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Jean-Louis Crousse (14 février 1932 - 31 décembre 2008) me fut ami. Je tiens ici à évoquer quelques-uns de ses textes en souvenance de notre belle amitié.

Je lui ai consacré un de mes CD-ROM sur les écrivains contemporains contemporains belges que j'ai évoqué dans ma série de 74 CD-ROM  "Le Testament des Poètes".

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Jean-Louis Crousse

C. cisèle ses incertitudes, ses questionnements et ses bifurcations jusqu'au plus profond des ombres et désespérances. Il nous donne à entendre un sourire sur la vie et un chant sur le ténu. Son hésitante passion, son frêle phrasé et sa malice font sourire les sens des mots, comme des dons qui accroissent et renouvellent nos fugitives intuitions. C’est aussi un David qui catapulte sa bonne graine dans l’œil d’un Goliath dont le grotesque pouvoir est biffé à l’agenda de nos projets. C., poète, comme anathème en sourdine, pour conspuer les pompes du spectaculaire. Un « long hiver » traversé de multiples saisons, d’exploits de troubadour. C. l’a intensément murmurée, sa cantilène. Voyez-vous, il est dans l'air...

Robert Paul

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Ce merveilleux troubadour nous laisse des livres de poésie, des textes inoubliables, comme par exemple "Les funambules d'amour' (1987)

« On disait d’eux, on les appelait les funambules d’amour, toujours sur les places des villages au solstice de l’été ils déroulaient une sorte de câble un gros fil dont ils ne se séparaient jamais et très attentifs, ils étudiaient la configuration des lieux les maisons les arbres et puis ils déployaient ce fil ce cordage quelque part ils le tendaient entre deux arbres précisément et l’un de ceux-ci pour le temps de l’acrobatie portait le nom de hasard et l’autre celui de nécessité.

Puis tous accouraient recherchaient les coins d’ombres et regardaient. L’église était pour la circonstance éclairée et de même toutes les maisons du village. Seul restait lumineusement sombre l’espace qui séparait les deux danseurs de corde. Alors partant chacun d’un de ces arbres ils se rejoignaient silencieusement lentement au centre de la place au point central de ce fil et là au cœur de la nuit la plus courte ils s’embrassaient silencieusement lentement et ensuite revenaient à reculons à leur point de départ. On disait d’eux on les appelait les funambules d’amour. »
Forest, le 25 mars 1987.

Ces funambules d’amour sont encore évoqués dans un très beau texte du « Voyage léger », toujours sur ce fond de ces effleurements d’ailes, de la musique fragile qui nous rendait ce poète si cher « et vous aussi, les (…) funambules qui vous embrassez en toute quiétude à cinquante mètres du sol – asseyez-vous à mes côtés, ensemble nous guettons ce moment où s’arrête, et médite, et s’apprête, d’un air fragile, on dirait, d’un coup d’ailes traversant le siècle une sorte de musique, de pensée, peut-être, au rebord parfois désolé du monde »

Seront évoqués :

 

Dix recueils de poésie, lesquels forment, selon le poète, un ensemble musical, une œuvre unique en cinq mouvements :

 

-En prologue :

 

Mille gris, (MG) Ed. St-Germain des prés, 1983

 

Que faire d’un lampe, il pleut, le jour se lève, Ed. St-Germain des prés, 1986

 

 

-En mouvement lyrique :

 

Le vif, l’à peine, (LVL’P), Ed. Chambelland, 1988

 

 Le voyage léger (LVL), Ed. Galerie Racine, 1990

 

 

-En divertimento

 

Incertitudes (I), Ed. Art pluriel, 1991

 

Sentes et sources (S&S), Ed. Art pluriel, 1993

 

 

-En mouvement méditatif (prose poétique)

 

 

Du plus bas parler, (DPBP), Ed. Racine, 1993

 

 

La nuit diamantine, Ed. du Grill, La Hulpe, 1996

 

 

-En épilogue :

 

 Fumée sur papier, Ed. de l'Acanthe, Namur, 1996

 

Feuillage et silence, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2000, Préface d'Adolphe Grégoire

  

 

Un livre d’invitation au voyage poétique :

 

Aller là-bas, Propos, Ed. de l'Acanthe, Namur, 1997, Préface de Joseph Bodson

 

 

Un journal :

 

Long hiver, Ed. Les Elytres, 2002, Préface de Jean Dumortier

A suivre pour d'autres évocations de ses beaux recueils de poésie.

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C'EST FOU !

C'est un bizarre Noël

Celui de cette année...

Penser la vie est belle

Semble une drôle d'idée!

Privés de liberté

De plaisirs, de câlins

De tristesse inondés

Comment rêver demain?

Juste en disant : je t'aime

Envers et contre tout!

Anesthésier sa peine

Car oui, vivre c'est fou!

J.G.

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E P A VE S (aquarelle au Crotoy)

Jouets d'une tempête imaginaire et sombre
Et couchés à jamais levant haut leurs étraves
Dérisoire érection vers le ciel qui les lave
Rêvant dans leurs flancs creux de naufrages sans nombre

Au creux des verts polders somnolent les épaves
Jalousant leurs frères les navires qui sombrent
Chargés de gloire et de lumière - A eux l'ombre
De l'oubli peu à peu qui les couvre de bave

Cette bave putride usant leur cimetière
Pas marin pour un sou - Ah! vivre encore entier
De rapt en abordage au temps des flibustiers

Et puis infiniment brûler sous les sabords
Et couler d'un seul coup pour faire sa litière
Au creux de l'Océan couvert de gloire et d'or

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Abolir le temps (poème visuel 2)

12273358878?profile=original« Nulle pierre ne peut être polie sans friction,

Nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve.»,

Kongzi (Confucius)

Abolir le temps

Il s’assit alors sous le pin de la longévité,

dans cet entredeux, cet entrelacs,

ne servant à rien,

ne faisant rien

Sublime oisiveté

Il n’eut plus ni passé

ni présent

Il ne pâtit de rien

Suprême liberté

Tel le phénix,

oiseau de paradis,

vit au loin un rocher d’éternité

et, passant au-delà de sa psyché,

il entra dans le domaine où il n’existe ni vie ni mort

Infinie félicité.

Michel Lansardière

Une fin heureuse très inspirée (en italiques) de l’infinie sagesse de Tchouang-tseu (ou Zhuangzi, IVe s. av. J.-C.) et interprétée à la lumière de l’énigmatique calligraphie muette et minérale gravée par le lithoglyphe…

Illustration : Pierre de rêve (mengshi)

sur son support en bois réalisé sur mesure (daïza)

Calcédoine (agate)

La composition de l’œuvre respecte les principes de la peinture chinoise classique, celle d’un peintre et poète comme Ni Zan (1301-1374) par exemple, un des « quatre grands maîtres Yuan » : un arbre en avant, un rocher, une montagne en arrière-plan, coupés en leur mitan par un plan d’eau.

Ce plan d’eau, tel un silence dans une partition, c’est un souffle,

un vide animé, une onde qui relie et unifie le yin et le yang.

Recherche esthétique autant qu’éthique.

Le glypticien a travaillé ici en léger bas-relief pour le plaisir du lettré.

Objet de curiosité pour les uns, de méditation pour les autres.

Notes :

L’agate mesure 10,5 x 7,5cm, 12 cm de haut avec son support. Cette pierre de rêve aurait été réalisée, sublimée, dans une pierre locale assez banale (le Brésil devenant le premier fournisseur d’agate de très belle qualité dans les années1840) sous la dynastie mandchoue des Qing, probablement entre 1750 et 1850.

Glypticien : spécialiste de la gravure sur pierre (intailles et camées). On parlera indifféremment de glypticien, lapidaire, graveur, voire tailleur, ciseleur, sculpteur. Quant au lettré Littré, toujours distingué, il emploie le mot lithoglyphe. Pour le graveur sur cristal de roche (quartz) on utilise parfois le terme de cristallier, en Belgique notamment (un mot qui désigne aussi, dans les Alpes suisses ou françaises, le chercheur de cristaux). Quant au gemmologue (ou gemmologiste) c’est un spécialiste de l’étude des pierres précieuses.

Le phénix chinois, ou fenghuang, règne sur les autres oiseaux. Il symbolise les plus hautes vertus et, tout comme la grue blanche, emporte les défunts sur les îles des immortels pour l’éternelle sérénité.

M. L.

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administrateur partenariats

Corroy-le-Grand, ce samedi 21 juin,

nous découvrons une discrète mais coquette fermette

fleurie de mille parfums.

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Nous passons la barrière et approchons de cette jolie porte

derrière laquelle se cache un atelier de peinture très particulier !

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De merveilleux animaux décorent les murs de cette pièce accueillante...

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Pinceaux d'une finesse extraordinaire, les outils du peintre animalier

reproduisent à la perfection et avec toute la sensibilité que cela requière,

les douces fourrures soyeuses de nos amis les animaux.

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Passionnée, Nicole nous explique la démarche de son travail.

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Le travail est précis, méticuleux, et l'étude des matières est le fruit d'un très long travail

de documentation ! Nicole imagine les décors dans lesquels elle place les animaux et cultive

dans son jardin les plantes et les fleurs qui figurent sur ses compositions originales .

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12273023690?profile=originalUne très belle rencontre immortalisée par la traditionnelle photo,

De gauche à droite,  Adyne Gohy , Nicole Duvivier et Liliane Magotte.

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

Nicole Duvivier, peintre animalier, est l'invitée vidéo d'Arts et Lettres de novembre 2014.

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Où sont les anges

Certains jours
l’on voudrait seulement
tourner le dos
aux nuits obscures
aux barbelés
au vacarme de la terre
l’on voudrait seulement
que tout bascule
dans le bleu
Où sont-ils
les anges
à l’âme de cristal
qui viendraient
peut-être
adoucir le monde

Martine Rouhart

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Poème visuel (1)

12273355870?profile=original« Si l’on avait vaincu le secret de l’immortalité,
On ne compterait plus les allées et venues du printemps. »,

                                                                                      Anonyme chinois (XVIIIe s.)

Poème visuel

Quand les mots ne suffisent plus
Quand le mystère est trop grand
Que même la pierre ne peut exprimer l’indicible
Que ma plume s’assèche en attendant le jour
Que l’hiver espère un nouveau printemps
Alors la nature toute entière se grave dans ma mémoire
Comment s’en détacher ?
Et je pleure sur le monde d’hier.

                                                                                                    Michel Lansardière

Illustration : Pierre de rêve (mengshi)
Infinie terminologie faite de fantaisie et de poésie, on parlera de « pierres de rêve » (mengshi), « pierres étranges » (qishi), « pierres de couleurs » (caishi)… ou simples « pierres de décoration » (kazari-shi) toutes vous transportent et vous poussent à aimer.
Il s’agit d’une calcédoine (agate), polie comme un miroir,
finement ciselée et dorée sur tranche
(la tranche supérieure est en effet recouverte d’émail doré selon une technique, laque et or, proche du kintsugi, « jointure en or », japonais).

Ce que fit le lettré ?…

Il s’assit alors sous le pin de la longévité…

Le prochain billet lui sera consacré…


M. L.

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Les passagers du temps



Le passé et l’avenir faisaient route tout deux :

Le passé fort chargé de lourdes valises
Ahanait sur le chemin près de l’avenir capricieux ,
Lequel, sur des ” oeufs “ posait ses frêles béquilles !

- ” Pourquoi traînes tu de si lourds paquetages comme un âne bâté
Lui dit le second au regard aussi inquiet que ses quilles ? ”

- ” J’y ai mis toutes sortes de preuves pour avoir à justifier ,
Des papiers d’identité, mon adresse, tout un tas de broutilles ! ”

- ” Mais qui, à part toi, crois-tu que cela intéresse ?
Ces broutilles sont des brouillards de paresse ;
Mets le feu à ces caisses, tu t’en porteras mieux .
Vois comme je suis ” léger à marcher sur des oeufs ” ! ”

- ” Je ris à te voir car tu parais bien anxieux !
Ta légèreté que tu prétends comme un avenir radieux
Me semble comme mes valises pleines à craquer,
Porter les mêmes doutes que j’ai longtemps amassés ! ”

Prisonniers de leur pitoyable fardeau passé et à venir,
Les voilà qui tombent sur le présent en chemin.
Ce dernier n’a ni valise ni projet à entretenir
Mais de simples lunettes pour y voir de bon matin !

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Poème "S'aimer à tout vent"

Voici le partage d'un poème. Merci d'avance pour vos commentaires, réactions, questions, avis... Il est extrait d'un de mes recueil, qui porte le même nom que ce titre.

S’aimer à tout vent


Donner tout pour parler de soi,
Dans un froufrou et ivre de joie,
Sous forme d’un dessin à desseins.
Se révéler, tel un bourdon à un essaim…


Pourquoi est-ce si compliqué
De si simplement pouvoir se livrer ?
On m’a dit d’abord : « Aime-toi »
J’ai viré la haine et je t’ai regardé, toi…


Me rassurer par vos conseils, vos voix,
Car mon intérieur restait coi.
A tout prix trouver des maudits modèles
Pour ne pas devoir se montrer tel quel !


A chaque nouvel échec, se détruire l’esprit,
Et crier de toute son âme : A mort la vie !
Observer des reliques se nourrir et pourrir,
Et rendre sa vie et son cœur à mourir…

Alors, au plus bas, tes mots viennent, me réjouissent,
Ma main gauche inspirée, s’anime, le crayon crisse.
Elle a retrouvé le nostalgique chemin
Que tout petit j’employais déjà avec entrain.


Mais difficile est le partage, semer reste incompris.
Les amis, qui soutiennent, eux, n’ont pas de prix.
Il y aurait tant de « Merci » à offrir au vent,
Car s’aimer, voir naître et se multiplier le vivant :


Sérénité dans l’amour, le moi n’est pas oublié !
Chaque petite fleur amie aide à démarrer !
Une première étape pour une réconciliation
Reçue de la graine première, un don si bon !


L’ouverture des pétales par l’art à amener la beauté,
A se dessiner dans un clair-obscur pour exister.
En redevance, un immense besoin d’affection,
Une sensibilité qui a besoin d’une révélation.


Ma chrysalide émet son cri : « Tuez-moi » !
La Mue et la muse fondent en émois,
Eclatement de la gangue qui me maintenait triste,
Naissance de l’art guérisseur comme piste.


Mais l’écorché vif que je suis a une famille,
Pré fleuri, semant tant de couleurs dans ma vie,
Eclore cet intérieur qui se terrait depuis des années,
Tel un nouveau-né, mais émotionnellement liquéfié.

Naissance accompagnée d’émotions et de visions…
Se reconnaître dans des amitiés accomplit le don !
Myriades de fleurs, baume pour un cœur abîmé,
Ca y est mon féminin intérieur peut se révéler !


Source des Cévennes où l’inspiration coule à flot,
Avec ma muse, ma fée, mon ange, et mon alter ego !
La découverte se vit, un yin et yang qui résonne,
Dans un trip en poésie, un edelweiss et Dickinson…


S’aimer à tout vent est unique et bouleversant.
Être une petite fleur qui chante au milieu de l’océan,
Une aventure à planter en vous si vous le voulez,
Une croissance si belle à observer…


Promis, vous êtes aimés.

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Mon Poète Prisonnier

Ferme les yeux mon beau poète

Ferme les yeux pour oublier

Cette injustice qui t'a puni

Pour tes poèmes de génie

Tu n'as pas le droit de penser

On t'a privé de rêver

On t'interdit de t'exprimer

Continue de respirer

Qui sera le gagnant?

Mais c'est toi mon prisonnier

Même en te torturant 

Tu ne changeras pas tes idées

               Emma Henriot12273376687?profile=original 

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administrateur partenariats

De froides couleurs

réchauffent en nous

les désirs inassouvis.

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Une sélection d'oeuvres

des artistes Arts et lettres.

Serge Lesens, Bellefroid Danielle, Husson Jean-François, Rebecca Terniak, Pol Ledent, 

Demars Philippe, Guy Chevereau, Michel Maréchal, Arcofarc, Jacqueline De RO, Zoé Valy,

Vigreux Marie-Françoise, Louis Van cappellen, Lansardière Michel, Claude Carretta,

Anne Marie Remongin, Bovy Bernadette, Roland Ezquerra, Zeimet Nicole.

Un autre monde"Un autre monde"

Danielle Bellefroid 

Une Jolité

" Une jolité "

Serge Lesens

Brouillard

" Brouillard "

Bellefroid Danielle

ocean (800x651)

" ocean "

husson jean francois

Tranchées bleues

Le ciel est en pleurs 
il pleut au fond de moi
averses d’étincelles
cascade de verres brisés
pluie de cendres
poignards par milliers
Des regrets me rongent
des araignées se traînent
dans mon cerveau
aux ressorts fatigués
Je ne vaux rien je ne suis rien
j’aurais dû
je m’ennuie
qui se soucie de moi

Et puis soudain
au raz de l’horizon une tranchée 
Lumineuse
une clarté creusée dans les nuages
une pensée jaillie du fond de l’être
échappée de lumière
brèche ouverte dans la tristesse 
je me rassemble m’y accroche
la tranchée bleue s’élargit
l’espoir prend toute la place

Parfois il suffit de le vouloir
chasser les idées noires
traquer les lueurs s’inviter ailleurs
débarquer de soi
regarder au-delà

Martine Rouhart

Poème primé au Prix Nothomb

Enfant et chenille

" Enfant et chenille "

Extrait du livre de Rébecca Terniak
Divers poésies et chants
Aquarelles de Michèle Pouilly

still life 675130 - Brindilles de Chantilly

"Brindilles de Chantilly"

ledent 

Moutons

" Moutons "

Demars Philippe

terre d'asile

" Terre d'asile "

Guy Chevereau 

In my life

" In my life"

Michel Marechal 

winter is coming

" Winter is coming"

 Arcofarc

soirée football

"Dispersion" 

Jacqueline  De Ro  

Repoduction Les fleurs d'Eglantiers Van Gogh

Les fleurs d'Eglantiers ( d'après Van Gogh)

Zoé Valy 

Matin bleuté
je m'en vais 
sous les grands arbres
cueillir
sur les roses
les dernières larmes 
de la nuit

Martine Rouhart

rêve bleu

"Rêve bleu"

vigreux marie-françoise

Le Bois de Hal

Le Bois de Hal

Louis Van Cappellen

Un clin d'oeil du pouillot

"Un clin d'oeil du pouillot"

Lansardière Michel 

Bassin à flot 2

"Bassin à flot"

Claude Carretta

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"Belles au crépuscule"

 Anne Marie Remongin

"PUISQUE TU PARS"

"Puisque tu pars"

BOVY Bernadette

Frimas -

"Frimas"

 Zeimet Nicole

Blue mood

"Blue mood"

Roland Ezquerra

paysage imaginaire 1

"Paysage imaginaire"

vigreux marie-françoise

LES LAURIERS DU LAC

"Les lauriers du lac"

Alain FAURE

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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LA PETITE FÉE DE BRUME

Voici le neuvième ouvrage de La Lyre d’Alizé.
C’est un livre fleuri, pétillant de jouvence et fraîcheur qui nous plonge dans le ravissement. Avec une délicatesse extrême, il chante la gloire de la création, don d’amour et vie.

Il chante la beauté du monde dans une mélopée empreinte de tendresse.

Il chante les fleurs et la joie. Il rend hommage à Gaïa.

Il loue avec grâce et douceur l’éclat généreux de mère terre.
Il conte la métamorphose d’ombre en lumière par le pouvoir lumineux du soleil,

mythe éternel bienfaisant.

L'ambiance poétique de son petit paradis végétal fait autant rêver les petits que les grands.

Texte poétique de Dominique Amat

Illustrations et calligraphie de Dominique Amat

Collaboration artistique de Rébecca Terniak

40 pages couleur - Illustrations originales

Format 240 x 240 mm

Ed. La Lyre d’Alizé - Rébecca Terniak

Novoprint – Février 2020 – 22 E

Pour enfants et adultes.

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LES VOLEURS DE JOURS...

Pathétiques pantins d'un vieux compte à rebours

Nous ne sommes à bout de course que des voleurs de jours...

Déluge ou plein soleil, on y trouve son compte

On s'adapte, on se fond, sans éprouver de honte!

Résignés et serviles, s'accrochant à la vie

Et anxieux de trouver des raisons aux envies...

Emportés par la vague des années qui s'ennuient...

On cherche des images dans la mémoire enfuies...

La douceur d'un matin au parfum de printemps

Et l'automne flamboyant la tendresse au présent!

De l'été à l'hiver tous les instants volés

Ironie... nous rappelle qu'il nous faudra passer

J.G.

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12273349882?profile=originalLapidaire

L’œil, la main, le lapidaire

(L’Art et la Matière)

Lapidaire, ca 1920, Allemagne (Idar-Oberstein ?, C.P.A.).

Intelligence de la matière et cœur de pierre

Où l’on verra que cela n’a rien de péjoratif…

 

« La promesse au tréfonds du caillou dessine en riant le ciel. »,

Jean-Pierre Luminet

 

Ce billet constitue le pendant du précédent, « L’œil, la main, le lapidaire » ( https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-il-la-main-le-lapidaire-l-art-et-la-mati-re ), dans lequel des explications complémentaires seront données sur les gemmes utilisées et l’art du tailleur de pierres, le tout agrémenté bien sûr de nouvelles illustrations.

Il y a tant d’histoires à raconter…

 

12273350461?profile=originalL’œil du maître

Aux yeux perçants d’une agate il faut le regard pénétrant du lapidaire… agate œillée ou niccolo (1,8 x 1,3cm ; Indonésie).

 

 

12273351259?profile=originalBouchon de flacon à tabac (Chine, XVIIIe ou XIXe s.) sculpté dans l’améthyste figurant un crapaud posé sur une fleur de lotus, le tout sur 23mm x 15mm ! Dire qu’en gemmologie un « crapaud » est un défaut dans une pierre précieuse !

 

12273351854?profile=originalLe travail des agates d’après le Journal d’un voyage de Cosimo Alessandro Collini (1776)

Le travail des agates à Idar-Oberstein, capitale européenne de la taille des pierres dures, exigeait la collaboration de quatre corps de métiers.

Les mineurs (achat-grübern) qui extraient l’agate des montagnes du Palatinat rhénan. Les tailleurs (achat-schleiffern) qui, penchés sur leurs meules, polissent la pierre. Les foreurs (achat-bohrern) qui percent et façonnent des ébauches que les maîtres-lapidaires parachèveront.

Sur l’illustration on notera :

En bas, à gauche, la meule de grès alimentée en eau ; au centre, le lapidaire couché en position de travail allongé sur son banc (kürass) ; à droite, détail du banc de travail.

Au centre, un touret à polir.

En haut, différents dispositifs pour percer, creuser ou polir au XVIIIe siècle.

 

 

12273352096?profile=originalYin-Yang

 Le grand commencement originel

Yin et yang dansant dans une agate (Indonésie). La glace et le feu, l’ombre et la lumière, le vide et le plein… effet obtenu d’un geste délié.

 

« Le Tao engendre l’Un

L’Un engendre le Deux

Le Deux engendre le Trois

Le Trois donna naissance aux Dix Mille Êtres

Les Dix Mille Êtres s’adossent au Yin

et serrent sur leur poitrine le Yang

L’harmonie naît au vide des souffles médians. »*

Lao Tseu

Pensée complexe dont j’essaie de suivre les méandres.

 

12273352663?profile=originalLa croix et la manière

Une croix se dessine et flotte telle une apparition dans l’agate (Indonésie).

Le lapidaire comme le photographe ou le peintre saisit l’image et de sa main l’impose à l’esprit.

 

12273352870?profile=originalLa montagne de la croix sacrée

Huile sur toile, 1875 (détail)

Thomas Moran (1837-1926)

Mount of the Holy Cross (Colorado) qu’avait photographié pour la première fois en 1873 William Henry Jackson (1843-1942).

Les deux artistes accompagnaient la mission géologique de Ferdinand Vandeveer Hayden (1829-1887) de 1871. Ces trois-là furent à l’origine de la création du premier parc national, celui du Yellowstone.

Art et géologie se recoupent.

 

 

12273353459?profile=originalFigure taillée en bas-relief comme pour un camée dans une moldavite.

La moldavite (de la Moldau pour les Allemands, ou Vlatvite, de la Vlatva pour les Tchèques) est une tectite (ou impactite), c’est-à-dire un verre d’impact dû à la chute d’un bolide de grande taille sur la Terre il y a 15 millions d’années.

Le travail du lapidaire est remarquable de finesse, jouant de la couleur, de la transparence, de l’épaisseur de la pierre pour modeler un visage empreint de noblesse. Bel exemple de glyptique.

 

12273353687?profile=originalMoldavite (ou vlatvite) de Bohème (République tchèque)

telle que le ciel et la terre nous l’ont donnée ! brute !

Cette pierre, quasi extra-terrestre, sans être une météorite mais le résultat de son impact, un métamorphisme de choc, se trouve en Bohème (région de České Budějovice), alors que l’astroblème (le Nördlinger Ries en Bavière) d’où elle a été éjectée se situe en Allemagne à 300 kms !

 

12273354076?profile=original« Monument Valley » 

Agate paysage du Brésil, taillée à Idar-Oberstein en Allemagne. Vision panoramique, profondeur de champ, dans un technicolor éblouissant, on se projette dans un film de John Ford. Les vastes étendues entre Arizona et Utah, tout ça dans moins d’un millimètre d’épaisseur et dans la dimension d’une vignette (4 x 2,8cm).

 

« C’est un miroir merveilleux qui, à un moment donné,

a reçu l’empreinte et reflété l’image d’un grand spectacle…

la vitrification de notre planète. »,

George Sand

 

12273354459?profile=original« La mare au diable »

 Agate paysage (Inde). Des inclusions d’oxydes et d’hydroxydes de fer et manganèse forment ce paysage fantasmé. Ce « dessin » (2,2 x 2cm) est produit de façon naturelle par la croissance fractale d’oxydes. La nature n’a pas de dessein, mais l’homme par son intention révèle l’œuvre. George Sand appréciait tout particulièrement les dendrites. A sa mémoire, c’est donc à un voyage au cœur du cristal que je vous invite ici.

 

12273354875?profile=originalPetite coupe en agate mousse (Inde)

La ‘mousse’ est due à des inclusions de chlorite, un silicate.

Travail particulièrement délicat qui montre toute l’habileté du lapidaire.

 

 

Photos coll. M. L.

 

* Le Tao-tö king, dont cette citation est extraite  est un texte bien obscur pour nous, sujet à controverse. Me référant notamment à François Cheng, il peut s’interpréter ainsi : « Le Vide originel engendre le Souffle originel qui engendre les souffles vitaux, les principes complémentaires du Yin et du Yang s’associent au vide médian faisant naître l’ensemble de la Création. »

 

Notes :

  • Toutes les pierres présentées sont entièrement naturelles, sans traitement (ni colorées artificiellement, ni traitées thermiquement), si ce n’est la taille et le polissage. La nature dans ce qu’elle a de plus beau et de plus secret. Si vous voulez en savoir davantage reportez-vous à la note suivante.
  • Calcédoine, agate, cornaline sont en fait synonymes. On parlera d’agate pour des calcédoines colorées et rubanées (le terme de calcédoine étant souvent réservé pour les couleurs grise ou bleue, de cornaline pour une pierre d’un rouge-orangé, alors que la sardoine est brun-rouge, d’onyx pour une alternance de couches blanches et noires, chrysoprase pour la calcédoine verte… Finalement ce n’est qu’un code de couleurs pour une même matière, un quartz microcristallin. Si l’agate est translucide, le lapidaire doit se montrer extralucide. Connaissance, clairvoyance, il est en intelligence avec la matière. Quant au jaspe c’est un quartz microcristallin opaque associé à d’autres minéraux, des oxydes de fer notamment, qui lui donnent des couleurs souvent vives et variées comme dans l’héliotrope, ou jaspe sanguin, vert moucheté de rouge, ou le plasma, vert tacheté de jaune, la lydienne, charbonneuse, noire... C’est la pierre de touche des orfèvres. Des minéraux à aspect amorphe, de même composition (SiO2) et de même dureté (7) que le quartz qui cristallise dans le système rhomboédrique, formant des prismes hexagonaux avec une terminaison sommitale en pyramide à six cotés.

« Les pierres sont des maîtres muets »,

Johann Wolfgang von Goethe

Chaque pierre a son histoire sans paroles…

… il faut savoir écouter, le lapidaire est volubile.

Sur cet oxymore j’ajouterai que la goethite a été dédiée à Goethe (1749-1832) et que cet oxyde de fer se trouve souvent en fines inclusions. Dendrites et inclusions, tout un monde en soi que j’espère vous faire découvrir un jour…

 

Notes et légendes Lansardière Michel

  

 

12273355865?profile=originalLapidaires et leurs tours à archet

“ Grinding gems –garnets, rubies, sapphires and moonstones,

at Ratnapora, Ceylon “

 (« Le meulage des gemmes-grenats, rubis, saphirs et pierres de lune à Ratnapura », Sri Lanka, ca 1910).

Petits métiers d’art du coin de la rue…

Le procédé est archaïque, mais le résultat obtenu souvent spectaculaire.

 

Lien : "Le luxe, le goût, la science..." Neuber, orfèvre minéralogiste à la Cour de Saxe.

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/exposition-le-luxe-le-go-t-la-science-neuber-orf-vre-min

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                     FLORENCE PENET OU LA COULEUR FAUVE DES REVES

 

Du 21-05 au 08-06-14, se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) une exposition consacrée à l’œuvre de Madame FLORENCE PENET, intitulée ENTRE REVES ET REALITE. Il s’agit d’une jeune peintre Française dont la sensibilité se marie à l’onirisme par une sémantique dictée par la couleur.

A l’instar du « Voyage en Italie », à la Renaissance et de celui en Orient, au 19ème siècle, l’Imaginaire est-il devenu, aujourd’hui, l’étape majeure de l’exploration créatrice ? Un imaginaire servant d’humus à un état d’Etre que FLORENCE PENET qualifie de « rêve ». La particularité de cette exposition réside dans un fait révélé de façon extrêmement discrète, susceptible néanmoins d’en dire très long au sujet de l’artiste, à savoir l’adéquation existante entre les titres et les œuvres qu’ils mettent en exergue. D’emblée dans l’intitulé de l’exposition, l’artiste donne un pluriel au mot « rêve », tandis que le mot « réalité » demeure au singulier. Est-ce à dire qu’il n’y a qu’une seule réalité dans l’univers de l’artiste ? Le terme « rêve » est fort approprié  car tout dans son œuvre se définit à partir, non pas d’un brouillard, mais bien d’une perception « brouillée », offrant une image qui ne serait pas « mise au point ». Le visiteur doit lui-même « régler » sa focale oculaire pour la rendre perceptible. Mais faut-il réellement mettre ces images « au point » ? Ne sont-elles pas assez vivantes, oniriques et réelles en leur état ? Leur « réalité » est faite de suggestions et la sensibilité du visiteur fait le reste en leur conférant une histoire, voire une fonction qui la raccroche à quelque chose de connu. L’évocation de tout ce que nous portons en nous saute aux yeux du visiteur dans toute la gamme des tonalités. L’artiste ne se cantonne pas dans la monochromie. Les couleurs qu’elle utilise varient du rouge vif : FAUVES (80 x 80 cm – huile),

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INCANDESCENCE (80 x 80 cm – huile sur toile)

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au bleu en différentes tonalités : DREAMING (73 x 92 cm – huile sur toile),

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en passant par le jaune, le blanc : PARFUM D’ORIENT II (50 x 65 cm – huile sur toile)

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et le vert en dégradés : MYSTIQUE (73 x 92 cm – huile sur toile).

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A cette vision brouillée s’ajoute, d’un point de vue conceptuel, un déphasage prémédité en ce qui concerne la mise en perspective d’une idée d’architecture planifiée dans ce que l’artiste nomme les « carrés déstructurés ».

Il s’agit d’une conception architecturale augmentant la perception d’un déséquilibre contrôlé pour mieux égarer le regard du visiteur, à l’instar de PARFUM D’ORIENT II et III (déjà mentionnés). Ces « carrés déstructurés » trouvent leur origine dans INCANDESCENCE (également mentionné), à peine perceptibles dans l’effervescence de la dominante rouge. Ces carrés servent de structure de départ pour débuter la construction picturale. Ils contribuent à donner également un côté « vieilli » (comme elle l’avoue) à la toile. Ce côté « vieilli » est intéressant car il renforce la dimension onirique de l’intemporel.

L’œuvre de FLORENCE PENET se singularise par une abstraction toute personnelle. Les teintes usitées conduisent vers un lyrisme où l’émotion se scande en motifs chromatiques à un point tel que l’on pourrait presque parler  de couleurs musicales, tellement les images sont évocatrices d’atmosphères et de sons. 

Néanmoins, dans toute création, il y a (souvent) un titre. Et ce titre fait partie intégrante de l’œuvre. Comme nous l’avons noté plus haut, il l’accompagne et dans bien des cas lui confère un sens. Concernant cette artiste, les titres deviennent des invocations.

PARFUM D’ORIENT  II (avec ses senteurs arabesques), DREAMING (évoquant une mise en scène de l’onirique -  déjà mentionnés), PORTE DE NACRE (54 x 73 cm – huile sur toile –

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où la note blanche, presque diaphane, règne en maîtresse), mettent en quelque sorte, le visiteur « sur la piste ». Bien sûr, les émotions exprimées sur la toile appartiennent à la créatrice, celle-ci insiste sur le fait que le regardant voit dans ses œuvres ce qu’il veut bien y voir. Mais le fait de les intituler avec une telle précision interprétative fait que celui qui les regarde se reconnait, indépendamment de sa volonté, dans le voyage initiatique de l’artiste. 

DREAMING offre une subtilité complémentaire concernant le titre : il est écrit au present continous de la grammaire anglaise, ce qui laisse penser que l’image ne s’arrête pas à sa seule existence : elle se poursuit à la fois par sa présence mais aussi dans le rêve du visiteur. Elle se poursuit même au-delà de toute reconnaissance, par le simple fait qu’elle a été peinte. 

FLORENCE PENET se laisse guider par la conception de couleurs « improbables » comme elle aime à le dire, pour atteindre l’harmonie.

Ce flamboyant dégradé de vert nous offrant une image paradisiaque de la vision dont l’artiste se fait du MYSTIQUE (73 x 92 cm – huile sur toile),

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plaide pour cette « improbabilité ». Une fois encore, il y a adéquation entre l’œuvre représentée et le titre qui la définit dans un imaginaire commun unissant le peintre et le spectateur.

Cette œuvre constitue à elle seule un tour de force : l’utilisation du bronze dans la partie supérieure droite obscurcit l’espace pictural à bon escient pour se répandre dans la partie inférieure droite. Le centre de la toile est irradié par le doré jusqu’à descendre vers la partie inférieure gauche. L’espace restant constitue une expérience à la fois alchimique et spirituelle dans la création d’un ensemble de dégradés de vert. Il fallait pour ce faire doser adéquatement le doré pour que le contraste avec l’ensemble chromatique aboutisse vers l’harmonie, en évitant les effets disgracieux dû au choc incontrôlé des couleurs. Remarquons l’absence de couteau pour travailler la matière : tout est lisse comme la surface d’un lac.

Ce qui contraste radicalement avec DREAMING dont la matière épaisse domine à proprement parler l’ensemble de la composition.

Il y a, outre la symbolique des couleurs, une véritable mystique de ceux-ci.

Le doré, la note jaune portée à son extrême symbolisant déjà le besoin d’amour et de chaleur humaine, transpose ici la fascination pour l’Orient mystique dans une approche participative de l’âme.

Le rouge fauve d’INCANDESCENCE nous dévoile la passion. Le bleu de DREAMING est une métaphore de l’eau conduisant au bout du rêve, lequel n’est pas encore le réveil mais l’état onirique porté à sa plénitude.

Autodidacte et fière de l’être, FLORENCE PENET peint par passion. Ayant une formation juridique, la peinture n’est pas qu’un simple « à-côté » mais bien une activité qui absorbe actuellement la totalité de son temps.

Elle a toujours baigné dans un univers où l’Art bénéficie d’une importance majeure. Sa mère a fréquenté les Beaux Arts. Ce qui, même autodidacte, lui a assuré une formation sérieuse.

Elle travaille essentiellement à l’huile. Après avoir réalisé beaucoup de glacis au niveau du fond, elle multiplie les couches en leur assurant les mêmes teintes dans le but de leur conférer une harmonie.

Elle utilise très peu le couteau. Concernant la conception de la matière, elle utilise parfois de la poudre de marbre comme pour les légers dégradés clairs de DREAMING se mêlant au bleu.

Ayant commencé par l’abstrait, elle s’est dirigée vers un univers qui fait appel à la concrétude du connu comme dans la savante utilisation du bleu rappelant un état entre le ciel et la mer.

Aucune préméditation ne l’anime. Une fois devant sa toile, elle se laisse guider par cette force qu’interprète l’instrument de la couleur. Le rêve n’est pas préconçu. Il s’agit d’un art brut, non pas dans le sens où l’entendait Dubuffet (un art conçu par un autodidacte privé de contexte culturel) mais bien dans le sens qu’il n’a subi aucune gestation intellectuelle. Comme le disait si justement Pier Paolo Pasolini : « Pourquoi peindre une image qui s’est déjà matérialisée dans le rêve ? N’existe-t-elle pas déjà ? ».   

Il n’y a plus aujourd’hui aucune ligne de démarcation entre l’abstrait et le figuratif dans le parcours de l’artiste. Et ses couleurs « improbables » rendent notre perception d’une fluidité certaine car si les rêves sont multiples, la réalité, seule et rigide, mais déformée par la force de la couleur, les transcende tous et les rend « matériels » sur la scène de la toile.

Tout dans l’œuvre de FLORENCE PENET se mélange dans la pâte de l’émotion.

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Collection "Belles signatures" (© 2014, Robert Paul)

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement.

 

A voir: 

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Florence Penet et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles (21 mai 2014).

(Photo Robert Paul)

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PERI ... GORD

"Sur le sol de France

Coulent des fleuves

Et tant d'épreuves

Des guerres d'offenses

Et en ce terroir

Les arbres conservent les traces

Pas uniquement le sarcloir

Bien des frappes noires

Pour ce faire tribun

Des pierres empilées sont légion

Les hommes accusent les larbins

Pilleurs d'une planète d'horizon"

ED

Écriture prompte

08/2020

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Un jeune qui ne maîtrise pas sa langue trouve secours dans la violence. À défaut de pouvoir s’exprimer, c’est à travers elle qu’il cherchera à exister. Une semaine après le meurtre du professeur Samuel Paty, tel est l’avertissement du linguiste  Alain Bentolila

sources: Le Figaro et La Libre Belgique

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