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LE SIGNE ENTRE LA CULTURE ET LE MOI : L’ŒUVRE DE LYSIANE MATISSE

Du 19 – 05 au 05 – 06 - 16, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), a le plaisir de vous présenter une exposition consacrée à l’œuvre de la dessinatrice et graveuse belge, Madame LYSIANE MATISSE, intitulée : TRACES D’EVIDENCES.

Cela semble, en apparence, anodin mais au titre initial qualifiant son œuvre, LYSIANE MATISSE a ajouté une précision qui semble sonner comme une « appellation d’origine contrôlée », à savoir : BIC. Au même titre que « huile » ou « acrylique », définissant ainsi sa technique. A l’instar du pinceau, le bic devient l’instrument à travers lequel l’artiste s’exprime. Sans doute, est-ce aussi – peut-être inconsciemment – sa signature qu’elle ajoute, entre parenthèses, à côté du titre initial.

Et la chose ne laisse pas le visiteur indifférent tant la surprise que distille son œuvre est grande ! En effet, ce qui impressionne à la vue de ses dessins, c’est à la fois la surprenante finesse de sa technique ainsi que l’univers dans lequel elle évolue. Techniquement abordé, le contraste savamment dosé, entre le noir et blanc (tous deux en de multiples dégradés), relâche un sentiment oscillant entre le calme et l’épouvante : « fantastique » serait sans doute le qualificatif le plus adéquat. La finesse du trait, réalisée au bic, rappelle à s’y méprendre la pointe aiguisée du pinceau. Particulièrement dans l’exécution des filaments et circonvolutions identifiant la nature de ses décors.

BURNOUT (70 x 53 cm – bic),

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définit parfaitement ce contraste entre le noir et le blanc (dont nous parlions plus haut), dynamisant le rendu du clair-obscur. L’ombre et la lumière confèrent à la fois la dynamique du mouvement ainsi que ce que l’on nomme en Psychologie, le phénomène d’ « aperception », c'est-à-dire ce que la culture acquise et l’imaginaire créateur imprègnent, par le biais du cerveau, sur notre rétine. A titre d’exemple, à la vue de nuages, nous pouvons imaginer (peut-être ferions-nous mieux de dire « créer ») des formes qui nous sont familières. Cela traduit parfaitement la démarche de l’artiste à se référer à la culture dans ses nombreuses subtilités. Mais qui dit « culture » dit aussi « mémoire » ancestrale, souvent enfouie sous des tonnes de vécu, lesquelles finissent souvent par remonter à la surface et affleurer ce champ de partage commun à l’humanité qu’est le terrain de l’expérience créatrice.

Et ce « champ », commun à tous, appartient à l’ « onirique ». Ainsi, est-il fréquent de rencontrer chez notre artiste, au détour d’une ombre, des formes sorties de nos peurs abyssales, telles que des visages à l’aspect « démoniaques », issus en droite ligne de nos mythes rendus tangibles, notamment, par l’intermédiaire de la gravure (pensez à Gustave Doré), de la littérature et du cinéma fantastiques.  BURNOUT est une illustration parfaite de ce processus : remarquez, à gauche comme à droite de la composition, ces deux visages sortis d’un cauchemar. Concernant la conception de la forme, deux univers s’entrechoquent :

1)    celui de la femme allongée, présentée deux fois à l’avant-plan (à gauche, fixant le visiteur ainsi qu’à droite, campée de dos et volontairement moins perceptible au regard qui ne peut que la deviner).

2)    Un monde formel composé exclusivement de pleins et de creux ainsi que de matière à la fois filandreuse et minérale, destiné à donner corps à cette fable menaçante.

La seule forme se raccrochant à ce qu’il est convenu d’appeler la « réalité » est la femme présentée dans sa vérité anatomique. Néanmoins, l’artiste nous fait comprendre qu’à travers les filaments de sa longue chevelure se mêlant aux circonvolutions du décor, celle-ci fait partie intégrante de cet univers fantastique. Elle ne s’en échappe pas. Deux plages serrées, créées à partir du blanc total, vers le haut, confèrent deux puits de lumière, décisifs à la dynamique du mouvement. Nous sommes à l’intersection entre la bande dessinée fantastique et la gravure de la fin du 19ème siècle. Gustave Doré (cité plus haut) n’est pas un hasard. L’on retrouve une atmosphère étouffante laquelle n’est pas sans rappeler celle de l’ « Enfer » de Dante. Par « culture » nous évoquions, plus haut, tout ce que la mémoire a conservé depuis des millénaires. A l’observation attentive du décor dans lequel se déroule la scène, il ne vous échappera pas qu’il s’agit d’une grotte. Or, la grotte est aussi l’allégorie de la « caverne » de Platon, dans laquelle le personnage féminin est enfermé, l’empêchant d’accéder à la réalité objective du Monde. Rappelons que la femme a le regard braqué vers le visiteur, l’invitant, pour ainsi dire, à s’interroger sur ce phénomène culturel actuel n’épargnant personne qu’est le « burnout », phénomène dans lequel le visiteur lui-même est susceptible de tomber.

A nouveau, l’artiste interroge notre culture occidentale dans ses facettes, à la fois sociologiques, plastiques et psychologiques. La femme, représentée comme entité, tant à gauche qu’à droite, se révèle être l’endroit et le revers d’une même médaille.

Et cette médaille, c’est l’artiste elle-même, qui se représente à la fois en souffrance tout en cherchant la possibilité d’une issue. Remarquons, à ce titre, que son alter ego représenté sur la gauche, est baignée de lumière. Celui de droite, au contraire, la représente en souffrance, écrasée par une forme massive rappelant la patte d’un animal puissant. 

LA FONTAINE DES MEDISANCES (81 x 31 cm - bic)

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représente un masque hideux surmonté d’un serpent, vomissant un flot de mots qui se perdent dans une eau stagnante, pour aller pourrir dans le bas de la composition. Ces mots sont, en réalité, les messages de nature mortifère qui circulent sur le Net, dont l’impact peut aller jusqu’à tuer : pensez au phénomène du « harcèlement» chez les jeunes avec, dans bien des cas, le suicide au bout de la ligne. Autre référence à la culture : ce masque vomissant des mots, est en réalité, une transposition contemporaine de la boîte de Pandore, dont le débit des mots se perd à tous vents. Dans ce cas-ci, ils stagnent dans une eau nauséabonde. De petites boules pointues sont vomies de la gueule du masque. Certaines d’entre elles sont rattachées par un restant de chaîne avant de sombrer dans l’eau putride. Même ici, l’artiste ne peut s’empêcher de faire un clin d’œil à la culture, en concevant les boules comportant des yeux, ramassées au fond de l’eau, à l’image des « émoticônes » que l’on trouve dans les options des ordinateurs. Deux clés de Sol, vers le milieu de l’espace, s’enfoncent dans l’eau. A peine sont-elles immergées, qu’elles se corrodent et commencent à se décomposer. Il doit y avoir probablement une « zone » dans l’inconscient collectif des artistes, à travers les siècles, qui fait qu’une symbolique du « haut » et du « bas » a dû se forger au contact du ciel et de la terre, ces deux mondes parfois hostiles, parfois consubstantiels, jusqu’à concevoir un mariage mystique. Néanmoins, à de multiples reprises, au fil des âges, l’univers du « bas » devient, d’un point de vue allégorique, une sorte de dépotoir dans le fond duquel pourrit la matière impure. Cela est un trait culturel qui se retrouve depuis l’Antiquité classique et proche-orientale jusqu’à aujourd’hui dans la pensée occidentale, formée par un manichéisme drastique entre le « bien » et le « mal » (bien que fortement relativisé depuis l’avènement de la psychanalyse) dont nous retrouvons, au fil de l’Art, les résidus.

La FONTAINE DES MEDISANCES est avant tout un cri d’alarme adressé au Monde. Aux conséquences qu’un message malveillant peut engendrer.

Remarquez la maîtrise avec laquelle l’élément aquatique ondule et se tord dans une série d’entrelacs réalisés par la seule pointe du bic. Très intéressants sont également les divers degrés que l’artiste apporte au noir sur toute la composition.

DISPARITION (39 x 16 cm - bic).

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Sur sept tableaux de petites dimensions, dont la lecture va de gauche à droite, l’artiste traduit la sensation de l’occultation de l’espace vital, causée par la disparition d’un être cher, en l’occurrence, son mari. L’image, est à chaque fois, occultée par un long rectangle blanc, empêchant le regard d’avoir une vue d’ensemble de ce qu’il est censé percevoir (ce qui n’est pas sans rappeler l’image de la femme prisonnière de la « grotte-caverne » de BURNOUT dans l’impossibilité d’aboutir à la réalité lumineuse du Monde).

A chaque tableau, présentant une variation sur le même thème, le rectangle s’amenuise jusqu’à laisser entrevoir la possibilité d’une vue totale. Remarquons que chacun des tableaux comporte, vers le haut à gauche, un puits de lumière, toujours à l’instar de BURNOUT. Ces éléments indiquent la possibilité d’un sauvetage moral dans les retrouvailles progressives de l’espace vital laissé par le vide à la fois physique et affectif. C’est dans un jeu subtil de courbes et d’entrelacs finement ciselés que se structurent les gravures. Et, aux dires de l’artiste, ce subtil jeu de courbes et d’entrelacs, représente une matière sensible qui s’apparente à sa peau, conçue comme une chaire vive qui aspire à se cicatriser. La référence culturelle revient en force avec une opposition extrêmement intéressante dans l’utilisation de la couleur blanche qui symbolise le vide mais aussi la mythique « page blanche » qui contrairement à ce que pensent un certain nombre de béotiens, n’est pas une image du « vide » à proprement parler mais bien, comme l’affirmait Gilles Deleuze, le réceptacle de toutes nos angoisses à franchir et à surmonter. Le chiffre sept n’est pas non plus un hasard car il correspond au chiffre préféré de la fille de l’artiste. Mais, ici, nous revenons encore à la culture : le chiffre sept est chargé d’une immense symbolique. C’est le chiffre considéré comme parfait. Différentes cultures l’ont adopté tant dans le domaine scientifique que magico-religieux.

LYSIANE MATISSE qui nous donne une image sans subterfuges d’elle-même,  est titulaire d’un Régendat en Arts Plastiques.

Elle s’exprime avec son instrument de prédilection : le bic ! Et le résultat est simplement magistral ! Rarement une si grande finesse d’exécution a été atteinte!

Le bic a ceci de particulier qu’il est fait pour écrire. Il y a donc chez l’artiste, une volonté de coucher sur papier tout ce qu’elle voudrait nous dire. A ce titre, elle se fait un devoir de répondre au proverbe : « dire ou se taire ! ». Donc, elle dit, elle dessine, elle écrit. Toujours au diapason (conscient ou non) avec le vocabulaire laissé par ses références culturelles. Bien sûr, chaque artiste de toute époque, à peint, écrit, composé ou sculpté au diapason de la culture de son temps, soit pour l’encenser ou la combattre. Néanmoins, avec cette artiste, la culture en tant que référent sémantique est présente dans chacune de ses œuvres et ce jusque dans l’ajout qu’elle apporte au titre de son exposition !

Un dernier exemple pour la route ? A l’instar du mot « Frigo » dont le nom véritable est « frigidaire », « Bic », passé depuis des lustres dans le langage courant, n’est autre qu’une marque de « stylos à bille » ! Mais qu’à cela ne tienne !

LYSIANE MATISSE fait entrer le BIC dans le vaste répertoire de la palette par la voie royale en lui conférant ses lettres de noblesse !

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Burnout (détail)

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Burnout (détail)

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La fontaine des médisances (détail)

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Disparition 7 (détail)

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

 

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François Speranza et Lys Matisse:  interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(18 mai 2016 - Photo Robert Paul)

                                      

 

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COMME UN AIR DE VENISE...

Mais que c'est loin Venise

Dans une mémoire grise

Quelques jours de jeunesse

Et des relents d'ivresse...

On a édulcoré

Des instants de beauté

Le souvenir d'une place

Et deux bras qui enlacent...

Un village de Bourgogne

Aux abords de l'automne

Le reflet d'une bâtisse

Dans une eau verte et lisse...

Au chaud de la mémoire

Se souvenir d'un soir

Où dans des yeux repaires

On a pu lire : j'espère!

J.G.

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Le fou, le sage et le comédien


Il en vint à se croiser trois individus

Qui venaient de trois mondes bien différents :
Un fou, un sage et un comédien fort convaincus
D'être sur le bon chemin les conduisant !

Voilà le chemin du sage s'adressant au fou :

-" En voilà un qui part en guerre tout affublé !
Qui te gène donc que tu portes des armes,
Un clairon, un drapeau au vent agité
Et ta chanson qui me sort des larmes ? "

-" Eh bien ne vois-tu pas Ö sage aveugle le danger ?
Tes paroles vont-elles arrêter les armées,
Celles qui se préparent à nous ruiner ?
Alors je sonne l'alarme aux courageuses assemblées ! "

Quant au comédien tout sourire s'en allant de village en village,
Jouant tantôt le fou tantôt le sage,
Récitant des textes pour la circonstance,
Il agite des émois comme des drapeaux de tendre enfance !

Les voilà repartis, bien certains, chacun dans sa direction,
Prêchant aux foules leurs intimes sentiments.
Et à la question qui a tort qui a raison 
Y voir que la vérité est au milieu bien souvent !

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administrateur partenariats

"Ventôse"

Liliane Magotte


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Sous les toits

Habitent l'hiver ceux qui se dédient aux vents

Asile d'étoiles sous l'écorce du gel et du givre
l'haleine hésite ou frisonne dans l'étroit courtil
le chemin doute mais par l'écho qui appelle
le fugitif trouve terre de refuge et droit de gîte

le temps mûri porte moisson
ces fruits de semailles
qui meurent en naissant

 Patrick Hellin 

Un partenariat

Arts

Lettres

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KROLIG : LA MER ENTRE ABSTRAIT ET FIGURATIF

                                                          KROLIG : LA MER ENTRE ABSTRAIT ET FIGURATIF

Du 04-10 au 27-10-19, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken 83, 1000 Bruxelles) a organisé une exposition consacrée à l’œuvre de l’artiste peintre française, KROLIG, intitulée : ENTRE DEUX MERS. 

ENTRE DEUX MERS propose la vision d’une artiste évoluant sur deux univers. Ces deux univers s’expriment à la fois à travers deux écritures picturales ainsi que sur deux lieux extrêmement chers à son cœur, à savoir la Bretagne dont elle est originaire et la Belgique où elle vit. Bretonne de culture, son centre d’intérêt créatif est, bien entendu, la mer. Une première écriture nous indique qu’il s’agit d’une mer inscrite à l’intérieur d’un concept traditionnel, « classique », évoluant vers une autre mer, issue du tréfonds d’un imaginaire assoiffé d’éblouissements oniriques. Ce qui fait qu’au contact de l’œuvre de KROLIG, on éprouve le sentiment que tout « glisse » comme un nénuphar sur l’eau. Tout est reflet pour aboutir à une dématérialisation du sujet par rapport à son milieu originel. En fait, l’artiste fait rejaillir le sujet, pris comme « microcosme », hors de son biotope, pour lui assurer une autonomie plastique. D’un détail, elle en fait un univers pouvant subsister en dehors de tout contexte scénique. Cela se conçoit à partir de l’élément figuratif pris comme point de départ pour aboutir vers une abstraction progressive.  

BI-COQUE (115 x 75 cm-huile sur toile)

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Cette oeuvre est l’illustration même de ce propos. Cette toile présente le bas de la proue d’un bateau reposant sur l’eau. L’image peut sembler banale mais l’artiste la transcende en la découpant d’abord à l’intérieur de l’espace : la proue est divisée en deux parties. Traversées par une diagonale, légèrement oblique pour assurer le cloisonnement des deux parties formant l’angle terminant la proue, celle-ci est immédiatement prolongée par son reflet dans l’eau. Le reflet de la diagonale devient, de la ligne droite qu’elle était, une sorte de serpentin glissant sur l’eau. L’action du reflet a pour effet de « découper » la proue en quatre parties (deux en haut et deux en bas). En réalité, la totalité de la toile est divisée en plusieurs espaces : les quatre parties mentionnées, en plus de trois autres zones ayant chacune leur chromatisme propre. A’ l’avant-plan, une zone bleue rappelle que l’action se déroule sur la mer, suivie d’une autre zone blanche et noire, enjolivée de brun augmentant le contraste.

Sur la partie droite (allant vers le haut), une nouvelle zone blanche renferme la composition. Le chromatisme occupe la fonction d’exacerber les reflets et de devenir également autonome par rapport à l’ensemble de la toile. Le rendu chromatique permet d’englober les quatre zones initiales de la proue dans l’univers du reflet. A’ titre d’exemple, la partie rouge du haut, à gauche, retrouve son reflet rouge issu de l’eau. Tandis que la partie droite accuse un reflet d’un brun total, signe d’un passage vers une zone d’ombre. La même couleur brune sert de reflet à l’amarre qui retient le bateau (à gauche vers le haut). L’artiste utilise des tonalités extrêmement chatoyantes, telles que le bleu, le rouge, le blanc de titane, entrecoupé de noir pour accentuer la luminescence et le brun foncé.

LA BARQUE BLEUE (93 x 163 cm-huile sur toile)

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A’ partir de la matérialité du bateau, renforcée par la couleur bleu de mer, un univers essentiellement bicolore (vert et bleu agrémenté de quelques notes noires et blanches), confère ce sentiment de « glissement ». Par le biais de cet univers kaléidoscopique, trône la matérialité du sujet. Cet élément à la liquidité intemporelle, participe-t-il encore de la « mer » ou s’agit-il de la « mer intérieure » à l’artiste que nous évoquions plus haut? Le bateau occupe l’espace central de la toile. Le bleu de son reflet glisse sur l’eau comme une tache d’huile, ce qui avec l’ensemble chromatique, participe à la dématérialisation du sujet. Ce sujet (la barque) occupe le centre de la toile. Néanmoins, il ne sert en définitive, que comme ligne de démarcation entre deux espaces : celui du haut et celui du bas. Le sujet sépare deux univers dimensionnellement inversés, à savoir le haut, sombre et le bas, clair et  brillant. Quelque part, dans l’imaginaire du visiteur, le haut (le ciel) est clair et le bas (la terre) est sombre. On pourrait penser à un jeu sur la perception immédiate modifiée par l’imaginaire. Néanmoins, s’agissant de l’univers marin, l’eau renvoie la lumière du ciel. Par conséquent, cette œuvre pourrait  également (toutes proportions scientifiques gardées, bien entendu), être un écho lointain rappelant la notion terrestre de la « photosynthèse ». Le bleu de la partie inférieure débute par la couleur même de la barque pour se diluer dans l’eau.

Un dénominateur commun à la production de l’artiste se manifeste par l’image de  l’amarre qui retient le bateau.

COQUE MIROIR (115 x 75 cm-huile sur toile)

12273342662?profile=originalnous offre un ensemble de formes fantasmagoriques que l’imaginaire du visiteur, nourri par la culture, pourrait interpréter comme étant des masques de carnaval. L’artiste, alors prise par son travail, ne l’avait pas remarqué jusqu’au jour où quelqu’un attira son attention sur ce détail. La seule explication à cela réside dans le fait que ce qui l’intéresse dans son interprétation de la mer consiste à traduire la matérialité des vagues par la seule existence du reflet dont elle invoque la magie. D’où la naissance d’un sentiment d’abstraction. 

JEUX D’ONDES 1 (60 x 40 cm-huile sur toile)

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nous offre l’idée de ce que l’artiste songe à créer dans le futur. L’abstraction se manifeste par un reflet, celui d’une bouée sur l’eau trouble. Une tache blanche sur l’eau ensoleillée, irradiée de rouge, agrémentée de brun, de noir et de blanc. Si, à partir d’une réalité tangible l’on peut créer une volonté d’abstraction, comment considérer alors la création d’une image se voulant volontairement « abstraite »?

Cette œuvre nous ramène au cœur même du problème. A’ Kandinsky lui-même, lorsqu’il posa l’acte volontaire de l’ « abstraction ». Abstraction tant dans la forme que dans l’étymologie. La forme devient picturalement et sémantiquement « abstraite », en ce sens qu’elle prohibe toute interprétation culturellement connue et reconnue. Si le reflet sur l’eau tremblante est « abstrait », c’est parce qu’il brouille l’existence d’une forme définissable. Dans ce cas-ci, nous restons soumis à une intangibilité en devenir. Nous sommes encore très éloignés d’une intangibilité factuelle, étant donné que nous partons du figuratif pour n’aboutir qu’à une simple velléité d’abstraction.

Une deuxième écriture (dont nous parlions plus haut), caractérise l’œuvre de l’artiste. De la dématérialisation initiale, nous passons à la mise en scène, voire à l’apologie de la matérialisation.

La masse qui se dégage de la matérialité cyclopéenne de TABLEAU ARRIERE (115 x 75 cm-huile sur toile)

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ainsi que d’ALLIANCES MARINES s’affirme dans la puissance des chaînes ainsi que de ce que l’artiste donne à voir de l’architecture du bateau.

ALLIANCES MARINES (115 x 75 cm-huile sur toile)
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Car, comme nous l’avons spécifié plus haut, ces œuvres s’attachent à prendre le détail d’un ensemble (architectural en l’occurrence), pour se focaliser sur lui de sorte à l’ « agrandir » par le traitement de l’espace, comme à travers une loupe.

Remarquez la façon par laquelle l’artiste précise la matérialité dans le volume des anneaux de la chaîne ainsi que dans la force des boulons consolidant l’architecture. La chaîne, massive, unit deux niveaux de la construction.

Si ALLIANCES MARINES (mentionné plus haut) laisse apparaître un pan de mer démontée, en blanc, TABLEAU ARRIERE, offre au regard des anfractuosités, traitées comme des fenêtres ouvertes sur l’infini, à partir desquelles d’autres univers sont possibles.

LA CHAINE BLEUE (115 x 75 cm-huile sur toile).

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Outre le fait que la chaîne soit bleue, elle se fond avec le chromatisme dominant la composition, alterné par des notes noires horizontales, permettant de passer vers d’autres plages, apportant différents dégradés à la couleur initiale. Le blanc de titane domine la partie supérieure de la toile, confirmant le caractère rageur de la mer, opposé au calme marin de la première écriture de l’artiste. La dématérialisation du sujet affirme une volonté d’apaisement des eaux tandis que sa matérialisation met en branle un processus pulsionnel qui se confronte à la puissance de l’appareil cyclopéen du bateau.

Deux écritures sont, par conséquent, présentes chez KROLIG : une écriture touchant à l’abstrait, axée sur le reflet ainsi qu’une autre écriture visant à la matérialité des choses donc à la légitimité de la figuration.  

Concernant la deuxième écriture de l’artiste, la matérialité du sujet rejoint la volonté d’abstraction de la première par un dénominateur commun, à savoir l’appel de la mer (démontée par rapport à la mer calme) ainsi qu’un deuxième élément constitué par la présence de l’amarre retenant le bateau (évoquée plus haut). Si l’amarre existe déjà en tant qu’ombre dans la partie abstraite, la partie figurative la matérialise formellement.  

Si KROLIG est française, elle se définit comme étant spécifiquement bretonne. Son nom, plus exactement son pseudonyme l’atteste, en ce sens que « Krol » est le diminutif de Carole et que le suffixe « ig » signifie « petite ». C’était là, la façon dont son grand-père l’appelait lorsqu’elle était petite. Son univers est celui des petits ports de pêche bretons. La réalité de son œuvre ne se définit pas dans les paysages maritimes mais dans l’instant constitutif de chaque chose ainsi que dans le rapport entre temps et matière.

Les détails, intemporels, définissant la partie « abstraite » se conjuguent avec la matérialité architecturale des bateaux, attaqués par la rouille.

Malgré cela, tant la partie « abstraite » que la partie « matérielle » sont picturalement traitées de façon extrêmement « lisse » et épurée, en ce sens que la matière est fortement étalée par le couteau et les brosses, une fois posée sur la toile. Autodidacte, elle travaille essentiellement à l’huile. Son chromatisme se concentre sur le bleu, le rouge, le jaune, le blanc et le noir, en tant que vocabulaire pictural basique. Elle a toujours voulu peindre. Grâce à sa rencontre avec l’artiste peintre belge Nadia De Milewski, elle a pu exposer ses œuvres au Mérite Artistique Européen. Elle fut récompensée par l’obtention de la Médaille d’Or en 2012. Comme nous l’avons spécifié plus haut, l’artiste voit son futur artistique dans l’abstraction. Cette abstraction déjà si présente, à l’état embryonnaire, dans l’élaboration de ses reflets.  

KROLIG navigue « entre deux mers » tout en maintenant son cap. Gageons que son voyage l’amènera vers une écriture picturale dans laquelle glissements et reflets entreront dans un univers où la forme se libérera pour atteindre l’abstraction universelle. Car l’œuvre d’art est ontologiquement « abstraite ».   

François L. Speranza.

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Collection "Belles signatures" © 2020 Robert Paul

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A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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L'artiste KROLIG et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

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Photos de l'exposition de KROLIG à l'ESPACE ART GALLERY

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administrateur littératures

"Que serait notre monde sans Arts ni Lettres? Serait-il aride, vide de toute forme de créativité, d'expressions, d'émotion, d'exaltations? J'ai toujours eu en moi la fibre littéraire mais le véritable appel s'est produit en 2004 à la suite d'un dramatique événement familial qui m'a marqué. Révélation, intuition, imagination, création..."

Auteur de sept romans et de deux recueils entre autre), rédacteur et chroniqueur, membre de l'Association des Ecrivains Belges de langue française né à Soignies (Belgique), également collaborateur culturel, Thierry-Marie Delaunois, après un bref passage par le paramédical et l'informatique des années 80, évolue à présent au coeur des Lettres: romancier et auteur de poésies proches des gens, il a choisi de mettre en scène pour le meilleur les coeurs et les âmes, recherchant le vrai, l'authentique, la sincérité. Un parcours tel un sentier loin d'être battu? Cette aventure littéraire a maintenant débuté il y a plus de dix ans: des pensées aux idées, des idées aux mots, des mots au texte, le chemin de l'idée à la publication est long mais combien exaltant. Voici les stations:

Reflets, roman, 2007 (épuisé)

Troubles et incertitudes, roman, 2008 (épuisé)

Y croire..., roman, 2011 (épuisé)

L'île joyeuse, roman, janvier 2013, Edilivre-Aparis

Raconte-moi Mozart..., roman, décembre 2013, Edilivre-Aparis

Au fil d'Isis, recueil, 2015, Edilivre-Aparis,

Auprès de ma blonde, roman, 2016, Chloé des Lys

Les trois épreuves d'Isis, recueil, 2017, Edilivre-Aparis

Sur sa faim!, théâtre, 2018, Edilivre-Aparis

Syncope, nouvelle, 2018, Lamiroy

Connectée, roman, 2019, Associations Bernardiennes

Survivant, nouvelle, 2020, Associations Bernardiennes

Ce billet étant destiné à me présenter dans les grandes lignes et sans aucune forme de prétention. Ma carte d'identité littéraire...12273223092?profile=original

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"Raconte-moi ton quartier" Porte de Namur le 02 octobre

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Venez rêver et découvrir des contes inspirés

de paroles du quartier !

 

Des conteurs se sont baladés, ils ont collecté la parole des habitants et  s’en sont inspirés pour écrire des contes, des histoires dont le souhait est de mettre en résonance la poésie du quartier. Venez les écouter, elles ne demandent qu’à être découvertes !

 

Des recueils des « Contes de quartier » seront distribués en souvenir et un souffle de rumba congolaise apportera sa musique au chant des mots.

Rendez-vous à l’événement

“RACONTE-MOI TON QUARTIER PORTE DE NAMUR”

vendredi 02 octobre à 18h30 à La Bibliothèque d’Ixelles,

rue Mercelis 19.

Il y aura de quoi grignoter.

 

                                                                 Bienvenue à tous !!

 

 

 

Les inscriptions sont obligatoires à l’adresse e-mail : elisabeth.mertens@arc-culture.be - confirmation de votre participation par retour du courrier.

Plus d’informations : www.arc-culture.be -02/219 68 88 ou biblioxl.be

 

Cet événement est compatible avec les normes transmises par le Conseil National de Sécurité (CNS) - Merci de vous munir de votre masque !

 

«Un projet ARC - Conte en Balade avec le soutien de Monsieur Christos Doulkeridis, Bourgmestre, de Monsieur Ken Ndiaye, Echevin de la Culture et des membres du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Commune d’Ixelles »

 

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Voici quelques extraits de critiques :

En ces nouvelles dont nous frappe la grande diversité, Barbara Y. Flamand développe à la fois une inspiration et des techniques très variées. Il est cependant permis d'y trouver des thèmes récurrents, des tournures d'esprit qui la caractérisent et son sa marque propre." (............) "Des nouvelles aux chutes très étudiées, des contes de fées qui  auraient mal tourné."   (Présentation de Joseph Bodson à l'AEB)

"Apre ou tendre, Barbara Y. Flamand poursuit d'un recueil de nouvelles à l'autre, une sorte de chant du monde pétri d'humanité et d'aspiration au bonheur." (Jean-Michel Klopp dans le quotidien luxembourgeois Zeitung vum letzebuerger vollek)

"Et des sujets importants, j'en passe ! Mais je me sens transfiguré par cette lecture substantielle et d'avenir." (Emile Kesteman dans "La cigogne"

Ce recueil divisé en trois partie : les nouvelles érotiques : "Les vertiges de l'innocence", celles apparentées au merveilleux et au fantastique : " Les métamorphoses insolites" et les satiriques : "Le génie et la peintre des labyrinthes" je choisis, après bien des  hésitations

                                                                        CACAHUETES

Cette porte entrebâillée comme une attente, et si forte était cette attente qu'elle s'exhalait sur le trottoir avec un parfum de venez-y voir. Il revint sur ses pas, persuadé que quelque chose, là au fond, le concernait. Qu'avait-il à craindre ? Rien. Il ne possédait qu'un passé miteux et quelques billets dans un porte feuille râpé.

Il entra, bourré d'appréhensions et d'espérances. Le couloir formait un coude. A peine eût-il dépassé cet angle qu'une odeur d'écurie, d'étable ou d'auge – il ne savait trop – lui emporta les narines. Il avança pourtant jusqu'à une pièce aussi pauvrement éclairée que l'espace qu'il venait de parcourir.

–  Peur ? lui cria une voix caverneuse. Entre seulement !

Il entra.

Un homme en caleçon de bain dont la barbe et les cheveux poisseux couvraient la moitié du visage et du corps se balançait sur une échelle de corde au-dessus d'un monceau de détritus. Le jeune homme le regarda, cloué sur place par une de ces sensations qui contiennent tout à la fois stupeur, panique, incrédulité et dégoût. Il ne pensait pas à fuir ; d'ailleurs, l'énergumène ressemblait davantage à un singe amuseur qu'à une bête menaçante.

– Cacahuètes! Cacahuètes! cria-t-il, de sa voix où passait un souffle de préhistoire. Pas besoin de curieux. Cacahuètes ! Me faut des cacahuètes.

Le jeune comprit :

–  Si vous voulez, dit-il, je peux aller vous en chercher.

–  Mon écuelle !

Il regarda au sol et trouva l'écuelle près du grabat.

La stupeur dépassant de loin le dégoût, il prit l'écuelle qui contenait quelques carottes et pissenlits et la présenta. L'énergumène la saisit, s'installa à l'aise sur son échelon et se mit à mastiquer. Tout à coup, il considéra avec attention le jeune homme mué en interrogation vivante et lâcha en faisant un effort d'articulation :

–  Je suis l’homme qui a refusé la condition humaine. T'as jamais entendu ? Le jeune homme fit stupidement non de la tête.

–  Mon matelas, articula encore l'autre. Dessous. Le journal.

Le jeune souleva du bout des doigts le grabat et en sortit un journal jauni et moite.

–  Lis!

Il tenta de déchiffrer et lut :

« On savait qu'en dehors des voies courantes de la vie civile, politique, militaire, les hommes choisissaient parfois de vivre comme des moines, des ermites, des missionnaires, des pèlerins, des vagabonds. M. R. P. que nous venons de rencontrer a décidé, lui, de vivre comme un singe. Voici ce qu'il nous a déclaré : « L'hominien est une branche dénaturée des primates, né des erreurs de la nature ou peut-être même une vacherie. Cette farce de la nature nous a conduits à endosser cette foutue condition humaine qui, si vous lisez l'histoire des civilisations, s'avère au-dessus de nos forces et de nos possibilités psychiques et morales. Qu'est-ce que la condition humaine implique comme comportement ? Le développement de l'intelligence, de la sensibilité et du sens esthétique ; l'exercice de la bonté et du courage ; la recherche de la vérité. Puisque cette condition n'a jamais pu être assumée – à quelques exceptions près dont nous ne pouvons nous expliquer les causes ni raisons – il me paraît logique, lucide et honnête de réévaluer notre espèce. Quel caractère spécifique de notre nature pouvons-nous effectivement assumer ? Son animalité. Me conformant sagement à ce trait irréfutable, je me classe désormais au rang de mon plus proche parent, le singe. Entendez bien ! Je n'appartiens pas à cette catégorie de singes qui s'ignorent, et s'ignorant, prétendent régenter les lois et les mœurs. Rien de commun entre cette espèce faussement humaine et l'état dans lequel je me place volontairement aujourd'hui. Je ne fus pas plus capable que vous d'assumer ma condition, mais moins hypocrite que vous, je ne continuerai pas à faire semblant d'être un homme ; je n'ai plus qu'un projet : accomplir mon destin animalier. Désormais, je n'ai plus rien à voir avec vos droits de l'homme, ceux du singe me suffisent. Je les revendique. Apportez-moi donc des cacahuètes, des bananes, tout ce que vous portez aux singes du zoo. Et ne vous offensez pas, si en votre présence, je me gratte les aisselles, me branle et chie sur vos têtes. Comprenez que je suis libéré de votre mode de vie qui exige que l'ordure se déverse en secret. »

Le jeune homme remit le journal sous le grabat et partit sans mot dire. Un quart d'heure plus tard, il revenait avec un kilo de cacahuètes et une main de bananes. Il se déshabilla calmement, ne gardant que son slip.

–  Fais-moi une place, dit-il simplement.

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administrateur théâtres

Chronique d’une onde de choc. Tout comme le hashtag #Metoo qui depuis 2017 révolutionne les esprits, le spectacle "ACCUSE,E " se veut être un électrochoc pour secouer notre société de son indifférence face au viol, une offense capitale. Afin de cesser de mettre systématiquement en doute la parole des femmes, pour dénoncer les prédateurs, pour faire cesser l’impunité des agresseurs.

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Écrite par Clémence Baron, la pièce a tous les accents d’une histoire vraie. Monsieur Valeur, ancien copain de classe, offre un verre à Mademoiselle Leduc. Alexis Hubert, parfait comédien, c'est  le beau gosse qui joue Gaspard Valeur! Avec des copains, il la kidnappe et la viole après l’avoir droguée. Elle n’a, vu son état de souffrance et d’abrutissement, pas la possibilité d’exprimer son refus de la relation sexuelle. La drogue, les coups ne lui ont pas laissé le temps de dire non. Elle est dans un état de sidération total, affaiblie par la violence déchaînée sur elle.

Après l’aveu difficile à sa mère, ses parents saisissent la justice car la jeune-fille a 17 ans. Le calvaire qui s’en suit , jusqu’à la fin du procès en assises, est une descente aux enfers qui dure cinq ans, pendant que le présumé coupable a tout le temps de préparer pour sa défense un portrait parfait de son avantageuse personne, lui, un fils de bonne famille. Louise est moquée sur les réseaux sociaux, sa santé et ses études sont compromises. Elle touche le fond du désespoir. Toute la vie de la famille est bouleversée, celle-ci ne fait plus que survivre péniblement tandis que de nouveaux malheurs s’accumulent. Louise aurait préféré mourir cette nuit-là!

"Cette nuit là, ils m'ont volé quelque chose.Cette nuit là, je suis morte en continuant à vivre."

Le spectateur peut se voir dans la position d’un membre du jury d’assises. L’écriture relate bien sûr le point de vue de la victime, le violeur est vu par ses yeux. Elle consigne l’argumentation révoltante de l’avocat du violeur, ce qui remplit le spectateur de juste colère. En dépit de la prise de parole de cinq autres comédiens dont le jeu reflète bien l’atmosphère étouffante du procès d’assises, on garde les yeux plongés dans le yeux magnifiques de la comédienne, Clémence Baron,  qui joue le rôle de la victime. Plus l’action se développe, plus la lumière inonde son visage, est-ce l’œuvre de la résilience? L’œuvre de la thérapie par le verbe? La parole, revenue, on sent circuler une empathie palpable. Ah quelle excellente comédienne! Et quelle impeccable diction. On se met à regretter, à tort bien sûr, que la loi protectrice des citoyens dans un état de droit fasse que la victime soit déboutée quand elle ne dispose pas de preuves concrètes de la culpabilité de son agresseur. Pourtant Il s’agit bien de la survie de la victime dont la personnalité a été avilie versus le risque de laisser un coupable en liberté et de priver la victime d’une honorable réparation! Mais qui peut risquer d’établir un jugement qui mettrait un innocent en prison, sur des convictions non appuyées par des preuves tangibles? On ne peut pas verser dans l’émotionnel. Pas étonnant dès lors que les jurés détournent les yeux de la victime qui réclame le droit d’exister.

L’image contient peut-être : 2 personnes, dont Clémence Baron, nuit et intérieur

Dénoncer les actes répréhensibles, mettre aussi le spectateur devant les imperfections de notre justice, devant cette justice parfois à plusieurs vitesses, dénoncer cette blague cynique d’éligibilité au viol. Rendre la vie à une victime avérée, sa dignité, sa lumière. Lui rendre sa personnalité. La débarrasser de l’inévitable sentiment de culpabilité. Voilà les électrochocs que véhicule cette pièce étonnante jouée au théâtre de la Clarencière. Le lieu est petit mais l’émotion est grande et la révolte gronde...

En 2019 , à Saint-Nazaire, une victime de viol classé sans suite au motif d’une absence d’infraction s’est fait attaquer en diffamation. Rien n’est gagné.

Dominique-Hélène Lemaire

L’image contient peut-être : 8 personnes, personnes debout, nuit et costume

Très belle distribution avec : BRIEUC DUMONT, PSYCHIATRE EXPERT, POLICIER, AVOCAT GENERAL, ROMANE SAVOIE, LA PRESIDENTE, COLIN DOUCET, ADAM, ALEXIS HUBERT, GASPARD VALEUR, MATHILDE TOUBEAU, LA MERE (SYLVIANNE LEDUC), CLEMENCE BARON LOUISE LEDUC

Mise en scène : CLEMENT BAAL ET LUCAS BISCOMBE, Photos : Diana Vos

Du 10 au 19 septembre 2020 au théâtre de La Clarencière Rue du Belvédère, 20 1050 Ixelles http://www.laclarenciere.be fabienne.govaerts@skynet.be
+32 2 640 46 76

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QUINZE RENCONTRES ARTISTIQUES

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QUINZE RENCONTRES ARTISTIQUES

Daniel Bastié -103 Pages - Editions Ménadès

Quinze personnalités artistiques, toutes différentes et uniques, et un regard sur leur manière de procéder. Qu’ils soient écrivains, compositeurs ou peintres. Il s’agit de rencontres effectuées pour la revue « Bruxelles Culture » et qui présentent succinctement les activités de chacun au rythme de questions-réponses conviviales et participatives. Les quinze artistes sélectionnés apparaissent par ordre alphabétique. Bien entendu, à l’ère d’Internet, on ne peut que vous inviter à découvrir davantage de leur production par le biais d’un ordinateur. Bandes musicales, panorama de dessins et couvertures de livres foisonnent sur la toile en quelques clics de souris via des sites personnels, Youtube, Amazon, Babelio, etc. Focus sur Jean-Louis Aerts, Frank Andriat, Ariane Bosquet, Jeannine Burny, Héléna Darcq, José Duchant, Sabiha El Youssfi, Maurice Frydman, Fabrice Gardin, Hugues Henry, Corinne Hoex, Joël Jabbour, Clément Martinery, Maria Palatine et Henri Seroka.

Un volume II est annoncé d'ici la fin de l'année !

En vente en librairie et via Amazon

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SONNET D'ESPOIR...

A l'abri des ombrages

Où le jardin respire

L'été n'est que sourire

Et brise... reste sage!

Dans souvenirs je nage

Doux soleil peut guérir

Je fais fi des soupirs

Et reprends l'avantage...

A deux pas de l'automne

Certes, le cœur frissonne

Et je rêve à ta peau...

Le regard au lointain

Je cherche un monde beau

Où tu seras demain...

J.G.

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administrateur partenariats

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La page de Martine Rouhart

sur Art&Lettres

"Orage" inspiré par une aquarelle "Ciel d'orage" de Liliane Magotte

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"Nids de brume" illustré par "Mésange en hiver",

 une aquarelle de Martha Notte.

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"Tant de chemins à parcourir"

Florilège de poésies, peintures et photos des membres Arts & Lettres

sur un texte de Martine Rouhart.

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Bientôt le printemps !

 sur une aquarelle de Marie-Josèphe Bourgau..

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"Respirer comme souffle au vent"

avec une peinture de Liliane Magotte

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La nuit ne s'endort jamais,

en compagnie de Adyne Gohy

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Le printemps,

avec Jacqueline Nanson

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"Oiseau" et  Le temps des cerises"

de Nicole Duvivier 

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"San Remo-Tempête"

de Jean-Daniel Perrin a inspiré

le poème "J’aime les nuages"

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"Regard de chat" de Nicole Duvivier

a inspiré "Ma muse aux yeux d'or"

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Crescendo de Jacqueline Gilbert

a inspiré "Attention, danger de vie"

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"Première brume "de Marie-Josèphe Bourgau

a inspiré "D'or et de rouille"

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"Instant Magique "de Marie-Josèphe Bourgau

et "Rêves éveillés" de Martine Rouhart

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"Spectacle à l'aube" de Marie-Josèphe Bourgau

a inspiré "Le jour se lève"

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Monde océanique,

avec Jacqueline Nanson.

Les partenaires: Liliane Magotte, Marie-Josèphe Bourgau, Jacqueline Gilbert,

Nicole Duvivier, Jean-Daniel Perrin, Martha Notte, Adyne Gohy, Jacqueline Nanson.

Merci à Martine pour son enthousiasme.

Liliane

Les partenariats

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

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La mort règne. Imaginez un docteur Schnabel : silhouette noire, gants, grandes bésicles de protection portées sur un masque Vénitien en forme de formidable bec de corbeau, le tout surmonté d’un triste chapeau de fossoyeur. Pensif, il virevolte sur l’avant-scène sur les notes sombres d’un piano invisible. Sommes-nous en plein Moyen-Âge ? Au temps des pestiférés ?

Qu’elles sont loin les chères glorieuses au soleil, les années d’insouciance fertile, les rues grouillantes de monde affairé, les plages bondées de peuples heureux et dénudés, les salles de concert sold out, les théâtres pleins à craquer, les festivals débridés ? Disparus, les stades en liesse. Disparue, la foule, libre et sentimentale ! Disparus, les mots bleus du chanteur Christophe.

Et pourtant ce soir, le cœur du spectateur bondit enfin de joie, cette joie mêlée de perplexité, comme aux temps reculés de nos si joyeuses rentrées des classes. Le bonheur de vivre reviendrait-il à pas de loups ? Grâce à Thespis, goûterait-on à nouveau au plaisir des spectacles vivants après sept douloureux mois d’abstention ? Les artistes seraient-ils tout d’un coup ressuscités ? On remercie l’auteur de la pièce du fond du cœur qui appelle à la Rencontre . Aux retrouvailles entre public et comédiens en chair et en os.

Au théâtre du Parc hier soir, nous assistions à une Renaissance. On y croit de toutes nos forces, car sans les artistes, sans la culture, sans le lien vivant, nous sombrons tous dans une absurde morosité ou une très morose absurdité. Plus que l’oiseau noir, vénérons sans modération le phénix aux mille couleurs. La vie, tout simplement. L’oiseau bleu pour les grands sensibles.

C’est ainsi que le rideau se lève sur un directeur de théâtre cloué dans son Chesterfield couleur caramel, qui constitue à peu près le seul élément de décor. Au fond de la scène, on découvre les malles fermées où sont emprisonnés les accessoires et costumes de scène. Depuis avril 2020, le nommé Samuel Sherman attend le bon vouloir des autorités sanitaires pour ré-ouvrir les portes closes de son théâtre italien déserté. Son seul compagnon : un frigidaire des années 50... plein de surprises. La folie sera-elle au rendez-vous ?

Voilà son ami imaginaire : rien moins que Saint Ex, sanglé dans son habit d’aviateur qui va tenter tant bien que mal de remettre son alter ego en piste. Pas une mince affaire. L’acteur-directeur-manager osera-il jouer Hamlet ? Un vieux rêve. To play or not to play ! That is the question. Titre choisi par l’auteur pour cette comédie d’actualité. Le regard acéré de Thierry Debroux a pondu le texte en à peine une semaine de 4 août brûlant.

Car c’est le désespoir pour le monde oublié des artistes. Dans une fertile colère, l’imagination reprend le pouvoir ! Les chants les plus beaux sont les plus ... La pièce moque les étapes de la pandémie, fustige les temps présents qui virent à l’acide, à l’amertume des bulles réduites. Elle fustige les décideurs de la peur tous azimuts, elle jure de ranimer le rire sous le masque. Elle renoue les contacts humains, elle défait les nœuds de l’étouffement.

Même si le virtuel nous guette, la visioconférence envahit le plateau. Chacun chez soi barricadé entre ses murs. 18 artistes aux noms prestigieux travaillent sous cloche. Par ordre alphabétique : Jean-Philippe Altenloh, Jacqueline Bir, Thierry Janssen, Anouchka Vingtier, et les enfants Ava Debroux et Lily Debroux. Et la participation amicale de Julien Besure, Ronald Beurms, Denis Carpentier, Jonas Jans, Nicolas Mispelaere, Thibault Packeu, Jean-François Rossion, Jérôme Vilain,…

Ils crèvent tous l’écran et son abcès d’inhumanité !

Daniel Hanssens lui est présent sur scène en directeur de théâtre alangui sur ce Chesterfield d’un autre temps, celui des roses et des soins jaloux à l’Autre, celui du regard essentiel du renard, celui des planches vibrantes d’énergie théâtrale. A ses côtés, Othmane Moumen, l’ami imaginaire, pétulant, sensible, généreux, never say never ! Le verre est certes plus petit mais il est rempli d’humour et d’émotion.

Que cette pièce courageuse soit le ferment de temps nouveaux et retrouvés.

Il faut apprendre à VIVRE normalement avec le virus. Et le reste est silence.

Dominique-Hélène Lemaire

THÉÂTRE ROYAL DU PARC

MARDI 8 SEPTEMBRE :20H30

MERCREDI 9 SEPTEMBRE :20H30

JEUDI 10 SEPTEMBRE :20H30

DU MARDI AU SAMEDI :19H ET 20H30

LES DIMANCHES :15H ET 16H30

SAMEDI 10 OCTOBRE :15H ET 16H30

SAMEDI 24 OCTOBRE :15H

DU 13 AU 17 OCOBRE ET DU 20 AU 23 OCTOBRE :20H30

RELÂCHE LES LUNDIS ET LE DIMANCHE 11 OCTOBRE 2020.

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