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"VUES DU SOL" Frédéric Halbreich -

Cette critique a été rédigée par Carmen P. auteure du blogue Par mots et par couleurs que nous vous invitons à découvrir.]12272832464?profile=original

 

> Frédéric Halbreich est peintre, il nous offre ici ses créations poétiques. À première vue, cette poésie peut paraître aseptisée car l’artiste en a retranché tout le superflu. J’y ai lu une fascination pour le vide, un vide souvent empli de silence que seules, l’exploration par le cri, la puissance vibratoire d’une couleur ou l’énergie du mot juste peuvent saisir.
Le vide n’y est jamais figé, l’empreinte du poète provoque sa mobilité et ses ondes vibrent jusqu’à l’oreille sensitive du lecteur. Poésie des couleurs qui nous laissent imaginer les tableaux du peintre : « La tentation laquée / Épelle un cri / Tout entier contenu / Exprimé dans l’éclat / Comme une luisance »

Les couleurs dansent leurs sensations aux détours des vers : le monochrome est illusion, les brillances sont rythmiques, le jaune est harmonique à moins qu’il n’évoque le son du jaune glacé, le silence est bleu, la luminescence est noire, la blancheur parfumée…

Chaque poème, comme une lame chauffée à blanc, œuvre avec la fulgurance de l’éclair. L’auteur laisse le fil des mots ouvrir une brèche par où s’insinue la poésie jusqu’au noyau de l’émotion. Je qualifierais cette écriture de foudroyante !

Les poèmes de Frédéric Halbreich partent comme des flèches, certains mots glissent d’un vers au suivant comme pour éprouver le meilleur alignement. En général je traque les répétitions, mais là ces mots répétés n’en sont pas. Je cite l’auteur : « Rien ne trouble le fil / De la lumière / De la ligne / De l’esprit / Car l’esprit est une droite / Lancée vers la lumière ».

Vous l’aurez compris, il y a du mouvement dans cette poésie, elle palpe « la proximité de l’intention », glisse « sous le silence tactile », « apaise l’ombre ». Le vent semble la guider : « le vent nu, le vent aux nocturnes dansées, le vent débouclant de saines envies, le vent souffrant, le vent qui enfin apporte le temps des jappements déserts. »

En lisant ce recueil, on voit la vie se déployer sous l’alchimie des mots et le temps passe « qui appartient à la musique de l’absolu ». Tout est toujours à recréer dans un monde où « Le seul amour qui gagne / C’est celui du jour qui vient ». J’ai aimé cette lecture qui satisfera les amateurs de poésie les plus exigeants.

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L' évangile du peuple

"L' évangile du peuple" est un ouvrage d'Henri Alphonse Esquiros (1814-1876), publié sans nom d'auteur à Paris chez Le Gallois en 1840.

 

Après sa Philosophie du Christ (1835), Esquiros, alors qu'il fait paraître des enquêtes et réflexions sur la prostitution, les ouvrières et la condition féminine (les Vierges folles, 1840; les Vierges martyres et les Vierges sages, 1842), se voue à un humanitarisme militant. Son Évangile du peuple lui vaudra d'être emprisonné à Sainte-Pélagie. Avec Auguste Siguier (Christ et Peuple, 1835), et l'abbé Constant, plus connu sous le pseudonyme d'Eliphas Lévi (la Bible de la liberté, 1840, Doctrines religieuses et sociales, 1841), qui, en 1848, fondera avec Esquiros le Club de la Montagne, il radicalise la pensée de Lamennais, en formulent une «hérésie» romantique, celle d'un Jésus socialiste et révolutionnaire violent.

 

«Peuple, à toi ce livre! A toi qui as le front courbé sur ton travail, à toi qui souffres de la faim, du dénuement ou de l'oppression, l'Évangile de l'Homme-Dieu qui naquit dans une étable et mourut sur une croix!»: le ton est donné. L'Évangile du peuple se définit comme livre du Libérateur, Esquiros se donnant comme révélateur de l'esprit et de la lettre du message christique, dans son «énergique simplicité». Suivant l'ordre synoptique, organisé en courtes sections, l'ouvrage se présente comme une nouvelle lecture, commentée épisode par épisode, du texte évangélique, depuis l'enfance de Jésus, enfant du peuple, jusqu'à la Passion. Si le Christ entend par sa «doctrine toute démocratique» et ses «principes révolutionnaires» «remettre la société à neuf», Esquiros, au nom de son «maître», déclare aux révolutionnaires: «Vous êtes le sel de la terre!» Exaltation du principe féminin caractéristique de cette théologie romantique, Marie se trouve identifiée à la liberté. Ascension de Jésus et Assomption de Marie «sont les deux grandes figures bibliques de la réhabilitation complète de l'humanité», et le rachat de Marie-Madeleine inaugure celui du genre humain. L'Évangile du peuple annonce la réconciliation du Bien et du Mal, et Satan «reprendra son vol vers les clartés du ciel». Les effets d'échos ou d'annonce se multiplient, événements et personnages évangéliques valent comme images du présent ou de l'avenir.

 

Esquiros occupe une place intéressante au carrefour des utopies, des mythes et des élans du romantisme. Voulant appliquer et concrétiser sa foi en un progrès providentiel de l'humanité, l'émancipation du peuple et la mission rédemptrice de l'art, il conçoit la poésie comme une «symphonie des êtres et de leurs rapports; [un] accord du ciel avec la terre; un ministère, un sacerdoce, une fonction divine et sociale» (Préface des Hirondelles, recueil poétique de 1834). Sa théologie romantico-humanitaire applique de façon cohérente et systématique aux maux de la société présente et à l'espoir de sa régénération tout ce qui s'inscrivait dans la perspective du salut des individus. Une nouvelle incarnation, celle du Christ-Peuple, doit compléter l'ancienne, et la France, partageant avec le Christ une «royauté d'initiation», se trouve investie comme Messie des peuples ayant subi sa Passion à Waterloo: «Après la grande Passion de la nation crucifiée, trouée au flanc par la lance du cosak, attachée aux pieds, il est resté écrit en caractères rouges sur la croix de Waterloo: "Peuple de France, roi des peuples!"» (un poème suit cette évocation). De même que la Crucifixion précède la Résurrection, la révolution sera acte de violence: «Le peuple, image du Christ, entrera dans sa glorification [à travers] une grande catastrophe définitive.» Il faut donc suivre «les pas sanglants du grand révolutionnaire Jésus»; souffrance et espérance entrent dans une synthèse dynamique: «Alors le ciel et la terre étant calmés, on verra, après les jours sombres du despotisme, luire la sérénité de l'ordre, de la liberté et de la justice.»

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ENTRE PORTRAITS, ANECDOTES ET FAITS DE SOCIÉTÉ

02-11-2012 > 17-02-2013

L’exposition « Écrivains : modes d’emploi. De Voltaire à bleu Orange » mettra à l’honneur la représentation même de l’écrivain qui est au cœur de notre patrimoine culturel et de notre imaginaire collectif.

Documents originaux ou inédits, supports numériques, archives sonores et audiovisuelles, caricatures, sculptures, gravures, photographies et créations contemporaines … l’exposition permet de nous interroger de manière innovante sur l’actualité d’une figure multiséculaire.

 

DE L'INTIME AU MÉDIATIQUE

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Montage de portaits photographiques de Gaspard-Félix Tournachon dit Nadar

L’exposition vous propose de plonger dans l'univers des écrivains, en coulisses autant que sur la scène publique. Un parcours chronologique et des espaces thématiques permettent de vivre différentes ambiances, différentes temporalités suggérant les moments-clés qui ont fait de l'écrivain ce personnage central de notre civilisation. 

Ces espaces questionnent également l'interaction entre les écrivains et l'espace public. De Voltaire à aujourd'hui, ils sont en prise avec les enjeux majeurs de leur société : guerres, bouleversements des arts et des médias, puissances politiques, prix d'écritures ... l'écrivain n'en devient-il pas objet commercial?

Enfin, la question du contemporain est soulevée. L’affirmation du sens moderne d’« écrivain » a été favorisée par l’essor de l’imprimerie et la création d'institutions, mais aujourd'hui les sites et les blogs ne sont-ils pas en passe de transformer radicalement ses modes d'action ?


ŒUVRES ORIGINALES ET REPRISES

Se côtoieront des œuvres importantes qui ont marqué le temps de certains grands auteurs célèbres (Voltaire, Hugo, Sand, Sartre, Duras ou Céline), des vidéos d’archives et des objets symboliques ou incongrus associés aux écrivains.

L'exposition est également l'occasion de croiser des écrivains moins exposés à la notoriété ou des créateurs contemporains proposant des textes multimédias, interactifs, inédits par le biais d'un numéro spécial de la revue de littérature hyper médiatique bleuOrange (Montréal).

 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Marylise Grand'ry

"Espace-temps"

peintures

Exposition du 17/10 au 04/11/2012

de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 17/10/2012

de 18h 30 à 21h 30

 

Le chemin de Marylise Grand’ry (peintures)  « Espace – temps »

 

A l’école gardienne, j’adorais mes gouaches.

J’en mettais partout au point de me revêtir d’une bâche.

En primaire, je faisais mes premières expositions sur les murs de ma classe

Je n’en ai malheureusement gardé aucune trace.

En secondaire, mes histoires étaient retranscrites dans le « livre d’or »

C’était comme recevoir une médaille d’or.

Au supérieur, je concoctais les publicités

Pour récolter de l’argent et promouvoir nos soirées.

Ces belles années terminées

C’est dans le monde du travail que je suis rentrée.

En parallèle, je décorais les intérieurs de mes demandeurs

Et les complétais avec des tableaux qui mettaient en valeur

Les objets et couleurs de leur intérieur.

De fil en aiguille, des expositions m’ont été proposées,

Tant dans les communes, galeries ou privées.

Sur les réseaux, mes toiles se sont propagées

Et les critiques d’art ont commencé à me contacter.

Quant à l’écriture, elle déborde de ma tête bien remplie.

Les objets prennent rapidement vie

Sous ma main qui court sur le papier.

Certaines de mes histoires telles « La Praline » servent de publicité

Sur des sites connus de chocolatier.

Aujourd’hui, je veux être ce que j’ai toujours été :

Une artiste qui, sur cette terre, ne pose qu’un pied.

 

Grand’ry Marylise : Artiste peintre et écrivain, habitant la jolie région de Liège. Cette poétesse joue avec les mots et les couleurs tout en douceur et délicatesse. Venez la découvrir à travers ses petites histoires innovantes qui sortent des chemins battus. Il en va de même pour ses toiles aux couleurs chaudes qui mettront en valeur votre intérieur.

 

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Jean-François Motte

"Gouttes en série"

peintures

Exposition du 17/10 au 04/11/2012

de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 17/10/2012

de 18h 30 à 21h 30

 

Jean-François MOTTE (peintures) « Gouttes en série »

 

Jean-François MOTTE expose les dernières toiles de sa série des gouttes à l'Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart à 1050 BRUXELLES du 17 octobre au 4 novembre 2012.

 Né en 1955, il entame dès 1985, après une pratique assidue de la photographie, des études en arts plastiques et fréquente différents ateliers parisiens.

 Artiste professionnel depuis 2002, il ne va cesser d'explorer un univers abstrait qui le conduit à exposer régulièrement à VALENCIENNES, ANZIN, LILLE, PARIS, MONS (Belgique), BERK-SUR-MER différentes séries inspirées des carrés magiques, des pavages et, plus récemment, des gouttes.

 Diversifié dans son vocabulaire plastique, il demeure constant dans ses équilibres harmoniques, soucieux d'ouvrir et de libérer l'approche de ses œuvres, de maintenir un rapport métaphorique à la Nature, comme aujourd'hui à la gravité, ou, en souriant, à l'anti-Gravité.

 

Attaché aux orientations multiples de ses toiles, Jean-François MOTTE y inscrit sa marque à leur revers.

 

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Marcus Boisdenghien

"Eléments de vie"

peintures

Exposition du 17/10 au 04/11/2012

de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 17/10/2012

de 18h 30 à 21h 30

 

Marcus Boisdenghien (peintures) « Eléments de vie »

 

Né à Bruxelles en 1968. Habite à Stockholm. Lors de ses études, il séjourne en 1990 à New York. Un stage au Moma le plonge dans le monde de l´art qui ne l´a plus quitté depuis.

 

Il a fréquenté les académies d´Ixelles - section peinture - en 1996, et – section dessin - en 1997, de Boitsfort - section peinture - en 1998 et d´Uccle – section peinture - en 2001. Son travail dégage un nombre d´œuvres déjà conséquent et très diversifié. Peinture, dessins, installations, photos et vidéos composent son univers artistique.

 Les thèmes principaux qui sont abordés dans son œuvre sont la communication, l´amour, le physique et la superficialité, la dépression et l´espoir.

 

Il travaille à Stockholm et Bruxelles. Son récent départ pour la Suède l'a convaincu dans son style de peinture actuel “ Les éléments sages” ainsi que dans un travail plus conceptuel d´installations dont “ Archipelago” est le dernier exemple.

 Les peintures les plus récentes sont un hommage à Paul Evans et à Serge Poliakoff. Peinture acrylique sur toile, les «éléments sages» sont un hymne à l'équilibre des forces, des matières et des couleurs. En organisant l'espace et créant une harmonie, ces toiles démontrent une volonté de se ressourcer, entre bien et mal, rêve et réalité.

 

“Archipelago” est une mosaïque de carrelages belges représentant l´archipel d´îles autour de Stockholm.

 

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Xavi Puente

"Bois et entrelacs"

sculptures

Exposition du 17/10 au 04/11/2012

de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 17/10/2012

de 18h 30 à 21h 30

 

Xavi Puente (sculptures sur bois) « Bois et entrelacs »

 

"Travailler avec le bois exige un profond respect pour l’être vivant qui est, il faut comprendre sa nature interne et qualités qui lui donnent leur personnalité. J’aime bien, comme un écrivain crée un personnage, créer des sculptures avec la vie elle-même, avec ses défauts et ses vertus, expériences, nuances et particularités. Chaque couche d'information se superpose sur la précédente pour former un substrat intellectuel à travers lequel tisser l'essence de chaque pièce, qui prend, enfin, de la cohérence et qui est structurée comme une seule entité avec une énergie, qualités et propre texture".

 

 

Et à titre d’information voici les six prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie.

Vernissage le 07/11/2012 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.

Exposition du 07/11 au 30/12 2012 à l’Espace Art Gallery II.

 

-Titre : « Œuvres sur papier »

Artistes : Bettina Massa (peintures) + installation vidéo

Vernissage le 07/11 de 18h 30 à 21h 30 en présence de Françoise Marquet (harpiste)

Exposition du 07/11 au 25/11/2012.

 

-Titre : « Lumière et mouvement »

Artistes : Juliane  SCHACK (All) peintures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

&

-Titre : « Les couleurs vives »

Artistes : Anita FLEERACKERS (Be) peintures et sculptures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

&

-Titre : « Les acidulés »

Artistes : Roselyne DELORT (Fr) peintures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

&

-Titre : « Quand l’œuf se fait dentelle »

Artistes : Patricia BAILLY (Be) sculptures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                        Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                               Voir:    http://espaceartgallery.be

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

 

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Parfum,

 

Votre parfum,

haleine d’une vague,

chaude et bleue,

diffuse,

puis un souffle ;

envisageable vie.

Vague à l’âme,

creuse mon cœur,

le traverse,

le bouleverse,

le déconstruit un peu ;

larmes salées sur mes joues,

enfiévrées,

vierges de vos mains,

de vos doigts, de vous.

Oh caresses imaginées,

perpétuées de page en page ;

vaguement,  ici et là je suis,

car trop entière à vous.

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le livre d'Albâtre

Collégiale Sainte-Waudru.

Troupe de théâtre d’amateurs implantée en région montoise, le G Théâtre s’est toujours engagé dans une programmation éclectique. L’idée de créer « Le Livre d’albâtre » s’est imposée peu à peu quand on évoqua le 1400e anniversaire de Sainte-Waudru à Mons. A ce moment-là, la troupe venait de faire la connaissance de l’auteur Philippe Bailly qui s’est vite montré très intéressé par le thème. Il fut alors décidé d’écrire une pièce de théâtre sur base de faits historiques propres à la ville de Mons. Or, s’il est une année riche dans l’histoire des montois, c’est 1572.

« Le Livre d’albâtre »  nous ramène donc à cette période de la Renaissance. L’histoire se déroule précisément entre le 24 juillet et le 24 décembre 1572. La ville de Mons faisait partie, à l’époque, des Pays-Bas espagnols. Elle édifie son beffroi tandis que le sculpteur Jacques Du Broeucq décore la collégiale Sainte-Waudru: c’est l’artiste qui maîtrise le mieux la pierre d’albâtre.

C’est ce dernier personnage qui va servir de « fil rouge » à la pièce et nous faire revivre les affres d’une année où les Montois vont être confrontés à une guerre de religion, après l’occupation surprise de la ville par le comte Louis de Nassau. Les combats sont rudes, les pertes importantes. Les chanoinesses apportent soin et réconfort à tous les habitants, sans distinction de religion. Amours, amitiés, inquisition, trahisons, résistance, famine… Autant de thèmes, autant de « beaux tableaux », inhérents au genre du spectacle historique, mais mis en scène avec beaucoup de réalisme par  Barbara Dulière qui souhaite faire passer avant tout de l’émotion.

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HAÏKUS D AUTOMNE

12272838057?profile=original              Le rouge est mis

              L'ocre pigmente le ciel

              Frémissent les bois

              Bolets capucins

              Girolles en trompette

              Rousseur parsemée

             Chantent les chênes

              Lestés de leurs glands brunis

             Châtaignes  grillées

              Fine pluie notée

              Harmonie musicale

              La bûche flamboie

                 Raymond  Martin   14  octobre 2012

              

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Danse et cadence

Danse et cadence

Pour que ma rime soit raison,
Pour que fruits chantent la véraison,
Je sonne du cor les mots égarés
Je les somme d’obtempérer.
De mes maux ils sont effarés.
Je mets les mains dans le cambouis,
De mon désarroi, ils s’enfuient.

En phalange, je voudrais les enrôler
Pour qu’en fronde, ils puissent s’insurger
Qu’en bataillon, ils se mettent en rimes
Qu’en escadrons, ils dansent le rythme

Qu’en cadence les rimes soient suffisantes
Pour qu’à l’ouïe, je les entende satisfaisantes
De maillons enchainés, de leurs ailes couronnées
Au pas du tango, qu’elles se frôlent embrassées
En farandole, qu’elles mêlent les pieds croisées

Libres mes vers chanteront ma tristesse
Joyeux, ils scanderont mon allégresse.

Doulfakar ROSTOM

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« La mélancolie errante »

 

Élégie juive
 

Au son des violons, un message de vie.

- Si la mélancolie t’incite à la paresse,

Lève les bras, balance les épaules et danse.

Avec ton âme danse, sous la voûte céleste.

Léger, en liberté dans la pleine lumière,

Les bras levés, les épaules mouvantes, danse.

Laisse monter en toi la vibrante énergie.

Puis, restant en éveil, accueille le silence,

Pour les choses du coeur et de l’intelligence.

19/8/91

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je t'aime

parfois j'ai des soucis

qui me donnent le tournis

qui me gâchent ma vie

mais je n'en 'ai cure

car je t'aime

Chaque fois je me dis

mon rêve est maudit

ma vie est taudis

mais je t'en conjure

je t'aime

cent fois je revis

de tes mains je naquis

de ton cœur je souris

ton rêve me rassure

je t'aime

oui je t'aime

et mon armure

devant toi a faibli

devant toi a failli

Quelque part ce poème a été écrit pendant un laps de temps par une certaine personne.

Sarah abdellaoui.

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A vous,

Penser, songer à son Amour,

le vivre, à palpitations feutrées,

à la fois douces et violentes,

amères,

chaleur d’un angora,

plutôt que le don charnel de soi,

qui s’étiolera un jour,

souffrira de finitude ;

stérile solitude alors !

Penser un tel Amour,

ensemenceur  de lettres,

de poèmes fous,

pour les gens invisibles,

mais point pour vous !

Un envol ;

un stylo qui respire,

 une effluve d’encre se sauve,

 coule sur un chemin étroit et blanc,

un parfum rare et bleu,

précieux ;

un baiser pâle,

tâtonnant,

enfin déraisonnable,

direct,

puis écarlate !

l’écho de ma pensée,

s’élançant jusqu’à vous,

pour vous,

puisse t-il chambouler votre

cœur, le désordonner un peu,

puis beaucoup,

 au point qu’il devienne mien,

tout entier, sans réfléchir ?

S’unir en silence.

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Les vierges martyres

12272837255?profile=original"Les vierges martyres" est un essai d'Henri Alphonse Esquiros (1814-1876), publié à Paris chez Le Gallois en 1841. Il inaugure une trilogie continuée par les Vierges folles et les Vierges sages, publiées chez Delavigne en 1842.

 

L'auteur de l'Évangile du peuple s'inscrit ici dans une philosophie humanitaire où les perspectives assignées à la femme occupent une place essentielle. Alors que, dans l'Assomption de la femme, l'abbé Constant affirme en 1841 que lorsque «l'épouse et l'époux se donneront véritablement l'un à l'autre [...] le mariage humanitaire sera consommé», Esquiros procède à une analyse serrée de la condition féminine, qui lui attirera les foudres des bien-pensants et de l'Église. Ayant emprunté l'expression de «vierge folle» à la parabole biblique, Esquiros l'impose pour désigner les prostituées, et en 1842 la Vierge folle, chanson de Charles Gille, la consacrera.

 

Ces ouvrages «forment une série de trois études qui embrassent les trois états de la femme dans la société moderne: le prolétariat, la prostitution et le mariage» (Préface à la troisième édition des Vierges martyres, 1846). La condition féminine se définit comme esclavage vis-à-vis de l'homme.

 

Les Vierges martyres. En 5 chapitres, Esquiros parcourt l'éventail des professions tant honnêtes que douteuses (le théâtre, le modèle pour peintre...) avant de proposer l'affranchissement par le travail correctement rémunéré et la mise en place d'institutions économiques. Dans les classes oisives, la femme se voit condamnée au dérèglement des moeurs par cette oisiveté même, alors que la misère détermine le comportement des classes laborieuses. Exploitée, la prolétaire ne peut vivre seule de son travail et se retrouve contrainte à l'union libre.

 

Les Vierges folles (3 chap.) peignent cette «autre classe de femmes qui ont franchi la limite entre la débauche secrète et la prostitution tolérée». Celle-ci, odieux esclavage, témoigne de la «promiscuité originelle» et non d'une nature perverse. Elle sera donc éradiquée par le progrès de la civilisation.

 

Quant aux Vierges sages (5 chap.), si elles prouvent l'évolution du rapport entre l'homme et la femme depuis les origines, si elles doivent à la société d'être les plus belles et les plus recherchées des créatures, elles devront exercer un «rôle sacerdotal» dans la «grande régénération qui se prépare par la mort du présent».

  

Apparentés aux «physiologies» du temps, ces textes étonnent encore aujourd'hui par la vigueur de leurs descriptions sans complaisance. Ils proposent dans ce siècle préoccupé de la question féminine, une analyse socio-économique précise et circonstanciée de l'aliénation des femmes: «Dans notre société la femme a beaucoup plus de mal à vivre que l'homme, bien qu'elle ait des besoins moindres et des habitudes généralement plus sobres» (les Vierges martyres). Tableau d'une «guerre sociale», l'oeuvre d'Esquiros se veut message d'espoir et annonce messianique. Sa théologie romantico-humanitaire s'oppose au fatalisme d'un Parent-Duchâtelet, qui, à la même époque, voit dans la prostitution une tare immuable, et propose de lutter d'abord contre l'ignorance et la misère, ces plaies du monde moderne. Ainsi les «vierges folles» seront-elles ramenées au mariage et à la société. Critère décisif du progrès («C'est par le sort de la femme que la société complétera un jour son oeuvre», les Vierges sages), la question féminine permet de relier l'harmonie, la communion, l'unité, l'utopie, la regénération. Elle noue ainsi les thèmes romantiques les plus dynamiques.

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administrateur théâtres

12272835689?profile=originalVous avez jusqu’au 20 octobre pour COURIR  voir « LES SENTIMENTS PROVISOIRES »  de Gérald Aubert à la Comédie Claude Volter. Jeu de cache-cache sentimental et spirituel entre trois comédiens de  carrière éblouissante : la sémillante Stéphanie Moriau,  Jean-Claude Frison, – qui ne se souvient pas de son éblouissant Mazarin au théâtre Royal du Parc l’an dernier ? – et l’incontournable bon vivant,  Michel de Warzee, le pilier de la  Comédie Claude Volter en personne. C’est ardent, bien mené, incisif, désopilant en diable, admirablement bien  joué et serti dans un décor bucolique sur scène à en faire pâlir bois,  lacs et jardins de la Woluwe.  Le propos semble éculé : une rupture, …une de plus. Mais ô combien intelligemment  actualisée dans son hystérique cuvée 2012. Hystérique et lâche ? Oui et totalement égocentrique comme c’est si souvent le cas. Cynique, même dans sa jolie critique du siècle qui voit un mariage sur deux s’évanouir sans l’ombre d’un regard en arrière et rivalise de créativité pour recomposer des familles en l’air.

Ici, heureusement pas d’enfant en jeu. Quoique…

La rupture qui vient du fond de l’horizon  arrive à Marc, un homme charmant (Jean-Claude Frison), séducteur impénitent, écrivain bien installé dans son  décor champêtre. Félix, son  meilleur ami d’adolescence, qui déteste les petits week-ends à la campagne, les feux de bois, les parasols, les promenades en shorts, est l’affreux coupable.  Le courageux Félix attend que ce soit Hélène qui  annonce la rupture. Michel de Warzee excelle dans son rôle d’amant bougon. 12272836662?profile=originalMais ce qui est particulièrement intéressant c’est que les 10 ans d’amour sont contés à travers une série de duos qui se jouent à trois. L’originalité est que  celui ou celle qui se raconte est absent des dialogues qui se jouent deux par deux,  les trois personnages ne quittant jamais la scène.  A la Tchékov ? Tour de force théâtral qui invite dans la psychologie profonde de chaque personnage et fait constater, de auditu, qu’il y a en permanence un double langage et  un fossé immense  entre ce que les personnages pensent, rêvent et ressentent … et les actes et paroles qu’ils posent  « in real life » comme on dit à l’heure actuelle.  Il faudra  d’ailleurs toute une bouteille de champagne à Hélène pour oser se lancer dans la scène sublime  d’enfant gâtée où elle se sépare. Dès cet instant le personnage de Marc effondré devient bouleversant de vérité et d’autodérision. Marivaudage moderne, l’aguicheuse  Hélène a joué  avec les sentiments  pour s’élancer dans une liberté toute  illusoire. On ne saura pas si l’issue est la solitude moderne ou un bonheur simple et compliqué à la fois, à la Jules et Jim. En définitive seul le rire est salvateur et le verbe aimer est très fragile, sauf en amitié.

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 http://www.comedievolter.be/    

 

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Bébé mamours, chaton velours.

 

A quatre pattes,  un œil de velours, il marche trottinant son errance,

Puis  louvoie de couloirs  en séjours, traîne  joyeux de son assurance,

A  quatre  pattes, petit nez  en l’air, il  frôle  tiroirs et  bacs  à joujoux,

Heureux gazouille à la chambre à air, d’un canard plongeant parmi les doudous.

 

Bébé mamours.

 

A quatre pattes grimace des pleurs, en se heurtant contre tous les fauteuils,

Puis pousse de faibles cris miauleurs, sautille comme les p’tits écureuils,

A  quatre  pattes s’affale d’un bloc, babille  en  roulant sur  les planches,

Pour déguster les saveurs plic et ploc d’un bol de lait à l’écume blanche.

 

Chaton velours.

 

A  quatre pattes barbote dans l’eau, mange son pied d’un petit air coquin,

Puis baille en se frottant le museau tout contre la poupée d’Arlequin,

A  quatre  pattes, sa  langue  rose lèche  la  crème  du  sucre  fondant,

Des  friandises sur Bois  de rose d’une desserte avec  choix  abondant.

 

Bébé tambour.

 

A  quatre pattes,  un  œil  de  velours,  minette folâtre   avec  son  bébé,

Puis se ramasse ainsi qu’un gros balourd pour ensuite se laisser retomber,

A  quatre  pattes  comme  son  bambin,  elle  respire  la  joie  de  vivre,

Complice des jeux de son chérubin, mère chatte guide son savoir-vivre.

 

Chaton amour.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

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administrateur théâtres

L’affluence est grande ce soir de 9 octobre 2012 à l’église Notre-Dame de la Chapelle qui élève ses ogives gracieuses pardessus les toits du quartier de la rue Haute à Bruxelles. Dès le début du concert, ce lieu saint sera plongé dans le noir, à l’exception de la lumière tamisée du chœur où se sont massés les musiciens et leurs instruments d’époque. Goutte à goutte le chœur de solistes, la fine fleur des « Arts florissants » sous la direction de William Christie s’est infiltrée autour des musiciens assis.

Les relations avec la cour de Mademoiselle de Guise - petite fille d'Henri de Guise qui mourut assassiné -  ont-elles tenu Marc-Antoine Charpentier à l'écart des grands postes si convoités de la musique à Versailles? « Les arts florissans» est à l’origine le nom d’un opéra que le compositeur écrivit pour Marie de Lorraine, Duchesse de Guise, cousine de Louis XIV, et qui célèbre la figure symbolique de la Paix opposée à la Discorde, entourée de l’allégorie de la musique, de la peinture, de la poésie et de l’architecture. Une idylle musicale qui s’élève contre le quasi-monopole de Jean-Baptiste Lully à la cour du roi-Soleil.12272835466?profile=original

Revanche? Ce vocable des Arts florissants a été choisi par William Christie  pour dénommer ce fleuron des ensembles français de musique baroque. Les œuvres présentées sont deux oratorios poignants de Marc-Antoine Charpentier : « Cécile, Vierge et martyre, H413 » et « L’enfant prodigue H399 ». Ces deux œuvres d’une musicalité sidérante seront séparées par une méditation très émouvante des âmes au purgatoire dans le « motet des trépassés H311» dont la supplique monte vers les cieux comme d'inextinguibles faisceaux d’encens musical.

Les voix lumineuses de l'oratorio de Cécile ont empli l’espace ecclésial avec finesse et pureté tandis que la texture polyphonique est d’une limpidité étonnante. Le texte latin très perceptible est croqué dans une ampleur élastique et vivante par les différents solistes. On peut relever la qualité extraordinairement fervente des voix de barytons et de sopranes juvéniles. Et une douceur extatique, presque murmurante se meut sous les voûtes lorsque Cécile au bord de la mort, en proie à la vindicte du tyran Almachus lui offre son cou pour le sacrifice : « Quid moraris, quid cunctaris, crudelis impie tyranne ? Qu’attendez-vous, Pourquoi hésitez-vous, tyran cruel et impie ? ». Une voix plaintive et humble, inoubliable. La houle puissante du chœur chevauche le franc-parler des tragédies d'Euripide, dans son empathie profonde pour la détresse et dans son exultation fracassante pour la victoire de Cécile. Une cohésion et une dynamique parfaite d’où se dégagent avec souplesse et harmonie les solistes qui se glissent tour à tour dans leurs rôles avec une justesse d’émotion troublante.

Le pendant masculin de l'oratorio de Cécile, celui de L'enfant prodigue, est aussi une musique de coeur. Elle  communique autant de joie de plénitude et d'émotion chez le spectateur. Il peut en effet méditer longuement sur la force salvatrice du pardon qui devient lumière musicale. L’esthétique musicale parfaite, les nobles postures et l'humanité de solistes ont profondément touché le public. Le  langage foisonnant et la richesse des phrasés ont totalement séduit ainsi qu'une apparente spontanéité.  A l'issue du concert, plusieurs bis vibrants ont couronné cette soirée dans cette église qui jouit d'une très bonne acoustique et qui est sans doute très rarement aussi remplie.

http://www.arts-florissants.com/site/accueil.php4

http://www.artsflomedia.com/

Rachel Redmond sainte Cécile (soprano) - Elodie Fonnard l'Ange (soprano) - Violaine Lucas Historicus (mezzo-soprano) - Virginie Thomas dessus - Reinoud Van Mechelen le Fils prodigue (haute-contre) - Pierre Bessière Pater (basse) - Marcio Soares Holanda haute-contre - Thibaut Lenaerts taille - Benjamin Alunni taille - Geoffroy Buffière basse -  Les Arts Florissants

http://www.bozar.be/activity.php?id=12102&selectiondate=2012-10-09

 

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DOUTE...

Yeux grands ouverts, oh oui j'écoute!

Et ne reconnais pas les mots...

Ce n'est pas que je les redoute

En moi ils ne font plus écho!

 

là, dans ma bulle bien à l'abri

Je m'étais fait un univers!

Mais je n'avais donc rien compris...

Puisque le monde tourne à l'envers!

 

Il va falloir que je l'endosse

Ce choc on ne peut plus pervers...

C'est vrai qu'on n'est pas à la noce

Quand rêves se perdent dans la mer...

 

Alors poursuivre est du grand art!

Sur un fil de philosophie

On essaye un autre regard...

Pour encore mordre dans la vie?...

J.G.

 

 

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Histoire de la folie à l'âge classique

12272839463?profile=originalIl s'agit d'un essai de Michel Foucault (1926-1984), publié à Paris chez Gallimard en 1961.

 

Philosophe et historien, Michel Foucault s'est attaché, de l'Histoire de la folie à sa non moins monumentale Histoire de la sexualité (1976-1984), à trouver dans l'«ordre» du discours le lieu du pouvoir. Il entreprend de montrer ici que les figures du savoir et celles du discours sur la folie obéissent à une même loi profonde, en l'occurrence une structure qui met l'accent sur les théories, les pratiques et la sensibilité d'une époque donnée.

 

Première partie. La Renaissance, selon Michel Foucault, voit dans le fou une figure culturelle de la plus haute importance, qu'elle substitue à la mort dans la fonction de mise en question de l'ordre et du sens. Le passage de la Renaissance à l'âge classique se caractérise par le «grand renfermement»: est fondé en 1657 l'Hôpital général - expression du pouvoir royal -, dont les divers bâtiments abriteront indifféremment pauvres, fous et sans-abri. Ainsi des populations entières, jugées hors normes, passeront sous le contrôle administratif de l'État pressé par des facteurs économiques et sociaux. Le «grand renfermement» apporte protection et nourriture aux mendiants, aux chômeurs et aux fous, à condition qu'ils acceptent la contrainte physique et morale de l'internement.

 

Deuxième partie. Après la Révolution française, le scandale éclate: on comprend qu'on a enfermé indifféremment, dans les mêmes lieux, les fous et les criminels. Ce système est alors remplacé par une forme d'internement plus scientifique et humain, où l'on sépare certaines catégories de criminels des fous. La stratégie de guérison consistera à tenir le malade pour responsable de sa maladie; une fois accompli ce processus d'intériorisation, le patient se trouvera guéri - non sans avoir été, au préalable, observé et puni par ses gardiens.

 

Troisième partie. C'est désormais par l'intermédiaire de la personne du médecin que la folie est reconnue comme une aliénation d'un type spécifique, dont l'étude appartient au domaine médical. Freud marquera l'étape suivante dans l'histoire de la raison et de la folie en isolant, en tant qu'objet scientifique, la relation qui s'instaure entre le patient et le médecin, en faisant d'elle la composante essentielle du traitement de la maladie mentale. Foucault clôt son analyse sur des références à une forme fondamentale d'altérité qui se situe hors de portée de la raison et de la science: la «fulguration» de poètes comme Artaud, Hölderlin et Nerval qui ont échappé à ce «gigantesque emprisonnement moral» et entrevu une expérience fondamentale de la déraison qui les situe au-delà de la norme sociale. Altérité qui amorce une contestation radicale de la culture occidentale.

 

Le travail historique amorcé par Foucault dans Histoire de la folie inaugure une thématique de la discontinuité des discours qui modifie la relation de l'historien au passé. Par le choix des thèmes étudiés, Foucault a illustré la nécessité d'une restructuration des priorités en Histoire. La folie, le langage, la médecine, la punition, autant de thèmes marginaux aux yeux des historiens, que Foucault en revanche place au centre de l'enquête historique. Renversement qui impose aux historiens de substituer à une éventuelle «histoire de la folie», l'analyse des discours successifs sur la folie. Illustrant son propos de récits et de faits, Foucault montrera que tout discours sur la folie est, qu'il y ait enfermement ou non, un discours d'exclusion.

 

Cette Histoire de la folie commence ainsi par la description de la mise à l'écart et de l'enfermement des lépreux à l'intérieur d'un vaste réseau de léproseries disséminées aux portes des villes européennes pendant tout le Moyen Age, descriptions imagées qui s'ouvrent toujours par une analyse du regard des autres sur l'exclu: «Les lépreux avaient reçu le châtiment de Dieu, mais en même temps ils constituaient un rappel physique et matériel de la puissance divine et du devoir de charité chrétienne.» Foucault introduit dès ces premières pages les deux thèmes parallèles de l'exclusion géographique et de l'intégration culturelle qui vont structurer l'ensemble du livre. Ainsi la «Nef des fous» enfermait à son bord des malheureux à la recherche de leur raison, «prisonniers au milieu de la plus libre, de la plus ouverte des routes». Le thème du désordre se formule à l'époque de la Renaissance en terme d'excès et d'irrégularité, et non en termes de troubles physiques ou cliniques du fonctionnement.

 

En élaborant ce nouveau contenu culturel - raison et folie à l'âge classique, santé mentale et aliénation à notre époque - et en montrant sa transformation radicale au fil du temps, Foucault se donne l'outil intellectuel nécessaire pour appréhender l'«altérité pure» dont l'analyse est au centre de son projet. Alors qu'au Moyen Age et à la Renaissance se déroule un débat dramatique entre la société, voire l'individu, et la démence, de nos jours ce débat est remplacé par la sérénité d'un savoir qui occulte le vécu de la folie. Désormais l'homme social doit coïncider avec le «sujet de droit», identité rendue possible par la philosophie politique des Lumières; «fou» n'est pas l'individu atteint de maladie par rapport à l'homme «sain», «fou» n'est autre que l'individu «situé au point de rencontre entre le décret social de l'internement et la connaissance juridique qui discerne la capacité des sujets de droit». Tel sera le fondement juridico-social de notre psycho-pathologie.

 

Cependant, pourquoi, depuis la fin du XVIIIe siècle, n'est-il donc plus possible de se maintenir dans la différence de la déraison? C'est en répondant à cette question que l'ouvrage de Foucault intéresse la littérature et en modifie la perception: «La vie de la déraison ne se manifeste plus que dans des oeuvres comme celles de Hölderlin, de Nerval, de Nietzsche ou d'Artaud - indéfiniment irréductibles aux aliénations qui guérissent.» Les oeuvres de ces auteurs impliquent un bouleversement radical: «Désormais et par la médiation de la folie, c'est le monde qui devient coupable (pour la première fois dans le monde occidental) à l'égard de l'oeuvre; le voilà requis par elle, contraint de s'ordonner à son langage, astreint par elle à une tâche de reconnaissance, de réparation.» En s'attachant à ce que l'oeuvre littéraire comporte de «meurtrier et de contraignant», Foucault parvient ainsi à montrer comment la déraison appartient à ce qu'il y a «de plus décisif, pour le monde moderne, en toute oeuvre», et ouvre, par là même, une voie de compréhension nouvelle à la modernité littéraire. C'est pourquoi l'influence de cet ouvrage majeur s'étendit aussi bien aux sphères de la critique littéraire qu'aux domaines de l'Histoire et de la philosophie. Maître d'un style limpide, volontiers lyrique et toujours élégant, sans jamais user d'aphorismes péremptoires, Foucault s'associe à ces quelques rares penseurs qui ont entrevu le travail souterrain de la déraison.

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