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Coucou tout le monde, bon courage et bonne chance à tous en cette période de M...! Les parcours d'artistes étant annulés, Alain de Pierpont a eu l'idée d'un pangolin géant sur le parvis de Limal. Tout artiste a décoré une, ou plusieurs écailles, anti-morosité covid. le pangolin est donc recouvert des impressions les plus diverses sur le confinnement et ce sacré virus ! Tout en couleur, cela fait du bien au moral ! Bon vent à tous !
Je ne dirai pas : je n'ai pas peur...
Qui ne l'a pas devant l'inconnu?
Quand il me faudra prendre l'ascenseur
De moi on dira : elle a vécu...
Certes, j'espère pouvoir être assez brave
Et partir dans un dernier sourire
Donner à penser que rien n'est grave
Nous ne sommes dans la vie qu'un soupir...
Et si j'emporte avec moi l'image
De nos deux corps au petit matin
Heureux de n'être jamais sages...
Je saurai que fut beau le destin!
J.G.
Ici, je vous présente mon dernier ouvrage, Zizanie dans le métronome, un recueil épais de 90 pages et riche de 1192 aphorismes, paru chez le Cactus Inébranlable, un fantastique éditeur belge spécialisé dans la forme brève, mais capable de publier des textes plus longs de temps en temps.
Pour présenter ce livre, je vais le laisser parler à ma place :
« Pascal Weber est un homme libre qui adore la contrainte.
Étonnant paradoxe qui s'explique par le fait que nous ayons en face de nous un homme qui a fait le choix de la liberté. Quand il pose la question : « Ramper vers le découvert bancaire ou faire le choix de la liberté ? » on devine aisément la réponse.
La contrainte, c’est dans la littérature qu'il se l'impose.
Adepte de l'Oulipo, lorsque le jardinier se transforme en écrivain, il se soumet à des règles, comme celle de n’écrire (par exemple) que des aphorismes de onze lettres !
Et ça marche, et c'est beau et puissant.
Et c’est éminemment poétique.
Après trois publications plutôt confidentielles [note de l’auteur : Onze Lettres, Eleven Notes & Volume Trois, aux Associations Bernardiennes, également des recueils d’aphorismes et autres formes courtes], il entre chez Cactus Inébranlable par la grande porte.
Zizanie dans le métronome, P’tits Cactus # 70 est un chef d’œuvre.
Ce n'est pas lui qui le dit, il est bien trop modeste pour cela !
Mais son éditeur l’affirme : ce recueil fera date dans l'histoire de l’aphorisme, en Belgique, et ailleurs. »
Et son commentaire sur Facebook :
« Nouveau venu dans la tribu (l'attribut) du Cactus Inébranlable : Pascal Weber est l'auteur de "Zizanie dans le métronome", un splendide recueil d'aphorismes désormais disponible (P'tit Cactus #70)
C'est beau, c'est créatif, c'est intelligent, c'est poétique et ça intégre la contrainte. Que demander de plus ?
Image de couverture : ©Frédérique Longrée. »
L’ouvrage est disponible sur le site du Cactus Inébranlable, à cette page :
https://cactusinebranlableeditions.com/produit/zizanie-dans-le-metronome/
Merci pour votre attention, en espérant que vous vous portez bien par ces temps assez particuliers,
Pascal Weber
Un bonjour à vous toutes et tous, depuis la France.
Situation compliquée, comme pour vous, mais le moral reste au beau fixe. J'espère qu'il en est de même pour vous et surtout que le Corona ne vous aura pas touché.
Amitiés,
Serge Tenèze,
Très touchée par votre appel ! Bien qu'égratignée par les épreuves de ces derniers mois, ma créativité tient bon ! Etre membre d'Arts et Lettres me donne toute confiance dans l'appartenance à un réseau artistique privilégié, mené par un homme d'une extrême bienveillance ! Belle journée à vous et prenez bien soin de vous ! Cordialement, Nicole
En préparation : "Superphone" ouvrage futuriste sur la place sans cesse plus importante de la technologie dans la vie de l'humain ! Sous la forme d'un roman d'anticipation , à la recherche d'un éditeur car mon éditeur actuel ne promeut pas ce type de littérature !
J’ai du bleu en moi
qui déborde
quoiqu’il m’arrive
c’est ainsi
*
"Vous tenez en vos mains l'intelligence et l'âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n'auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d'une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu'est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin, ils seront hommes et il faut qu'ils aient une idée de l'homme, il faut qu'ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l'égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu'ils puissent se représenter à grands traits l'espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l'instinct, et qu'ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s'appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l'âme en éveillant en eux le sentiment de l'infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c'est par lui que nous triompherons du mal, de l'obscurité et de la mort.
Eh ! Quoi. Tout cela à des enfants ! Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d'années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l'été le peu qu'ils ont appris l'hiver. Ils font souvent, au sortir de l'école, des rechutes profondes d'ignorance et de paresse d'esprit, et je plaindrais ceux d'entre vous qui ont pour l'éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.
J'entends dire, il est vrai : "A quoi bon exiger tant de l'école ? Est-ce que la vie elle-même n'est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d'une démocratie ardente, l'enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d'égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ?"
Je le veux bien, quoiqu'il y ait encore dans notre société, qu'on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire tout d'abord, amitié avec la démocratie par l'intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l'âme de l'homme, à l'idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d'orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d'enfance, c'est-à-dire de générosité pure et de sérénité.
Comment donnerez-vous à l'école primaire l'éducation si haute que j'ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d'abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu'ils ne puissent plus l'oublier de la vie et que, dans n'importe quel livre, leur œil ne s'arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c'est la clé de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J'ai vu, l'autre jour, un directeur très intelligent d'une école de Belleville, qui me disait : "Ce n'est pas seulement à la campagne qu'on ne sait lire qu'à peu près, c'est-à-dire point du tout ; à Paris même, j'en ai qui quittent l'école sans que je puisse affirmer qu'ils savent lire". Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu'ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu'importent vraiment à côté de cela quelques fautes d'orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l'essentiel.
J'en veux mortellement à ce certificat d'études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés, qui suppriment l'initiative du maître et aussi la bonne foi de l'enseignement, en sacrifiant la réalité à l'apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c'est là-dessus seulement que je jugerais le maître.
Sachant bien lire, l'écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale il est vrai, mais très haute de l'histoire de l'espèce humaine, de la structure du monde, de l'histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l'humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l'esprit ; il n'est pas nécessaire qu'il dise beaucoup, qu'il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu'il leur donnera concourent nettement à un tableau d'ensemble. De ce que l'on sait de l'homme primitif à l'homme d'aujourd'hui, quelle prodigieuse transformation ! Et comme il est aisé à l'instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l'enfant l'effort inouï de la pensée humaine !
Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu'il enseigne. Il ne faut pas qu'il récite le soir ce qu'il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu'il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu'il se soit émerveillé tout bas de l'esprit humain qui, trompé par les yeux, a pris tout d'abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l'infini de l'espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d'une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l'émotion de son esprit. Ah ! Sans doute, avec la fatigue écrasante de l'école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d'une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l'ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l'intelligence s'éveiller autour de vous.
Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l'enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : "Les enfants ont en eux des germes, des commencements d'idées". Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.
Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d'une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d'autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine, en quelques années, œuvre complète d'éducateurs. Dans chaque intelligence, il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront".
Mais que c'est loin Venise
Dans une mémoire grise
Quelques jours de jeunesse
Et des relents d'ivresse...
On a édulcoré
Des instants de beauté
Le souvenir d'une place
Et deux bras qui enlacent...
Un village de Bourgogne
Aux abords de l'automne
Le reflet d'une bâtisse
Dans une eau verte et lisse...
Au chaud de la mémoire
Se souvenir d'un soir
Où dans des yeux repaires
On a pu lire : j'espère!
J.G.
Les bois
les chemins s’allument
pour éclairer
les jours voyageurs
tellement fuyants
multiplier
les vertiges
Txt/pht Martine Rouhart ( au loin la butte du Lion de Waterloo)
L’œil, la main, le lapidaire
(L’Art et la Matière)
Lapidaire, ca 1920, Allemagne (Idar-Oberstein ?, C.P.A.).
Intelligence de la matière et cœur de pierre
Où l’on verra que cela n’a rien de péjoratif…
« La promesse au tréfonds du caillou dessine en riant le ciel. »,
Jean-Pierre Luminet
Ce billet constitue le pendant du précédent, « L’œil, la main, le lapidaire » ( https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-il-la-main-le-lapidaire-l-art-et-la-mati-re ), dans lequel des explications complémentaires seront données sur les gemmes utilisées et l’art du tailleur de pierres, le tout agrémenté bien sûr de nouvelles illustrations.
Il y a tant d’histoires à raconter…
Aux yeux perçants d’une agate il faut le regard pénétrant du lapidaire… agate œillée ou niccolo (1,8 x 1,3cm ; Indonésie).
Bouchon de flacon à tabac (Chine, XVIIIe ou XIXe s.) sculpté dans l’améthyste figurant un crapaud posé sur une fleur de lotus, le tout sur 23mm x 15mm ! Dire qu’en gemmologie un « crapaud » est un défaut dans une pierre précieuse !
Le travail des agates d’après le Journal d’un voyage de Cosimo Alessandro Collini (1776)
Le travail des agates à Idar-Oberstein, capitale européenne de la taille des pierres dures, exigeait la collaboration de quatre corps de métiers.
Les mineurs (achat-grübern) qui extraient l’agate des montagnes du Palatinat rhénan. Les tailleurs (achat-schleiffern) qui, penchés sur leurs meules, polissent la pierre. Les foreurs (achat-bohrern) qui percent et façonnent des ébauches que les maîtres-lapidaires parachèveront.
Sur l’illustration on notera :
En bas, à gauche, la meule de grès alimentée en eau ; au centre, le lapidaire couché en position de travail allongé sur son banc (kürass) ; à droite, détail du banc de travail.
Au centre, un touret à polir.
En haut, différents dispositifs pour percer, creuser ou polir au XVIIIe siècle.
Le grand commencement originel
Yin et yang dansant dans une agate (Indonésie). La glace et le feu, l’ombre et la lumière, le vide et le plein… effet obtenu d’un geste délié.
« Le Tao engendre l’Un
L’Un engendre le Deux
Le Deux engendre le Trois
Le Trois donna naissance aux Dix Mille Êtres
Les Dix Mille Êtres s’adossent au Yin
et serrent sur leur poitrine le Yang
L’harmonie naît au vide des souffles médians. »*
Lao Tseu
Pensée complexe dont j’essaie de suivre les méandres.
Une croix se dessine et flotte telle une apparition dans l’agate (Indonésie).
Le lapidaire comme le photographe ou le peintre saisit l’image et de sa main l’impose à l’esprit.
La montagne de la croix sacrée
Huile sur toile, 1875 (détail)
Thomas Moran (1837-1926)
Mount of the Holy Cross (Colorado) qu’avait photographié pour la première fois en 1873 William Henry Jackson (1843-1942).
Les deux artistes accompagnaient la mission géologique de Ferdinand Vandeveer Hayden (1829-1887) de 1871. Ces trois-là furent à l’origine de la création du premier parc national, celui du Yellowstone.
Art et géologie se recoupent.
Figure taillée en bas-relief comme pour un camée dans une moldavite.
La moldavite (de la Moldau pour les Allemands, ou Vlatvite, de la Vlatva pour les Tchèques) est une tectite (ou impactite), c’est-à-dire un verre d’impact dû à la chute d’un bolide de grande taille sur la Terre il y a 15 millions d’années.
Le travail du lapidaire est remarquable de finesse, jouant de la couleur, de la transparence, de l’épaisseur de la pierre pour modeler un visage empreint de noblesse. Bel exemple de glyptique.
Moldavite (ou vlatvite) de Bohème (République tchèque)
telle que le ciel et la terre nous l’ont donnée ! brute !
Cette pierre, quasi extra-terrestre, sans être une météorite mais le résultat de son impact, un métamorphisme de choc, se trouve en Bohème (région de České Budějovice), alors que l’astroblème (le Nördlinger Ries en Bavière) d’où elle a été éjectée se situe en Allemagne à 300 kms !
Agate paysage du Brésil, taillée à Idar-Oberstein en Allemagne. Vision panoramique, profondeur de champ, dans un technicolor éblouissant, on se projette dans un film de John Ford. Les vastes étendues entre Arizona et Utah, tout ça dans moins d’un millimètre d’épaisseur et dans la dimension d’une vignette (4 x 2,8cm).
« C’est un miroir merveilleux qui, à un moment donné,
a reçu l’empreinte et reflété l’image d’un grand spectacle…
la vitrification de notre planète. »,
George Sand
Agate paysage (Inde). Des inclusions d’oxydes et d’hydroxydes de fer et manganèse forment ce paysage fantasmé. Ce « dessin » (2,2 x 2cm) est produit de façon naturelle par la croissance fractale d’oxydes. La nature n’a pas de dessein, mais l’homme par son intention révèle l’œuvre. George Sand appréciait tout particulièrement les dendrites. A sa mémoire, c’est donc à un voyage au cœur du cristal que je vous invite ici.
Petite coupe en agate mousse (Inde)
La ‘mousse’ est due à des inclusions de chlorite, un silicate.
Travail particulièrement délicat qui montre toute l’habileté du lapidaire.
Photos coll. M. L.
* Le Tao-tö king, dont cette citation est extraite est un texte bien obscur pour nous, sujet à controverse. Me référant notamment à François Cheng, il peut s’interpréter ainsi : « Le Vide originel engendre le Souffle originel qui engendre les souffles vitaux, les principes complémentaires du Yin et du Yang s’associent au vide médian faisant naître l’ensemble de la Création. »
Notes :
- Toutes les pierres présentées sont entièrement naturelles, sans traitement (ni colorées artificiellement, ni traitées thermiquement), si ce n’est la taille et le polissage. La nature dans ce qu’elle a de plus beau et de plus secret. Si vous voulez en savoir davantage reportez-vous à la note suivante.
- Calcédoine, agate, cornaline sont en fait synonymes. On parlera d’agate pour des calcédoines colorées et rubanées (le terme de calcédoine étant souvent réservé pour les couleurs grise ou bleue, de cornaline pour une pierre d’un rouge-orangé, alors que la sardoine est brun-rouge, d’onyx pour une alternance de couches blanches et noires, chrysoprase pour la calcédoine verte… Finalement ce n’est qu’un code de couleurs pour une même matière, un quartz microcristallin. Si l’agate est translucide, le lapidaire doit se montrer extralucide. Connaissance, clairvoyance, il est en intelligence avec la matière. Quant au jaspe c’est un quartz microcristallin opaque associé à d’autres minéraux, des oxydes de fer notamment, qui lui donnent des couleurs souvent vives et variées comme dans l’héliotrope, ou jaspe sanguin, vert moucheté de rouge, ou le plasma, vert tacheté de jaune, la lydienne, charbonneuse, noire... C’est la pierre de touche des orfèvres. Des minéraux à aspect amorphe, de même composition (SiO2) et de même dureté (7) que le quartz qui cristallise dans le système rhomboédrique, formant des prismes hexagonaux avec une terminaison sommitale en pyramide à six cotés.
« Les pierres sont des maîtres muets »,
Johann Wolfgang von Goethe
Chaque pierre a son histoire sans paroles…
… il faut savoir écouter, le lapidaire est volubile.
Sur cet oxymore j’ajouterai que la goethite a été dédiée à Goethe (1749-1832) et que cet oxyde de fer se trouve souvent en fines inclusions. Dendrites et inclusions, tout un monde en soi que j’espère vous faire découvrir un jour…
Notes et légendes Lansardière Michel
Lapidaires et leurs tours à archet
“ Grinding gems –garnets, rubies, sapphires and moonstones,
at Ratnapora, Ceylon “
(« Le meulage des gemmes-grenats, rubis, saphirs et pierres de lune à Ratnapura », Sri Lanka, ca 1910).
Petits métiers d’art du coin de la rue…
Le procédé est archaïque, mais le résultat obtenu souvent spectaculaire.
Lien : "Le luxe, le goût, la science..." Neuber, orfèvre minéralogiste à la Cour de Saxe.
j'ai accepté de vous rejoidre, mais je ne communique que sur mon réseau arts et lettres ici
https://artsrtlettres.ning.com/
cordialement
Robert Paul
Il en vint à se croiser trois individus
Qui venaient de trois mondes bien différents :
Un fou, un sage et un comédien fort convaincus
D'être sur le bon chemin les conduisant !
Voilà le chemin du sage s'adressant au fou :
-" En voilà un qui part en guerre tout affublé !
Qui te gène donc que tu portes des armes,
Un clairon, un drapeau au vent agité
Et ta chanson qui me sort des larmes ? "
-" Eh bien ne vois-tu pas Ö sage aveugle le danger ?
Tes paroles vont-elles arrêter les armées,
Celles qui se préparent à nous ruiner ?
Alors je sonne l'alarme aux courageuses assemblées ! "
Quant au comédien tout sourire s'en allant de village en village,
Jouant tantôt le fou tantôt le sage,
Récitant des textes pour la circonstance,
Il agite des émois comme des drapeaux de tendre enfance !
Les voilà repartis, bien certains, chacun dans sa direction,
Prêchant aux foules leurs intimes sentiments.
Et à la question qui a tort qui a raison
Y voir que la vérité est au milieu bien souvent !