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Un soir... Un livre...

2019  "Un petit détour" Histoires courtes.

Entre la poésie et les romans quelques histoires courtes se glissent… alors pourquoi pas "un petit détour" par quelques lignes afin d'y découvrir des textes dont l'ambition première est d'être légers, poétiques ou encore inquisiteurs?

Ils n'ont que la volonté de sortir l'esprit du quotidien et d'ouvrir la porte aux rêves et à la réflexion...

Un petit extrait :

Radio nostalgie en fond sonore. Le bruit de la sirène d'alarme d'une villa proche labourant la chaleur de l'été; le cri strident des cigales; le soleil implacable de midi et la valse des abeilles entourant la chaise longue d'une inconditionnelle de la bronzette!

Quel décor pour un repos! Cette agitation m'invite sans doute à reprendre une plume si paresseuse qu'elle en perd l'habitude et se lasse déjà  des conversations trop proches, des reproches imbéciles, des questions sans intérêt! Ô ma quiétude, quand donc te trouverai-je sans me réfugier dans la solitude?

Je voudrais portant saisir, comme le peintre, cette floconneuse chaleur moite qui s'enroule autour de la lavande, s'arrête au sommet de l'olivier, se repose au creux des vignes et rêve dans le vent léger qui fait frémir la glycine! Je voudrais apprécier les ombrages des pins où du chêne vert du jardin en laissant errer mon regard dans l'infini si bleu… que toute autre couleur ne semblee exister que pour en exalter la profondeur!

C'est pourtant dans la fraîcheur verte des quatre murs de ma chambre que je vais me réfugier et fermer, le temps d'une sieste, des yeux douloureux de trop regarder sans contempler jamais...12273338875?profile=original 

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IN MEMORIAM
In La Chanson de la Rue Saint-Paul de Max Elskamp (1922)


A MON PERE

Mon Père Louis, Jean, François,
Avec vos prénoms de navires,
Mon Père mien, mon Père à moi,
Et dont les yeux couleur de myrrhe,

Disaient une âme vraie et sûre,
En sa douceur et sa bonté,
Où s'avérait noble droiture,
En qui luisait comme un été,

Mon Père avec qui j'ai vécu
Et dans une ferveur amie,
Depuis l'enfance où j'étais nu,
Jusqu'en la vieillesse où je suis.
Mon Père, amour m'était en vous,
Que j'ai gardé toute ma vie,
Ainsi qu'une lumière luie
En moi, et qui vous disait tout;

Mon père qui étiez ma foi
Toute de clarté souriante,
Dont la parole m'était loi
Consentie par mon âme aimante,

Mon Père doux à mes erreurs,
Et qui me pardonniez mes fautes,
Aux jours où trop souvent mon coeur
De sagesse n'était plus l'hôte,

Mon Père ainsi je vous ai su
Dans les heures comme elles viennent
Du ciel ou d'enfer descendues,
Apportant la joie ou la peine.
Or paix et qui était en vous
En l'amour du monde et des choses,
Alors que mon coeur un peu fou
Les voyait eux, parfois moins roses,

C'était vous lors qui m'apportiez
Foi en eux qui n'était en moi,
Lorsque si doux vous souriiez
A mes craintes ou de mon émoi,

Et vous étiez alors mon Dieu,
Et qui me donniez en silence,
Et rien que par votre présence
Espoir en le bonheur qu'on veut,

Pour mieux accepter en l'attente
L'instant qui est, le jour qui vient,
Et sans doute les démente
Croire aux joies dans les lendemains.
O mon Père, vous qui m'aimiez
Autant que je vous ai aimé,
Mon Père vous et qui saviez
Ce que je pensais ou rêvais,

Un jour où j'avais cru trouver
Celle qui eut orné ma vie,
A qui je m'étais tout donné,
Mais qui las! Ne m'a pas suivi,

Alors et comme je pleurais,
C'est vous si doux qui m'avez dit:
Rien n'est perdu et tout renaît
Il est plus haut des paradis,

Et c'est l'épreuve pour ta chair
Sans plus mais d'âme un autre jour,
Tu trouveras le vrai amour
Eternel comme est la lumière,

Et pars et va sur les navires
Pour oublier ici ta peine,
Puisque c'est ce que tu désires,
Et bien que ce soit chose vaine,

Va, mon fils, je suis avec toi,
Tu ne seras seul sous les voiles,
Va, pars et surtout garde foi,
Dans la vie et dans ton étoile.
Or des jours alors ont passé
De nuit, de brume ou d'or vêtus,
Et puis des mois et des années
Qu'ensemble nous avons vécus

Mon Père et moi d'heures sincères,
Où nous était de tous les jours
La vie ou douce, ou bien amère,
Ainsi qu'elle est tour à tour,
Et puis en un matin d'avril
Les anges noirs eux, sont venus,
Et comme il tombait du grésil
Sur les arbres encore nus,

C'est vous mon Père bien aimé,
Qui m'avez dit adieu tout bas,
Vos yeux dans les miens comme entrés
Qui êtes mort entre mes bras.

 


A MA MERE

O Claire, Suzanne, Adolphine,
Ma Mère, qui m'étiez divine,

Comme les Maries, et qu'enfant,
J'adorais dès le matin blanc

Qui se levait là, près de l'eau,
Dans l'embrun gris monté des flots,

Du fleuve qui chantait matines
A voix de cloches dans la bruine;

O ma Mère, avec vos yeux bleux,
Que je regardais comme cieux,

Penchés sur moi tout de tendresse,
Et vos mains elles, de caresses,

Lorsqu'en vos bras vous me portiez
Et si douce me souriiez,

Pour me donner comme allégresse
Du jour venu qui se levait,

Et puis après qui me baigniez
Nu, mais alors un peu revêche,

Dans un bassin blanc et d'eau fraîche,
Aux aubes d'hiver ou d'été.

O ma Mère qui m'étiez douce
Comme votre robe de soie,

Et qui me semblait telle mousse
Lorsque je la touchais des doigts,

Ma Mère, avec aux mains vos bagues
Que je croyais des cerceaux d'or,

Lors en mes rêves d'enfant, vagues,
Mais dont il me souvient encor;

O ma Mère aussi qui chantiez,
Parfois lorsqu'à tort j'avais peine,

Des complaintes qui les faisaient
De mes chagrins choses sereines,

Et qui d'amour me les donniez
Alors que pour rien, je pleurais.

O ma Mère, dans mon enfance,
J'étais en vous, et vous en moi,

Et vous étiez dans ma croyance
Comme les Saintes que l'on voit,

Peintes dans les livres de foi
Que je feuilletais sans science,

M'arrêtant aux anges en ailes
A l'Agneau du Verbe couché,

Et à des paradis vermeils
Où les âmes montaient dorées,

Et vous m'étiez la Sainte-Claire,
Et dont on m'avait lu le nom,

Qui portait de lumière
Un nimbe peint autour du front.
Mais temps qui va et jours qui passent,
Alors, ma Mère, j'ai grandi,

Et vous m'avez été l'amie
Aux heures où j'avais l'âme lasse,

Ainsi que parfois dans la vie
Il en est d'avoir trop rêvé

Et sur la voie qu'on a suivie
De s'être souvent trompé,

Et vous m'avez lors consolé
Des mauvais jours dont j'étais l'hôte,

Et vous m'avez aussi pardonné
Parfois encore aussi mes fautes,

Ma Mère, qui lisiez en moi,
Ce que je pensais sans le dire,

Et saviez ma peine ou ma joie
Et me l'avériez d'un sourire.
O Claire, Suzanne, Adolphine,
O ma Mère, des Ecaussines,

A présent si loin qui dormez,
Vous souvient-il des jours d'été,

Là-bas en Août, quand nous allions,
Pour les visiter nos parents

Dans leur château de Belle-Tête,
Bâti en pierres de chez vous,

Et qui alors nous faisaient fête
A vous, leur fille, ainsi qu'à nous,

En cette douce Wallonie
D'étés clairs là-bas, en Hainaut,

Où nous entendions d'harmonie,
Comme une voix venue d'en haut,

Le bruit des ciseaux sur les pierres
Et qui chantaient sous les marteaux,

Comme cloches sonnant dans l'air
Ou mer au loin montant ses eaux,

Tandis que comme des éclairs
Passaient les trains sous les ormeaux.

O ma Mère des Ecaussines,
C'est votre sang qui parle en moi,

Et mon âme qui se confine
En Vous, et d'amour, et de foi,

Car vous m'étiez comme Marie,
Bien que je ne sois pas Jésus,

Et lorsque vous êtes partie,
J'ai su que j'avais tout perdu.

In Max Elskamp in La Chanson de la Rue Saint-Paul de Max Elskamp (1922)

 

Max Elskamp sur le réseau

 

 

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Un soir... Un livre...

12273331892?profile=original2017 "Vertiges"

Au coin des yeux, éclats de soleil!

Au creux des reins, faiblesse en veille...

Ne rien sentir que d'la douceur

Le corps découvre le plein de langueur...

Fermer paupières, couleurs en transe!

Respirer fort, le cœur qui danse...

Vertige!

Et un petit extrait bonus avant d'aller dormir? :

AU BORD...

Au bord de toi

Lumière s'allume

Plein de saveur

Une sorte d'écume...

Au bord de moi

Bien trop d'attente

Tout cet émoi

Des mots qui chantent...

Au bord de nous

Le temps s'arrête

Alors ce goût

De perdre la tête...

Au bord de vie

Ne plus ramper

Pousse l'envie

De s'envoler...

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Un soir... Un livre

2016 "A fleur de peau" Nouvelles

Une série d'histoires courtes, nouvelles ou billets d'humeurs, réunis sous un titre :

A FLEUR DE PEAU… Ou, la vie vue de l'extérieur, des instants observés et parfois perçus comme une évidence...

Alors, l'envie de s'y introduire, de se les approprier, de les vivre de l'intérieur pour les décrire comme des tableaux qu'on peint dans l'espoir qu'ils interpellent?12273327682?profile=original

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Un soir... Un livre...

2016 "Un penny pour vos pensées " Roman.

LE CHOIX D'UN TITRE...

"A quoi pensez-vous" se traduit en anglais par :" A penny for your thoughts".

Lorsque j'ai commencé l'écriture de ce roman, la traduction littérale de cette locution s'est imposée comme un titre...

UN PENNY POUR VOS PENSEES...

… celles de deux amies qui, en confiance, se racontent l'une à l'autre au fil d'une correspondance qui traverse l'atlantique et dont le lecteur devient spectateur. Un peu comme au théâtre ou au cinéma...

C'est une immersion dans les années quatre-vingt. C'est aussi une ode à l'amitié, un récit plein de sincérité aux rebondisse12273327474?profile=originalments imprévus, où domine l'amour de la vie...

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Un soir... Un livre...

2016 "Entre deux pluies"

Le charme d'une accalmie entre deux pluies...

Un pas de côté pour savourer la vie...

Faire la part des choses!

Réaliser que la pluie peut non seulement nous laver de nos doutes, mais aussi enrichir la terre de notre inconscient et donc nous rendre plus vivants!

Entre deux pluies… crier : Elle est belle la vie!

Un petit extrait avant d'aller dormir? :

IL FAUT...

Faut essuyer son vague à l'âme

Et laisser s'écouler les drames...

Sortant flamboyant de sa cage

Accrocher sourire aux nuages.

Faut voyager dans son rêve

Et le porter sans faire de trêve!

Gourmand de vie et de désirs

A chaque minute prendre plaisir!

Faut occulter toute cette tristesse

Et goûter à un peu d'ivresse

Se délivrant d'un sourd passé

Nier qu'on puisse être damné!

Faut vivre enfin à petit pas

Et écouter son cœur qui bat.

Prenant le temps de contempler

Enfin les jours apprivoiser!

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                           LES COULEURS DE LA PASSION DANS L’ŒUVRE DE PIERRE PACHE

Du 03-05 au 26-05-19, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken, 83, 1000 Bruxelles) a organisé une exposition consacrée au peintre suisse, Monsieur PIERRE PACHE, intitulée : CASSER L’ARMURE.

Faut-il voir dans l’armure l’image de la carapace épaisse qui nous limite et nous sépare de la réalité humaine nous empêchant d’accéder à la délivrance? La peinture de PIERRE PACHE se distingue par la singularité d’une démultiplication des attributs constituant le sujet : les yeux, les seins, les cheveux…tout ce qui dans l’identité corporelle ainsi que dans le vêtement, se singularise par la démultiplication d’indices considérés comme identitaires.

A’ la première approche, le visiteur, perdu dans cet océan fantasmagorique, ignore si ces éléments constitutifs des personnages se désagrègent ou si, au contraire, ils s’assemblent pour le terminer. Et c’est précisément en cela que s’affirme l’essence picturale de l’artiste. Une deuxième caractéristique de son œuvre réside dans le fait que chacune de ses toiles constitue un univers à elle seule. Rêve et émotion se conjuguent dans un surréalisme à la fois feutré et sauvage. L’on assiste parfois à l’éclosion d’un onirisme à la frontière de la vision boschisante.      

Le chromatisme est constitué de couleurs, dans l’ensemble ténues, telles que le vert virant au turquoise (couleur souvent dominante), augmenté de rouge bordeaux prenant des dimensions fauvistes, à l’instar de LARGUER LA VOILE.

LARGUER LA VOILE (80 x 60 cm-acrylique sur toile)

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Tout cela conduisant vers un vocabulaire surréaliste. Car, si surréalisme il y a, il n’existe exclusivement que par rapport au traitement de la couleur sur le sujet. Le titre des œuvres joue également un rôle prépondérant sur leur réception.

LARGUER LA VOILE (que nous venons de citer), est une parabole sur l’aspiration à la liberté. Tout est « voilé » dans cette œuvre : tant la robe du personnage féminin que la végétation l’entourant. Tout flotte dans l’attente d’être porté par le vent. Le visage du personnage (composante essentielle à l’esthétique de l’artiste) est articulé sur deux parties : la partie supérieure, participant de la végétation (en vert) est séparée, au niveau de la bouche par un trait (une fente) en tant que démarcation avec la partie inférieure, concrétisée dans la matérialité du corps (le buste).

A’ partir de ce niveau, la voile se révèle en se « dégrafant » tel un corset, du buste du personnage, épaississant l’ensemble de la végétation, gonflée par le vent. Et le rêve prend le large!

Le sujet est, par excellence, la Nature transcendée par la dimension onirique et fantastique. Dès lors, nous rejoignons l’esthétique surréaliste où la Nature, gouvernée par l’imaginaire traduisant ses pulsions vitales, rejoint le seul Sacré de l’Homme : celui qu’il porte en lui-même. Cette Nature flottante rappelle l’élément aquatique par la présence de quatre petites bulles (trois sur le coin gauche, en haut) et une sur la gauche, sous le visage du personnage (par rapport au visiteur), rappelant des bulles d’oxygène. Des yeux épars parsèment la composition. Quant aux yeux du personnage, ils sont extrêmement serrés, à l’instar de ceux d’un félin.

Nous les retrouvons d’ailleurs dans BROUILLON DE POULE (60 x 50 cm-acrylique sur toile).
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A’ part l’humour exprimé par le titre, tant la poule que le personnage féminin sont pris dans le tourbillon d’une Nature sauvage. Outre le fait que la présence de l’œuf sur la poule, à l’avant-plan, spécifie l’identité du volatile, il ramène le visiteur au questionnement sur l’origine du Tout. L’œuvre, à dominante grise, offre une série de contrastes, à la fois descendants et ascendants. Partant du bas, la note verte, extrêmement dure, s’amollit progressivement pour mettre en exergue la poitrine du personnage. A’ partir de là, le chromatisme s’éclaircit révélant le visage de la femme, à peine esquissé. A’ noter, une deuxième constante dans l’œuvre de l’artiste, à savoir la démultiplication du regard. A’ ce stade, nous atteignons sous un tourbillon de nuages, le ciel dont le bleu vif de la partie supérieure de la toile, atteint la dominante verte initiale. Le personnage féminin domine la partie centrale de la composition. Dès lors, la lecture procède comme suit : au commencement fut l’œuf, vient ensuite la poule. La Femme préside la Nature. Et le cadre est compris entre le vert de la végétation et le bleu du ciel. Le sujet central de cette œuvre est la Femme-Nature.

L’homme n’apparaît que deux fois dans l’ensemble de l’exposition.

LE FEU AU LAC (60 x 50 cm-acrylique sur toile) est l’illustration, par excellence, de la pulsion sexuelle.

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Comme pour toutes les toiles de l’artiste, le chromatisme a une fonction symbolique essentielle. Le titre est déjà évocateur : LE FEU AU LAC.

A’ la fois mariage mystique entre l’eau et le feu, l’œuvre est également évocatrice par l’étymologie du titre, cette expression typiquement suisse selon laquelle « il y a urgence! ». Mais urgence de quoi? Urgence de s’unir charnellement. Chromatiquement, qui est quoi? La femme endosse un chromatisme jaune vif. L’homme, lui, est conçu dans un vert tirant sur le bleu.   Pour comprendre cette œuvre, il faut considérer la partie droite (par rapport au visiteur), à savoir celle de l’homme, pour s’apercevoir qu’elle irradie le corps de la femme, en fusionnant en elle. Image de la passion : l’érection chez l’homme, l’attitude d’abandon chez la femme. Autre image de la passion : symbolique des cheveux en bataille chez l’homme. Sa main, conçue en vert, prend la couleur jaune de la femme, lorsqu’il lui touche le sein. Il y a fusion, combustion future de l’homme et de la femme en une seule matière.  

L’homme apparaît également dans LE PASSEUR (41 x 33 cm-acrylique sur toile).

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L’œuvre est divisée en trois étapes :

  • Avant-plan : Charon, le Passeur, à droite accueillant les âmes des morts, sur la gauche.
  • Plan moyen : la barque du Passeur permettant aux âmes de traverser le Styx.
  • Partie supérieure : l’univers ténébreux animé par des créatures « monstrueuses » dont les yeux sont mis en exergue.

Remarquons que le Styx est plein de remous. L’artiste amplifie la tradition littéraire, mythologique et picturale qui font de celui-ci un affluent de la haine, un lieu souterrain et dangereux, tout en n’insistant pas sur sa navigabilité périlleuse. La tradition picturale en fait même un fleuve tranquille. Observons également qu’il s’agit d’une composition bi-chrome (brun et jaune en dégradés) donnant une illusion de monochromie. Le regard de Charon est tourné vers le visiteur. Il le fixe. Les attributs de son visage sont comme empilés l’un sur l’autre, de haut en bas, formant une succession de « strates ». Cette accumulation concassée fait que l’expression du personnage devient menaçante. Là, nous sommes au cœur du mythe, car Charon est libre de faire traverser le fleuve à qui il veut, contre une pièce de monnaie.

Il n’éprouve aucune pitié, n’hésitant pas à rudoyer et à chasser les âmes le suppliant de les emmener sur l’autre rive.

Il décide de tout étant seul arbitre de la situation. Le groupe des morts est intéressant car il forme, de par sa mise en scène, une sorte d’ « éclosion » créée à partir de leur état de finitude : ils semblent « naître » à la mort. D’une sorte de chaos pictural fait de crânes en gestation, leurs visages prennent divers aspects, rappelant les masques mortuaires. Ils sortent de ce magma espérant atteindre l’autre rive que sépare le Styx. Tout est parfait dans la fidélité au récit mythologique : Charon, l’air hautain, décide de qui passe et de qui ne passe pas. Les morts, même habités par l’hébétude, semblent se raccrocher à l’espoir. Le personnage du milieu, la bouche ouverte, semble pousser un cri. La composition est fort intéressante : à partir d’un crâne, à peine ébauché (sur la gauche), apparaît le mort à la bouche ouverte. Il est suivi par un personnage aux yeux clos, l’air apaisé. Faut-il y voir une  succession d’états aboutissant à une symbolique résurrectionnelle?

La barque du nocher est réduite à l’état de silhouette. Elle ne représente qu’un détail. Le seul élément qui (comme nous l’avons spécifié plus haut) diffère légèrement avec le récit mythologique et pictural, consiste dans l’image que l’artiste donne du Styx, agité par des eaux noires et bouillonnantes. Mais il s’agit d’une interprétation personnelle et parfaitement légitime de la symbolique. Des formes macabres émergent, à partir du groupe des âmes en attente. Au fur et à mesure que le regard se rapproche, l’œil distingue, juste sous la tête du mort au regard serein, deux formes qui rappellent les masques de carnaval. Ce qui fait la force de cette œuvre, c’est le contraste chromatique entre la lumière jaune  (à gauche vers le haut), de laquelle émergent des créatures fantastiques et la charge sombre, partant de l’avant-plan pour inonder l’ensemble de l’espace. Des seins parsèment également la composition, association explicite du mariage mystique entre Eros et Thanatos. Une constante associe ce tableau à l’ensemble artistique du peintre, à savoir les yeux et les visages démultipliés ainsi que le trait inscrivant la bouche servant de « ligne de démarcation » entre les parties supérieure et inférieure du visage. L’ambiance de cette œuvre est particulière, en ce sens qu’elle en rappelle une autre : celle de L’ILE DES MORTS d’Arnold Böcklin (dont il existe cinq versions peintes entre 1880 et 1885).

La toile du Musée de New-York se rapproche fortement de celle de l’artiste par l’ambiance. L’ILE DES MORTS était (pour la petite histoire) le tableau préféré d’Adolph Hitler. Il y décelait une sorte de mysticisme sordide, soulignant ce qui a toujours régi la psychologie du nazisme, à savoir un érotisme affirmé de la mort. Si nous signalons cette œuvre, c’est qu’au cours de l’interview du peintre, nous l’avons évoquée en la restituant à la beauté de son univers poétique et fantastique.

Une variation sur le visage se remarque dans LES COURANTS D’AIR (55 x 45 cm-acrylique sur toile) par un traitement « en silhouettes » prenant forme dans les recoins les plus « insolites » de l’espace pictural. Ici, la couleur « dissipe » les personnages, en les fondant dans le décor. Des sphères (symbolisant l’infini) parsèment l’œuvre.  

A’ la question préliminaire concernant la symbolique de l’ « armure », il faut répondre par l’affirmative. L’armure, cette carapace humaine, doit être cassée pour accéder à la délivrance. Comme tout véritable artiste, PIERRE PACHE démarre la toile en ignorant ce qu’il  en sera de la création future.

A’ l’instar de Jean d’Ormesson qu’il apprécie beaucoup et qui est « traversé par les mots » envers lesquels il devient le messager de ce qui sera écrit, l’artiste commence par « barbouiller » la toile de couleur pâles jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il appelle « un regard », c'est-à-dire quelque chose qui l’interpelle. Se basant sur des aperceptions, il essaie de faire apparaître une forme. Il lui arrive de se fâcher si cela n’aboutit pas. Sa démarche s’appuie sur le doute et se sert de sa connaissance technique pour en venir à bout. Autodidacte, il a débuté en tant que retoucheur de photographies, ce qui lui a permis de comprendre l’importance de la lumière sur la matière. Concernant la dimension surréaliste qui régit sa peinture, elle est bien évidemment présente mais, comme il l’assure, totalement involontaire. Elle surgit d’elle-même sans avoir rencontré la moindre référence. Son rapport avec le visage humain ainsi démultiplié  n’existe que dans une relation amoureuse concrétisée sur le nombre de bouches à embrasser dans le même personnage. Une empathie lie, par conséquent, l’artiste à son œuvre par l’intermédiaire de son sujet. Quant à son rapport avec la forme, il faut le trouver dans son amour pour la matière, ce qui le rend très tactile dans son contact physique avec cette dernière concernant son travail de création.

Pour lui, la forme ne peut se limiter à n’être qu’abstraite. Le fait que son œuvre soit presque entièrement dédiée à la Femme s’explique par l’image du désir qu’elle évoque. Nous avons évoqué, plus haut, l’impact des titres définissant les œuvres. Là aussi, rien n’est prémédité : il trouve ses titres en cours de route.

Sa technique se concentre exclusivement sur l’acrylique. Il place les glacis, couche après couche, et ajoute par la suite des couleurs opaques pour concevoir les lumières. Il pratique également la mine de plomb. Ses influences évoluent, indépendamment des époques, à l’intérieur d’une même atmosphère, ténébreuse et fantastique. En observant LE CAUCHEMAR de Füssli (1781), chef-d’œuvre du romantisme, associant désir (la femme renversée sur le lit) et peur (la créature monstrueuse sur elle), traduction psychanalytique d’Eros et Thanatos par la mise en valeur du Moi (constante du courant romantique) ainsi que les œuvres du peintre norvégien Odd Nerdrum (1944), regorgeant d’une atmosphère clair obscure, à la limite d’un fantastique à peine contenu, l’on se rend compte de l’impact que ces peintres ont eu sur l’artiste.

PIERRE PACHE, par la profondeur de son cri intérieur et de son talent de technicien de la couleur, permet au visiteur de vivre l’incandescence de son œuvre et de l’exprimer sur la toile de son propre imaginaire, brisant en éclats la prison de son armure.

François L. Speranza.

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                                                        Une publication
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Collection "Belles signatures" © Robert Paul 2020

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. 

Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A' voir : 

 

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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L'artiste PIERRE PACHE et François L. Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours de deux derniers siècles.

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Photo de l'exposition de l'artiste PIERRE PACHE à l'ESPACE ART GALLERY

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Un soir... Un livre...

2015 "Un petit goût de quinquina" roman.

1876 - 1946

Entre ces deux dates des années mouvementées, tourmentées, deux guerres et tellement d'évolutions, de révolutions, de découvertes! C'était hier… et les balbutiements de notre modernité...

Nous y suivrons Amélie, qui libre dans son âme, a eu le courage de s'assumer à une époque où les femmes osaient à peine l'envisager! Pourtant, je crois qu'on peut dire d'elle, qu'elle s'est conduite comme une femme d'aujourd'hui. Elle l'était dans sa tête et dans son cœur!

J'ai eu envie d'é12273332464?profile=originalcrire ce roman, car si je l'ai à peine connue, elle a, à coup sûr, marqué mon imaginaire

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administrateur partenariats

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 L.Magotte          

          Il y a tant de chemins  à parcourir

           

           Il y a tant
              de sortes de chemins
                 les chemins tout tracés
                     les routes droites et nues
                       où l'âme perd pied
                         s'essouffle
                          les chemins de traverse
                            bordés de platanes
                               où l'on s'attarde
                                 qui se plient à nos envies
                                   et puis
                                     les chemins de crête
                                       toujours à la marge
                                         au bord d'autre chose
                                           que l'on foule à pas comptés
                                             avec une gravité légère
                                               et puis encore
                                                 tous ces chemins
                                                   qui ne mènent nulle part
                                                     et parfois plus loin
                                                       qu'on ne croyait

                                                                                                  Martine Rouhart

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Je marche dans la plaine.
Depuis longtemps je marche
contre un vent chargé d'aventures .
Peu lui importe.Il est l'élément, il se suffit.


Mais moi silhouette transitoire
sous la pérennité du ciel, comment puis-je défier le vent et lancer
ma complainte dans le choeur des astres?


Je marche dans la plaine.
Depuis longtemps je marche
cernée d'insectes tourbillonnants,
de clameurs sourdes.

J'entends l'appel de la montagne bleue.
Je prie le vent de tomber en paresse.
Qu'il me livre passage vers la montagne bleue.
La montagne bleue qui dit viens !
Viens apprivoiser ma roche,
et laisse-lui ton sang !
Que mes veines boivent à ton humanité
Ce que je te donne en farouche dureté.

Barbara Y. Flamand

Promenade d'automne

Promenade d'automne
Ajouté par David VIRASSAMY

Au fil des maux et des mots

Dans les profondeurs sinueuses et moussues de la forêt
Mes pas m'emmènent au gré de mes souhaits
Aucun son, aucun mouvement
Ne perturbe la quiétude du moment
Le temps semble s'être figé
Et je m'arrête pour mieux m'en imprégner
Si mon esprit vagabonde, faisant fi de toute vicissitude
Mon corps en oublie ses tourments avec gratitude
Là, assise à même un caillou lustré,
Sous un dôme de branchages torturés
Je tâte le pouls de Dame notre terre
Tout en humant ses effluves nourricières
Sa douce respiration à peine perceptible
Rassérène mes corps et âme trop sensibles
Son envoûtement si délicieux fait chavirer mon cœur
Qui hésite un bref instant entre éveil et torpeur
Le vent se lève et tourbillonne dans les cimes décharnées
Entraînant son chant vers des cieux malmenés
Que ce zèle ardent, d'austère il devienne plaisant
Pour que mon roc je n'abandonne à la pénombre naissante
Laissant les ombres grotesques et difformes
A leurs danses effrénées et folles.
Sur le chemin surgissent mille images magiques
Celles d'un ballet des plus fantasmagoriques
Allégorie ou chimère, elle aura sans autre manière
Attisé mon âme d'épistolière.

Roczo Viviane
17-02-2016

12273247068?profile=originalPastel de Martine Rouhart

Ecoute...

Toi l'égarée sur une terre en devenir

Tu cherches ta place dans l'univers de la mouvance

Perdue, tellement fragile, tu cours vers l'avenir

Arrête, saisis l'instant, hors lui tout n'est qu'errance...

Puise alors de la terre les émouvants parfums

Ecoute brûlante chanter l'oiseau dans le matin

Dans quelques heures les instants doux seront défunts

Vis les vaillantes, et cesse de songer à demain...

Dégage la tête, le cœur pourra croire au bonheur !

Jacqueline Gilbert 

Le chemin bucolique

"Le chemin bucolique" 

SINYAVSKY

23

Comme les rois mages émerveillés,

Qui n'ont pas un seul instant hésité

Et aussitôt furent prêts à tout quitter,

A partir s'engager vers les pays lointains,

Prêts à tout vivre, à tout braver :

La fatigue, la soif et la faim

Dans une longue épopée 

Au succès incertain,

Une traversée du désert

Par delà monts et mers

En un si long chemin

Pour atteindre leur but étoilé,

Sans jamais redouter la défaite

Ni douté du succès de leur quête,

Ni de la grandeur de leur destinée,

En allant déposer leur sagesse éclairée,

Quintessence inspirée des Temps anciens

Avec moult trésors et grands biens

Au pied de l'Enfant d'or illuminé,

L'Espoir du monde, l'Amour incarné,

Moi aussi, je continuerai d'avancer,

Bravant le désert et sa longue traversée,

Laissant doutes et désespoir sur le bas côté,

Prête à tout souffrir, à tout dépasser 

Pour vaincre les épreuves, les surmonter

Et accomplir ma quête, ma destinée, 

Mon Etoile comme seul bouclier.

Et la tendresse de mon Aimé. 

Car au fond de moi, je le sais, c'est certain,

Je n'aurais pas marché ce si longchemin

Et tant sacrifié pour tout perdre soudain en vain.

L'oeuvre de ma vie est offerte et prédestinée.

Elle a déjà tant réjoui et épanoui

De si longues joyeuses années

Et ses fruits jamais ne seront détruits.

Elle est là pour Le servir et servir l'humain.

Que Sa Haute protection me soit accordée.

 

Image et texte de Rébecca Terniak

esquisse sous la pluie

"Esquisse sous la pluie"

de  Arlette A

Grand ciel opalin

Nimbé de nuages blancs

S’invitant à danser enlacés

Comme dans un bal de gitans

Goûte après goûte

Tombe la pluie

Léger bruit sur les toits du monde

Grains d’eau sur les fenêtres

Tombe l’eau argentée

Sur les pavés luisants

Et l’herbe frémissant

Feuille à feuille

bercée par une averse

Moineau contre moineau se blotti

Dans un nid

Cœur à cœur

Toi et moi

Nous cheminons

Ivres de joie

12/07/2017

Nada AL-ATTAR

  Chemins où l'on marche d'un point à un autre, chemins qui mènent d'ici à là ou même nulle part, routes encore et donc chemins  utiles de l'habitude, fausses routes longeant l'abîme, noirceur des jours recouvrant le ventre des aubes.

  Chemins plutôt comme l'abîme même, chemins aux bordures fuyantes, qui ne gravissent rien dans ce vide de l'être, père du visible et des fables que chantent les horizons de chair aux mirages de verre.

  Chemins où s'exilent tous les exodes, où les mers aux voix de sable et de houle engendrent des nuages de songe et de feu puis la terre de sang née de la pluie, de la pluie bleue et froide qui ruisselle sur des plaies d'argent.

Il doit y avoir un monde comme offrande de chaque chemin aux abîmes qu'ils sont.

 patrick Hellin

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"Lumière de la nuit"

Bruno LEMASSON

Les yeux pleins de rire
je prends des chemins de traverse
à demi-effacés
sans savoir où ils mènent
mes pensées prennent le large
comme des ballons qu'on lâche
je vais d'étonnement en étonnement
et donne des ailes à toutes choses
et puis je me couche
dans le silence des arbres
essoufflée de mes petites joies

Martine Rouhart

12273249885?profile=original

"L'envol vers le petit déjeuner"

Françoise BUISSON

Un chemin...

J'en ai vu des rivages

Découvert des visages!

J'ai puisé dans des yeux

Quelques moments heureux...

Mélancolie est douce

Quand nature se fait rousse

C'est la fin de l'été

Tu m'as tellement manqué!

L'automne est flamboyant

La saison des amants...

Loin des hésitations

Faire jaillir la passion!

Et si pointe l'hiver

Loin des chemins pervers

Dans douceur d'un souvenir

Sourire et s'endormir...

Jacqueline Gilbert

 12273250456?profile=original

"Soleil couchant"

Bellefroid Danielle

Souffles de la terre

Avant de n’être plus soi comme par le passé
Mais tout autre attribut de ce temps sacrilège ;
Ou espérer que cela serait un suprême privilège
De retenir des vieux jours presque effacés,

Avant de ne plus se reconnaître
Et marcher près de l’ombre de son souvenir,
Ce mélange de chemins qui nous font atterrir
Semblent nous attirer comme une force prête à renaître.

Avant d’aller lentement vers cette étape du voyage
A arpenter des labyrinthes de couloirs,
Penser que de courir c’est toujours de pouvoir
Et garder l’énergie ultime à tourner la page,

Ce n’est rien de vrai, peut-être, mais rien n’est mortel après tout.
Seuls le sont nos pitoyables visages qu’il faut regarder,
Ceux qui ne feront plus jamais rêver,
Ceux que l’on croise un soir à la porte du bout !

Ô mystère tant profond qui enveloppe l' Infini
Qui nous a donné ces moyens de l’esprit !
Chaque jour sur cette terre tourmentée
Est sa question sans cesse posée.

Et si, avant que ne se décuple la force de renaître
Ce courageux espoir en une quelconque lumière,
Une graine nouvelle s’annonçait jalousement à faire naître
Une joie disséminée flottant aux souffles de la Terre.

Gilbert Czuly-Msczanowski 

Les routes de l'infini

"Les routes de l'infini"

La Cappadoce vue du ciel (Turquie)

Lansardière Michel 

Samaya

"Samaya"

Danielle Davin

Les Coeurs s'envolent... ♥♥♥


Sur ce blanc parchemin
Déjà les mots que rien ne retient
Volent à leur destin...
 
Les laisser choir
Alors qu'ils sont tellement porteurs d'espoir
serait illusoire...

Sous le poids qu'ils traînent
Ceux-ci s'enchaînent
et se déchaînent sans peine...
 
Mon Coeur qui peine à les soutenir
Ne peut plus les retenir
D'un ultime élan, les laisse partir...
 
Des couplets, sans forme
Au hasard, prennent forme
Pour finalement s'ajuster...
 
Sur une feuille blanche
Les mots se perdent et se rejoignent
Pour atteindre ton Coeur...
 
Marianne Leitao

Go to the sky

"Go to the sky"
 Michel Marechal

Ce florilège est tellement merveilleux .

Merci Monsieur Paul de ces jolies conjugaisons et Liliane pour son optimisme et son non-renoncement.

J'ai pris plaisir à unir toutes les pensées.  Voilà :

"Tous ces chemins qui ne mènent nulle part
Et parfois plus loin qu'on ne croyait ;
Arrête, saisis l'instant, hors de lui tout n'est qu'errance,
Dégage la tête, le coeur pourra croire au bonheur ;
Je n'aurais pas marché ce si long chemin
Et tant sacrifié pour tout perdre soudain en vain ;
Toi et moi nous cheminons ivres de joie ;
Il doit y avoir un monde
Comme offrande de chaque chemin ;
Je vais d'étonnement en étonnement
Et donne des ailes à toutes choses ;
Azur, avenir ou éveil
L'homme asservi se réveille.
Et si une graine nouvelle s'annonçait
A faire naître la joie du souffle de la Terre "

Dans l'ordre : Martine, Jacqueline,  Rebecca, Nada, Patrick,  Martine, Joëlle, Gilbert.

Gilbert Czuly-Msczanowski 

Tunnel

"Tunnel"

Danielle Bellefroid

Dans la houle de nos regards

Quand les nuages se font roses et violets

Et la lune se fait blanche cristalline

Nous cheminons les mains enlacées

À l’ombre des platanes dénudés

Ta bouche à mes lèvres

Assouvit mes rêves filigranes

Et dans la houle de nos regards

Scintille une joie frivole

16/01/12

   Nada 

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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Chanson Avava Inouva de Idir.

Alger, le 5 mai 2020.

A l’attention de Monsieur Robert Paul

Faisant suite à votre demande au sujet de la traduction de la chanson « Avava Inouva », j’ai le plaisir de vous convier à la lecture du conte d’où est tirée la dite chanson ainsi que sa traduction de la langue de tamazight (variante Kabyle) vers la langue française. Bonne lecture à vous et à nos ami(e)s. Agréable journée. Louhal Nourreddine. 

 

Conte de chez-nous

Il était une fois « Avava Inouva »

 

Ce conte date de l'époque où les animaux étaient doté du don de la parole et faisaient la causette aux hommes. En ce temps-là, l’étrange et le mystère cohabitaient dans une « taddart » (village) situé au piedmont du Djurdjura[1] où vivaient aussi cinq garçons qui faisaient la fierté de leur papa qui n’avait d’yeux que pour sa fille adorée prénommé Rova.

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Doté d’une force herculéenne, chacun des mâles inspirait aux villageois de l’estime mais aussi de la crainte mêlée de respect. Et pour cause, l’un comme l’autre de la fratrie pouvait fendre la terre d’un seul coup de massue ou de terrasser d'un seul coup de poing le plus fort des bœufs de labours. Si tant que nul « étalon » ou « coq » du village n’osait conter fleurette à la belle Rova, car il lui en cuira par un de ses frères.

 

Cajolée et aux petits soins par les siens, Rova avait tout pour être heureuse dans l’intérieur douillet de la chaumière parentale.

 

Et comme l’exige la tradition, les villageois se rencontraient tous les soirs que Dieu fait à l’agora de la place du village où se briefe l’actualité du village mais aussi le vote à main levée lorsqu’il s’agît d’arrêter d’importantes décisions qui engagent l’avenir des villageois. A ce propos, la « tadjmâat » est l’équivalent de l’hémicycle d’un parlement où les litiges nés des contentieux entre les villageois y trouvaient la solution au cas par cas.  

 

En ce sens, les décisions de la « tadjmâat » recueillaient l’adhésion des villageois eu égard à l’intégrité et à l’impartialité de ses membres. C’est dire que la « Tadjmâat » fait depuis la nuit des temps et jusqu’à nos jours, force de loi.

 

C’est dire que la vie au village se déroulait tel un fleuve tranquille et qu’aucun nuage ne vient assombrir le ciel des villageois.

 

Alors, et pour qu’il y’ait de l’ordre, la justice divine était prompt à sévir bien avant celle des hommes. Si tant qu’il ne faut pas faillir sous peine de provoquer l’ire céleste sur le champ. Alors, craignant d’être châtié, les villageois avaient intérêt à filer droit. Et c’est dans l’ambiance chaude bouillante de la prise de parole et du débat à bâtons-rompus que le père de l’exquise Rova a commis l’inconvenant  acte de flatuosité aux relents nauséabonds.

 

Honteux ! Et désireux de se soustraire vite aux regards de ses pairs, le papa s’est assis à même le sol où il s’est collé aussitôt pour l’éternité. Du reste, ni la force unie de ses enfants ni l’union de la force des villageois n’a pu l’arracher au sol. D’où la décision des villageois de bâtir autour du malheureux péteur un « axxam » (lire : Akham qui signifie maison en kabyle) afin qu’il soit à l’abri du froid et hors de portés des animaux errants, dont de féroces prédateurs. Notamment l’ogre « Ouaghzen » qui guette sa proie à l’instant même où dame-nuit étend son manteau noir sur le village. Seule dilemme, on cala la porte de la hutte pour empêcher d’éventuelle intrusion.

 

Séparé ainsi de ses enfants, c’est la douce Rova à qui incombe désormais la tâche de subvenir aux besoins alimentaires de son papa à midi et le soir pour le dîner. Rusé, le papa a eu cependant l’idée de dérouter les prédateurs. Pour se faire, il convient d’un mot de passe avec sa fille qui consiste à dire : « Txilek elli yi n taburt a Vava Inouva » (Papa Inouva, ouvre-moi la porte, c'est moi ta fille Rova !) Au tour donc du père de lui répondre : «Čenčen tizebgatin-im a yelli ɣriba ah !»  (Fais tinter tes bracelets, Rova, ma fille !) S’en est ainsi jusqu’au jour où un ogre a eu vent de l’astuce.

 

Et le soir venu, l’hideuse créature tambourina à la porte et énonce le sésame convenu. Confiant, le papa poussa du pied la cale et vit l’horreur hirsute. Et avant qu’il n’ait le temps de crier que déjà les crocs de l’ogre se refermèrent sur lui.

 

Et en trouvant la hutte ouvert, Rova a eue un mauvais pressentiment et découvre horrifié ce qui restait de son papa. Criant et pleurant à chaudes larmes, Rova tenta de fuir à son bourreau. Mais en vain, l’ogre la captura et l’emmena sur son épaule comme un butin-dessert. Seulement, c’était compter sans les frères de Rova, qui ont entendu les cris de détresse de leur sœur. Aussitôt, ses frères sonnèrent l’hallali. N’est-elle pas l’enfant mascotte de la famille la Rova ? A ce titre, la battue s’est avérée fructueuse, par la victoire des quatre frères qui ont terrassé l’ogre et délivré la belle Rova. Victorieux, ils sont portés en héros par les villageois qui n’auront plus peur de l’ogre.

Louhal Nourreddine

Le 5 mai 2020.

 

 

« A Vava Inouva »,

Une chanson inspirée d'un conte Kabyle

 

La chanson «  A Vava Inouva » est inspirée d’un conte kabyle et qui se présente tel un dialogue entre un homme et une femme. Voici la traduction du tamazight vers la langue française :

 

Refrain :

- Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte

- O fille Ghriba fais tinter tes bracelets

- Je crains l'ogre de la forêt père Inouba

- O fille Ghriba je le crains aussi.

 

Le vieux enroulé dans son burnous

A l'écart se chauffe

Son fils soucieux de gagne pain

Passe en revue les jours du lendemain

La bru derrière le métier à tisser

Sans cesse remonte les tendeurs

Les enfants autour de la vieille

S'instruisent des choses d'antan

 

Refrain :

- Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte

- O fille Ghriba fais tinter tes bracelets

- Je crains l'ogre de la forêt père Inouba

- O fille Ghriba je le crains aussi

 

La neige s'est entassée contre la porte

L’« ihlulen » bout dans la marmite

La tajmaât rêve déjà au printemps

La lune et les étoiles demeurent claustrées

La bûche de chêne remplace les claies

La famille rassemblée

Prête l'oreille au conte

 

Refrain :

- Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte

- O fille Ghriba fais tinter tes bracelets

- Je crains l'ogre de la forêt père Inouba

- O fille Ghriba je le crains aussi 

 

Source : Music-Berbère.com

 

Paroles de Mohamed Ben Hamadouche dit Ben Mohamed et musique de Idir né Cheriet Hamid (1949-2020).

[1] Le Djurdjura (prononcez en berbère : Ǧerǧer), est un massif montagneux du nord de l'Algérie, sur la bordure méditerranéenne, constituant la plus longue chaîne montagneuse de la Kabylie. De forme lenticulaire, ses limites naturelles vont des environs de Bouzareah, à Alger jusqu’à au mont Yemma Gouraya à Béjaïa, s'étalant donc sur une longueur de près de 250 km. Il appartient à la chaîne de l'Atlas. (Source : Wikipédia).

 

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Un soir... Un livre...

2014 "Funambule..."

En s'accrochant aux branches de l'instant, la vie tant bien que mal recherche un équilibre...

Entre hasard et maîtrise du temps, quelques éclats de bien être la font avancer, même jubiler...

Alors, tel le funambule si vulnérable, on pourra se sentir heureux d'avoir rêvé sur un fil entre ciel et terre...

D'avoir aussi tenté de décrire en quelques phrases nos bonheurs éphémères...

Donner à des mots un rythme, une musique qui les tient en équilibre, c'est un peu le défi de la poésie!

Un extrait avant d'aller dormir?

FUNAMBULE?

Un fil ou une route?

Il n'y a aucun doute...

Ce fil sera tendu

D'une route à perte de vue!

Même quand la peur au ventre

Il ne faut pas attendre!

Avec un balancier

Essayer de se guider

Alors en funambule

Faire éclater sa bulle

Si on est disloqué

Au moins on a tenté!12273324058?profile=original

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Du 26-09 au 14-10-12 se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles) une exposition intitulée BERNADETTE REGINSTER, ARTISTE PLURIELLEqui ne manquera nullement de vous séduire.

Plurielle, elle l’est assurément et lorsqu’on lui demande dans quel style elle se sent le plus à l’aise, l’artiste met en avant la caractéristique majeure qui anime, selon ses dires, le signe des Gémeaux : l’empressement, carrément vital, à tout faire vite et bien ! En effet, tout ressort à fleur de peau chez Madame BERNADETTE REGINSTER. Cela est perceptible tant dans ses tableaux basés sur la technique du collage que sur ses œuvres en technique mixte.

Cela se ressent aussi et surtout dans l’émergence qui s’exprime dans la résurgence de cette « image-fantôme » représentée dans la plupart de ses tableaux centrés sur des vues de New-York, à savoir l’ombre des Twin Towers. L’artiste les fait, en quelque sorte, rejaillir de Ground Zero, pour les faire revivre sur la toile.

Le 11 septembre 2001 demeure une date phare dans la vie de l’artiste. Depuis longtemps, elle désirait se rendre à New-York pour voir le World Trade Center, à Manhattan. Malheureusement, Ben Laden s’est interposé entre elle et son rêve…Et depuis lors, BERNADETTE REGINSTER ne cesse de le ressusciter, non pas comme une réalité tangible mais à l’état de silhouettes vaporeuses, existant par leur présence tout en s’effaçant dans un improbable lointain que restitue la toile, terrain fertile de notre mémoire.

L’artiste ne systématise jamais. Tout est dans l’émotion. Ses collages en témoignent le mieux. BOWERY(2010 – 100 x 100 cm – technique mixte)

 

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associe passé et présent dans le même cadre. Le passé est symbolisé par des vieilles torpédos des années ’30 qui rappellent l’atmosphère, à la fois glauque et envoûtante, des films noirs. Le présent, lui, se concrétise par des stries faisant office de déchirures. Pour l’artiste, New-York est une ville déchirée qui garde une plaie béante.

BERNADETTE REGINSTER entretient une dialectique particulière avec les sujets de ses toiles.

Elle ne peut s’empêcher de les déplacer en les permutant de toile en toile. Il arrive aussi qu’elle les reprenne à l’intérieur d’une même œuvre, à l’instar de TIMES SQUARE(2010 – 1OO x 100 cm – technique mixte) dans laquelle l’axe vivant de la ville est repris plusieurs fois dans des angles différents.

 

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Cette volonté de « faire revivre » New-York témoigne également d’un travail d’archéologie sur la mémoire collective. En effet, au cours d’une précédente exposition tenue dans cette ville, l’artiste a soulevé la curiosité de certains newyorkais qui ignoraient jusqu’à l’existence de certaines photographies, tellement celles-ci étaient anciennes – quelques unes remontent à la fin du 19èmesiècle ! L’artiste utilise des documents qui vont de 1890 à 1930. De quoi donner à la mémoire collective matière à réflexion!

Artiste plurielle, BERNADETTE REGISTER l’est également dans la délicatesse du trait. Cela se perçoit dans ses petites encres intitulées OPUS(1998 – 24 x 30 cm), lesquelles mettent en exergue son grand talent de graphiste dans l’extrême finesse du rendu résultant du noir et blanc, ainsi que dans le savant mélange du rouge et du noir, obtenant ainsi un juste balancement chromatique.

 

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L’artiste est aussi sculptrice. A partir de tuyaux d’arrosage elle a conçu des silhouettes filiformes campées en couples enlacés. Et lorsqu’on lui demande si, de près ou de loin, elle a été influencée par ALBERTO GIACOMETTI, l’artiste que la question semble surprendre, confesse qu’elle n’y avait jamais pensé, même si elle adore l’œuvre du sculpteur suisse. Elève à l’Académie de Woluwé St. Pierre, elle poursuit sa formation en sculpture. Le groupe d’œuvres exposées présentent une étude de variations sur le mouvement. Chaque sculpture est « figée » dans une torsion, présentée comme un « moment » définissant l’attitude des personnages. Les titres qui les accompagnent sont extrêmement évocateurs : REGARDS, ENLACEMENT, INTIMITE….ils sont, en quelque sorte, des réminiscences remontant à l’adolescence de l’artiste, lorsque celle-ci étudiait la danse classique.

 

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A partir d’une clé usb, BERNADETTE REGISTER sélectionne des photos (notamment celles qui ont servi pour les TWIN TOWERS, à New-York), et travaille sur grand format. Toujours poussée par son empressement à aboutir à la vitesse de la lumière, elle privilégie l’acrylique car elle sèche très vite au détriment de l’huile, trop lente à se fixer.

Le visiteur le constate aisément dans BRUME(2012 – 80 x 80 cm - acrylique).

 

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Cette œuvre présente essentiellement deux zones (une rouge et une blanche) s’entrechoquant, créant un embrasement chromatique, à l’origine d’une brume incandescente. Technique et rendu coïncident car l’émotion que cette œuvre dégage ne peut se créer que par fusion instantanée.

BERNADETTE REGINSTER, qui a fréquenté les Ateliers Malou, en plus d’avoir entrepris des études artistiques d’Architecture d’intérieur au C.A.D Brussels (Private College for Advertising and Design in Brussels) , lesquelles ont grandement contribué à maîtriser le dessin ainsi que les mises en couleurs, est assurément une grande artiste. Une créatrice qui, au travers de ses œuvres, se cherche constamment au détour d’une émotion, véhiculée par la nécessité de la vitesse.

 

François L. Speranza.

 

Une publication

Arts
12272797098?profile=originalLettres

N.-B.: 

Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement.

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Un soir... Un livre...

12273322479?profile=original2013 "La vie et plus…"

Elle est cachée derrière des mots, au détour d'un chemin, miracle d'un moment. Nichée dans un regard, perdue dans un cafard! Elle ressurgit soudain quand on l'attend le moins… la vie et plus!

Un petit extrait avant d'aller dormir? :

FANTASME...

Partir, partir comme un oiseau

Et traverser tous les nuages

Atteindre ce ciel où tout est beau

Sans qu'il soit besoin de langage!

Planer, planer avec ivresse

Pour de loin admirer la terre

Ne plus ressentir de détresse

Ni mettre la tête à l'envers!

Frôler, frôler le soleil d'or

Se réchauffer à ses rayons

Ne plus jamais craindre la mort

Apprendre à vivre sans ce poison!

Aimer, aimer avec distance

En connaissance de solitude

Ensuite gérer nos différence

Ainsi créer une fortitude!

Chanter, chanter même si c'est faux

Et faire entendre une voix claire

Et puis oublier tous les maux

Penser à vivre, non plus à plaire!

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Un soir... Un livre...

"Murmure..." 2012

Pourquoi Murmure…? Qu'est-ce qu'un poème?

Un cheminement de la pensée, un cri, une révolte, une souffrance, une saveur?

Mais toujours une émotion qui devient si intense qu'on a envie de s'en expliquer, de s'en libérer en la couchant sur le papier avec le fol espoir que ce murmure… qui cherche le rythme et qui accompagne l'écriture devienne un partage, trouve un écho…?

Un petit extrait :

LE RYTHME DES JOURS...

Dans le rythme des jours, j'ai perdu ma pensée

Egaré mes désirs et compté mes années...

Comme soleil qui décline s'enflamme à l'horizon

Mon cœur enfin s'embrase et change d'opinion!

Et tout ce qui semblait des trésors autrefois

Dans le jour qui se lève ne sont plus d'aucun poids!

La liberté me grise et m'effraie à la fois

Et je ressens enfin soudain… comme un hymne à la joie!12273330287?profile=original

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administrateur partenariats

12273329659?profile=original

"Au fond de mon jardin"

Aquarelle Liliane Magotte

Je ne ferai pas ce voyage
j’irai jusqu’à l’arbre
au fond du jardin
qui m’amènera plus loin

il me racontera son histoire
de feuilles d’oiseaux
de vent et d’éternité
je lirai à voix haute des poèmes
sur les choses perdues
nos rêves éperdus
le temps retrouvé

le soir tombé
une paix nous gagnera
qui n’aura rien à voir
avec le sommeil
......................................


Martine Rouhart

12273330065?profile=original

"Aquarelle par Ninette", illustration proposée par

Louis Van Cappellen

Un partenariat

Arts

12272797098?profile=original

Lettres

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Un soir... Un livre...

12273327291?profile=original2011 "Feuillet d'automne"

Effeuiller les souvenirs, la vie et les pensées qu'elle suscite… et en faire un recueil, rêvant que le lecteur le feuillette peut-être au coin d'un feu en se laissant aller à lire tout haut pour mieux s'en imprégner et prendre plaisir au rythme et aux battements de cœur de ces feuillets d'automne...

Un petit extrait (avant d'aller dormir?)

Comme...

Comme un enfant perdu

Qui  se retient de pleurer

Pour ne pas perdre espoir!

Comme un oiseau blessé

Qui craint de se poser

Et s'acharne à voler dans le noir!

Comme un soldat paumé

Qui cherche en vain le gué

Poursuit sa route pour y croire!

Comme l'ombre qui s'étend

Tout au loin près de l'étang

Et lentement disparaît avec le soir!

Comme un cœur qui attend

Depuis bien trop longtemps

Et confie à la brune son désespoir!

Je veux écrire partout

Mes rêves les plus fous

Comme… un cri de victoire!

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Un soir... un livre...

"Au fil des âges" 2009

De l'adolescence à l'âge mur le regard que l'on porte sur la vie n'est pas forcément différent, ce contrairement aux idées toutes faites.

En mettant bout à bout les textes écrits hier et ceux d'aujourd'hui, j'en ai fait le constat sans m'étonner vraiment...

Ce doit être parce que la poésie pour s'exprimer a besoin d'une réflexion qui, si elle est profonde, est finalement intemporelle...

Un petit extrait avant d'aller dormir?

ON M'A DIT :

On m'a dit : C'est seulement dans la souffrance que l'on est grand.

Je voudrais tant être restée petite, sans peines et sans tourments.

On m'a dit : Il faut fuir le bruit pour trouver la paix et l'oubli.

Je voudrais bien ne plus entendre ce silence qui m'assourdit!

On m'a dit : Si tu veux être sage, veille à ne pas trop rêver.

Je voudrais tant savoir où finit ce cauchemar de la réalité?

On m'a dit : Aux trop beaux serments il ne faut jamais croire.

Je voudrais bien avoir gardé ne fût-ce

qu'un tout petit peu d'espoir!

On m'a dit : Si tu savais! Une si longue et raisonnable prose

Je voudrais bien oublier que sans rien dire

tu contais tant de choses...12273325471?profile=original

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Présentation et bibliographie...

D'aussi longtemps que je m'en souvienne, j'ai toujours été intéressée par le théâtre et la poésie.

Très jeune j'écrivis des poèmes que j'enfuis dans une boite.

Ensuite, il y eut la vie…

Aussi ce n'est qu'en 2009 que je pris le temps d'en envoyer un choix à un éditeur.

Depuis, voici ma bibliographie :

Aux éditions Baudelaire

Au fils des âges…, 2009

Insomnies, 1010

Feuillets d'automne…, 2011

Murmure…, 2012

La vie et plus…, 2013

Funambule…, 2014

La couleur des mots…, 1015

Entre deux pluies…, 2016

Vertiges, 2017

Eclats de voix, 2018

Racines, 2019

Aux éditions Acrodacrolivres

Un petit goût de quinquina, 2015 Roman

Aux éditions Atramenta

Un penny pour vos pensées, 2016 Roman

A fleur de peau, 2016 Nouvelles

Un double des clés, 2017 Roman

Un petit détour, 2019 Histoires courtes

Chez LC Productions

A l'encre de ma vie, 2019, CD avec la complicité musicale de Pascal Michaux (la poésie autrement…)

Contretemps, une pièce de théâtre (en attente d'être jouée fin 2020 ou en 2021?)

Et sur le feu : Un douzième recueil prêt pour l'éditeur, quelques nouvelles et billets d'humeur, et le début d'un quatrième roman….

Boulimique de travail et paresseuse… je suis en vie!

J.G.

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12273324895?profile=originalCarlos Mérida
Quetzaltenango (Guatemala), 1891-Mexico, 1984
Projection d’une chasse
(huile sur toile, 1938)

      İ Caramba ! il ne faudrait pas que ces trois grands chênes d’Amérique que sont Rivera, Orozco et Siqueiros cachent une forêt de talents. Aussi poursuis-je ici la revue des troupes de cette armée mexicaine de peintres dont le talent mérite d’être signalé.

      A commencer par des peintres muralistes ou rattachés à ce mouvement pictural. Ainsi rendons justice à : Ramόn Cano Manilla (1888-1974), Ernesto El Chango García Cabral (1890-1968), Carlos Mérida (1891-1984), Amado de la Cueva (1891-1926), Emilio García Cohero (1895-1939), Xavier Guerrero (1896-1974), Manuel Guillermo de Lourdes (1898-1971), Emilio Luis Amero Mimiaga (1901-1976), Juan O’Gorman (1905-1982), Julio Castellanos González (1905-1947), Francisco Montoya de la Cruz (1907-1994), Jorge González Camerena (1908-1980), Alfredo Zalce Torres (1908-2003), Luis Arenal Bastar (1909-1985), José Chávez Morado (1909-2002), Fancisco Eppens Helguera (1913-1990), Raúl Anguiano (1915-2006), Fernando Castro Pacheco (1918-2013), Francisco Pancho Mora (1922-2002), Arturo Monroy Becerril (né en 1924), Arturo Estreda Hernández (né en 1925), Arturo García Bustos (1926-2017) ou Guillermo Bravo Morán (1931-2004), pour simplement les nommer car trop souvent ignorés même de volumineux traités (cf. Les précurseurs dans un précédent chapitre).

Comme si, lorsqu’on est provincial, certains étaient actifs à Durango par exemple, il était difficile de retenir l’attention. Hors les murs de Mexico point de salut.

Ou, guère plus valorisant, relégués au rôle d’assistants, ombres de la main du Maître. Maître à qui on attribue le mérite. Et dans l’ombre de son ombre il est pourtant patent que la première muraliste fut une femme, Aurora Reyes Flores (1908-1985), peintre et poétesse. Tant, ainsi que le disait María Izquierdo (1902-1955), « Ce n’est pas facile d’être une femme et d’avoir du talent », ou, pour Camille Claudel en 1913 depuis son asile-exil, « C’était bien la peine de tant travailler et d’avoir du talent pour avoir une récompense comme ça. »  

 

12273325292?profile=originalJuan O’Gorman
Coyoacán, 1905-Mexico, 1982
Projet de monument pour La Naissance de Vénus
(détrempe sur contreplaqué, 1976)
Où les mânes du Facteur Cheval, Dada et le Surréalisme, planent…
Comme dans le jardin tropical de Las Pozas d’Edward James.

Aussi et avant tout architecte, il réalisa notamment la villa de San Ángel

pour Diego Rivera (la maison rose) et Frida Kahlo (la maison bleue).

Ces maisons jumelles et fonctionnalistes sont devenues un

 musée dédié aux trois artistes, le

Museo Estudio Diego Rivera de San Ángel, Mexico.

12273326058?profile=originalFaites entrer la lumière :

fonctionnelle avec ses deux ateliers indépendants, construite en 1933 par Juan O’Gorman selon des principes établis notamment par Le Corbusier (1887-1965), Walter Gropius (1883-1969), le fondateur du Bauhaus, ou Ludwig Mies van der Rohe (architecte allemand naturalisé américain, né en 1886 comme Diego Rivera à qui il ressemblait étrangement, mort en 1969).

Vingt ans plus tard, dans le même quartier de San Ángel, O’Gorman construisit une autre maison, inspirée cette fois du Palais idéal de Ferdinand Cheval (1836-1924).

La Maison Picassiette (Raymond Isidore, 1900-1964) n’est pas loin non plus.

Cette deuxième maison à San Ángel sera démolie en 1969.

Du fonctionnalisme au surréalisme…

Curieuses correspondances

 (photo captée sur le Net)

      Libérateur, le mouvement muraliste, né de la Révolution, porté par les « Trois Grands », devint école. Ecole qui se transforma rapidement en système, avec ses commandes publiques. Système qui entraîna la sclérose lorsque « La charge idéologique et didactique devient l’obstacle qui s’interpose fréquemment entre le spectateur d’aujourd’hui et les peintures de Rivera, d’Orozco et de Siqueiros. », Octavio Paz.

12273326456?profile=originalCarlos Mérida
Quetzaltenango (Guatemala), 1891-Mexico, 1984
Scène vaudoue
(huile sur toile, 1929)

« Ne vois-tu pas que le ciel est rouge ?
et jaune est le pré
Que les oranges ont un goût de rose. »
                                                                                  José Moreno Villa (1887-1955)

« Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange. »

Louis Aragon (1897-1982)

Alors se dégagent de nouvelles forces libératoires qui feront des années trente les plus bouillonnantes et les plus fécondes artistiquement. Et change la vision des choses.
       Certains feront des détours du côté du surréalisme (un surréalisme souvent de circonstances), Mérida toujours, ou Rufino Tamayo (1899-1991), qui fit l’essentiel de sa carrière aux Etats-Unis (déjà rencontré dans le billet consacré à son rival, Siqueiros). Et autres « Peintres de Mexico » (appellation d’origine contrôlée par Breton), Roberto Montenegro Nervo (1885-1968), Antonio ‘El Corcito’ Ruiz (1892-1964), Augustín Lazo Adalid (1896-1971), Manuel Rodríguez Lozano (1896-1971), Guillermo Meza Álvarez (1917-1997).

12273326490?profile=originalCarlos Mérida
Quetzaltenango (Guatemala), 1891-Mexico, 1984
L’amour est libre
(huile sur toile, 1940)
On peut penser à Mirò,
à Buñuel (mort au Mexique en 1983) et à Dalí,
à Un chien andalou
mais peut-on y penser en se rasant ?...

      En 1940 une « Exposiciόn internacional del surrealismo » se tint à la Galeria de Arte Mexicano avec des artistes tant européens (Ernst, Magritte, Mirò, de Chirico, Picasso, Dalí, Tanguy…) que locaux (Lazo, Lozano, Montenegro, Meza et Ruiz, ainsi que Mérida, bien que d’origine guatémaltèque, et José Moreno Villa, d’origine espagnole), cantonnés parmi les « Peintres de Mexico ». Kahlo, Rivera, pourtant peu « surréalistes », étant intronisés dans la section internationale. Le tout coordonné par Wolfgang Paalen et le poète péruvien César Moro*1, évidemment adoubé par Breton qui entend éminemment voir démontrée son intuition que « le Mexique tend à être le lieu surréaliste par excellence ».
Lieu que le poète et mécène Edward James (1907-1984) investit, installe et met en scène folies, ménagerie et sculptures pour en faire le jardin surréaliste idéal à Las Pozas sur la commune de Xilitla dans la Sierra Madre orientale. Utopie qui fit dire à son ami Salvador Dalí qu’il était « le seul fou authentique », « plus fou que tous les surréalistes réunis. » Et la jungle de La Huasteca devint son paradis, sa cité perdue, son « Xanadu surréaliste », le palais d’un Grand Khan émerveillant le Marco Polo de passage en ces lointaines et mystérieuses contrées.
Alors le Mexique, surréaliste ? Oui, si on veut, mais en Union libre,


« Ma femme à la langue d’hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable. »
                                                                                                    André Breton, 1931

12273327054?profile=originalAntonio Ruiz
Texcoco, 1892-Mexico, 1964
Le rêve de La Malinche
(huile sur masonite, 1939)
Ecartelée entre le songe et la réalité…
Car tout est bon pour s’aliéner les naturels.
Le rapt destiné à former des interprètes par « truchement »,
l’alcool, le travail forcé, la spoliation, le massacre pur et simple,
mais aussi le métissage. Ainsi Hernán Cortés et la Malinche,
Garcilaso de la Vega et la princesse inca Chimpu Ocllo,
John Rolfe et Pocahontas…
Enracinée, car ici le surréalisme est bien ancré dans le réel.

« Oh, mes enfants ! Où pourrais-je vous emporter pour ne pas vous perdre ?» se lamentait la déesse Cihuacόatl lors de la Conquête du Mexique.
Une histoire qui, mêlée à celle de la Malinche, est à l’origine de la légende de La Llorona, « La Pleureuse » déambulant vêtue de blanc.
Qui ne sait rien de l’amour, Llorona
Ignore ce qu’est le martyre.

Ce qui n’empêche pas un certain humour noir, si prisé des surréalistes en général et de Breton en particulier qui en fit une anthologie. Aussi auraient-ils sûrement apprécié l’esprit de ce quatrain extrait d’une ballade traditionnelle mexicaine, Rosita Alvirez, inspirée d’un fait divers survenu en 1883 (ou 1900 selon la chanson).


« La nuit qu’on la tua,
Rosita eut de la chance :
Des trois balles qu’elle reçut,
Une seule était mortelle. »


Fatalisme latino-américain… Une mort vaut bien quatre vers pour qu’elle rengaine. Et Rosita aimait danser, alors pensez, trois balles.
Laissons passer cette oraison funèbre…

« Toi comme moi avons l’œil terne, pierre
Comme moi tu rêves d’un cataclysme
Parmi l’humidité la sécheresse ou le temps indifférent
Une même soif nous accable
Pareil destin : la terre l’ennui
De trop t’avoir fixée ô pierre
Me voilà dans l’exil
Parlant un langage de pierre
Aux oreilles du vent… »
                                                                                 César Moro, Pierre mère, 1943

12273327086?profile=originalJuan Carlos Bracho
Cosautlán de Carvajal, 1899-Mexico, 1966
La Race
Onyx-calcaire vert du Mexique, 1938
Où le festonnage de la pierre évoque nos circonvolutions,
la persistance de la mémoire.
Quand le rêve s’inscrit dans le marbre…
Nul besoin d’interprète, de divan.
Ou, pour paraphraser Magritte,
« L’art, tel que [les artistes mexicains] le conçoi[vent], est réfractaire à la psychanalyse. »
Il n’empêche, le sculpteur a ici habilement su jouer sa partition,
conjuguant son vocabulaire à l’écriture de la pierre,
ce qui n’aurait pas été non plus sans déplaire à Roger Caillois*2.

D’autres se tourneront vers le cubisme ou l’abstraction…

12273327673?profile=originalFernando García Ponce
Mérida, 1933-Mexico, 1987
Présence III
(acrylique, 1973)

      On peut dire que les Street artists contemporains, de Jean-Michel Basquiat à Kara Walker, en passant par la Renaissance de Harlem pendant l’entre-deux guerres, doivent beaucoup aux muralistes mexicains.
       Au Mexique même, un renouveau de l’art mural et de son esprit communautaire a vu le jour avec notamment le collectif d’artistes Tlacolulokos d’Oaxaca, animé par Javier Dario Cánul Melchor et Cosijosea Eleazar Cernas García, dont l’objectif est de redonner la parole au peuple indigène et de lutter contre les trafics, la corruption et la discrimination qui gangrènent le pays.
Ou encore Spaïk, les duos Cix Mugre, aux couleurs électrisantes, et Duek Glez avec qui il collabore généralement signant Cix&Duek, ou Octavio Alegria qui travaille avec l’Espagnole Ester del Prado pour former Alegria del Prado. Modernes et colorées leurs œuvres monumentales sont fortement ancrées dans la tradition et la mythologie préhispanique, avec cette touche de fantastique, de surréalisme qui fait souvent le charme du street-art. Avec eux le muralisme s’ouvre au XXIe siècle, de nouvelles pages s’écrivent sur les murs de nos villes. La rue est devenue livre ouvert sur le monde.
Et Mexico, une nouvelle Roma*3 ?
Roma ville ouverte, Roma sous les bombes de graffeurs fous qui signent généralement d’un pseudo (Andrik Noble, Franc Mun, Neza, Revost, Sego y Ovbal, Saner, Smithe, mais aussi Jorge Telleache). Et si, dans les quartiers, les hommes dominent, des femmes (Paola Beck, María Antonieta Canfield, Sofía Castellanos, Paola Delfín, Lourdes Villagόmez), teintes souvent plus douces et sensibilité environnementale plus affirmée, sont également très actives. Galeristes, spéculateurs et tour-opérateurs sont déjà en embuscade.
Les murales s’offrent une nouvelle jeunesse.

Passant, rafraîchis-toi…
Sirop de la rue, urbaine liqueur, les graffeurs investissent les rues
et nous interpellent avant que la police ne le fasse.

12273328286?profile=originalTlacolulokos (Dario Cánul et Cosijosea Cernas)
Para entrar al barrio (Pour entrer au quartier)
(fresque, Tlacolula de Matamoros, Oaxaca, 2017)
L’état d’Oaxaca, dont Tlacolula de Matamoros est aujourd’hui le chef-lieu, fut le cœur de la civilisation zapotèque. Avec cette expression d’une fierté revendiquée on est loin du stupide graffiti laissé par un tagueur qui n’exprime au mieux que son ego. Ici couleurs vives et messages forts sont des moyens de lutte contre la violence et l’illettrisme qui règnent dans le pays.
(photo captée sur le net)

      Tous ont aussi une dette envers la photographe Lola Álvarez Bravo*4 (née Dolores Martinez de Anda, 1903-1993), connue pour ses reportages et ses portraits de Frida Kahlo, qui innova en réalisant en 1948 les premiers muraux à partir de montages photographiques (elle mit également sur pied la seule exposition personnelle consacrée à Frida Kahlo de son vivant et dans son propre pays, au printemps 1953).

Les stridentistes enfin, groupe formé par le poète Manuel Maples Arce le 31 décembre 1921, avec des peintres tels Ramόn Alva de la Canal, vu au chapitre précédent, Germán Cueto, peintre et sculpteur, Fírmin Revueltas (1901-1935), ou Leopoldo Méndez (1902-1969).
Ce dernier, graveur digne successeur de Posada, fonde en 1937 l’Atelier Graphique Populaire (TGP) avec Pablo O’Higgins (1904-1983) et Luis Arenal Bastar (1909-1985).
       Le Taller de Gráfica Popular est un véritable chaudron où, autour de Méndez toujours très activiste, on conspue le fascisme, le capitalisme, le cléricalisme… et burine à tout va son effroi dans de féroces charges.
Une auberge (posada) mexicaine où gravitent graveurs et peintres en colère de Dieu tels Ignacio Aguirre (1900-1990), Everardo Razmírez Flores (1906-1992), Ángel Bracho (1911-2005), Antonio Pujol Jiménez (1913-1995), Jesús Escobedo Trejo (1918-1978), Gonzalo de la Paz Pérez (1919- ?), Francisco Pancho Mora (1922-2002)… pour ne citer que les moins connus.

12273328299?profile=originalAffiche réalisée par le TGP pour la Fédération des Travailleurs en soutien à Adolfo Ruiz Cortines (1889-1973).
Président du Mexique de 1952 à 1958, il poursuivit une politique d’industrialisation.
1952 est aussi l’année où les Mexicaines obtinrent le droit de vote.
(photo captée sur le net)

      On pourrait croire cet univers exclusivement masculin. Il n’en est rien. Fréquentèrent ce milieu de nombreuses graphistes. Œuvrant pour la liberté je ne saurai sans les nommer vous parler d’elles.

12273329090?profile=originalSarah Jiménez Vernis
Guyen Van Troy (xylographie, 1966)
Nguyễn Văn Trỗi (1940-1964) était un combattant Viêt-Cong pour le Front national de libération du Sud Viêt Nam. Il fut exécuté après une tentative d’attentat contre le Secrétaire à la Défense des Etats-Unis et l’ambassadeur américain. Contre l’impérialisme, il brandit une affiche à la gloire du Président de la République démocratique du Viêt-Nam, Hô Chi Minh.
(photo captée sur le net)

Sans plus de protocole, voici donc Elena Huerta Muzquiz (1908-1997), également muraliste ; Elizabeth Catlett Mora (1915-2012), d’origine afro-américaine elle fut aussi sculptrice et l’épouse du peintre Francisco Mora cité plus haut ; Celia Calderόn (1921-1969), par ailleurs aquarelliste ; Fanny Rabel*5 (née Rabinovitch, 1922-2008), excellente dessinatrice et pionnière du muralisme ; Mariana Yampolsky Urbach (1925-2002), américaine de naissance elle fut de plus une personnalité majeure de la photographie mexicaine ; Andrea Gόmez y Mendoza (1926-2012), pour le reste muraliste ; Sarah Jiménez Vernis (1927-2017), à la pointe sèche et acérée. Ou encore la plasticienne Leticia Ocharán (1942-1997)… Souvent restées dans l’ombre, elles poursuivirent néanmoins leurs desseins et prirent toute leur place dans la révolution plastique (et politique) de leur pays.

12273329262?profile=originalSarah Jiménez Vernis
Ferrocarrileros (Travailleurs du rail)
Combattantes sur tous les fronts, solidaires de toutes les causes du peuple,
comme ici des cheminots, les femmes…
(gravure sur linoléum, 1957)
(photo captée sur le net)

      Des listes qui peuvent sembler fastidieuses mais toutes et tous méritent une mention dans l’histoire de l’art, leurs œuvres d’être diffusées. Une énumération comme lieu de mémoire pour une posthume gloire. Une incantation pour la postérité et provoquer ce vertige poétique cher à Umberto Eco, comme on peut éprouver le syndrome de Stendhal.

12273329867?profile=originalLeopoldo Méndez
Mexico, 1902-1969
Le manège
(gravure sur linoléum, 1944)

« En route vers d’autres rêves nous sommes sortis avec la fin du jour ;
une étrange aventure nous a effeuillés dans le bonheur de la chair. »
                                                                              Manuel Maples Arce (1898-1981)

      La vie est un manège, un théâtre de marionnettes, aussi tournons cette page pour revenir à Germán Cueto et son épouse Lola pour un dernier tour et nous enivrer au son strident du limonaire.

12273329890?profile=originalGermán Cueto
Mexico, 1893-1975
Tête cubiste
(huile sur fibracel, 1948)

Germán Cueto fut également marionnettiste
avec sa femme Lola (née María Dolores Velásquez Rivas, 1897-1978),
exploitant la puissance subversive de leurs fantoches.
Je vais vous les présenter…

12273330859?profile=originalMarionnettes de Lola et Germán Cueto
Comme la caricature, le pamphlet, le street-art
la marionnette cogne sur le pouvoir.
Ainsi font font font Guiñol et Gnafron.

12273330699?profile=originalDebout devant la Casa Azul de Frida Kahlo à Coyoacán

(aujourd’hui Museo Frida Kahlo)


« Devinez, devinez qui je suis
Derrière mon loup, je fais ce qui me plaît… »*6
(photo captée sur le net)

12273331462?profile=originalÁngel Zárraga y Argüelles (1886-1946)
La femme et le pantin
(huile sur toile, 1909)

Rideau !
Toutefois, afin de montrer toute la diversité de la peinture mexicaine du XXe siècle et que la terre ne tourne pas autour du seul axe Paris/New-York, un dernier billet sera consacré aux Contemporáneos
Quant à la première partie de cette série, c’est ici :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/diego-jos-david-et-les-autres-que-viva-mexico

Michel Lansardière (texte et photos)

*1 César Moro (Alfredo Quíspez Asín, dit ; 1903-1956), poète surréaliste, résida au Mexique de 1938 à 1948, il y développa son langage, devenant également le porte-parole du mouvement.


*2 Roger Caillois (1913-1978), compagnon de route des surréalistes, auteur, entre autres, de Pierres, L’écriture des pierres, Pierres réfléchies. Pour lui :
« Laisser passer en soi la nature, ce n’est pas pour l’homme tenter ou feindre de retourner au nerf ou à l’inerte, ni essayer de se démettre des pouvoirs qui lui sont échus.
C’est, au contraire, les approfondir, les exalter et les contraindre à de nouveaux devoirs. »
Ce que fit l’artiste, plier la pierre calcaire à son imaginaire, donnant à La Race indigène ce port fier et accomplissant ainsi cette formulation de son compatriote Octavio Paz :
« La fonction de l’art est nous ouvrir les portes qui donnent de l’autre côté de la réalité. »
A propos d’onyx, il en est de deux sortes, sans rapport aucun si ce n’est une certaine analogie de forme. L’onyx, une calcédoine ou agate, généralement à deux couches, blanche et noire, de la silice (SiO2) donc qui sert notamment à confectionner des camées. Et l’onyx, une sorte de marbre plus ou moins rubané et translucide, une calcite (CaCO3) en conséquent, utilisé pour la décoration ou la statuaire. En outre, la première est dure et résistante, la seconde tendre et cassante. Dans le cas de la pierre employée ici par le sculpteur on doit parler de marbre-onyx ou onyx-calcaire.


*3 Roma est un quartier de Mexico très investi par les street artists. Avec toutes ces infos gringos vous voilà tout de go un peu devenu Chilango (terme familier pour natif de Mexico, un peu comme en argot Parigot).


*4 Lola Álvarez Bravo fut d’abord l’assistante puis l’épouse, de 1925 à 1934, du célèbre photographe mexicain Manuel Álvarez Bravo (1902-2002). Deux autres photographes aujourd’hui renommées, Graciela Iturbide (née en 1942) et Flor Garduño (née en 1957) furent également ses assistantes. Toutes trois ont su saisir la tension entre tradition et modernité et capter l’attention d’un vaste public. Elles prolongent en quelque sorte le travail de Tina Modotti (née à Udine en Italie en 1896, morte à Mexico en 1942). Sensibilité à fleur de pellicule, perspective moderniste, révolutionnaire, elle immortalisa notamment les femmes de la petite communauté matriarcale de Tehuantepec dont je vous ai brièvement entretenu dans mon article « Femmes, fières, rebelles. » Elles sont d’indispensables témoins de leur temps. Cette note complète donc mon billet-hommage aux femmes peintres auquel je vous renvoie :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/femmes-fi-res-rebelles-3e-parie-alice-lilia-leonora-remedios-au


Objectif en bandoulière, qu’il me soit permis d’ajouter ici dans un champ de vision élargi, Kati Horna (1912-2000), d’origine hongroise, mexicaine d’adoption décédée à Mexico, la Suissesse Eva Sulzer (1902-1990), autre « sorcière » du surréalisme qui réalisa un reportage en 1939 pour la revue DYN dirigée par Wolfgang Paalen, et Mariana Yamposky Urbach (1925-2002), graveuse et photographe d’origine américaine. Sans oublier Gisèle Freund (1908-2000), la « sociologue de l’image », qui passa au Mexique deux ans de sa vie, ce pays « où rien n’est médiocre ni insignifiant ». Toute une bande sensible qui a su aller au-delà de la surface et tirer leur vérité des épreuves.


*5 Fanny Rabel fut l’élève de Frida Kahlo, elle formait avec Arturo Monroy Becerril, Arturo Estreda Hernández et Arturo García Bustos, ceux que Frida appelait malicieusement los Fridos.


*6 … David Bowie
(photographie de Fernando Aceves, 20/10/1997). Germán Cueto, qui séjourna à Paris entre 1927 et 1932 avec sa femme Lola, créa de nombreux masques, en métal ou en terre-cuite, alliant cubisme et traditionalisme. Une coutume bien établie au Mexique où ils sont souvent réalisés en papier mâché. Et que l’on ne me dites pas comme Martine Aubry que « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », les paroles sont de La compagnie créole. Derrière mon écran, cet autre masque, je contrôle tout.

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Sur un pupitre, un arbre, un mur





Un pupitre de bois et un banc attaché ;

Un plumier devant, une plume violette,
Trempée dans l'encrier de verre bleuté,
Y pousse, légère, une ode muette.

Par la fenêtre, teintée de rosée,
La cour d'une école et quatre marronniers
Balancent, frivoles, depuis des années
Les amours à naître promis à leurs pieds.

Et là, gravée sur le mur blanc d'un couloir,
Où y trônent accrochés aux porte-manteaux
Des prénoms entrelacés aux chants d'espoir,
Une fleur est soulignée d'un petit mot.

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