Je vous souhaite Joyeuses Pâques! Qu’il soit pour tous une vraie Résurrection.
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bonjour atous
je vous souhaite de Joyeuses Pâques, de la création plein la tête et beaucoup de chocolat ...
à bientôt ...
christiguey
Le Christ en Gloire du Rétable d'Issenheim par Grünewald - Musée d'Unterlinden de Colmar - Aslace
Oh ami du fond des âges,
je ne vois plus ton visage
et se dérobe ta main.
N'est-ce plus notre héritage,
après un si long chemin,
de bâtir unis et sages
le Temple de Demain ?
A Celui qui tout ravage,
au ténébreux seigneur, à sa rage
à ses funestes desseins,
n'accordons point ce naufrage.
Fidèles à notre haut destin,
veillons ferme à l'abordage
des terres de Demain.
Au Je Suis qui est descendu
des clairs confins de la nue
et jusqu'aux profondeurs a voulu
braver la Mort et l'a vaincue.
Au Je Suis qui la Terre entoure
de tout l'or de Son Amour,
de nos passions, nos folies
offrons la rose rouge de vie !
Si ce n'est nous Ses chevaliers
qui serment avons fait à Lui
l'antique dragon terrasser
et opérer sainte alchimie
Qui conquerra la Fleur-Esprit ?
Rébecca Terniak - 1980
Fidélité éternelle des Templiers
au Ressuscité, au Christ en Gloire
gravé dans leurs cœurs et leur vision intérieure
Cette "fable" Orfeo mise en oeuvre par Monteverdi, inspirée notamment des poèmes d'Ovide et de Virgile, ne fut pas créée pour un événement important mais pour des fêtes organisées à l'occasion du carnaval, en 1607 pour le duc de Mantoue.
Le public, peut-être à peine une centaine de personnes, vu l'exiguïté des lieux, était issu à l'époque d'une association de lettrés, l'Accademia degl'Invaghiti di Mantova, probablement des gens férus de néoplatonisme..
René Jacobs et Trisha Brown ont repris à la Monnaie, leur production de L'Orfeo de Monteverdi durant 10 jours du mois de mai 2002.
Cette oeuvre conduit à son terme l'essentiel du message musical de la Renaissance et ouvre la porte au Baroque. Il s'agit en effet du premier opéra en tant que tel: un prologue et cinq actes.
J'ai eu la chance d'assister à deux représentations de cette oeuvre 'fabuleuse'- c'est le cas de le dire- non seulement par sa beauté, mais par sa mise en scène exceptionnelle! En effet, Trisha Brown a fait faire un grand travail de fluidité dans l'espace, de mouvement, d'intensité, de présence sur scène non seulement aux choeurs, qui étaient tout autant des gymnastes, qu'aux chanteurs lyriques, aux solistes. Ceux-ci ont appris à se mouvoir sur scène tout en finesse, en rapidité, en agilité...chacun étant à la fois chanteur, danseur, gymnaste...un énorme travail sur le souffle et le corps, la présence d'acteur...a été effectué, ce qui a d'ailleurs provoqué un tournant dans les futures mises en scènes à la Monnaie.
Trisha Brown a insufflé un souffle neuf à l'opéra de Bruxelles, le rendant ainsi tellement plus vivant, présent, poétique, dense, profond...
J'ai été captivée par cet opéra, au point que j'en ai gardé un souvenir impérissable.
C'est pourquoi, je vous le partage aujourd'hui.
Cet opéra Orfeo existe en dvd à la Librairie de la Monnaie d'ailleurs.
Favola in musica (fable en musique) en un prologue et cinq actes.
Livret d'Alessandro Strigio basé sur le mythe d'Orphée tel qu'il est raconté dans les Metamorphoses d'Ovide et sur des passages des Georgiques de Virgile.
Création : Mantoue, Palais Ducal, le 24 février 1607

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"Derrière un buisson est assise maman lièvre
avec tous ses petits lièvres blancs
qui sautent, sautent et dansent dans les grands champs
Oui, ses tout petits lièvres jolis
Qui sautent, sautent et dansent dans la prairie.
Venez ! Venez mes petits lièvres jolis
car c'est aujourd'hui
que nous voulons visiter dame poule dans son nid
pour lui demander d’offrir ses œufs petits.
C'est aujourd'hui
que nous voulons peindre les œufs de la Vie !
Hop ! hop ! hop ! hop ! hop ! hop ! hop !
Sautillant tout leur chemin
le lièvre va voir chaque matin
si dame poule dans son nid
a pondu des œufs jolis.
Hop ! hop ! hop ! hop ! hop ! hop ! hop !
Il part en sautillant,
tout content,
chercher les œufs dans tous les nids.
Puis il les emporte chez lui
dans son terrier petit.
Avec de belles couleurs de fleurs
Il les peint jusqu'au soir.
Puis il les met dans un panier
et les cache dans l'armoire.
A Pâques, avant que le soleil ne soit levé,
le lièvre blanc ira se promener
dans tous champs, les jardins, bois, et près
et les beaux œufs ira cacher
au creux des buissons et des haies .....
Et quand ils vont se réveiller
avec leurs petits paniers
les enfants devront chercher !
Chanson-jeu de cache puis recherche des œufs -
"Oui j'ai pris mon panier léger
pour aller chercher les beaux œufs au prè ..
Où sont ils cachés ? Où sont ils cachés ?
Mon lièvre coquin
tu le sais très bien
Mais tu ne dis rien ..."
Extrait de ma Ronde de Pâques des lièvres et poules
chantée, sautée, dansée, mimée ...
propriété littéraire de Rébecca Terniak - tous droits réservés
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Écrire délivre un peu,
c’est un feu sur une page blanche incombustible,
une clarté pourpre, un bout d’ensoleillement,
une caresse sans nul geste,
un baiser, ou nulle muqueuse ne se rencontre,
fécond et profondément troublant,
une absence qui se touche,
une chair, une peau, toutes douces,
presque un corps ;
un éclat de bonheur en douce.
Écrire me lie à vous,
c’est l’écho d’une voix chaude, matérialisée,
un oiseau élancé vers vous, bleu et fou,
l’audace en deux mots,
l’été blanc et l’hiver mordoré,
le ciel en bas, la terre en haut,
c’est bouleverser votre cœur prudent et sage,
le dénuder, de vous le faire sortir,
en moi le faire chanter !
Écrire, ce temps de vivre et d'espérer.
Oraison funèbre de Marie Noël
prononcée par S. Exc. Mgr FOURREY
Evêque de Belley
aux obsèques
célébrées en l'église Saint-Pierre d'Auxerre
le 27 décembre 1967
Excellence,
Monsieur l'Ambassadeur,
Monsieur le Préfet,
Madame la Vice-Présidente de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Maire,
Mes Frères,
Vous avez cependant voulu, cher Monseigneur, que l'ancien vicaire de la cathédrale auxerroise qui, ayant rencontré, voici plus de quarante ans, Marie Noël en sa ville natale, eut dès lors le privilège de bénéficier de sa très fidèle amitié, fût chargé de lui rendre un suprême hommage. Je vous en exprime ma profonde gratitude.
Depuis quelques années, celle-ci, presque aveugle, avait besoin d'un guide, même pour circuler dans les quartiers qui lui étaient, depuis l'enfance, familiers. En sa demi nuit, elle demeurait passionnément attachée à tout ce qui constitue le trésor ancestral de la ville qu'elle n'avait jamais quittée. J'ai reçu, il y a quelques semaines, son dernier livre, ce "Cru d'Auxerre", qui se présente aujourd'hui comme l'expression de ses adieux à ses concitoyens.
Elle n'avait pas choisi sans raisons le nom de poésie qui restera le sien dans les siècles à venir.
Au jour de sa première communion - étonnons-nous de nouveau - elle sollicita comme une grâce cette faveur étrange : mourir bientôt. - "J'ai longtemps espéré d'être exaucée", a-t-elle noté.
Celui-ci n'était pas, à ses yeux d'enfant, une figure perdue dans la nuit des temps. Il était quelqu'un de très proche, le Vivant par excellence, et elle a raconté comment, écolière, traversant un jour la cathédrale déserte, elle s'était approchée de l'autel du Sacré-Coeur, avait posé sa tête sur la pierre sacrée, puis candidement avait "demandé en mariage Jésus-Christ, Notre Seigneur".
"Si j'ai été si habitée de mélancolie, a-t-elle écrit, c'est peut- être que j'ai subi deux chocs exceptionnels.
"Cela s'est passé le 27 décembre 1904. (Aujourd'hui, 27 décembre 1967, nous pouvons célébrer le soixante troisième anniversaire de l'événement tragique).
"L'autre choc aussi (la déception cruelle causée à la jeune fille par l'anéantissement, en une journée de Noël d'un projet de fiançailles) fut exceptionnel.
Dès lors, la jeune fille qui déjà s'exerçait à la poésie avait trouvé son vrai nom. Elle serait Marie Noël. Et, dans son esprit, la fête qui célèbre la naissance du Sauveur comporterait toujours, à l'arrière-plan, le drame de la Passion.
De mort, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour sauver le monde, ô douleur, là-bas,
Ta mort d'homme, un soir, noire, abandonnée,
Mon petit, c'est moi qui te l'ai donnée.
Cette pensée revient, dans l'inspiration de Marie Noël, même lorsqu'il n'est pas explicitement question du mystère de la Nativité. Ainsi, dans ce "Chant de la divine Merci", au vocabulaire anthropomorphique, où elle prête au Fils de Dieu parlant à son Père ces paroles :
Père, ô Sagesse profonde
Et noire, vous savez bien
A quoi sert le mal du monde,
Mais le monde n'en sait rien.
Et le Verbe qui se fait chair continue :
Je veux, inclinant la tête,
Chercher à travers la mort
- La mort que vous avez faite -
Ce cri qu'il pousse si fort.
Et pendant que je les aime
A mourir pour eux de mort,
Ils se diront que Vous-même
Les aimez malgré leur sort.
D'abord, elle ne veut pas partir seule. Elle réclame le Viatique.
Allez me chercher Jésus-Christ.
Allez à sa porte cachée
Allez me chercher Jésus-Christ !
Livrez-le, candide bouchée
Au sort boueux de mes débris,
Pour en moi faire être qui dure,
Envers et contre mort, jetez
A corps et âme cette pure
Parcelle de Ressuscité.
Jetez, engloutie en ma perte
Dans la béante obscurité
De ma dernière bouche ouverte
La semence d'éternité.
Ainsi munie du Viatique, elle pouvait s'engager dans la voie qui conduit à la "Vision".
O mon âme, est-ce toi que j'ai si longtemps eue
Cachée entre mes os, captive dans mon corps
Sans pouvoir te t'ouvrir, sans t'avoir jamais vue
A travers ma poitrine et que voilà dehors.
Toi qui restas, fruit lent d'une graine profonde,
Tout le temps de ma vie à mûrir dans mon flanc
Et que d'un rude effort la mort a mise au monde,
Te voilà donc, mon âme, ô nouveau-né tremblant !
Appelle la douleur, dis un mot, fais un geste,
Seigneur, fais !
Fais-moi souffrir, nettoie en moi tout ce qui reste
De mauvais.
Vite, ne laisse rien en moi qui te déplaise,
O mon Roi !
Vite, fais-moi souffrir, mais viens dans la fournaise
Avec moi.
Comme tu me connais, ô Juge de minuit,
Juge-moi ! Mais sauve-moi comme tu m'aimes.
"Vous m'avez tenue dans la nuit à distance infinie et il n'y a plus eu de mains entre Vous et moi pour nous joindre.
La période où, dit-elle, "il ne me restait plus rien pour vivre, hors je ne sais quelle espèce d'amour aux yeux crevés qui, sans plus rien voir, adorait encore ", prit heureusement fin.
Marie Noël s'expliquait son cas en constatant que d'autres avant elle - il en est jusque parmi les plus hautes figures de l'Histoire de l'Eglise - avaient été tenaillés par l'angoisse -, "cette angoisse qui, me disait-elle, semble bien être souvent l'eau noire des Saints. Une âme vraiment âme est lourde à porter".
"En repos en mon Dieu comme dans un nid", tel est bien le mot qui résume tout, à l'heure où la chanteuse, qui si souvent s'est comparée au rossignol, vient de trouver en son Dieu le repos éternel.
Bremond a écrit: "Parmi nos poètes de langue française, je n'en vois pas un que je préfère à Marie Noël. Comment la définir ? A Notre-Dame, la minute divine de Complies : In manus tuas. Cette voix d'enfant qui s'envole et nous avec elle".
Bonsoir, Père, reçois mon âme entre tes mains.
Notes : ci-joint, une petite source documentaire afin d'en apprendre davantage sur le personnage, outre l'association qui porte son nom et qui œuvre en sa faveur
( http://www.marie-noel.asso.fr/)
je me permets de mentionner une page remarquable d'un professeur de lettres émérite que nous aurions tous rêvé d'avoir comme guide :
Espace pédagogique contributif
Cours de Français de M. Bruno Rigolt – Lycée en Forêt – Montargis
http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/2012/02/29/la-citation-de-la-semaine-marie-noel/
Une étoile se pose doucement
me parle de l'étincelle du vent
Une étoile illumine le coin gris de la vie
elle redonne l'espoir perdu dans la nuit.
Rien que pour réveiller les coeurs
elle brille de toute sa splendeur.
Une étoile , celle qui s'illumine le soir
celle qui réveille en nous certains pouvoirs
pouvoir qui nous laisse encore croire
que chaqu'un des reflets du miroir
sont là pour regarder ce qui est beau en nous
aimer encore et toujours pour rejoindre le tout.
Nous sommes ces étoiles de l'univers transparent
Nous aussi n'avons pas à nous cacher d'être tout simplement.
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Vos chevaux blancs ailés
sont si magiques et frais
qu'il m'ont toujours fait rêver,
émerveillée ...
et que j'aime venir m'y abreuver.
Or, je découvre étonnée
que mon extase est restée muette !!
et sans mot !!
Il me faut aussitôt
me réveiller et clamer à tue tête
combien j'adore votre tableau !!!
https://artsrtlettres.ning.com/photo/tant-qu-il-aura-des-anges-d-tail?context=user
Hommage à votre Ange Protecteur
Quelle beauté dans la douceur ...
toute retenue, intérieure !
Les ombres et lumières
servent bien son mystère.
Et son être en présence est porteur.
Nous ne sommes qu'un résumé
De ces quelques années...
Que nous passons à vivre
Tantôt sobre, tantôt ivre!
Sobre de nos chagrins
Notre peur de demain...
Ivre de ces désirs
Qu'il nous faudra saisir!
Une drôle de sensation
Liberté en action...
Une volonté farouche
Pas rester sur la touche!
Sobre d'être en attente
Quand les années nous mentent...
Ivre d'avoir osé
Prendre le risque d'aimer!
Juste vouloir y croire
En ce troublant espoir...
Pas envie de néant
Une fuite en avant!
Sobre même dans le gris
Submergé de dénis...
Ivre aussi sous la pluie
Une caresse dans nos nuits!
Et si ce n'est qu'une vie
Par l'envie embellie...
C'est bien ainsi parfois
Qu'on laisse une trace de soi!
J.G.
En 1916, à Calcutta, le lieutenant Peake sauve la vie de Ben et Sheere, deux orphelins de père et de mère. Il les confie à Aryami Bosé leur grand-mère maternelle qui ne trouvera rien d'autre, pour qu'ils échappent à la vengeance d'un mystérieux et inquiétant Jawahal, de les séparer. Elle gardera Sheere auprès d'elle et confiera Ben à son ami, Mr Carter, le directeur de l'orphelinat St Patrick's. Il s'y fera six amis, avec lesquels il fonde la Chowdar Society, une sorte de fraternité secrète qui se réunit la nuit dans un palais abandonné. Ce clan des sept s'est juré aide, soutien et protection. Ils vont en avoir besoin quand, à leur sortie de l'institution, le jour de leur seize ans, réapparaîtra le sinistre Jawahal, plus que jamais décidé à se venger.
Ce roman d'aventures très teinté d'étrange et de fantastique fut d'abord publié dans une collection destinée aux ados alors que Zafon, comme il le précise dans sa préface, l'avait écrit en pensant le destiner à tous les âges. Et c'est bien l'impression que donne ce texte. En effet, le fantastique est souvent teinté d'horrible voire de gore plus supportable par des adultes. L'intrigue solide et bien construite est rondement menée avec son lot de suspens et de rebondissements. Le style fluide, vivant et agréable ajoute encore au plaisir de la lecture d'un ouvrage si réussi qu'il est impossible de le lâcher avant la fin.
4,5/5
LE CRI DES SIRENES
"Les sirènes amènent la Mer vers un nouveau Monde" - dyptique 200m - Maria Teresa Bertina
Poéme qui à été la source d'inspiration pour les artistes
Poème à la mer
LE CRI DES SIRENES
Le silence de la mer a réveillé la terre
L'algue aux couleurs d'éden a causé ses ravages
Le ciel deviné sous les brumes, a pleuré des larmes grises
Les poissons ont cessé leurs parade amoureuse
Empêchés de frayer, divisés, écorchés, nus
Les sirènes aujourd'hui ont envie de chanter
Leurs larmes ont grossi l'océan de misère
Avez-vous ramassé les bouteilles à la mer?
Et toi, sur l'autre rive
As-tu suivi le vol de l'oiseau mazouté?
Des miliers d'hippocampes ont rejoint le passé
Surimi compressé par la bêtise des hommes
Rattrapés par leurs propres erreurs
Désormais terreurs
Par le chant des baleines, reviendront les sirènes
Dans un an?
Dans un siècle?
Avec nous, vers un nouveau matin du monde
Mylène Vignon
Pour Anthologie
EN CLÔTURE DE LA SEMAINE DU DEVELOPPEMENT DURABLE, le mercredi 11 Avril 2012 de 14h à 22h,
"LE CRI DES SIRENES" à Paris sur la Seine à bord du Bateau "CONCORDE ATLANTIQUE",
face au 23 - quai Anatole France
Un Evénement placé sous le haut patronage du MINISTERE d' ECOLOGIE,
en présence de nombreuses personnalités
tables rondes, lectures et performance de 50 plasticiens ,
Le "CRI DES SIIREMES" est une performance de 50 plasticiens, Comissaire Myléne Vignon,
dont le contenu est orienté vers une prise de conscience collective et une invitation à méditer sur
la fragilité de la mer, des océans, de l'eau....
Ses buts : ALARMER....
CONVAINCRE.....
MOTIVER ......
SOUTENIR....
La poésie doit-elle-elle être absolument moderne ?
Peut-être un début de réponse, plutôt un 'LIEU à cerner' pour commencer à se poser la question de manière utile.
Ce 'lieu' est ici un texte d’ Henri Meschonnic, polémiste, défenseur de la poésie et des poètes, texte plein de colère contre les exégètes de Mallarmé : «Pour les contemporains, poètes ou pas poètes: c’est toujours le même cliché qu’on se passe en silence, dans une conjonction poétisante, à la pousse-moderne.»
Libérez Mallarmé !
Lire Mallarmé, d’époque en époque, est allé de poétisation en hyper-poétisation. Du Mallarmé de Thibaudet et de Valéry au Mallarmé des années soixante. Une académisation, pour le naturaliser français, du temps qu’il fallait convaincre que c’était, malgré les apparences, un poète français, un poète, pas un fou, et français. Puis l’opposé, pour la poésie comme pensée de l’extrême, subversion radicale, l’absent de tous clichés, au moment même où le révolutionnarisme poétisant, le nietzschéisme littéraire répandait son propre cliché, son autoportrait en Mallarmé, un Mallarmé de l’OEuvre impossible, du Coup de dés et rien que du Coup de dés , de la «disparition élocutoire du poète» trop vite assimilée à la fin de l’auteur, à la mort du sujet. L’ère des structures a eu son Mallarmé.
Trente ans après, ce portrait n’a pas pris une ride, pour les contemporains, poètes ou pas poètes : c’est toujours le même cliché qu’on se passe en silence, dans une componction poétisante, à la pousse-moderne.
Par quoi, commémorativement vôtre, cent ans après sa mort plus jeune et plus vivant que tous nos futurs morts, Mallarmé montre qu’il est toujours stratégique, toujours un enjeu. Comme Hugo, mais autrement. Avec ces mots inusables : « Je préfère, devant l’agression, rétorquer que des contemporains ne savent pas lire » .
Car enfin, ces temporaires contemporains ne font rien d’autre que continuer d’opposer la poésie à la prose, comme si la poésie était toute dans les vers, comme s’il n’y avait pas eu Mallarmé, justement. Ou de voir dans l’aventure de la page imprimée du Coup de dés l’acte de naissance d’une poésie-papier, d’une poésie-espace, opposée aux effets de voix d’une poésie oh-râle, comme le son s’oppose à la farine. Ou doctement se demander si la poésie n’est pas une forme morte. Maintenir Mallarmé dans le tout binaire des vers métriques rimés et de la prose - contre les propres propositions de Mallarmé. De toutes les manières, un Mallarmé difficile, poussant même le difficile au sublime.
Ici, l’autosacralisation de la poésie par certains de ses prêtres ne semble pas voir combien son culte est le placage d’une essentialisation venue d’ailleurs. La sublimation de Mallarmé est sourde à la multiplicité des tons chez Mallarmé. Sourde à l’oralité de Mallarmé. A son humour. Sourde à sa simplicité : il suffit de le lire dans la gestuelle de sa pensée.
Mais la componction des dévots de la poésie continue de nous en imposer avec un éponyme de l’amour de la poésie pris pour la poésie. Autre Hölderlin heidegargarisé. Comme disait Eluard, à propos de l’abbé Bremond, dans Premières vues anciennes : « La poésie a presque toujours vaincu les poètes, mais elle n’a jamais réussi à se débarrasser de ses parasites, critiques rapportant tout aux plus petits besoins artistiques et sentimentaux du lecteur. »
Il faudrait, pour ramener non pas à une autre vérité de Mallarmé que celle dont on nous a assourdis, mais à sa multiplicité, plus forte que le faux sublime d’une époque qui n’en finit pas de se survivre, relire, autant que les poèmes, du mineur au majeur, les proses, toutes les proses chez lui, pour réentendre son ironie, sur les « vacants symptômes », le sens chez lui de la farce, dans Etalages par exemple, et son rire, « Sur le chapeau haut de forme », autant que la gravité de la lettre-autobiographie à Verlaine, ou le ton particulier de Conflit - « Fumier ! » - bref, simplement, tout Mallarmé. Y compris sans tronquer les phrases, comme toute une époque a fait, sur « la disparition élocutoire
du poète ».
Car c’était grossièrement confondre l’auteur, la psychologie, dont on ne voulait plus, avec ce que j’appelle le sujet du poème, qui est la subjectivation généralisée du langage dans un système de discours. Et c’est, avec ses mots à lui, ce que nécessairement signifiait Mallarmé, quand il parlait de « l’oeuvre pure », puisqu’elle ne pouvait consister que par la « suggestion ». Suggérer , opposé à nommer , dans la réponse à Jules Huret : « évoquer petit à petit un objet pour montrer un état d’âme, ou, inversement, choisir un objet et en dégager un état d’âme, par une série de déchiffrements ». Et quand il disait, dans Crise de vers : « toute âme est un noeud rythmique », et ailleurs : « toute âme est une mélodie, qu’il s’agit de renouer ; et pour cela, sont la flûte ou la viole de chacun ». Ce qui ne peut pas être autre chose, n’en déplaise aux abstracteurs de sainte essence, que le sujet du poème, du rythme, du « je me fus fidèle ».
Or, c’est à contre-Mallarmé, dans le « narrer » de Crise de vers , le « nommer » de la réponse à Jules Huret qu’un philosophe, Jacques Rancière, dans son Mallarmé , met la poésie. Et il énumère l’un après l’autre trois sens dans un poème. Comme la sémiotique de Greimas y voyait des isotopies. Décidément, la sémiotique continue de ne tenir aucun compte des trois mots de Benveniste posant que les oeuvres d’art sont une sémantique sans sémiotique . Rancière, dans La Chair des mots , met explicitement le poème dans le nommer : « Car ce n’est pas en décrivant que les mots accomplissent leur puissance : c’est en nommant, en appelant, en commandant, en intriguant, en séduisant qu’ils tranchent dans la naturalité des existences, mettent des humains en route, les séparent et les unissent en communautés. » Non seulement le suggérer n’y est plus, « ce qui ne se dit pas du discours » ( O.C. ), mais le poème est pris, pour être moderne, dans la pragmatique à la mode, « commercialement ». Or les truismes ne devraient pas faire oublier qu’Austin a classé la poésie dans les « emplois parasitaires du langage » . Rancière a oublié. Ou n’en a pas de gêne. Pas plus que de « l’incarnation du verbe » qu’il a comme une hostie dans la bouche. Toujours le corps et la lettre. La vieille théologie qui fait les métaphores de la philosophie. Le Signe, ainsi soit-il. C’est de toute cette messe qu’il faut libérer Mallarmé, et la poésie par la même occasion.
Cette philosophie fait l’importante en agitant l’un contre l’autre les mots de poétique et de politique, sans savoir ce que fait la poétique. Elle ne connaît sous ce nom qu’une néo-rhétorique des figures. Et les mots, les noms, de l’histoire, pour elle, sont ceux de Heidegger. Défaut répandu de latéralisation, chez quelques notoires philosophes d’ici : ils se croient à gauche, ils ont la langue à droite. Double essentialisation. Un activisme péremptoire associe politisme et poétisme. Du clinquant et du simili.
Ce n’est pas la même chose, quand Mallarmé dit le poète « en grève devant la société ». Il tient l’un par l’autre le poème et le politique, autant « l’explication orphique de la Terre » que le rapport, qui a si peu changé, entre poésie et société : « Mal informé celui qui se crierait son propre contemporain ».
C’est pour pouvoir lire poétiquement un poème qu’il faut libérer Mallarmé, et la poésie par la même occasion, de toute une philosophie qui n’a aucune pensée du langage, et qui se dépose sur le poème, l’enferme dans l’herméneutique, ne connaissant que des questions de sens, seulement du discontinu, sourde au continu, rythme, prosodie. Libérer la poésie de ce qui faisait dire à Derrida - et je n’ai guère entendu qu’on s’en indigne - que le poème est déjà « un événement herméneutique, son écriture relève de l’ hermeneuein , elle en procède ».
Surdité au poème, surdité à Mallarmé : c’est la même chose. Cette régie des philosophismes sur la poésie est intolérable et inepte. Ce que masquent les complaisances du déconstructionnisme. Mais voyez comme elles sont répandues. Dites déconstruire , vous en avez plein l’époque. Crachez, ensuite.
Mais les poètes se défendent mal. Beaucoup, manifestement, croient tirer un avantage de cette essentialisation. Une simili-mallarméisation en a figé certains dans des inclusions sous-syntaxiques, d’autres dans une poétisation mythologisante. Effets-écriture d’une lecture. D’où un double préchi-précha. Le ludique et le goupillon. Ce n’est pas ceux-là qui vont démythologiser Mallarmé .
Le scolaire suit, avec quelque retard, la classe des poètes. Mallarmé ? Ils ont le même. Prisonnier de sa poétisation. A la différence de ce qui a lieu pour Apollinaire ou Eluard, à qui l’école a mis son auréole, mais que des poètes voient de haut. Sans savoir qu’ils sont situés par leur manière de voir.
Les « littéraires » aussi se défendent mal. Démunis devant la filousophie, ils font confiance à tout, les pauvres petits ont troqué la biographie pour la psychanalyse.
Oui, il faut libérer Mallarmé de l’essentialisation qui fait son assomption, le fait apparaître en gloire au milieu de nuées non seulement comme un poète difficile, mais comme le poète du difficile : « le poème difficile », clausule du Mallarmé de Rancière. Non pas pour trouver, l’obscurité dissipée, un poète facile, mais pour débarrasser Mallarmé, et débarrasser la poésie par la même occasion, de cette sottise installée, le couple du facile et du difficile. Pour pouvoir enfin entendre la clarté de Mallarmé, c’est-à-dire ce qu’il a d’unique, dans ce qu’il dit et fait selon son rythme. Comme chaque poète. Le difficile étant le jugement porté par l’incapacité d’écoute du poème comme poème.
Ce qu’à son tour il est édifiant d’observer.
Yves Bonnefoy : « Comprendre Mallarmé a toujours paru difficile ». C’est en le rattachant aux « grandes structures de la pensée archaïque », que Bonnefoy introduit à Mallarmé . Le rattachant à un médiévalisme aussi vague que sa conception du moderne, une « vieille pensée », là où pourrait, au contraire, se lire l’utopie d’une pensée du rythme et du sujet qui commence à peine, et qu’étouffe Sa Sainteté le Signe. Avec ses académismes sur le «poème-discours» chez Hugo et les romantiques. Rabattus sur des « effusions ». Autre cliché. Faire payer Hugo pour Mallarmé. Vers l’essence, contre « la langue moderne ». La modernité étant, sans gêne, successivement, un « surcroît du sensoriel sur l’intellection », mixte flou de cartésianisme et de sensation-XVIIIe siècle pour brouillonner un vague sujet philosophique, puis le nietzschéisme de la mort de Dieu. Et voilà Mallarmé « le plus radical des modernes ». Le plus mode ici étant cette cacophonie sur la modernité. Que suit un autre cliché : Mallarmé-l’échec, l’échec de la poésie à trouver « une issue vers une authentique présence ». Avec un beau contresens sur le nommer , la « profération » du mot « rose », par quoi, selon Bonnefoy, Mallarmé « suscite, là devant nous, la rose » - quand seul le suggérer peut faire que « musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous bouquets ». Platonisation étymologisée : l’idée - « l’eidos : ce qui se montre ».
Non, puisqu’on l’entend seulement. Sur quoi, autre cliché, qui mysticise Mallarmé : « il s’était avancé dans la nuit de l’esprit humain ». Puis il va « vers une poétique de la lumière diurne ». Mallarmé en allégorie de la nuit et du jour, cette imagerie spiritualiste du Signe. Non monsieur, ce n’était pas la « notion pure », ni le « renoncement ». Dedans-dehors, l’esprit-le corps, l’être et le néant, du son et des « contenus conceptuels ». Ces représentations où les signes comprennent les signes. Et vous voulez approcher la « poétique de Mallarmé » ? Avec ces notions-là ? Suivez le rythme.
Mallarmé difficile ? C’est la parabole du rapport de la poésie au langage dit ordinaire, puisque la poésie est faite « des mots de tout le monde », mais « récrits par un poète » . Non un écart à ce que « le Bourgeois lit tous les matins », mais le travail du poème. Daniel Leuwers dénonce « une erreur communément répandue » - « croire que Mallarmé a enfermé un message clair dans une forme volontairement obscure » ( ibid .). Demi-dénonciation d’une double erreur : il n’y a ni « message clair » ni « forme volontairement obscure ». Message, forme : signé Signe. Ni clair ni obscur. Et le « volontairement » lui-même ne tient pas, car le sujet du poème partage avec la réflexion sur le poème la même passion, la même vision-audition, celle de la soumission à sa propre écoute, au même inconnu. En même temps, Mallarmé sait ce qu’il fait, quand il parle de syntaxe, d’incidentes et d’inversions. En ce sens, ce n’est pas un message , pas un enseignement, mais la mise au jour d’un universel. Le paradoxe - l’effet du signe : que cet universel continue d’apparaître comme un secret.
Henri Meschonnic
Pour Castor et Polux : complicité
Les deux faces contraire d'une même identité :
L'un pleure quand l'autre rit.
L'un sombre devant sa glace, meurtri et déchiré.
Tout espoir éteint : c'est la nuit.
Mais au matin, son double revient danser et virevolter.
parlant à toute vitesse, amuser la galerie.
L'un est sage et pensif, seul, prisant la mélancolie
Et l'autre jeune fou, s'entoure d'une kyrielle d'amis,
Multiplie les amours et s'essaie à tout dans la vie.
L'un a les yeux brillants, écarquillés, émerveillés
Ceux de son alter égo sont tournés au dedans, concentrés.
L'un dans la multitude de ses découvertes, n’est que curiosité
Et salue chaque petite fleur et forme et trésor rencontrés.
L'autre, solitaire, devant un coucher de soleil reste comblé.
Je m'identifie à celui qui aime, les fleurs, les enfants et la vie
Qui de ses dix doigts sait tout faire et toujours rebondit
Et le vieux qui traine son tourment et pleure… je le dénie.
Voyage,
Mon cœur de vous déborde,
dans votre sang navigue,
le mien l’ayant rejoint,
enfiévrant son cours rubis et chaud,
juvénile à nouveau.
Nos peaux blanches,
en sont les voiles hautes,
frémissantes sur nos corps
que nos souffles mêlés font frémir
puis partir vers une contrée bleue,
infinie.
Nos mots se désagrègent,
fluidité, silence et clarté,
nos corps s’apprennent, se prennent,
s’enchantent l’un de l’autre ;
murmure de nos peaux,
cet alphabet étrange,
en nous inoculé par l’audace d’un ange.
Sur terre le ciel se perd.
Villanelle
Silence dans l’arrêt du temps.
La beauté engendre l’ivresse
Sous un ciel d’un bleu ardent.
...
Illimité un lac argent.
Le longe un jardin en liesse.
Silence dans l’arrêt du temps.
...
Sur la rive de nombreux bancs.
Une brise tendre caresse
Sous un ciel d’un bleu ardent.
...
Le zéphyr de paix se répand
Pour que l’espérance renaisse.
Silence dans l’arrêt du temps.
...
Ce lieu crée un enchantement.
Mon âme s’emplit de tendresse
Sous un ciel d’un bleu ardent.
...
Aucun présage inquiétant,
Nul regret porteur de tristesse.
Silence dans l’arrêt du temps
Sous un ciel d’un bleu ardent.
...
8 septembre 2006
Au premier appel, il accourt,
Je ne sais de quel horizon.
Il prend place dans ma maison,
Me dispensant de tout discours.
...
Il est prêt pour une partie.
Je joue les blancs et je commence.
Précautionneusement, j’avance.
Je suis tendue et avertie.
...
Hélas! Malgré tous mes efforts,
Et ma naïve confiance,
Vrai, je n’avais aucune chance.
Il sera toujours le plus fort.
...
Un peu déçue, je le libère,
Or il s’assure que je veux,
Réellement, quitter le jeu.
Un court instant, je délibère.
...
Mon partenaire me vouvoie
Et j’apprécie sa courtoisie,
Quand dépourvue de fantaisie,
Dans un morne ennui, je me noie.
...
19/08/2006