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Les Prébendes

les Prébendes 

et le froid sur un fil

et le soleil éternel

et les fleurs sont tes cils 

et l'ombre de mes paupières 

est un flot de sentiments

Lionel M. 9 avril 2024

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LIBERTE

à Colin Wilson

 

S'extraire de la gravité

libre

emjamber les rivières

marcher sur ta rétine

avaler tes humeurs

cogner à la porte de ton coeur

m'installer à ta table 

y manger tes noisettes 

se fondre dans ton paysages

Lionel M 10 04 2026

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SAMEDI DE PLUIE

LA pluie brouille le regard de Senghor

et la grâce file

dans sa robe noire

la grâce 

insaisissable file

chevelure de pluie

le ciel en pleur

la pluie a des cheveux noirs

qui coulent

et la grâce toute vétue de noir

à petits paxs s'éloigne, se fond dans le paysage

où je me dissous

Lionel M. 11 04 2025

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31 12 1999

Trente et un décembre dix-neuf cent quatre-vingt-dix neuf ( et vous n'étiez toujours pas là!)

J’ai aperçu vagabonder dans les ruelles qui grimpent en haut de la ville une silhouette, son ombre vacille sur les remparts. Je poursuis mon chemin, la silhouette me précède, flottante comme une flamme.

Arrivé au parc Buffon, quelques réverbères sont allumés. Les ombres sévères des arbres gémissent. Une porte de voiture claque, sur la place de la petite église.

Du banc où je suis assis, je perçois le molto vivace de la symphonie de Beethoven.

Si ça se trouve, à minuit des ombres iront danser sous les fenêtres des Jacquemards. Ils s’offriront des mandarines.

Mais dans le ciel la lune rêve car la solitude engendre des songes.  

Sur les murs de l’église flotte l’ombre d’une silhouette.  Des pas marchent sur les cailloux. L’ombre se détache de l’obscurité à la faveur de la lumière d’un lampadaire.

Une femme s’approche de moi,....EXTRAIT

 

Lionel M

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Chères amies, amis, collectionneurs et habitués de notre galerie,

La galerie fête ses 20 ans d’existence cette année 2026 ! De nombreux événements et démarches vont marquer cette année particulière…

Un grand article français/anglais de 5 pages dans la belle revue d’art international « IAM magazine » by FACEC n° 24/2025 rédigé par Dominique Lecat rédacteur en chef IAM magazine (voir l’article en pièce-jointe en fin de magazine).

Les artistes présents pour cet événement d’avril sont :

Paloma Piano (CO) peintures à l’acrylique, Ralph.S (BE) peintures surréalistes et Valérie Coton (BE) peintures à l’acrylique et collages + logo de son sponsor : « JJB MARCOM » srl via la Brussels Citizens foundation.

La galerie a le plaisir de présenter en ce début d’année quelques artistes internationaux cotés via un agent d’artistes très introduit dans les milieux culturels. C’est ainsi que l’on présente les artistes de renoms suivants : Damien Verlinde (BE), Enyejo Bakaka (CD), Didier Masamba (CD), Raymond Tsham (CD), Corneille (NL), Pierre Bayard (BE), Abbias Ngateu (CM), Huang Yin (CN), Liu Yu Jun (CN), Don Ken (BE), Palmieri (IT) et Tuhal (FR). 

 

Vernissage le jeudi 02 avril de 18h 30 à 21h 30.

Finissage le 25 & 26 avril de 11h 00 à 18h 00.

 

Lien vers l’annonce visuelle de l’exposition du 02 avril :

https://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-son-prochain-vernissage-du-02-04-2026-et-son-agenda-culturel/

Lien vers le reportage photos du vernissage du 02 avril :

https://www.espaceartgallery.eu/la-galerie-a-le-plaisir-de-vous-presenter-le-reportage-photos-lors-de-son-vernissage-du-02-avril-2026/

Lien vers la page événements actuels et à venir :

https://www.espaceartgallery.eu/category/evenements/

Lien vers la présentation des espaces et des artistes :

https://www.instagram.com/espace.art.gallery/

Lien vers nouveau site Digital NFT Art Curator Belgium en 2026 :

https://ea-gallery.com (en pièce-jointe infos et inscriptions… )  & https://www.instagram.com/digital.nftart.curator.belgium/

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu

https://www.linkedin.com/in/jerry-delfosse-espace-art-gallery/

Lien pour visionner les 236 vidéos et 103.700 vues sur YouTube

https://www.youtube.com/@espaceartgallery4966

 

Lien vers le plus grand Rooftop d’Europe !

https://www.58.brussels/

Lien vers cette plateforme touristique où la galerie est présente :

« autres activités » +  https://www.kayak.fr/Brussels.32869.guide

Lien vers le nouveau Centre d’art dans le quartier :

https://cloudseven.be/home-of-frederic-de-goldschmidt-collection/

Situé au centre-ville dans le quartier bruxellois de la mode et du design.

Lien vers Bruxelles bouge comme le prouve cet article :

https://www.visit.brussels/en/professionals/news-articles-insights/why-brussels-is-your-mice-destination

 

Bien cordialement,

Jerry Delfosse

Galeriste

*

Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,

Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s

Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0

Administrateur général

Président de jury pour décerner 3 diplômes d’art EAG

Membre d’un jury international à Corsica Art Fair

Membre d’un jury pour décerner 2 diplômes d’art A&L

*

Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles – Belgium

GSM: 00.32. (0)497.577.120

eag.gallery@gmail.com

https://www.espaceartgallery.eu/

https://ea-gallery.com

https://artsrtlettres.ning.com/

&

Amedeo Arena arena.amedeo@gmail.com

Director www.amartgallerybrussel.be

GSM: 00.32. (0)475.721.272

 

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"Cycle du sang et du fenouil des prés"

Sakuma Shözan disait qu'une guerre nouvelle éclate lorsque l'exaltation de la guerre précédente s'éteint dans les mémoires. Il avait rédigé une mince plaquette intitulée " Cycle du sang et du fenouil des prés". Plaquette qui s'achevait par ces mots : " Ainsi le désir et l'oubli, selon les rythmes qui leur sont propres, engendrent-ils   éternellement les joyeuses déchirures de la guerre "

( Didier Decoin :" L'enfant de la Mer de Chine").

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L'ETRANGERE

A une inconnue de Bahreïn

 

 

Une belle étrangère

Aux yeux de fougère

Est entrée dans mon cœur

Plus belle qu’un archipel d’un orient de bonheur

Où les rêves brillent la nuit plus intensément que les étoiles.

Elle a réveillé mon ennui et son regard a fouillé ma production spirituelle

Sa longue chevelure noire est une rivière de diamants

Sa nudité dérobée à la beauté ouvre mon étonnement

Dubitative elle observe par la fenêtre la sortie de la messe

J’éteins la radio.

Ils viennent d’annoncer la reprise des bombardements en orient

Elle me regarde implorante,

« Ça n’en finira donc jamais ! » s’écrie-t-elle

 

Lionel M.

 

 

 

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administrateur théâtres

La Chapelle Musicale en gala à Bozar

Concerts

Musical Chapel Gala à Bozar

11 Mars 2026. Quel programme splendide la Chapelle Musicale Reine Élisabeth nous a offert à Bozar pour son concert de Gala ! Un programme riche, intelligemment construit : une véritable dramaturgie du dialogue. À la baguette du Brussels Philharmonic, Christian Blex impose d’emblée une direction à la fois sensible et ardente.

Pour commencer, la fresque musicale In the South, op. 50 de Edward Elgar (1903). Un véritable poème symphonique condensé, où affleure une nostalgie lumineuse. Le souvenir d’une Antiquité harmonieuse, épargnée par les soubresauts du monde contemporain ?

L’entame est franchement belliqueuse, dressant un empire de dissonances. Les cuivres, nobles et éclatants, soutenus par les percussions, dominent d’abord le paysage sonore. Puis, soudain, la harpe et le triangle s’immiscent dans le fracas, esquissant les premières lignes d’un poème porté par des cordes délicates et des flûtes lascives. Mais le tumulte reprend, plus vif encore. Et tant mieux, s’il est la fureur de vivre !

La structure, solidement architecturée, repose sur l’alternance de vastes masses orchestrales et de moments d’une introspection raffinée, reliés par de subtiles transitions harmoniques. Et quelle victoire, lorsque les extrêmes finissent par se rejoindre dans une forme de sérénité : l’homme enfin réconcilié avec la Nature ?

Changement de climat avec l’art du double miroir : le Concerto pour deux pianos n° 10 en mi bémol majeur, K. 365 de Mozart. Toujours sous la direction inspirée de Christian Blexle  Brussels Philharmonic accompagne deux jeunes solistes complices, Nicolas Meeuwssen et Ethur Hinnewinkel.

Ici, tout est dialogue. Dès l’Allegro, les deux claviers s’entrelacent dans une écriture concertante où alternent imitation, complémentarité et jeux d’échos. L’orchestre devient une toile de fond vivante, encadrant et relançant ce duo d’une rare complicité. Les basses insufflent un rythme presque jazzy, tandis que les violons soyeux déposent un voile de légèreté sur l’ensemble.

L’élégante conversation se poursuit en un ballet de sonorités joyeuses. Tout respire le bonheur partagé. Les cadences, d’une extrême fluidité, semblent naître d’une même respiration. Dans l’Andante, moment suspendu, les deux pianistes ne font plus qu’un : limpidité troublante de l’écriture, pureté et élégance sublime des gestes. Puis le Rondeau final réintroduit une vivacité théâtrale pleine de spontanéité, mêlant virtuosité enjouée et souffle généreux de la jeunesse.

Impossible de ne pas songer à Maria Anna Mozart, la  sœur de Mozart, pour qui cette œuvre fut écrite : une musique du lien, de l’intimité, de la joie partagée, de l’amour de la musique. Le public, conquis, rayonne.

En guise de bis, suprême délicatesse : une transcription de Johann Sebastian Bach par György Kurtág. Miniature suspendue, comme un clin d’œil hors du temps.

Sans entracte, la soirée se prolonge dans une autre forme de magie avec le Concerto triple en ut majeur, op. 56 de Ludwig van Beethoven.

Œuvre singulière, presque inclassable : ni tout à fait concerto, ni véritable symphonie concertante, mais une utopie musicale où trois solistes dialoguent avec l’orchestre. Frank Braley au piano, entouré d’Angela Chan et Jonathan Swensen, forme un trio aussi brillant qu’engagé. Les artistes piaffent d’impatience.  

Dès l’Allegro, une hiérarchie subtile s’installe : le violoncelle, souvent initiateur, expose les thèmes avant d’être rejoint par ses partenaires. Cette distribution inhabituelle crée une texture sonore originale, presque chambriste au sein de l’orchestre.

Le Largo, bref mais d’une intensité rare, ouvre un espace méditatif avant le Rondo alla Polacca final. Ici, Beethoven s’amuse : danse noble, éclats de lumière, énergie jubilatoire. Qui oserait encore le dire grave ? Le trio étincelle, passant de l’humour à la passion, jusqu’à des sommets de lyrisme vertigineux.

Les longues arabesques, les arpèges fabuleux de Frank Braley au clavier entraînent l’écoute vers une forme d’élévation, tandis que les mélodies surgissent, légères, comme capturées au vol … des danses de papillons ?  Les humeurs changent, mais une évidence s’impose : la Joie triomphe. Et la foi en l’homme. C’est sublime. Ce trio est une bombe d’énergie au sein de l’orchestre qui l’accompagne avec splendeur. Il brille de mille feux, de l’humour à la passion en passant par un paroxysme de sentimentalité.Frank Braley a réalisé une mise en scène époustouflante avec ses deux partenaires. En applaudissant à tout rompre, on se retient de rire. C’était brillant au possible. Mais… Restons sérieux !

Quel que soit l’âge, on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans…

« On rentre encore aux cafés éclatants,

On demande des bocks ou de la limonade…

et les tilleuls verts de la promenade… »

…. Après un tel Gala, longtemps après, la poésie vous enveloppe encore! Car la grande musique n’est décidément pas une affaire vraiment sérieuse. Dès qu’on s’y abandonne, elle devient jeu, surprise, vertige. Et cette joie irrépressible qui nous saisit, au moment d’applaudir…le visage épanoui et le rire plein les yeux.

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

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administrateur théâtres

Bellezza e Bruttezza, jusqu'au 14 juin 2026

 

Cultureexposition

Bellezza e Bruttezza, ce n’est pas seulement une belle allitération !

 

C’est l’événement culturel du printemps. Du 20 février au 14 juin 2026, Bozar déploie une exposition choc : Bellezza e Bruttezza. L’idéal, le réel et la caricature à la Renaissance. Voilà sans doute une exposition qui fera date.  Un événement phare, annoncé comme le grand rendez‑vous muséal de la saison. Un choc esthétique qui réunit près de 95 œuvres rarement sorties des réserves des plus grands musées. Une plongée où Botticelli, Titien, Léonard de Vinci et Tintoret croisent Cranach, Metsys ou encore Dürer… Bref, une affiche de gala.

L’enjeu ? Explorer comment, aux XVe et XVIe siècles, les artistes italiens et nord-européens ont mis en scène ce ballet troublant entre beauté et laideur, idéalisme et grotesque, grâce et difformité. Deux forces opposées, mais indissociables. Comme l’ombre et la lumière. Dans cette période effervescente des XVe et XVIe siècles, les artistes n’en finissent pas de jouer au jeu des contrastes : la grâce contre le grotesque, l’idéal contre l’excès. Chiara Rabbi Bernard, commissaire passionnée qui travaille sur cette thématique depuis cinq ans, revisite ce duel fondateur avec une ambition très humaine : comprendre ce qui nous émeut, nous dérange, nous attire encore dans ces visages parfaits… ou volontairement difformes.

La beauté, la laideur disent beaucoup de nous. Beauté et laideur n’ont cessé de fasciner. Pas seulement comme critères esthétiques, mais comme miroirs de notre humanité. Chiara Rabbi Bernard, a voulu reconstruire ce dialogue étrange, délicat, parfois grinçant, qui s’exprime dans les visages, les postures, les gestes. En dépit de l’exaltation de la grâce, de la vertu, de la richesse et du pouvoir.

En Italie, l’idéal classique domine encore : proportions harmonieuses, élégance intemporelle, pureté des lignes. Mais déjà, sous les pinceaux de Léonard ou Lotto, les premiers saboteurs du « beau » une tension apparaît : l’expression humaine, ses fragilités, ses excès, ses rides, ses grimaces, gagnent du terrain.

Au Nord, en revanche, c’est un tout autre univers. Une esthétique de la vérité crue, parfois brutale, souvent satirique. Cranach et Bruegel n’hésitent pas à tirer le trait, à souligner ce qui déraille, ce qui dérange, ce qui fait rire aussi. Le grotesque devient une langue artistique à part entière. Et l’on comprend ce que Léonard avait saisi avant tout le monde : la beauté et la laideur se renforcent, dialoguent, se répondent.

Finalement, nous avons créé des sociétés de plus en plus obsédées par l’apparence. Si le parcours avance, la réflexion s’élargit. Au XVIe siècle, la beauté devient une véritable préoccupation sociale. Les premiers manuels, destinés aux femmes, livrent des recettes pour paraître « plus belle ». Les conseils cosmétiques se multiplient. Le marché du paraître naît. Une modernité s’esquisse déjà dans ces petits écrits.

À notre époque, cette obsession a pris des proportions industrielles. Mais l’exposition rappelle combien la Renaissance en amorce subtilement les codes. En parallèle, la laideur se fraye un chemin dans l’art, gagnant ses lettres de noblesse. De curiosité dérangeante, elle devient terrain d’exploration anthropologique, philosophique, culturelle.

C’est aussi l’occasion de voyager doublement : dans le temps et dans l’espace. Le catalogue de l’exposition, à lui seul, pourrait trôner sur une table basse chic : Botticelli, Floris, Lotto, Véronèse… Les œuvres arrivent de Florence, Rome, Vienne, Washington, Berlin. Un véritable tour du monde de chefs-d’œuvre. Un ensemble étourdissant de quelques sculptures, peintures, et dessins, nourri de prêts prestigieux : Offices de Florence, Vatican, Louvre, National Gallery of Art de Washington, Kunsthistorisches Museum de Vienne, Hamburger Kunsthalle… Rarement ces pièces ont quitté leurs murs. C’est dire l’importance de l’événement.

Arrêt sur image. Voici Breughel ! Le monde à l’envers et notre propre vertige. Parmi les œuvres qui marquent, Les Proverbes de Bruegel l’Ancien est un arrêt magistral. Un tableau foisonnant, drôle, déroutant, parfois cruel, qui met en scène plus de cent proverbes flamands. Une fresque humaine qui dit nos faiblesses, nos obsessions, nos travers. On y entre comme dans un labyrinthe, on s’y perd avec jubilation. Un détail retient l’œil : celui d’un globe terrestre dont la croix est tournée vers le bas. Une vision littérale du monde à l’envers.  C’est presque prophétique. Particulièrement dans le Nord, la Renaissance cultive l’amour de l’ironie et de la provocation visuelle !

Plus loin, on s’attardera pour découvrir la vraie histoire de la Belle et la bête.  Avec une œuvre qui intrigue, interroge, bouleverse. C’est le portrait de Maddalena Gonsalvus, fille de Petrus Gonsalvus, atteint d’hypertrichose, un cas de pilosité extrême.  Ce noble canarien à la pilosité spectaculaire, avait épousé une femme d’une grande beauté. Leur histoire inspira une légende qui hante toujours notre imaginaire : celle de La Belle et la Bête. Maddalena, représentée avec tendresse, dignité et une forme de fierté, rappelle à quel point l’humanité peut surgir dans ce qui dérange. Ici, aucune caricature. Maddalena est représentée comme une princesse, respectée, aimée, entourée. Une dimension profondément humaine traverse ce tableau : celui d’un père qui élève sa fille dans la dignité, malgré un monde prompt au jugement.

Et si la Renaissance avait inventé…à côté de la beauté idéale de Boticelli, la laideur moderne? Il semble qu’elle ait aussi ouvert la voie à la laideur comme langage artistique, comme outil critique, comme émotion esthétique légitime. Les artistes n’ont jamais cessé d’interpréter la réalité, de l’embellir ou de la déformer, d’en révéler les tensions.

Embellir parfois, juste pour … servir le pouvoir. Lors de cette exposition, on découvre Titien en train d’améliorer le portrait de l’empereur Charles Quint, geste qui peut s’interpréter comme une marque de respect ou de soumission. L’empereur avait tendance à garder la bouche entrouverte et le menton relâché, ce qui n’était pas très flatteur. Titien, avec délicatesse, corrige ces détails pour préserver l’image de puissance, de vertu et de noblesse du souverain. Au XVIe siècle, le portrait va bien au-delà d’une simple représentation : il devient un outil de propagande et un symbole de légitimité politique. Les monarques européens, parfaitement conscients du pouvoir de leur image, font réaliser des portraits officiels qui circulent à travers le continent. Titien maîtrise cet art, combinant réalisme, symboles et une mise en scène qui valorise l’autorité.

 ….

Mais tout au long de cette exposition, dans une véritable chasse aux stéréotypes, Bozar nous rappelle aussi avec brio que le grotesque, plus qu’un contrepoint, est parfois l’essence de vérités dérangeantes. Dans l’imaginaire collectif, Fous et bouffons ne se contentent pas de transgresser les normes, ils les piétinent allègrement. Leur allure hors du commun, où le grotesque tutoie la sagesse, ne nous incite-t-elle pas à revisiter nos certitudes ?   On le sait, Shakespeare était un grand maître en la matière.  Sujets et personnages grotesques, et même la laideur extrême, de la maladie à la luxure, comme dans les dernières salles, forcent la société à regarder en face ses propres préjugés sous le couvert du rire.  Et tant pis si elle vole la vedette à l’idéal !

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

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Huit mars deux mille vingt quatre

Huit mars deux mille vingt quatre

 

Un ciel épais et lourd, un ciel gris, un ciel de mercure ondule au-dessus de la ville.

Les arbres du boulevard sont au garde à vous. Je flâne entre deux rangés de platanes en tenue de général.

Je distingue le printemps derrière un arbre, il est chaussé de baskets blanches.

C'est un jour de printemps, mais un jour où la peine est lourde à porter sur les épaules comme un ennui un jour de juillet. Le téléphone sonne. Personne ne répond. La lâcheté est parfois anonyme.

C'est un jour à l’atmosphère nitreuse. Un jour écœurant comme la fumée de cigarette qui laisse des traces jaunes au bout des doigts et qui fatigue les paupières.

Les feuilles des platanes luisent comme le creux des mains. Les poumons des arbres sont viciés, un jour viendra, ils se révolteront.  

Le vent roule derrière les maisons taillées dans le tuffeau.

L'immeuble aux portes de secours est encore loin. Un banc. J’assois ma douleur. Je sors le livre de la dame de Lusignan. Je lis :

"Et dans sa robe blanche Jeanne implore Antoine mais il n'y entendait rien..."

Il se met à pleuvoir ! Je pose le bouquin au fond du panier, avec le beurre et les œufs.  

Je lève la tête.

Une jeune personne dans une gabardine noire m'observe intriguée.

Mon regard croise le sien, inquiet et terrifié, comme celui d’un poète devant le cadavre d’un oiseau. 

 Lionel M.

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Bouleversement

 

 

 

 

Bouleversement

 

La balançoire des mots oscille dans les couleurs

de ce lever du jour, montant dans ta mémoire,

le train de ta vie entre très lentement,

ses reflets sont aveuglants.

 

Combien de temps encore s’étirera t’il dans les nuages,

avant que toutes les fourmis s’éparpillent .

 

Sur le banc des anciens réfractaires, la messe est dite

et chacun se regarde du coin de l’œil

sans sourciller.

 

Il y a bien quelques enfants, courant sur les voies,

mais les enfants seront toujours des enfants,

certains toute leur vie.

 

Et c’est ton cas, toi qui a tout inventé, mais n’a rien étudié,

il faut toujours que tu dises à tout le monde

ton ignorance si importante.

 

Mais l’heure a sonné et tu dois te lever, avec ton sifflet,

la récré tourmentée est finie,

pourvu qu’il y ait du soleil .

 

 

 

Le petit point s’agrandit

 

le 30-3-2026

 

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administrateur théâtres

Concerts

Eliso Virsaladze à la Ferme du Biéreau

À la Ferme du Biéreau : rencontre exceptionnelle avec une grande dame. On y va pour le programme, on en repart touché par l’artiste. Eliso Virsaladze, c’est le murmure souverain d’une légende.

Eliso Virsaladze est une artiste que les initiés vénèrent, que le grand public découvre parfois tardivement, presque par hasard – ce hasard dont on dit qu’il ne se trompe jamais !

Née à Tbilissi, en Géorgie, elle perpétue la grande tradition de l’école pianistique russe, héritière d’une lignée prestigieuse remontant à Heinrich Neuhaus. Formée notamment auprès de Yakov Zak, elle se distingue très tôt en remportant le Concours Schumann en 1966, après un passage remarqué au Concours Tchaïkovski.

Mais plus que les prix, c’est une esthétique qui la définit : refuser l’esbroufe, rechercher la vérité et la profondeur du son. Son jeu s’inscrit dans une filiation où la musique prime toujours sur l’ego du pianiste. On pense à Sviatoslav Richter, admirateur de ses interprétations.

Grande pédagogue, elle a formé plusieurs générations de pianistes au Conservatoire de Moscou, transmettant un art du piano fondé sur l’écoute intérieure, la rigueur et la sincérité.

Son répertoire de prédilection – Robert Schumann, Frédéric Chopin, Johannes Brahms – révèle une affinité profonde avec les mondes introspectifs, les architectures secrètes, les élans contenus.

Écouter Eliso Virsaladze, ce n’est pas assister à une performance.  C’est, loin de tout glamour, entrer dans une pensée musicale dense, habitée, en quête d’essentiel.

Lors de son récital à la Ferme du Biéreau, la grande dame du piano nous a ouvert les portes de ses secrets. Quel privilège ! Entrer dans un univers où chaque note semble naître d’un mystère. Le son explore l’intime et dévoile des terres inconnues.

Dès les premières mesures de Johann Sebastian Bach, dans la transcription de la cantate BWV 29, une architecture invisible prend forme. On a l’impression que les grandes orgues d’une cathédrale intérieure s’éveillent en nous. Puis vient le Largo de la sonate BWV 1005, transcrit par Camille Saint-Saëns : une confidence lente, une respiration suspendue. On imagine une marguerite qui s’effeuille sur le clavier, avec une infinie tendresse.

Avec Mozart, le ton change. La Sonate K.280 commence avec autorité, presque une certaine rudesse. Mais l’Adagio… ah, l’Adagio ! Il réconcilie, il apaise, il console. Les trilles deviennent soupirs, les accords se répondent comme des échos du cœur. Puis, soudain, le Presto démarre, joyeux, théâtral, dans une jubilation presque italienne, comme un clin d’œil à la Commedia dell’arte.

Vient alors Beethoven, lumineux, humain, presque espiègle. C’est inattendu. Derrière la majesté, on devine le jeu : des éclats de jeunesse, des fragments de vie. Le célèbre Rondo a capriccio op. 129 évoque une course effrénée, une énergie bondissante où les doigts effleurent à peine le clavier pour mieux s’envoler. Et quand même des effets de prestidigitation !

Mais le véritable cœur du concert bat dans la deuxième partie du récital : avec Chopin, lui que l’on attendait. Les Nocturnes deviennent des paysages intérieurs. Le Nocturne op. 27 n° 2 est immédiatement enlacé au premier. Il murmure plus qu’il ne chante. Pas de brillance de salon et des sonorités rutilantes. Eliso Virsaladze choisit l’ombre, la question, le frisson retenu. Elle sème des silences qui n’en sont pas vraiment. De ces silences naissent des rubans sonores, délicats, presque irréels.

Le charme opère. On plonge dans l’univers d’une artiste puissante, magicienne, presque prêtresse. Sa main droite caresse le temps, sa main gauche l’ancre dans une profondeur volcanique. Et soudain, la musique devient bain de beauté, traversée intime.

Les Mazurkas, elles, dansent autrement. Elles évoquent la terre, la mémoire, les jours heureux, les nostalgies secrètes. Tantôt légères, tendres ou vibrantes, elles dessinent des paysages bucoliques intemporels, des souvenirs d’un Âge d’or, baignés de lumière et de parfums d’été.

Puis, comme un éclat de rire final, la Valse brillante surgit, presque foudroyante. C’est ainsi que les grands sentiments se lancent face au monde. En bis, une Mazurka en la mineur,  nous est offerte, comme un dernier souffle.

Rien n’a été démonstratif. Tout a été essentiel. Dans une sobriété de gestes presque irréelle, Eliso Virsaladze s’efface, laissant la musique seule nous marquer. Lorsqu’elle quitte la scène, des fleurs à la main, sur la pointe des pieds, malgré les salves d’applaudissements, elle semble nous confier un secret : la vraie musique est transmission secrète, cadeau intime. Une communion dans la simplicité première. Primordial, comme le trésor de la main  tendue.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Du 3 au 10 mars 2026

-Un concert dans le cadre du Festival International Est-Ouest, pour sa 14e édition à la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve

-À l’affiche: des concerts de musique classique, des jeunes talents et des contes musicaux.

  • Lieu : Ferme du Biéreau, Ottignies-Louvain-la-Neuve.
  • Programme 2026 :
    • 3 et 4 mars : Lauréats du Concours Reine Elisabeth.
    • 5 mars : Quatuor d’Ukraine et de Russie par Musiques Nouvelles.
    • 7 mars : Récital d’Elisso Virsaladze.
    • 8 mars : Conte musical (Le roi qui n’aimait toujours pas la musique) et concert-lecture poétique.
    • 10 mars : Opéra Così fan tuttede Mozart (midzik & soir)

 

À la Ferme du Biéreau

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administrateur théâtres

HUIT mars 2026 en fête

Concerts

Héroïnes et sortilèges, ou l’éclat féminin en musique au Dolce La Hulpe Brussels

Un dimanche au Dolce, sous le signe de la liberté et de l’émotion

Ce dimanche matin de mars, le Dolce La Hulpe Brussels a prêté sa magnifique salle de spectacle à trois musiciennes passionnées.  C’était le 8 mars 2026, journée internationale des droits des femmes, et trois jeunes artistes y célébraient l’arrivée du printemps en même temps que l’audace créative du féminin.

 Dans ce havre baigné du soleil de la forêt de Soignes, non loin du Château de la Hulpe, la musique s’est érigée en manifeste passionné pour la liberté d’être, de jouer, de créer, portée par l’énergie impertinente d’étoiles de la musique : Cécile Lastchenko, Elina Buksha et Julie Delbart. Un trio libre, complice, ardent.

La scène, ouverte sur de splendides images de la renaissance du printemps et de la vie sauvage brabançonne, a servi d’écrin à un concert où chaque note vibrait d’enthousiasme partagé. Dès les premiers accords, le public a perçu la force du message : la musique adoucit les mœurs, mais elle sait aussi illustrer les luttes.

 Les artistes ont cousu un programme à la fois délicat et fougueux, hommage vibrant à la création féminine, écho flamboyant à la célèbre phrase de Christine Delmotte : « Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler. »  Oui, la magie des sortilèges flottait dans l’air, chaque œuvre choisie lançant un nouvel enchantement dans la salle. Cécile Lastchenko, mezzo-soprano à la voix saisissante, captive d’emblée. Sa présence scénique magnétique, son timbre lumineux, sa capacité à passer du sourire à la passion, font d’elle une conteuse autant qu’une interprète. Dans Bizet ou Viardot, elle incarne des héroïnes libres, indépendantes, pleines d’esprit, chaque chanson devenant confidence, chaque phrase, émotion. À ses côtés, Elina Buksha fait danser le feu sur les cordes de son violon. L’énergie, la concentration et l’audace de son jeu captivent. Dans la Romanza Andaluza de Sarasate, elle offre un voyage sensoriel vers le Sud, où la virtuosité côtoie la nostalgie et où la musique semble respirer les parfums d’Espagne.Son archet magnifique est incandescent. La violoniste   possède ce brûlant soleil au fond du cœur qui rappelle la passion de Jacques Brel pour l’inaccessible étoile. Julie Delbart, elle, transforme le piano en un cœur bondissant. Tantôt discrète, tantôt éclatante, elle insuffle au trio une pulsation poétique. Sous ses doigts, les Danses argentines de Ginastera prennent des allures telluriques, le clavier devient souffle, éclat ou caresse, et la complicité avec ses partenaires se lit dans chaque regard échangé. Le programme, véritable mosaïque d’émotions, plonge l’auditoire dans une Espagne de feu et de sensualité, où chaque pièce célèbre une forme de liberté sauvage.

Quel parcours plein de flammes !  L’air de Dulcinée dans Don Quichotte de Massenet  a lancé d’emblée une déclaration d’indépendance espiègle, puis surgit l’irrésistible Carmen, éternelle icône d’émancipation, avec « Près des remparts de Séville ». Elina Buksha irradie la salle de la Romanza Andaluza, concentré d’élégance et de nostalgie, avant que Pauline Viardot (née Garcia (1821-1910) ne s’invite avec ses tableaux espagnols. Madrid et Les Filles de Cadix, sont des éclats d’esprit et de panache. Madrid

Car c’est ma princesse Andalouse!
Mon amoureuse, ma jalouse
Ma belle veuve au long réseau!
C’est un vrai démon, c’est un ange!

Elle est jaune comme une orange
Elle est vive comme l’oiseau!

L’atmosphère se fait plus mystérieuse et poétique avec le Nocturne de Lili Boulanger, météore de la musique française, suspendant le temps dans une brume de rêve. Le public se laisse ensuite emporter par Les violons dans le soir et la Danse macabre de Saint-Saëns, la poésie du folklore espagnol chez De Falla, la fierté gitane, la sensualité, la mélancolie. Enfin, les Danses argentines de Ginastera font vibrer la salle d’une énergie inédite, sous les doigts inspirés de Julie Delbart. Et pour conclure ? La Bohémienne la plus célèbre de l’opéra s’impose naturellement: « Les  tringles des sistres tintaient… » et la célèbre Habanera de Carmen. L’amour est un oiseau qui n’a jamais connu de loi…

Ces trois musiciennes partagent plus que leur art. Chacune y va de son authenticité et ensemble, elles tissent une générosité rare. Ce concert était une ode à l’émancipation, à la créativité et à la passion, rappelant à chaque instant que la musique demeure l’une des plus puissantes forces de liberté. Le public, conquis, n’a pu qu’applaudir longuement, dans l’attente de prochains rendez-vous musicaux dans cette salle très accueillante où la magie, à nouveau, prendra vie.

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

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Sur la route

Sur la route (1993-2015)

...et blanc comme la virginité que nous assumons" Léo Ferré 

 

Ce matin dans le ciel vagabondent des immortelles. J'ai cueilli deux nuages bleus et trois étoiles de nuit. 

Je mettrai des nuages à tes épaules des agates dans tes yeux, toute sorte de fleurs dans ta chevelure et un coquelicot entre tes lèvres.  

J’entends souvent battre ton cœur dans ma poitrine. Et je devine ton âme émeraude se lier à mon ombre quand je fonce sur les routes ensoleillées.

Le reflet de mon visage dans le parebrise c’est le tien où voyagent des souvenirs plus précieux que les trains de nuages qui roulent dans le ciel, qui roulent dans ma mémoire.  

 

Lionel M

 

 

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JOUR 49

Veille

 

Tandis que dans les eaux de la mer Noire, la seiche sentiente patiente, l’hippocampe plus royal que l’anguille des abysses, évolue dans les eaux empoisonnées à la surface desquelles flottent des algues mercurielles, et où se réfléchissent le vol d’oiseaux aux ailes d’acier traversants un ciel métallique plus noir que la stibine.

 

Par les chemins de falun que suit le chagrin planté par le clou de la mémoire

Par les murs blancs noircis par les croix de la nuit

Par les rêves que le sommeil confond avec la peur

Par les humeurs pisseuses des trottoirs qu'un regard s’en émeut

Par les vomissures sur les murs des écoles 

Par les confusions crachées par des gueules de bois dont s’indignent un passant

Par la balance dégrafant son corsage pour en faire estimer le contenu à son ami d’infortune,

Pour les amours funambules au-dessus du gouffre de l’ennui,

Pour des échanges amoureux sur un banc de fortune loin des sorties d’usine, à l’heure où rentre le mendiant aux mains d’argile et aux yeux qui implorent,

Pour l’hermine qui se dandine sur l’asphalte luisante avec égard pour l’animal recherchant sa pitance,

Par la douleur en cerne cernée et les paupières fardées à l’égyptienne,

Par les couronnes de l’aube et de l’aurore retrouvées sur les chemins lumineux qu’ouvrent les étoiles noires,

Et par l’étincelle crevant la dimension curieuse du ciel

Je te salue

Carnallite

Minerai dont les chiens ignorent la couleur de la parure, puisque le pourpre n’est peut-être qu’un os.

 

Lionel M.

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L'INQUIETUDE

L’inquiétude

 

« Allongé à l’ombre d’un tilleul, contemplant un ciel presque sans nuages, j’ai vu ce ciel basculer et s’engloutir dans le vide »

Jean Grenier

 

J’ai mis ma douleur en veille, et je suis sorti.

Je marche à grand pas, le trottoir défile comme un parchemin. Le ciel est gris, il y traine des nuages menaçants. Je traverse le jardin public. Il n’est jamais très fréquenté à cette heure, surtout à cette saison. 

Aujourd'hui, Il tombe un crachin désagréable qui plonge tout dans l’inquiétude de vivre.

Je sonne, j’entre, et là n’y a personne, je m’assois, je patiente. Par les vitres pénètre une lumière jaunâtre. L’ampoule du plafonnier est grillée.

Assise à son bureau, elle porte le masque de la contrariété.

Elle a chaussé des lunettes de maîtresse d'école.

Elle porte un pull qui pointe sa poitrine. 

Elle laisse tomber ses bras, et me donne sa lassitude.

- Tenez ! Je suis désolée, aujourd’hui j’ai la migraine. Revenez demain.  Donnez-moi votre cahier ! Je le consulterai ce soir.  Vous m’en ferez le résumé.

-Entendu ! alors à demain.

J’ai horreur de quitter le vide pour y retourner. La journée est détestable. Je croise un chien famélique avec un bâton dans la gueule. Le ciel gris est creusé dans le vide. Le chemin du retour est écœurant. La pluie bat le pavé, tout est nauséabond. Tout est dégueulasse. Contrarié, je vomis dans le caniveau.

 

Rentré chez moi, je dispose un vase sur le guéridon,

Un lys, un glaïeul, des iris dans une eau trouble

Trouble, comme des paroles que l’on ne comprend pas.

Lionel M.

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Le gâteau

Le gâteau

 

Derrière les draps de carnaval

le monde entier est en délire,

Il fête la mort avec la guerre,

en partageant le dieu dollar,

Tout ce qui n’est de ton côté

est un rebus, un encombrant,

Seul le présent, étant coté,

est un élu du bon côté .

 

Tous les manants dans l’ombre

ne brilleront jamais.

 

Derrière les draps de carnaval

il y a eu les chercheurs,

ils sont partis des vielles terres

Chasser les plumes de leurs mémoires,

tous ces cowboys, sonnant la trompe,

gardent en leur sang la même couleur,

En repoussant ce qui n’est blanc,

c’est leur grand jeu avec l’IA.

 

Tous les manants dans l’ombre

ne brilleront jamais.

 

Derrière les draps de carnaval

certains n’adhèrent à ce massacre,

Car ce gâteau n’est à leur goût,

A l’horizon, leur espérance

n’est pas en or dégoulinant,

ni des objets tout en diamants,

Traduire en mots et en peinture,

leurs sentiments leur suffit bien.

 

Alors certains étant dans l’ombre

brilleront bien le jour venu.

 

Le 22-3-2026

 

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administrateur théâtres

Concerts

Aimez-vous Brahms? Un trio à Rixensart

Depuis plusieurs saisons déjà, la Balade musicale de Rixensart fait rayonner la musique classique au cœur du Brabant wallon. Un rendez-vous devenu précieux pour les mélomanes : intime, chaleureux, exigeant. Partie intégrante d’une recherche. Au sens proustien? Et pourquoi pas!

La saison touche à sa fin… et quelle finale en perspective : le 19 mars, la 13e édition du festival refermera son écrin sonore avec une ultime soirée qui promet d’être aussi élégante qu’émouvante. Elle accueillera à l’Église St Sixte l’Orchestre de la Fondation Arthur Grumiaux sous la direction de Luc Dewez avec des artistes confirmés :  Pauline Van der Rest, violon ; Eugeniusz Wawrzyniak, orgue; Cécile Lastchenko, mezzo. Ce sera un ultime chapitre de cette belle et heureuse traversée musicale. Après une soirée qui s’annonce intense, nul doute que le public de Rixensart reviendra la saison prochaine, y rechercher encore et encore, ces moments privilégiés où la musique semble parler la langue de nos plus secrètes émotions.

Mais revenons un instant à l’extraordinaire soirée du 19 février dernier. Cette avant-dernière escale musicale avait des allures de constellation.

Trois compositeurs: Rachmaninov, Anton Arensky, et Brahms.

Trois interprètes: Valère Burnon, piano; Hawijch Elders, violon, Joao Pedro Gonçalves, violoncelle.

La violoniste Hawijch Elders déploie un violon lumineux et intensément expressif. Son archet respire avec la phrase musicale, tantôt fougueux, tantôt d’une tendresse presque murmurée. À ses côtés, le piano de Valère Burnon structure l’espace sonore avec une intelligence musicale impressionnante : tour à tour architecte et poète, il fait jaillir les couleurs du clavier avec naturel et profondeur. Quant au violoncelle de João Pedro Gonçalves, il apporte au trio cette voix chaude et profonde qui ancre la musique dans une humanité vibrante….

Et entre eux, tout l’esprit du romantisme, et ce miracle si rare en musique de chambre : une cohésion absolue alliée à une expression individuelle éclatante. Beau paradoxe, n’est-ce pas ! Dans ce trio affirmé, la musique est dialogue d’égal à égal : les voix se croisent, s’écoutent, se répondent. Quel souffle. Quelle énergie partagée dans une salle qui écoute ce trio plein de caractère et  savoure le plaisir des yeux et des oreilles.

Dans la première œuvre du programme , Le trio élégiaque N° 1 en sol de Rachmaninov, les retours du thème principal agissent comme un apaisement. Les légères frictions des archets du violon laissent au piano toute sa substance. Les sonorités enflent, crescendo. On dirait que l’humain s’accroche viscéralement à la vie… avant que ne sonne une sorte de glas…L’atmosphère se fait sombre, puis soudain lumineusement sereine. Et la salle d’exploser en applaudissements.

La seconde œuvre: Le trio N°1 en rémineur op.32 d’Anton Arensky déploie d’abord des arabesques joyeuses, presque comme dans les comptines enfantines. Mais très vite surgissent les questionnements de l’adolescence, ses bouillonnements et ses élans. Quelques phrases musicales glissent même vers un humour malicieux.

La violoniste expose d’abord les émotions. Le violoncelle les recueille. Le piano les déploie dans un jeu lumineux. La fougue devient intense, presque nostalgique. On pense alors à l’Ode to a Skylark, ce poème romantique anglais de Shelley,  où la joie pure, l’ivresse de vivre, frôlent la mélancolie.

Soudain le scherzo fait danser la musique, avec impertinence ,comme au carnaval. Puis surgissent des sonorités inattendues : une valse moqueuse, des accents espiègles, on pense à Gershwin. Mais l’émotion atteint son sommet dans l’Adagio, sortez vos mouchoirs. Le pianiste insiste sur un thème douloureux tandis que les cordes se font discrètes. Le violon reprend la ligne mélodique, puis le violoncelle la recueille avec une hésitation poignante. Et c’est lui qui aura le dernier mot. C’est de toute beauté.

La suite éclate comme un cri. Fracassant. Guerrier. Le violon devient presque paroxystique. Le trio semble se révolter.

Puis soudain s’ouvre un paysage bucolique, plein de grâce et de lumière. Le thème principal revient apaiser les tensions. Les dernières mesures respirent la joie retrouvée.

Après la pause voici le dernier trio: Le trio N° 1 en si majeur op.8 de Brahms.

La musique devient alors véritable storytelling. Tout commence par une berceuse douce, pleine de langueurs et d’amour. Peu à peu, cette douceur se transforme en profession de foi : une humanité qui ne se laisse pas abattre. Le thème initial revient alors, brûlant de confiance et de liberté.

Un instant suspendu. Peut-être la fameuse note bleue. Le mouvement suivant plonge dans une tendresse absolue. Les cordes semblent pleurer doucement tandis que le piano fait flamboyer des accords sombres. Le tempo se ralentit presque à l’extrême. La musique devient une lente construction de rêverie, ou d’une prière secrète.

Il y a vraiment de l’infini dans ce trio.

Puis vient le retour sur terre : un rythme syncopé exulte et peint une joie de vivre éclatante. L’élégance des artistes s’accorde à une vitalité presque aventurière. Éblouissant le final.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

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