Nous ne sommes obligés en rien et pourtant,
Tels des papillons qui survolent des flammes,
Nous avons le talent de nous tromper souvent,
Parcourant alors d'infinis couloirs sans âme !
GCM
Pensée du jour.24/4/2026
Nous ne sommes obligés en rien et pourtant,
Tels des papillons qui survolent des flammes,
Nous avons le talent de nous tromper souvent,
Parcourant alors d'infinis couloirs sans âme !
GCM
Pensée du jour.24/4/2026
Voilà à quoi nous sommes vraiment destinés,
Tels des mécaniques robotisées,
Nous répétons l'histoire de l'humanité,
Portant en ses gènes ses graines d'idées !
GCM
Pensée du jour.21/4/2026
Nul n'est dupe rien ne va en ce bas monde,
Pleurant les conflits, guerres, courses aux profits,
Règnes de chiffres aux courbes vagabondes,
Chacun scrute un air plus frais et se tapit !
GCM
Pensée du jour.19/4/2026
Le refuge
Depuis mon enfance je viens ici
me réfugier dans cette image .
Elle est le ventre de ma mer, berçant mon âme
de sa douceur et du flux de son cœur,
cette tranquillité calme ma vie.
Depuis mon enfance je viens ici,
m’appuyant sur ce bateau
échoué sur le sable.
Ici je suis à l’abri,
à la source de mes désirs je n’entends qu’elle.
Elle n’a que moi à s’occuper
et c’est bien mon paradis
On n'arrête pas le progrès dit-on souvent,
Mais serait-il vraiment aussi bénéfique ?
De savants informaticiens sur leurs écrans,
Parlant aux gamins perdus dans leur boutique !
GCM
Pensée du jour.17/4/2026
Chères amies, amis, artistes, collectionneurs et habitués de notre galerie,
La 9e fête de remise des publications 2024 relative au travail de fond de la galerie aura lieu le samedi 30 mai 2026 de 18h 30 à 22h 00.
Cette fête afin de remettre gracieusement les deux derniers volumes, nouvellement parus, aux artistes ayant bénéficiés d’un article d’art sur leurs expositions en 2024/recueil n° 13 Tome I & II. Ainsi que les six diplômes d’art aux artistes sélectionnés par un jury de professionnels.
La collection « États d’âmes d’artistes » reprend ainsi dans 16 volumes 181 artistes peintres, sculpteurs et photographes ayant exposés dans la galerie entre 2012 et 2024 et publié par « Les Éditions d’Art EAG » !
Lien de l’annonce de la remise des recueils 2026 :
Lien vers la page événements actuels et à venir :
https://www.espaceartgallery.eu/category/evenements/
Lien vers la présentation des espaces et des artistes :
https://www.instagram.com/espace.art.gallery/
Lien vers le plus grand Rooftop d’Europe !
Situé au cœur de Bruxelles, entre le célèbre quartier Sainte-Catherine et celui de la Bourse, et à deux pas de la Grand-Place, le plus grand bar/restaurant et espace événementiel d’Europe, ouvert toute l'année, en extérieur comme en intérieur, sera ravi de vous accueillir pour offrir à vos invités une vue à 360° sur Bruxelles avant ou après votre visite !
Lien vers cette plateforme touristique où la galerie est présente :
« autres activités » + https://www.kayak.fr/Brussels.32869.guide
Lien vers le nouveau Centre d’art dans le quartier :
https://cloudseven.be/home-of-frederic-de-goldschmidt-collection/
Situé au centre-ville dans le quartier bruxellois de la mode et du design.
Lien vers Bruxelles bouge comme le prouve cet article :
Bien cordialement,
Jerry Delfosse
Galeriste
*
Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,
Les Éditions d’Art EAG & EAG Studio’s
Co-fondateur et propriétaire du réseau Arts et Lettres 3.0
Administrateur général
Président de jury pour décerner 3 diplômes d’art EAG
Membre d’un jury pour décerner 2 diplômes A&L
Membre d’un jury international à Corsica Art Fair
*
Rue de Laeken, 83 à B 1000 Bruxelles - Belgium
GSM: 00.32.497. 577.120
œuvres physiques : https://www.espaceartgallery.eu/
œuvres numériques : https://ea-gallery.com
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Lien pour visionner les 236 vidéos et 103.800 vues sur YouTube
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Le miracle de la musique qui émeut au plus profond
Balade musicale de Rixensart – Église Saint-Sixte, Genval, 19 mars 2026
Mars 2026. Une soirée inoubliable. Elle se rêve sous l’empire du magnolia, un arbre de mémoire fondateur ; Cet Arbre tellement pressé d’éclore en mars alors qu’auparavant, il fleurtait surtout avec le 6 avril ! À Genval, sous les voûtes recueillies de l’église Saint-Sixte, la Balade musicale de Rixensart a offert ce 19 mars, l’excellence et la beauté dans une quête commune d’émotion pure.
Sous la direction plus que vibrante de Luc Dewez, l’Orchestre de la Fondation Grumiaux était dans une forme éblouissante. Un ensemble terriblement lumineux, enveloppant et intensément habité.
Dès les premières mesures du Concerto pour orgue en si bémol majeur de Georg Friedrich Haendel, le ton est donné : ce n’est rien moins qu’un dialogue de chaque seconde entre la Terre et le Ciel. Qui a commencé ? Qui a répondu ? C’est l’orgue qui a répondu aux violons, alors que l’organiste était invisible. Seule la musique était là, saisissante et souveraine. L’allégresse dansant avec la tristesse. Les cordes solaires, précises, brillantes. L’orgue égrenant des couleurs consolatrices. Les cordes répandant un souffle puissant de joie, qui vous embroche à pleins achets. Les violons répondent avec force, ‘Présent’ au Ciel qui murmure. Comment alors retenir ses larmes ? C’est la tristesse qui se fait belle dans le Larghetto, ce cœur battant de l’œuvre, et le temps s’est dilaté. La ligne mélodique s’est déployée avec immense tendresse. Qui parle ? La terre ou le ciel ? Les voilà qui conversent. Au clavier de l’organiste, Eugeniusz Wawrzyniak, l’écriture haendélienne se révèle texture d’éternité. Élégance dansée entre dentelle musicale, résonnances profondes et respiration dans les étoiles. Une soif d’idéal.
Changement de lumière avec Il Tramonto de Ottorino Respighi. Coucher de soleil signé par le grand poète romantique anglais Percy Bysshe Shelley, traduit en italien. Dès les premières mesures, un voile crépusculaire s’installe. Les cordes tissent le drame. Mais celui-ci est d’une délicatesse palpable, faite de frémissements harmoniques et de beaux glissements chromatiques. La mezzo-soprano, Cécile Lastchenko s’inscrit dans cette matière comme une présence intérieure palpitante et elle en révèle toute la profondeur. Ni tout à fait récit, ni tout à fait chant, sa ligne épouse les contours du texte avec ferveur. Le texte italien, une traduction de ce poème de Shelley « The Sunset », se voit déclamé avec ferveur. Le chant souple et vivant de la chanteuse évite néanmoins le pathos, balaye l’angoisse qui va s’allonger sur les violons, puis les violoncelles, puis la contrebasse. Dans cette musique, c’est tout l’émerveillement et l’éphémérité de ce splendide moment si fugace de la journée, et aussi la perception de la nature totalement transitoire de la vie humaine. On assiste à une lente dissolution : celle de la lumière, de l’amour, de la vie même. Celle d’un monde qui, certes, irrite le poète. Et sans doute aussi, le compositeur.
Après cette plongée dans l’intime, la soirée offre une bombe de bonheur avec Ludwig van Beethoven et son merveilleux Concerto pour violon en ré majeur op. 61. Œuvre longtemps incomprise, aujourd’hui sommet du répertoire, elle exige de l’interprète une capacité rare : faire naître la grandeur tout en ne forçant pas le trait.
La jeune violoniste, Pauline Van der Rest, lauréate du Concours Reine Elizabeth 2024, et que la Balade Musicale a déjà conviée à maintes reprises, aborde cette partition avec une assurance tranquille et une maturité saisissante. Son jeu frappe d’emblée par son aisance, sa précision, sa pureté de ligne. Les sonorités les plus improbables se déploient avec la finesse des cheveux d’anges. C’est un exquis rendez-vous, très rafraîchissant, avec la douceur et la bienveillance. Elle joue les yeux fermés, le visage tendu par la ferveur. Elle livre une promenade dans le champ des étoiles. Alors que l’orchestre réveille la dure réalité du monde, elle est saisie d’accents de douleur brutale. Mais la malice de la fée de la musique victorieuse réexpose la joie qui exulte. C’est la légèreté absolue qui a gain de cause, même si les percussions et l’ensemble de l’orchestre fanfaronnent, sous la baguette vigoureuse du Chef d’orchestre. Le hautbois s’amuse comme un roi. Les frissons des violons emplissent la salle. Variations sur variations, le violon de la vestale de la musique porte haut la flamme intérieure.
L’archet est magique. Voudrait-elle soigner le monde grâce à la musique ?
Dans le premier mouvement, elle semble privilégier une profonde narration intérieure, très méditative qui entraîne le spectateur à la rêverie. Le célèbre thème joue les variations répétées et transformées comme dans un kaléidoscope. Elle génère une musique bavarde, constamment renouvelée.
Le Larghetto, sombre, lent et puissant d’une sérénité presque irréelle, atteint un point de suspension où le temps se cache, vaincu par les scintillements du violon. Puis le Rondo final libère une énergie chaleureuse, sans jamais rompre l’équilibre. La virtuosité de la violoniste reste toujours au service du discours, jamais l’inverse.
On se met même à imaginer que dans ce programme, il y a un double fil d’or qui relie ces trois œuvres en apparence si différentes : une même attention à la respiration du son et une plongée dans la vie intérieure. Tout est réuni : exigence artistique, qualité d’écoute, présence et recueillement. Bouleversante donc, cette dernière soirée de la Saison 13.
Sachez qu’elle est d’ailleurs un point d’orgue pour Jean-Pierre Perès, l’âme fondatrice de ce festival, que nous remercions du plus profond de notre coeur pour son enthousiasme, son intuition, sa créativité, son esprit de service considérable. Il transmet le flambeau de l’avenir à un successeur de taille : Cédric Hustinx.
Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres
les Prébendes
et le froid sur un fil
et le soleil éternel
et les fleurs sont tes cils
et l'ombre de mes paupières
est un flot de sentiments
Lionel M. 9 avril 2024
à Colin Wilson
S'extraire de la gravité
libre
emjamber les rivières
marcher sur ta rétine
avaler tes humeurs
cogner à la porte de ton coeur
m'installer à ta table
y manger tes noisettes
se fondre dans ton paysages
Lionel M 10 04 2026
LA pluie brouille le regard de Senghor
et la grâce file
dans sa robe noire
la grâce
insaisissable file
chevelure de pluie
le ciel en pleur
la pluie a des cheveux noirs
qui coulent
et la grâce toute vétue de noir
à petits paxs s'éloigne, se fond dans le paysage
où je me dissous
Lionel M. 11 04 2025
Trente et un décembre dix-neuf cent quatre-vingt-dix neuf ( et vous n'étiez toujours pas là!)
J’ai aperçu vagabonder dans les ruelles qui grimpent en haut de la ville une silhouette, son ombre vacille sur les remparts. Je poursuis mon chemin, la silhouette me précède, flottante comme une flamme.
Arrivé au parc Buffon, quelques réverbères sont allumés. Les ombres sévères des arbres gémissent. Une porte de voiture claque, sur la place de la petite église.
Du banc où je suis assis, je perçois le molto vivace de la symphonie de Beethoven.
Si ça se trouve, à minuit des ombres iront danser sous les fenêtres des Jacquemards. Ils s’offriront des mandarines.
Mais dans le ciel la lune rêve car la solitude engendre des songes.
Sur les murs de l’église flotte l’ombre d’une silhouette. Des pas marchent sur les cailloux. L’ombre se détache de l’obscurité à la faveur de la lumière d’un lampadaire.
Une femme s’approche de moi,....EXTRAIT
Lionel M
Nous entendons, pensons que le chemin est court,
Interrogeons miroirs et divers médecins,
N'y aurait-il vraiment alors aucun secours ?
Il est simple, c'est de ne se soucier de rien !
GCM
Pensée du jour. 13/4/2026
Chères amies, amis, collectionneurs et habitués de notre galerie,
La galerie fête ses 20 ans d’existence cette année 2026 ! De nombreux événements et démarches vont marquer cette année particulière…
Un grand article français/anglais de 5 pages dans la belle revue d’art international « IAM magazine » by FACEC n° 24/2025 rédigé par Dominique Lecat rédacteur en chef IAM magazine (voir l’article en pièce-jointe en fin de magazine).
Les artistes présents pour cet événement d’avril sont :
Paloma Piano (CO) peintures à l’acrylique, Ralph.S (BE) peintures surréalistes et Valérie Coton (BE) peintures à l’acrylique et collages + logo de son sponsor : « JJB MARCOM » srl via la Brussels Citizens foundation.
La galerie a le plaisir de présenter en ce début d’année quelques artistes internationaux cotés via un agent d’artistes très introduit dans les milieux culturels. C’est ainsi que l’on présente les artistes de renoms suivants : Damien Verlinde (BE), Enyejo Bakaka (CD), Didier Masamba (CD), Raymond Tsham (CD), Corneille (NL), Pierre Bayard (BE), Abbias Ngateu (CM), Huang Yin (CN), Liu Yu Jun (CN), Don Ken (BE), Palmieri (IT) et Tuhal (FR).
Vernissage le jeudi 02 avril de 18h 30 à 21h 30.
Finissage le 25 & 26 avril de 11h 00 à 18h 00.
Lien vers l’annonce visuelle de l’exposition du 02 avril :
Lien vers le reportage photos du vernissage du 02 avril :
Lien vers la page événements actuels et à venir :
https://www.espaceartgallery.eu/category/evenements/
Lien vers la présentation des espaces et des artistes :
https://www.instagram.com/espace.art.gallery/
Lien vers nouveau site Digital NFT Art Curator Belgium en 2026 :
https://ea-gallery.com (en pièce-jointe infos et inscriptions… ) & https://www.instagram.com/digital.nftart.curator.belgium/
https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu
https://www.linkedin.com/in/jerry-delfosse-espace-art-gallery/
Lien pour visionner les 236 vidéos et 103.700 vues sur YouTube
https://www.youtube.com/@espaceartgallery4966
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Bien cordialement,
Jerry Delfosse
Galeriste
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Sakuma Shözan disait qu'une guerre nouvelle éclate lorsque l'exaltation de la guerre précédente s'éteint dans les mémoires. Il avait rédigé une mince plaquette intitulée " Cycle du sang et du fenouil des prés". Plaquette qui s'achevait par ces mots : " Ainsi le désir et l'oubli, selon les rythmes qui leur sont propres, engendrent-ils éternellement les joyeuses déchirures de la guerre "
( Didier Decoin :" L'enfant de la Mer de Chine").
Apaisement
Dans la pluie ce matin,
j’ai cueilli des étoiles,
elles font briller mon âme
comme un banc de soleils,
Un vol de silences ponctué de cliquetis,
Quelque soupir nouveau, peuplant mon intuition,
la brillance de la vie, dansant à quelques pas,
Mon cœur dans le soleil,
au tempo de l’univers,
s’est enfin ralenti
Et je chante dans mon corps l’écho de l’infini
le 2-4-2026
On ne peut les compter car ils sont si nombreux,
Au bal des fous se démènent, courent partout,
Cherchent dans des couloirs un monde plus heureux,
Puis ne dansent plus, filent chez eux, vidés, à bout !
GCM
Pensée du jour.5/4/2026
A une inconnue de Bahreïn
Une belle étrangère
Aux yeux de fougère
Est entrée dans mon cœur
Plus belle qu’un archipel d’un orient de bonheur
Où les rêves brillent la nuit plus intensément que les étoiles.
Elle a réveillé mon ennui et son regard a fouillé ma production spirituelle
Sa longue chevelure noire est une rivière de diamants
Sa nudité dérobée à la beauté ouvre mon étonnement
Dubitative elle observe par la fenêtre la sortie de la messe
J’éteins la radio.
Ils viennent d’annoncer la reprise des bombardements en orient
Elle me regarde implorante,
« Ça n’en finira donc jamais ! » s’écrie-t-elle
Lionel M.
11 Mars 2026. Quel programme splendide la Chapelle Musicale Reine Élisabeth nous a offert à Bozar pour son concert de Gala ! Un programme riche, intelligemment construit : une véritable dramaturgie du dialogue. À la baguette du Brussels Philharmonic, Christian Blex impose d’emblée une direction à la fois sensible et ardente.
Pour commencer, la fresque musicale In the South, op. 50 de Edward Elgar (1903). Un véritable poème symphonique condensé, où affleure une nostalgie lumineuse. Le souvenir d’une Antiquité harmonieuse, épargnée par les soubresauts du monde contemporain ?
L’entame est franchement belliqueuse, dressant un empire de dissonances. Les cuivres, nobles et éclatants, soutenus par les percussions, dominent d’abord le paysage sonore. Puis, soudain, la harpe et le triangle s’immiscent dans le fracas, esquissant les premières lignes d’un poème porté par des cordes délicates et des flûtes lascives. Mais le tumulte reprend, plus vif encore. Et tant mieux, s’il est la fureur de vivre !
La structure, solidement architecturée, repose sur l’alternance de vastes masses orchestrales et de moments d’une introspection raffinée, reliés par de subtiles transitions harmoniques. Et quelle victoire, lorsque les extrêmes finissent par se rejoindre dans une forme de sérénité : l’homme enfin réconcilié avec la Nature ?
Changement de climat avec l’art du double miroir : le Concerto pour deux pianos n° 10 en mi bémol majeur, K. 365 de Mozart. Toujours sous la direction inspirée de Christian Blex, le Brussels Philharmonic accompagne deux jeunes solistes complices, Nicolas Meeuwssen et Ethur Hinnewinkel.
Ici, tout est dialogue. Dès l’Allegro, les deux claviers s’entrelacent dans une écriture concertante où alternent imitation, complémentarité et jeux d’échos. L’orchestre devient une toile de fond vivante, encadrant et relançant ce duo d’une rare complicité. Les basses insufflent un rythme presque jazzy, tandis que les violons soyeux déposent un voile de légèreté sur l’ensemble.
L’élégante conversation se poursuit en un ballet de sonorités joyeuses. Tout respire le bonheur partagé. Les cadences, d’une extrême fluidité, semblent naître d’une même respiration. Dans l’Andante, moment suspendu, les deux pianistes ne font plus qu’un : limpidité troublante de l’écriture, pureté et élégance sublime des gestes. Puis le Rondeau final réintroduit une vivacité théâtrale pleine de spontanéité, mêlant virtuosité enjouée et souffle généreux de la jeunesse.
Impossible de ne pas songer à Maria Anna Mozart, la sœur de Mozart, pour qui cette œuvre fut écrite : une musique du lien, de l’intimité, de la joie partagée, de l’amour de la musique. Le public, conquis, rayonne.
En guise de bis, suprême délicatesse : une transcription de Johann Sebastian Bach par György Kurtág. Miniature suspendue, comme un clin d’œil hors du temps.
Sans entracte, la soirée se prolonge dans une autre forme de magie avec le Concerto triple en ut majeur, op. 56 de Ludwig van Beethoven.
Œuvre singulière, presque inclassable : ni tout à fait concerto, ni véritable symphonie concertante, mais une utopie musicale où trois solistes dialoguent avec l’orchestre. Frank Braley au piano, entouré d’Angela Chan et Jonathan Swensen, forme un trio aussi brillant qu’engagé. Les artistes piaffent d’impatience.
Dès l’Allegro, une hiérarchie subtile s’installe : le violoncelle, souvent initiateur, expose les thèmes avant d’être rejoint par ses partenaires. Cette distribution inhabituelle crée une texture sonore originale, presque chambriste au sein de l’orchestre.
Le Largo, bref mais d’une intensité rare, ouvre un espace méditatif avant le Rondo alla Polacca final. Ici, Beethoven s’amuse : danse noble, éclats de lumière, énergie jubilatoire. Qui oserait encore le dire grave ? Le trio étincelle, passant de l’humour à la passion, jusqu’à des sommets de lyrisme vertigineux.
Les longues arabesques, les arpèges fabuleux de Frank Braley au clavier entraînent l’écoute vers une forme d’élévation, tandis que les mélodies surgissent, légères, comme capturées au vol … des danses de papillons ? Les humeurs changent, mais une évidence s’impose : la Joie triomphe. Et la foi en l’homme. C’est sublime. Ce trio est une bombe d’énergie au sein de l’orchestre qui l’accompagne avec splendeur. Il brille de mille feux, de l’humour à la passion en passant par un paroxysme de sentimentalité.Frank Braley a réalisé une mise en scène époustouflante avec ses deux partenaires. En applaudissant à tout rompre, on se retient de rire. C’était brillant au possible. Mais… Restons sérieux !
Quel que soit l’âge, on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans…
« On rentre encore aux cafés éclatants,
On demande des bocks ou de la limonade…
et les tilleuls verts de la promenade… »
…. Après un tel Gala, longtemps après, la poésie vous enveloppe encore! Car la grande musique n’est décidément pas une affaire vraiment sérieuse. Dès qu’on s’y abandonne, elle devient jeu, surprise, vertige. Et cette joie irrépressible qui nous saisit, au moment d’applaudir…le visage épanoui et le rire plein les yeux.
Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres