Aquarelle : Ciel de Bretagne, de Liliane magotte
Pour toi
je pousserai le vent
et le ciel
te racontera
en éclats de tendresse
d’infinies tonalités
de bleu
Poème : Je pousserai le vent, de Martine Rouhart
Aquarelle : Ciel de Bretagne, de Liliane magotte
Pour toi
je pousserai le vent
et le ciel
te racontera
en éclats de tendresse
d’infinies tonalités
de bleu
Poème : Je pousserai le vent, de Martine Rouhart
Autoportrait (Le grand colonel), 1945
La peinture comme un uppercut.
Siqueiros, dit El Coronelazo, comme ses coreligionnaires Rivera et Orozco, fit de la Révolution politique une révolution plastique.
David Alfaro Siqueiros (Chihuahua, 1896-Cuernavaca, 1974), le plus radical, le plus singulier, le plus novateur, expérimentant les possibilités du « hasard contrôlé », coulures, éclaboussures… « Siqueiros dépasse les limites étroites du tableau ; ce n’est plus une dimension statique, mais une surface dynamique. », Octavio Paz. Une leçon, comme un prélude à l’expressionnisme abstrait informel, que retiendront les adeptes de l’action painting, Pollock en tête.
C’est aussi le plus politique, fustigeant comme il dit « l’individualisme bourgeois » et « l’art des cénacles ultra-intellectuels ». Et, bien qu’il « répudi[ât] la peinture dite de chevalet » pour « exalt[er] les manifestations de l’art monumental », c’est pourtant bien son travail d’atelier auquel nous nous attacherons ici.
Portrait de María Asúnsolo enfant
(pyroxyline sur masonite, 1935)
María Luisa Asúnsolo Morand (1904-1999) fut une galeriste mexicaine qui travailla à la promotion de l’art de son pays, elle était la cousine germaine de la célèbre actrice Dolores Asúnsolo Lόpez Negrete (1904-1983), plus connue sous son nom de scène, Dolores del Río. Voilà pour les potins.
Octavio Paz, prix Nobel de littérature en 1990, n’a pourtant pas toujours été tendre pour le muralisme en général et Siqueiros en particulier, qu’il dépeint en « artiste réfractaire dirigé par un imprésario napolitain, le tout sous le patronage spirituel d’un théologien obtus. » Trop idéologue, manichéen et théâtral. Pour autant il affirme que « son univers est celui des contrastes : matière et esprit, affirmation et négation, mouvement et stagnation. » Mais reconnait surtout « le peintre de chevalet, qui est peut-être le meilleur Siqueiros. »
Portrait de María Asúnsolo descendant l’escalier
(duco sur contreplaqué)
En l’occurrence le fervent tiers-mondiste put se montrer mondain.
Quoi qu’il en soit, l’homme Siqueiros par sa peinture, un cri autant qu’un coup de poing, se voulut d’utilité publique afin de dessiller les yeux du peuple, d’éveiller les consciences. L’art en tant qu’acte politique. La politique acte artistique.
(lithographie, 1931)
(photo captée sur le net)
Activiste, militant de toujours, il participa à tous les combats, de la Révolution mexicaine à la guerre civile espagnole, où il se battit aux cotés des Républicains.
(huile, 1958)
Etude pour la fresque « Du porfirisme à la Révolution ».
Siqueiros sera ainsi le chantre d’un renouveau « héroïque et populaire » de la peinture mexicaine :
Pendant la Grande Dépression des années trente aux Etats-Unis, Orozco, Rivera, Siqueiros exercèrent une forte influence sur les peintres nord-américains qui dénoncèrent les abus du capitalisme, avec son lot d’endettement et de chômage, sur les exclus autant que le racisme ambiant. Le peintre Joe Jones (1909-1963) notamment donna des cours d’arts plastiques aux chômeurs et réalisa une fresque contestataire, Social Protest in Old Saint Louis, aujourd’hui détruite, comme le fut celle, L’homme au carrefour, peinte par Diego Rivera pour le Rockfeller Center, où figurait un portrait de Lénine. Ainsi les murs fleurissaient tandis que mûrissaient les raisins de la colère.
« Pour David Alfaro Siqueiros, tout est lumières et ombres, mouvement et contraste. », Octavio Paz.
Il est également significatif à cet égard que Pollock, Jackson the driper, qui imprime dans son propre mouvement la rupture avec les moyens traditionnels de la peinture, fut aussi bien l’élève de l’américain Thomas Hart Benton (1889-1975), un peintre « régionaliste » bien ancré dans la réalité sociale, que du mexicain David Alfaro Siqueiros. Même s’il faut reconnaître que Pollock s’intéressait plus aux techniques picturales propres à la fresque et aux nouveaux supports qu’au message véhiculé.
D’autres « régionalistes » américains affirmeront leur identité nationale à l’instar de leurs confrères mexicains, tels Grant Wood (1891-1942) ou de Ben Shahn (1898-1969), qui travailla avec Diego Rivera et écrivit que « L’école française n’est pas pour moi. »
De même, rompant avec leur politique isolationniste, les Etats-Unis entrent en guerre le 6 avril 1917. Anarchistes, pacifistes, artistes se réfugient au Mexique. Le peintre réaliste américain George Bellows (1882-1925) déclara « Bénis soient les pacifistes. »
Une influence sur les muralistes qui n’est certainement pas non plus à négliger, même si les historiens d’art semblent ignorer cette piste.
Toujours aux Etats-Unis, dans le contexte social de la ségrégation, des artistes afro-américains du mouvement « Harlem Renaissance », comme Aaron Douglas (1899-1979), avec sa fresque « Aspects of the Negro Life » (1934), Romare Bearden (1911-1988) et sa série la « Grande Migration » sur l’exode des Noirs vers le Nord, ou Jacob Lawrence (1917-2000) dans « The Block », s’empareront de ce moyen d’expression pour dénoncer les conditions de vie des Noirs américains et avancer leurs revendications.
Sans omettre non plus, parmi les pionniers, le muraliste français et très chicano Jean Charlot (1898-1979) qui s’installa au Mexique en 1922, où il collabora avec Rivera, Orozco et Siqueiros. Fernand Léger (1881-1955), Albert Gleizes (1881-1953), Robert Delaunay (1885-1941), furent également sensibles au mouvement muraliste.
La danse des Malinches
(huile sur toile, 1926)
En Belgique, Siqueiros fit d’autres émules avec Edmond Dubrunfaut (1920-2007) et Roger Somville (1923-2014) qui fondèrent, avec Louis Deltour (1927-1998), le groupe « Forces murales » en 1947.
Difficile d’ignorer également la rivalité entre Siqueiros et Rufino Tamayo. Ce dernier étant considéré par certains comme le véritable troisième « Grand », en tout cas adoubé comme tel par André Breton. Pour le moins « un des jalons les plus précieux de la peinture universelle de notre temps comme de l’histoire de l’art mexicain » selon Octavio Paz. « Une réponse personnelle et spontanée à la réalité de notre époque. » Ce que Siqueiros ne pouvait plus être, « Une réponse, un exorcisme, une transfiguration. »
Mais le « pape du surréalisme » pouvait être contesté, quand bien même ils étaient excommuniés, par quelques autres surréalistes… Et Siqueiros honni, banni, au cri de « A l’assassin ! »
Les uns, marxistes-léninistes orthodoxes, ou pis staliniens, prenant fait et cause pour Siqueiros, tels Louis Aragon ou Paul Eluard. Les autres, trotskistes convaincus, le vilipendent et soutiennent mordicus Tamayo, comme Breton ou Benjamin Péret.
Il faut dire que Siqueiros fut accusé d’avoir tué Trotski le 20 août 1940 et qu’il dut s’exiler au Chili pour cela. Par procuration peut-être (le véritable assassin étant Ramón Mercader, un agent du NKVD), complicité sûrement, voire le principal instigateur (malgré son alibi, « Guépéou ? J’étais pas là ! »), l’homme engagé étant tout de même impulsif et vindicatif, stalinien convaincu.
Mais au sein du groupe surréaliste, on n’avait pas attendu cela pour se chamailler à tout propos. Coups d’ergots, bataille d’égos, vaines querelles, chapelles.
Interminables controverses… « Haro ! » ou « Hourra ! », pour moi, le débat est ici clos.
Oaxaca, 1899-Mexico, 1991
Deux personnages avec un oiseau
(huile sur toile, 1960)
Il est libre l'oiseau...
Cependant une nouvelle série vous attend avec : Femmes, fières et Mexicaines ! Dont le premier volet, consacré à Frida Kahlo, est déjà disponible :
https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/femmes-fi-res-et-mexicaines-1-re-partie-frida-kahlo
Une rétrospective de mes précédents billets est accessible, avec notamment les deux autres des Tres Grandes, Rivera et Orozco :
İ Que viva Mexico ! Pour une présentation générale de la peinture mexicaine contemporaine:
https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/los-tres-grandes-rive...
Diego Rivera :
https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/diego-rivera-los-tres...
José Clemente Orozco :
https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/jos-clemente-orozco-los-tres-grandes-3e-partie
Michel Lansardière (texte et photos)
J’ai un oiseau
dans la tête
qui comble
les heures vides
les ravins indicibles
En chantant tout bas
il me donne
son ardeur à vivre
...............................
Martine Rouhart
Le rouge gorge impassible, sur le dossier du banc
Observe autour de lui avec amusement.
Les humains se reposent, ils profitent du jardin
Leurs gestes se font lenteur, ils prennent du temps, enfin!
Le rouge gorge se demande : serait-il pertinent
De leur faire le cadeau de doux gazouillements?
L'écureuil sur sa branche en équilibre instable
Se met à balancer en joueur insatiable!
Le temps s'est arrêté en cette fin d'journée
Moment est immobile et bonheur en apnée!
Alors, rouge gorge s'envole, rejoindre en haut d'la branche
La compagne dont le chant, pour lui seul s'épanche...
L'écureuil s'est posé, décortique une noisette
Nos humains apaisés, de douceur se délectent...
J.G.
Vous voyez bien
l’écheveau
embroussaillé
qui nous relie aux autres
devient
fils d’or et d’argent
en ces allées
et venues
de jours immobiles
.................................
Martine Rouhart
Collection Robert Paul
Réédition des Six chansons de pauvre Homme suivi de Huit chansons reverdies, Ecrivains réunis, Armand Henneuse éditeur, Avec Préface de Norge.
Max Elskamp qui aimait la taille des incunables et l'écriture chinoise nous vient de ces temps, de ces lieux où le geste artisanal devait accomplir la figure d'un texte. Il habillait lui-même ses vers de lettrines et d'ornements qu'il creusait dans le buis, le poirier. Parfois il sculptait tout un poème. C'est ainsi que les mots de Max Elskamp ont appris un poids, un contour, une saveur qui se souviennent des sèves fruitières.
La plume court bien vite et les phrases de plume ont des caprices que la gouge refuse. Un mot cerné dans la tablette veut un effort, une fermeté où son pouvoir s'élabore avec ferveur. Il faut scruter et le verbe devient une matière.
Voici un Mallarmé de Flandre qui anime son azur de bois. Les formes de l'art populaire sensibles dans les vieilles images de Turnhout ou de Chartres si chères à Elskamp renaissent dans ses chansons traversées du même accent rustique.
Un homme simple, oui, si l'on entend que ce peut être de la façon la plus subtile. Un poète naïf oui, si l'on entend que certaine naïveté connaît mieux que la sagesse. Eh, non, Elskamp n'était ni simple ni candide: un artiste profond, un poète profond qui a choisi farouchement sa vie, sa mythologie, sa solitude. Car ce poète fut seul.
"Fuir, là-bas fuir", le grand inspiré du "Coup de Dés" donnait ce conseil. Et Max Elskamp a fui. C'est dire qu'il s'est donné tout entier à la poésie, lente, obstinée, recluse, - où l'élan de lucidité se recueille dans un langage aussi rigoureux que familier. Les bonnes gens des Métiers oeuvraient de la sorte..
Inventeur d'une langue française plus nue que le français -sorte de langue naturelle- que personne ne saurait manier après lui, il se fait entendre de chacun. L'oreille acquiesce tout de suite et le coeur ne peut être long à se rendre.
Nous savons que le poète entretint toute sa vie une longue dispute avec les dieux majeurs de l'inquiétude et du ravissement. Nous savons de quelle gravité passionnée il étreignait les vues de l'esprit. Mais il veut que dans son oeuvre apparaisse seulement la crête musicale de ces contemplations et que ce soit sous les traits de chansons tout unies. Fruits amers de l'incertitude ou grappes éclairées de joie, la main de tous les jours cueille et atteste. Une jubilation d'oiseau, un désespoir solaire, un vent de souvenir dans les agrès, ce feu de l'âtre qui fascine, car les flammes refont tous les visages aimés. Elskamp sait les retenir dans ses rythmes, il sait les durcir, dirai-je les sublimer, nous les proposer touchants, saisis dans leur sourire de stature et pénétrés cependant d'une humanité bouleversante. Mais la poésie ne se raconte pas.
Syllabes détachées dans une cadence aussi vivement en saillie que celle des complaintes, cette prosodie a trouvé "un ton". Peut-on penser à la frappe du marteau sur la cloche dans les carillons du Nord, la rime fixant à la fin de chaque vers son cadre bien fermé? Aucune torsion, nul enjambement; un éclat presque rigide, presque physique, mais quelle vibration émouvante sait le prolonger!
La poésie de Max Elskamp trop discrètement diffusée, n'a cessé cependant de susciter des admirations croissantes. Jean Cassou, Paul Eluard, Fr. de Miomandre, Aragon, Pierre Seghers, Fombeure, Follain sont parmi ceux qui la chérissent et déplorent son oubli. cette poésie a subi l'épreuve du temps sans perdre sa résonance. Au lendemain du symbolisme, elle définit dans une forme populaire qui continue la sensibilité du "romancero" français tout en le renouvelant, la primauté des grands sentiments élémentaires et l'avenutre inouïe d'être un homme. Elle avance à pas certains dans le monde intérieur. Elle exprime bien plus qu'elle ne raconte, reprenant ainsi à la musique son bien selon la suggestion de Verlaine. Sa modestie de parure laisse mieux connaître une grâce et une fraîcheur presque difficiles à croire, mais dont il est l'heure de s'aviser.
"Je vous salue, ma vie,
D'un peu d'éternité…"
Elskamp n'aura pas donné en vain cette salutations parfaite et notre temps la rendra bientôt à sa poésie toute vive à s'élever
Si haut qu'on peut monter.
Tous les billets marqués "Elskamp
Au travers des poèmes et des peintures,
Robert Paul, fondateur du Réseau Arts et lettres,
nous invite à partager nos plus beaux souvenirs...
"Nostalgie"
60cm x 90cm
Acrylique sur toile
Magnifique maison de la place d'Ohain qui est devenue communale, et à chacun de mes retours, je retrouve l'élégance de nos architectures. Un petit village où chaque champ, chaque ruisseau me rappelle mon enfance, quand nous jouions dans les bois, jusqu'au soir tombant..l'atmosphère romantique de feu de bois qui craque en hiver, de mes premiers amours, de toute ma jeunesse...Une partie de moi entière..
Et bien que mon chien m'attende impatiemment, je profite toujours de ces derniers instants, une bouffée d'air chargée de souvenirs et de bonheurs avant de repartir vers mes lointains horizons.
Ah qu'il fait bon d'y revenir !
Rien que le silence
Le silence est un pas de
danse, resté en altitude,
dans la lumière ;
une rose endormie sur le
bord d'une route en août ;
un nuage de soleil
dans une tête d'enfant ;
Une pluie diluvienne sur les
Champs Elysées en mars,
alors que nous la contemplons,
dans un café feutré et chaud ;
Le corps de cet autre très vivant,
dont l'on se souviens encore
une décennie après, que l'on a étreint,
aimé tout en secret ;
Le rire d'une enfance en soi,
qui n'est plus là, alors que je suis coincée
dans une rame de métro à 18H ;
Une rose qui grandit, qui pousse dans un
square parisien bourdonnant d'enfants
et de mères, de jeunes filles au pair ;
Le premier métro dès l'aube sonnée,
les couloirs désertés ;
Un chagrin lorsqu'il est tu, en pleine fête,
qu'il nous ensilence,
nous mord bien trop fort ;
La brume toute étendue sur le Seine
endormie bien avant l'aube ;
Une main qui nous caresse, nous
effleure, dans une nuit bruissante ;
Le premier mot que l'on apprend,
si seul et si grand, "maman" bien avant
tous les autres, une île déjà en soi ;
Puis ......... la nostalgie lorsqu'elle nous
enveloppe, à n'importe quelle heure,
n'importe où, que l'on garde pour soi.
C'est cette musique là !
Un partenariat
Arts
Lettres
La Vierge assise avec l’Enfant et le petit saint Jean-Baptiste
Dessin préparatoire pour La Belle Jardinière,
un chef-d’œuvre exposé au Louvre.
Inutile de vous présenter Raffaello Sanzio (1483-1520), il est un des artistes les plus célèbres de la Renaissance italienne, de la Sainte-Trinité de Vinci, Michel-Ange, Raphaël. Laissez-vous simplement guider par la main du Maître dont on fête cette année le cinq centième anniversaire de la disparition.
Tout paraît en effet si simple, si évident, il est si doué. Il a tout compris, tout assimilé, tout est allé si vite, mort si jeune, à 37 ans tout juste, il a tant produit…
Alors juste s’attarder sur son trait, avec en contre-point quelques tableaux, dont les trois conservés, véritable trésor, par le musée Condé de Chantilly (Oise). Et comme une exceptionnelle exposition, la seule organisée en France à cette occasion, lui est consacrée jusqu’au 20 août 2020, profitons-en…
Un ange passe…
Trois études d’un ange volant.
Sanguine
Grâce (grazia) et équilibre.
Tel pourrait se qualifier le style de ce maître de la Renaissance italienne. Et le cabinet d’art graphique du château de Chantilly où ces dessins sont réunis nous donne l’occasion de flâner.
Aussi, comme je l’ai dit, je ne m’attarderai pas sur sa biographie, pas davantage sur l’œuvre peinte, sa technique… Non, juste rêver en sa compagnie.
« La Nature l’offrit au monde : déjà vaincue par l’art de Michel-Ange,
elle voulut l’être à la fois par l’art et la bonne grâce avec Raphaël. »,
Giorgio Vasari (1511, 1574)
Madone d’humilité couronnée par deux anges
Divine harmonie.
Ces dessins c’est la genèse de l’œuvre. Action et réflexion. Une plongée dans l’esprit, dans l’intimité du peintre. Un moment de création partagé, au-delà du temps, de l’espace, dans le langage universel. Une connivence s’installe dans la pénombre propice, comme lorsqu’on vous chuchote un secret à l’oreille. Moment rare, privilégié, ces dessins ne sont jamais exposés, ils restent dans l’ombre, les cartons, à l’abri.
Etude pour Dispute du Saint-Sacrement
La Dispute (au sens de discussion) est la première des grandes fresques
qu’il exécuta pour le pape Jules II à Rome.
La Dispute du Saint-Sacrement
Détail : partie inférieure gauche
Chambre de la Signature du Vatican.
Etude pour le Banquet des dieux aux noces d’Amour et Psyché
(Les Heures jetant des fleurs)
Sanguine
Suprême élégance, dolce maniera.
Nous avons là des études, Raphaël préparant notamment ses fresques, elles serviront de modèles aux nombreux aides qui les exécuteront sous l’œil aguerri du maître.
Homme à demi drapé portant un fardeau
Etude préparatoire à la sanguine pour L’Incendie de Borgo
L’Incendie de Borgo
Chambre de l’Incendie de Borgo (Vatican)
Où l’on retrouve notre figure en bas à gauche de la fresque.
Deux fragments d’un grand carton préparatoire pour une fresque inconnue…
Deux enfants nus montés sur des sangliers et jouant à la lance
Fragment d’un grand carton pour une fresque perdue
(ca 1502)
Deux enfants nus montés sur des sangliers et jouant à la lance
Raphaël, d’une grande culture picturale et s’intéressant aux artistes de son temps, s’inspire ici pour le sanglier d’une gravure de Dürer.
Fragment d’un grand carton pour une fresque perdue
(ca 1502)
Ib. : Deux enfants nus montés sur des sangliers et jouant à la lance
Le maître d’Urbino connaissait aussi bien les artistes de Florence, Rome ou Venise, mais aussi ceux d’Europe du Nord, ici il emprunte une figure à Dürer,
là à Van Eyck…
Détail
La Vierge de la maison d’Orléans (1506)
(Musée Condé, Chantilly)
La nature morte (non visible sur la photo) derrière la figure de la Vierge
est un hommage rendu à Van Eyck,
une image tirée de son Saint Jérôme.
La culture, l’iconographie se diffusent…
Jeune moine, vu de face, lisant un livre
Raphaël aussi étudiait beaucoup.
Mais je ne saurai vous laisser sans présenter les trois tableaux de Raphaël que possède le musée Condé, réputé être en France le plus riche après celui du Louvre.
A commencer par le plus célèbre, modèle de grâce et d’équilibre justement…
Une renommée qui n’a cessé d’être reproduite, inspirant les artistes les plus divers.
Hélie Poncet ( ?-1667)
Les Trois Grâces
Email de Limoges
(Musée national de la Renaissance, Ecouen)
La Madone de Lorette (ca 1510)
Saint Joseph regarde la Vierge
qui couvre l’Enfant Jésus comme d’un linceul…
J’ai voulu ne sélectionner que des œuvres autographes de Raphaël, mais vous découvrirez dans cette exposition d’autres dessins de son entourage, maître ou condisciple (Pietro di Cristoforo Vannucci, dit Le Pérugin ; Bernardino di Betto, dit Pinturicchio) et élèves ou collaborateurs (Piero di Giovanni Bonaccorsi, dit Perino del Vaga ; Polidoro Caldara, Polidoro da Caravaggio ; Giulio di Pietro di Filippo de Gianuzzi, dit Giulio Pippi ou Giulio Romano ou, pour les francophones, Jules Romain).
Ces dessins, outre leur fragilité et quelques prêts, ne quittent jamais le château, le duc d’Aumale qui légua l’ensemble du domaine de Chantilly à la Fondation de France laissa des dispositions testamentaires strictes en ce sens.
D’autres œuvres ne sont jamais montrées au public au-dehors du lieu où elles sont fixées, ce sont les fresques, j’aurai le plaisir de vous en présenter quelques-unes parmi les plus fameuses…
Pour patienter, une dernière œuvre de Raphaël que vous ne risquez pas de voir, sinon…
Le jugement de Pâris, 1562
Léonard Limosin (ca 1505-1576)
Email de Limoges
(Musée national de la Renaissance, Ecouen)
D’après une gravure de Marc-Antoine Raimondi
exécutée d’après un tableau perdu de Raphaël.
Et comme le château d’Ecouen, où est installé le
Musée national de la Renaissance,
n’est qu’à 20 kms de celui de Chantilly,
libre à vous de poursuivre la promenade.
Si en plus vous voulez trouver un peu de fraîcheur
dans un havre de paix et de culture…
Michel Lansardière (texte et photos)
Une précieuse et attachante bibliographie nous confiée par l'auteur
DÉFORMATIONS FORMELLES : LE PRISME DE JOEL JABBOUR
Du 06-09 au 29-09-19, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken, 83, 1000 Bruxelles) a organisé une exposition autour du photographe belge, Monsieur JOEL JABBOUR, intitulée : FRESQUES ET FRASQUES.
FRESQUES ET FRASQUES! Voilà un titre au contrepoint musical! L’artiste y ajoute, de surcroît, FRESQUES SYMBOLIQUES. Que n’a-t-il pas opté pour FRESQUES SYMPHONIQUES, voire STÉRÉOPHONIQUES! Tellement la composition musicale est présente dans le rendu graphique. L’artiste, issu du cinéma, a assuré la direction artistique d’un film entièrement composé d’images fixes. Ces images sont, dans la genèse de leur technique, issues du cinéma fantastique et psychédélique des années ’60. Il s’agissait d’un cinéma qui obtenait ses effets visuels par le biais de prismes divers placés sur l’objectif de la caméra. Mais ici, même si la technique peut s’apparenter à celle évoquée, il en est tout à fait autrement, puisqu’il s’agit de réalisations régies par une mathématique efficace. Il y a une forme d’abstraction personnelle dans le rendu graphique, en ce sens que le sujet est géométriquement démultiplié pour se déployer sur tout l’espace. Mais parallèlement à cela, s’amorce un côté « carré », presque rationnel dans ce qu’il serait convenu de qualifier d’ « irrationalité du propos ». Le cadre s’inscrit dans l’univers architectural sorti du carcan de la ville, en l’occurrence, Bruxelles. Si l’architecture est reine c’est parce qu’il y a surtout un sens immense du volume à l’intérieur du cadrage. Tel édifice, « monstrueux » dans sa réalité plastique devient, une fois photographié, une sorte de vaisseau flottant dans les airs. L’artiste superpose des images d’édifices de façon à les déformer jusqu’à les rendre antithétiques. Cette opposition fait de sorte que le sujet architectural démultiplié se « soulève », conférant une musique carrément stéréophonique à l’image.
Par le biais du traitement photographique, la structure architecturale est mise en exergue dans une recherche soignée apportée au volume ainsi qu’à la lumière, composant le rendu plastique.
L’édifice vire carrément de direction, en ce sens qu’il effectue, via l’approche photographique, un changement conceptuel de l’architecture : de son identité « contemporaine », elle devient « futuriste » précisément dans le sens cinématographique du terme.
Très souvent, il s’agit de plans en contre-plongée, mettant en relief la structure architecturale soutenue par la voûte céleste jouant son rôle (pictural) d’englobeur de l’espace, à l’instar d’une peinture plafonnante. Il ne s’agit pas d’images simplement kaléidoscopiques mais bien de l’expression vivante d’une pensée visuelle interrogeant l’espace. L’artiste vise le but d’aborder l’esthétique d’une déstructuration pensée du volume architectural prise isolément par rapport au contexte urbanistique. Le sujet représenté n’existe plus que par lui-même. Cette autonomie est soutenue par la mise en exergue de l’élément décoratif, offrant au visiteur le sentiment esthétique d’admirer le vitrail chatoyant d’une église. Car pris isolément, le décor devient « baroque » (dans le sens positif du terme), en ce sens qu’il s’isole du contexte pour n’exister que par sa seule intériorité. Nous rejoignons là une forme de futurisme cinématographique, en ce sens que l’élément isolé et démultiplié dans l’espace, se dilate pour appréhender une forme rappelant l’esthétique de la science-fiction. Songez aux images de soucoupes volantes prises de nuit, en contre-plongée se déployant dans le ciel. Néanmoins, contrairement aux apparences, l’artiste, même s’il a évolué au sein de la sphère cinématographique, s’est en quelque sorte affranchi de son passé, en ce sens que l’utilisation de la contre-plongée n’est pas avatar de cette époque. Elle n’existe que pour mieux enserrer le sujet dans l’espace en exploitant toutes les possibilités offertes par le cadre. Le décor n’est là que pour faire ressortir essentiellement sa fonctionnalité plastique plus que pour mettre en exergue sa présence décorative. En ce sens, il y a fort à parier que l’artiste dépasse de très loin les intentions premières de l’architecte pour qui l’objet n’était qu’ornemental.
JOEL JABBOUR va très loin dans son œuvre, en ce sens qu’il laisse au visiteur le soin de prolonger le récit photographique par son imaginaire. A’ titre d’exemple, concernant SEE YOU WITH A SMILE, un enfant lui avait fait remarquer, amusé, que l’édifice du haut superposé à celui d’en bas, portait en son milieu une fente triangulaire semblable à un sourire. Si, à notre tour, nous laissions libre cours à notre imaginaire, nous pourrions même aller plus loin en considérant les deux extrémités en demi-sphère comme étant des oreilles déployées.Et interpréter la flèche reposant sur le socle comme étant un chapeau. Nous aurions donc l’image d’un bonhomme souriant.
SEE YOU WITH A SMILE
Remarquons également le respect carrément scrupuleux que l’artiste accorde à l’espace. Tous les points de correspondance sont parfaitement remplis par le sujet. Rien ne déborde du cadre. Tout est parfaitement ramassé.
Les œuvres exposées sont une volonté d’intégrer différents éléments constitutifs de la ville : bâtiments, problèmes spatiaux et végétation. Le tout intégré dans un univers plastique et mathématique conduisant à l’harmonie et se terminant dans la beauté, aussi tangible qu’abstraite.
UN RASSEMBLEMENT GLORIEUX
Cette oeuvre s’inscrit dans une contre-plongée faisant coïncider divers détails tels que les drapeaux, l’enseigne décorative en métal s’enserrant dans une armature architecturale retournée. L’on pourrait presque parler de « cubisme abstrait ».
C'EST COMME UN MIRAGE
constitue un exemple de plan rappelant certains films fantastiques ou psychédéliques des années ’60.
PARLEMENT EN SOUCOUPE VOLANTE
marie architecture et végétation dans l’effet pyramidal coupé en son milieu par les branches déployées d’un arbre, englobant intégralement l’espace vers le haut de la composition.
JOEL JABBOUR est le créateur d’une œuvre foisonnant de symboles tels que la ville, l’édifice (administratif), le décor, le ciel et l’arbre.
LA VILLE
Bien qu’elle fut, de multiples façons présente, parmi les sujets traités par l’Histoire de l’Art occidental, la ville trouve son autonomie de façon tardive. Ce n’est que vers le milieu du 19ème siècle avec la peinture impressionniste que la ville (voire certaines de ses composantes) devient un « sujet » à part entière. Cela s’explique par l’affirmation toujours plus croissante de la bourgeoisie ainsi que par la montée de la société industrielle, entraînant un développement du paysage urbain. En France, le 19ème siècle voit le triomphe de l’aménagement haussmannien. L’impressionnisme aime tant la ville que le paysage champêtre car elle a permis au peintre de sortir de son atelier pour se confronter à un autre type de lumière. Plus tard, le cinéma s’est intéressé à la ville, soit en tant que sujet expérimental dans des œuvres telles que IMPRESSIONS DU VIEUX PORT DE MARESEILLE de Laszlo Moholy-Nagy (1929), soit en tant que personnage fictionnel. Que l’on se souvienne de THE NAKED CITY (LA CITÉ SANS VOILES) de Jules Dassin (1948).
Un dénominateur commun unit ces deux exemples, à savoir la dimension politique de la ville dans son conditionnement sur l’individu.
Dans la dernière interview que Jules Dassin donna de son vivant, ce dernier affirmait que filmer une ville signifie poser un acte politique par excellence.
La photographie n’est pas en reste. Photographier une ville s’avère être également un acte politique. Mais au-delà de cet acte, elle s’impose dans une transformation artistique radicale du sujet. Car par le biais du cadre et du plan, le photographe la recrée à son image.
JOEL JABBOUR en fait un univers lumineux où le verre et l’acier se mêlent dans le prisme féerique de l’objectif. Une image est née : celle de la ville imaginaire.
L’EDIFICE
La spécificité du bâtiment photographié réside dans le fait qu’il s’agit de l’édifice administratif renfermant en son sein les tensions politiques européennes contemporaines, à savoir le siège de l’U.E. Le bâtiment est conçu dans son cadrage de façon plongeante. L'Europe est représentée en Allégorie, brandissant fièrement l'emblème de l'Euro.
VERS LE LUXEMBOURG
LE DÉCOR
Tout en mettant le contexte en évidence, sa présence acquiert une autonomie de fait. Son présence ne rivalise aucunement avec le sujet exposé. Elle sert de plus-value esthétique à son existence.
LE CIEL
Il renoue, dans son vocabulaire contemporain, avec la peinture de la Renaissance, en ce sens qu’il « englobe » le sujet au sein d’une voûte sacrée, en lui conférant une dimension intemporelle. Une légère touche « surréaliste » baigne la composition dans ce ciel limpide, presque sans nuages lequel, malgré la majesté de l’appareil cyclopéen, enveloppe l’ensemble d’une pleine sérénité.
L’ARBRE
Dans ce contexte, quoique transfigurée, la dimension écologique est représentée comme un élément consubstantiel à l’architecture.
Elle enrobe, voire enlace l’édifice suspendu dans le ciel. L’arbre devient, de par ses branches déployées, les racines dilatées de l’édifice, comme pour chercher quelque ancrage au sein du vide.
JOEL JABBOUR, de par son cadrage photographique savant, s’apparente ne fût-ce que dans l’esprit, au créateur d’une forme de « dadaïsme contemporain ». Notons que si l’ensemble des édifices photographiés appartiennent à l’architecture contemporaine, celle-ci n’est en rien un « must » déterminant ses choix. Il pourrait, comme il le précise, adapter son esthétique à une maison victorienne.
Ceci précisé, il n’entretient aucun rapport particulier avec l’architecture. L’édifice en élévation résulte d’une expérience plastique. La géométrie identifiant son esthétique est synonyme d’un rapport ludique qu’il entretient avec le sujet. A’ la vue de ces œuvres, la question que le visiteur pourrait se poser est la suivante : avec quel type d’appareil photographique l’artiste réalise-t-il ses compositions? Ce dernier crée ses clichés avec tous les appareils disponibles. Sa palette va du gsm au vieil Olympus (acheté dans une brocante). Ce qui compte c’est essentiellement la stabilité de la caméra car c’est à partir de celle-ci qu’il adopte les différents cadrages. Il n’hésite pas à cadrer un même édifice sous plusieurs angles. L’artiste compose ses photographies sur support numérique. Mû par une grande honnêteté professionnelle et intellectuelle, il ne retouche jamais ses créations.
JOEL JABBOUR met en scène de façon souvent humoristique, une architecture prise au centre de son problème existentiel. Car, en dernière analyse, contrairement à ce que pourrait suggérer le titre de cette exposition, il ne s’agit nullement de « fresque et frasques » mais bien d’un hymne visuel à la beauté complexe de l’architecture prise dans une interrogation qui nous dépasse.
N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste JOEL JABBOUR et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
Photo de l'exposition de l'artiste JOEL JABBOUR à l'ESPACE ART GALLERY
Plein été
Aquarelle sur papier yupo
Fleurs imaginaires
50x70
Les fleurs-oiseaux
Venez au rendez-vous
De ces fleurs gracieuses,
Aux ailes-pétales rondes
Qui dansent dans la corole
Neigeotant, généreuses,
Leur parfum sur le monde.
Venez au rendez-vous
D’oiseaux captifs sur tiges,
Fines, longilignes, légères,
Aux plumages bariolés
Oiseaux muets, figés
Dans un lambeau de terre
Perdu dans une forêt.
On les connaît à peine
Ces fleurs modestes sans nom ;
Accélérez le pas,
Dépêchez le regard,
Demain elles périront…
11. 07. 2011
Fleurs de pommier
Je veux des champs de fleurs
Je veux des jours roses et bleus
des lumières qui dansent la nuit
des jardins à perte de vue
des champs de fleurs dans le coeur
la tendresse des hommes
et la douceur des bêtes
Je voudrais remplacer
toutes les perles de verre
de nos peines
par les éclats cristallins
de rires d'enfants
La cueillette
Peinture à l'huile
Bois de Hal
Les pivoines
Huile sur toile
Quelques fleurs
Fleurs du confinement
Parfum de liberté
Eté Jaune soleil
Bouquet de l'Espoir
L'Espérance d'un été serein après ce douloureux printemps que nous sommes toutes et tous amenés à vivre confinés, dans la crainte pour nos proches mais aussi très tristes devant le nombre de plus en plus élevé de victime.
J'ai créé ce bouquet pour donner un peu d'Espoir et de couleurs. Prenez toutes et tous bien soin de vous.
Un partenariat
Arts
Lettres
Face à un réel illusoire
Soudain les mots sont dérisoires!
On se fait l'effet de pantins
Qui avancent sans croire en demain...
Ne pas crier son désespoir
Mais bien qu'on veuille encore y croire...
Faudra assumer le déclin
Pourvu qu'on puisse serrer une main!
Certes, besoin d'imagination
Pour aider à garder raison!
Et l'ironie de développer
Une nouvelle façon de rêver...
L'Arbre, mon Ami, m'inspire chaque Jour ...
C'est un ami qui ne me quittera jamais,
Bien mis sur ses jambes tout au fond du jardin,
Il m'annonce les débuts et fins des étés,
Défile, lors des saisons, tel un mannequin !
En hiver, se pare parfois d'un blanc manteau,
Et quand le soir la lune froide l'éclaire,
Des milliers d'étoiles sur un divin traîneau
Fleurissent sa cime de tendres chimères.
Par la vitre froide aux perles d'acanthe,
Les blanches poussières chassées par le vent
Dévoilent soudain une robe chantante
Aux gais refrains reverdis d'un nouveau printemps.
Mon arbre est peintre aux multiples couleurs,
L'automne le vêt du costume d'arlequin.
Et quand à l'été viennent les lourdes chaleurs
Il habille le monde de trois fois rien !
Vers mon destin
Arbre solitaire
L'arbre vénusien
Arbre solitaire
Solitaire...
Auprès de mon arbre
Fleurs d'églantier
Le vieux châtaignier
Le bruissement de la vie
Sous la brise du feuillage des platanes,
Quand souffle le tendre ramage virginal,
Sous le préau, où de vertes feuilles planent,
Les enfants y chahutent sans le moindre mal.
Sous la brise du feuillage des marronniers,
Quand vite s'engouffre le doux vent de l'été,
Derrière des murs aux cartables rainurés,
Des coeurs déjà y brûlent pour l'éternité.
Sous la brise du feuillage des châtaigniers,
Quand s'engouffre le doux vent de la liberté,
Parmi les glaneurs, tels une grande armée,
De prétendus seigneurs s'échangent des baisers.
Sous la brise des saules de la rivière,
Quand se met à souffler le doux air de l'espoir,
Des songes disent des phrases coutumières,
Lors, aux amants liés à de nobles devoirs.
Puis les feuilles ont jauni sur les platanes,
Venue la froide bise de l'automne.
Des enfants grandis bataillent et chicanent
Sous des préaux jonchés de couleurs ocre-jaunes.
Arbre en Hiver
Automne regrettée
Un arbre en hiver
Arbres de vie et de légende
Arbres de rêves.
J'ai aimé les rencontrer
Les photographier lors de mes voyages.
Élément noble s'il en est un,
Il faut prendre soin de lui
Comme il le fait de nous...
Merci à tous pour votre participation.
Un merci tout particulier à Gilbert.
Un partenariat
Arts
Lettres
Je ne désire pas
être ailleurs qu’ici
à l’intérieur
de ce jardin
qui s’éveille
dans une inspiration
de poète
aux battements
du jour
..................................
Martine Rouhart
Avez-vous déjà envisagé de lire « Le Petit Prince » de Saint-Exupéry … en brussels vloms ?
Aujourd’hui, c’est possible, grâce aux éditions Tintenfass, au CROMBEL / micRomania (*), et à la traduction de Jean-Jacques De Gheyndt.
« Le Petit Prince », alliance de charme, de poésie et de profondeur humaniste, connu dans le monde entier, fait l’objet d’une incroyable collection de traductions ; le catalogue, tous éditeurs confondus, dépasse les 300 variantes !
En ces temps de confinement, le message central du « Petit Prince » prend toute son ampleur : l’amitié, l’amour, l’humain, le moment partagé sont plus importants que l’argent, le pouvoir et l’obéissance sans réflexion. Un message fondamental que l’on relaie aujourd’hui et que l’on oubliera peut-être un peu vite par après.
La poésie de St-Exupéry alliée à la zwanze bruxelloise !
Chapitre 1
As ek min of mier zes joêr aad was, veel ‘k op nen dag op e schuun billeke, in den boek “Echte Veroêle”: da goenk ouver et oorwoud, allei la forêt vierge vè de puriste, en da billeke tundege nen boa constrictor dee ‘n wulle biest on ‘t inslikke was. Da zag er à peu près zu ôit.
En er stond geschreive: “Den boa constrictor slikt zaainen diner giel binne, zonder zëlfs iene ki te knabbele. Après ça kan em ne mi boezjeire en moot ‘m al sloêpend verteire, zes moind on e stuk”. ‘k Em er nog dikkes op gepaaisd op dat avontuur in de jungle, en mè ne krejong (ne kluirekrejong) main ieste tiekeningske gemokt:
Ik tundege da pronkstuk on gruute mense en vreeg uilen of da z’er schrik van aan.
z’Antwoudege: “Woeroem zoê‘k na benaat moote zaain va nen ood?”
Mo maainen desseng, da was gienen ood… mo wel nen boa constrictor dee nen oulefant on t’ verteire was! Dan emmek mo ‘t binnenste van daan boa geteikend, vè da de gruute mense da zon kunne verstoên; ge moet uile ècht alles explikeire! Main twidde tiekening was dus:
‘t Ienegst encouragement da’k kreig was va ma te zegge da’k main dessengskes van boas, vanbinnen of vanbôite, mocht loête valle, en da’k ma beiter zoê occupeire mè géographie, gescheedenis, calcul en toêle! Kunt et geluuve? Oem zes joêr was maain carrièreas artist al no de vontsjes! Tiekening nummero 1 en nummero 2, da was vè uile krot en compagnie. De gruute mense, dee verstoên naa toch echt nikske, newo; kadeie mooten uilen altaaid alles en vanêr mo ôitleggen en erôitlegge, en da’s fatigant…
‘k Zaain dan mo nen anderen avenir goên zeuke: ik ben pilote de ligne gewëdde. Zu zaain ek wat ouveral goên vleege, en géographie dat ei ma wel vuil gëlpe: ‘t verschil kunne moêke tusse Cheena en Arizona, da was ketsjespel vè mai, en da kan goo va pas kommen as ge verloore lupt in de doenkere. En zu emmek dan van alle serieuze mense liere kenne. ‘k Em langen taaid tusse volwassene mense geleifd en vuil importante zoêkes van uile gelied. Mo zegge da’k z’interessant vond, da’s wat anders!
A’k er ienen teigekwam dee d’er wa minder stoem ôitzag as Monsieur Toulmonde, tundege ‘k em main ieste tiekening, da‘k altaaid op zak aa. Ik waa weite of da daan gust da zoê kunne verstoên. Mo ‘k en aa nuut gien sjâns, ‘t was altaaid ‘t zëlfde leeke: “Awel, da’s toch nen ood!”. Dan leet ek et mo leever valle, main istourekes ouver boas constrictors, jungleof steire. Ik sprak dan nog allien ouver bridge, golf, poleteek of cravatte. En daan gruute mens vond ‘t presees tof mè zu ne verstandege kadei as ‘k ik, te kunne raisonneire.
Chapitre 21
“Bonjour, zaa de vos.
– Bonjour, zaa de Klaaine Prins beleifd. Ei drôiden em oem mo zag niks.
– Ee ben ‘k, onder den appelêr, zaa de stem.
– Wee zaaije gaa? vreeg le Petit Prince. Ge zeet er zu magnefeek ôit...
– Ik zaain ne vos, zaa de vos.
– Komde mè maai mei speile? proposeidege de Klaaine Prins, ik veul ma zu tristeg...
– Oe kan ek ik naa meispeile, zaa de vos? Ik zaain ni gapprivoiseid.
– Oh, pardon”, zaa de Klaaine Prins.
Mo ei erpakten em:
“Wa betiekend da «gapprivoiseid»?
– Gaai komt ee presees ni van achter ‘t krôispunt, zaa de vos; wa zukt ee?
– Ik probeir mense te vinne, zaa de Klaaine Prins. Wa betiekend da «gapprivoiseid»?
– De mense, zaa de vos, dee emme geweire en ze joêge. Da’s vriedeg ambetant! Z’emmen uuk keekene; da’s ‘t ienegsten interessant bè uile. Zeie gaai uuk op zeuk no kikskes?
– Neie, zaa de Klaaine Prins. Ik zaain op zeuk no kameroête. Wa betiekend da «gapprivoiseid»?
– Da’s en al lang vergeite woud, explikeidege de vos. Da betiekent «ne link creëre».
– Ne link creëre...?
– Exactement, zaa de vos. Gaai zaai vè maai mo ne klaaine ket, zjust gelak al d’andere kadeie. En ik em aa ni vandoon. En ik zaain, vè aa, nen duudgewuune vos gelak er deuzende rondluupe. Mo as ge ma apprivoiseit, dan kunne me ne mi den iene zonder den andere. Dan wëdde gaa, vè maa, unique op de weireld en ikke, unique vè aa...
– Ik paais da’k et vast em, zaa de Klaaine Prins. Doê es ’n bloem dee ma serieus gapprivoiseid moot emme...
– Da kan, zaa de vos. Ge zee vanalles op de weireld den dag va vandoêg...
– Oh, mo da’s ee ni, ni op d’Eirde” zaa de Klaaine Prins.
De vos bezag mè boluuge:
“Op ‘n ander planeit?
– Juste!
– Zaain er doê uuk chasseurs, op dei planeit?
– Neie.
– Da’s tof! En kikskes?
– Uuk ni.
– Lap, ‘k em weial praais”, zuchtte de vos.
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Disponible à partir de fin juin 2020, chez l’auteur: jjdgh01@live.com - www.science-zwanze.be
Peut-être n’a-t-il pas trouvé un sens à l’existence
Cet homme, à l’âge de son dernier bail, jour après jour
Du côté abandon de prétendues reconnaissances
Tant contraint à un tout à distance et aux indifférences
Cet homme, de mille faits inconnus pour le faire court
Il y a longtemps de ça, il fut large à l’espérance
Comme une grande maison et un jardin tout autour
Par présences pénétrantes de tout fait de romance
De toute son enfance, il était oracle de la confiance
Des racines et des ailes pour former tous les discours
Peut-être n’avait-il pas compris ce que le temps emporte
Cet homme, comme ci, comme ça, d’un bonjour ou pas
L’on ne choisit ni ce que l’on est, ni ce que l’on porte
De ses besoins et de ses envies, qui donc s’y rapporte
Cet homme, de combien de contradictions et de pourquoi
Il y a longtemps, cause pour cause, tant opportunes
Il s’enseigna à naître d’une amour d’Elle pour toute foi
Le monde en fut changé, palpitant de primes fortunes
De ses dix-sept ans, il était élan et sans peur aucune
Elle, lui serait si loin, Elle lui resterait si là
Peut-être croirez-vous l’apercevoir, digne ou indigne
Cet homme n’a rien à marchander, rien à faire savoir
Clandestin parce que ni héros, ni déclaré victime
Néanmoins suspect parce que tous les paradigmes
De la planète des fous, et des corruptions de pouvoirs
Pourtant, tant d’années, il fut ainsi de même constance
A tenir parole, chose promise, chose due
A se refuser tout abattement, il était résistance
Aux insultes à la raison, aux usages de violences
Sans rien d’une retenue, même à la déconvenue
Peut-être a-t-il trop perdu, faute aux choses incomprises
Cet homme en ce désir toujours d’encore les passions
L’esprit des éventails, des retrouvailles qui se grisent
Enamourées, ponctuées à leurs marges, l’expertise
Des sentiments à nu, comme jamais il n’en fut question
Est-il utile d’en dire plus ? N’écris qu’à l’énigme
Chacun l’est, à l’effet des horloges et des miroirs
De cet homme, ni par pitié ni pour qu’on le désigne
Au pourquoi, comment, à quand il aurait été sublime
Plus d’une fois vulnérable, il plia tout savoir
Peut-être serait-il l’effeuillée de toutes les coutumes
Que ce soit en saison ou à déraison des séductions,
Cet homme, en souvenance, il déplace ce qu’il assume
Il dit comme on ne dit pas, ce qu’on peut avoir d’amertume
De la nostalgie, il augmente ses élucubrations
Pour ses dernières années, lui sera-t-il permis d’être
Encore et encore, vivant, quand bien même les chocs
L’équilibre précaire pour ce que l’on peut se permettre
Pour son dernier bail, qui sera-t-il, mais ici je m’arrête
Mourir, ne pas mourir ainsi nous n’irons jamais loin
© Gil DEF - N° 874 / 14.05.2020
LES COULEURS DE L’HUMAIN DANS L’ŒUVRE DE FERNANDO FERREIRA
Du 05-04 au 28-04-19, l’ESPACE ART GALLERY a eu le plaisir de vous présenter une exposition consacrée au peintre portugais, Monsieur FERNANDO FERREIRA dit FERNANDO, intitulée : COMPLICITÉ.
COMPLICITÉ est, selon l’artiste, un prétexte à mettre en exergue le sujet. Le sujet en question étant l’Autre dans son humanité. Mais, d’emblée, un halo féerique, à savoir un brouillard, apparaît. Un brouillard volontairement posé, exhalant une opacité lumineuse résultant d’un travail sur le clair-obscur, enveloppe l’atmosphère tant intérieure qu’extérieure de la scène. L’œuvre s’inscrit donc comme une philosophie du sujet. Qu’elle soit nocturne ou diurne, l’atmosphère des toiles est soumise à la lumière. Et c’est précisément cette lumière à rendre le sujet vivant. Sa présence détermine celle de tous les personnages. Chacun répondant à l’autre. Cette alchimie des couleurs de laquelle émerge la lumière, permet au chromatisme de structurer plastiquement les personnages à l’intérieur de leur élément. A’ partir d’un visage généralement conçu en brun, les vêtements soulignent par leur couleur chaque partie du corps des personnages. Dès lors, la couleur devient l’architecture de la forme. Cette fonction structurante s’applique à la fois aux personnages ainsi qu’au décor. Il est à remarquer que les intérieurs sont conçus comme des paysages. A’ un point tel que la lumière surgit de partout, sans source précise, du bas comme du haut. Concernant les représentations intérieures, la fenêtre par sa dimension massive, soulignée par un puissant brun-foncé, joue un rôle déterminant pour le cadrage de l’espace. La lumière qui y rentre crée un univers translucide faisant office d’écran, séparant l’intérieur de l‘extérieur. Au-delà de l’impact des couleurs, leur réception fait que le visiteur est comme emporté par la féerie qu’elles dégagent, au point qu’il devient incrédule quant au fait de savoir s’il s’agit d’une atmosphère nocturne ou diurne. La nuit peinte par l’artiste est tellement chatoyante avec ses éclats de jaune vif qui explosent à l’arrière-plan qu’ils laissent une trainée dorée se profilant par le bas à droite, illuminant le sol.
LA PARADE (85 x 8O cm-huile sur toile)
Le joueur de trompette ainsi que le tromboniste et le petit personnage en costume d’Arlequin, forment à eux trois une variante chromatique qui capture le regard : le costume à dominante rouge du trompettiste, le bleu-nuit du joueur de trombone et le costume en damier multicolore du petit personnage, assurent à l’avant-plan la dynamique narrative voulue pour immerger le visiteur à l’intérieur de la nuit féerique. L’atmosphère nocturne est essentiellement composée de deux éléments (faussement) antagonistes, à savoir la lumière et l’obscurité. La lumière étant le fruit de la couleur et l’obscurité étant réfléchie par les façades sombres (en brun-clair pour adoucir le contraste) ainsi que par le quartier de ciel bleu opaque qui rappelle encore le jour. Comme nous l’avons spécifié plus haut, l’artiste travaille les intérieurs comme l’on travaille un paysage.
PARTIE DE BILLARD (64 x 54 cm-huile sur toile)
Cette oeuvre se scande sur deux plans :
1) partant du bord de la toile vers le milieu du tableau nous avons le billard imposant et massif.
2) à partir du milieu du tableau vers la fenêtre, incluant les clients au comptoir.
Entre les deux plans, l’espace est totalement vide. Concentrons-nous sur le rôle que joue la fenêtre dans la composition. Elle est séparée en deux parties par le châssis en bois, peint en brun-foncé pour accentuer le volume. Ce châssis massif est essentiel à la mathématique de l’œuvre. Nous le retrouvons, assumant la fonction de ligne de force, dans d’autres toiles comme un trait propre à l’artiste car il est indissociable de la façon dont il gère la perspective. Celle-ci règne en maîtresse : la fenêtre, forcément plus petite par rapport au billard parce que plus éloignée. Cette sorte de « grand angle », tout en gardant sa spécificité picturale, restitue le sentiment d’une prise de vue à l’objectif car, partant de l’arrière-plan pour atteindre le bord du tableau, là où le billard prend naissance dans sa forme, tout s’étale et s’étire à partir d’un éloignement progressif.
Couleurs, armature du billard (brun-foncé), circonscrivent le tapis de couleur verte, lequel ressort comme un élément formel, indépendant, néanmoins constitutif de la composition dans sa totalité.
Soulignons également le rôle joué par l’opacité que rejettent les vitres par le biais de fortes touches blanches. Elles font office d’un écran donnant sur le vide.
La dialectique de la fenêtre-écran se retrouve dans MOMENT PRÉSENT (81 x 75 cm-huile sur toile), laissant transparaître des silhouettes éparses vivant ce moment présent à l’extérieur du lieu.
La présence de ce moment pictural est divisée en deux temps : un temps intérieur et un temps extérieur. Ces deux perceptions d’un même sentiment sont, à l’instar de PARTIE DE BILLARD (cité plus haut), divisées par la présence d’un châssis, cette fois-ci de dimension cyclopéenne. De cette œuvre se dégage un sentiment de grandeur maîtrisée par l’intimité du moment.
TRIO EN BLEU (90 x 80 cm-huile sur toile)
ainsi que JOUR DE FÊTE (87 x 68 cm-huile sur toile)
sont dominés par l’importance vitale de la lumière, laquelle telle de la vapeur, irradie la toile par le haut comme par le bas.
TRIO EN BLEU (mentionné plus haut) prouve la maîtrise de l’artiste. A’ dominante jaune-or, la lumière est filtrée à travers les carreaux de la fenêtre à partir de l’intérieur. Rarement un éclairage conçu artificiellement n’a été capable d’envelopper un espace aussi magiquement.
Tandis que JOUR DE FÊTE (cité plus haut), à dominante blanche, témoigne d’une lumière non altérée par le prisme du carreau, étant donné qu’elle est directement issue de la nature.
MÈRE ET ENFANT (100 x 81 cm-huile sur toile)
est bâti sur la conception volumineuse du sujet dans son traitement : châssis massif séparant la fenêtre en deux entités, assurant une ligne de force structurant l’espace. Fauteuil volontairement disproportionné dans son volume. Représentation de l’image de l’intimité par la mère et l’enfant. Le chromatisme descriptif est très intéressant : bleu vif pour la mère, rouge vif pour l’enfant. L’ensemble étant absorbé par le noir-foncé du fauteuil démesuré destiné à augmenter l’intensité du moment. La tête de la mère repose sur un coussin de couleur orange. Présence du châssis noir massif. L’avant-plan baigne dans une atmosphère jaune (en dégradés). La fenêtre diffuse une lumière opaque.
Cette fusion entre couleurs et personnages a pour dénominateur commun l’amour pour l’être humain ainsi que pour tout ce qui l’entoure, à savoir la musique, l’ambiance festive nocturne et le rapport entre les gens à l’intérieur d’un espace fermé baigné par la magie de la lumière tel que le café, traité pour l’exemple, comme un paysage (avec ses perspectives et ses lignes de force) à l’intérieur duquel évoluent les liens humains. D’où le titre de l’exposition : COMPLEXITÉ. Tout est basé sur l’émotion. Les couleurs sont tant dans leur philosophie que dans leur traitement, les vecteurs de cette émotion. L’artiste va donc à l’essentiel. L’essentiel étant l’émotion de l’instant.
L’artiste a commencé à travailler comme ébéniste pour se diriger ensuite vers la décoration et la peinture. Autodidacte, il travaille à l’huile et il s’est affirmé dans sa technique en réalisant des copies de tableaux de Maîtres tout en prenant des cours de dessin pour mieux maîtriser la technique de la perspective. Ses influences sont Rembrandt, Vermeer et les impressionnistes. Cela se constate dans la force des couleurs usitées. MÈRE ET ENFANT (cité plus haut) participe tant de l’impressionnisme par l’intimité de l’atmosphère que de Rembrandt par l’impact avec lequel les châssis massifs jouent en tant que lignes de forces (puissance, chromatisme, division de l’espace). A’ tel point que, selon l’artiste, ce tableau n’est pas vraiment terminé!
L’artiste réintroduit, en la modalisant, une technique picturale de la Grèce antique (fin du 4ème siècle av. J.C.) et redécouverte au 17ème siècle, celle du « clair-obscur », en lui conférant une fonction « enveloppante », pour devenir chaleureuse et féerique. Il ne s’agit plus de simuler le relief mais d’établir un ancrage humaniste et psychologique adapté aux impératifs de son propos.
FERNANDO FERREIRA dit FERNANDO témoigne de son amour pour l’Autre dans une aura joyeuse où la tendresse se confond avec la lumière des nuits oniriques et les vapeurs des cafés où passent les âmes furtives…l’artiste les invite à rester et à vivre!
Collection "Belles signatures" © 2020 Robert Paul
N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
L'artiste FERNANDO FERREIRA dit "FERNANDO" et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles.
Photos de l'exposition de FERNANDO FERREIRA dit "FERNANDO" à l'ESPACE ART GALLERY
2019 "Racines"
On ne guérit ni d'enfance, ni d'adolescence
Mais si par chance, on garde les yeux ouverts…
On prend peu à peu conscience
De l'important et du pervers!
S'incrustent alors avec science
Les racines de notre propre univers…
Un petit extrait… avant d'aller dormir? :
RÊVER…
Du coin de mon nuage
D'où j'observe la terre
Me prend parfois la rage
Pour l'homme et ses travers!
On perd son indulgence
En posant le regard
Sur tant d'inconséquences
La bêtise est sans fard!
Faire partie d'un troupeau
Est-ce dons sans espoir?
On y laisse sa peau
A trop vouloir y croire!
Alors se réfugier
Au creux d'un p'tit nuage
Et apprendre à rêver
2019 La poésie autrement ou dite dans un CD avec la complicité musicale de Pascal Michaux
" A l'encre de ma vie"
Un petit extrait avant d' aller dormir? :
POSSIBLE?
Apprivoiser la nuit
S'approprier le jour
Face au temps qui s'enfuit
Faire une place à l'amour...
Oublier la raison
Elle se perd dans le gris
De bonnes résolutions
Au soleil ont surgi!
Négliger ces instants
Où noyée et fourbue
A bout de sentiment
On s'est perdue de vue!
Reprendre avec brio
Les rêves au point mort
Se changer en héros