Rien n'est jamais comme on l'avait imaginé,
De sublimes vallées couvertes de fleurs,
Des pendules sonnant des plaisirs partagés,
Et des aiguilles folles ivres de bonheur !
GCM
Pensée du jour.20/09/2024
Toutes les publications (16054)
Transmises
Au petit bar tu songes encore,
En petit noir et cheveux d’or,
Vêtue satin de lilas rose,
Fin de soirée en overdose
Tu es si belle pour un garçon,
Tes lèvres rouges et fiers nichons,
Mais sur le zinc ton cœur attend,
Au fond du verre tourne le temps
Au petit bar tu te souviens,
Déjà enfant tu aimais tant
Jouer les dames, pourtant Fabien,
Avec les robes de ta maman
Ton amoureuse est toujours gaie
Comme un pinçon sorti du nid,
Toujours partante pour s’envoler,
C’est la gagnante des sans soucis
L’amour est au-delà
De cette vie en soi,
Plus grand que l’infini
Et tout ses paradis
Au petit bar des musiciens,
Tu es tout près de deux malins,
Regard discret tu n’aimes leurs mains,
Elles ont le signe de vils destins
Mais tout à coup c’est la tornade,
Elle a en toi mis sa grenade,
Ton beau manège tourne en folie,
Tout l’univers s’arrête ici
L’amour est au-delà
De cette vie en soi,
Plus grand que l’infini
Et tout ses paradis
le14-9-2024
Ce vendredi 20 septembre dès 19h15, les Rencontres littéraires de l'Espace Art Gallery recevront Fébronie Tsassis et Alain Magerotte.
Auteure de publications diversifiées et coach de développement personnel, Fébronie Tsassis nous présentera sa trilogie "Il était une fois une Phie", ouvrage nous proposant une plongée dans 20 années d'Histoires et d'anecdotes belgo-grecques. Regard d'un enfant sur l'immigration grecque en 1957 : 1er tome : 1953 - 1962.
Auteur de romans et de nouvelles, le genre fantastique au coeur de sa vie et de ses publications, Alain Magerotte nous fera découvrir "Bestiaire", "Meurtre au Belkado", "Novelas" et "Correspondance", un panaché flamboyant de ses talents d'auteur. Humour et suspense garantis.
Accueil - présentations - lectures - entretien - drink - séance de dédicaces, entrée gratuite et bienvenue à tous et toutes !
Espace Art Gallery, rue de Laeken 83, 1000 Bruxelles
Informations aux membres du réseau,
Comme annoncé récemment sur le réseau et par mail, en tant qu’administrateur général, j’ai créé pour les 15 ans du réseau le diplôme « Voir est ton savoir » en tant que « Le grand prix Arts et Lettres » 2024. Depuis l’annonce de ce prix de nombreux membres ont refait surface et d’autres, plus anciens, ont confirmé leurs assiduités à publier qui est la condition pour être retenu par le jury composé d’administrateurs et de professionnelles pour décerner ce prix !
Dans le cadre du réseau Arts et Lettres la galerie a l’intention, dans le même esprit de diffusion, de créer un cycle de conférences à partir de 2025. Si vous êtes dans les domaines de la Relaxations, Méditations, Métaphysiques, Arts, Art thérapies, Littératures, Ressourcements, etc… il sera possible d’organiser une conférence dans la galerie prochainement…
L’idée est de créer, une fois par mois, cette activité dans la galerie qui dispose de 50 sièges actuellement. La PAF sera de 25 € en ce compris le drink après la conférence et les échanges avec le public…
Encore une chose, le logo des conférences est en pièce-jointe !
HCB qui signifie « Holistique Conferences Brussels » ©
Lien vers l’annonce de cet événement sur mon site Internet :
https://www.espaceartgallery.eu/organisation-de-conferences-variees-a-partir-de-2025/
Bien cordialement,
Jerry Delfosse
Administrateur général du réseau Arts et Lettres
Mystère
Je ne saurais jamais ce que j’aurais pu être,
Je sais, chacun de vous à part certains peut-être,
Ne sont intéressés, dois-je exister ou pas ?
Je fais partie de ceux toujours montrés du doigt
Beaucoup sont psychopathes, même tueurs en série,
On les dit diaboliques, sans croire au paradis,
Personne ne s’intéresse aux arcanes de la mort,
Labyrinthe monstrueux dont jamais on ne sort
Je ne saurais jamais le mystère des mystères,
Pourquoi ma génitrice, celle que vous nommez mère,
A créé cet enfant, remplaçant de son frère,
En a fait un martyr, mordu par les vipères
Endeuillée de Francis, au prénom de mon père,
Elle me haïssait et brûlait mes viscères,
Battu et enfermé, la douleur de l’enfer,
Inhumain par son fait, errant sur cette terre
Je ne saurais jamais vivre sans mes souffrances,
Car elle m’a fait grandir ainsi pendant l’enfance,
A chaque instant revient ce spectre au fond de moi,
Je suis clone de la peur, pilonné de surmoi
le 17-9-2024
Les moutons adorent à bêler bêtement,
Si les arbres, paraît-il, se parlent entre eux,
Les moutons n'obéissent qu'à un seul bêlant,
Et finissent comme lui à son triste jeu !
GCM
Pensée du jour. 15/09/2024
Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter le reportage photos de son vernissage du 05 septembre 2024.
Chères amies, amis, collectionneurs et habitués de notre galerie,
Les artistes présents pour cet événement sont :
Jean-Michel Pouzet (Fr) photographies, Anne Catherine Favier (Fr) peintures, Emeline Cella (Fr) peintures, Isabelle Rivière (Fr) peintures et sculptures, Samoukan Assaad (Sy) peintures, Jennifer Labédie (Fr) peintures et Martine France Moreau (Be). Et l’artiste de la galerie AmArtgallery Brussel Art : Luca Pertoldi (It) photographies
Exposition en partenariat avec la galerie d’art et organisatrice d’événements AmArtgallery Brussel Art – Curator & events.
Ainsi que Nathalie Pannetier (Fr) artisane d’art en maroquinerie à son compte depuis 2019.
Vernissage le jeudi 05 septembre de 18h 30 à 21h 30.
Finissage le 28 & 29 septembre de 11h 00 à 18h 00.
Lien de l’annonce visuelle de l’exposition du 05 septembre :
Lien du reportage photos sur le vernissage du 05 septembre :
Lien de l’annonce de la remise des recueils 2024 :
Lien du reportage photos sur la remise des recueils 2024 :
https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu
https://www.instagram.com/espace.art.gallery/
https://www.linkedin.com/in/jerry-delfosse-espace-art-gallery/
Lien pour visionner les 195 vidéos et 85.000 vues sur YouTube
https://www.youtube.com/@espaceartgallery4966
Lien vers le renouveau urbanistique dans le centre de Bruxelles !
https://www.oxybrussels.eu/?fbclid=IwAR1VEUNKNZwMNYHxaun0rOVdabtQ_ZZUQkARzbby64SjD5K0z7z8Eebm1Xo
Bien cordialement,
Jerry Delfosse
Galeriste
*
Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,
Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s
Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0
Administrateur général
Président de jury pour décerner un diplôme d’art
Membre d’un jury international à Corsica Art Fair
*
Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles – Belgium
GSM: 00.32. (0)497.577.120
https://www.espaceartgallery.eu/
https://artsrtlettres.ning.com/
&
Amedeo Arena arena.amedeo@gmail.com
Director www.amartgallerybrussel.be
GSM: 00.32. (0)475.721.272
Tes rêves
Dans ta cabane du fond des âges,
Petit jardin de tes nuages,
Il y avait l’enfance bleue,
Tout ce soleil au coin des yeux
Et ta copine vos jeux d’enfant,
Nid d’hirondelles bien turbulent,
Tous les je t’aime, tous les bisous,
Au coin des lèvres de vrais bijoux
Dans ta cabane tu y reviens,
Du fond de toi et tu le peins,
La nostalgie des vieux refrains
A tire sonnette tout le train train
A l’horizon de la marée
Vole le bouquet de la mariée,
Sur le parvis du grand bonheur
Tournent les robes des filles d’honneur
Dans le ciel de tes rêves,
Les rideaux se soulèvent ,
Tu t’étais endormi
Au fond du paradis
Dans ta cabane c’est le bazar,
Drôle de dessins, des trucs bizarres,
Est-ce de l’art qui pourrait croire,
Certains malins en sont hilares
Tu les connais ceux de Florence,
Feux d’artifice ta pauvre errance
Et ton oiseau sur sa fenêtre
A fait son nid pour ton bien être
Dans le ciel de tes rêves,
Les rideaux se soulèvent,
Tu t’étais endormi
Au fond du paradis
le-26-8-2024
Monte Cristo? Tout un destin. Glaçant. Tout démarre avec le sort innommable des prisonniers politiques, ces victimes de délits d’opinion et leurs conditions de détention atroces. Cela vous dit quelque chose ?
Et pour exemple Edmond Dantès, héros du roman feuilleton Le Comte de Monte Cristo (1844-46), jeune marin, dans cette belle production du Théâtre du Parc, sous les traits de Quentin Minon. Il est accusé à tort de bonapartisme et enfermé sous le nom de Numéro 34 dans la forteresse du Château d’If au large de Marseille pendant 14 ans. Une chance, il se lie d’amitié au fond de son sépulcre avec un vieux détenu, brillant homme d'église, incarné par Guy Pion, l’inénarrable abbé Faria, qui lui servira de précepteur enthousiaste. Une bonne âme de Sichuan ?
Question de ménager un peu la sensibilité des spectateurs, il y a un côté Bertolt Brecht dans l'écriture magistrale de Thierry Debroux. Cette fois, le très malicieux Guy Pion, encore lui, grand pourvoyeur d’espoir, presque un deus ex machina, se présente comme un lecteur passionné de l’œuvre du grand Alexandre et endosse adroitement le rôle intemporel de narrateur omniscient. Le comédien est en pleine forme, car, depuis sa plus tendre enfance, il s’est réfugié dans la lecture salvatrice, dans l’imaginaire, pour fuir les brimades du monde. Conseil aux plus jeunes ?
Question mis en scène, la situation effroyable de ce jeune homme mis au cachot à 19 ans, par traîtrise et pour de soi-disant délits d’opinion, est illustrée par la scénographie saisissante de Thierry Debroux et Saïd Abitar. L’atmosphère étouffante est celle du ciel de Baudelaire qui pèse comme un couvercle, du pendule fatidique d’Edgar Poe et une référence obstinée aux œuvres de Pierre Soulages, ou : comment faire de la lumière avec du noir. Les couleurs ? Absentes ou presque. C’est le noir du puits sans fin d’un monde fossilisé dans la haine, comment en sortir ? La question sous-jacente ?
Il y a pourtant le Rouge sang de la vendetta sur les mains. Il éclate régulièrement derrière les panneaux mobiles et les praticables qui s’écartent et se referment pour donner le frisson de la mort : un trop plein de haine nourrie de vengeance. Pour couronner le tout, Bea Pendesini (création de costumes) a osé. Voilà des comédiens qui osent les costumes verts… Vert émeraude comme le green eyed monster ! La peur et l’angoisse hantent les planches. Aux lumières, Xavier Lauwers, à la création de vidéos, Allan Beurns et aux impressionnants décors sonore, Loïc Magotteaux qui, sans relâche enchaîne bruitages et références musicales, des polyphonies corses à Beethoven. Ce trio émérite de mousquetaires artistes s'unit pour créer des tableaux graphiques et grandioses. Mais, entre l’intensité du jeu des comédiens et la noire splendeur des décors, que choisir ?
Toutefois, revenons au personnage principal. Grâce à son amitié avec l’abbé Faria, le prisonnier patiemment instruit par son mentor, se retrouve libre et Comte de l’île de Monte Cristo, personnage richissime. Il n'a qu'une idée, celle d' assouvir tranquillement et machiavéliquement son immense désir de vengeance. Insaisissable serial killer aux multiples déguisements, y compris celui …d’un bon samaritain, il n'est donc pas totalement diabolique... Là c’est le magnifique Itsik Elbaz qui se mesure avec panache et entêtement à toutes les convulsions de la vengeance.
Certes, la vengeance, est à la fois jouissance et soulagement du persécuté, mais aussi nouvel enfermement, l'abbé aura prévenu... Pire, engrenage aux conséquences finalement franchement dramatiques pour des innocents pris dans la foulée. Et là on verse dans l’écriture d’une noire comédie de Shakespeare. Avec un nombre faramineux de personnages, des changements d’identité, des phrases prophétiques, des brassées de mensonges, des assassinats, des scènes de combat (Emile Guillaume) et aussi une héroïne, exemplaire dans son interprétation, jouée par la merveilleuse Anouchka Vingtier, toute vêtue d’une extraordinaire robe bleue, bleu radieux ou bleu de Blues, tellement l'espoir est absent. C’est la belle Mercédès, l’ex fiancée du jeune Dantès qui s’est laissé séduire par Fernand de Morcerf (Nicolas Ossowski), un voyou dans l'âme et un traître, bref, représentant un monde de notables et de banquiers plus pourri que le royaume de Danemark. Il faut dire que quand la Justice est absente, grande est la tentation de la faire soi-même.
Mention spéciale pour deux autres femmes intrépides : la royale Haydée (Tiphanie Lefrançois), somptueuse esclave, victime des agissements du comte de Morcerf, et Valentine (Lou Hebborn), un adorable bijou de fraîcheur et de jeunesse. Et pour achever de nous fasciner, voilà aussi le jeu innocent de ces deux jeunes garçons pré-ados, perdus dans le poison fétide d’une société qui se dévore. Très touchants. Et dire que, Vingt ans avant, c’était …le bonheur !
Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres
Crédit Photos: Aude Vanlathem
Successivement nous nous sommes accrochés,
De branche en branche nous nous sommes tenus,
Oeil aguerri, muscles tendus avons vaincu,
Mais près de l'essentiel parfois sommes passés !
GCM
Pensée du jour. 12/09/2024
ODYSSEA : CONCERT
Henri Seroka est un chanteur-compositeur qui a gravé sa voix sur une multitude d’albums, tout en se mettant au service d’autrui. Il a notamment fourni à Jacques Zegers la chanson Avanti la vie qui a représenté la Belgique à L’Eurovision en 1984 et en composant l’hymne belge des Jeux Olympiques de Los Angeles la même année. Si son nom n’a pas les honneurs qu’il mérite chez nous, il est une vedette en Pologne, pays où il a composé depuis plusieurs décennies des musiques de film, notamment pour le réalisateur Jacek Bromski. Autre corde à son arc, il produit des documentaires, dont il assure la réalisation et la bande musicale via son label Apus. Passé aux œuvres symphoniques, il a aligné coup sur coup Credo, une messe moderne en six mouvements, et une cantate intitulée Odyssea. Cette dernière s’inspire naturellement du livre d'Homère qui narre les exploits d'Ulysse et se distingue par un voyage musical à la croisée des genres musicaux, créant une fusion inattendue qui transporte l’auditeur à travers les épreuves et les triomphes du héros grec. Les personnages de l’histoire interviennent naturellement par le biais de morceaux qui leur sont consacrés. En voici quelques exemples. Le Cyclope fait partie des adversaires les plus redoutables d’Ulysse. Avec son unique œil et sa stature imposante, il symbolise le danger brut et sauvage que le héros doit surmonter par sa ruse et son intelligence. Calypso, la déesse enchanteresse, retient Ulysse sur son île magnifique, offrant amour et confort. Cependant, malgré la tentation, le désir d’Ulysse de retrouver sa patrie l'emporte, illustrant la lutte entre le devoir et le désir. Nausicaa, en trouvant Ulysse échoué sur le rivage, incarne l'aide désintéressée et la compassion, aidant le héros à poursuivre son voyage vers Ithaque. Quant aux sirènes, avec leurs chants envoûtants, elles incarnent la séduction et la mort. Leur mélodie irrésistible appelle les marins vers une destruction certaine, mais Ulysse, par sa sagesse, se lie à un mât du navire pour résister à leur charme périlleux. Éole, le puissant dieu des vents, joue un rôle crucial en offrant à Ulysse un sac contenant tous … les vents, espérant ainsi faciliter son retour vers la mère patrie. Ce cadeau symbolise l’espoir et la bonne fortune des navigateurs, tout en soulignant la fragilité de leur destin. Evidemment, aucun personnage important n’est laissé de côté. Spécialiste de l’image, Henri Seroka leur donne vie en amenant l’orchestre à fournir toute sa puissante, laissant des moments d’apaisement aux soins de solistes capables d’émouvoir ou de susciter une tension qui fait comprendre les dangers d’une pareille odyssée. Créée le 6 août 2017 en Pologne à l’Opera na Zamku de Szczecin, cette cantate a été chaleureusement accueillie pour son originalité et la richesse de son écriture, avec un orchestre et un chœur dirigés par le compositeur, défendue par le contre-ténor Dominique Corbiau et dont les arrangements sont le fruit du travail de l’orchestrateur Krzysztof Herdzin bien en phase avec ceux imaginés par Henri Seroka. Evidemment, le public belge désespérait d’écouter cette cantate en live et est heureux d’apprendre qu’elle sera interprétée par le Brussels Philharmonic Orchestra et le Chœur BachWerk au Centre culturel d’Auderghem sous la baguette du compositeur le 19 septembre 2024. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.ccauderghem.be ou www.bachwerk.be
Boulevard du Souverain, 183 à 1160 Bruxelles
Daniel Bastié
HAMSI BOUBEKER EXPOSE À EVERE
Cette exposition de Hamsi Boubeker, artiste algérien de renommée internationale, propose un voyage captivant à travers l'art contemporain, mêlant modernité et tradition. Né à Tizi-Ouzou, cet artiste a su marier les influences de son héritage kabyle avec une vision contemporaine et universelle de l'art. Ses œuvres, souvent caractérisées par des personnages issus de la vie villageoise et des couleurs vibrantes, explorent des thèmes tels que l'identité, la mémoire et la spiritualité. Ses tableaux s’imprègnent également d'une profondeur symbolique. Utilisant une palette riche et audacieuse, il parvient à créer des compositions dynamiques qui captent immédiatement l'attention du spectateur. Chaque toile raconte une histoire, une quête de sens et de compréhension tant personnelle que collective. Les motifs récurrents dans ses peintures rappellent les traditions de son pays d’origine, tout en intégrant des éléments contemporains qui soulignent la dualité de son parcours artistique. Il est, parmi d’autres réalisations, l’auteur de « Les mains de l’Espoir », panneaux qui décorent la station de pré-métro Lemonnier dans la capitale, bien connus par tous les usagers de la Stib. Sa nouvelle exposition est à découvrir du 19 septembre au 9 octobre 2024 à la Maison communale d’Evere. Voyez les détails pratiques sur le site www.evere.brussels
Square Hoedemaekers, 10 à 1140 Bruxelles
Daniel Bastié
Article paru dans Bruxelles Culture de septembre 2024
https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture5_septembre_2024
Quelques notes
Au vent d’accordéon et tempo des guinguettes,
Pointus de petits blancs et crinolines en fête,
Années impressionnistes, leurs couleurs à tue-tête,
Ton âme est dans ton cœur et elle a pris perpète
Au vent d’accordéon, comment s’accorde t’on,
Étant désaccordé, toujours en rébellion,
Peignant et repeignant la folie des étoiles,
Tes bouteilles à la mer ont envahi les toiles
Au vent d’accordéon, enlacé à trois temps,
Les bateaux du dimanche reviennent au printemps,
Les filles sont si gaies aux bras de leurs amants,
On y croyait encore à ces espoirs d’entant
Au vent d’accordéon des cymbales et flonflons,
Tu t’engouffres dans les voiles après quelques ballons
Et déséquilibré tu refais ta voilure,
Traverser l’essentiel est toute une aventure
Au vent d’accordéon parmi des talismans,
Au temps de ces réseaux le GPS du temps,
Ce n’est qu’une relique Désuet son avatar,
Tu ne chanteras plus, il est déjà trop tard
le 7-9-2024
JENNIFER LABÉDIE : RENCONTRE
Jennifer Labédie nous emporte dans un voyage artistique intime, fusionnant l’océan, la culture bretonne et la richesse de son héritage architectural.
Qui êtes-vous ?
Je suis profondément attachée au Pays du Trégor en Bretagne, un lieu réputé pour sa côte de granit rose. Bien que ma famille soit bretonne, j'ai grandi à Paris où j'ai effectué des études d'architecture rue Bonaparte, sur le site de l'École des Beaux-Arts. Cet ancrage breton, enrichi par mon parcours parisien, nourrit mon esprit créatif. Passionnée et curieuse, j’aime trouver des solutions artistiques pour tout. Cette alchimie, entre ma terre natale et Paris comme source d'acquisition de connaissances, représente une dualité enrichissante.
Quelles sont vos influences ?
Mon esprit est constamment en mouvement, nourri par une multitude d'influences et d'inspirations. Les teintes, les senteurs et les volumes trouvent, via ma sensibilité, le chemin de mes peintures. Mon travail, qui s’alimente aussi bien du contemporain que du classique, vibre aux tensions atmosphériques d’Edward Hopper, du monde illustré d’Henri Rivière et de la générosité de Louis-Marie Faudacq. Ces ressentis puissants interviennent dans ma créativité tout en jouant avec les codes établis. Je suis profondément inspirée par la puissance évocatrice de Sophie Calle et les noirs vibrants de Pierre Soulages. Cependant, c'est avant tout l'océan, avec ses rythmes et ses mystères, qui guide mon travail. Avec son infinie beauté et sa force apaisante, il a été un refuge et une source de guérison durant des périodes difficiles. Cette connexion profonde se trouve au cœur de mon art. L’Académie Anquetin, dont j’ai suivi les enseignements, reste un pilier essentiel de mon parcours artistique. Elle m'a permis de partager et d’échanger sur les techniques et m’a appris à les utiliser comme vecteurs émotionnels. Chaque élément de mon environnement quotidien, chaque interaction humaine et chaque moment de réflexion contribuent à enrichir ma palette et à donner vie à des œuvres qui sont autant de fragments de mon voyage intérieur.
Que signifie D’An Aod, le nom de votre atelier-galerie ?
Cette expression vient du breton et signifie Sur le chemin de la plage, car mon atelier se situe à Trévou-Tréguignec, sur la route qui mène à une plage de sable blanc.
Que représentez-vous en peinture ?
Je travaille le plus souvent sur le motif et j'emploie des techniques telles que la peinture à l'huile, la gravure, le pastel et l’encre. Ces médiums me permettent de capter l'essence plurielle des paysages trégorois que j’aime tant. Tournée vers l'horizon, j’adore retranscrire cet environnement merveilleux qui m'est si cher. De retour à l'atelier, j'approfondis et démultiplie l'éphémère de mes promenades iodées par une approche du cœur.
Quelle impression cherchez-vous à transmettre ?
À travers mes réalisations, je veille à partager un sentiment océanique, Cette connexion intime avec l’univers que Romain Rolland décrivait si bien et qui transparaît dans chaque toile. Mes pinceaux dansent avec les vagues pour révéler des secrets infinis. L’océan m’a aidée à surmonter des peines profondes et je souhaite transmettre ce pouvoir de résilience et de sérénité à travers mes œuvres. Chaque tableau représente une invitation à ressentir cette force et à se laisser transporter par elle.
Qu’allez-vous présenter à Espace Art Gallery ?
Je présenterai des marines, les rochers de la côte de granit rose, des soleils couchants, ainsi que des figures et des coques de voiliers. Une sélection établie en collaboration avec le patron de l’enseigne.
Pourquoi faut-il venir voir vos œuvres ?
Mes toiles ne se contentent pas de représenter des paysages marins. Elles offrent une expérience de vie. Il faut venir les voir pour sentir cette connexion intime avec l’océan et pour expérimenter ce que j'ai ressenti en les créant. Elles sont conçues pour toucher l'âme, pour offrir une pause méditative et réconfortante dans notre quotidien agité. Mes œuvres sont une opportunité de se reconnecter à ses émotions et à son histoire. Chaque toile est unique et répond au besoin de recherche d'authenticité, d'exception et d'ancrage dans son propre parcours personnel. Elles offrent une réponse à la quête de sens dans nos existences souvent éreintantes. Observer mes œuvres permet de ralentir, de se reconnecter à soi-même, au monde et aux émotions.
Découvrez les toiles de Jennifer Labédie à Espace Art Gallery du 6 au 29 septembre 2024. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.espaceartgallery.eu
Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles
Propos recueillis par Daniel Bastié
Article paru dans Bruxelles Culture de septembre 2024
https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture5_septembre_2024
NORA BALILE : RENCONTRE
Si vous souhaitez être bouleversés et émerveillés à la fois, ne ratez pas les prestations live de Nora Balile, une artiste complète qui jongle avec la narration, l’univers précieux du conte, la musique, le chant et la poésie.
Qui êtes-vous ?
Je suis née à Watermael-Boitsfort, une très belle commune de Bruxelles, où le cadre de verdure offre un décor de doux lendemains Actuellement, je vis dans un quartier du Nord de Bruxelles qui mélange les couleurs à la diversité avec poésie. Je suis une artiste d’origine marocaine, poétesse, chanteuse, et conteuse formée à la pédagogie, l’art thérapie et la scène. J’ai enseigné pendant des années les sciences humaines tout en me consacrant passionnément à mes premières amours : l’art de la parole et ceux de la scène comme la déclamation, la diction, le théâtre, les contes et le chant. A quarante ans, j’ai été victime un burn-out qui m’a décidé à recentrer mes priorités.
Pourquoi avoir arrêté l’enseignement ?
Après dix-huit années face à classes, je connaissais les rouages du métier. J’ai commencé assez jeune, à vingt-deux ans. Je devais gérer six à sept groupes d’une vingtaine d’élèves. Ce n’était pas évident, mais il se créait des liens magnifiques. Néanmoins, avec le temps, le poids du travail administratif s’est mis à peser avec les réformes successives. Je l’ai senti devenir plus en plus envahissant et souvent inutile. A cela, il faut ajouter le manque de reconnaissance et des tâches qui n’incombent pas à l’enseignant, qui doit enfiler la casquette de parent, de psychologue, d’éducateur, … Beaucoup trop pour une grande rêveuse comme moi qui a besoin de dialogue, d’écoute et qui passe l’essentiel de son temps libre à se former ou qui ressent le besoin vital de s’exprimer par le théâtre, la musique et l’écriture. Toujours, j’ai voulu être artiste. Je ne me l’autorisais et ne me l’avouais pas pour mille raisons ! Mais le destin a changé le cours de mon existence, car étant de plus en plus épuisée, les médecins m’ont ordonné d’arrêter. Après une période de transition liée à mes ennuis de santé, je me suis sentie enfin vivre tel que je l’entendais. Voilà de quelle manière tout a commencé !
D’où vous vient le plaisir des mots ?
Pour commencer, je dirais que le goût des belles phrases est venu de mon besoin d’exprimer viscéralement mes ressentis. Ce que je ne pouvais pas dire par la voix, je l’ai écrit par nécessité et par urgence, pour lâcher ce que mon silence ne pouvait pas faire entendre à l’extérieur. Je peux affirmer que l’acte d’écrire a été une thérapie personnelle Puis, j’aime les mots, la littérature, les voyages et l’abandon de l’ordinaire pour vivre par procuration d’autres vies, rester moi tout en enfilant la tenue de personnages que je ne suis pas. L’’écriture offre cette liberté totale ! Oui, j’adore écrire depuis mes vingt ans et j’ai gardé mes textes éparpillés dans des petits cahiers et des feuillets qui voltigent dans mes tiroirs et mes armoires. Mon regard sur ceux-ci est rempli de tendresse, car ils évoquent toujours des souvenirs qui me reflétaient à des temps différents de mon parcours. Ma grande chance est d’avoir été encouragée par certaines personnes qui croyaient en moi.
Le Conte est-il important dans votre répertoire ?
Le conte occupe une place particulière dans ma vie, même s’il est venu plus tard. Au début, je croyais qu’il n’était pas pour moi, qu’il enfermait l’originalité et l’histoire de la personne avec une série de codes stricts. Puis, il y a eu un déclic lorsque j’ai suivi une formation, qui m’a permis de me rendre compte que ce mode de narration regorge de richesses et chatoie de mille feux. En fait, le conte nous renvoie à ce qui nous relie tous, nous les êtres humains, à cette soif de nous connaître et de nous rapprocher les uns des autres. Il s’agit d’un art puissant, qui est la parole du monde depuis la nuit des temps, même s’il ép ouse diverses formes en fonction des époques et des cultures. Il possède également une dimension universelle et nous enseigne la connaissance et la sagesse. Il renvoie à notre inconscient collectif, à ces récits porteurs de messages ancestraux. Aujourd’hui, l’art du conte tient une place extrêmement importante dans mon existence. J’en ai fait mon travail de fin d’étude, ainsi que mon mémoire d’Art thérapie. Raconter une histoire en tant qu’artiste de scène me réclame une présence absolue et un travail corporel intense qui sollicite d’aller chercher une énergie énorme en soi. Mais quel bonheur de voir les petits et les grands enfants écouter et s’émerveiller !
A quel moment avez-vous choisi de vous produire sur les planches ?
Cela remonte à la fin de mon adolescence. Disons que je devais avoir dix-huit ou vingt ans. Je me souviens de ma première déclamation. Elle s’est déroulée dans une petite église de Berchem-Sainte-Agathe. J’étais timide comme une feuille fragile et mes jambes tremblaient pendant que je lisais mon texte. Néanmoins, j’ai senti que je me trouvais à ma place. Deux autres souvenirs me reviennent. Il s’agissait d’une tragédie, Phèdre de Racine, ainsi qu’une pièce moderne, comique et absurde. Je jouais en duo et j’avais la lourde responsabilité de dénicher une souris comme accessoire pour un des tableaux. J’ai donc eu l’idée brillante de la dessiner sur un carton. Le public a bien ri. Quel délicieux souvenir !
En quoi consistent vos prestations scéniques ?
Mes spectacles sont un éventail de plusieurs disciplines artistiques. Outre le conte, je propose des concerts de musique et de chants avec mes propres compositions, accompagnée de musiciens qui varient en fonction du répertoire. Les thèmes que j’aborde sont l’amour et la vie en langage poétique Actuellement, l’affiche « Nour » circule depuis plus d’un an dans différents endroits de la capitale. Il s’agit d’un voyage qui se décline sur le mode voix-piano.
Vous avez publié un recueil de poèmes intitulé « Ventre étoilé ». Quels thèmes aborde-t- il ?
Ce livre traite de la non-maternité. Surtout du chemin de résilience d’une femme qui n’a pas donné la vie et qui, pourtant, est remplie de vie même si elle a traversé la nuit noire profonde de l’âme pour se réveiller à une autre destinée. En dehors des préjugés bien ancrés dans des traditions encore bien présentes, le corps de la femme est entravé pour l’empêcher de vivre sa propre singularité. A mes yeux, il est important de raconter mon histoire pour m’en libérer et pour faire entendre la parole de celles qui manquent de légitimité et de reconnaissance. Ce recueil a été écrit comme un message adressé à toutes les mères ou non-mères dans le but de les aider à revendiquer leur droit d’exister. Par ce livre, j’entends redonner de la noblesse et de la dignité aux invisibles, aux sans-voix, aux sacrifiées, aux déshonorées, aux abîmées, aux hors-propos, aux mises à l’écart, ... Je désire également sensibiliser la jeunesse à cette réalité trop souvent voilée et si peu abordée dans les sujets d’actualité et les débats. Il me paraît important de les ouvrir à d’autres possibles pour rêver d’une société plus juste J’invite enfin les hommes à entrer dans le cercle sacré des femmes pour mieux comprendre les difficultés de leur vécu par rapport à la maternité Peut-être seront-ils amenés à devenir un soutien précieux pour leur épouse, leurs sœurs ou leurs filles ?
De quoi parle « Assise sur un banc », votre second recueil ?
Ce titre évoque pour moi les nombreuses années où je restais seule, assise dans un parc, à contempler le monde et à combler la douleur d'une solitude, d'un isolement social, en cherchant à percer le sens de mon existence. Ce livre parle de liens et nous rappelle que beaucoup sont installés quelque part, occupés à repenser leur histoire et à réinventer celle des autres. Je voulais que le titre soit fédérateur. Quant au banc, il unit nos individualités dans un lieu universel qu’on se partage et, à mes yeux, il représente une métaphore poétique d'un imaginaire collectif. Surtout, ce recueil de poésie revient, au fil des saisons, sur les souvenirs et le temps qui passe comme une matrice à travers les rues, les cafés, les lieux publics et les campagnes. En fait, une balade poétique au gré des humeurs vagabondes et des impressions qui se déposent sur nos vécus et nos paysages intérieurs. !
Vous vous revendiquez guerrière ?
Je me définis comme étant une douce guerrière des mots et cela m’amène à sourire. Je suis guerrière dans la mesure où je m’engage dans la création pour élargir les consciences et bousculer les habitudes qui figent les mentalités. Je crois sincèrement qu’il faut élargir le champ des possibles pour avancer main dans la main et obtenir une société plus juste et plus harmonieuse. Je suis guerrière pour faire entendre la parole des femmes qui ne peuvent pas s’exprimer librement et leur donner l’occasion de pouvoir prendre une place légitime dans un système où le patriarcat est encore ancré trop pesamment. Je suis guerrière, car ma propre histoire de femme a été douloureuse et parce que j’estime être une rescapée.
Quels rapports entretenez-vous avec Bruxelles ?
J’entretiens un amour avec un gigantesque A et une tendresse infinie avec ma ville. Elle représente mon ADN, mon nid, ma chance, ma terre d’accueil, mon lieu de naissance, ... D’ailleurs, je me définis d’abord comme bruxelloise avant d’être belge. J’aime son atmosphère qui transforme certains de ses quartiers en joyeux bordel. J’aime m’y balader, flâner et chiner dans de nouvelles boutiques. J’aime aussi rester des heures dans des cafés pour écrire ou écouter les conversations de la salle. Puis, Bruxelles bénéficie d’une ambiance à nulle autre pareille. On y rencontre facilement les gens pour entamer des conversations kilométriques. Enfin, elle regorge de lieux culturels qui foisonnent. Parfois, on a même la sensation d’être dépassé dans le tourbillon d’événements qui se succèdent. Mais quelle joie !
Quels sont vos projets ?
Des rencontres littéraires, des scènes de poésie, un projet de lecture performé, des dédicaces, des voyages et plein d'autres possibles. Des horizons sans cesse renouvelés !
Propos recueillis par Daniel Bastié
Article paru dans Bruxelles Culture du 5 mai 2024
https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture_5_mai_2024
JOYEAU : RENCONTRE
Joyeau, aquarelliste, se présente comme « philosophe de l’imaginaire », l’art lui a permis de transcender un handicap et de déployer ses ailes. Elle a accepté de répondre à quelques questions. Rencontre.
Comment êtes-vous tombée dans le chaudron de la créativité ?
J’ai la chance d’être née dans une famille d’artistes ! Mon papa a participé à la création d’une école de clowns lorsque j’étais petite. Cela a été une formidable aventure ! En parallèle, il a conçu des marionnettes, écrit de la poésie et s’est adonné à la peinture. Quant à ma maman, elle a réalisé des sculptures en terre glaise grandeur nature. A la maison, l’art a toujours été une manière de se parler, de respirer et de ne jamais flancher.
Qu’est-ce que la pratique de la peinture vous a apporté ?
Elle m’a apporté une proximité avec les miens. Cela m’a également doté d’une force qui ne jamais permis de me replier sur moi-même et m’a offert un tas d’expériences qui m’ont confortées dans l’idée d’aller toujours plus de l’avant. Étant porteuse d’un handicap visible, j’aurais pu mille fois préférer disparaître sous terre et ne pas être vue, mais l’art, la scène, le jeu et les clowns ne m’ont pas laissé cette option. J’ai toujours été placée dans la lumière et j’aime ça ! La peinture, plus spécifiquement, m’a offert le cadeau de me montrer par l’intérieur. Petit à petit, j’ai surtout pu intégrer mon image extérieure à la poésie de mon art et j’ai repris possession de mon reflet dans mes propres yeux.
Qu’est-ce qui fait que l’aquarelle est devenu votre médium privilégié ?
L’aquarelle ne me demande aucun effort physique pour ouvrir des bouchons de tubes. C’est son côté hyper-pratique ! Ensuite, j’en suis tombée amoureuse. L’eau, la transparence, l’intensité des couleurs et la lumière, tout parle de mon âme. L’aquarelle représente mon élément. Une relation quasiment charnelle. Je n’ai jamais aussi bien pu représenter le contenu de mon imaginaire qu’avec l’aquarelle. Quand je peins, je me trouve en extase instantanée et je débarque dans un espace intérieur porteur de paix.
Comment décririez-vous votre univers de philosophe de l’imaginaire, terme que vous avez proposé pour vous représenter ?
Juste à côté de l’art, la philosophie est mon deuxième amour. J’ai effectué une licence à l’Université Libre de Bruxelles. Aujourd’hui, ces deux disciplines vont de pair en moi, car la philosophie a énormément inspiré ma vision du monde. Je suis occupée à élaborer une poétique de la matière basée sur notre double nature d’onde-corpuscule. Evidemment, l’imaginaire y occupe une place centrale. La nature foisonne de formes. L’eau serait un médiateur entre la lumière de l’esprit et le spectre vibratoire qui mène la matière à fleurir. Bref, c’est assez ardu d’en parler en deux mots, mais si cela vous intéresse, n’hésitez pas à visiter de temps en temps mon agenda sur le site de Poème Vivant. Des conférences viendront.
Un projet de livre doux et poétique a été concrétisé, puis édité. Pouvez-vous nous en dire davantage sur son origine et son développement ?
« Mélodie », c’est mon premier livre édité. Une petite nouvelle qui peut se lire comme une simple fiction mais, pour celui qui le désire, il y a en filigrane une lecture métaphorique qui traite de certaines découvertes métaphysiques. J’y aborde ma philosophie en lien avec le thème de la musique, tout en y parlant du deuil. Surtout, je l’ai illustré et j’en ai profité pour créer ma propre maison d’édition nommée Poème Vivant. J’adore faire les choses en grand !
Où trouvez-vous l’inspiration ?
Dans ma soif de beauté et mon besoin d’émerveillement !
Et aussi : Que représente « Poème Vivant » ?
Poème Vivant, c’est le foisonnement de formes créées par le vivant, les espèces, les éléments et tout ce qui respire d’une manière ou d’une autre. Ces formes terriblement poétiques quand on prend conscience qu’elles sont habitées par la vie, comme celle qui anime chacun de nous, et encore plus poétiques lorsque on découvre que leur forme répond à leur propre intelligence et à leur propre manière d’être en relation avec ce vivant …
Que rêveriez-vous d’illustrer à l’avenir ?
Oh, n’importe quoi qui se trouve entre l’infiniment petit et l’infiniment grand … ou plus loin, vers l’intérieur ou vers l’extérieur... ou ailleurs aussi ça me va !
Propos recueillis par Mily
Article paru dans Bruxelles Culture de février 2024
https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture_5_fevrier_24
RENCONTRE : BELGO THAI
Habitués de Youtube et fans de Thaïlande, vous avez peut-être découvert la chaîne Belgo Thai lors de vos pérégrinations sur le Net ? Une petite nouvelle qui ne se prend pas forcément au sérieux et qui donne envie de voyager, en restant collé au skaï de nos chaises de bureau. Rencontre.
Depuis combien de temps existe Belgo Thaï ?
La chaîne Belgo Thaï a été créée en avril 2022 sur Youtube. Nous avions posté deux vidéos juste pour un essai. Après quelques jours, comme quasiment personne n’avait visionné ce qui avait été mis en ligne, nous l’avions délaissée, croyant que pareil sujet n’intéressait pas les gens. En juillet 2022 et par curiosité, lorsque nous avons reconsulté les vidéos partagées, nous avons été surpris de constater que l’une d’elles sur la rivière Chao Phrava avait été visionnée par plus de trois cents personnes, dont nombreux avaient déposé un commentaire positif. Ce résultat complètement inattendu nous a motivés à ajouter du contenu.
Qui êtes-vous ?
Nous sommes père et fille. Je suis Belge et ma fille adoptive est Thaïlandaise. Nous avons d’ailleurs posté une vidéo qui s’intitule « Qui sommes-nous », question de nous présenter. Ce petit film se conclut par l’affirmation que nous nous ressemblons comme deux gouttes d’eau. Nous ne donnons pas notre adresse, ni ne divulguons notre identité, la meilleure façon de protéger notre vie privée. Surtout de protéger ma fille qui est mineure.
Quel objectif vous fixez-vous ?
Le but de cette chaîne consiste à présenter des tranches de vie en Thaïlande. Nous voulons exposer le pays tel qu’il est réellement dans sa simplicité, loin des clichés touristiques et du sensationnalisme exploité par certains youtubers.
Quel âge à votre fille, qui se charge du montage et de la présentation des clips ?
Lorsque ma fille a créé la chaîne en 2022, elle avait quatorze ans. Maintenant elle en a presque seize. C’est elle qui se charge de tous les aspects techniques. Cela va de la création au montage des vidéos, en passant par le choix de la musique (en veillant à ce qu’elle soit libre de droits pour respecter les auteurs) et le réglage du son. De mon côté, j’assure la sélection des sujets à développer et les prises de vue.
Combien de voyages annuels effectuez-vous en Thaïlande ?
Nous nous y rendons plusieurs fois chaque année. Cela implique un budget conséquent, notamment pour acquérir les billets d’avion. Toutefois, la vie sur place n’est pas onéreuse, dès qu’on accepte de vivre comme les habitants.
Y a-t-il d’autres chaînes qui présentent la Thaïlande ?
Sur Youtube, on peut trouver de nombreuses chaînes francophones qui parlent de ce pays. Chacune essaie de trouver son style, de la plus sérieuse à la plus farfelue. Cela permet des approches différentes.
Quel public visez-vous ?
Nous avons la chance de ne pas avoir de contraintes commerciales. Nous pouvons ainsi faire ce qui nous plaît sans devoir courir derrière les like et les subscribe. Nous visons principalement un public amoureux et respectueux de la Thaïlande. Des gens qui regardent le pays sans préjugés.
De quelle manière naissent les idées ?
Les idées viennent souvent de moments de vie ou de rencontres que nous voulons partager. Il peut s’agir d’une promenade décontractée dans les ruelles de Bangkok, de la visite d’un temple bouddhiste, de la découverte d’une exposition d’art ou d’artisanat, d’un spectacle de danse ou d’une dégustation. Nous essayons souvent de placer quelques touches d’humour, en abordant certains sujets au second degré. Le rire et le sourire sont importants pour éviter d’attraper la grosse tête. Dès le départ, nous veillons à sortir des sentiers battus. L’idée n’est pas de présenter la Thaïlande des magazines touristiques, mais de la montrer dans ce qu’elle est vraiment, en partant du regard des habitants, sans promotion particulière de quoi que ce soit.
En tant qu’Européen, qu’est-ce qui vous séduit dans ce pays ?
La population thaïlandaise est souriante, aimable et très serviable. Si vous avez un problème tel qu’un malaise en rue, vous aurez immédiatement quelqu’un qui viendra spontanément vous aider. Un autre point qui est apprécié, reste la sécurité. La Thaïlande est un pays où il y a peu d’agressions. On se sent beaucoup mieux protégé dans une mégapole comme Bangkok que dans certains quartiers de Bruxelles. Il n’y a quasiment jamais d’incivilités et, lorsqu’il y en a, elles sont généralement le fait d’un touriste. Pour ceux qui aiment le dépaysement culinaire, la cuisine thaïlandaise est délicieuse. Puis, les paysages sont magnifiques autant que variés, avec d’énormes contrastes au sein d’une même ville, là où des immeubles modernes jouxtent des quartiers traditionnels.
Selon vous, quels sont les clichés concernant les Thaïlandais et la Thaïlande à éviter pour rester crédible ?
La Thaïlande traine plusieurs clichés qui émanent d’un passé révolu. Pourtant, pour faire vendre et avoir un haut niveau de visibilité, certains youtubeurs n’hésitent pas à alimenter ces préjugés. Ce genre de méthode fonctionne sur un public qui n’a jamais mis les pieds en Asie. Voici certains exemples : La Thaïlande est un pays très pauvre et les enfants mendient dans les rues. Cette affirmation est complètement erronée. Cela fait des décennies que les enfants sont à l’école et ne traînent plus dans les rues pour quémander quelques piécettes aux touristes. Les gamins qui mendient… et même les mendiants adultes … restent des exceptions. En fait, on voit davantage ce type de comportement à Bruxelles qu’à Bangkok. Deuxième préjugé. Bangkok fait partie des villes du tiers-monde. Il suffit de se rendre sur place pour constater que la ville est très moderne, servie par un centre qui s’apparente à Manhattan, avec des centaines de gratte-ciel plus hauts les uns que les autres. Elle regorge également de nombreux Shopping Center d’un luxe incroyable, où on vend les marques renommées allant de Louis Vuitton à Rolex. Troisième exemple. La prostitution abonde dans la capitale. Là, encore, c’est faux ! Il y a certes quelques rues chaudes, mais elles ne sont pas représentatives de l’ensemble de la ville, où la quasi-totalité des gens travaillent normalement. Ce serait comme étendre le quartier de la gare du Nord aux dix-neuf communes de l’agglomération bruxelloise ! Etant donné que notre chaîne vise un public qui connait déjà ce coin du monde, qui l’aime et qui sait que les clichés mentionnés ci-dessus sont mensongers, ce serait perdre de notre crédibilité en les alimentant.
Vous arrive-t-il d’avoir des retours de vos abonnés ?
Nous avons quelques abonnés qui déposent des commentaires sous nos vidéos. Evidemment, cela fait un plaisir fou de lire leurs remarques, surtout lorsqu’elles sont positives.
Avez-vous quelques anecdotes à partager avec nos lecteurs ?
Un jour, dans une rue de Bangkok, nous nous sommes retrouvés face à plusieurs cochons assoupis sur le trottoir. Ils étaient en liberté, sans aucun maître pour les surveiller. Nous avons profité de la circonstance pour faire une vidéo amusante intitulée « Cinq cochons à Bangkok ». Cette dernière a récolté une belle audience et la chaîne Cap Thaïlande l’a mentionnée dans l’un de ses live. Cela nous a fait un énorme plaisir, parce que cette dernière est réputée pour son sérieux et l’exactitude en ce qui concerne les procédures administratives : visa, assurances, etc.
Existe-t-il vraiment une Thaïlande divisée par les clivages sociaux ?
Comme dans tous les pays, on se confronte à des différences de classes, avec des riches et des pauvres. En Thaïlande, la différence se marque plus nettement qu’en Belgique, car la richesse des mieux nantis s’exhibe ouvertement, avec une propension au luxe et, parfois, à l’exagération. Quant aux pauvres, ils vivent avec ce qu’ils possèdent. Comme il y a peu d’imposition, la redistribution est rare et les acquis sociaux sont quasiment inexistants.
Quels sont les coins du pays privilégiés par les touristes ?
Lors d’un premier voyage, la tendance est de tout visiter en quinze jours, pour découvrir un maximum le plus rapidement possible. Malheureusement, cela se réalise au pas de charge et se cantonne aux seuls sites touristiques. Ceux qui retournent là-bas une seconde fois, privilégient certains endroits pour différentes raisons qui leur sont personnelles. Bangkok reste la ville à voir, chaotique avec ses embouteillages permanents et ses autoroutes urbaines. Toutefois, c’est aussi celle qui recense les plus beaux temples, les plus grands centres commerciaux, les meilleurs hôtels et les plus riches musées. Plusieurs stations balnéaires séduisent les étrangers, avec des plages paradisiaques telles que Phuket, Hua Hin et Khoh Chang. L’occasion de se dorer le nombril en profitant du sable pur et d’une eau claire. Il y a aussi le Nord-Ouest qui attire les amoureux de nature sauvage, avec des sites montagneux (Chiang Mai et Chiang Rai), où on peut pratiquer des trekkings dans la forêt. La route vers le Nord-Ouest regorge également de sites archéologiques liés aux anciennes capitales Ayutthaya et Sukhothai. Enfin, la possibilité d’un séjour rural à la campagne peut se concrétiser dans une ferme au milieu des rizières et des poules. Dépaysement garanti pour le citadin lambda !
Comptez-vous terminer vos jours là-bas ?
Il est de plus en plus probable que j’irai passer ma retraite là-bas. J’adore la Thaïlande. Le climat est chaud toute l’année. La population est polie et montre beaucoup d’empathie. Il n’y a quasiment aucune incivilité et peu d’agressions. Je m’y sens en sécurité. Constat qui n’est malheureusement plus le cas partout en Belgique et ailleurs en Europe !
Découvrez Belgo Thaï sur youtube à l’adresse www.youtube.com/@belgothai6460
Propos recueillis par Daniel Bastié
Article publié dans Bruxelles Culture de mars 2024
https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture_5_mars_2024
Vidéo le buffle : plus de 36.000 vues
KATE MILIE : RENCONTRE
Femme vue de dos, le nouveau roman de Kate Milie, emmène lectrices et lecteurs dans « un voyage sans concession » dans l’univers du peintre Toulouse-Lautrec et des femmes l’ayant inspiré. Et dans une dynamique « passé-présent », explore la condition féminine hier et aujourd’hui.
Pouvez-vous vous présenter, Kate Milie ?
Je suis une autrice belge. J’ai le bonheur d’avoir une dizaine d’opus à mon actif : des polars (ayant transformé Bruxelles en scène de crime), des romans (le dernier fut consacré à Léon Spilliaert), des guides de balades décalées, des nouvelles et un court récit jeunesse. Je suis également animatrice d’ateliers d’écriture et de Journal créatif®.
La couverture de votre livre est ornée d’une magnifique œuvre signée Toulouse-Lautrec…
Cette « femme vue de dos » est abritée au Musée d’Orsay. Elle est dénommée Rousse ou La Toilette. Toulouse-Lautrec l’a réalisée en 1889, date symbolique qui le verra sortir de ses années d’apprentissage. Il a 25 ans.
La découverte de cette peinture, fut-elle un déclencheur d’écriture ?
Oui. Certainement. Mais je suis incapable de dire « quand » cette peinture est venue à moi en tant que « porte d’entrée ». Pendant des années, elle a été exposée dans l’espace consacré à Toulouse-Lautrec. Je me souviens qu’à chacune de mes visites, j’allais la contempler sans nullement penser à l’intégrer dans un livre. Actuellement, elle n’est plus accrochée aux cimaises. C’est une grande voyageuse, souvent prêtée aux quatre coins du monde pour des expositions.
Elle est plus « qu’intégrée », toute votre histoire tourne autour de cette « femme vue de dos » !
En effet, elle constitue l’énigme, la colonne vertébrale, le motif de déambulations urbaines, la quête, l’enquête, le sens même de toute l’histoire ! Je ne sais pas très bien ce que j’ai écrit, un court roman (167 pages) ou une longue exploration d’une peinture !
Vous mettez en scène une narratrice contemporaine. Celle-ci a reçu une commande : écrire sur la condition féminine à la fin du 19ème siècle et mènera son exploration à partir de cette « femme vue de dos ».
Oui. A travers une cartographie urbaine, beaucoup d’errances et de mises en abyme, elle explorera l’univers « lautrecien » et finira par découvrir qui fut cette Rousse qui a réellement existé, qui a marqué cinq années durant la vie du peintre et qui, paradoxalement, est la plus méconnue de ses modèles.
Votre précédent roman « Le mystère Spilliaert », également, à travers une histoire contemporaine, met en scène le grand Léon Spilliaert… L’art, les peintres, les peintures, apparemment vous inspirent de livre en livre ?
Et m’aspirent ! J’ai été envoûtée par l’œuvre de Léon Spilliaert ! (qui ceci dit, fut un grand admirateur de Toulouse-Lautrec). L’histoire de ce livre débute dans un atelier d’écriture. Trois personnes se rassemblent pour écrire sur Spilliaert. Toutes ont un lien secret avec le peintre… Un homme ne parvenant pas à oublier une femme disparue… La descendante d’une gueule cassée de la guerre 14-18 et la narratrice qui va se rendre sur tous les lieux bruxellois et ostendais liés à l’artiste.
Vos trois polars sont des invitations à de longues balades dans Bruxelles. Le mystère Spilliaert donne follement envie de pérégriner en bord de mer du Nord. Femme vue de dos, nous emmène à Montmartre, sur les Grands Boulevards parisiens. Cette mise en valeur des lieux, semble faire partie d’une dynamique personnelle ?
Absolument ! De plus, je suis incapable d’écrire chez moi (sauf pour les corrections). J’aime marcher, humer les ambiances, enquêter à ma façon, butiner les mystères, les vies des personnes associées aux lieux. Pour écrire sur Léon Spilliaert, j’ai séjourné un nombre incalculable de fois à Ostende. Ce goût des lieux est au cœur de mes récits.
C’est ainsi que vous êtes même devenue l’autrice d’un guide de balades décalées, « Bruxelles Love ».
J’ai un souvenir inoubliable de ce parcours d’écriture. Une vraie course contre la montre. Je devais recenser et décrire une soixantaine d’endroits idéals pour des « rendez-vous décalés » et les dénicher dans les 19 communes bruxelloises. La dimension « Love » n’était qu’un prétexte pour re /découvrir « Espaces verts et bleus, petits musées mystérieux, sculptures, statues, arbres remarquables, cimetières, hôtels légendaires, détails architecturaux, etc. ». Inutile de préciser que je me suis follement amusée !
Un dernier mot concernant l’écriture de Femme vue de dos ?
Certaines pages ont été écrites dans la guinguette du musée Montmartre. J’allais longuement m’asseoir sur le sofa rouge de l’atelier de Suzanne Valadon (qui fut une compagne de Lautrec). Puis, j’arpentais le jardin du musée, les sentiers malicieux, les escaliers en pierre menant vers les vignes, par la suite, j’écrivais en dégustant du vin montmartrois.
Retrouvez Kate Milie sur https://wordpress.com/home/katemilie.wordpress.com
Propos recueillis par Dominique Larzac (article publié dans Bruxelles Culture de juin 2024)
https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture_5_juin_2024
Pour découvrir notre revue Bruxelles Culture de septembre 2024, il suffit d'ouvrir le lien ci-dessous
https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture5_septembre_2024
Il existe un grand nombre d'êtres humains,
Certains sont nés au soleil, d'autres dans le froid,
Convaincus qu'immuable serait leur destin,
Découvrant maintenant que rien ne va de soi !
GCM
Pensée du jour. 7/9/2024