Il faut peu de mots
pour qu’il pleuve
doucement
dans un poème
Just a few words
And I’ll rain softly
Within the poem
Les partenariats
Lettres
Il faut peu de mots
pour qu’il pleuve
doucement
dans un poème
Just a few words
And I’ll rain softly
Within the poem
Les partenariats
Lettres
Donner à boire à ceux qui ont soif
Loger les pèlerins
Soigner les malades
Vêtir ceux qui sont nus
Ensevelir les morts
Nourrir ceux qui ont faim
Visiter les prisonniers
N.-B.:
Ce site est dédié au poète Max Elskamp (1862-1931) dit l'admirable Le légendaire portrait dit "au macfarlane" de Max Elskamp
Collection Robert Paul
Il s'agira dorénavant, comme condition préalable à toute communication sur le réseau se présentant comme partenariat, de mentionner un lien hypertexte vers la page du dit partenaire. Cela a toujours été le cas jusqu'à présent.
Je contate que certain membre semble systématiquement déroger à cette courtoisie élémentaire.
Je m'opposerai à la publication de billets ne suivant pas mon consel.
Robert Paul
« Que deviendrait sans ses drapés une tragédie de Racine ? La sainte Ursule de Zurbaran aurait-elle, nue ou modestement voilée, autant de spiritualité que dans ses princières soieries ?
« La Haute couture inspirant la Haute peinture », ainsi pourrait s’intituler la présente exposition.
Que l’on n’accuse pas son sujet de la moindre frivolité ! Les modes passent, comme la jeunesse, comme la vie, comme les fêtes. Le gala d’étoffes et de plumes, d’immobile chorégraphie, auquel nous convient Janine Cornez et son sculptural modèle, semble dédier ses musiques silencieuses et ses envoûtements aux vertus du peintre lui-même : exigence, sincérité totale, courage et superbe maîtrise.
Il n’est pas offert, ce gala, qu’en l’honneur de l’art et de la beauté, mais pour exprimer pudiquement et fixer le dramatique vertige d’exister et de rechercher la joie sous la menace de la mort.»
Lucienne Desnoues
Chaque jour
on trouvera
un moment
précieux
à découper
dans le temps
Every day
Will find
A precious
Moment
To carve in
Time
Les partenariats
Lettres
Relief de sable
Parfum d'embruns
Iodés marins
Nymphe muable
Vapeur de sel
Fraiche et intense
Perle d'essence
Lune de miel
Fils de Saturne
Du fond des mers
Aux Univers
Ire la dune
Surfe le vent !
Chant de sirène
Mort qui engrène
Le cœur forban
Corps de l'abysse
Orne son front
Du bleu du fond
Que court la drisse
Relief de sable
Parfum d'embruns
Iodés marins
Nymphe muable
Auteur Sonia Gallet — Écrivaine & Poète © 2018
De l’amitié: dialogue entre Nietzsche et Montaigne
J’ai rêvé d’une rencontre quelque part hors du temps, entre la Saxe et le Périgord, entre le 16è et le 19è siècle…, entre Friedrich Nietzsche et Michel Eyquem, seigneur de Montaigne;;;
Montaigne- Ce qui m’emplirait de plaisir, c’est de goûter un verre de vin rouge délicat et de belle couleur; non, donnez m’en une pleine carafe, « je me défens de la tempérance comme j’ai fait autrefois de la volupté. Elle me tire trop en arrière, et jusqu’à la stupidité ». Monsieur N, m’accompagnerez-vous ?
Nietzsche- Non merci, pas de ces sortes de drogues, « agents de la corruption », pour moi, je veux juste un grand verre d’eau pure. Vous vouliez me voir, mon cher, c’est bien parce que c’est vous, que j’ai accepté de renoncer un moment à ma solitude… C’est pour parler de philosophie je suppose ?
…Ah, de l’amitié ? Et bien, d’accord parlons-en, parler beaucoup est un bon moyen de se dissimuler…
M- Je vous dirai d’abord que par amitié, je ne parle pas de toutes ces accointances et familiarités ordinaires qu’on noue suivant les circonstances, mais j’entends par ce mot le mélange de deux âmes pour n’en former plus qu’une…
N- Permettez, je vous interromps tout de suite. La camaraderie, d’accord, cela existe, mais la véritable amitié ! !?
M- Il est vrai que c’est la chose la plus rare à trouver au monde, mais j’ai eu le bonheur dans ma vie de connaître cette sorte d’union divine. Une bien belle amitié, ayant si tard commencé et qui n’a pu durer bien longtemps. Je pleure encore la perte de cet ami ; depuis sa mort il me semble n’exister plus qu’à demi.
N- Moi aussi j’ai cru connaître cela un moment, avec un grand compositeur pour qui j’ai éprouvé une vénération dévorante lorsque j’étais jeune homme. Il était l’homme selon mon cœur… Mais j’ai été cruellement déçu, je me suis rendu compte qu’il ne s’intéressait qu’à ce qui pouvait le servir dans son œuvre et ce que je prenais pour une profonde amitié s’est rompu, nous sommes devenus étrangers l’un à l’autre, « tels deux vaisseaux dont chacun a son but et sa route tracée ». J’en ressens encore une telle souffrance que depuis j’ai préféré m’éloigner des hommes.
M-Je crois vous comprendre. Une amitié doit être réciproque et elle doit aussi être tout à fait désintéressée. Dans l’amitié, il ne peut y avoir d’affaires ou de commerce sauf d’elle-même…Entre de vrais amis, il faut ignorer l’envie, ce tombeau des sentiments, ainsi que bannir les mots que sont obligations, prière ou reconnaissance…
N-Ah oui, j’ajoute qu’« une âme délicate est gênée de savoir qu’on lui doit des remerciements, une âme grossière, de savoir qu’elle en doit »…
M- Et pour moi une amitié n’est vraiment parfaite et complète que lorsqu’entre les deux amis tout est commun, souhaits, pensées, jugements,…
N- Ah non là je vous arrête ! Si on veut un ami, il faut pouvoir s’y opposer, respecter l’ennemi jusque dans son ami ! On n’est au plus près de son cœur que si on lui résiste et il n’est pas d’amitié qui dure sans de grandes exigences! Il ne faut pas non plus vouloir partager avec lui tous ses tourments ! L’ami pour moi doit pouvoir deviner et se taire !
M- Mon Dieu ! Calmez-vous mon ami, pourquoi s’emporter, ne soyez pas si chagrin, on ne peut en effet être d’accord sur tout, n’est-ce pas?
Et puis il y a les femmes, Ah ah ! Que pensez-vous des amitiés avec les femmes ?
N- Diable ! Les femmes ! Il y a dans toute femme « un esclave et un tyran cachés », elles ne sont pas capables d’amitié et même en amour, elles prétendent faire « tous les sacrifices et rien à part cela n’a plus de valeur » pour elles !
M- Ah ah ! Je vous suis un peu sur ce sujet, les relations avec les femmes sont difficiles à classer. L’affection qui nous lie à elles a un caractère si ondoyant, brûlant, un feu de fièvre … Leur inconstance, leurs excès…
N-Oui, oui ! « Ne vaut-il pas mieux tomber entre les mains d’un assassin que dans les rêves d’une femme en chaleur ? »
M-Pour moi je vous avoue que leur commerce charmant m’est très agréable et même, étant d’un naturel bouillant, je le recherche. Mais, être amoureux de sa femme est un supplice autant qu’un péril !
*
Je laisse à nos deux compagnons la responsabilité de leurs errements sur les femmes…
Mais j’acquiesce assez à leur vision de l’amitié.
Une amitié parfaite, pour moi c’est une relation faite de partage, de confiance réciproque et de complicité. Une consanguinité d’esprit qui unit. La joie prodigieuse de savoir simplement que l’autre existe.
Aimer vraiment, c’est aussi préférer l’autre. Cela implique, quoi qu’il advienne, une part d’acceptation, de retrait de soi. Raréfier son être, tout en continuant d’exister pour l’autre et sans jamais renoncer complètement à sa propre liberté.
Martine ROUHART
Nicole Marlière,Les étés de Jeanne, M.E.O., 2021
Nicole Marlière, Les Etés de Jeanne, M.E.O., 2021.
Les étés d’une collégienne bruxelloise, qui va grandir au hasard des rencontres, des flirts, des passions et des désillusions, entre une chanson de Petula Clarck, La Nuit n’en finit plus, et une autre de Jacques Brel, La Valse à mille temps, entre les années 62-66, les légendaires et tant regrettées « golden sixties ». Une époque charnière qui filait pleins tubes vers son mai 68, renchérit la romancière au terme de son récit. De saisons trépidantes en fins de mois exsangues, Jeanne vivra l’endroit et l’envers de l’amour, de la liberté, de l’inconscience et de la responsabilité car rien n’est facile ni sans périls quand, à seize ans, on prend tous les risques pourvu qu’on échappe au carcan des conventions, à l’ennui de vivre à l’ombre étroite des siens. Nous la suivons tout au long d’un parcours chahuté, au son des discothèques de la Côte belge, des ambiances de bistrots bruxellois ou parisiens, dans les beaux quartiers du sud de la capitale ou dans les chambres blafardes des nuits d’hôtel, toujours impatiente, aventureuse, téméraire et prête à affronter le pire, le rejet ou les pièges pervers de la séduction. Elle apprendra vite et fort son métier de vivre, loin de ses parents démissionnaires, de l’épais confort scolaire, et elle assumera, plus tôt que prévu et avec une volonté étonnante, l’épreuve de la vie à deux sans argent, sans soutien, sans avenir. Mais c’est sans connaître les ressources que va lui trouver la romancière, tout à fait en phase avec son sujet, son personnage, à l’écoute de ses désirs les plus profonds. Un roman très vivant, écrit à belle allure, qui joue allègrement avec les limites, les lourdes balises d’une époque que la jeunesse ne rêvait que de transgresser, les yeux grands ouverts sur un nouveau monde, une nouvelle vague de vie, à inventer et à assumer pleinement, sans autre modèle que le meilleur de soi.
Michel Ducobu
"Mer en furie"
Tempête en Aquitaine ( 3 Mars 2016 )
Mars, le souffle de l’Océan se déchaîne.
Sous les bas nuages fous, des pins sans joie,
Maintenant noirs d’ennui, comme lourds de peine,
Jettent à la mer leurs aiguilles qui tournoient.
La tempête embrasse ces corps fiers et droits,
S’acharne sans pitié comme avec rancoeur,
Déracine les plus faibles ici et là,
Casse et fracasse ces pauvres en vainqueur.
La bas vers le Bassin le port est dévasté.
Dansent, s’entrechoquent et craquent de douleur
Des esquifs fragiles troués et bombardés
Par la main féroce de ce géant sans coeur
.
L’ Océan insiste, frappant la jetée ;
Quand un rayon soudain perce puis devient bleu,
Alors, le peintre surpris sous la nuée
Respire et efface le vent peu à peu !
Les mots sont là
appuyés sur le cœur
au bord du secret
près de glisser
dans l’ourlet de ma plume
Here are the words
Leaning on my heart
On the verge of secret
About to fall
Into the ink
Of my pen
Les partenariats
Lettres
SIC TRANSIT GLORIA MUNDI
Pour passer dans l’émission de cet animateur hors du commun, il ne s’agit pas tellement de présenter quelque chose de bon, mais surtout quelque chose d’insolite, voire de saugrenu. Ce qui fait dresser l’oreille à Christophe Derabanne, c’est le personnage singulier, inclassable, avec qui il pourra faire son meilleur numéro. Si vous êtes peintre et que vous désirez être reconnu, abandonnez toile, papier, pinceaux, ça n’intéresse pas ce découvreur de talents. Vous avez intérêt, pour vos barbouillages, à utiliser des supports inattendus, comme la tôle ondulée ou le béton armé, et les couvrir de colorants originaux : dentifrice, mayonnaise en tube ou jus de tomate. Si vous êtes sculpteur, n’employez pas le bois, le métal ou la glaise, mais façonnez plutôt le gros sel ou la déjection canine. De même si vous avez écrit un livre, arrangez-vous pour que l’histoire n’ait ni queue ni tête et que le vocabulaire soit abscons. Surtout, oubliez la ponctuation. Les points, les virgules, tout ça, c’est rituel, banal, convenu, bref, ça casse le flux narratif. Un recueil de nouvelles signé Gus Rongy.
Editions Ménadès – 243 pages
gravé sur une plaque de bronze, ce sonnet rédigé par Emma Lazarus en 1883 est exposé à l’intérieur du piédestal de la Statue de la Liberté.
"Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres,
Envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres,
Les rebuts de vos rivages surpeuplés
Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte,
De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !"
EMMA LAZARUS
Triste est dorénavant la statue de la Liberté, autrefois mère des exilés...
L'Amérique dispose quand même de toute évidence plus que "cinq pains et deux poissons"
Traductions par Deashelle:
…Geef mij uw vermoeiden, uw armen,
Uw opeengepakte massa’s die snakken
naar vrije lucht,
Het ellendige afval
van uw wemelende kust.
Stuur dezen, de daklozen, zeestorm-dooreengeschud, naar mij toe,
Ik hef mijn lamp op naast de gouden deur!
,,Geef mij uw uitgeputten, uw armen, uw samengepakte naar vrijheid hunkerende massa's, het erbarmelijke afval van uw volle kusten. Zend dezen, de daklozen, naar mij door de storm voortgestuwd. Ik hou mijn lamp omhoog naast de gouden deur.''
Il me parle de couleur
Il me parle d'arc-en-ciel
De soleil en hiver
Se plait dans la langueur...
Il n'est pas éternel
Mais...il chante Prévert
Mon monde à moi...
Jacqueline Gilbert.
Un partenariat
Être heureuse
des petites choses
heureuses
le chat sur les genoux
la couleur de l’air
un oiseau qui plane
juste au-dessus
de mes pensées
Be merry
With the smallest
things
Cat on my lap
The colour of the air
A bird
Gliding over
Me thoughts
Les partenariats
Lettres
Coup de foudre sur la sierra
(paesine, marbre de Florence)
Pouvoir incantatoire des pierres, puissamment évocateur, jeux de la nature, obsidienne, miroir fumant de l’Aztèque, larmes d’Apache, agate, lithophyse, œuf de tonnerre, fulgurite, céraunie, glossopètre, pierre de foudre, cristal de roche, marbre, pietra paesina…
Dans ces messages codés, ces signaux de fumée, ces traces laissées par le temps, j’y ai vu d’étranges correspondances…
Pluie de cendres sur un monde perdu
Gioacchino Toma (1836-1891)
(huile sur toile, détail ; La pioggia di cinere a Napoli)
« Les roches elles-mêmes semblent bavarder, fraternelles,
débordantes de sympathie.
Ce qui n’a rien d’étonnant,
nous avons tous les mêmes père et mère. »,
John Muir (1838-1914)
Dès lors poursuivons le dialogue.
Coup de tonnerre sur les Chiricahua Mountains
(paesine, marbre de Florence)
Il y a très longtemps, par une violente nuit d’orage, Eclair à plusieurs reprises frappa Femme Peinte en Blanc. C’est ainsi qu’elle donna le jour à Enfant de l’Eau. Quand Eclair jugea qu’Enfant de l’Eau était digne d’être son fils, il lui fit don d’une telle force qu’Enfant de l’Eau put anéantir Géant. Ainsi le Peuple des Forêts, tels que les Apaches se nommaient eux-mêmes, put vivre tranquillement, chassant, cueillant pour subvenir à ses besoins.
(Légende apache)
On dirait une terre d’orage
Levée en plein ciel
Une terre de rouille et de ruine
D’ombre
Et de marbre
Quelque chose de brutal et d’injuste
En pleine nature
Presque une vengeance sauvage
De l’homme
Comme revenu de lui-même
Arnauld Pontier, Marbre, 2007
(paesine, marbre de Florence)
Cette pierre, née du hasard, ressemble étrangement au mont Graham.
Même profil que cette montagne sacrée, le « Mont Assis » des Apaches,
Dzit Ncha Sí Án
« Ici, sur cette terre éternellement jeune et formidablement ancienne, [l’homme] se sent à la fois plus petit et plus grand. Ses yeux ont une portée exceptionnelle, car ils sont confrontés avec des choses qui se trouvent dans l’espace depuis des millions d’années. »,
Elliott Arnold (1912-1980)
« Les actes accomplis et les mots prononcés se sont immédiatement pétrifiés, comme l’exigeait une loi mystérieuse,
à jamais incompréhensible. »,
id.
(paesine, marbre de Florence)
C’est aux sommets des monts Graham, Turnbull, Chiricahua et White Mountain, avec le grondement du tonnerre, que viennent se réfugier les nuages et les Êtres Tonnerres. C’est à eux que les Apaches adressent leurs prières. Gibier, récoltes, pluie, longue vie…
Alors les Gans, les Esprits de la Montagne, « ceux qui ne meurent pas », les envoyés d’Usen, le Grand Esprit des Apaches, le donneur de vie, purent danser.
(d’après les textes recueillis et traduits par Claude Dordis, in Voix des Apaches)
Septaria (San Sebastian, Guipuscoa, Espagne)
(concrétion marneuse indurée dont les veines de rétractation sont emplies ici de calcite)
Le danseur couronné incarne le Gan, l’Esprit de la montagne.
Il « invoque et danse autour du feu et éloigne la maladie.
Il chasse le maléfice et apporte le bien. »,
Elliott Arnold.
Je suis l’Eclair éblouissant et éclatant,
La vie se tient là, dans sa coiffe,
Dans le cliquetis de ses pendentifs il y a la vie,
On entend ce bruit et il résonne
Et mon chant entoure les danseurs
Et les protège.
C’est le chant de la vie sous le soleil.
Bois flotté (ramassé pour être honnête sur une plage de Crète)
Les Crown dancers sont souvent cinq, quatre Gans représentent les points cardinaux et un clown sacré.
Koyemsi, le clown sacré des Hopis, introduit d’un cri l’entrée du
maître de cérémonie, Hilili…
Riez, tremblez…
(Utah, Etats-Unis)
(Agate paysage du Brésil)
Vision panoramique, profondeur de champ, dans un technicolor éblouissant, on se projette dans un film de John Ford. Les vastes étendues entre Arizona et Utah, tout ça dans moins d’un millimètre d’épaisseur et dans la dimension d’une vignette (4 x 2,8cm).
« C’est un miroir merveilleux qui, à un moment donné,
a reçu l’empreinte et reflété l’image d’un grand spectacle…
la vitrification de notre planète. »,
George Sand (1804-1876)
Bout de terre sacrée
Grès de Monument Valley ramassé au pied d’une butte au cœur du
Territoire Navajo.
« Le moindre caillou, niché au fond d’une poche, peut représenter un instant de mémoire absolu. »,
Maurice Rajsfus (1928-2020)
Phil & Lucinda Benally, Indiens navajos de Shiprock (Nouveau-Mexique)
Le peuple Navajo croit en un monde d’équilibre.
Mais l’homme peut le renverser, provoquant désastre ou maladie. L’homme-médecine peut tenter de rétablir cet équilibre naturel et guérir celui qui y a contrevenu par des herbes, des prières, des peintures sur sable qui seront dispersées par le vent.
Et des chants.
Ho – Na – Dzon – Age – Ne – Yo
Où sont passés tous les miens ?
Chant de Geronimo
Agates (lithophyses de l’Esterel, Var)
Fac-similé d’un pétroglyphe anasazi incisé dans le grès acquis auprès d’un indien Hopi au Canyon de Chelly (Nevada, USA).
Courbé par la vieillesse et jouant de la flûte, Kokopelli symbolise la virilité masculine autant que l’humidité bienfaisante et féconde de la saison des pluies pour les peuples indiens du sud-ouest des Etats-Unis.
Hopi (XXe siècle. Racine de yucca, plumes, cuir)
Kachina-Aigle (?).
Les Kachinas-Oiseaux sont des esprits intercesseurs des dieux très aimés des Hopis. Ils dansent en poussant des cris stridents lorsqu’ils entrent dans la kiva (espace cérémoniel).
Ces poupées magiques fascinèrent les surréalistes, notamment Max Ernst et André Breton. Ce dernier, en juillet 1945, sillonna le Nevada, l’Arizona et le Nouveau Mexique, rencontra les Indiens Hopi, collecta ces Kachinas. Effigies des forces de la nature, règnes animal, végétal, minéral.
Three Mesas, les ruines d’un monde
ou les veines ouvertes de l’Amérique indienne
Septaria
(les fentes de rétractation sont ici juste saupoudrées de pyrite)
Jaspe paysage
Comme dans le Joueur de flûte de Hamelin,
traités et promesses ne furent guère tenus.
On finit par les parquer dans des réserves
Terme de la Longue Marche Tragique
des Navajos et des Apaches
Piste des larmes
des Cherokee
Soleil Hopi.
Jaspe.
Utah
Finitude d’un monde enclavé, étranglé
sur lequel je pleure.
Un monde aujourd’hui renait, déterminé.
Grés (Etats-Unis)
Apache sèche tes pleurs
Sur la piste
une étoile
a déposé
une fleur
un calice
Pour qu’au firmament
Terre et Hommes puissent
Passer la voute du temps.
M. L.
(lithophyse « œuf de tonnerre », Oregon)
Mais que sont les mots pour le temps…
Ce temps qui, tel Cronos le Titan, dévore ses enfants.
Cronos armé de sa faucille, Zeus tenant la foudre.
Tous les hommes sont de la même terre pourtant.
« Les oiseaux quittent la terre avec leurs ailes,
et nous, les hommes, pouvons également ce monde,
non pas avec des ailes, mais avec l’esprit. »,
Black Elk (1863-1950),
homme-médecine des Lakota oglala
Pour vous conter cette histoire j’ai nourri mon imaginaire de ces curieuses formes minérales, quand « la nature imite si bien les productions de l’art » (Patrin) autant que l’art semble imiter la nature.
Pierre de Florence (Pietra paesina)
Peint par Jacques Deseve, gravé par Gérard-René Le Villain pour l’
Histoire naturelle des minéraux de Eugène-Melchior-Louis Patrin (1742-1815)
Michel Lansardière
(texte et photos)
Glossaire :
Obsidienne : roche volcanique vitreuse
Miroir fumant : miroir divinatoire en obsidienne destiné à invoquer le dieu Tezcatlipoca.
Larme d’Apache : obsidienne guttulaire.
Agate : quartz microcristallin, une calcédoine déposée en couches très graphiques et aux couleurs contrastées.
Lithophyse : nodule d’origine volcanique empli d’agate.
Œuf de tonnerre : lithophyse où l’agate forme souvent une étoile à cinq branches (thunder egg de l’Oregon).
Fulgurite : tube de silice creux formé par la foudre frappant le sable.
Céraunie : objet que l’on croyait d’origine céleste (cela pouvait être une hache de pierre préhistorique, un minéral comme la marcassite, une météorite, un fossile, bref une étrangeté dont on ne comprenait pas l’origine).
Glossopètre : encore un objet que l’on croyait tombé du ciel (nous sommes Gaulois que diantre ! Il s’agissait en fait d’une dent de requin fossile ou d’une pointe de flèche du temps d’avant Taranis).
Pierre de foudre : synonyme de céraunie.
Cristal de roche : quartz transparent et incolore.
Marbre : calcaire métamorphique, cristallin.
Pietra paesina : la paesine (ou pierre de Florence) est une forme de marbre au graphisme pouvant évoquer une ville en ruine (« pierre aux masures », marbre ruinatique). Très prisée à la Renaissance, on la trouvait fréquemment dans les cabinets de curiosités.
Nota : Murillo a peint sur obsidienne, des « miroirs fumants » d’origine aztèque ; Orazio Gentileschi, Antonio Carrache, le Cavalier d’Arpin ou Antonio Tempesta sur lapis-lazuli ; Filippo Napoletano, Francesco Ligozzi, Jacques Stella sur paesine… Après tout où trouver plus belle palette que notre planète.
Dans mes compositions seule la nature a œuvré (un sciage a suffi pour en révéler la subtilité, et un polissage parfois pour en sublimer la beauté), laissant libre-cours à l’imagination.
Peinture sur paesine (Toscane, début XVIIe)
« Il n’y a pas de miracles.
Plutôt tout est miracle. »,
Saint François d’Assise
M. L.
"Quiétude"
Aquarelle de Liliane Magotte
Matin clair ..
Un soleil timide qui annonce de belles journées. Je crois aux jours meilleurs, aux retrouvailles, aux découvertes de toutes sortes. Je prends tout ce bonheur annoncé pour mon âme, mon cœur...
J'ai besoin de rêver pour garder les pieds sur terre, pour ne pas faillir à cette vie quelque peu turbulente et qui me tourmente tant. Malgré les années, je ne trouve pas cette paix qui me manque. Je cherche toujours ce qui fera mon bonheur. L'amitié n a pas donné les effets escomptés même si je peux dire que j'ai connu des êtres de lumière. Le temps a estompé ce cadeau. L'amour n'a pas été au rendez vous. Je me suis accrochée comme un noyé. J'ai coulé. Je me suis noyée. J'ai cru mourir plusieurs fois de ce mal qui tuait mon cœur, de ces trahisons à l'infini.
Alors, je vis. Je ris. Je chante pour que mon cœur soit gai, parfois heureux. Peut-être n est il pas responsable ? Je lui pardonne toujours.
Je lui promets des jours meilleurs où enfin il sera heureux.
Partenariats
Par ce temps riant
Au vent léger de juin
Il m’a offert des roses roses
Pétales soyeuses à la senteur divine
Emoi et joie de mon palpitant apaisé
Lueurs de bonheur au regard enchanté
Tendres mains il m’a alors enlacée
Le monde est désir et il m’a embrassée
12/07/2016
Nada
Un partenariat
Joyaux éphémères
Rêveries assumées
Eclats de lumière
Grâce sublimée...
Les fleurs...
Heureuse détente
Coroles éclatées
Splendides et ardentes
Et soudain pâmées...
Les fleurs...
Rien que mots très doux
Au sortir des lèvres
Si je pense à vous
Comme un goût de fièvre...
Les fleurs...
Le monde est trop triste
Quand il vous oublie
La beauté existe
Rétines éblouies...
Les fleurs...
Un partenariat
Arts
Lettres