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♦ Silence et poésie, instruction des embellies

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Avec tous mes vœux à ceux de bonne nature humaine

Et aux amoureux des beaux arts et belles lettres

Souvent je me replie dans la poésie du silence

C’est un besoin d’éloignement du monde qui est trop

Trop de stress et trop d’agressions, trop le niveau zéro

Pour le pouvoir de décider ce qui est d’importance

 

Contre un monde voyeur, laideurs et drame perpétuel

Contre la tyrannie des émotions mais qui déconne

Tant cette hypocrisie des victimes qu’on sélectionne

Tant l’iniquité redoublée par tant d’oublis cruels

 

Souvent je me replie dans la poésie du silence

Ignorer les prêcheurs, les exploiteurs de nos malheurs

Les imposteurs de poésie qui ne sont que braqueurs

Fervents de l’esprit en loques et de la décadence

 

Contre ce feuilleton des catastrophes en série

A ne plus savoir ce qui fait la condition humaine

A qui l’on peut faire confiance et si ça vaut la peine

De lutter pour vivre tant c’est dit : nous sommes maudits

   

Souvent je me replie dans la poésie du silence

J’en fais un espace de possible réconciliation

Avec qui je peux être, à bout touchant, l’obstination

De chérir la vie même au compte des invraisemblances

 

Là, ma sincérité, l’effeuillée des grands sentiments

Tout au-dedans, rien au dehors, là, cette architecture

De tout l’être en conflit, en conscience d’une aventure

De l’éphéméride des jours qui s’en vont tellement

 

La poésie du silence est bien plus représentative

De vivre intensément que ces mots servis en décoction

Bien plus prospective que de gargouiller des sermons

Parce que soit disant l’humanité à la dérive     

 

Silence en ma mémoire rosacée qui me rend

Tous les grands moments de ma vie, l’esprit qui me rapproche

De mes pareils pour qui la vérité, c’est dans l’accroche

A de chers portraits et présents, et absents, tout autant

 

Silence en ma partie profonde, intime, précieuse,

Je ne veux la flétrir, je ne saurais m’en départir

Par des mots sans talent pour dire vivre c’est mourir

Plus d’une fois quand bien même des amours généreuses

 

Le temps silencieux me convient et bien plus qu’on ne croit

Je sais, bavard je suis en des contextes de rencontres

Ca compte tellement les occasions où se racontent 

Nos histoires, nos espoirs puis qui vivra, verra   

 

Mais la poésie du silence est ma correspondance

Avec les domaines des intrigues et des questions

Tant le monde est complexe, un plein de contradictions

L’antithèse de poésie, convictions, éloquence   

 

 

 

Une poésie du silence, tempérance et nécessité

L’avant de l’ambition du premier pas d’une parole

Ecoutez Rilke sublimer ce qu’il faut de l’école

Apprendre mille fois la beauté et l’humilité          

 

Silence et poésie, le temps signifiant pour mes peines

Mes séparations d’avec des combattants qui étaient beaux

Tant capables de tout embellir jusqu’aux yeux de l’eau

Ce langage mouillé révélant pour sûr comme on aime

 

Silence et poésie, pour mes temps d’esprit arc-en-ciel

Mon banc soleil en pluie du rappel de cent anecdotes

Le pourquoi des heures, journal intime, antidote

La franchise au final de ce qui est son essentiel

 

Silence et poésie, ô suspendu des beaux spectacles

Je le suis promeneur, voyageur, ou observateur

Change m’a-t-on dit mon regard, et de par sa couleur

Son parler religieux dans l’éventail des miracles

 

Silence et poésie, entre le grand tout et le rien,

Ce à quoi l’on tient tant, et ce qui est inaccessible

Ce pour quoi l’on se bat, et le grand tout imprévisible   

J’en ai fait la trame pour nous tisser les meilleurs liens

 

Alors à quoi ça sert mes huit centaines de poèmes,

Puis d’autres qui viendront, tous iront s’éparpiller

Qu’en est-il du poète en ce temps maximum stressé

Puis de moi, petite bestiole autant qu’il m’en souvienne

 

A quoi ça sert vraiment, tout a été dit avant moi

De tous nos problèmes, inconstance et incertitudes

Tout a été dit des mondes, cortège ou solitude  

Je répète l’expérience des chemins maladroits

 

Ce que je voudrais vous dire, c’est bien plus qu’une prière

Dégagez les misanthropes, leurs massacres de tout  

Que soit l’instruction des justes, cet innombrable atout

Des actes traduisant des intérieurs, paix et lumière

 

Le monde tout entier pourri ne sera pas le mien

En rupture avec les ligues, le sacré comme injure

La propension du fer, des plaies du cœur et des tortures

Le renvoi aux immondices de mes pareils, humains  

 

Ce que je voudrais vous dire, c’est de vous rendre maître

De votre temps, d’un espace où vous puissiez saisir

Ce qui s’offre à vous de vivant, à bien mieux vous sentir

Du monde clairvoyant, du bon côté des gens honnêtes   

 

Ce que je voudrais vous dire, c’est d’aller plus souvent

Hors de l’agitation, du monde calcul, tiroir-caisse

Bons plans mais l’arnaque en tant de signaux de détresses

Dans la fausse empathie de ceux toujours nous accablant

 

Sachez ma poésie, belle amie qui me dit : contemple

Instruis ta part des embellies, et meilleur tu seras

 

© Gil DEF. 02.01.2014

- Manifestement Cherche-Monde -

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Edition Hiver 2013-2014

18 nouveaux musées ou centres d'exposition rejoignent le dispositif : l'Aquarium de Bruxelles, le Musée de la Maison d'Erasme, le CIVA, Home frit Home, la Médiatine (à Bruxelles), l'Hôpital Notre dame à la Rose à Lessines, le Musée de la Mine Robert Poubaix à La Louvière, le Trésor de la Cathédrale de Tournai, la maison Van Gogh à Mons, le Musée des Transports en commun et la Cité Miroir-Sauvenière à Liège, La Chataigneraie à Flémalle, l’écomusée de Ben Ahin à Huy, le Musée Africain de Namur, le Musée de la Fraise à Nismes, le musée du Petit format à Nismes, le Musée de la Grotte Scladina à Andenne et le Musée Archéologique de Logne.

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La femme qui écrit,

Écriture,

invisibilité d'une nudité claire, brune,

tantôt lourde, tantôt aérienne.

Un ensoleillement inespéré,

exacerbé en plein hiver,

dans une marée grise.

Une femme seule,

sur une terrasse,

assise et songeuse,

dont le corps maigre,

flotte dans un lainage bleu,

échancré sur son sein,

recouvre sa respiration ;

elle pose des mots rouges,

que ses lèvres interdisent,

sur une page de neige,

devenue chaude et lisse ;

elle se nourrit d'un demi-amour,

pourtant entier et plein, certain ;

elle est seule, sans l'être  !

Tout autour,

l'arborescence, les dernières roses,

chuchotent, compatissent

l'accompagnent ;

tangage de son corps, de sa tête  ;

oh délicieux vertige !

Aimer quand même,

 se dit-elle en silence.

Écriture,

entrebâillement d'abord,

puis peu-à-peu,

 ouverture absolue.

NINA

 

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2014

1 janvier passé, le cours du temps reprend son rythme, son entrain et nous remet dans le sillon de la vie et de nos habitudes. Rien ne change si ce ne sont nos nouvelles résolutions annuelles qui s’évanouissent au bout de qq jours. Cela fait partie de la magie de la fête.

Cette année a été différente. Beaucoup de nouveaux évènements, l’arrivée d’un être cher et des sourires, un bonheur que l’on peut voir sur nos visages et dans nos cœurs. Tous redevenus des enfants face à cette vie naissante qui s’éveille, nous allons en profiter et la regarder grandir entourée de notre amour.

Oui, le sujet est connu, mais nous le vivons pour la première fois et en savourons chaque seconde comme un cadeau du ciel.

Comme chaque 2 janvier, tout est à ranger, à changer aussi pour avoir l’impression que notre vie sera plus dense en 2014. Nos nouveaux projets s’annoncent, se dessinent. Qq uns se transformeront en voyage peut-être, d’autres s’évanouiront dans la routine du temps. Nous aurons à cœur d’aller voir nos amis à qui nous promettons toujours une visite. Nous ferons donc pleins de desseins réalisables ou pas comme chaque année.

De tous nos rêves, nous garderons les plus légers et les plus plaisants. La vie se chargera de nous apporter des désagréments sous lesquels nous plierons l’échine pour y résister. La vie est ainsi faite de hauts et de bas, bonheur, malheur, menteur.

La vie nous est prêtée et nous la vivons chacun à notre mesure, avec attachement ou incertitude, avec ferveur aussi et  chacun y puisse ce qu’il cherche et en fait ce qu’il désire.

2014 a commencé pour se dérouler sur 12 mois, 52 semaines, 365 jours et elle sera exceptionnelle.

Josette

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La vie est mal faite.

La vie est mal faite. 

 

Bernard et Julien étaient des amis « à la vie à la mort ! ». Les indiens, paraît-il, se transfusaient une goutte du sang de l’autre, c’était une forme de serment. A vingt ans, on le sait, beaucoup de serments sont échangés.

Ils avaient rencontré Cécile lors d’un thé dansant. Tous d’eux s’en étaient immédiatement épris. Bernard parce les femmes sexy l’aveuglaient, et Julien parce ce qu’il portait autant d’amour à l’amour qu’aux femmes qui le suscitaient.

Julien se souvenait encore de leur première danse. Il avait tenu Cécile entre les bras mais il avait veillé à ce que sa poitrine reste éloignée de la sienne. Il ne voulait pas qu’elle puisse penser que c’est son corps qu’il désirait, ni qu’elle puisse sentir la vigueur de son sexe tendu.

Bernard, au contraire, c’est son corps, pensait-il, qui était le meilleur messager auprès d’une femme. Aucune femme, prétendait-il, ne se sentait offusquée par les désirs qu’elle inspirait. Il dansait corps contre corps. Si sa cavalière s’écartait, il revenait à la charge. Puis, si c’était sans succès, il changeait de cavalière.

Cécile était jolie. Aguichante, elle regardait les hommes, les yeux largement ouverts, le regard d’une naïveté si évidente qu’elle apitoyait tous ses professeurs masculins. Et les jeunes gens. Les hommes plus âgés, elle les excitait pour mesurer son pouvoir de séduction. Mais rien de plus.

Bernard avait la corpulence qui correspondait à son caractère extraverti, à son goût des défis en matière de conquêtes féminines, à son souci constant de paraître le plus fort. Un peu enveloppé, il prétendait que ce n’était pas le gras propre aux gourmands mais le muscle des sportifs. Il accentuait son image en protégeant de plus faibles que lui. En l’occurrence, c’était Julien dont il était l’ami et le mentor. C’est à Julien qu’il confiait ses prouesses

Le caractère façonne l’apparence. Souvent quoi qu’on en dise. Julien était maigre, économe de ses gestes, il avait le regard noir et scrutateur. Discret de nature, il se voulait efface. Il répétait les mots d’une chanson quasi philosophique qui impressionnait les jeunes filles :

- Je partirai comme je ne suis jamais venu. 

C’est tout naturellement Bernard que Cécile avait épousé. Alors que c’est de Julien qu’elle était amoureuse. Elle était peut être persuadée que de cette manière, ils ne seraient jamais très loin l’un de l’autre. La vie est ainsi faite.

Au retour de leur voyage de noces, Bernard s’était confié à Julien.

- Pas terrible. Elle est douée, c’est vrai. Mais il faut tout lui apprendre. D’un côté tant mieux, elle veut tout savoir. Mais les nuits en sont plus longues.

Les filles se font souvent des confidences de même nature.

Julien était resté célibataire. Il avait son couvert chez Bernard et Cécile. En retour, il leur disait ce qui était juste ou non. C’était Cécile, surtout, qui écoutait ses propos avec intérêt, les yeux fixés sur lui, le menton appuyé sur la paume de la main droite.

En revenant chez lui, Julien imaginait avec beaucoup de détails, la manière dont Bernard invitait sa femme à se mettre au lit. C’était mettre du sel sur une blessure ouverte. Dans les romans, on tue pour beaucoup moins que cela.

Cet été là, Bernard et Cécile l’avaient invité à les accompagner au Club Méditerranée. Signe de la paix  pour ces amis de toujours. Bernard pouvait faire la cour à d’autres filles pendant que Julien tenait compagnie à Cécile. Parfois cependant après le repas Bernard et Cécile se retiraient dans leur case pour ce qu’ils appelaient en riant une sieste crapuleuse.

-Tu viens avec nous ?

Julien, une fois de plus, l’aurait tué. Il riait, mais le ventre brûlant, il se ruait dans la mer.

Au retour, il acheta un revolver. Il le rangea dans un tiroir dans l’attente d’une poussée d’adrénaline qui lui obscurcirait le cerveau.

Un jour, sans même qu’elle l’ait prévenu, Cécile avait sonné à la porte de son appartement. Elle entra, elle paraissait exténuée.

- Je n’en peux plus, Julien. Il a découché sans rien dire. Il a rencontré une autre femme.

- Mais non.

- Il y a quinze jours qu’il ne m’a plus touchée. Je ne lui plais plus?

Il lui avait serré les bras. Plus tard, il s’était demandé si c’était pour la réconforter ou pour qu’elle puisse s’abandonner contre lui.

Elle avait les larmes aux yeux.

Bernard ne prenait plus de précautions, il découchait souvent. Il riait lorsque Julien suggérait qu’il courrait des risques quant à leur union. Parce que Julien avait évoqué les larmes de Cécile, il avait répondu :

-Tu n’y connais rien aux femmes, Julien.

Le lendemain, il avait le regard triomphant du mari comblé. D’une tape sur l’épaule, il avait rassuré Julien.

- Je te l’avais dis, tu n’y connais rien aux femmes. Il serait temps, pourtant.

Il se pencha vers lui.

-Quel tempérament ! Le manque nourrit le besoin, n’oublies pas Julien.

Une fois encore, Julien avait souhaité sa mort. Parce qu’il avait trompé Cécile ? Parce que le raisonnement de Julien était faux ? Il ne savait pas.

Cécile venait chez Julien à chaque fois qu’elle avait besoin de parler. Lorsqu’elle se décida enfin à se séparer de Bernard, c’est chez Julien qu’elle était venue en premier.

- Tu comprends. J’ai reçu une lettre anonyme. L’adresse de sa maitresse. J’y suis allée. Elle était en peignoir, et lui, au fond de la pièce, affalé sur un divan, il était nu.

Cécile était libre désormais. Julien quant à lui n’était plus lié par l’amitié. Elle s’abandonna contre lui. Il la repoussa tendrement.

- Il faut réfléchir, Cécile. Aujourd’hui, tu réagis comme ça mais demain ?

Elle partit sans fermer la porte.

Ce n’était ni la timidité ni l’amitié qui retenait Julien, c’était la lâcheté. Autant elle l’avait aimée, autant elle le haïssait. Il n’était pas réfléchi, il était calculateur. Ses caresses, elle n’en voulait plus. Mais, du coup, elle avait le sentiment d’avoir été abandonnée deux fois.

Il y a toujours un homme disponible pour soutenir une jolie femme dans le malheur. Cécile prit un amant.

- Elle a un amant.

Julien en parla à Bernard. Bernard opina de la tête.

- Ma parole, tu es jaloux. Puisque tu l’aimes, profites-en. Elle vaut le coup, tu sais. Je te confierai quelques trucs qui la font sauter de plaisir.

Un verre de whisky suffit à rendre raisonnable une idée folle. Julien pensa que c’est l’amant qu’il tuerait. Julien se dirigea vers le tiroir où il avait rangé le revolver. Puis, il téléphona à Cécile.

- Je veux te voir Cécile.

- J’attends quelqu’un.

- Je viens.

Elle était belle. Elle n’était pas effrayée. Face à face, il lui dit qu’il la voulait.

- Jamais.

 Ce fut comme un viol. Elle gémissait.

Rentré chez lui, Julien revit la scène, les coudes sur la table. Il avait déposé le revolver devant lui. Il glissa le canon dans la bouche, et fit feu.

Durant ce temps, Cécile revivait la scène également. Elle venait de retrouver le Julien amoureux dont elle avait toujours rêvé. Rien qu’eux deux désormais, et pour toute la vie.

La vie est mal faite. 

 

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Une chatte nommée Cléo.

 

Cléo nous est arrivée une après-midi de Juillet enfermée dans un petit panier au bras de Nicole. Gilles les accompagnait. En ce temps là, Gilles était le petit ami de Nicou. Petit ami qui faisait sourire lorsque ce doux barbu de un mètre quatre-vingt cinq marchait auprès du mètre cinquante-cinq de notre fille sans qu’on puisse deviner lequel des deux entraînait l’autre.

Marie avait une idée de femme à ce sujet. Elle prétendait :

- Au début, que le mâle soit grand ou petit, gros ou maigre, c’est toujours la fille qui est le poisson-pilote.

Gilles était photographe. Pas de ces photographes qui vous demandent de sourire devant une boite. Gilles photographiait les cimetières et les grilles de fer forgé. Qui, je vous le demande, a déjà vu sourire une grille ou une croix de pierre dans un cimetière ?

- C’est tout le mystère de l’Art.

- Et peut-être celui de l’origine des Religions.

Nicole avait l’air de comprendre mais elle comprenait tout le monde pourvu qu’il portât des Jean’s et une barbe.

Gilles avait travaillé durant quatre mois en tant que troisième assistant - réalisateur à la Télévision. Il déplaçait les chaises et il avait en charge la maman de Cléo. Travail harassant comme le sont toutes les tâches de début de carrière. A chaque fois qu’il fallait recommencer une prise, il devait rattraper la maman de Cléo et la convaincre de reprendre son rôle

- Viens ; disait Gilles en tendant une soucoupe de lait, et la maman de Cléo traversait le champ avec autant de naturel qu’une nominée à l’Oscar.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi ? J’ai toujours été fasciné par les coulisses du spectacle. Par ce qui se passe avant que les choses n’apparaissent aux yeux du public. A mon avis, même Dieu avant de créer le monde en six jours, ce qui est relativement court, a dû procéder à un grand nombre de répétitions, de retouches, etc…Une répétition de plus, je le dis sans reproche, n’aurait peut-être pas été superflue. 

- Pourquoi le réalisateur n’a-t-il pas remplacé l’actrice ?

- Et le contexte affectif ?

-Le contexte affectif, mon œil. Ils couchaient ensemble, oui !

Marie qui a toujours été pudique, elle a fait ses études chez les Ursulines, a demandé hypocritement :

- Vous croyez ?

A la réflexion, je reconnais que c’est naturel. Le sexe occupe une place importante dans la vie des gens. Déjà lorsqu’au début de ma vie professionnelle je travaillais dans les Grands Magasins, je m’étais aperçu de certaines relations équivoques entre Directeurs et Secrétaires, entre Chefs de rayon et Première –vendeuse, entre Magasiniers et Réassortiseuses. 

C’est vrai que le temps consacré au travail est plus long que celui que l’on passe chez soi et que c’est durant le jour que les pulsions sexuelles sont les plus puissantes. Comment expliquer, sinon, que dès qu’ils sont rentrés chez eux, le soir en général, les maris se montrent peu empressés, et les épouses atteintes de migraine ?

C’est du moins ce que m’a confié une dame de mes connaissances qui se demandait s’il ne valait pas mieux inverser l’ordre des activités professionnelles et du repos.

- C’est durant le jour que se commettent la plupart des adultères.

Mais elle concluait avec bon sens :

- L’essentiel pour la paix des ménages, c’est qu’on soit discret et qu’il n’y ait pas d’accident.

Hélas !, un accident, cela arrive même aux plus sages, un instant de distraction suffit, la maman de Cléo en était un exemple navrant. Cléo est née durant le tournage d’une série familiale destinée au grand public, parfaitement honorable.

 Marie s’est levée et a préparé une boite à chaussures en y glissant un morceau de tissu à fleur.

- Demain, je lui achèterai un panier, dit-elle.

Et Cléo fut adoptée autour d’une tasse de lait coupé d’eau.

Le lendemain, j’ai trouvé Cléo endormie à côté de sa boite, et la tasse de lait avait été renversée.

- Elle a du s’agiter durant la nuit, la pauvre petite n’a pas pu regagner son lit.

Marie donna à Cléo une tasse de lait frais et une ration de poulet coupé en dés.

-Tu vas la gâter.

Marie qui conservait la candeur de sa jeunesse m’expliqua :

- Il faut être gentil envers les gens et les animaux. En retour ils seront gentils avec toi.

Quant à Cléo, indifférente à ces propos quasi bibliques, elle a fait le tour du salon lentement, le ventre à ras de terre, inspectant chaque centimètre du tapis.

- Tu vois, elle fait le tour du propriétaire. Dès demain, j’en suis sûre, elle se sentira chez elle.

Je ne sais pas si c’était un pressentiment mais je n’étais pas aussi à l’aise que Marie.

- Je me demande si elle s’entendra avec les autres chats, et surtout avec Bibig ?

Bibig était un teckel à poils durs parfaitement sociable mais sa présence parmi nos chats avait créé quelques remous dans notre voisinage.

Je reconnais que la nature de Bibig était complexe. Depuis sa naissance, il avait toujours vécu parmi des chats et des êtres humains. Bébé, il allait se nicher auprès de Nabu, le plus ancien de nos chats, dont il recherchait la chaleur. Plus tard, lors de ses premières pulsions sexuelles, c’est le derrière de Pupuce, une petite chatte timide, qu’il reniflait. A mon avis, Bibig ne savait pas qu’il était un chien.  Il se contentait d’aimer tout et tout le monde. Gens, bêtes, plantes et tentures, à tous et à tout, il manifestait de l’amitié sous forme de frottis-frottas ou de petits pipis. S’il avait pu se frotter à la lumière du jour, il l’aurait fait.

 Regarde comme elle est mignonne. Je vais faire les présentations.

Elle a pris Cléo dans ses bras et nous sommes allés à la cuisine où nous nous retrouvions tous la plupart du temps. Pupuce, qui depuis la mort de Charlot notre premier teckel avait déserté le haut de l’armoire où elle se réfugiait, s’y trouvait à nouveau.

- Viens Pupuce, viens voir ta petite sœur.

Pupuce ne bougeait pas. Ses yeux dont on ne voyait généralement que des fentes étroites avaient l’apparence de petits globes de marbre vert. Elle était littéralement tétanisée.

Un jour dans une chambre d’hôpital, j’avais vu la même expression dans le regard d’une vieille dame à qui un jeune médecin, faussement enjoué, annonçait avant de sortir :

- Ne vous inquiétez pas, je vais vous faire administrer une prémédication.

Elle a déposé Cléo dans le salon et a fermé la porte. J’ai eu le sentiment que le doute l’avait saisie elle aussi.

Le surlendemain, à nouveau, Cléo dormait à côté de sa boite et la tasse de lait avait été renversée une fois de plus. Au moment où je m’approchais pour la remettre dans sa boite elle ouvrit un œil, un seul, et grogna sous ses moustaches. Aplatie sur le tissu à fleurs, le regard métallique, le poil hérissé, la griffe tendue, Cléo me regardait avec cette fixité propre, paraît-il, aux schizophrènes, aux directeurs excédés que l’on dérange, et à certaines stars du cinéma.

- Cléo !

Un sifflement hargneux fusa entre ses dents.

Dieu, me dis-je, quel drôle de numéro. Lorsqu’elle est arrivée, on lui aurait donné le bon dieu sans confession comme on dit. Aujourd’hui à peine adoptée, elle révèle un curieux caractère. Le lendemain de leur mariage, parfois, des maris éprouvent une surprise similaire. Du moins, c’est ce que je me suis laissé dire sans que je puisse le garantir.

Je l’ai regardé dans les yeux pour l’impressionner mais son regard ne cilla pas.

J’ai appelé Nicole.

- Elle est zinzin, c’est tout. Et alors, il y en a d’autres, non ?

- Mais enfin ce n’est pas normal.

Elle m’a regardé avec cette commisération qu’elle manifeste parfois lorsqu’ elle s’adresse à moi et, à ce qu’on m’a dit, que d’autres adolescents expriment également lorsqu’ils répondent à leur père qui les interroge sur un détail de leur vêtement.

- Toi, et ce qui est normal                                                                                                                                                         Ce qui est normal pour toi ne l’est pas nécessairement pour d’autres. Ce qui n’était pas normal hier le devient aujourd’hui. Il faut évoluer avec son temps.

A cause de son aspect, j’attribuais à Cléo des traits de caractères que, du haut de ma propre perception des choses, je trouvais mauvais. Nous sommes nombreux, hélas !, à être aussi légers dans nos jugements.

Nicole avait raison. Cette dame avait raison. Cléo était zinzin, voilà tout. Mais incontestablement normale. Et pourvu que l’on ne se trouve pas à sa portée lorsque son humeur l’incitait à griffer ou à mordre, elle pourra devenir une chatte adorable. Autant que ces femmes aux réactions imprévisibles qui sont le sel de la vie de nombreux maris.

Le dirais-je ? J’ai connu le mari d’une femme de ce genre : il était parfaitement heureux. Lorsqu’il pressentait un orage conjugal, il faisait une halte au café avant de rentrer chez lui, et au bout de quelques années, il n’en aimait sa femme que davantage. Amoureux, il appréciait ses mamours. Sociable, il aimait l’atmosphère des cafés que la bière et les rires alimentent sans cesse. Il était comblé tout à la fois de son amour et de cette liberté de garçon qu’elle lui offrait inconsciemment.

- Ils s’aiment à leur manière ; disais-je à Marie. Elle n’est peut-être pas mauvaise. Lorsqu’il rentre un peu gai, les yeux brillants, les gestes tendres, peut-être qu’elle lui en est reconnaissante ?

- C’est vrai que toi, tu pourrais avoir des gestes tendres un peu plus souvent.

J’avais raconté à Nicou ce que j’avais dit à sa mère et ce qu’elle m’avait répondu. J’avais ajouté en riant :

- Les femmes sont étranges, tu ne trouves pas ? Je ne les comprendrai jamais. Elle sait que je l’aime, non ?

- Elle sait, elle sait…De temps en temps, tu pourrais faire comme si elle ne le savait pas. Les hommes ne sont pas normaux, je ne les comprendrai jamais.

Elle a pris Cléo dans ses bras et elle lui a caressé le museau.

 

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AFFICHE EXPOSITION WUXI

Du Musée d’Art Contemporain de Wuxi à la galerie Jiangsu Phoenix Arts à Pékin, c’est le chemin parcouru par les dernières toiles que je viens de vous présenter en fin d’année 2013 (et quelques autres peintures de mes grands formats exposés par la mairie de Millau fin 2011), après un accrochage de plusieurs mois à la galerie Phoenix Art Museum of Contemporary Art à Shangaï.
Je vous réservais la nouvelle pour ce premier jour de l’année 2014, car si l’Aven aux Merveilles est pour moi l’aboutissement carnettiste de l’an passé, le stage carnet de voyage au Rajasthan celui des stages lointains pour l’année qui vient de s’écouler, la présentation de mon travail pictural dans quelques lieux d’exposition prestigieux en Chine, marque quant à elle ma transition picturale entre 2013 et 2014, année que j’ai placée sous le signe du «merveilleux»...
MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE WUXI

Le musée d’art contemporain de Wuxi où mes toiles ont été exposées en juin et juillet dernier, avant de partir pour Shanghai, puis Pékin.
Il serait trop long de raconter ici en détail cette dernière «aventure picturale», mais je peux au moins vous en faire partager quelques images, prises au début de l’exposition.
MUSEE Art Phenix de Wuxi

Quelques salles du musée d’art contemporain de Wuxi

Nous ne sommes qu’une poignée d’artistes français d’origine tarnaise (je suis né dans le Tarn, la «patrie» de Toulouse-Lautrec), sélectionnés pour représenter les courants «naturalistes» contemporains (compris ici comme «en rapport avec la nature») de l'Hexagone qui identifient leur région, avec les préceptes hérités des grands maître de l’art moderne, je cite ici la préface du catalogue des expositions : «Ces artistes sont les enfants spirituels des premiers peintres modernes français, par leur pratique, leurs œuvres, leurs couleurs, ils continuent à définir un pays.
Les artistes de cette exposition viennent du Tarn, dans le sud-ouest de la France, région sèche et chaude, région de contrastes, région du peintre Toulouse-Lautrec, artiste important du post-impressionnisme avec Cézanne, Van Gogh.
On retrouve ainsi dans leurs œuvres, l'influence de leurs aînés…
Primitivisme malicieux et matières anachroniques pour Alain Marc, qui nous renvoi a l'art pariétal de sa région natale…»
PEINTURES ALAIN

Une partie de la salle qui m’était consacrée (au premier plan à gauche, l’une des toiles de l’exposition de Millau 2011)
SHANGHAI 3

Visiteurs devant mon «Cheval magdalénien»


Les chinois disent : « Cette exposition est comme un passage de témoin, passage de la France a la Chine, passage du centre de l'art du siècle passé a celui de notre époque...
Après la France, la Chine est aujourd'hui en train de devenir l'un des lieux les plus excitants de notre planète pour voir et créer de l'art.
Il est naturel qu'un hommage au passé soit rendu, pour mieux construire le futur… »

Extrait de presse (médias de Wuxi) : «Phoenix Art a invité neuf artistes français à Wuxi, en Chine, pour assister à la cérémonie d'ouverture, découvrir les paysages chinois, et s’imprégner de notre culture. Suivront des séminaires universitaires et salons artistiques VIP pour ces artistes en interaction créative entre la Chine et la France…»
INAUGURATION 14

Toute l’équipe des peintres sélectionnés (sauf moi-même, qui devais assurer ma présence au stage d’aquarelle en Bretagne, mais j'étais représenté par notre agent d'art, …après cela, qu’on ne me dise pas que je ne fais pas de gros sacrifices pour mes stagiaires !), avec le « staff » français et les sponsors chinois, sur le parvis du musée.

Je précise que tous les frais liés à ces expositions (frais administratifs, préparation / acheminement, envoi des œuvres, coûts annexes, etc.), ont été pris en charge par nos sponsors chinois, et que tous les artistes ont été invités en Chine une semaine entière tous frais payés (A-R depuis leurs ateliers) par les organisateurs de l’exposition (ceux-là, au moins, sont de vrais mécènes, une valeur qui se perd sous nos cieux aujourd’hui !), avec, aux dires de mes confrères, un accueil exceptionnel qui leur fut réservé (mais pas pour moi puisque je suis resté en France pour tenir mes engagements, afin d'animer un stage programmé bien avant les dates définitives de cette exposition).
Quand je pense qu’ici chez nous, rares sont les organismes qui s’intéressent à mon travail, pour lequel je dois généralement payer si je veux l’exposer (dans quelque salon ou exposition que ce soit, raison pour laquelle j'ai décidé de ne plus exposer que très rarement) !
Il est encore heureux, que ma peinture soit appréciée par quelques collectionneurs (grâce auxquels j’existe réellement par la valeur marchande de mon art, je les en remercie), mais qui ont bien du mal à voir mon travail pictural et à le trouver…

Voilà la dernière «aventure picturale» de l’année 2013 et la première de 2014 que je voulais partager avec vous...

Alors, ce que je vous souhaite si vous avez des projets pour cette nouvelle année, c’est qu’ils se réalisent et puissent porter jusqu’au bout du monde votre pensée, quoi qu'il arrive, et si vous-mêmes ne pouviez y aller.

Très bonne année 2014 !

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Bonne Année 2014

BONNE ANNÉE

 

La pendule

Qui cumule

Avec le calendrier,

Son plus habituel allié,

L’art de grignoter le temps

Ta tan tatan t’attend

Année 2014

Et déjà on te devine

Somptueuse et divine

Tu apportes la santé

Du bonheur à satiété

Et avec grande largesse

Tu amènes la richesse

Ô vous tous mes chers amis

Profitez des jours promis

Chantez, riez, buvez

Aimez si vous savez

Et n’ayez plus en tête

Que de faire la fête

Et puis parfois

Pensez à moi

Sachez que je vous aime

Et vous, faites de même.

 

Marièva Sol

 

 

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administrateur théâtres

12272985487?profile=originalVoici une savoureuse infusion d’Agatha Christie, de costumes des années 40, de promenades dans les coulisses du Phantom of the Opera (on scrute quand même le lustre sous lequel on passe lors des déambulations), un soupçon du charme discret de « Remains of the Day » et un à-bras-le-corps avec le personnage principal de l’ « Inspector Calls » de JB Priestley, …que vous interpréterez vous-même! La morale de l’histoire s’avérera d’ailleurs être la même que celle de la première pièce en anglais que vous avez  dû lire jadis quand vous étiez au collège. Au collège ? Mais oui, c’est là que cela se passe ! Ou plutôt au théâtre du collège Saint-Michel où il vous sera demandé de résoudre l’énigme de qui a réellement tué le baron d’Arras, fraîchement réfugié dans le théâtre avec toute sa domesticité, sous l'occupation allemande en 1944.


Il n’y a pas de metteur en scène à féliciter mais toute une compagnie de gens du théâtre (quatre anciens de l'IAD), qui se connaissent bien et se plaisent à écrire et à jouer ensemble. La compagnie  LAZZI véhicule un art totalement vivant, plein d’humour et de brio, aussi éphémère que la musique d’un concert, mais combien vibrant. Chaque représentation est différente selon les réactions du public partagé en quatre groupes de spectateurs qui arpentent les lieux de la représentation. Le spectacle fut créé au château de Modave en 2003, un lieu certes riche en salons, corridors, chambres, bibliothèque et autres recoins secrets.


En 2013 c’est la découverte des dédales d’un autre lieu d’histoire, le Théâtre Saint-Michel, qui nous guette des caves aux combles… en passant par d’anciennes classes de ce collège mythique qui a vu s’écraser à deux pas de ses murs un V2 meurtrier en 1944. Le cœur du spectateur palpite d’ailleurs dès les premières sirènes, les mêmes que celles entendues par nos aïeux.


Les quatre groupes voient le spectacle dans un ordre différent, menés chacun par un domestique sarcastique en diable qui ferait bien dans un thriller. La proximité jette des frissons d’effroi. Il n’est pas interdit de prendre note - ce que firent certains, à tout hasard - et évidemment tout se résout à la fin, sur la scène principale, entre rires et larmes, sous le regard critique des quatre impayables domestiques. On a vite un suspect en tête… on a le temps d’échafauder entre les scènes et on a envie de se laisser prendre au jeu. Les spectateurs n’hésitent pas à confronter leurs impressions pendant leur périple labyrinthique. La fin du jeu est le nom d’une pièce célèbre d’Eugène Ionesco qui virevolte dangereusement sur un bouquet de citations musicales parodiques complètement surréalistes! Ouf un peu de détente en même temps que la morale de l’histoire!


12272985666?profile=originalEn plus de cette approche insolite, le public est comblé par la très belle dramatisation. Le majordome, Matthias fourbe et splendidement servile malgré la rage sociale qui lui étreint le cœur est plus vrai que nature sous les traits de Thomas Linckx. La baronne Marguerite prend des airs de Marlène, oscillant entre alcool et femme fatale ou femme délaissée. Elle est merveilleusement croquée par une excellente Evelyne Rambeaux. La gouvernante Adèle, qui n’a rien d’une grande sèche, s’est glissée sous les traits joviaux de Pascale Vander Zypen, une femme diabolique ? Tandis que son comparse, Christian Dalimier incarne parfaitement le grand échalas de peintre de salon, Henri Rolin, épuisé d’être aux petits soins d’un mécène qu’il méprise.

12272986660?profile=originalMalgré les pérégrinations, on ne perd jamais le fil de la toile où sont enfermés les personnages. Au contraire la mosaïque de la comédie de mœurs se fait de plus en plus lumineuse, jusqu’au(x) coup(s) de théâtre de l’apothéose. Mais qui a donc tué d’un coup de couteau dans le dos, le Baron d’Arras dans le bureau?


La mise en espace très habile des scènes recrée minutieusement l’atmosphère de l’époque. Clap, moteurs ! Va-t-on être filmés avec les acteurs? Un vidéaste n’a pas cessé d’accompagner le groupe rouge! Et finalement  le concept vivant du spectateur obligé d’arpenter l’énigme dans tous les sens, replongeant à chaque fois dans un nouveau bain de mystère, est  fort porteur. Si vous allez au théâtre pour vous endormir… c’est raté ! Le résultat est une pétarade de fiction romanesque et de petit bonheur théâtral de grande qualité. Entre nous, c’est vif, c’est enlevé, c’est acéré et grinçant à souhait, comme une ghost story! De quoi clore avec brio une année 2013 qui n’a pas toujours plu à tout le monde!

Quanddu 26 décembre au 31 décembre
Horaire20h15
OùThéâtre Saint-Michel
2 rue Père Eudore Devroye
1040 Bruxelles
Prix12-22€ / 14-24€ (le 31/12)
Réservation02 737 04 40
Réservation par emailbilletterie@theatresaintmichel.be

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M'aimez, le voulez-vous...?

Dame, vous avez l'art divin et la manière

D'esquiver l'entretient en feignant la rencontre;

Qui de vous m'approchant et me voyant tout contre

Accuse  votre fuite en sa feinte dernière.

Pour vous beaucoup aimer aussi un peu souffrir,

Plus doux lien m'enchaîne à ce coeur languissant

Qui se voudrait Amour vainqueur et florissant,

Je me meurs doucement, lentement sans mourir.

M'aimez, le voulez-vous, votre absence perdure?

Mon âme, ma douce âme en prison retenue,

Il faut encore aller, par le sort, détenue,

Saurai-je attendre alors que maints griefs, j'endure?

A vos yeux, trouver grâce et m'y fondre d'Amour,

L'offrande, faites-moi, de votre coeur aimant

Afin qu'entre vos bras, je fusse un vif Amant,

Le Maître et le Seigneur de votre bel atour!

L'unité de Soi-même en deux-Un, recouvrée,

Combien nous faudra-t'il de temps en l'Heure ouvrée?

L'humaine amour se lasse en sa prison dorée

Et de vous, je ne puis demeurer à l'orée.

Nous ne rimerons pas à l'amour embrasé

En conjuguant nos corps, il me faut m'y résoudre

Et ce grain pur et doux, nous ne l'y viendrons moudre

A la meule du coeur dont je suis écrasé.

Orélien des SOURCES.

L

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La vie et la mort d'un élu de dieu.

 

Ce matin, j’ai assisté aux funérailles de Jonas Rubinstein au crématoire de la rue du Silence. J’y étais déjà venu à quelques reprises mais les années passant, j’y allais de moins en moins souvent. Ce n’était pas par indifférence ou par la crainte de prendre froid mais il y avait de moins en moins de gens à honorer autour de moi. Parfois je me sentais assez seul. La plupart de mes amis étaient morts. Lorsque le cercueil s’est mis à glisser vers la bouche de feu, nous avons baissé les yeux. Il n’avait personne d’autre que Cécile et moi.

Jonas était âgé de près de septante-cinq ans. Pratiquement  nôtre âge. L’âge a une grande importance dans la vie des hommes. Il situe les évènements. Sans lui, ils se mêlengeraient dans leur mémoire.

Lorsque nous nous sommes connus, nous étions voisins. Chacun de nous occupait un appartement du même type dans un immeuble nouvellement construit.

Pour lui, comme pour nous, c’était la première fois que nous faisions l’acquisition d’un endroit dont nous serions propriétaires. A crédit sans doute mais si nos existences se déroulaient normalement, nous le deviendrions dans sa totalité.

C’est lui qui m’avait dit, un soir que nous parlions du futur devant une bouteille de vodka :

- C’est quoi, une existence normale ?

Jonas était né à Gdynia en Pologne. Lorsque les allemands envahirent la Pologne, il était âgé de douze ans. Il fréquentait le collège depuis trois ans et envisageait d’entrer plus tard à l’Université de Cracovie pour y apprendre la philosophie. C’était un adolescent intelligent. Le soir, Jonas se rendait à la Yeshiva, une école dirigée par des rabbins, où il apprenait l’hébreu et la Thora.

Son grand père, Salomon, était un rabbin respecté de la communauté. Jonas lui rendait visite pour lui parler de ses études ou lui demander conseil. Avec son grand père, il ne craignait pas d’aborder les sujets de conversation qu’il ne pouvait pas avoir avec son père. Au sujet des filles par exemple. Il faut bien le reconnaitre, juives ou non, aux yeux d’un jeune garçon, elles avaient toutes des attraits qui donnaient à rêver, la nuit généralement, et même alors qu’on ne dormait pas encore. 

C’était à l’approche de l’invasion de la Pologne.

Il y eut d’abord les lois anti-juives. Les pogroms existaient depuis longtemps. Tuer ses semblables défoule; a dit je ne sais plus quel sociologue.

Un soir que Jonas était auprès de son grand père, un groupe dont personne n’eut été capable de dire quel en était le plus soûl des participants, deux d’entre eux munis d’une hache fracassèrent la tête du rabbin. Les autres le tirèrent hors de chez lui, et l’abandonnèrent en criant mort aux juifs.

Cette frénésie à tuer les avait empêchés de voir Jonas, pétrifié derrière l’armoire où le grand père rangeait la Thora. C’est ce jour-là vraisemblablement qu’il apprit à se taire et que ses yeux prirent cette couleur de noir qui fit dire, longtemps après encore, qu’il avait de beaux yeux dans lesquels on se serait noyé.

Gloria, sa femme, était jolie. Lorsqu’elle était en maillot sur la plage, nous passions nos vacances ensemble, je la regardais avec plaisir. Parfois avec plus d’intérêt que celui que je portais à ma propre femme dont je caressais le corps par habitude maritale. Tous les maris se ressemblent je suppose. Jonas, c’était Julie ma femme qu’il regardait avec beaucoup d’insistance lorsqu’il pensait que je ne le voyais pas.

C’est vrai que Julie était plaisante, elle aussi. De plus, elle avait ce quelque chose qui retient l’attention des hommes sans qu’il y ait de la provocation de sa part. J’avoue que comme beaucoup de maris j’étais assez fier de l’attention que les hommes lui portaient. Les jeunes maris sont souvent bêtes. Leur attitude envers les femmes, la leur y comprise, est souvent faite de plus d’amour propre que d’amour véritable. C’est quoi, d’ailleurs, l’amour véritable ?

Un jour, parce que Gloria voulait prendre une radiographie qu’elle avait jetée au dessus de sa garde-robe, elle était montée sur une courte échelle et elle s’était dressée sur la pointe des pieds. Elle avait failli glisser, je l’avais empêchée de tomber en portant mes mains à ses hanches. Revenue à même le sol, la jupe tirée vers le haut, elle exposait sa culotte tendue sur sa croupe. J’aurais du retirer les mains. Je les ai laissées. Elle a retourné le visage, je l’ai embrassée, elle a ouvert la bouche.

Je me suis parfois demandé s’il y avait eu quelque chose entre Cécile et Jonas ?

Au bout de quelques années, nous avons déménagé. Nous avions acheté une maison à la campagne mais nous nous voyions toujours autant. Gloria et lui ne souhaitaient pas quitter cet appartement qui avait été le premier qui leur appartint.

- La campagne, ça ne vous dit rien ?  

-Au camp, Pierre, je n’étais même pas propriétaire de

ma paillasse.

Ses parents, son frère et lui, furent arrêtés peu après le début de l’occupation de la Pologne. Ils furent mis dans des camps de concentration, séparés et probablement brûlés. Jonas était resté vivant parce qu’un des commandants du camp avait été séduit par sa beauté. Les commandants de camps étaient des gens qui sortaient des bonnes écoles. Ils étaient sensibles à l’intelligence et à la beauté. Il fît de Jonas son domestique personnel, et son amant. Jonas voulait vivre à tout prix.

Il avait sorti une bouteille de vodka ?

- Sais-tu comment j’ai rencontré Gloria ?

J’ai secoué la tête. Il m’avait raconté beaucoup de choses durant ces années, j’en avais deviné beaucoup d’autres.

- Comment la trouves-tu ? Je l’aime tu sais.

- C’est naturel, non ? C’est ta femme.

Il nous arrivait de vider la moitié d’une bouteille de vodka en bavardant. C’était le seul alcool qu’il buvait. Je n’ai jamais su s’il en buvait à dessein pour se confier sans inhibition ou s’il se confiait parce qu’il en buvait.

Après la victoire contre l’Allemagne nazie, ce sont les troupes soviétiques qui l’avaient libéré. Il s’était défait de son commandant qui voulait fuir avec lui.

Jonas lui enfonçât une baïonnette dans le ventre. Le capitaine soviétique l’avait trouvé quasiment prostré sur le cadavre du commandant allemand.

- Bravo camarade. Aucun de ces chiens ne mérite de vivre.

Qui mérite de vivre ? Y a-t-il un mérite à vivre ?

Au camp, il s’était juré de survivre à tout prix. Il poursuivait un dessein, Tous les desseins des jeunes gens se valent. Ils permettent d’attendre.

Il était âgé de vingt huit ans lorsque des membres du Parti, à Lodsz, le nommèrent directeur d’une usine de vêtements féminins. A l’époque, on ne jugeait pas de la compétence d’un dirigeant à l’aune de son expérience. La jeunesse et la détermination étaient des moteurs puissants pour la gestion d’une entreprise. C’est à cette époque qu’il fit la connaissance de Gloria.

Ils se marièrent sans y mettre de la passion mais ils avaient beaucoup d’affection l’un pour l’autre.

Un oncle qui avait émigré longtemps avant la guerre les invita à venir s’installer en Belgique. C’était un signe, pensa Jonas. L’existence d’un être humain emprunte de curieux détours. Ils sont le sel de la vie.

Saisi d’une fringale de connaissances, Jonas entama des études de droit. Il voulait devenir avocat. Le soir et le week-end, Jonas donna des cours de français à des compatriotes. Ce n’était pas un français impeccable qu’il leur apprenait mais c’était amplement suffisant pour des gens dont la plupart ne parlaient qu’à leurs compatriotes.

A la fin de ses études, il entra en stage dans le cabinet d’un de ses professeurs. Il s’exprimait désormais parfaitement en français. Seul, un léger accent révélait ses origines. Et la langueur de son regard, typiquement slave, disaient ses interlocutrices.

Cécile, ma femme, était sensible au côté ténébreux de sa personnalité. Une personnalité qui tutoyait son dieu parce que son dieu lui devait des comptes, disait-il. Jonas était sensible à la lumière qui émanait de Cécile dès qu’elle souriait.  

Un jour, en tombant, Gloria se brisa le col du fémur. C’est un accident assez banal à un certain âge. Bien que soixante-deux ans, ce n’était pas un âge acceptable pour ce genre d’accident ni surtout pour mourir à la veille de quitter l’hôpital.

C’est à la mort de Gloria qu’il se rendit compte qu’il  était capable d’aimer. Et, en même temps, qu’il n’y avait pas de raison pour s’accrocher à la vie sans raison véritable. Il est plus difficile de vivre que de mourir.

Mais il se l’était juré. Cette vie qui était la sienne, et qu’il avait sauvegardée, il n’y porterait pas atteinte de lui-même. Elle était une preuve sans qu’il sache ce qu’elle s’efforçait de prouver. C’était une question qu’il règlerait avec le dieu des juifs. Il y avait beaucoup de matières à discussion.

Jonas avait maigri en l’espace de quelques jours. Grand de taille, il s’était voûté. Ses yeux noirs paraissaient plus noirs encore et accentuaient le magnétisme de son regard. Il mangeait à peine.

- On ne peut pas le laisser comme ça.

C’est ce que j’avais dit à Cécile.

- En attendant, il pourrait rester chez nous. Dans la chambre d’amis.

- En attendant.

En attendant quoi ? Je suppose que Cécile pensait comme moi. Mais il y a des phrases impossibles à prononcer dès qu’on est sorti des idées générales. C’est Cécile qui parvint à le convaincre. A moi, il répondait non de la tête en souriant. Il attendait le moment des explications.

Un jour, il ne s’est pas réveillé. Je suppose qu’il a rejoint les siens.

 

 

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Princesse Bixia Yuanjin


Avec la Princesse Bixia Yuanjin, nous entrons dans le monde merveilleux des divinités taoïstes profondément ancrées dans la mythologie chinoise, et toujours très vénérées.
Je voulais vous «offrir» la visualisation de cette peinture comme promesse et évocation de la vie en ce dernier jour de l’année, car si elle efface du passé tout ce qu’il peut nous transmettre de souffrance ou de maladie, son regard est tourné vers l’avenir, puisque, outre le fait de guérir, elle nous apporte de nombreuses promesses de fécondité.
Protectrice des femmes et des enfants, la Princesse des Nuages bigarrés (c’est aussi son nom), est assise sur un trône en fleur de lotus, et porte dans ses bras un enfant.
Coiffée de trois oiseaux aux ailes déployées, annonciatrice d’aube et de naissance, elle est légère comme l’air, entourée de nuages elle survole les lacs emportée par le vent, et dispense la pluie synonyme aussi de fécondité…    


Princesse Bixia Yuanjin
"Princesse Bixia Yuanjin" Acrylique et huile sur toile 81 x 65 cm
au milieu de ses nuages dorés.

Comme pour «Le territoire du Karst», si vous regardez intensément cette toile, vous aurez du mal à vous en détacher.
Plus que toute autre, cette déesse a un pouvoir bénéfique dont j’ai essayé de traduire le «magnétisme» à travers le regard de la princesse (ci-dessous), dont la partie gauche du visage, apparaissant derrière les nuages dorés, regarde l’avenir avec douceur et sérénité.
Le moins que je vous souhaite pour 2014 c’est qu’elle puisse vous protéger, et je vous dirai demain où se trouvent toutes ces toiles (et quelques autres qui ont eu la chance de les accompagner)… 


Princesse Bixia Yuanjin B

"Princesse Bixia Yuanjin", détail.

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Bonhomme Janvier

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Quand le froid est là pour longtemps,

Que l’on sait qu’il pourra durer,

On décide de mettre au monde

Un énorme bonhomme blanc.

Chacun lui donne un peu de vie.

Il ne fera peur à personne.

Ce n’est pas un épouvantail,

Pas non plus un méchant fantôme.

Traditionnel et avenant,

Il amusera les passants.

Nous le soignerons chaque jour,

Le garderons en bonne forme.

Lors, il survivra bien portant,

Jusqu’à la tiédeur du printemps.

Bonne année Bonhomme Janvier!

Vive le froid, vive l’hiver!

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Premiers frémissements d'hiver

 

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Caresses froides de l'hiver
Qui se figent sur le gazon,
Blanchissent les toits des maisons,
Créent un émouvant univers.

Bientôt on verra à foison,
Dans un décor à découvert,
Des arbustes, demeurés verts,
En rayonnante floraison.

S'il paraît quelquefois pervers,
L'hiver est l'auguste saison
Qui fait triompher la raison,
Tout en inspirant de beaux vers.

Face à ses changeants horizons,
Dans des éclairages divers,
On retrouve durant l'hiver
Force et splendeur au diapason.

29 /11/2003

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La dernière saison de chacun

 

 

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Ayant ou non des préférences,

Chacun de nous vit les saisons.
Le coeur a certes ses raisons,

Il repousse l'indifférence.

Chacun de nous vit les saisons,

Sensible aux vents de l'existence.

Il repousse l'indifférence,

En éveil, scrute l'horizon.

Sensible aux vents de l'existence,

À l'écho de chants, d'oraisons,

En éveil, scrute l'horizon,

Celui condamné sans offense.

À l'écho de chants, d'oraisons,

Accueille des réminiscences,

Celui condamné sans offense.

Ô cette dernière saison!

Accueille des réminiscences,

Comme des fleurs sur le gazon.

Ô cette dernière saison,

Irréversible évanescence!

30 décembre 2013

 

 

 

 

 

 

 

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SURPRISES D’AUTOMNE.

 

Déjà loin derrière nous, l’été de la Saint-Martin,

Nous a offert du soleil, des beautés lumineuses,

Températures douces  d’un été du Nord indien.

 

Les bois  se  sont colorés,  pour des  marches flâneuses,

Et  faire craquer les  feuilles en temps parfois incertains,

De  nuages  gris  de  pluie  qui  font  fuir  les  matineuses.

 

Automne neigeux ou venteux en des lieux inopportuns,

Il  surprend  le  programme  des  belles  lambineuses,

Chaussées  pour  la  ville  et  non  pour traîner patins.      

 

Déjà loin derrière nous,  l’été de la Saint-Martin,

Nous a offert du soleil,  des beautés lumineuses,

Températures douces  d’un  été  du Nord indien,

Avant d’ouvrir les portes, à l’hiver son blanc cousin.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

 

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Les saisons de l'année

 

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Le printemps, l'été, l'automne et l'hiver

Sont les quatre saisons de l'année,

quatre saisons qu'on reconnaît

car elles reviennent tout le temps,

le printemps, l'été, l'automne et l'hiver

Au printemps, la neige a fondu

et les oiseaux sont revenus.

En été, il fait très chaud,

on nage et l'on fait du vélo.

En automne, tout est si beau,

on marche en regardant en haut.

En hiver, on ski, on patine,

on défie le vent et le froid

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