Les mots sont là
appuyés sur le cœur
au bord du secret
près de glisser
dans l’ourlet de ma plume
Here are the words
Leaning on my heart
On the verge of secret
About to fall
Into the ink
Of my pen
Les partenariats
Lettres
Les mots sont là
appuyés sur le cœur
au bord du secret
près de glisser
dans l’ourlet de ma plume
Here are the words
Leaning on my heart
On the verge of secret
About to fall
Into the ink
Of my pen
Les partenariats
Lettres
SIC TRANSIT GLORIA MUNDI
Pour passer dans l’émission de cet animateur hors du commun, il ne s’agit pas tellement de présenter quelque chose de bon, mais surtout quelque chose d’insolite, voire de saugrenu. Ce qui fait dresser l’oreille à Christophe Derabanne, c’est le personnage singulier, inclassable, avec qui il pourra faire son meilleur numéro. Si vous êtes peintre et que vous désirez être reconnu, abandonnez toile, papier, pinceaux, ça n’intéresse pas ce découvreur de talents. Vous avez intérêt, pour vos barbouillages, à utiliser des supports inattendus, comme la tôle ondulée ou le béton armé, et les couvrir de colorants originaux : dentifrice, mayonnaise en tube ou jus de tomate. Si vous êtes sculpteur, n’employez pas le bois, le métal ou la glaise, mais façonnez plutôt le gros sel ou la déjection canine. De même si vous avez écrit un livre, arrangez-vous pour que l’histoire n’ait ni queue ni tête et que le vocabulaire soit abscons. Surtout, oubliez la ponctuation. Les points, les virgules, tout ça, c’est rituel, banal, convenu, bref, ça casse le flux narratif. Un recueil de nouvelles signé Gus Rongy.
Editions Ménadès – 243 pages
gravé sur une plaque de bronze, ce sonnet rédigé par Emma Lazarus en 1883 est exposé à l’intérieur du piédestal de la Statue de la Liberté.
"Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres,
Envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres,
Les rebuts de vos rivages surpeuplés
Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte,
De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !"
EMMA LAZARUS
Triste est dorénavant la statue de la Liberté, autrefois mère des exilés...
L'Amérique dispose quand même de toute évidence plus que "cinq pains et deux poissons"
Traductions par Deashelle:
…Geef mij uw vermoeiden, uw armen,
Uw opeengepakte massa’s die snakken
naar vrije lucht,
Het ellendige afval
van uw wemelende kust.
Stuur dezen, de daklozen, zeestorm-dooreengeschud, naar mij toe,
Ik hef mijn lamp op naast de gouden deur!
,,Geef mij uw uitgeputten, uw armen, uw samengepakte naar vrijheid hunkerende massa's, het erbarmelijke afval van uw volle kusten. Zend dezen, de daklozen, naar mij door de storm voortgestuwd. Ik hou mijn lamp omhoog naast de gouden deur.''
Il me parle de couleur
Il me parle d'arc-en-ciel
De soleil en hiver
Se plait dans la langueur...
Il n'est pas éternel
Mais...il chante Prévert
Mon monde à moi...
Jacqueline Gilbert.
Un partenariat
Être heureuse
des petites choses
heureuses
le chat sur les genoux
la couleur de l’air
un oiseau qui plane
juste au-dessus
de mes pensées
Be merry
With the smallest
things
Cat on my lap
The colour of the air
A bird
Gliding over
Me thoughts
Les partenariats
Lettres
Coup de foudre sur la sierra
(paesine, marbre de Florence)
Pouvoir incantatoire des pierres, puissamment évocateur, jeux de la nature, obsidienne, miroir fumant de l’Aztèque, larmes d’Apache, agate, lithophyse, œuf de tonnerre, fulgurite, céraunie, glossopètre, pierre de foudre, cristal de roche, marbre, pietra paesina…
Dans ces messages codés, ces signaux de fumée, ces traces laissées par le temps, j’y ai vu d’étranges correspondances…
Pluie de cendres sur un monde perdu
Gioacchino Toma (1836-1891)
(huile sur toile, détail ; La pioggia di cinere a Napoli)
« Les roches elles-mêmes semblent bavarder, fraternelles,
débordantes de sympathie.
Ce qui n’a rien d’étonnant,
nous avons tous les mêmes père et mère. »,
John Muir (1838-1914)
Dès lors poursuivons le dialogue.
Coup de tonnerre sur les Chiricahua Mountains
(paesine, marbre de Florence)
Il y a très longtemps, par une violente nuit d’orage, Eclair à plusieurs reprises frappa Femme Peinte en Blanc. C’est ainsi qu’elle donna le jour à Enfant de l’Eau. Quand Eclair jugea qu’Enfant de l’Eau était digne d’être son fils, il lui fit don d’une telle force qu’Enfant de l’Eau put anéantir Géant. Ainsi le Peuple des Forêts, tels que les Apaches se nommaient eux-mêmes, put vivre tranquillement, chassant, cueillant pour subvenir à ses besoins.
(Légende apache)
On dirait une terre d’orage
Levée en plein ciel
Une terre de rouille et de ruine
D’ombre
Et de marbre
Quelque chose de brutal et d’injuste
En pleine nature
Presque une vengeance sauvage
De l’homme
Comme revenu de lui-même
Arnauld Pontier, Marbre, 2007
(paesine, marbre de Florence)
Cette pierre, née du hasard, ressemble étrangement au mont Graham.
Même profil que cette montagne sacrée, le « Mont Assis » des Apaches,
Dzit Ncha Sí Án
« Ici, sur cette terre éternellement jeune et formidablement ancienne, [l’homme] se sent à la fois plus petit et plus grand. Ses yeux ont une portée exceptionnelle, car ils sont confrontés avec des choses qui se trouvent dans l’espace depuis des millions d’années. »,
Elliott Arnold (1912-1980)
« Les actes accomplis et les mots prononcés se sont immédiatement pétrifiés, comme l’exigeait une loi mystérieuse,
à jamais incompréhensible. »,
id.
(paesine, marbre de Florence)
C’est aux sommets des monts Graham, Turnbull, Chiricahua et White Mountain, avec le grondement du tonnerre, que viennent se réfugier les nuages et les Êtres Tonnerres. C’est à eux que les Apaches adressent leurs prières. Gibier, récoltes, pluie, longue vie…
Alors les Gans, les Esprits de la Montagne, « ceux qui ne meurent pas », les envoyés d’Usen, le Grand Esprit des Apaches, le donneur de vie, purent danser.
(d’après les textes recueillis et traduits par Claude Dordis, in Voix des Apaches)
Septaria (San Sebastian, Guipuscoa, Espagne)
(concrétion marneuse indurée dont les veines de rétractation sont emplies ici de calcite)
Le danseur couronné incarne le Gan, l’Esprit de la montagne.
Il « invoque et danse autour du feu et éloigne la maladie.
Il chasse le maléfice et apporte le bien. »,
Elliott Arnold.
Je suis l’Eclair éblouissant et éclatant,
La vie se tient là, dans sa coiffe,
Dans le cliquetis de ses pendentifs il y a la vie,
On entend ce bruit et il résonne
Et mon chant entoure les danseurs
Et les protège.
C’est le chant de la vie sous le soleil.
Bois flotté (ramassé pour être honnête sur une plage de Crète)
Les Crown dancers sont souvent cinq, quatre Gans représentent les points cardinaux et un clown sacré.
Koyemsi, le clown sacré des Hopis, introduit d’un cri l’entrée du
maître de cérémonie, Hilili…
Riez, tremblez…
(Utah, Etats-Unis)
(Agate paysage du Brésil)
Vision panoramique, profondeur de champ, dans un technicolor éblouissant, on se projette dans un film de John Ford. Les vastes étendues entre Arizona et Utah, tout ça dans moins d’un millimètre d’épaisseur et dans la dimension d’une vignette (4 x 2,8cm).
« C’est un miroir merveilleux qui, à un moment donné,
a reçu l’empreinte et reflété l’image d’un grand spectacle…
la vitrification de notre planète. »,
George Sand (1804-1876)
Bout de terre sacrée
Grès de Monument Valley ramassé au pied d’une butte au cœur du
Territoire Navajo.
« Le moindre caillou, niché au fond d’une poche, peut représenter un instant de mémoire absolu. »,
Maurice Rajsfus (1928-2020)
Phil & Lucinda Benally, Indiens navajos de Shiprock (Nouveau-Mexique)
Le peuple Navajo croit en un monde d’équilibre.
Mais l’homme peut le renverser, provoquant désastre ou maladie. L’homme-médecine peut tenter de rétablir cet équilibre naturel et guérir celui qui y a contrevenu par des herbes, des prières, des peintures sur sable qui seront dispersées par le vent.
Et des chants.
Ho – Na – Dzon – Age – Ne – Yo
Où sont passés tous les miens ?
Chant de Geronimo
Agates (lithophyses de l’Esterel, Var)
Fac-similé d’un pétroglyphe anasazi incisé dans le grès acquis auprès d’un indien Hopi au Canyon de Chelly (Nevada, USA).
Courbé par la vieillesse et jouant de la flûte, Kokopelli symbolise la virilité masculine autant que l’humidité bienfaisante et féconde de la saison des pluies pour les peuples indiens du sud-ouest des Etats-Unis.
Hopi (XXe siècle. Racine de yucca, plumes, cuir)
Kachina-Aigle (?).
Les Kachinas-Oiseaux sont des esprits intercesseurs des dieux très aimés des Hopis. Ils dansent en poussant des cris stridents lorsqu’ils entrent dans la kiva (espace cérémoniel).
Ces poupées magiques fascinèrent les surréalistes, notamment Max Ernst et André Breton. Ce dernier, en juillet 1945, sillonna le Nevada, l’Arizona et le Nouveau Mexique, rencontra les Indiens Hopi, collecta ces Kachinas. Effigies des forces de la nature, règnes animal, végétal, minéral.
Three Mesas, les ruines d’un monde
ou les veines ouvertes de l’Amérique indienne
Septaria
(les fentes de rétractation sont ici juste saupoudrées de pyrite)
Jaspe paysage
Comme dans le Joueur de flûte de Hamelin,
traités et promesses ne furent guère tenus.
On finit par les parquer dans des réserves
Terme de la Longue Marche Tragique
des Navajos et des Apaches
Piste des larmes
des Cherokee
Soleil Hopi.
Jaspe.
Utah
Finitude d’un monde enclavé, étranglé
sur lequel je pleure.
Un monde aujourd’hui renait, déterminé.
Grés (Etats-Unis)
Apache sèche tes pleurs
Sur la piste
une étoile
a déposé
une fleur
un calice
Pour qu’au firmament
Terre et Hommes puissent
Passer la voute du temps.
M. L.
(lithophyse « œuf de tonnerre », Oregon)
Mais que sont les mots pour le temps…
Ce temps qui, tel Cronos le Titan, dévore ses enfants.
Cronos armé de sa faucille, Zeus tenant la foudre.
Tous les hommes sont de la même terre pourtant.
« Les oiseaux quittent la terre avec leurs ailes,
et nous, les hommes, pouvons également ce monde,
non pas avec des ailes, mais avec l’esprit. »,
Black Elk (1863-1950),
homme-médecine des Lakota oglala
Pour vous conter cette histoire j’ai nourri mon imaginaire de ces curieuses formes minérales, quand « la nature imite si bien les productions de l’art » (Patrin) autant que l’art semble imiter la nature.
Pierre de Florence (Pietra paesina)
Peint par Jacques Deseve, gravé par Gérard-René Le Villain pour l’
Histoire naturelle des minéraux de Eugène-Melchior-Louis Patrin (1742-1815)
Michel Lansardière
(texte et photos)
Glossaire :
Obsidienne : roche volcanique vitreuse
Miroir fumant : miroir divinatoire en obsidienne destiné à invoquer le dieu Tezcatlipoca.
Larme d’Apache : obsidienne guttulaire.
Agate : quartz microcristallin, une calcédoine déposée en couches très graphiques et aux couleurs contrastées.
Lithophyse : nodule d’origine volcanique empli d’agate.
Œuf de tonnerre : lithophyse où l’agate forme souvent une étoile à cinq branches (thunder egg de l’Oregon).
Fulgurite : tube de silice creux formé par la foudre frappant le sable.
Céraunie : objet que l’on croyait d’origine céleste (cela pouvait être une hache de pierre préhistorique, un minéral comme la marcassite, une météorite, un fossile, bref une étrangeté dont on ne comprenait pas l’origine).
Glossopètre : encore un objet que l’on croyait tombé du ciel (nous sommes Gaulois que diantre ! Il s’agissait en fait d’une dent de requin fossile ou d’une pointe de flèche du temps d’avant Taranis).
Pierre de foudre : synonyme de céraunie.
Cristal de roche : quartz transparent et incolore.
Marbre : calcaire métamorphique, cristallin.
Pietra paesina : la paesine (ou pierre de Florence) est une forme de marbre au graphisme pouvant évoquer une ville en ruine (« pierre aux masures », marbre ruinatique). Très prisée à la Renaissance, on la trouvait fréquemment dans les cabinets de curiosités.
Nota : Murillo a peint sur obsidienne, des « miroirs fumants » d’origine aztèque ; Orazio Gentileschi, Antonio Carrache, le Cavalier d’Arpin ou Antonio Tempesta sur lapis-lazuli ; Filippo Napoletano, Francesco Ligozzi, Jacques Stella sur paesine… Après tout où trouver plus belle palette que notre planète.
Dans mes compositions seule la nature a œuvré (un sciage a suffi pour en révéler la subtilité, et un polissage parfois pour en sublimer la beauté), laissant libre-cours à l’imagination.
Peinture sur paesine (Toscane, début XVIIe)
« Il n’y a pas de miracles.
Plutôt tout est miracle. »,
Saint François d’Assise
M. L.
"Quiétude"
Aquarelle de Liliane Magotte
Matin clair ..
Un soleil timide qui annonce de belles journées. Je crois aux jours meilleurs, aux retrouvailles, aux découvertes de toutes sortes. Je prends tout ce bonheur annoncé pour mon âme, mon cœur...
J'ai besoin de rêver pour garder les pieds sur terre, pour ne pas faillir à cette vie quelque peu turbulente et qui me tourmente tant. Malgré les années, je ne trouve pas cette paix qui me manque. Je cherche toujours ce qui fera mon bonheur. L'amitié n a pas donné les effets escomptés même si je peux dire que j'ai connu des êtres de lumière. Le temps a estompé ce cadeau. L'amour n'a pas été au rendez vous. Je me suis accrochée comme un noyé. J'ai coulé. Je me suis noyée. J'ai cru mourir plusieurs fois de ce mal qui tuait mon cœur, de ces trahisons à l'infini.
Alors, je vis. Je ris. Je chante pour que mon cœur soit gai, parfois heureux. Peut-être n est il pas responsable ? Je lui pardonne toujours.
Je lui promets des jours meilleurs où enfin il sera heureux.
Partenariats
Par ce temps riant
Au vent léger de juin
Il m’a offert des roses roses
Pétales soyeuses à la senteur divine
Emoi et joie de mon palpitant apaisé
Lueurs de bonheur au regard enchanté
Tendres mains il m’a alors enlacée
Le monde est désir et il m’a embrassée
12/07/2016
Nada
Un partenariat
Joyaux éphémères
Rêveries assumées
Eclats de lumière
Grâce sublimée...
Les fleurs...
Heureuse détente
Coroles éclatées
Splendides et ardentes
Et soudain pâmées...
Les fleurs...
Rien que mots très doux
Au sortir des lèvres
Si je pense à vous
Comme un goût de fièvre...
Les fleurs...
Le monde est trop triste
Quand il vous oublie
La beauté existe
Rétines éblouies...
Les fleurs...
Un partenariat
Arts
Lettres
"Rouge-queue au jardin"
Voir venir le temps de l'indifférence,
Ignorer le bonheur sans importance,
Et que dorénavant, même un tout petit rien,
Illumine chaque heure jusqu'au lendemain.
Languir sans se mentir,
Longtemps se souvenir,
Et qu'un matin caresse,
Soudain l'on disparaisse,
Se rappelant alors....
Etre un enfant qui dort.
Billet réalisé à la demande de Valérie.
Merci aux deux partenaires
pour leur participation à cette échange
que nous souhaitons fructueux dans l'avenir.
Partenariats
Lettres
"En attendant le Printemps"
Françoise BUISSON
Voyez-le se donner du mal pour que tout aille,
Voler tout le jour, d’un aller à un retour,
Du nid où piaille la marmaille
A la terre, aux champs, pour une brindille d’un jour.
Parfois il se pose sur le grillage du jardin
Et repose ses ailes fatiguées de ses voyages,
L’oeil rieur, comme un vainqueur coquin
Qui nargue le père vieilli par l’âge !
"Pinson devant ma fenêtre"
Petit à petit il construit, tresse, salive ;
Dedans, les petits attendent le bec béant,
Guettant père-oiseau, mère sur le qui-vive,
Porteurs inlassables de ” diners ” incessants !
"Hivernal"
Ne les cherchez pas, un nid est vite abandonné ;
Une fois le chef-d’oeuvre fini il flotte à tout vents !
Quelques duvets soyeux, seuls, rappellent nos printemps,
Leurs éternels oiseaux joyeux et nos envols rêvés.
"Une belle rencontre"
"Printemps de la mésange huppée"
Un partenariat
Arts
Lettres
COULEURS DE MUSIQUE, MUSIQUE DES COULEURS : L’ART DE HOANG HUY TRUONG
Du 28-09 au 15-10-17, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a proposé une exposition consacrée au peintre vietnamien, Monsieur HOANG HUY TRUONG intitulée SYMPHONIE DE COULEURS.
L’art de HOANG HUY TRUONG est un mariage de formes éclectiques, variant entre calligraphie et abstraction. L’art de cet artiste a pour effet de déclencher le « sentiment de la forme », en ce sens que la représentation de l’évoqué est suggéré par un travail, en apparence confus, qui se révèle en réalité, d’une précision mathématique saisissante. La spécificité de l’œuvre exposée réside dans le fait qu’elle est le résultat d’une sensibilité à la fois picturale et musicale. En effet, l’artiste est également un excellent pianiste classique.
Le mode d’expression de l’artiste est dominé par trois types d’écritures :
1) une première écriture axée sur la couleur en fusion
2) une seconde écriture centrée sur la calligraphie
3) une troisième écriture que l’on peut considérer comme un ensemble intermédiaire associant fusion chromatique et calligraphie.
REPRESENTATION SOLAIRE (80 x 1OO cm- technique mixte sur papier 2017)
est, à partir du noir, une variation chromatique sur le jaune et le vert. La note noire sert d’élément dynamique permettant l’harmonie des deux autres couleurs par la mise en exergue d’une sensibilité restituant l’âme de la matière par des tonalités créées, à certains moments, grâce au pastel. L’ensemble baignant dans une irrésistible légèreté. Ce qui a pour résultat de conférer à l’œuvre l’aspect d’une matérialité évanescente, laquelle est rendue par le travail minutieux apporté au papier, le matériau principal servant de base à l’artiste. Le résultat de ce travail consiste à provoquer le sentiment d’une explosion solaire arrêtée sur l’image. Cette explosion solaire a lieu à l’intérieur d’un cadre délimité par un trait noir puissant, séparant le phénomène chromatique de la fusion du reste de la composition. L’œuvre a été réalisée en deux étapes : l’artiste a commence à partir de l’intérieur pour ensuite aborder l’extérieur du cadre. Il a d’ailleurs débuté par le jaune avant d’aborder le noir dans le but de faire ressortir le jaune. Pour l’artiste, le noir et le jaune sont deux couleurs qu’il qualifie de « positives ».
Rappelons, en passant, que la couleur jaune a toujours intrigué tant les historiens de l’Art que les psychologues, en ce sens qu’elle engage le pathos d’une façon démentielle : pensez, notamment, à Turner et à Van Gogh, pour ne citer qu’eux concernant l’interprétation de cette couleur.
DECLINAISONS CHROMATIQUES EN JAUNE ET NOIR (50 x 70 cm-technique mixte sur papier 2016)
participe de la première écriture (citée plus haut) axée sur la couleur en fusion.
REVE DE LUNE (50 x 65 cm-technique mixte sur papier - 2017)
associe deux écritures : une première constituée par une calligraphie ésotérique et une deuxième qui reprend le discours de la variation chromatique.
Tandis que TAPIS ORIENTAL EN ROUGE (73 x 60 cm-technique mixte sur papier 2017)
axe son jeu sur une opposition entre le rouge et le noir que la technique de l’artiste rend fascinante. La composition est constituée de cinq plages s’enserrant à l’intérieur d’un cadre, elles-mêmes comprise à l’intérieur du tableau. L’intérieur même de ce cadre est également dominé par différents types d’oppositions :
1) l’opposition chromatique rouge/noir
2) l’opposition chromatique rouge/calligraphie hiéroglyphique de couleur blanche
3) l’opposition entre chromatisme et symbolisme, en ce sens que sur chaque espace figure une « grecque » de couleur rouge en forme de spirale à l’intérieur d’une zone noire. Tandis qu’une « grecque » noire se trouve enserrée à l’intérieur d’une zone rouge. Outre l’opposition rouge/noire se profile, discrète, une autre opposition : celle de la « grecque » opposée à la spirale. La « grecque » est considérée par les historiens de l’Art comme l’image de la rationalité définissant la civilisation grecque (bien qu’un nombre considérable de « grecques » se retrouvent représentées dans divers arts dits « traditionnels » tels que les arts africains et précolombiens). En revanche, l’image de la spirale représente l’infini, c'est-à-dire l’opposé de la rationalité, communément exprimée.
CECI N’EST PAS UN ESCALIER (65 x 70 cm-technique mixte sur papier - 2017) .
Malgré le titre de nature « magrittienne », la philosophie de cette œuvre se base sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un escalier mais de l’image qui pourrait être celle d’un escalier en distorsion, associée à celle d’un autre élément faisant partie intégrante de la vie de l’artiste, et qui pourrait être celle du piano.
Car, comme nous l’avons spécifié plus haut, le peintre est également pianiste. Observons l’agencement des couleurs délicates, mariées à l’arrière-plan faisant ressortir le sujet.
FIGURINES AFRICAINES (80 x 1OO cm-technique mixte sur papier - 2017)
représente une démarche du plus haut intérêt, puisqu’elle s’avère être la projection d’une culture sur une autre. En effet, le peintre d’origine et de culture asiatique aborde un système de pensée plastique où tout repose à la fois sur le volume et sur la courbe.
L’artiste ne reprend que ce qu’il considère être l’essentiel de son discours, à savoir la courbe. Mais il la reprend de façon fragmentée, évoluant, presque en lévitation dans l’espace. Il la réinterprète « à l’asiatique », c'est-à-dire en accordant la priorité à l’élément courbé, considéré comme un « vide », devant fusionner avec un « plein » (invisible). Cette œuvre est, en quelque sorte, un ensemble de courbes en lévitation, prophétisant la forme à venir.
BLEU ORIENTAL (50 x 65 cm-technique mixte sur papier - 2017)
est une variation sur le bleu (en dégradés) marié au blanc dans l’évanescence d’un paysage lacustre, alternant pleins et vides par la seule force du chromatisme. Outre le bleu, de légers traits noirs dynamisent, ca et là, la composition en jouant sur la musique des contrastes. Ici encore, le « sentiment » de la forme est révélé par l’apport du trait appliqué dans la plus extrême finesse : les pleins existent mais ne sont qu’esquissés. Les vides, aériens, glissent sur le blanc constituant l’espace. Précisons que l’idéogramme, au centre de la toile, ne comporte aucune signification spécifique. Nous sommes ici face à une méditation. Une méditation constituée de pleins et de vides. Une œuvre abstraite comme l’est la musique. Nous savons que l’artiste est également pianiste. La musique, particulièrement le classique, est une méditation. Une méditation sonore également constituée de pleins et de vides ainsi que de silences. La création devient, pour l’artiste, une symbiose où les sons se confondent avec les lumières laissées sur la toile par le pinceau. Et cette symbiose se poursuit dans la non différenciation entre l’oreille qui perçoit le son et les doigts qui dirigent le pinceau.
Sa peinture, même si elle s’inscrit dans un registre contemporain, respire le classique par sa finesse et sa légèreté. Sa profondeur aussi car son côté « méditatif » se rencontre, notamment, dans la musique d’un Bach ou d’un Schubert.
A titre exemplatif, l’artiste a aboli de son répertoire pianistique la musique contemporaine. Tandis qu’en matière de peinture, l’abstraction donc la matière « contemporaine » est abordée avec bonheur. Cela peut sembler paradoxal car d’aucuns pourraient imaginer le contraire : la figure humaine en tant que référant de la culture classique éclipserait l’abstraction, moderne et de surcroit, contemporaine. Mais il n’en est rien! L’artiste adopte l’abstrait à condition de le marier à sa culture originelle pour autant qu’il puisse l’adapter à sa propre conception de l’Art, à savoir de le soumettre aux impératifs de son imagination. Car, comme il aime à le répéter, paraphrasant Einstein : « l’imagination est plus importante que la connaissance ».
Dès lors, il peint « avec son cerveau et non avec la technique ». Celle-ci n’est qu’un support à la création de l’idée. Au plus l’oreille est à l’écoute, au plus s’améliore la musique. Il en va de même avec la peinture qui demeure tributaire de la capacité du peintre à regarder. D’ailleurs, l’artiste a une conception purement personnelle du mot « perspective ». Lorsqu’il l’a employé pour la première fois en indiquant une de ses toiles où aucune forme de « perspective » à proprement parler n’était visible, il nous a fallu un certain temps pour comprendre que ce mot ne se référait nullement à la théorie visuelle de la Renaissance mais bien à son idée tout à fait personnelle sur la façon d’aborder la toile. Suite au désir d’améliorer sa technique pianistique, l’artiste s’est posé la question de savoir « comment entendre », immédiatement suivie de « comment regarder », en ce qui concerne le peintre. Toutes proportions gardées, il s’agit là d’un processus presque kantien de penser la création. La seule différence concernant le but que visait Kant, ce n’était pas la création mais la connaissance. Le peintre se demande « comment regarder ? ». Le philosophe, dans sa « Critique de la Raison pure », se demande, non pas « comment connaître » mais bien « que puis-je connaître ? ». Evidemment, il y a de grandes différences dans les développements de ces questionnements. Néanmoins, « regarder » et « connaître », ne participent-ils pas de la même volonté cognitive ?
Dès lors, la tentation de vouloir effectuer, ne fût-ce qu’un timide rapprochement philosophique, ne peut qu’effleurer l’esprit. Musique et peinture dans un même prolongement sonore et gestuel…en réalité, cette dichotomie entre création musicale et picturale, cache un refus inconditionnel de l’académisme, en ce sens que si la partition du répertoire classique ne souffre d’aucune forme d’improvisation, la façon d’aborder l’espace pictural, permet toutes les variations possibles. La peinture est à la musique ce que le jazz est au classique : une possibilité d’enchaîner une infinie succession d’accords pour aboutir, non pas au refus mais bien à l’éclatement de la mélodie. A’ sa libération des carcans qui l’emprisonnent. A tel point, qu’en matière de peinture, il refuse de dessiner d’après la réalité, exprimant ainsi son refus de l’académisme. L’artiste peint en écoutant la musique. Et, chose intéressante (peut-être même révélatrice de ce que nous ignorons pour le moment), le classique n’est pas forcément le style qu’il écoute en peignant. Tous les styles musicaux existants l’accompagnent dans sa démarche créatrice.
Issu d’une famille de musiciens, HOANG HUY TRUONG, bien que largement autodidacte, a suivi des cours de peinture mais les a abandonnés rapidement car il estimait qu’ils bloquaient son esprit. Comme le montre FIGURINES AFRICAINES (cité plus haut), il s’est beaucoup intéressé aux autres cultures en les interprétant selon sa sensibilité propre. Néanmoins, il a débuté son périple cognitif à partir de l’Orient ancien et de la Grèce classique : TAPIS D’ORIENT (cité plus haut), comportant, notamment des « grecques » et des hiéroglyphes égyptiens, également réinterprétés à sa manière en les distordant à sa guise, est un autre exemple de sa volonté à se retrouver dans l’Autre. Il pratique tant la musique que la peinture depuis sa plus tendre enfance.
L’artiste utilise une technique mixte, composée, notamment, de fusain, de crayon carène, de pastel et bien entendu de papier qu’il froisse pour le faire bien ressortir, provoquant ainsi chez le visiteur l’image d’une sculpture picturale. En matière de musique, ses compositeurs préférés sont Bach, Chopin et Ravel. Tandis que Picasso et Van Gogh (que nous avons cité plus haut) sont, entre autres, ses peintres préférés.
HOANG HUY TRUONG nous invite à écouter sa peinture musicale. Chaque trait, chaque vide suivi d’un plein, chaque explosion de couleur est une invitation à écouter la méditation qui couve en nous-mêmes et ne demande qu’à éclore, au tréfonds d’un silence.
Lettres
N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
(Octobre 2017) photo Jerry Delfosse)
Biographie:
TRUONG Hoang Huy est né en 1987 au Vietnam dans une famille de musiciens et d'artistes. Son grand-père Tran Huu Quang était peintre, sculpteur, professeur et écrivain d’histoire. Son oncle Tran Vuong Thach est chef d’orchestre de la salle Philarmonique de l’opéra d’Ho Chi Minh-Vietnam. Un autre oncle, Tran Thanh Tung, est compositeur.
Huy Truong a commencé la peinture et le piano (avec sa mère Tran Anh Tu qui est professeur de piano) en même temps à l’âge de 4 ans. Il a gagné de nombreux prix pour ses peintures comme le concours National Vietnam " Net Ve Xanh ", " the 31 st International Children’s Art Exhibition 2001 – Bronze Awards " au Japon, …
A 5 ans, il a gagné le prix " Crystal " (catégorie pour plus jeunes) du concours Piano festival " Nu Duong Cam " à Ho Chi Minh ville. Il est entré à l’âge de 7 ans au conservatoire d’Ho Chi Minh dans la classe de Nguyen Thien Phuong Hanh (sous-directeur de la section au piano). A l’âge de 9 ans, il a participé à nouveau au concours Piano festival " Nu Duong Cam " et il a gagné le 2ième prix.
En 1997, il est choisi comme meilleur étudiant du conservatoire d’Ho Chi Minh pour participer au XXième Concours International Per Giovani où il obtient le 1er prix " Jeune Talent " en Italie.
Il est invité par la chaine de télévision Ho Chi Minh – Vietnam pour une interview sur sa jeunesse pianistique. Il a participé à beaucoup de concerts de piano au conservatoire d’Ho Chi Minh et plusieurs
ont été enregistrés par la chaine de télévision d’ Ho Chi Minh. L’Académie nationale d’Ho Chi Minh l’a invité pour accompagner au piano la chorale des enfants au Festival International de Shanghai – Chine. Le conservatoire d’Ho Chi Minh l’a choisi pour jouer dans un concert de bienvenu lors de la visite de John. F. Kerry.
Il a reçu le diplôme d’honneur comme étudiant excellant au conservatoire d’Ho Chi Minh de l’ex Président du Vietnam, Truong Tan Sang.
Il a reçu en 2005 un graduat d’excellence au Piano " jeune talent " avec Dang Hong Quang (directeur de la session au piano) au conservatoire d’Ho Chi Minh.
En 2005, il continue sa carrière en Europe. Il a réussi les deux examens d’entrée de piano au conservatoire d’Amsterdam, Pays-Bas, et au conservatoire Royal de Liège, Belgique.
Il a choisi d’étudier au conservatoire Royal de Liège où son oncle était chef d’orchestre et où il obtient un Master dans la classe de François Thiry, Hélène Fazius et Gabriel Teclu en 2010. Il est actuellement suivi au Conservatoire Royal de Bruxelles par le pianiste Mikhaïl Faerman (1er prix du Concours Reine Elisabeth en 1975) et Stephane Ginsburgh. Il a participé à de nombreux concerts et master classes avec les plus grands interprètes classiques pour affiner sa technique: Jacques Rouvier, Akiko Ebi, Françoise Thinat, Alan Weiss, Diane Andersen, Johan Schmidt, Joaquin Soriano, Ralf Nattkemper, Friedemann Rieger, Uta Weyand, André de Groote, Haruhi Hata, Jun Kanno, Daniel Blumenthal.
En 2014, l’ambassadeur du Vietnam Pham Sanh Chau à Bruxelles l’a invité pour participer au concert de piano avec 2 artistes vietnamiens, le violoniste Tang Thanh Nam et la pianiste Ly Giai Hoa, donné à l’occasion du 69ième anniversaire de la fête nationale du Vietnam au Bozar à Bruxelles.
En 2014 - 2015, il continue d’améliorer sa technique pianistique avec la pianiste française Brigitte Bouthinon-Dumas (conservatoire de Paris) qui est l’auteur de nombreux ouvrages pédagogiques de référence dont " Mémoire d’Empreintes ".
En 2016 : la période du concept Piano et peinture :
4 juin 2016 : Récital piano et vernissage à Eupen .Adresse: Gospertstrasse 56, 4700 Eupen – Belgique.
30 juillet 2016 : concert piano dans la Vieille Eglise St. Laurent Diekirch – Luxembourg.
21 Août 2016 : présentation de ses peintures avec les Choeurs et Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie dans l’Eglise Saint-Remacle à Verviers sous la direction musicale de Cyril Englebert et des chefs des choeurs : Pierre Iodice et Jean – Michel Allepaerts.
12 Octobre 2016 : Vernissage " Quand le piano peint " au Gallery Resto-Boutique à Bruxelles (quartier Louise). Adresse : 7 rue du Grand Cerf, 1000 Bruxelles.
5 novembre 2016 : Récital piano et exposition au Musée des Beaux –Arts de Verviers – Belgique.
En 2017 :
19 février 2017 : Piano master class pour les étudiants au conservatoire à Ho Chi Minh ville – Vietnam.
20 avril 2017 : Exposition " Primary Colors " avec 2 artistes : Boris Mestchersky et Anna Eva Radicetti à la galerie Peep Art .Adresse : rue des Minimes 33, quartier du Sablon -Bruxelles.
09 juin 2017 : Exposition d'ensemble " Association Koekelbergeoise Artistique " (AKA) sous l'égide de Monsieur Philippe Pivin, Député-Bourgmestre, et du collège échevinal de la Commune de Koekelberg. Une initiative de Madame Sylvie Andry, Echevine de la Culture française. Adresse : Maison Stepman, Boulevard Léopold II, 250 - 1081 Koekelberg.
27 septembre 2017 : Exposition à L’Espace Art Gallery .Adresse : 35 rue Lesbroussart – 1050 Bruxelles
Quand le piano peint (document à télécharger)
Blotti au creux des draps
Le temps d’un rêve
Il s'en va
Habiter sa vie à lui,
Etendu au soleil
Il sommeille, non, il veille
Le chant d’une abeille
Le froissement d'une fleur
Il s’en va
Sur des sentes invisibles.
De ses voyages secrets
Il revient
Ombre souple
Silencieuse
Sur le ciel pâle,
Chaleur entre mes bras
Qui me berce et m’endort
Enfin,
Moi qui comptais
Les heures lentes de la nuit.
J’aime l’aube
et l’aube m’aime
vibre de présences
de souvenirs
des liens d’absence
que je tisse et retisse
jour après jour
I love the daybreak
And the daybreak loves me
It vibrates with
Spirits
Memories
Absent ties
Being woven
And intertwined
Day after day
Les partenariats
Lettres
Chers membres,
Afin d'éviter les doublons et les surprises, je rappelle à tous les membres que l'initiateur/trice d'un partenariat doit en priorité
Le but étant de fonctionner ensemble, dans la même direction.
Merci à tous,
Merci à martine rouhart pour l'illustration.
Liliane Magotte
Administratrice des partenariats
Lettres