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Jeu des cœurs. Pour le moment, je me souviens.

 

C’est l’heure où je devine les ciels.

 

Là où se trouvent les sources lumineuses.

 

Ainsi, lorsque tout est prêt, ces terres boisées renaissent,

 

Vaporeuses, très précises aussi.

 

D’autres fois, ce sont les âmes des arbres

 

qui réveillent une mémoire instantanée.

 

Elle raconte l’instantanéité d’une page du passé qui,

 

bien qu’enfouie dans les méandres de la mémoire,

 

peut désormais se peindre,

 

telle une toile jamais tout à fait terminée.

 

Comme une étoile.

 

Julien Boulier  le 16 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435908911

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Entre ciel et terre, caractères, typographie et lignes de destinée.

 

Qui sait si, sur cette plage de village,

 

l’eau et les fontaines apparaîtront de nouveau

 

dans nos mémoires.

 

Ces pierres plantées en haut des collines du mont Lozère.

 

Itinéraires qui, aussi, de ville en ville,

 

nous mènent en passagers de nos vies.

 

Nous fûmes passants dans ces rues, ces ruelles et ces places.

 

Grandes capitales et petites bourgades.

 

Un frémissement entre les toits, les vagues de souvenirs

 

sont comme une mélopée.

 

Laissons-les vivre et nous faire signe.

 

L’aurore et les ailes du temps qui peuvent alors se déployer.

 

Julien Boulier    le 15 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435875911 

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Reviviscence

Soliloque

Suis lasse de vivre assagie,
Me sentant une autre personne,
Sans besoin de plus d'énergie
Et qu'aucun défi ne talonne.

Troublez mon âme, superbes rimes!
Emplissez la d'exaltation
Ou de cette tendresse intime,
Apaisante révélation.

J'ai l'envie d'un envoûtement
Faisant jaillir l'inoubliable
Et aussi d'un recueillement
Créant une grâce ineffable.

En des quatrains majestueux,
Offrant des images sublimes
Et des accords voluptueux,
Troublez mon âme, superbes rimes!

14 mars 2018

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Ainsi ai-je longé rivières

 

chemins et estuaires.

 

On retrouve presque

 

dans ces pages de musique

 

le visage

 

de ces souvenirs.

 

Nous peignons

 

la musique.

 

En nous, maintenant.

 

C’est là que la nature

 

contemple le ciel

 

avec ses regards

 

remplis de liberté.

 

Julien Boulier    le 14 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435837711 

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Immersion dans le silence

Pantoum

Je m'abandonne à exister
En m'immergeant dans le silence.
Est somptueux dans la brillance
Le ciel uniment velouté.

En m'immergeant dans le silence,
Je choisis la passivité.
Le ciel, uniment velouté,
Sans cesse change d'apparence

.

Je choisis la passivité.
Apaisante est l'insouciance.
Sans cesse change d'apparence
L'énergique réalité.

Apaisante est l'insouciance,
Profitable l'oisiveté.
L'énergique réalité
Ne permet pas l'indifférence.

13 mars 2018

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administrateur théâtres

Il était une fois Nicola - pas le saint - le compositeur italien contemporain, Nicola Campogrande  qui, ayant visité en l’an 2007 la Fondation Folon en Belgique, se prit à rêver de composer un  opéra  greffé sur  ses émotions picturales et le fabuleux chant des couleurs de Folon, prince du graphisme onirique.

 Un autre jour, ce fut L’Opéra de Liège qui contacta ledit musicien, et, 9 mois plus tard, le texte  italien de Piero Bodrato,  ayant été traduit en français par les soins de Maria Delogu,  l'opéra « #Folon »  était  prêt  pour un  baptême qui eut lieu un 2 mars 2018  à L’Opéra de Wallonie,  en avant-première d’une  belle série de représentations  dites « scolaires » ne laissant que …deux dates libres pour le public.

Le principe veut que les  enfants qui iront voir cet opéra participatif,  soient initiés en classe à chanter eux-mêmes des chansons  pour accompagner chœurs et solistes. Et malgré les notes très aiguës et les tempi fort rapides, cela marche!  Et quelle inoubliable aventure pour les enfants de la Maîtrise de l'Opéra!  Quelle expérience providentielle aussi pour un jeune chef d’orchestre de 28 ans, de pouvoir échanger et travailler avec un compositeur en vie… Nicola Campogrande.  Et de devenir créateur de musique en duo!

 Lors des « scolaires »  il s’est avéré qu’au lieu d’être captivés par leurs smartphones - mais les très jeunes en ont-ils déjà ? On espère que non -  les 800 têtes blondes, vouées aux plaisirs de la découverte, ont, dit-on,  été  happées par  l’environnement de rêve qu’est l’Opéra de Liège, ses dorures, ses lustres, mais surtout  par l'atmosphère magique de l'expérience.

4._folon_officielles_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-20.jpg   

Les enfants  ont été séduits d'abord  par le bal des couleurs évoqué par la musique  créative du compositeur, miroitante et cascadante, portée par l’énergie de ses 1001 percussions et par la baguette habile du chef d’orchestre Ayrton Desimpelaere, Chef Assistant à La Direction Musicale au sein de l'ORW. Ils ont été fascinés  par la magie chorale des  enfants de la Maîtrise de l'Opéra orchestrée par Véronique Tollet et le talent des solistes lyriques dont la diction leur était suffisamment accessible. Ils ont adoré les merveilleuses graves de Roger Joakim, Monsieur Alphonse, gardien du musée, fascinés par  l’homme bleu incarné par le tendre Pierre Derhet,  et  par Julie Bailly  la « bestfriend » portant perruque …verte  de  jalousie. Les tout juste 6 ans ne peuvent pas lire les sous titres et ne sont pas portés sur les professeurs doctes et ronchons! Pauvre  Patrick Delcour! Orangine était interprétée par Natacha Kowalski.

1._folon_officielles_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-12.jpg

Ils ont été émerveillés par les décors créés par la fondation Folon pour l’opéra, auxquels répondaient  la valse de costumes et de perruques  presque fluorescents de Fernand Ruiz.  Ah les splendides chaussettes!  Pour Ayrton Desimpelaere, le défi était de  diriger  à la fois l’orchestre, les solistes lyriques et le chœur d’enfants en leur tournant le dos, à chaque fois qu’il  devait faire face au public pour le diriger et chanter avec lui.

Un vrai tour de force pour lui,  car aux  séances pour tout public, la « participation » a été moins active et le retour après le tomber du rideau moins délirant, mais cela tient sans doute à une  préparation moins approfondie et au mélange des âges. Les tout-petits (4-6-8 ans) ont sûrement  apprécié leur première exposition au monde lyrique, bien que l’histoire présentée les ait parfois dépassés.

3._folon_officielles_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-8.jpg

Sont-ils déjà sensibles aux « growing pains »  des  adolescents? On en doute un peu ! Mais l’interdit qui pèse sur l’utilisation de smartphones dans le musée, et les catastrophes qui peuvent en découler les ont  impressionnés.  Mais, si Folon avait été dans la salle, aurait-il joué au jeu des interdits, lui, l’homme libre comme l’oiseau? En revanche, le baiser  qui sauve, qui est celui d’une « princesse charmante »  et non celui d’un prince, a beaucoup plu! Idée intéressante que l’amour pour sortir du cadre, non?   Si les personnages n’offrent  qu’un minimum de complexité, la morale à tirer sur la surexposition aux écrans, était bien clairement exposée, et le selfie, totalement condamné!   En effet l’objectif de la production est de mettre en lumière et en musique, la banalité des échanges par moyens électroniques, versus l’incommensurable part de rêve qu’offrent les artistes.

2._folon_officielles_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-2.jpg

 Une histoire simple donc, pédagogique en diable, trop peut-être, car on se demande si  l’oeuvre n’aurait pas été vécue plus intensément s’il y avait eu une meilleure  pénétration dans l’œuvre même de Folon.  Telle qu’elle est construite, cette histoire pourrait se jouer avec n’importe quel autre artiste peintre…

On se prend à penser que Folon est plus une toile de fond que le fond de l’histoire.  Y aurait-t-il dans cet opéra une part manquante dans la mise en scène, signée Alexandre Tiereliers? The missing link ? On aurait aimé que l’artiste Jean-Michel Folon apparaisse à travers cet opéra avant tout  comme un passeur d'humanité, face à l’isolement urbain du monde moderne, un chantre de la beauté d’une nature bienveillante, un apôtre d’une totale liberté de penser et un adepte inconditionnel  du respect des droits de l’homme. Et bien sûr, par la nature  poétique de ses tableaux couleur d’arc en ciel,  un semeur de rêves qui vous donne la clef des champs oniriques et rêve  lui-même d’un monde sans frontières… Mais sans doute l’opéra conduira, on l’espère, les familles à rendre visite au sanctuaire onirique des couleurs, créé par l’artiste lui-même à quelques pas du Château de La Hulpe.  Finalement, l’opéra est-il  encore toujours en création?

5._folon_officielles_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-5.jpg

Néanmoins,  tous les enfants auront  eu l’occasion de saisir l’urgence d’une place de choix à réserver aux artistes dans une société, et leur rôle révélateur , un peu comme les  fées dans les plus belles histoires. Celles-ci leur révèlent la nature dont sont faits les rêves. Ainsi, le chef d'orchestre, qui indique une voie et invite à rentrer dans l'œuvre qu'il a mise en  musique, offrant  à chacun la possibilité de créer et de réentendre sa propre interprétation. Ainsi, Folon, qui  par son art, fait voir la transparence des choses.

Nouvelle production Opéra Royal de Wallonie-Liège en collaboration avec la Fondation Folon

http://www.operaliege.be/fr/activites/folon

#Folon se produira également au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le mercredi 14 mars 2018 à 16h.

 

Crédit photos: © Lorraine Wauters / Opéra Royal de Wallonie

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Approche-toi du côté visible. Puis détache-toi.

 

Où est l’envers du décors,  ce qui est caché ?

 

Destin . toi qui, dans des nuits prolongées, t’affubles de ces couleurs.

 

Profondeurs sous-marines. Enracinements du passé et mélopées du futur.

 

Songeons à tenir le présent, entre voyelles et consonnes.

 

Glaciers, arbres et nuages. Les ciels apparaissent alors

 

au milieu des notes de musique. Inspire cet air qui t’attend dehors.

 

Une main amie t’es tendue par le milieu végétal.

 

La route est sous nos pas, parfois enneigée, parfois ensoleillée.

 

Le chemin sinueux passe à travers des enchevêtrements,

 

Serpente et propose ses embranchements.

 

Choisissons nos itinéraires. Croisons nos vies.

 

Julien Boulier    le 13 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435784711

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L'aveu

Doux ami,

Vous ai-je dit un jour, ami, que je vous aime?
C'était souvenez-vous, sous la pluie à Paris.
Vous sembliez ému et tellement surpris.
Quarante années de plus et cependant nous-mêmes.

C'était souvenez-vous, sous la pluie à Paris.
Après l'étonnement, votre joie fut extrême.
Quarante années de plus et cependant nous-mêmes.
Notre amour de la vie n'était pas amoindri.

Après l'étonnement, votre joie fut extrême.
Nous avions bavardé mais surtout beaucoup ri.
Notre amour de la vie n'était pas amoindri.
Je vous ai dit combien, de toujours je vous aime.

Nous avions bavardé mais surtout beaucoup ri.
Un hasard provoqué comme un défi suprême.
Je vous ai dit combien, de toujours je vous aime.
Nous marchions en chantant dans les rues de Paris.

23 janvier 2007

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La fin du monde

 

Pantoum

D'une explosion, un tonnerre
Emplit mon âme de terreur.
Dans une infernale fureur,
Je vis se morceler la terre.

Emplit mon âme de terreur
La rage de forces contraires.
Je vis se morceler la terre.
Douloureuse fut ma frayeur.

La rage de forces contraires
Créait des courants destructeurs.
Douloureuse fut ma frayeur.
Or certes ne pus rien y faire.

Créait des courants destructeurs,
Un intolérable mystère.
Or certes ne pus rien y faire.
Au point mort fut figé mon coeur

12 mars 2018

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administrateur théâtres


Ce « Double bill » comme on l’appelle à New-York, surnommé "CavPag"  par certains spécialistes,  est une nouvelle perle  au diadème du répertoire de la Monnaie. Il présente donc deux opéras  "Cavalleria rusticana" et "Pagliacci"  écrits par deux compositeurs italiens différents et  qui se connaissaient à peine mais dont la parenté littéraire est évidente.  Héritières de Verdi,  les deux  œuvres  qui traitent le même thème, se trouvent aujourd’hui liées pour l’éternité dans l’histoire de l’opéra et annoncent déjà Puccini.  Le drame en un acte de Verga « Cavalleria rusticana »,   a inspiré Mascagni et  a permis au souffle vériste de se propager dans le monde de l'art lyrique. La première de l'œuvre eut lieu à Rome en 1890 et  aété pendant deux décennies, la figure de proue de l'opéra italien. « Pagliacci » l’opéra en deux actes de Ruggero Leoncavallo, fut créé le 21 mai 1892 au Teatro Dal Verme à Milan.

A la fin du XIXe,  Pietro Mascagni et Ruggiero Leoncavallo sont les deux porte-étendards  du mouvement vériste qui se greffe sur  l'œuvre littéraire d'Émile Zola (1840-1902)  illustrant  par le nouveau genre de  ses romans réalistes,  la vie  précaire réservée aux couches modestes de la société et aux opprimés.  Ces  deux opéras véristes parlent un langage ordinaire, vivent  humblement par opposition aux figures sublimes qui peuplent les opéras italiens classiques  et mettent en scène des personnages de la vie de tous les jours, aux comportements peu  édifiant et aux réactions spontanées parfois très dévastatrices. En n’excluant pas la violence domestique…et le meurtre passionnel.

Cavalleria rusticana 

 Veristissimo bouleversant ! Tragique destin de deux tranches de vie dépeignant l’amour entre  simples gens du peuple qui,  hantés  par la jalousie,  ne voient comme issue, que la mort.   Mais avant cela, que d’intensité dans l’exposition des deux mélodrames aux contours hyper réalistes! 

Cavalleria rusticana

Créativité intense dans la recherche du sens : la mise en scène de Damiano Michieletto est très adroite  car elle réussit à imbriquer les deux œuvres l’une dans l’autre, en travaillant notamment  sur  des incursions des personnages d’un drame  vers l’autre.  On peut observer soit des signes annonciateurs,  soit des  flashbacks émouvants qui font référence à  l'histoire d'à côté…  En effet Silvio et Nedda apparaissent dans l’intermezzo de la première histoire, tandis que  Santuzza  se retrouve dans les bras de Mamma Lucia dans  la deuxième.  La force  destructive de la jalousie est le point commun des deux œuvres et la confusion entre réalité et fiction est clairement le pivot de «  Pagliacci ». Quant à la jalousie, n’est-elle pas  elle aussi le fruit toxique d’un imaginaire qui prend ses doutes et ses craintes pour de la réalité? Pour couronner le tout, le temps de Pâques et  de l’Assomption se font la révérence, abolissant le temps  et le délires humains, en un clin d’œil farceur…

Cavalleria rusticana

 Créativité intense dans la recherche de l’esthétique : le plateau tournant permet l’utilisation de différents lieux du drame, en variant la profondeur de l’approche, comme une caméra de cinéma italien des années 50. Les moments « d’entre-deux » où l’on peut contempler en même temps la scène qui s’éloigne et  la suivante qui  est en train de surgir  se parent d’émotion presque métaphysique,  car  le spectateur cesse brutalement  de  participer directement  au drame pour accéder à une approche omniscient de l’action.  Esthétiquement, les différents moments de chaque tableau pourraient  chacun constituer des  tableaux très plastiques de la vie simple des petites gens. Pour exemple ces images captant la vie qui palpite dans l’atelier de pâtisserie où la pâte  généreuse se pétrit, la farine vole et les fours s’allument   et celle qui frémit dans la loge de théâtre et dans la salle de spectacles de "Pagliacci".  Les décors, c’est du Hopper live ! ...On est comblé. De très beaux mouvements de foule contribuent aussi  à lisser  le dénominateur commun des deux actions et de fondre  les deux œuvres l’une dans l’autre. 

Cavalleria-Rusticana-400x215.jpg

Interprétation primordiale : Dans ce genre d’opéra, en dehors des couleurs totalement pittoresques portées par un orchestre sous la baguette narrative d' Evelino Pido, l’interprétation est primordiale et le défi de chanter, jouer et convaincre est pleinement réussi dans cette extraordinaire  production de la Monnaie.   Pour les voix, nous avons été bouleversés par Mamma Lucia, plus vraie que tout, d'une cuisante d’humanité, incarnée à la perfection par Elena Zilio. Chacune de ses paroles, chacun de ses gestes pèse un million  d’affects et de justesse de sentiments. La jeune excommuniée, Santuzza (Eva-Maria Westbroek) aux abois est en tout point plus vraie que nature…et surtout stupéfiante dans ses côtés sombres. Elle est très convaincante aussi  dans ses échanges désespérés avec Turridu (Teodor Ilincai)   qui brandit de  très beaux vibratos. Le ténor projette avec éclat le machisme made in Italy et une violence qui n’a rien de larvé.  L’immense Sylvio, symbole du pouvoir et de la frime est joué par un formidable Dimitri Platanias, baryton plein de panache qui s’alimente  au monstre aux yeux verts de Shakespeare, mais n’aura jamais l’occasion de regretter son geste.

Pagliacci

Dans "Pagliacci", franchement plus manichéen, on retrouve une  très habile mise en abîme de scènes naïves de la Passion rappelant le temps de Pâques,  -  anges y compris - …alors  que les pittoresques processions mariales du 15 août que l'on a pu admirer dans le premier opéra devraient battre leur plein devant la salle des fêtes où se jouera le drame à 23 heures… Le personnage de Canio (Carlo Ventre) très attendu  et brillant dans son « Recitar ! - Vesti la giubba », impressionne tandis que le jeune couple Nedda-Silvio, joue l’amour innocent,  léger et bucolique. On est  franchement gâtés par les duos  de Simona Mihai et de Gabriele Nani. Et Tonio (Scott Hendricks) s’avère bien  lourd, harcelant et écœurant, après un prologue pourtant très  "matter-of-fact" ... mais cela, c’est sans doute la faute au vérisme!  

Pagliacci

https://www.lamonnaie.be/fr/program/427-cavalleria-rusticana-pagliacci

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La feuille, diras-tu, brillait sous la lumière.

 

Aujourd’hui, c’est la pluie qui répond.

 

Nulle floraison encore. Juste comme un rêve.

 

De l’aurore qui boit son visage. L’éclosion de la fleur.

 

Ton souffle avec toute la musique des mots.

 

Allons, continuons nos routes et nos découvertes.

 

La terre et ses giboulées. Toujours marchons.

 

Alors le soleil, l’océan, leurs forces et leurs coups de vent.

 

Appelons-les de nos vœux.

 

Nature, prépare tes couleurs, tes nuances et tes contrastes.

 

Voici le temps venu de récolter tes saveurs.

 

Julien Boulier   le 12 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435731111 

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ENVOL

12273271272?profile=originalPar la fenêtre de la Tour aux quatre vents

le drapé de pierre , soudain s'est envolé

comme une  âme  longtemps emprisonnée

AA    Arles  esquisse   Jacques Réattu Musée Réattu

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PEUT-ON?

Peut-on danser avec le temps

Et si oui, pour combien de temps?

Conserver cette lumière

Qui tient debout, nous garde fiers!

Peut-on penser sans se tromper

Qu'avec la vie on doit jouer

Et que tenir les yeux ouverts

Nous aide à trouver nos repères?

Quand de la nuit,  si bien tapies

Surgissent d'un coup les insomnies

Se réjouir de temps gagné

Pour qu'aboutissent nos pensées.

Jouir de l'instant immobile

Où tout devient bien plus subtil

Et puis rêver tout éveillé!

Peut-on ainsi vision gardé?

C'est un défi à la jeunesse

Pour qu'enfin le monde progresse...

J.G. 

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Un déterminisme agaçant

Mon cerveau me mène où il veut.
Il prend possession de mon être,
Ferme de mes yeux les fenêtres,
Me tient des propos ennuyeux.

Lors, demeure à sa merci
Mon âme aspirant au silence,
À l'harmonie, à la brillance.
De vérités n'a le souci.

Me trouve où règne le langage,
Prête l'oreille, or désolée,
N'entends de paroles ailées
Mais un maussade bavardage.

Au coeur de cet étrange état,
Je me sens être prisonnière.
Pour trouver une issue, j'y erre
Mais, hélas! n'en trouve pas.

9 mars 2018

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"Les grands-pères sont les maîtres, les véritables philosophes de tout être humain, ils ouvrent toujours en grand le rideau que les autres ferment continuellement. [...] Les grands-pères placent la tête de leur petit-fils là où il y a au moins quelque chose d'intéressant à voir, bien que ce ne soit pas toujours quelque chose d'élémentaire, et, par cette attention continuelle à l'essentiel qui leur est propre, ils nous affranchissent de la médiocrité désespérante dans laquelle, sans les grands-pères, indubitablement nous mourrions bientôt d'asphyxie."  (Thomas Bernhard, Un enfant, trad. Albert Kohn, p.26, Folio n° 2542)

En regardant ce film et en écoutant la voix de Prévert, je pense à mon grand-père paternel, gazé à Verdun, blessé aux Dardanelles, militant SFIO tendance Blum, qui a participé activement aux grèves de 36, qui a travaillé toute sa vie chez Citroën. Quand je pense à lui, je pense au tire d'un roman de Maurice Blanchot : "Le dernier homme".

On lui a généreusement octroyé une médaille du travail à la fin. Il n'avait jamais eu de quoi s' acheter son appartement (un deux pièces rue des Prouvaires au 5ème sans ascenseur).

Tout le monde s'en fout, mais pas moi. Je me souviens. Merci Monsieur Prévert !

Et maintenant, les ouvriers, les artisans, le petit peuple, on les chasse vers la banlieue. On appelle ça d'un joli nom bien prétentieux, bien niais, la "gentrification", comme tout le quartier des Halles et les anciens quartiers populaires qui faisaient le "brassage social" et tout le charme de Paris...

On les chasse, façon de parler. Pas de rafles, de déportations massives comme en 42. Non, tout se fait en douceur, avec l'argent, entre gens "raisonnables". Un beau jour, on fait ses comptes et on s'aperçoit qu'on n'a plus les moyens, surtout qu'entre temps les loyers ont monté et on cède l'appartement à un bobo de la nouvelle Gauche.

Et on ne comprend pas pourquoi je suis de l'ancienne et pourquoi j'ai fait Mai 68 dont on va fêter cette année le 50ème anniversaire. Quelle dérision ! Comme d'habitude Daniel Cohn Bendit, "l'european young leader",  va parler à la place des camarades suicidés...

Un "has been" qui n'a pas su y faire, alors que tout le monde  maintenant est "En Marche"... En marche vers quoi ? 

Nous étions au bord du gouffre, mais Dieu merci, nous sommes en marche et nous avons fait un grand pas en avant !

Fonds de pension, spéculation, profits, dette souveraine, surendettement des ménages, crise, austérité, chômage structurel, délocalisations, gouvernance européenne, réchauffement climatique, disparition des espèces animales... Mettons-nous bien ça dans la tête : "le capitalisme mondialisé est l'horizon indépassable de notre époque." 

La voix de Jacques Prévert a parlé en moi. Merci Monsieur Prévert !... Même si ça ne sert à rien, même si ça continue comme avant, même si, comme dit le Prince Salina dans Le Guépard, "pour que rien ne change, il faut que tout ait l'air de changer".

Et tant pis si tout le monde s'en fout !

  

En mémoire de ce qui fut…

La machine à coudre Singer, les clafoutis aux cerises de ma grand-mère, les bouquets de violettes, les poinçonneuses du métro, les marrons brûlants dans les cornets de papier journal, les bouchers couverts de sang, les hirondelles à bicyclette : pèlerines bleues et bâtons blancs… Le chien qui fume, le chat Lucifer qui n’était pas gentil, mais que j’aimais bien quand même, les enfants de Montmartre, l’odeur des vieux escaliers, la plainte de l’accordéon, les chansons d’Edith Piaf, les clowns du cirque d’Hiver, le Guignol du jardin du Luxembourg, les bateaux de la fontaine des Tuileries, les chevaux de bois du manège, les apéritifs Dubonnet, les Tractions Citroën, les autobus à pont, Notre-Dame de Paris…

Rue des Halles, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, rue de la Ferronnerie, rue Saint-Honoré, rue de la Lingerie, rue de la Poterie, rue des Bourdonnais, rue au Lard, rue Pierre-Lescot, rue Vauvilliers, rue Montorgueil, rue Rambuteau, rue de la Réale, rue Pirouette, rue Mondétour, rue de la Parcheminerie, rue de la Grande-Truanderie...

Sur les bords de la Seine, le long des échoppes ombragées des bouquinistes, sous la vieille horloge de Saint-Germain l’Auxerrois, sous les arcades de la rue de Rivoli, dans la cour mal pavé des rois, dans le frais silence de Saint-Eustache où repose la mère de Mozart, sous les poutrelles des halles de Baltard, parmi les cris joyeux des marchands de légumes, rue Berger, rue du Roule, rue des Prouvaires…Sur le vieux Pont-Neuf où Molière enfants découvrit la commedia dell’arte.

Et derrière les façades obscures, toutes les joies et tous les malheurs du monde.

J’ai dix ans, je me promène avec mon grand-père dans le Paris d’autrefois. Il me tient par la main.

Je me souviens et je voudrais casser les portes de la mort.

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