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L'austère Dame qu'on vénère

 

Elle fait naître tant d’émois,

Ce courage qu'entraîne la foi!

Est-elle muse ou bien déesse?

On lui bâtit des forteresses,

Que l’on appelle des Palais,

Auxquels tous les gens ont accès.

Dame Justice règne en ces lieux

Mais invisible comme Dieu.

La grande dame n’intervient

Que si l’on a assez de bien

Pour honorer ses auxiliaires,

Indispensables intermédiaires.

Elle n’écoute que leur voix,

Lors on se tait, faute de choix.

Et pourtant l’on garde en son coeur

L’espoir de la trouver ailleurs.

20 janvier 2006

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J U S T I C E

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("La sentence", huile sur bois)

Qui dira les poids respectifs

Des deux plateaux de la balance

Lorsque la Justice balance

Entre le libre et le captif

 

 

Lorsqu'elle enlève son sous-tif

Qui dira quel sein entre en danse

Donnant raison à la jactance

Du plaideur le plus incisif

 

 

Noires défroques des acteurs

Et palais en décor de foire

- Peine rendue exécutoire -

 

 

Et sous sa toge rit le diable

Cette fois la Justice instable

A commis encore une erreur

(inédit)

 

 

 

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"Féerie matinale"

 

Une aquarelle d'Adyne Gohy

 

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 Inspirée par une poésie de Gil Def

 

"Et la lumière peint...encore"

 

 

Quand l'aube de chaque matin

Là s'en vient dans un encore

L'astre d'or poursuit les rêves

Se lève selon la saison

L'horizon change de lueurs

En couleurs en jaune en feu

Tout en bleu il peut l'orange

Mélange en transparence

Nuance le ciel la terre la mer

Les tons clairs estompe son trait

Disparaît la lune reste voile

Les étoiles se perdent dans l'espace

S'effacent le temps suit son cours

Chaque jour offre toujours nouveau

Un beau tableau comment ne pas y voir

L'espoir ou croire la beauté divine

Qui illumine cet encore en poésie

Et en vie...Une larme vient au bord des yeux

C'est merveilleux quand éclate la lumière

 

de Gil Def

 

Un partenariat
Arts
 
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Lettres

 

 

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sourire

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Ton sourire est un des plus beaux moments à vivre. Ton regard s’illumine, il respire, il vit…

Ou il revit !

Fini ce masque de tristesse qui ne sera plus présent que pour te rappeler le passé…

Jusqu’au moment où il sera comme ces fantômes, aux oubliettes !

Regarde-les, ils se posent des questions, pourquoi enlever ce masque ?

Le moment est propice, la foule admire leurs copies, eux, bien vivantes mais nous n’en avons rien à faire, nous sommes pressés…

Pressés de vivre, de sourire, de rire, pressé de vivre une autre vie ! 

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Pages d'écrivains..

Aujourd’hui, c’est jour de repos, un jour où j’ai décidé de ne rien faire. Non que je sois épuisée, fatiguée par mes nouvelles activités mais parfois j’éprouve le besoin de me replonger dans ce qui a fait ma vie durant de nombreuses années : les mots.

Ceux qui se lisent avec bonheur, sans lassitude, ceux que j’écris avec magie, enchantement, ceux que j’attends avide de les parcourir, de les déchiffrer et de m’en imprégner avec un certain contentement. Indispensables à ma vie comme l’air que je respire, je les cherche, les recherche sans fin.

Installée confortablement, mon esprit déjà s’évade, part, et court vers d’autres horizons. Dés cet instant, je vole vers cet espace qui n’appartient qu’à moi et qui est peuplé de héros, d’histoires, de vies que j’endosse par moment.

Vies qui me font traverser des mondes peuplés d’hommes et de femmes, où le quotidien n’est pas forcement agréable et où la réalité se nourrit de faits parfois réels. Souvent aussi comblées d’histoires d’amour où les déchirures laissent des traces, des rides ineffaçables que le temps continue à creuser interminablement. Parcourir le monde par les écrits de personnages inattendus rend le quotidien plus viable.

Tous ces récits me bercent et me font rêvasser à chaque instant. Chaque livre, chaque histoire devient unique et c’est souvent tristement que je referme le dernier chapitre d'un livre avec la promesse d’y revenir dés que le temps le permettra.

C’est une grande joie de pouvoir s’évader dans ces pages d’écrivains, d’artistes qui en ont fait un art si profond que l’on peut s’y noyer à volonté.

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CFC-Editions

 Ce samedi 11 janvier à 12 h

Les Caves de la Gestapo à Bruxelles
Reconnaissance et conservation


Avec Daniel Weyssow, chargé de projet à 
Mémoire d’Auschwitz asbl et
André Dartevelle, historien et cinéaste







Chargé de projet à Mémoire d’Auschwitz ASBL, Daniel Weyssow exposera la problématique de la reconnaissance et de la sauvegarde des inscriptions murales conservées dans les caves des 453 et 347 avenue Louise. Son invité, l’historien et cinéaste André Dartevelle, rappellera sa découverte des caves en 1995 et la publication qui s’ensuivit réalisée avec Isabelle Ponteville, Avenue Louise 347. Dans les caves de la Gestapo, Bruxelles, Centre de Recherches et d'Études historiques de la Seconde Guerre mondiale, Buch Édition, 1996.

Les objectifs de la Gestapo consistaient essentiellement à arrêter les résistants et opposants politiques, et à déporter les Juifs et les Tsiganes vers les camps de la mort. De nombreux récits témoignent de ce qui se déroula dans les immeubles occupés par la Sipo-Sd avenue Louise, aussi bien aux étages que dans les caves. On aurait pu songer, à l’issue de la guerre, à y transformer un appartement en mémorial doté d’une exposition évoquant le rôle et les brutalités de la police SS. Un accès aux caves, alors couvertes de graffitis comme l’atteste le seul cliché retrouvé de celles du 347 pris par l’armée canadienne à la Libération en septembre 1944, aurait débouché sur un témoignage particulièrement fort et éclairant. Loin de cette perspective, cette mémoire a été abandonnée et laissée aux seuls soins des propriétaires et locataires. Avec les conséquences que l’on imagine mais aussi quelques surprises. Est-il imaginable qu’en 2014, soixante-dix ans après qu’elles aient été tracées, ces inscriptions ne puissent faire l’objet d’un simple recensement?


Librairie Quartiers Latins
14, Place des Martyrs
1000 Bruxelles 
www.cfc-editions.be 

P.A.F : 5 €
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L'histoire véritable de Jésus de Galilée.

 

 

Il n’y avait plus beaucoup de convives à table.  Après que Jésus se soit levé, Judas s’était levé à son tour. Ils s’éloignaient en se parlant. Judas avait entouré les épaules de Jésus. Pierre avait toujours soupçonné qu’il lui portait une amitié trop marquée.

Il faisait torride. Dès le milieu de l’été, Bethléem est un véritable chaudron. Impossible de sortir, la tête découverte.

 Il se demandait de quoi ils pouvaient parler. Jésus faisait de grands gestes. Il marchait à grands pas. De temps en temps, il se retournait pour parler à Judas qui avait peine à suivre. Pierre  ne les aimait pas beaucoup ni l’un ni l’autre.

Au début, Jésus et les siens n’étaient rien. A peine un groupuscule qui n’inquiétait pas Jean-Baptiste, le plus entreprenant de tous les leaders qui s’opposaient aux autorités hébraïques.

- Rejoins-nous ; disait-il à Jésus.

Il l’avait demandé à plusieurs reprises mais à chaque fois, Jésus riait.

- Continue de te laver les pieds.

 Il fût un temps où Pierre, l’intendant de Jésus,  s’était demandé si Jean-Baptiste n’était pas plus habile que Jésus. S’il ne valait pas mieux le suivre. Puis, parce que même les romains ne s’en préoccupaient pas,  il avait conclu qu’il ne représenterait jamais rien auprès des hébreux non plus.

Jésus, il le voyait bien, avait une autre allure. Ce n’était pas seulement un tribun dont la voix portait loin mais son discours était original.

- Après la mort, vous serez devant mon père. Il vous jugera. Ceux qui sont les premiers aujourd’hui et ici seront les derniers alors que les plus pauvres, les plus nombreux d’entre nous, seront les premiers, et à la droite de mon père.

Jésus pensait que ce qu’il disait correspondait à la réalité. Il était le fils de Dieu et le roi des juifs.

- Tu ne crois pas sérieusement que ce que tu dis est vrai ?

Judas pensait que Jésus voulait juger de sa rhétorique. Parfois cependant, il avait le sentiment que Jésus était convaincu de ce qu’il disait. Il refusait de n’être que le fils d’un charpentier ?

Il y avait des classes sociales différentes en Palestine. Des marchands, des ouvriers et des paysans, des pauvres et des riches. Des autorités civiles et religieuses. Et des artistes qui, le soir venu, à la lueur d’un feu, amusait un auditoire mélangé qui leur jetait des pièces de monnaie.

Tout le monde se plaignait de la présence des romains qui occupaient le pays. Ils se mêlaient peu cependant de la vie des hébreux. Mais il s’agissait d’occupants dont les distractions étaient différentes de celles qu’appréciaient les hébreux hormis les courses qui réunissaient tous les amateurs dans de vastes stades. Les mêmes stades où se réunissaient les autorités militaires lorsque le représentant de Rome se livrait à des proclamations qui confirmaient son autorité.

Pierre était un fils de marchands. Ce sont souvent les fils de marchands qui sont heurtés par la facilité apparente avec laquelle leur père a gagné l’argent que les fils dépensent si aisément. Ils disent que c’est cet argent qui est la base de toutes les injustices sociales. Les moins nantis cependant, il en était convaincu, c’était leur désintérêt pour l’argent qui était la cause de leur misère. La preuve, c’est qu’ils ne cherchaient pas une meilleure condition.  

Jésus considérait Pierre comme un de ses fidèles parmi les plus dévoués. Judas, c’était autre chose.

Peut- être parce que Judas connaissait la liaison qu’il entretenait avec Myriam ? Et qu’il n’en avait jamais parlé avec quiconque. Même avec Jésus. On peut être le fils de dieu, on en est pas moins un homme. Myriam était belle.

Pierre, lui aussi, était amoureux de Myriam. Peut être voulait-il simplement jouir d’elle ou en faire sa compagne et la mère de ses enfants, qui le sait ? Ce qui est sûr, c’est que la présence d’un autre constitue bien plus qu’une injure qu’on essuie de la main. La jalousie amoureuse, le sentiment qu’un autre jouit de ce qu’on considère comme sa propriété, provoque une haine véritable qui obscurcit le cerveau. Seule la mort du rival permet de jouir aussi fort que ne le fait la possession de celle qu’on désire.

Depuis quelques temps Jésus hésitait entre une carrière politique qu’il devinait croissante et Myriam qui lui devenait indispensable.

Il la prenait par la main, et ils s’éloignaient tous les deux sans prévenir qui que ce soit. Ou bien, il marchait à la tête de ce peuple dont il était désormais le seul roi, un bâton à la main. Il hésitait et jouissait de chacune de ces situations, tour à tour, durant la nuit. La nuit, les rêves n’engagent à rien.

Pierre de son côté  était déterminé à parler avec Myriam.

- Oui ou non, Myriam. Veux-tu être ma compagne ?

- Pierre, tu sais bien que j’en aime un autre.

- Et lui, est-ce qu’il t’aime ?

Il lui prit les mains. Il avait ce regard qui l’avait toujours subjugué.

- Je te trouve belle. Je ferai de toi une femme qui compte. Mon père et moi, nous nous partagerons les affaires. Tu seras fortunée, toi aussi.

Il l’avait prise entre les bras. Elle n’osa pas se refuser. Le sort de Jésus désormais était scellé. Qui donc trahit le mieux sinon celle qu’on aime ?

Il faut le reconnaitre, la plupart du temps l’amour est une comédie. Ce sont les grandes déclarations qui en font une tragédie à même d’émouvoir le peuple.

Pierre était le fils d’un de ces marchands qui occupaient les marches du temple.  Le jour du Shabbat les fidèles s’y pressaient. Les fidèles fortunés occupaient le siège qui leur était réservé durant toute l’année. Ils constituaient une clientèle qui aimait à montrer sa piété et son aisance. En outre, certains membres du Sanhédrin y recevaient  des sommes d’argent destinés à des œuvres. L’entente était bonne entre les uns et les autres.

L’époque était mûre pour la prolifération de véritables sectes dont les chefs haranguaient les fidèles, et se faisaient concurrence. En réalité, ce n’étaient que de boutons d’acné sur le visage imposant de l’empire romain.

 Toutefois, le plus gênant, le seul en vérité, était celui qu’on surnommait le Galiléen, le fils d’un charpentier qui promettait à ceux qui le suivaient de survivre après leur mort dans un paradis géré par son père. Le paradis pour demain : la formule, un véritable slogan, était belle ?

Judas lui disait :

- Fais attention, Jésus. Tu te fais des ennemis qui savent qu’ils ont pour eux, et leur conscience, et les romains.

- Les romains ? Judas, jamais les nôtres ne leur vendront l’un de nous.

- Ils les vendraient tous s’il s’agissait de sauvegarder leur autorité.

- Le monde n’est pas ce que tu crois, Judas.

- Vivement dans ce monde que tu promets. Ou tout le monde sera beau et gentil. Et recevra en retour tout ce qu’il aura donné ici.

- Tu n’y crois pas ?

-Judas secoua la tête.

- Et toi ?

- A en mourir.

- A en mourir ?

Judas regardait son ami avec commisération. Combien d’êtres humains sont-ils prêts à mourir en contrepartie de la gloire. Ont-ils raison, ont-ils tort ?  Lui-même y rêvait sans doute, ce pessimiste qui ne croyait à rien de ce qu’on lui avait appris de ces ancêtres qui avaient reçu les tables de la loi de Salomon lui-même. Gravées dans le marbre afin qu’elles durent plus longtemps sans doute.

 L’un d’eux,  un nommé Moïse,  leur avait fait traverser la mer rouge  pour les sauver.

Judas était un sceptique, il y en avait déjà un certain nombre. Et s’il accompagnait Jésus, ce n’était parce qu’il était crédule et tenait pour justes les harangues de son ami, presque son frère, mais pour le protéger. Trop de gens se prétendaient ses amis et ses disciples depuis que le succès lui faisait une sorte d’auréole.

Une dizaine d’entre eux se faisaient appeler ses apôtres et jouissaient de sa notoriété. L’un d’entre eux pour montrer son courage et sa dévotion n’hésitait pas à repousser ceux qui l’approchaient de trop près, un fils de marchands au langage châtié, un certain Pierre dont Judas se méfiait. Ses paroles coulaient de source sans aucune difficulté. Judas se méfiait des beaux parleurs.

A dire vrai, Pierre n’était pas celui qu’on croyait. L’amour qu’il portait à Myriam et la jalousie qu’il éprouvait à l’égard de Jésus l’avaient transformé. Qu’il retourne dans son royaume des cieux, pensait-il. Il le dit un soir qu’il était chez son père ébahi de retrouver ce fils dont il avait craint qu’il ne faille de nombreuses années avant que ne vienne la maturité. Cette maturité qui ne reconnait qu’un seul dieu sur terre : l’argent ! C’était l’époque durant laquelle Ponce Pilate, l’envoyé de Rome, dirigeait le pays des juifs.

Ponce Pilate n’aimait pas la mission que Rome lui avait confiée. Rome ? En réalité des rivaux qui de la sorte l’avaient éloigné du Pourvoir. La plupart du temps, il voyageait ou restait confiné dans sa luxueuse demeure

Entouré de ses serviteurs les plus proches et de quelques juifs qui lui relataient la chronique avec une sorte d’humour assez particulier, et qui le faisait rire même après leur départ. Le père de Pierre était l’un d’eux. Un jour, il se plaignit.  

- Ce Galiléen, une sorte de terroriste habile qui prétend être contre les marchands alors que ce sont ceux-ci qui nourrissent les pauvres. En réalité il combat les romains.  Il ne vaut pas mieux que les deux voleurs qui seront crucifiés demain.

- Pas mieux ?

Ponce Pilate méprisait ces juifs qui lui dressaient un tableau assez complet du territoire qu’il administrait. Il n’était pas assez naïf  pour croire tout ce qu’ils lui disaient mais un échange de propos anodins lui permettait de savoir l’essentiel.

Ici, semblait-il, il s’agissait de l’élimination d’un citoyen juif un peu trop bruyant au goût des autorités. Ponce Pilate décida de fermer les yeux puisque des juifs eux-mêmes, des citoyens parfaitement honorables, fermaient les leurs.

Il se leva pour se laver les mains, un tic qui le prenait à chaque fois qu’il tendait la main à baiser à certains d’entre eux.

Un certain Jésus, un galiléen dont il suffisait de faire courir le bruit qu’un des siens l’avaient dénoncé. Pour de l’argent. Trente deniers, disait-on. Il fût crucifié parmi d’autres voleurs.

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Mon's Livre 2013

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            J'ai eu le plaisir de participer à Mon's livre cette année en tant que responsable du stand de CHLOE DES LYS

            Cet article se trouve dans le périodique du Cercle Littéraire Hainuyer " Clair de Luth".

            Aura 79 - le thème choisi - La folie -

          Le poème que j'avais choisi pour illustrer ce thème et qui se trouve dans la revue c'est ...

                                                    ELLE et LUI

              LUI...

             Elle m'apparut, émergeant d'une longue absence

             Femme de quarante ans et pourtant si fragile

             Dans ses yeux, l'espoir comme une réminiscence

             De tant de passions enfouies sous son air tranquille

            ELLE ...

            Avec ses vingt ans, sa fougue romantique

            Telle une lumière, il pénétra ma solitude

            Dispersant les brumes et frappant au portique

            De mon cœur prisonnier d'une longue habitude

           LUI ...

           Mes baisers éveillèrent la belle au bois dormant

           Le bonheur l'habillait d'une beauté troublante

           Avec avidité elle goûtait chaque instant

           Jamais femme ne me parut plus émouvante

           ELLE ...

           Il m'avait donné la force, l'espoir, la vie

           Je voulais maintenant écrire seule ma mélodie

           A l'aube de nos cœurs, sans bruit je suis partie

           Nous deux c'était une folie ! Mais la vie sans folie ...

          

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NORMAL, PARA-NORMAL (suite n°7)

Une soirée banale, tranquille comme toutes les autres commence avec la routine TV.  Le souper était bon, nous sommes repus : il n’y a plus qu’à se laisser bercer au fil des images décidées par les décideurs des programmes et par mon mari.

Ainsi que je l’ai déjà dit plus tôt, j’ai pris une pause carrière comme on prend une farce : le 1er avril 1992.  Pause carrière fatigante si l’on considère que c’était pour ouvrir une boutique de prêt à porter féminin. Nous sommes loin dans l’année maintenant ou au début de l’autre : le temps m’échappe.

Assise confortablement dans mon fauteuil, une impression de malaise me saisit tout à coup, assez flagrante que pour mon mari le remarque.

Il me demande évidemment ce qui se passe.  Je n’ai pas de réponse précise : je ne sais pas lui dis-je, je sens de la violence autour de la boutique.  Est-ce le ton de ma voix, ou mon expression, mon mari me propose d’aller voir, afin de me rassurer.  Je lui fais signe de se taire d’un signe de la main et je me concentre sur ma boutique « afin de chasser le mal dont je sens la présence ».

Alors, insiste mon mari.  « ça va, c’est passé lui répondis-je après un court instant ».

La soirée se passe bien : je ne ressens plus rien d’étrange, seule une hâte de savoir ce qui m’a troublée me vient parfois à l’esprit.

Le lendemain, comme tous les autres jours, préparatifs et départ pour la ville.  Arrivée sur place : surprise !

Ma petite vitrine publicitaire située face à la porte d’entrée avait été saccagée.  Les vandales avaient cependant eu la délicatesse d’ouvrir les vitres coulissantes, avant de déchirer tout ce qui se trouvait à l’intérieur.

Fiction ou réalité ? A vous de décider.  Renseignements pris, à l’heure où j’éprouvais ce sentiment de malaise inquiet, une bande de « hooligans » déferlait dans l’avenue, après avoir assisté à un match trop arrosé, au stade tout proche.

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

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Depuis plus de 25 ans Sulévia-Godé crée des bijoux sculptures en résines et élabore ses créations dans un constant renouvellement imaginaire.Elle a la passion de sont métier et a été reconnue comme meilleur artisan de Wallonie en 1993,depuis elle participe à de nombreux salons , expositions et marchés d'art avec une énergie créative toujours en lien avec la féminité.C'est une artiste autodidacte qui donne des cours et transmet une certaine façon de concevoir l'Artisanat tout en finesse et originalité.

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0) 497 577 120

 

Invitation à un concert de Chanson française (d'auteur). Concert "Ainsi soit dit ..." 3e saison.  Luz Chabane (textes et voix) & Thibault Dille (musique et choeurs). Date : le 1er février 2014 dans la galerie de 19h 30 à 21h 30 et après un verre de l’amitié sera offert entre amis. Les liens : http://www.luzchabane.be/ et http://www.lcproductions.be

PAF : le prix des places est de 10 € (sauf pour les artistes, les enfants et les étudiants: 8€).

Places : étant donné le nombre de places disponibles (36) il est préférable de réserver à l’avance sur le mail de la galerie eag.gallery@gmail.com ou par Gsm 0497 577 120.

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Collectif d’artistes

« Différents regards sur l’art »

Multidisciplinaires

 Exposition  événement comprenant quatre artistes dans le cadre du

26ème anniversaire d’Alzheimer Belgique A.S.B.L.

Leslie Berthet-Laval (Fr)

Peintures

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Laurence Bourdon (Fr)

Peintures

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Igor Stepanov (Rus)

Peintures

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Fabrice Lettron (Fr)

Sculptures

 

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Exposition du 15/01 au 02/02/2014

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 15/01/2014

De 18h 30 à 21h 30

Finissage le 01/02/2014

De 11h 30 à 18h 30

 

Et qui sera agrémenté d’extraits de musique celtique

Interprétés par la harpiste Françoise Marquet

***

 

Alfonso Di Mascio (It)

« Au-delà de la transparence »

Sculptures et installations

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Collectif d’artistes

 « Différents regards sur l’art »

 

Leslie Berthet-Laval (Fr)

Peintures

 

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Marc Bulyss (Fr)

Peintures

 

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Exposition du 05/02 au 23/02/2014

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 05/02/2014

De 18h 30 à 21h 30

Finissage le 22/02/2014

De 11h 30 à 18h 30

 

***

Gert Salmhofer (Aut)

« Palimpseste »

Peintures  - sculptures

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Kostas Kalentzis (Gr)

« De l’iPad à la toile »

Peintures

 

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 Collectif d’artistes

 « Différents regards sur l’art »

 

Ann Philippsen de Bellefroid (Be)

Peintures

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Exposition du 26/02 au 16/032014

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 026/02/2014

De 18h 30 à 21h 30

Finissage le 15/03/2014

De 11h 30 à 18h 30

 

****

Hans Schmidt (Be)

« La blessure de durée » 

Sérigraphies

 

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Exposition du 19/03 au 06/04/2014

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 19/03/2014

De 18h 30 à 21h 30

Finissage le 05/04/2014

De 11h 30 à 18h 30

Collectif d’artistes

 « Différents regards sur l’art »

 

Clara Bergel (Fr)

Peintures

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Veronika Ban (Slov)

Peintures

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Exposition du 19/03 au 06/04/2014

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 19/03/2014

De 18h 30 à 21h 30

Finissage le 05/04/2014

De 11h 30 à 18h 30

 

Dans le cadre de « Bruxelles Bienvenue »

La galerie sera présente pour ce parcours d’artistes

les 29 et 30/03/2014 de 11h 30 à 18h 30

www.windbag.be

 

***

MAX (Be)

« Emergences » 

Peintures

 

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 Daniel Roger (Fr)

« Intermezzo » 

Peintures

 

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Collectif d’artistes

 « Différents regards sur l’art »

 

Patricia Le Guennec (Fr)

Peintures

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Corinne Benoliel alias Corinart (Fr)

Peintures & sculptures

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Exposition du 09/04 au 2704/2014

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 09/04/2014

De 18h 30 à 21h 30

Finissage le 26/042014

De 11h 30 à 18h 30

 

***

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administrateur théâtres

AFF%20Vasarely%20BD.jpg?width=300VASARELY. Hommage à Vasarely, une très belle exposition  au musée d’Ixelles,  les derniers jours…  

17.10.2013 > 19.01.2014

 

Victor Vasarely, peintre d’origine hongroise,  a été l'un des artistes les plus célèbres de la deuxième moitié  de notre XXe siècle. Son œuvre picturale, riche et variée, appartenant au domaine de l'abstraction géométrique, est fondée sur la ligne et la couleur, le contraste et les rythmes. Ses réalisations dans l'architecture, de la Cité universitaire de Caracas jusqu'au bâtiment de sa Fondation à Aix-en-Provence, témoignent de sa volonté d'intégrer l'art dans la vie quotidienne et l'espace urbain.
Ses théories sur le multiple, la reproduction industrielle et la mission sociale de l'art ont marqué son temps. Ses recherches sur la forme et le côté expérimental de sa pratique l'ont conduit à s'intéresser à la perception de l'œuvre d'art et aux phénomènes liés à la vision : elles ont fait de lui l'un des chefs de file de l'art cinétique qui allait devenir l'un des principaux courants artistiques des années 1960 en Europe et dans le monde.


L'exposition du Musée d'Ixelles (Belgique), en partenariat avec le Museum Haus Konstruktiv de Zurich (Suisse) et le EMMA - Espoo Museum of Modern Art (Finlande), est la première organisée depuis longtemps exclusivement consacrée à la peinture de Vasarely.

Elle est forte de plus de soixante tableaux magistraux mettant en lumière l’originalité et la perfection de son art. De 1947 à 1979, les deux composantes essentielles de son œuvre sont  le travail avec le noir et blanc, et celui avec la couleur. L’exposition  met en scène les principales familles de composition et d'arrangement des formes auxquelles il a eu recours. C’est rigoureux et fondé sur des verticales, horizontales et obliques à 45 degrés, mais les combinaisons semblent infinies.  On est saisi par  la richesse visuelle et la beauté incontestable des tableaux présentés, une production abstraite géométrique très féconde qui invite au dialogue avec les jeux de lumières.  C'est le  travail minutieux d’un roi de la ruche qui aurait pris le pouvoir et qui de ses yeux d’insecte travaillerait à la loupe pour produire des diamants.  

 Une occasion pour le papyboom de replonger dans  sa jeunesse – lequel d’entre eux n’a pas acheté à l’époque un poster de Vazarely ?- et pour les plus jeunes de remonter le temps. L'exposition, sous le commissariat  du français Serge Lemoine, remonte en effet le temps, depuis les premiers essais du graphiste travaillant, dans les années 1930, pour des agences de publicité comme Havas, jusqu'à l'élaboration de l'alphabet plastique, en passant par la phase noir et blanc, les périodes Belle-Isle et Daguerre et le retour à la couleur.

Lors de notre visite des groupes d' enfants étaient  particulièrement fascinés par ces  compositions parfaites (les couleurs sont éblouissantes comme aux premiers jours)  où se combinent, s’emboîtent, se permutent et s’assemblent couleurs, formes et systèmes géométriques visuellement rayonnants. On est médusés par les palpitations, les pulsations, les embrasements de camaïeux de couleurs qui occupent la surface dans sa totalité, les illusions de tiroirs qui sortent et qui se transforment aussitôt en  chambres tricolores creusées dans la toile et qui résonnent dans le vide.

 À travers cette vaste sélection de peintures abstraites venues de toute l’Europe, l’univers de Victor Vasarely produira sur votre vision ses effets optiques toujours saisissants, et parfois hypnotisants. Comme cette très belle œuvre au centre de l’exposition faite de lignes noires mystérieuses sur une sorte de de paravent de verre. On oscille entre le futurisme et la grecque antique.

L’hommage rendu à ce grand artiste vous invite à redécouvrir le talent d’un peintre exceptionnel et une œuvre singulière, foisonnante, radicalement moderne  et certainement pas « has been ». Un très beau catalogue accompagne cette très belle exposition que nous avons tardé à vous présenter, mais… il est temps encore !

Bruxelles, Musée d'Ixelles, October 2013 - January 2014
Zurich, Museum Haus Konstruktiv, February - May 2014
Helsinki, EMMA, September 2014 - January 2015

http://www.museedixelles.irisnet.be/fr/bannerother/expositions/expositions-en-cours-1/vasarely-hommage

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Un révolutionnaire

Un jour, lors d’une manifestation comme il y en avait de nombreuses en France en 1968, il était à côté d’un garçon qui avait jeté un pavé sur la tête du policier étendu devant eux.

-Arrêtes, arrêtes. Tu vas le tuer, avait crié Henri.

Le garçon était hors de lui. Il avait repris le pavé, et l’avait asséné sur le visage du policier. Quand  les autres CRS les avaient entourés, l’un d’eux, leur chef, avait crié :

- Qui a frappé ? C’est toi ?

Le garçon avait secoué la tête. Il était transi de peur.

- C’est toi ?

Henri avait tendu le doigt. Le garçon s’était mis à pleurer.

- Je ne voulais pas, je ne voulais pas.

Plus tard, Henri apprit qu’il s’agissait d’un jeune métallo qui croyait que la révolution avait éclaté. Il était allé au bout de ses convictions. CRS-S.S. avait-il crié. 

Henri avait son diplôme de philo-lettres. Il balançait entre une carrière de chercheur dont il disait en riant : chercheur de quoi, ou un travail de traducteur plus proche de ses goûts. Il soulignait, sans rire cette fois, que ça l’obligerait à mettre les mains dans le cambouis des tâches terre à terre.

Il n’y avait plus de vingt ans que la guerre s’était achevée, et dans l’esprit de beaucoup de jeunes, il était temps qu’on transformât le monde. Derrière le Parti Communiste, le Parti de la classe ouvrière, le Parti des Fusillés.

C’est à la fête de l’Huma qu’il avait demandé sa carte du Parti. Le stand était tenu par des jeunes gens. L’un d’eux lui avait crié:

- Salut, camarade.

Henri avait compris qu’il se trouvait parmi les siens.

- Salut, camarade.

Le jeune homme qui l’avait accueilli se nommait Simon Deltenre. Il lui avait demandé son nom et son adresse.

- Tu feras partie de la section Est. La cellule Bergère, c’est la mienne aussi. Ta carte te sera remise par le camarade Chauffier. Tu devras lui payer ta cotisation. Tu es étudiant ? Il n’y a pas de honte, camarade.

Mais Henri avait rougi. Ce sont les travailleurs qui sont les bâtisseurs du Futur. C’est drôle, même le discours oral avait ses majuscules.

En sortant d’une réunion de cellule, il s’était trouvé face à Juan Moralès, le fils d’un de ces républicains espagnols qui avaient rejoint la France à l’avènement de Franco. Juan avait été son condisciple à Philo-Lettres. Le hasard sans doute, ils ne s’étaient plus rencontrés depuis la sortie de la Fac. Juan et lui avaient été de bons amis qui pouvaient parler des heures durant de politique et de philosophie.

- Nous avons besoin de toi, Henri.

- Nous ?

Ils s’étaient attablés à la terrasse d’une brasserie du Boulevard Montmartre.

- Tu veux nous aider, Henri ?

Le cœur d’Henri s’était mis à battre plus vite. Un seul instant avait suffi pour que la vie de Juan, une vie secrète, il l’avait deviné, celle d’un militant, prenne un relief aussi marquant que celui des personnages de l’ombre qui naissent lors des bouleversements de l’histoire.

On était en 1975. Franco était fort malade. Certains disaient qu’il était aux portes de la mort, d’autres disaient qu’il était déjà mort mais que la nouvelle, pour des raisons de haute politique,  était dissimulée au peuple espagnol.

Il y avait comme une césure dans le cours de l’Histoire. Rien ne bougeait. Même le parti communiste, le fer de lance de la lutte, se taisait.

Juan et ses camarades refusaient d’être nés trop tard.

Tout le monde le sait. L’Histoire, c’est aussi l’histoire de chacun d’entre nous. Il y a deux histoires, aussi séparées l’une de l’autre que le sont les planètes: celle de ceux qui traversent leur existence sans savoir qu’ils en sont les maîtres mais qui l’ignorent ou qui veulent l’ignorer, celle de ceux qui se l’approprient tant qu’ils en ont la force.

Henri, soudain, se rendait compte qu’il n’attendait qu’un signe. Dieu ou le destin, ce n’étaient que des mots pour justifier une soif inexplicable de vivre autrement ou autre chose.

Juan faisait partie d’un groupe de jeunes révolutionnaires, des élèves de l’école d’architecture de Barcelone, qui voulaient contribuer à la fin du régime avant que la monarchie ne remplace la dictature. Seuls des coups de feu pouvaient attester de leur existence.

Juan avait acheté des armes, des pistolets, dans une maison située en banlieue parisienne qui alimentait en armes ceux qui en avait besoin pourvu que ce soit contre argent comptant.

- J’ai payé, j’ai mis les armes en lieu sûr. Mais j’ai le sentiment d’être surveillé, Henri. Ces armes sont dans un sac de sport, à la consigne. Il faut les acheminer à la frontière. Quelqu’un t’attendra à Perpignan.

Juan n’avait pas demandé à Henri s’il était d’accord. Peut être qu’il l’avait deviné en le regardant. Peut être que Henri était d’accord avant même que la question ne lui ait été posée. Qui sait ce qui motive les gens au delà des apparences. Qu’il s’agisse de vie ou de mort.

A Perpignan, Henri était attendu. Par un jeune inconnu et par Juan qui souriait. Il y a, paraît-il des poignées de main qui valent de grands discours. Henri avait les larmes aux yeux.

Il avait eu peur durant tout le voyage. Il avait fait semblant de ne pas regarder le sac qu’il avait hissé sur le filet, en face de lui. Son regard l’y ramenait constamment.

- Ne dis rien, Juan. Ce n’était pas grand-chose.

Je veux vous accompagner.

- Il faudra traverser la montagne à pieds.

Ils traversèrent la frontière à la hauteur de Figueras dès l’aube. Le soir, ils étaient à Barcelone.

La première fois, ils s’étaient retrouvés, Juan, son ami et lui dans un petit appartement situé entre la Cathédrale et les Ramblas. Ils étaient six. Cinq garçons et Manuela.  Ils regardèrent les armes et Victor, le plus jeune d’entre eux, fit semblant de viser une statuette qui se trouvait sur la cheminée comme il l’avait vu faire dans des films policiers.

- Dès demain, nous devrons décider de la cible.

Ferdinand, c’est lui qui les recevait, avait sorti d’une armoire la bouteille de Xérès, et rempli les verres. Puis, chacun prit congé. Henri avait accompagné Manuela chez elle.  

Manuela se voulait une passionaria qui vouait sa vie à la classe ouvrière. L’image de la révolution. Elle faisait l’amour avec passion.

C’est le jeune Victor qui bouleversa tous leurs plans. Il n’avait pas pu attendre. Il avait tiré sur un garde-civil sans l’atteindre, et il s’était fait arrêter. Une histoire lamentable et banale qui le mena en prison non pas comme un révolutionnaire mais comme un délinquant ordinaire. Franco venait de mourir officiellement, l’Histoire de l’Espagne se remettait en route.

Par prudence, le groupe s’était dissous et leurs membres s’étaient dispersés. Manuela avait quitté Barcelone. Henri n’avait pas cherché à la retrouver.

Un an plus tard, il avait revu Juan qui s’efforçait d’être engagé comme fonctionnaire à la  municipalité. Il avait des qualités de leader et saurait diriger un service sans difficulté.

 

 

 

 

 

 

 

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Un comportement incompris

 

 

On a tendance à se moquer

De ceux qui fidèlement gardent

Des objets usés et des hardes,

Indifférents à nous choquer.

Ces choses là n'ont aucun prix,

Du moins en espèces sonnantes,

Mais une valeur évidente

Dont le pourquoi reste incompris.

Nombreux et communs coquillages

Glanés sur le sable brûlant

De cette inoubliable plage.

Les yeux les caressent en tremblant.

Héritage de chaînes d'or,

Et de ces faux bijoux Burma,

Dont l'élégance qui charma,

Nous rappelle un âge qui dort.

La pauvreté souvent compense,

Transcende par la poésie.

Elle éveille à la fantaisie

Insuffle la reconnaissance.

6 janvier 2014

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Une réunion d'anciens

 

 

Je n’ai pas eu de leurs nouvelles durant vingt-cinq ans. Une carte postale de José  à chaque fin d’année me souhaitait une heureuse année ‘ de tout mon cœur ‘. J’imagine que c’était à ce point mécanique, et que ca lui était à ce point indifférent, qu’il recommençait à chaque année sans même s’être rendu compte que je ne lui avais jamais répondu.

Ils sont quelques uns, je suppose, dont la vie est réglée jusque dans les plus infimes détails. Petits ou grands, ils constituent l’ossature de la vie de la plupart d’entre nous. Sinon les incertitudes du destin, ce que j’appelle le sel de la vie, on pourrait en écrire le scénario du début à la fin. Plusieurs même, ils se ressembleraient tous.

Il y a trois mois, José m’a envoyé une lettre. Lucien avait eut l’idée de réunir tous ceux qui avec le jeune Juan qui s’était suicidé parce qu’il refusait de vieillir avaient été de ces révolutionnaires disposés à donner leur vie pour contribuer à la chute du franquisme. Y compris le jeune Français ; avait-il ajouté, qui avait transporté les armes à travers la frontière. Celui qu’ils avaient surnommé Saint-Bernard. Saint-Bernard, c’était moi, Bernard Lepoivre.

A l’époque, il y a vingt-cinq ans, j’étais membre de la cellule Bergère du Parti. Aujourd’hui encore, je ne me suis pas départi de cette propension que j’ai à dire le Parti lorsque je veux désigner le parti communiste.  

Le soir où nous nous étions réunis pour la première fois chez José, nous étions six. Il y avait José bien entendu, Isabelle avec laquelle j’avais passé la nuit il y a vingt-cinq ans, Jordan, un étudiant en Architecture si je me souviens bien, Lucien qui faisait des études de médecine et le jeune Juan qui avait cherché à tuer un garde-civil le jour où le franquisme avait basculé définitivement.

C’est long vingt-cinq ans. J’ai écris à José que je viendrais.

Barcelone avait bien changé. Elle avait conservé cette atmosphère austère que je lui avais trouvée en dépit du caractère  fantasque de la cathédrale de Gaudi. Je ne voyais pas ce qu’on lui trouvait de fou. C’était espagnol. Pas  très différent de Don Quichotte, une histoire toute ordinaire dès lors qu’on n’oubliait pas qu’il s’agissait d’une histoire espagnole.

Dans le centre de la vile, dès qu’on s’éloignait des Ramblas pour se diriger vers les avenues qui font de Barcelone une étoile de béton, on pouvait se trouver n’importe où.

José avait un appartement à la lisière de la ville sur les hauteurs de Monjuich. Il était célibataire.

- Cela n’empêche rien.

Il me tendit un doigt sévère.

- Si tu me vois accompagné d’une femme, ne lui fais pas de compliments à la française. Tu ne la verras peut être jamais plus, et tu auras rendu plus pénible notre séparation.

Curieux garçon. Il me parlait comme si nous nous étions quitté la veille. Je l’ai souvent remarqué, les liaisons qui datent de l’adolescence, si elles ont eu caractère particulier, en tout cas différent de celui qu’on peut attendre de jeunes gens de vingt ans qui n’ont rien de commun entre eux ou avec l’évènement qui les réunit, créent entre eux des liens étranges. Ils ne sont pas faits pour durer mais ils sont profonds comme s’ils avaient toujours existé.

- Tu te souviens d’Isabelle ?  Isabelle de feu, disions-nous.

Il me fit un clin d’œil.

- Elle a divorcé depuis trois mois.

José était le chef d’une administration qui dépendait du Ministère de l’Intérieur. Proche des renseignements généraux. Pour le dire simplement, il était un ponte de la police. De ceux qu’il combattait lorsqu’ils étaient les chiens franquistes comme il disait.

Au début, il s’était promis d’en faire le tri. D’éliminer sans pitié les moins honorables d’entre eux. Hélas, il faut bien le reconnaitre, c’était les plus habiles. Peu leur importait le chef qu’ils servaient, ils le servaient bien.

Jordan, l’élève un peu fou des étudiants en architecture était à la tête d’un bureau d’urbanisme que la municipalité interrogeait avant d’entreprendre le moindre travail. Quant à Lucien, directeur d’un important service médical de l’Hôpital Régional de Catalogne, il était professeur à l’Institut de médecine.  De sa jeunesse, il avait conservé le souci du malade quelle que soient ses revenus ou sa position sociale. En prêtant serment, il avait eu la sensation que le froid le saisissait. Même le jour de son mariage, il n’avait pas ressenti cette impression.  

Mais tous, hauts fonctionnaires ou non, enrichis ou non, personnages en vue ou non, les jeunes gens qu’ils avaient été restaient des modèles dont ils étaient fiers.

- Et Isabelle ?

José pointa le doigt vers moi pour la seconde fois.

- Elle t’a laissé des souvenirs, non ? Elle a divorcé il y a trois mois. Tu la verras jeudi, elle a promis de venir.

Jeudi, nous étions tous chez José, et je regardais avec curiosité ces hommes, et cette femme, que j’avais connus l’espace de quelques jours il y a vingt-cinq ans. A l’exception de José, ils me regardaient eux aussi.

Le premier qui ouvrit la conversation qui devint vite générale, ce fut Jordan.

- Comment vas-tu saint- Bernard ? Je l’avoue, j’ai été surpris lorsque José nous a dit que tu serais parmi nous aujourd’hui. Je crois que je peux le dire au nom de tous. Bonjour mon frère.

J’avais les larmes aux yeux. Nous nous sommes mis à rire. Je me suis rendu compte que c’est à cet instant même que l’atmosphère venait de se détendre. Notre aspect physique ne comptait plus. Vingt-cinq ans venaient de s’écouler en un instant.

- Juan a laissé une lettre avant de se tuer. Il y disait qu’en vieillissant nous deviendrions comme tous ces gens que nous méprisions lorsque nous avions vingt ans. Il s’y refusait.

C’est Lucien qui s’exprimait en montrant une lettre que tous, à l’exception de moi, semblaient connaitre.

- Nous avons décidé que le jour anniversaire de sa mort, nous nous réunirions en pensant à lui. Voir, s’il avait eu raison.

Jordan avait rempli nos verres d’un vin de Rioja. Nous levâmes nos verres et nous les avons vidés d’un seul coup. 

- Santé !

Nous avons vidé quelques bouteilles en bavardant de tout et de rien. En réalité, nous marquions que rien n’avait changé en nous. L’âge, la corpulence pour Jordan, nous déformait mais l’idéal romantique de notre jeunesse restait intact.  Vive la Révolution permanente !

Je suppose que nous étions ivres. Jordan était parti. José, ça se voyait attendait, de nous voir partir.

Isabelle s’était levée. En me serrant la main, elle me dit :

- J’ai ma voiture, je te dépose ?

 Dans la voiture, elle s’est tournée vers moi.

- C’est pour eux que tu es revenu ? Où c’est pour moi ?

- C’est pour toi.

Elle a garé sa voiture devant chez elle. Nous sommes montés dans son appartement. Elle a écarté les draps, et elle s’est déshabillée avec simplicité.

- Tu viens ?

Je me suis déshabillé à mon tour. Nous nous sommes glissés sous les draps. Une mince lueur émergeait de la fenêtre. Nous étions étendus côte à côte sans dire un mot. Je devinais que l’un et l’autre nous avions les yeux au ciel.

A un certain moment de la nuit, je me suis glissé sur elle.

- Pénètre-moi, dit-elle.

Puis, nous nous somme tourné le dos.  

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Questionnement,

 

J'aime penser qu'exister,

 peut s'apparenter à une forme d'art,

de créativité permanente,

avec des pauses de temps-en-temps ;

s'aimer l'un et l'autre,

mutuellement s'abriter,

en restant au cœur du monde,

y exister,  

en sachant qu'une maison

bien chauffée est en nous,

grâce à cet autre, à soi,

à cette réciprocité.

J'aime penser qu'aimer,

c'est déja et avant tout,

vouloir la liberté de l'autre ;

je peux être un abris pour vous,

et vous pour moi,

mais point un enfermement.

Vivre ainsi,

c'est s'enchanter souvent,

ne jamais perdre sa capacité d'émerveillement,

cette ouverture, tout ce bleu.

Se regarder grandir l'un et l'autre,

intensifie son désir, cette exigence de vivre,

pour que jamais ne s'éteigne

 en vous, en moi, en nous,

cette envie de partage.

Sans doute,

est-ce un peu cela l'amour ?

 

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Dans la grâce qu'offre la paix

 

 

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Je rends mon sort certes plus doux

En m'offrant ce dont j'ai le goût.

Sans toujours contrôler la dose,

Je savoure les mêmes choses.

Hypnotisée par les nuages,

Impondérable, je voyage,

En flottant au-dessus des toits,

Assouvie, je reviens chez moi.

Je m'émerveille au bord de l'eau,

Non pas d'un ravissant ruisseau

Mais face à l'étendue immense,

Du Saint-Laurent, voie de brillance.

J'existe où règne la beauté,

La paix, tendre félicité.

Lors je me sens souvent heureuse

Satisfaite d'être oublieuse.

5 janvier 2014

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