inspiration...houleuse, hasardeuse

lumineuse

la poésie... chante à mon âme immortelle, l'éternel

refrain......les mots mais quels sont donc ces

mots pénétrants, envoutants ô mon âme, faisant frémir

mon coeur de jouvancelle

la poésie... juxtapose, interpose en une folle enjambée

ensorceleuse zarzuela, les mots qui me soulèvent,

m'éveillent en ta beauté et grâce toujours nouvelle

éternelle.

Eblouis Ô mon âme des mots  absorbant mon esprit

en son extase et je serai esclave de tous ces mots

fixé en ma Terra Lucida devenue immortelle...

Des mots à écrire plutôt que de les dire

Des mots de femmes qui quelque fois s'enflamment,

Toujours des mots, rien que des mots

a,b,c,d,....partis en guerre pour faire la lumière.

e,f,j,h....des mots de tendresse que l'on recherche

dans la détresse

des mots en n'en plus finir

Des mots sans détour mais remplis d'amour

m,n,o,p.......Où sont-ils ces mots bleus me projetant en

ton ardeur ?

k,r,s,t.........comme tirez,extirpez, ou soulevez......

je souhaite m'ennivrer de tes "je t'aime" et me gorger

sans cesse en ta grâce candide que l'on a quelque fois  oublié

u,v,w,x, y,z comme Zoé ou Noé ? l'arche de ton alliance nouvelle

 

Mamyblue c/o S.Tirez

 

 

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Tempête

 

Un raz de marée

Colère criée

Larmes en coulée

Le dos tourné

Fuyant quelques baisers forcés

Bras croisés

Se refusant à toutes étreintes

Bouderie feinte

Poires soupesées

Doucement croquées

Lèvres plaquées

Corps délié

Bras dépliés

S’ouvrant à de folles étreintes

Pudeur feinte

Un cœur comblé.

 

Khadija, Agadir, Vendredi 29/6/2012, 08h25.

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DESTINEE...

La partie engagée

Les cartes distribuées...

Le hasard se fait roi

Et promulgue ses lois!

Faut se dépatouiller

Avec ce qui est donné...

Entre en jeu...le pays

Et tout ce qui est acquis!

Les atouts que l'on a

Aident aux premiers pas...

Mais la ruse on apprend

Apprivoiser le temps!

Les erreurs que l'on fait

Sont vite suivies d'effets...

Faut reprendre à zéro

Si l'on manque d'à propos!

De Dieu on se détourne

Car quand on se retourne...

Qu'est-ce que ce cadeau

D'une vie en morceaux!

On accuse père et mère

C'est un drôle de critère...

Car on n'est innocent

Que d'être incompétent!

Avec les mêmes atouts

Y en a qui peuvent tout...

Faut réapprendre le jeu

Et tout se passera mieux!

Et si une carte noire

Nous revient en mémoire...

Faut savoir la rejeter

Alors on peut gagner!

La partie engagée

Les cartes distribuées...

Et au petit matin blême

On est face à soi-même!

J.G.

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Goutte d'eau

Après une nuit difficile, je me permets de revenir sur le manque de communications concernant les photos « goutte d’eau ». Tout d’abord, pour moi, il est évident que ces photos sont des petits chef-d’ œuvres comme une peinture, comme une aquarelle faite par les artistes talentueux de ce site.

En les publiant, je ne me suis pas imagée que l’on ne verrait pas qu’elles sont hors normes et qu’elles avaient besoin d’être décomposées.

En ce sens, je m’explique. Quand vous écoutez un aria comme « Thaïs » de Massenet, il ne vient à personne l’idée de demander combien il y a de violon, alto, violoncelle, contrebasse, clarinette à bec ou traversière. Et personne ne veut savoir le nom du premier violon. La musique s’écoute, c’est beau et ça plaît ou pas.

Il est donc évident que ces photos ne sont pas à la portée de tous, même avec un appareil des plus perfectionnés. Ces photos sortent d’un studio avec des spots, des filtres de lumière, glaces réfléchissantes et des jeux d’ombre et de lumière. Les appareils utilisés sont des plus sophistiqués, posés avec un calcul d’angles précis et  pour avoir une « goutte », des dizaines de photos sont prises avec plus ou moins de réussite.  

Celles que vous voyez sont donc des œuvres réussies à regarder et à aimer.

J’espère avoir répondu à vos questions et je vous présente mon amicale bonjour.

Josette

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MOSQUITOS

Cette fois, la guerre est déclarée ! Ils vont voir de quel bois je me chauffe ! Non, mais ! Me prendre ainsi en traître, dans mon sommeil… ce n’est pas du jeu !

Tous les matins, je me lève avec des yeux de boxeur… Je dois être un resto cinq étoiles pour que tous viennent ainsi faire bombance sur mes pauvres paupières endolories.

Ne croyez pas que je me laisse faire mais devant une armée des ombres parfaitement organisée, je me sens quelque peu dépassée. J’observe, je scrute… en vain ! Il y en a toujours bien l’un ou l’autre qui échappe à ma sagacité… Et fond goulûment sur mes paupières abandonnées… avec un léger vrombissement qui finit toujours par me réveiller. Mais bien trop tard, l’insecte pompeur a déjà frappé !

Hier, j’ai tout de même pu en écraser un… Victime expiatoire pour tous les méfaits de tous les moustiques du monde. Et, horreur, le mur de ma chambre s’est retrouvé décoré d’une traînée assez conséquente de sang ! Mon propre sang ainsi exposé comme pour me faire comprendre que, j’avais peut-être eu le dernier mot le concernant mais que, même dans la mort, il continuait de me narguer : lui m’avait pompé ma substance vitale… et d’autres viendraient encore… c’était là la dure loi de la nature… manger ou être mangé…

En nettoyant la trace sanguinolente, j’avais presque pitié de cette pauvre bestiole qui n’avait fait que ce pourquoi elle était destinée… Je pensais à mes hérissons qui, comme dessert, vidaient de leur substance les limaces et vers de terre qu’ils trouvaient lors de leur balade nocturne… Ce n’était pas cruel, c’était tout simplement naturel…

Et nous humains, qui sommes-nous pour juger ? Nous comportons-nous naturellement ? Faisons-nous ce pourquoi nous sommes destinés ? Tuer pour se nourrir… et uniquement pour cela. Je pense que nous n’avons aucune leçon de morale à donner à aucun animal de la création quel qu’il soit. Ce pauvre moustique ne m’a prélevé qu’une infime partie de moi qui n’a pas tardé à se régénérer… Et moi, j’ai été ce que la nature a prévu que je sois… Nous oublions trop souvent, êtres qui nous considérons comme supérieurs, que nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne.

Tout de même, je lance ici un appel à tous les moustiques du monde : de grâce, plus les yeux ! Il y a en bien assez sur mon anatomie pour repaître tout un escadron de moustiques affamés !

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Appends à croire encore en la vie...

Les yeux clos sur ton visage se pose la douceur

l'aurore d'un jour qui s'ouvre vers ton destin..

 

Apprends encore à croire en la vie

Accroches toi à tes espérances

Ne lache pas prise , résiste et pense

pense à ceux qui se battent jour après jour

ceux qui ont le coeur trop lourd pour avancer

mais qui ont décidé de croire toujours en leur étoile.

 

 

 

Personne n'a le droit de souffrir

Personne n'a le droit d'être seul

Le monde un jour se réveillera de ses peines

et sur les joues de l'enfant qui pleure se trouveront

des larmes de joies, de bonheur infini, d'amour accompli.

 

 

 

En ce jour rejailliera les plus belles pensées

les plus profondes idées , l'avenir nous réserve  aussi des surprises.

 

 

 

Alors regarde donc ta vie avec le soleil au fond de tes yeux

Alors apprends a croire en toi, en ces belles choses qui t'attendent

chaque chose en son temps , découleront alors la raison pour laquelle tu es présente.

 

 

On perds parfois trop souvent des proches tant aimés

peut être ont ils un autre chemin à suivre, une tache à accomplire

peut être est ce nous qui devont grandir pour achever ce pourquoi l'on est là.

 

Parfois les amitiés s'envolent , surtout ne pas leur en vouloir

la différence fait peur à voir ou à comprendre et l'impuissance est bien souvent présente.

 

Mais toujours oui toujours se trouvera devant toi un être qui calmera tes peines

et partagera ton bonheur, aussi garde toujours au fond de toi une place à l'amour

les bonnes choses arrivent quand c'est le moment et après bien des bourasques.

 

 

Pour toi , pour vous , une pensée emplie d'espérance .

 

 

 

 

 

 

 

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Lena Macedo telle qu’en elle-même

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Evoquer une œuvre bâtie patiemment au fil des décennies relève d’une réelle introspection au cœur de l’univers pictural tout autant qu’humain de l’artiste si l’on considère que la pérennité de l’œuvre s’inscrit dans une parfaite cohérence entre l’acte créateur –universel- et l’être –intime-…

Voici bien des années déjà, j’écrivais au sujet de Lena Macedo : « Tout dans la peinture et l’œuvre générale de cette artiste porte la marque d’une expresse singularité.

Au-delà de la représentation artistique, il y a l’écho perpétuel d’un cœur qui bat –à s’en rompre- passionnément.

Peintre de l’inné, des sens, du non dit, des fragrances, du caché… Lena Macedo est un être de souvenances et d’avant-garde… »

Aujourd’hui avec le recul, je peux affirmer voire confirmer –en regard du cheminement de l’artiste- ma perception d’alors.

Lena Macedo sait ce qu’il faut de travail, d’abnégation, de volonté, de remise en question pour transformer une œuvre débutante en une œuvre mature, diseuse de continuité et malgré tout d’évolution.

Car si le peintre demeure fidèle à sa quête première, il n’en doit pas moins investir tout le champ des possibles, s’aventurer et parfois même se méprendre, pour un jour tendre à une œuvre aboutie.

Ainsi Lena Macedo poursuit-elle ses incursions en un art pluriel, passant avec une même aisance de la peinture à la sculpture, travaillant l’huile, l’acrylique, le pastel, le fusain, le bois, la pierre avec passion, dénominateur commun à tous ses ouvrages.

Excellant dans la maîtrise du trait, Lena Macedo se joue des styles, des factures, des courants, flirtant avec un expressionnisme informel et une abstraction chromatique, mêlant avec virtuosité surréalisme et fantasmagorie, révélant là dans un dessin à main levée la quintessence de son sujet, ici dans une gestuelle abstraite la beauté d’une émotion.

Est-il nécessaire de souligner son travail de coloriste, ses qualités d’illustratrice, sa pratique des plus diverses techniques, son don pour les thématiques existentielles et oniriques ?… Son inspiration possède un je ne sais quoi de profondément spirituel et terrestre tout à la fois, comme si l’esprit et le corps se confondaient en sa peinture même pour ne plus traduire que ce ressenti sensible qui l’anime.

L’artiste sonde le tréfonds des âmes, « force » le verrou de nos inconscients, nous donnant à voir ce que nous portons de plus beau et de plus noir aussi en nous, étrange et troublant face à face qui parfois déstabilise et dérange le regardant peu habitué à fouiller les méandres de la pensée…

L’œuvre de Lena Macedo s’enracine dans les bris du miroir traversé… loin des apparences, se dessine la vérité, s’authentifie l’acte…

Entre harmonie et ténèbres, affleurant le chaos d’une humanité sacrifiée sur l’autel du veau d’or, pénétrant l’être, l’œuvre magnifie l’existant, légitime le songe.

Dévêtue des oripeaux du talent et du savoir, l’artiste s’avoue enfin au zénith de son œuvre « telle qu’en elle-même » et c’est peut-être ce qui bouleverse tant…

 

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en Histoire de l’Art,

Agent d’art, critique, poète,

Directrice de Espace NLB 

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Le chateau de Jehay

Le château de Jehay

Antonia Iliescu12272814284?profile=original                                                 

On cherche souvent la beauté et l’inédit dans des endroits très éloignés, comme si la distance serait un garant pour la réussite d’une promenade. Une chose sensationnelle à te couper le souffle, on peut pourtant la trouver dans le pays même où tu habites, à seulement quelques kilomètres de ta maison. C’est ce qui nous est arrivé ce dimanche de juillet, quand nous décidâmes de visiter Le château de Jehay – Amay (la Province de Liège – Belgique).

Si tu es curieux de connaître l’histoire des lieux, tu apprendras que ce château coquet, vêtu d’une robe mouchetée – (mélange d’un style architectural gothique et libanais) – bâti sur un petit îlot d’un étang naturel, conçu initialement comme une forteresse médiévale, date du XIe – XIIe siècle, étant un remarquable exemple de la Renaissance mosane. 

Il est entré dans le patrimoine de la famille Mérode dans les années 1492 et dans les années 1680 il devient la propriété d’une famille noble, la famille Van den Steen. Entre 1938 et 1950 il est destiné à recevoir les enfants des chemineaux belges de la SNCB, pendant leurs vacances d’été.

Le comte Guy Van den Steen (1906 – 1999), le dernier propriétaire du château, l’a vendu (par rente viagère) à la Province de Liège qui devint ainsi la propriétaire des lieux à partir du 20 décembre 1999, la date de la mort du comte.

Le visiteur assoiffé à la fois d’art et d’histoire, aura la surprise de découvrir un élément inédit au Château de Jehay : le comte Guy Van den Steen est l’auteur de nombreuses œuvres d’art (principalement des statues en bronze) qui embellissent tant l’intérieur que l’extérieur : le parc peuplé d’arbres, de fleurs, de fontaines et des eaux tombant en marches liquides sur des nymphes et d’autres personnages légendaires.

Dès qu’il est entré en possession des lieux, le comte et son épouse, la marquise Moyra d’Ormonde, n’a pas cessé d’ennoblir la résidence avec des précieuses collections d’argenterie, une riche collection numismatique, des tableaux peints par des peintres flamands célèbres, des tapisseries tissées dans des nuances vertes – bleuâtres, des vases, meubles style baroque, dentelles et porcelaines chinoises …).

Le comte a habité le château jusqu’au dernier instant de sa vie, « en faisant partie des meubles » (l’expression du guide). Les visiteurs étaient surpris de le rencontrer dans une pièce quelconque, en surgissant devant eux comme un vrai amphitryon prévenant, toujours disposé à donner davantage d’explications à ceux qui auraient été intéressés par l’histoire du château. Il fut une personnalité complexe, étant un passionné spéléologue mais aussi un amateur de promenades montagnardes et un champion de ski très connu. Mais ce n’est pas tout ! Le comte était également un archéologue inné, en collectionnant tout au long de sa vie environ 22 000 pièces d’archéologie, qui sont aujourd’hui déposées dans les caves du château. Une partie de celles-ci ont fait surface grâce aux fouilles effectuées  dans la cour même du château, ces preuves attestant le début de la vie sur le domaine en commençant avec la période du Mésolithique.

Une fois entré dans la cour du château, dès que tu as laissé derrière le point d’information et la Billetterie, une statue étrange t’invite à t’approcher : “La mante religieuse”, portant sur ses ailes la femme. Plus tu t’avances sur l’allée plus tu es attiré vers le corps nu en métal, chevauchant le corps de l’immense insecte, dans une position voluptueuse, frisant à la fois l’obscène et le sublime. Tu te rapproches, séduit et charmé par les formes vénusiennes. Tu contournes la statue pour en découvrir les détails. La femme, malgré ses charmes, t’apparaît tout à coup hideuse et sauvage, dans son rôle d’amazone qui dirige avec l’habilité d’un jockey l’homme agenouillé sous elle. Cet homme à la tête de sauterelle, dans un abandon total devant ses propres sens, se laisse volontiers enchaîné et humilié. Pendant que la femme ricane vers le voyeur, en criant satisfaction, l’homme accepte sur ses épaules la tête de la mante religieuse qui le dévore, tandis que sa propre tête pend quelque part en arrière, détachée du tronc, les yeux fermés.

Tous les œuvres de Guy Van den Steen (dans la plupart des cas des nus, réalisés soit en bronze soit en bois) représentent un hommage apporté à l’être humain, à la fois à son corps et à son esprit, recherché dans des époques légendaires.

Les deux vitraux qui enjolivent le hall d’entrée portent les signes du blason de la famille Van den Steen accompagnés par deux commentaires en latin : “Recte Faciendo Neminem Timeas" (“en faisant le bien tu n’as personne à craindre”) si "Semper et ubique Fidelis" (“fidèle toujours et partout”). 

L’uns des murs du hall sert de support pour l’une des plus valeureuses sculptures de l’artiste, qui a nécessité une dizaine d’années de travail (1966-1976). Il s’agit de « “Marsyas et les nymphes", une nouveauté dans l’art sculptural, par l’introduction de la perspective en 3D.

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       “Marsyas et les nymphes" - Guy Van den Steen

Cet œuvre est réalisée sur une surface concave, par une technique appelée « la technique du relief progressif ». Les personnages sortent effectivement du plan (bas relief) pour s’avancer vers le visiteur avec seulement une partie du corps (élément qu’on trouve aussi dans la sculpture moderne contemporaine de Igor Mitoraj).

Toujours dans le hall d’entrée, au centre, on peut admirer une autre sculpture, posée sur une table entre le buste de l’auteur (à gauche) et le buste de l’épouse de l’artiste, la marquise Moyra d’Ormonde (à droite) : “Désespoir”.

12272814883?profile=originalDésespoir” - Guy Van den Steen

Tout comme autrefois Michelangelo Buonarroti, Guy Van den Steen sculptait « à la manière scientifique », étudiant avec passion, attention et méticulosité l’anatomie du modèle. “Mains en prière” fut réalisé d’après une étude approfondie de la main féminine et masculine :

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                                                       “Mains en prière” – Guy Van den Steen

                                                                                                                                                                                                                         

Chaque pièce du château porte l’empreinte du génie créateur du comte, qu’il s’agisse de sculptures, peintures, meubles ou lustres réalisés en fer forgé. Tout est vivant au château et « parle ». Deux magnifiques statues gardent les deux côtés de la porte d’entrée, en dépassant la symbolisation des personnages qu’elles incarnent : “Achille pleurant Patrocle” et “Innocence”. Au delà de l’héros de l’Iliade  d’Homère, apparaît – humble, triste et résigné  - le vieux, face à face avec l’innocence qui semble désormais lui être inaccessible.

 

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     “Innocence” - Guy Van den Steen 

                                                                                      

Achille pleurant Patrocle” - Guy Van den Steen

 “La mort d’Ophélie”, une autre impressionnante sculpture, raconte dans un morceau de bois de chêne, tout le drame shakespearien « Hamlet » (l’œuvre est rangée sur le sol, à l’horizontale et Ophélie flotte portée par les eaux de chêne).

En bordant l’allée des deux côtés, des murs bas, portant sur leurs bras des eaux et des nymphes, créent une atmosphère de paix et de rêverie. Quelques mètres plus loin, la végétation du parc commence à raconter son histoire écrite sur des feuilles blanches de papier, collées à l’écorce des arbres :  

 

“Ce ne sont point des paroles inutiles qui sortent

De la bouche des arbres.

Ce sont de silencieux messages d’amour

Ce sont des cris écrits à même l’écorce »

                                                  (J. Beaucarne)

                                             12272815479?profile=original            “Nymphe” de Guy Van den Steen 

 

 « L’arbre est du temps

Qui n’en finit pas

De s’incarner »

                                  (E. Guillevie)

***

« Les arbres, chemin entre terre et ciel»

(J. Beaucarne)

 

_______________ 

21 juillet 2007

(photos A.I.)

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administrateur théâtres

Du 7 au 28 Juillet 2012 en Avignon

L’Ivresse du boudoir

Textes : Alfred de Musset, Ovide, Marquis de Sade

et Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt

Production : Théâtre d’Une Pièce

Théâtre de la Clarencière - Théâtre du Verbe Fou, 95, rue des Infirmières, 84000 Avignon

Réservations : 04 90 85 29 90

Et en ligne sur www.leverbefou.fr

 

Le Verbe Fou est un petit lieu de caractère dont la profession de foi est le texte de répertoire classique, contemporain, philosophique quelle que soit sa forme.

Ce théâtre littéraire attaché au Verbe dans tous ses états vit grâce à la passion qui anime son équipe dynamique.

Le Verbe Fou, frère cadet de la Clarencière à Bruxelles, a pour vocation tout ce qui touche au Verbe. Son équipe travaille en permanence à la présentation d’oeuvres fortes ou de sujets de société, poétiques et esthétiques. Il apporte dans ses choix présentés au public, un  soin particulier au fond et à la forme et poursuit son chemin avec un souci constant de qualité et de convivialité. Sa fondatrice, Fabienne Govaerts et son équipe sont heureux de vous inviter au voyage pour ce nouveau Festival que nous souhaitons riche d’émotions et de découvertes.

 

L’Ivresse du boudoir

** Création 2012 **

A l’orée de textes d’auteurs de facture classique en prose ou en poésie, le metteur en scène s’est permis la fantaisie d’intégrer divers écrits ou chansons polissonnes.

La qualité littéraire toujours présente tisse au long du spectacle un fil rouge fait de croustillance, de moments mutins mais également de tendresse et d’humour.

Au cœur d’un univers coquin les comédiens enthousiastes virevoltent dans leurs atours d’époque en confrontant l’univers poétique de Musset à l’univers décadent du marquis de Sade.

Il fallait oser cette promenade littéraire et amoureuse !

Tisser, coudre, broder. De Pénélope à la reine Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant, voici la stratégie féminine à l’œuvre. Combien de  mains féminines  n’ont-elles pas  cousu l’amour et les cœurs dans des ouvrages délicats et exprimé ainsi  leurs attentes et leurs révoltes. Des bonnes fées aux sorcières les plus déterminées le transfert d’émotions passe par l’aiguille. Le rappel d’émotions tendres et des vœux d’amour éternel : voici une femme qui coud sa passion dans une bourse grenat  pour son galant homme de mari, oublieux de sa jeune et jolie épouse, étourdi par une coquette. « Allons, vive l’amour que l’ivresse accompagne ! » Ivresse de l’aiguille créatrice, ivresse de l’aiguillon de l’amour.

Bernard Lefrancq, amoureux du Verbe Fou  se met à l’ouvrage et nous livre de la haute  couture poétique en tricotant  avec délicatesse des textes de la plume érotique du marquis de Sade,  le  libertinage de Musset, Ovide et le Catéchisme libertin  d’Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt. Par passion du verbe, par passion de l’amour. Le verbe fou dans toute son ardeur et ses vérités sur la nature de l’homme, de la femme, des idéaux humains.

Le résultat est Ivresse de Boudoir, ce spectacle délicieux présenté à la Clarencière où trois personnages voguent entre le 18e et le 19e siècle, entre  badinage, fantasmes, et tourments de la  jalousie. Mathilde est revenue. Frémissements de belles robes, connivences féminines, éclairages aux bougies, baisers volés, soufflets, billets doux et mari épinglé, virevoltent  avec humour et tendresse. Le Boudoir est certes désuet, mais l’ivresse théâtrale est bien présente quoique trop vite enlevée.  Un   rendez-vous de l’esprit et du cœur,  celui de la musicalité de la langue et des voix de comédiens, jeunes et passionnés. Heureux qui communique, de l’aiguille au verbe libéré. C’est le lieu  du commentaire intérieur du spectateur en recherche lui aussi d’absolu qui reste à vibrer longtemps sous la peau. Déjeuner sur l’herbe, diablement court! On en redemande !

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Avec: Iris CHRISTIDIS, Olivier GARDENAL, Elodie VANDENPLAS

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Ultime émotion terrestre.

 

Ultime émotion terrestre.

 

Quand vacillera ma flamme

Quand mon temps sera échu

Contre toi, toi, ma Dame           

Et de tes bras revêtu

 

J’aimerai, ultime voeux

Que ce soit en me fondant

Là où tu me fis ton Tristan

Dans l’eau claire de tes yeux

 

Pour y voir les couleurs de l’amour

Celles aux quelles tu donnas vie

Par Amour, pour notre Amour.

Qui  seul su relier nos vies

 

Quand vacillera ma flamme

Quand mon temps sera échu

Contre toi, toi, ma Dame           

Et de tes bras revêtu

 

J’essayerai, … ma chérie,

Si il m’en reste, … la force

Un beau sourire, … à ma jolie

Te dirai, … une fois encore

Et, …Très intensément

Comme, … le dit un amant

Même, si mes mots, gourds

Sont morts, ou moi muets,

Je t’aime tant, … Mon Amour!

Je t’aime, …  Petit muguet de mai

 

Je t’aime, et à jamais.

Même, si, souvent imparfait,

Il aura toujours été, vrai

L’amour que je te donnais

 

 

Quand vacillera ma flamme

Quand mon temps sera échu

Contre toi, toi, ma Dame           

Et de tes bras revêtu

 

Je partirai, confus, ému

Par tes bras soutenu

Serrant dans la main,

Fermée tel un écrin

Un morceau de ton cœur.

Enrobé de ta douceur

 

 

Je poserai dans tes larmes

Un morceau du mien.

Le reste de son charme

L’Amoureux qui est tien

 

Quand s’éteindra ma flamme

Quand le temps sera venu

Loin, de toi, toi, ma Dame           

Alors de tes bras, ... dévêtu

 

J’irai,  là-bas, ma tendre

Au-delà du monde connu,

Où tout est superflu

Où rien n’est à vendre

 

J’y bâtirai pour  nous

Un petit Palais d’Amour  

Nous seuls en aurons la clé

Seuls nos cœurs sauront entrer

Tout y sera très doux

Nous y serons velours

 

Cette clé de l’infini bonheur,

Sera faite, des morceaux du cœur

De chacun, par l’autre reçu

Réuni en un, et plus jamais rompu.

 

 

Robert ((Arteepee))

 

À Neuville, le 25 juin 2012.

 

 

 

 

 

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Une affirmation surprenante

 

Un nombre très restreint de lettres,

Créant un univers de mots!

On les reçoit par petites lots,

Comme nourritures terrestres.

...

Les pragmatistes, bien souvent,

Adoptent le vocabulaire

Qui semble utile à leur affaire,

Mais peu celui des sentiments.

...

Or, certains, n'étant pas pressés,

Accueillent de nombreuses grâces

Et, pour en conserver la trace,

Vont aux vocables entassés.

...

J'ai entendu un écrivain

Dire une chose surprenante,

Une étourderie évidente,

Tenue pour un constat certain.

...

Il ne trouve en son héritage

Que ces quelques lettres, sans plus.

Travail imposant s'il en fut

Pour en avoir fait un langage!

...

27 juin 2012

NB: L'écrivain Dany Laferrière se confie à Louise Des Chatelets

                                             à Montréal, sur Canal Vox (émission Le confident du 26 juin 2012)

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Orpheline,

Il existe des coups qui,

 perpétrés par des mains gantées de velours ou de soie,

 incroyablement douces, sont d’éternelles et invisibles blessures,

létales à l’intérieur.

Étonnement d’abord, puis stupeur et cri réprimé,

 par pudeur, ou par peur de ne pas être cru, ni entendu ;  

tremblement de corps, cataclysme en soi,

chagrin monumental, brutal.

Abandon, sans un mot.

Ce Dieu et cette Déesse tellement chéris depuis l’enfance vagabonde,

portés aux nues, n’étaient que monstres même pas sacrés !

 

,

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HISTOIRE COURTE 21.

UN PETIT DETOUR...

 

Ce n'était qu'un détour, mais il l'avait menée dans cette campagne si belle, envahie d'oliviers.

La panne était latente et le soleil brulant, arriver à une fontaine devenait vraiment urgent!

Ce n'était qu'un détour espérant accéder plus vite à ce village pas tellement éloigné... Ce n'était qu'un détour qui aurait mal tourné?

Lorsqu'il surgit soudain de son pas ca dansé et résolu le problème en deux temps trois mouvements, un zeste de mécanique et une bouteille d'eau fraîche!

Le soleil éclatait, ses yeux étaient brillants...

Ce n'était qu'un détour pris par un jour d'été... Va-t-en savoir pourquoi le soir est si vite tombé?

La chance était venue sur un pas de velours... elle s'est mise à souffler dans cet air parfumé!

Ce n'était qu'un détour, mais il aura compté comme un tour du destin par le hasard mené...

J.G.

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Les Portes du temps
(Communiqué)

56 musées et monuments ouvrent les Portes du temps à plus de 35 000 jeunes pour une découverte artistique et ludique du patrimoine.

Du 28 juin au 31 août, cette opération invite les enfants et les adolescents, issus en priorité des zones sensibles, urbaines et rurales, à une découverte artistique et ludique du patrimoine.

15 nouvelles participations de Saint-Omer (Nord) à La-Seyne-sur-Mer (Var)

Pour cette 8e édition, l’opération prend de l’ampleur avec quinze nouveaux sites participants, aussi divers que le haras national de Besançon, le mégalithe des Causses et Cévennes, le Mausolée de Lanuéjols, la Voie Sarde, l’abbaye de Sénones et les sentiers des Passeurs, le château de Lunéville, le château de Carros – Centre international d’art contemporain, le musée de la Faïence au château Pastré, le musée et les jardins du Canal du midi à Saint-Ferréol, le Musée des Sapeurs Pompiers de Lyon, le centre historique de Rouen, le Musée de la Grande Guerre à Meaux, le musée Rodin à Meudon, les musées de Saint-Omer, le musée Balaguier de Seyne-sur-Mer, le Palais du Tau et la cathédrale de Reims, le Palais de Rohan et la cathédrale de Strasbourg.

La créativité à l’honneur

Grâce aux arts vivants, Les Portes du temps proposent des formes inédites d’appropriation des lieux du patrimoine, de leur histoire comme de leurs collections. En fonction de leur particularité, les sites mobilisent le théâtre ou la danse, la musique, les arts plastiques, le cinéma, aussi bien que les arts de la rue ou le numérique, ou encore les activités sportives.

Organisation

Lancée en 2005 par le ministère de la Culture et de la Communication, l’opération des Portes du temps est organisée en partenariat avec le ministère délégué à la Ville et l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé), dans le cadre des objectifs communs en faveur de la cohésion sociale, de l’intégration et de l’accès des publics défavorisés à la culture.

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Lettre à une amie,

Jardin Botanique de La Petite Rochelle

 

Chère amie,

Partez-vous à la cueillette des mots, ces éternelles fleurs poussant depuis toujours dans le jardin, un peu en friche je vous l’accorde, de notre tête fertile et riche ?

l’écriture, de ses enjambées bleues, nous transporte partout.

Mais qui arrose ce jardin ?

Sont-ce notre regard, notre ressenti, notre amour de la vie, parfois même nos peines ruisselantes et salines ?

Que d’incessantes questions dans ma tête foisonnent !

Il s’agit-là, d’un bien étrange jardin, grâce auquel nous existons, nous grandissons !

Quant au souffle qui l’anime,  aux senteurs de roses et de lilas, est-ce la respiration paisible et libre de l’âme qui s’exprime, un tantinet lyrique ?

Cette force  formidable qui désincarcère, nous maintient vivants et présents.

Oh douleurs et désespoirs intenses ; ne suffirait-il pas d’en faire une matière vivante, dont le langage serait multiformes et multicolores, un genre de folie dure, devenue douce ; mélange d’herbes folles, d'inoffensifs chardons bleus, de graciles tulipes noires, de fragiles coquelicots, de soleils or ou noirs : création ?

Je vous laisse donc, ma chère amie, découvrir tout ceci, en espérant que l’orage qui s’annonce, qui avance, aura la courtoisie de ne point trop gronder puis éclater.

Il existe des étés qui se parent en gris, en blanc et plus rarement en vert, qui flirtent avec l’automne.

Bien amicalement.

Nina   

 

 

 

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