Cette semaine, 211 artistes Ixellois recevront une prime de 1.000 euros. 82 organisations culturelles bénéficieront elles d’un soutien financier de 1.500 euros. Le Collège du Bourgmestre et des Echevins d’Ixelles a validé l’octroi de ces primes pour donner un coup de pouce au secteur et pallier à leurs difficultés économiques en cette période difficile.
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Le passé et l’avenir faisaient route tout deux :
Le passé fort chargé de lourdes valises
Ahanait sur le chemin près de l’avenir capricieux ,
Lequel, sur des ” oeufs “ posait ses frêles béquilles !
- ” Pourquoi traînes tu de si lourds paquetages comme un âne bâté
Lui dit le second au regard aussi inquiet que ses quilles ? ”
- ” J’y ai mis toutes sortes de preuves pour avoir à justifier ,
Des papiers d’identité, mon adresse, tout un tas de broutilles ! ”
- ” Mais qui, à part toi, crois-tu que cela intéresse ?
Ces broutilles sont des brouillards de paresse ;
Mets le feu à ces caisses, tu t’en porteras mieux .
Vois comme je suis ” léger à marcher sur des oeufs ” ! ”
- ” Je ris à te voir car tu parais bien anxieux !
Ta légèreté que tu prétends comme un avenir radieux
Me semble comme mes valises pleines à craquer,
Porter les mêmes doutes que j’ai longtemps amassés ! ”
Prisonniers de leur pitoyable fardeau passé et à venir,
Les voilà qui tombent sur le présent en chemin.
Ce dernier n’a ni valise ni projet à entretenir
Mais de simples lunettes pour y voir de bon matin !
En marchant
je m’arrête souvent
j’écris des mots
sur les nuages
leur trace s’efface
avec le vent
Voici le partage d'un poème. Merci d'avance pour vos commentaires, réactions, questions, avis... Il est extrait d'un de mes recueil, qui porte le même nom que ce titre.
S’aimer à tout vent
Donner tout pour parler de soi,
Dans un froufrou et ivre de joie,
Sous forme d’un dessin à desseins.
Se révéler, tel un bourdon à un essaim…
Pourquoi est-ce si compliqué
De si simplement pouvoir se livrer ?
On m’a dit d’abord : « Aime-toi »
J’ai viré la haine et je t’ai regardé, toi…
Me rassurer par vos conseils, vos voix,
Car mon intérieur restait coi.
A tout prix trouver des maudits modèles
Pour ne pas devoir se montrer tel quel !
A chaque nouvel échec, se détruire l’esprit,
Et crier de toute son âme : A mort la vie !
Observer des reliques se nourrir et pourrir,
Et rendre sa vie et son cœur à mourir…
Alors, au plus bas, tes mots viennent, me réjouissent,
Ma main gauche inspirée, s’anime, le crayon crisse.
Elle a retrouvé le nostalgique chemin
Que tout petit j’employais déjà avec entrain.
Mais difficile est le partage, semer reste incompris.
Les amis, qui soutiennent, eux, n’ont pas de prix.
Il y aurait tant de « Merci » à offrir au vent,
Car s’aimer, voir naître et se multiplier le vivant :
Sérénité dans l’amour, le moi n’est pas oublié !
Chaque petite fleur amie aide à démarrer !
Une première étape pour une réconciliation
Reçue de la graine première, un don si bon !
L’ouverture des pétales par l’art à amener la beauté,
A se dessiner dans un clair-obscur pour exister.
En redevance, un immense besoin d’affection,
Une sensibilité qui a besoin d’une révélation.
Ma chrysalide émet son cri : « Tuez-moi » !
La Mue et la muse fondent en émois,
Eclatement de la gangue qui me maintenait triste,
Naissance de l’art guérisseur comme piste.
Mais l’écorché vif que je suis a une famille,
Pré fleuri, semant tant de couleurs dans ma vie,
Eclore cet intérieur qui se terrait depuis des années,
Tel un nouveau-né, mais émotionnellement liquéfié.
Naissance accompagnée d’émotions et de visions…
Se reconnaître dans des amitiés accomplit le don !
Myriades de fleurs, baume pour un cœur abîmé,
Ca y est mon féminin intérieur peut se révéler !
Source des Cévennes où l’inspiration coule à flot,
Avec ma muse, ma fée, mon ange, et mon alter ego !
La découverte se vit, un yin et yang qui résonne,
Dans un trip en poésie, un edelweiss et Dickinson…
S’aimer à tout vent est unique et bouleversant.
Être une petite fleur qui chante au milieu de l’océan,
Une aventure à planter en vous si vous le voulez,
Une croissance si belle à observer…
Promis, vous êtes aimés.
Avancer vers l'inconnu
Est la vie de chacun
Tout ce qu'on a pas vu
Découvrons notre chemin
A travers les obstacles
Il ne faut pas renoncer
C'est la preuve d'un miracle
Se battre et recommencer
Fuir ne sert à rien
Continuer dans sa lancée
Imaginons que le bien
Dans un monde coloré
Admire autour de toi
Ecoute les oiseaux chanter
Garde toujours la foi
C'est la force et la liberté
Emma Henriot
Selon ce mot inventé par Jean Lurçat, il est nécessaire en ces temps difficiles de porter attention à l'autre.
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Cordialisez.
Deux génies s'en allaient cahin-caha,
Bien côte à côte et de tout temps,
Tels des frères se tenant par le bras,
Comme les familles en pondent souvent.
Ah les garnements, des frères, oui,
Mais aux visions bien différentes !
L'un bon comme le pain béni,
L'autre cruel tel une épée tranchante
- Pourquoi es tu si dur dit le bienfaisant,
- Les hommes ont besoin d'amour ?
- J'aime qu'il se haïssent toujours !
- Ils veulent de l'amitié ?
- J'aime les en priver !
- Ils veulent la paix, la tranquillité ?
- Je leur offre la guerre pour sérénité !
- Ils veulent gagner leur vie honorablement ?
- J'en fais des menteurs en les affamant !
- Ils aiment la chaleur d'un foyer ?
- Je veille aussi à le brûler !
Et nos deux génies n'en finissent pas de parler
Débattant sur nos désirs profonds.
L'un déversant pitié, amour de l'humanité,
L'autre pourfendant ses ridicules questions ...
Car cela m'a touché. Profondément. Troublé. Quand celle ou si celui auquel le cœur vous lie se retrouve au tapis grâce aux lois du marché - celui dont on nous dit que sans lui tout s'écroule - …
Lorsqu'on voit un enfant enfermé et taulard d'un emploi salvateur, cadeau du Capital redevable de tout, qu'un jour on le dégage à quoi bon, dites-moi, croire à la tromperie
du fric et du bizniss, ces géants prétentieux ?
Nos enfants au travail ne sont pas, excusez, simplement des données, variables comme on dit d'ajustement. Horreur ! La valeur du travail se réduit à néant, cent lieues de ce à quoi nous avons souhaité éveiller nos enfants.
Merde, trois fois merde et même plus. La vie ce n'est pas ça et ne pourra plus l'être. Je m'insurge puis le crie comme tant de millions de femmes, d'hommes et d'enfants.
Oh oui, toi notre enfant, tu mérites bien plus que le mépris du fric, illusion d'un bonheur.
"Nihilisme ambiant
Consumérisme environnant
Tendance sans révolution
Mais bien plus abnégation
Mode de vie aux tendances
Indigne de nous !
Nulle île
Sans fruit
Ni passion
L'horizon
Faux ..."
Écriture prompte
ED - 11.2020
“HIER, J’AVAIS 20 ANS” L’émission d’une douce nostalgie
Les auditeurs exigent un temps d’antenne au jour le jour
https://www.youtube.com/watch?v=wgnJznHIZGE
Bonjour mes ami(e)s ! Je vous espère bien vous et vos proches.
Nostalgique du temps qui passe, il avait fait sien le refrain d’«El Barrah[1]» de feu El Hachemi Guerouabi[2] (1938-2006) comme s’il voulait figer le temps à l’aide du poème d’Alphonse de Lamartine (1790-1869) : « Ô temps suspend ton vol » sur l’autre ritournelle d’«Hier j’avais 20 ans ! » de Charles Aznavour (1924-2018). Si tant, qu’il en avait fait le jingle de son émission, où les premières notes auguraient de l’incontournable rendez-vous des nostalgiques des années 1960-1970. Sur ce point, « Can » ! Puisque c’est de lui qu’il s’agît, aurait crée le club des fans de « Salut les copains » (S.L.C) pour les intimes de l’époque bénie des sixties et où chaque jeune « croulant » y trouvait son « gusto » (plaisir) par la voix de son idole préférée. A cet égard, l’animateur Ahmed Chellaoua ou plutôt le « Can » si célèbre par son logo d’animateur à la radio d’Alger Chaîne 3, avait eu l’idée lumineuse d’illuminer l’existence de celles et de ceux qui s’accrochaient aux souvenirs de leurs tendres 20 ans à l’aide des « voix éternelles et célèbres » qu’il a légué à la postérité. Pour ma part, j’ai connu l’homme du temps où il dressait des portraits d’artistes dans l’émission « Qahwa Oulataï » (Café thé) aux côtés de Sid-Ali Driss. Mais maintenant qu’il n’est plus de ce monde, je garde de l’homme qu’il était, le souvenir d’un être accessible et amène à souhait. Qu’il repose en paix l’artiste des ondes qui, tout comme Michel Fugain, n’a pas eu le temps qu’il voulait pour mener à bien ses projets. Et des projets, « Can » en avait à en revendre. A ce propos, voilà ce que j’ai écrit en hommage à « Can » du temps où il était au firmament des ondes. Qu’il repose en paix et que Dieu apaise la douleur de son épouse, de ses enfants et de ses proches, dont la famille de la Radio. Alger, Louhal Nourreddine le 15 Novembre 2020. Bonne journée et excellente journée.
[1] « El Barah » qui signifie (Hier) est un texte et une composition musicale (1970) de Safar Bati Mohamed El Mahboub dit Mahboub Bati (1919-2000).
[2] El Hachemi Guerouabi dit « le Rossignol » est un chanteur Châabi (Populaire) né le 6 janvier 1938 dans le quartier d'El Mouradia (ex-Le Golfe) et a grandi a « Diar El Babor » (maison en forme de bateau) au quartier de Belouizdad (ex Belcourt), et mort le 17 juillet 2006 à Zéralda.
se sont invités au bal masqué. Ils ont profité du moment que j’avais choisi pour hiberner, au beau milieu des bois. La balade contée « Arbres & Sens » m’avait mise sur la piste. L’endroit serait propice pour un retour à soi, loin de tous, loin des médias, loin de tout. J’allais enfin pouvoir prendre soin de moi, et des autres, en laissant les mots se frayer leur chemin.
À chaque détour d’une sente, ils sautillaient de joie et ne savaient où se poser, des fougères aux nuances tigrées, aux feuilles des arbres leur offrant une mosaïque de couleurs des plus variées. Un gros tronc qui avait eu la tête tranchée, réincarné en conifère, profitait de sa force pour grandir. D’autres troncs arrachés, à moitié recouverts de mousse, étaient devenus le gîte d’une famille entière de champignons. Ceux-ci s’amusaient, pour l’occasion, à revêtir toutes sortes de chapeaux, de toutes les tailles et formes. Les uns se camouflaient parmi les feuilles, les autres, au contraire, aimaient se faire remarquer en se parant de chapeaux de couleur orangés vifs, certains même rouges à pois blancs ! Sur d’autres encore, on aurait dit que les premiers flocons venaient de s’y poser. C’était un bal où chaque espèce végétale offrait aux mots leur plus belle palette de couleurs automnales. Certains arbres étaient chaussés de mousse, assortis parfois à leurs chaussettes, d’autres de lierre.
Entre les sentiers, les chemins feuillus, caillouteux, boueux, labourés par les sangliers ou encore bétonneux, chaque bifurcation en T offrait aux mots une occasion rêvée pour imaginer des fantômes qu’ils espéraient voir surgir de derrière l’obscurité des forêts de conifères, ou ce qui leur donnait l’eau à la bouche, les emmenant vers des infusions fruitées et boisées. Tout était prétexte pour s’évader. L’objectif était atteint.
Les mots aimaient se glisser sur l’eau des ruisseaux ou parfois, suivaient le courant de la rivière. Même les gouttelettes de pluie, en se posant sur les mots, avaient un effet apaisant et venaient en masser chaque syllabe. Par moments, ils s’accrochaient aux feuilles, pour virevolter avec elles jusqu’à se poser par terre. Ils adoraient la légèreté de cette danse. Plus loin, ils se laissaient bercer par les cris des oiseaux, résonnant dans ces grands espaces qui invitent à la contemplation. Tous leurs sens étaient en éveil dans cette immersion totale. Le soleil accentuait les couleurs, quelles qu’elles soient, du jaune au rouge, en passant par le vert, et invitait le peintre à reproduire leurs teintes rendues chatoyantes, par les rayons lumineux.
Comme une chenille, chaque mot s’accrochait à l’autre pour venir se poser sur une feuille et chaque feuille s’assemblait pour offrir à celui qui passera par ici les bienfaits du bain de forêt par le biais de l’écriture.
LA NATURE DANS LA FORME ET LA LUMIÈRE : LA VISION DE LUCILE VAN HERCK
L’ESPACE ART GALLERY (83, Rue de Laeken, 1000 Bruxelles) qui fête ses quinze ans d’existence, a inauguré l’année 2020 par une exposition tenue le jeudi 09 janvier, consacrée à l’œuvre du peintre belge, Madame LUCILE VAN HERCK, intitulée : RÉVÉRENCE AU RÈGNE VÉGÈTAL.
L’œuvre de LUCILE VAN HERCK résulte d’un mariage mystique entre la matière picturale et la Nature vivante dont elle s’inspire. Ou, pour mieux dire, qu’elle réinterprète dans une surcharge d’éléments polymorphes, l’origine de formes inconnues dont seule la tonalité chromatique indique la provenance tellurique. Car c’est bien les fruits de la terre que l’artiste célèbre. Les tonalités usitées sont, globalement, le vert, le jaune, le brun et le rouge. Tout ce qui rappelle la feuille aux différents stades de son existence. Le brun (en dégradés) est associé à l’écorce de l’arbre. La matière, travaillée au couteau, accentue la consistance de l’écorce. Le fruit de la Nature et la main de l’artiste sont à l’unisson. Mais il ne s’agit pas d’une simple approche de la peinture avec la Nature dans sa représentation. Il y a de la part de l’artiste une volonté interprétative, notamment dans DIVAGATION.
DAVAGATION (94 x 73 cm-huile sur toile)
Cette œuvre offre un univers d’aperceptions s’imprimant sur la persistance rétinienne, jusqu’à évoquer un vocabulaire technique proche de l’abstrait.
GRAND MAȊTRE (100 x 80 cm-huile sur toile)
Cette oeuvre accuse une volonté figurative dans la représentation du sujet, campé en son milieu (lequel prend sa source à partir de l’avant-plan de la toile) dont la cime est occultée par les limites de l'espace pictural. Le tronc domine la composition par son volume en offrant un arrière-plan sur lequel se profile un ersatz de paysage forestier, traité de façon schématique : quatre zones chromatiques composées de vert foncé (à l’avant-plan), de vert clair annonçant le plan médian qu’une forte note brune prolonge, sur la droite. Une quatrième zone bleue se profile, rapidement rejointe par le brun et le vert clair, sur la gauche. En réalité, il s’agit de deux espaces divisés par la masse imposante du tronc de l’arbre. L’arrière-plan s’inscrit dans une série de minuscules trouées laissant transparaître le bleu du ciel. L’écorce de l’arbre est soulignée par un minutieux travail au couteau.
L’ensemble de l’œuvre baigne dans une brillance faisant ressortir chaque élément. Ce qui s’avère être une constante que nous retrouvons sur la presque totalité de l’œuvre exposée.
En réalité, l’artiste nous propose deux écritures picturales : une écriture que nous pourrions qualifier de « fluide» et une deuxième plus « rugueuse ». Les deux étant reliées par un dénominateur commun, à savoir une vision inconditionnelle de la Nature.
C’est à partir de photographies que l’artiste travaille en les réinterprétant, guidée par la puissance de ses émotions. Il y a (comme nous l’avons spécifié plus haut), deux écritures, autant « fluide » que « rugueuse » dans l’expression de son rendu par rapport à la matérialité, voire la corporalité de la Nature. Dans le premier cas (la fluidité), il s’agit d’une Nature carrément en éclosion, tout en douceur, personnifiée par L’ÉTÉ.
L'ETE (100 x 73 cm-huile sur toile)
Cette oeuvre se perpétue dans FLAMBOIEMENT, montrant un feu de brindilles.
FLAMBOIEMENT (100 x 73 cm-huile sur toile)
La toile se divise sur deux niveaux : la partie inférieure (avant-plan) composée des cendres du bois et la partie supérieure représentant les flammes ravageant. Une zone blanche dans la partie centrale de la toile assure la transition entre les deux étapes. Il s’agit d’un feu, non pas de destruction mais bien traduisant une pulsion de vie, laquelle se trouve au centre de l’émotion à l’origine du geste créateur de l’artiste. Bien qu’il s’agisse d’un univers de fureur, l’atmosphère demeure apaisée par le traitement de la lumière apportée à la composition. Sans doute est-ce dû à la zone noire de l’avant-plan, atténuant considérablement l’impact pulsionnel exprimé par le feu. On la retrouve d’ailleurs, parsemée sur les six petites zones formant l’arrière-plan. C’est un peu comme si cette haute note noire contenait en elle-même ce qui impulse la dynamique au tableau. Nous retrouvons d’ailleurs cela dans ÉTÉ (mentionné plus haut), où cette même note noire, à l’arrière-plan, met en exergue les couleurs vives de la végétation baignée de soleil avec néanmoins, une saveur douce et nocturne.
Une deuxième écriture picturale, essentiellement « rugueuse », exprime la corporalité des choses. Une corporalité, entre brut et abstrait, laissant libre cours à des aperceptions réveillant l’imaginaire du visiteur.
Des aperceptions manifestes parcourent ESPOIR (92 x 63 cm-huile sur toile).
Il s’agit d’une étendue d’eau gelée illuminée par le soleil. L’artiste a utilisé du vernis de retouche sur l’huile dans un but de protection.
Sont-ce des oiseaux aux ailes déployées, rayonnant dans le haut de la composition? Nous retrouvons cet univers magique qui illumine l’ensemble de l’œuvre.
Une surprise nous attend avec ÉVASION (100 x 70 cm-huile sur toile)
Nous nous trouvons à la charnière entre deux étapes : une étape s’inscrivant dans la corporalité affichée de la deuxième écriture, à peine décrite : la conception du ciel entre crépuscule, nuages et résidus de ciel bleu. Associée au souvenir de la note noire lisse, à l’avant-plan, assurant calme et stabilité dans l’équilibre de l’œuvre. Un côté « surréaliste » baigne le tableau. Mais à y regarder de près, l’œuvre participe de l’ombre chinoise. Car elle semble conçue à contre-jour.
La peinture de LUCILE VAN HERCK témoigne d’un rapport mystique avec la Nature. Un rapport qui se concentre, comme le précise l’intitulé de l’exposition, sur l’élément végétal et l’on perçoit l’empreinte d’une communion entre elle-même et l’élément naturel qu’elle projette sur la toile. Cet amour se retrouve surtout dans les couleurs qu’elle apporte à la forme. Comme signalé plus haut, le point de départ est une photographie, à partir de laquelle la forme se crée tout en se déployant sur l’étendue de la toile, d’où la présence de nombreuses aperceptions ressenties par le visiteur. Dès son enfance, l’artiste a pratiqué le dessin. Elle a ensuite fréquenté l’école Maurice Quentin de la Tour à Saint Quentin, se spécialisant dans le pastel avant de rompre avec l’enseignement académique. Foncièrement indépendante, c'est-à-dire autodidacte, elle a très vite divorcé de l’académie pour trouver sa propre voie. L’artiste peint à l’huile. Dans son parcours artistique elle a également réalisé des portraits. LUCILE VAN HERCK associe forme et couleur dans un long chant bucolique qui flambe en mille illuminations dans l’imaginaire du visiteur.
Collection "Belles signatures" © 2020 Robert Paul
N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste LUCILE VAN HERCK et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
Photos de l'exposition de LUCILE VAN HERCK à l' ESPACE ART GALLERY
Ferme les yeux mon beau poète
Ferme les yeux pour oublier
Cette injustice qui t'a puni
Pour tes poèmes de génie
Tu n'as pas le droit de penser
On t'a privé de rêver
On t'interdit de t'exprimer
Continue de respirer
Qui sera le gagnant?
Mais c'est toi mon prisonnier
Même en te torturant
Tu ne changeras pas tes idées
GILLES BEYER DE RYKE : HORIZONTALITÉ ET VERTICALITÉ, DEUX AXES D’UN MÊME SIÈCLE.
Du 02-10 au 31-10-20, l’ESPACE ART GALLERY (83, Rue de Laeken, 1000 Bruxelles) a eu le plaisir de vous présenter de vous présenter l’œuvre du peintre belge, Monsieur GILLES BEYER DE RYKE, intitulée : VUE SUR LE 21ème SIÈCLE.
Le titre de cette exposition, même s’il est inconsciemment entré dans les mœurs, comporte une particularité pour le moins intrigante : on ignore s’il est envisagé a priori ou a posteriori. Le 21ème siècle n’a que vingt ans d’ancienneté. Or, pour qu’il y ait une vue pertinente sur un siècle, il faudrait qu’il soit, sinon derrière nous, du moins en être arrivé à la moitié. Cette vision, décidément a posteriori n’est pas récente, elle est déjà ancienne d’une dizaine d’années. Que l’on nous comprenne bien, ceci n’est pas un reproche mais une constatation.
En ce qui concerne GILLES BEYER DE RYKE, cette vision est sciemment calquée sur le moment présent du siècle. C’est sous la forme d’un florilège stylistique renfermant des expériences expressionnistes, métaphysiques mais aussi cubistes que l’artiste affirme son regard sur le siècle courant. Pour renforcer son écriture picturale, une forme involontaire de « cinétisme cubiste » s’affirme dans une uniformité axée sur une verticalité que sous-tend une savante dimension perspectiviste, témoignant d’une extrême connaissance de la peinture classique. Mais également une horizontalité, laquelle se retrouve dans des œuvres témoignant d’une aura mélancolique. Les œuvres se divisent en toiles isolées ainsi qu’en diptyques et en triptyques. Chacune d’elles se développe spatialement à l’intérieur de ses proportions.
Envisageons ce triptyque : OUVERTURE (92 x 32 cm-huile sur toile x 3)
Chaque panneau est pleinement centré sur une section de la scène pour former une entité. Cette fenêtre ouverte sur le littoral (panneau de droite) est construite sur un jeu de perspectives fort intéressant qui trouve son élan à partir de son bord, bien avant que l’œil n’atteigne la fenêtre en tant qu’élément physiquement tangible. L’artiste avance étape par étape. Le rebord s’inscrit à la fois chromatiquement et spatialement à l’intérieur du module du quadrilatère. Il remplace la fonction du cadre. L’on s’en aperçoit en regardant les quatre coins du tableau soulignés par un fort trait noir.
Les bords de ce cadre sont scandés par l’orange du rebord de la fenêtre et le rouge foncé des parois latérale et supérieure du cadre faisant office de mur portant. La fonction des couleurs est celle d’accentuer les effets de perspective : l’orange du rebord amène le regard vers le vert du chambranle, lequel conduit vers le jaune du sable, avant d’atteindre le paysage marin.
Au-delà de la fenêtre, s’ouvre une scène formée par quatre zones chromatiques initiales : le jaune de la plage, le bleu (en dégradés) de la mer, alternant avec le bleu foncé du ciel (dont le reflet s’amorce tout en devenant plus clair à partir du panneau de droite). D’autres couleurs émergent discrètement. Les édifices, de taille variable, varient de l’orage au vert, en passant par le bleu (le premier édifice que la fenêtre ouverte du panneau de droite annonce). Un « champ » d’immeubles, au loin parsemés, confèrent à l’ensemble, un rythme des plus intéressants. Essaimés vers l’arrière-plan, leur hauteur épouse les dépressions du terrain.
TERRE DES HOMMES (70 x 50 cm-huile sur toile)
Il y a aussi une volonté expressionniste dans l’œuvre de l’artiste. Le titre de ce tableau, agencé avec la vision délibérément expressionniste du rendu graphique, font que cette mégapole prend des allures menaçantes. Qu’est-ce qui rend ce graphisme si expressionniste? Essentiellement le choc de deux couleurs rageusement vives, à savoir le rouge et le jaune des immeubles, conçus comme des sortes de crayons au garde-à-vous, enveloppés par la chape noire du ciel, lequel occupe l’espace extrêmement réduit du coin droit supérieur de la toile. Ce vocabulaire expressionniste rend compte d’une vision pessimiste de l’humanité, sinon future du moins actuelle. La présence de l’édifice se déployant de tout son long, traduit le rejet par l’artiste de l’uniformité culturelle ambiante.
Comme nous l’avons évoqué plus haut, GILLES BEYER DE RYKE est à la croisée de plusieurs styles, forgeant son écriture picturale : l’expressionnisme dicté par l’influence d’Egon Schiele et mais aussi par le symbolisme de Léon Spilliaert ainsi que de l’art métaphysique de Giorgio de Chirico. Sans parler de ses rendus cubistes exprimés de façon cinétique. Mais que l’on ne se méprenne pas, il ne s’agit en rien d’un cubisme et d’un cinétisme volontaires. Le cubisme en tant que tel ne l’a jamais véritablement influencé. Il en va de même en ce qui concerne le cinétisme. Ces deux styles ne sont que le résultat d’une mathématique engendrée par sa maîtrise de la perspective, laquelle demeure toute personnelle, en ce sens qu’en aucun cas elle ne pourrait être comparée avec celle de la Renaissance italienne.
Il s’agit d’une vue contemporaine revisitant dans un langage contemporain une convention à la fois humaniste et picturale datant du 16ème siècle.
Parmi les références picturales de l’artiste, nous avons, entre autre, signalé le peintre autrichien Egon Schiele. Affranchi de l’influence de Klimt, Schiele apportera une révolution personnelle à la symbolique du corps humain. Il le peindra meurtri et malingre, mettant en parallèle la déliquescence corporelle avec la décadence de la bourgeoisie de l’époque. Outre les élongations et déformations physiques, le chromatisme appuiera cette mise en scène de la décadence psycho-physique par des teintes lugubres, telles que le noir ou le violet.
GILBERT BEYER DE RYKE reprend cette esthétique en l’adaptant non pas aux corps humain mais au corps urbain, en présentant les gratte-ciels comme de longs corps malades, dont l’élévation se termine de manière effilochée, presque filiforme. L’état de pourrissement du corps se transforme en une sombre pathologie urbaine et lugubre.
L’ARC DE TRIOMPHE (92 x 33 cm-huile sur toile)
Ce diptyque aux couleurs ternes est censé glorifier l’arc de la victoire présent sur le bas du panneau de droite. Sa présence est timide, insignifiante. Il croule sous les édifices squelettiques, en élévation. L’œuvre est bi-chromée : noir et gris, alternant avec le blanc qui recouvre les toits. On peut y voir une « parabole » picturale de l’image du « Triomphe ». Image flamboyante dans son symbolisme mais altérée par la dimension squelettique (mortifère) des édifices, comme un crachat lancé au visage d’une beauté défunte. Notons qu’avant de se consacrer à l’univers urbanistique, l’artiste s’était concentré sur le corps humain en tant qu’expression des tensions humaines.
ESTACADE DE NIEUPORT (100 x 66 cm-huile sur toile)
Cette oeuvre traduit la forte influence de Spilliaert. Cette estacade, laquelle de l’avant-plan, traverse l’espace jusqu’au plan moyen de la toile pour se jeter dans la mer, se déploie dans une continuité chromatique faite de couleurs à la fois tendres et ternes qui incitent à la mélancolie. L’association de deux verts (avant-plan et plan moyen) annonce le bleu foncé du large se confondant avec l’horizon, signifié par une zone blanche se déployant horizontalement sur tout l’espace. Le ciel maussade se signale par un contraste entre une zone brune et une zone noire annonçant la nuit.
L’estacade est une longue succession de notes blanches, marron et noires, composant avec le mur en briques bleu-foncé, réalisé en damier, situé en contrebas, sur la gauche. L’ensemble se déclame comme une longue composition cinétique qui apprivoise et emporte le regard. La présence du phare, au loin, terminant la digue est une longue ligne verticale, conçue comme un point de repère, indissociable de la plupart des œuvres marines de Spilliaert. Même si l’artiste l’a peint parce qu’il se trouvait là au moment où il l’a peint, la présence du phare, en tant que point de repère, est une constante dans les marines de Spilliaert. Une lueur au cœur de la nuit.
DIGUE DE NIEUPORT (98 x 97 cm-huile sur toile)
Nous propose un discours similaire dans une esthétique contemporaine. Ce qui interpelle le visiteur c’est (outre la beauté des couleurs, engendrant une mélancolie sincère) la puissance visuelle de la droite, partant de l’avant-plan pour se perdre au loin, dans un point que l’œil n’arrive plus à atteindre. Cette droite, réalisée en brun-clair, est une piste sur laquelle se réfléchissent les ombres des bâtiments, exceptionnellement conçus en dimensions réduites afin de ne pas l’emporter sur la puissance picturale de la droite, rendue inatteignable.
Nous nous trouvons avec ces deux dernières œuvres, dans une « temporalité » horizontale. Car il s’agit d’un temps de mélancolie, propice à la méditation, laquelle est engendrée à la fois par la scansion des couleurs, à la fois sombres et tendres, mais aussi par cette ligne droite partant de l’avant-plan et s’arrêtant là où l’œil n’a plus prise sur le temps.
DEUX SOUVENIRS (70 x 60 cm-huile sur toile) Nous sommes à la charnière entre la dimension mystique intemporelle, chère à de Chirico et l’écriture personnelle de l’artiste. La structure en pierre, enveloppante entourant la statue équestre à laquelle font face les deux personnages, traduit l’influence du peintre italien. Les lignes droites faisant office de plages de couleurs horizontales, mettent en exergue l’écriture de l’artiste. Le chromatisme de la structure en pierres reste fidèle à l’esthétique de Giorgio de Chirico.
ENTRE DEUX MONDES (100 x 66 cm-huile sur toile)
Dans une écriture décidément contemporaine, l’association entre l’influence séculaire arabo-muslmane traduite par les fenêtres, à l’avant-plan, donnant sur une section de la métropole, géométrique à outrance et déshumanisée, forme un contraste saisissant entre la sécularité culturelle présentée comme l’image d’un passé, révolu dans sa mélancolie poétique et la classification géométrique de l’urbanisme contemporain, ressenti comme l’harmonisation forcée d’un chaos. Il y a dans cette œuvre, l’image d’un dualisme délicatement obsédant qui cherche une issue.
RUE DE LA LOI (70 x 50 cm-huile sur toile x 2)
A’ l’immense surprise du visiteur, cette œuvre, construite sur deux panneaux se présente comme un jeu de perspectives, aux allures de trompe-l’œil. L’artiste propose faussement deux vues de la ville : une en plan, montrant des gratte-ciels (panneau supérieur). L’autre, en plongée, axée sur un angle créant l’impression (au sens pictural du terme) d’un vertige (panneau inférieur). Ces deux panneaux produisent un effet « en contrepoint » en la présence de deux verticalités distinctes, l’une visuellement opposée à l’autre, créant ainsi une opposition visuelle entre deux dynamiques, à l’origine d’un trouble cognitif. L’erreur que pourrait commettre le visiteur à l’approche de cette œuvre, serait de considérer sa lecture en partant du haut pour atteindre le bas, voire de ne faire aucune distinction entre les deux panneaux en les considérant comme deux instantanés d’une même réalité urbaine. En réalité, il faut considérer cette œuvre comme une étude sur la genèse de la verticalité, présentée ici dans son élan carrément gothique, jusqu’à atteindre le point culminant de son élévation. C’est à partir du panneau inférieur que tout commence l’ascension. A’ partir de différents points dans l’espace, sortent en verticalité des gratte-ciels, lesquels partant du plan moyen, s’élèvent en flèche jusqu’à atteindre le bord du panneau supérieur. Celui-ci les reprend dans une perspective nouvelle pour porter leur verticalité à son terme. Le panneau inférieur témoigne d’une splendide conception de la perspective, usitée comme une focale pour concevoir un cliché photographique.
Elle se poursuit dans le splendide « quadrillé » formé par les fenêtres de l’édifice (dont on ne voit qu’une section), à l’avant-plan. Le côté « réticulaire » des carrés piège la lumière réfléchie par le ciel. Axée sur une plongée, observez l’excellente disposition des voitures dont le débit s’écoule sur des files de trois lignes. Les passants, marchant sur le trottoir, ne sont que des points à peine perceptibles que l’œil distingue à peine.
Nous avons, à l’instar de TERRE DES HOMMES (cité plus haut), affaire à une parabole contemporaine : l’Homme conditionné, écrasé sous le poids de la mégapole.
Les couleurs (vert-clair/foncé, bleu (clair/foncé), jaune, blanc et noir) contribuent à augmenter la perspective de l’œuvre.
Les vues sur ce 21ème siècle (somme toute) débutant sont des « instantanés » reprenant des problématiques (pour le moment) majeures qui le structurent, sur lequel l’artiste se pose, comme il le spécifie lui-même en « augure ». Au-delà d’une vue parfois pessimiste (TERRE DES HOMMES), il accompagne la vision de ce siècle d’une aura de rêve, comme pour lui faire entrevoir, in fine, la possibilité d’un sauvetage moral. A’ partir d’une perspective essentiellement personnelle, l’artiste engage un dialogue humaniste avec son époque.
GILLES BEYER DE RYKE a une formation académique. Il a fait ses études à l’Académie Royale de Bruxelles ainsi qu’à L’Académie d’Uccle. A’ partir de son écriture picturale actuelle, il estime avoir encore beaucoup de choses à explorer dans ce domaine. Sa technique est essentiellement basée sur l’huile.
Comme nous l’avons précisé plus haut, avant d’aborder cette vision de l’humanité, il était axé sur le corps humain, exprimé en tant que réceptacle des tensions humaines. Ce passage entre le corps et la ville se traduit dans une dialectique composée de lignes horizontales, tournées vers l’élévation et verticales, visant un infini inatteignable, mettant en exergue le tréfonds de l’humain dans l’expression la plus vivante de sa condition.
Une publication
Arts
et Lettres
Collection "Belles signatures" © 2020 Robert Paul
N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
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A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste GILLES BEYER DE RYKE et François Speranza : interview (masquée !) et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles.
Photos de l'exposition de GILLES BEYER DE RYKE à l' ESPACE ART GALLERY
Du 02-10 au 31-10-20, l’ESPACE ART GALLERY (83, Rue de Laeken, Bruxelles 1000) a le plaisir de vous présenter une exposition consacrée au peintre français, Monsieur OMER AMBLAS, intitulée : DEVOIR DE MÉMOIRES.
Quelles sont les constantes entre un paysage et un visage humain? Le visage, à l’instar du paysage est un terrain perméable aux émotions car il s’imprime sur l’autre dans les expressions variables d’un état d’âme. Et qu’est-ce qu’un état d’âme sinon l’expression d’un vécu ressenti dans sa réalité immédiate?
Tels des paysages, les visages d’OMER AMBLAS présentent souvent des régions aux anfractuosités telluriques rappelant les stigmates d’une âme qui interroge ses états progressifs dans sa finalité créatrice.
Le visiteur le remarque au premier regard. Quel que soit le format des toiles exposées, le thème de prédilection de cet artiste est le visage humain. Un visage modelé selon sa volonté en lui conférant une dimension hyperbolique, à la charnière entre peinture et sculpture, concrétisée par la présence du masque. Le volume du visage s’enserre dans le module du cercle. Et l’élément qui confère la ligne de force au faciès est l’élaboration du nez, conçu comme une arête fine, scindant le visage en deux parties distinctes. Les yeux et la bouche ne sont que délicatement esquissés. Un trait, tout aussi léger, souligne la circonférence du visage incluant le nez dans toute sa longueur ainsi que les yeux et la bouche sommairement exprimés. Remarquons qu’à aucun moment la représentation du personnage ne varie tant dans son attitude que dans ses attributs. Néanmoins, le jeu du traitement chromatique impose sa force sur la viabilité de la composition, rendant cette immuabilité identitaire extrêmement parlante et dynamique. L’autre élément contribuant à dynamiser l’œuvre de l’artiste est la matière étalée au couteau sur la toile, laquelle laboure littéralement la surface, accentuant ainsi la présence des chairs, à l’origine d’une forte sensualité plastique. Les couleurs, généralement très vives, accentuent la vitalité de l’œuvre. Y a-t-il une symbolique dans la conception des visages? Force est de constater que nous nous trouvons face à une sphère reposant sur un cou faisant office de socle. La dimension sphérique du crâne n’est pas sans rappeler celle du globe terrestre. Campé au centre de la toile, il surgit de l’arrière-plan, généralement monochromatique, tel un astre.
De plus, sa conception sphérique fait qu’il est comme propulsé vers l’avant, comme s’il voulait sortir de l’espace scénique.
L’artiste traduit ses états d’âme. Cela se remarque par la présence de coups de brosse, étalés sur la surface, « effaçant » presque les éléments caractérisant le visage, tels que les yeux et la bouche. Cette sorte d’ « effacement » se poursuit au tréfonds de l’identité de ses personnages. Certains d’entre eux sont censés être des femmes. Mais aucun indice concernant le genre ne transparait à l’œil. Les seules indications apparaissent dans les titres. Force est de constater que l’artiste a créé des personnages (pour le moins) asexués.
Situés sur deux niveaux, le premier espace de la galerie propose des œuvres de grandes dimensions. Elles se caractérisent par une série de visages labourés, presque à outrance, par un passage répété par la brosse et le couteau. Les « éléments » se retrouvent dans sa peinture : la terre, ou plus exactement, le sol terreux sont consubstantiels à l’expression de ses états d’âme. L’artiste les expose dans un mariage mystique, triomphant à l’intérieur d’un Moi tout en nuances. Que se soit dans les petites dimensions comme dans les grandes, nous retrouvons la même esthétique. Néanmoins, les grandes dimensions offrent de par leur espace, l’opportunité d’un plus grand développement graphique.
Les états d’âme de l’artiste passent de phase en phase. D’un visage net de supplément de matière, le rendant totalement discernable, OMER AMBLAS passe progressivement vers un visage aux accents tourmentés.
JASE (80 x 80 cm-technique mixte)
Cette oeuvre nous propose un crâne à l’aspect d’une planète posé sur un cou lui servant de socle. L’expression est, sinon « heureuse », du moins « sereine ». Rien ne laisse entrevoir l’émergence d’une passion. Mais au fur et à mesure que le visiteur avance à l’intérieur de l’exposition, l’atmosphère devient plus dense. Observons qu’à aucun moment elle ne devient tendue. Elle prend simplement des accents plus « sérieux ».
ARDALOS (100 x 100 cm-technique mixte)
Cette toile subit un intense traitement au couteau. Son passage sur la surface de la toile a pour but d’aplatir les glacis pour les faire ressortir dans d’infinies variations chromatiques. Les couleurs usités sont le rouge, le bleu, le blanc, le vert et le noir, en dégradés.
MATHILDE (100 x 100 cm-acrylique sur toile)
Cette image survient telle une apparition. A’ partir du contraste créé par le noir, enserré à l’intérieur du jaune-or, faisant office de « cadre », un visage semble sortir de la nuit.
Nous avons évoqué plus haut le côté « asexué » des personnages. MATHILDE ne déroge aucunement à la règle. Par sa seule sa dimension épiphanique surgissant de la nuit tel un rêve, une féminité inattendue prend naissance. De plus, le contraste réalisé par la note noire à l’intérieur du jaune, confère à l’ensemble l’aspect d’une niche, à l’intérieur de laquelle apparait l’image d’un sacré.
A’ la manière d’un ectoplasme, les couleurs tendres par lesquelles est conçu le visage le rendent doux. Les traits fins soulignant l’arête du nez ainsi que le contour des yeux et du bas du visage, renforcent cette douceur.
Les couleurs par lesquelles il est conçu sont le blanc sur la partie gauche du visage (droite par rapport au visiteur), le bleu, le rouge, le noir et le jaune, en dégradés. A’ peine affirmées, elles contribuent à illuminer cette apparition. Il y a, notamment dans cette œuvre, la volonté picturale d’un effacement exprimé dans la conception du visage. Cela traduit le ressenti de l’inachevé, conçu comme le passage d’un rêve, lequel ne peut acquérir la même profondeur qu’une chose aboutie. D’où l’importance de cet effacement que l’on pourrait traduire par le passage physique d’une Mémoire s’estompant.
ZETHOS (110 x 110 cm-technique mixte)
Cette œuvre est l’empreinte d’un souvenir de l’artiste. La matière couleur ocre dominant l’entièreté de l’espace jusqu’à la partie gauche (droite par rapport au visiteur) du visage, est en réalité de la terre provenant du Berry, une région très prisée par l’artiste. C’est avec cette terre qu’est réalisée la poterie locale. L’artiste en a été tellement fasciné, qu’il a demandé à ce qu’on lui en donne un peu pour pouvoir l’utiliser dans la réalisation de cet opus. Le résultat est spectaculaire! La dominante ocre confère à la toile un statut carrément sculptural. Et le mot n’est pas trop fort. Car il y a de la « sculpture » dans l’œuvre de l’artiste. Particulièrement si nous considérons ses peintures comme des « masques », tant dans le sens psychologique du terme : la mise en scène de la Persona que dans l’acception culturelle du vocable : l’origine guadeloupéenne de l’artiste fait que l’atavisme africain apparaît comme un lointain appel.
L’artiste a d’ailleurs pratiqué la sculpture sans être sculpteur pour autant. Autant cette œuvre est le fruit d’une expérimentation consistant à utiliser cette terre du Berry comme matériau à appliquer sur sa toile, autant la pratique de la sculpture a été pour lui l’occasion de se frotter à une forme d’art inconnue.
Si le visage humain est conçu en forme sphérique, c’est parce qu’il évoque la vie dans l’avènement de la naissance du Monde. L’artiste ne parle jamais de « portraits » en ce qui concerne ses visages mais bien d’ « états d’âmes anonymes » car ils touchent l’Etre humain dans son tréfonds, tout en les rendant personnels.
Ses visages évoquent dans leur intériorité toutes sortes de joies et de souffrances répondant à la sensibilité de l’artiste ainsi qu’à sa culture personnelle, structurée par ses lectures. La matière est pour lui l’âme du tableau car elle participe à le rendre vivant.
Et le contact avec la matière est tel qu’il peint à quelques centimètres de la toile. Même si la perfection n’existe pas, la peinture est ce qu’il appelle un « jeu » lequel doit le mener à un niveau de satisfaction personnelle. Et cette satisfaction s’accomplit lorsqu’il atteint l’aboutissement pictural dans l’équilibre des couleurs. L’artiste dont le talent fut découvert par sa maîtresse d’école, n’a pas toujours peint des visages. Une fois entré dans le domaine artistique, il a peint des personnages entiers. Le visage est arrivé le plus naturellement du monde. Progressivement, il a séduit un public exigeant qui n’a eu cesse de lui passer des commandes. Autodidacte à ses débuts, il a suivi une formation en dessin. Une fois entré aux Beaux Arts, il s’est inscrit en architecture. Ce passage aux Beaux Arts lui a donné l’opportunité d’étudier l’Histoire de l’Art. Découvert par Jean Porte, il a initié son parcours artistique. Il est très côté à Paris et depuis sa première grande exposition au Grand Palais, en 1981, il continue à faire l’objet de nombreux événements artistiques. L’artiste travaille essentiellement au couteau. Une fois que le fond est en place, la matière arrive sur le couteau le plus adapté. Les glacis sont aplatis par l’instrument pour mieux les faire ressortir. La technique usitée est mixte (poudre de marbre, mortier, huile…). L’acrylique fut sa première forme d’expression. Insatisfait, il s’orienta vers l’huile laquelle permet de l’accoupler avec de la matière telle que de la poudre de marbre (évoquée plus haut) et des médiums. OMER AMBLAS ne se réclame d’aucune influence, sinon celle de la vie de tous les jours. Que l’on nous permette, néanmoins et ce avec tout le respect qu’on lui doit, d’évoquer furtivement, en ce qui concerne la conception de ses visages (particulièrement les yeux et la petite bouche en cœur) le nom du peintre belge Roger Somville.
Nous avons demandé à l’artiste s’il le connaissait. Il nous a répondu par la négative. Bien sûr, l’on ne peut en aucun cas établir une comparaison stricte entre ces deux esthétiques. Néanmoins, ce sentiment émoustille la curiosité du visiteur. Cela fait partie de ces quelques beaux imprévus de la vie.
OMER AMBLAS est un peintre qui comme tous les excellents artistes, oblige le visiteur à passer et repasser devant chacune de ses toiles. Car ce dernier pourrait avoir la sensation d’une approche « facile » dans son exploration. En réalité, l’œuvre se révèle des plus complexes à interpréter. Enrobée d’une poésie mêlée d’onirisme et de magie, elle nous ramène à notre for intérieur où bien des ectoplasmes, rageurs ou candides pointent leur visage, ivres d’une issue. Ils sont le passage de nos Mémoires.
et
Lettres
Collection "Belles signatures" © 2020 Robert Paul
N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste OMER AMBLAS et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
Photos de l'exposition d'OMER AMBLAS à l'ESPACE ART GALLERY
La lumière
tombe en poussière
sur mon jardin
gardien des secrets
qui pèsent si peu
pour le reste
du monde
Voici le neuvième ouvrage de La Lyre d’Alizé.
C’est un livre fleuri, pétillant de jouvence et fraîcheur qui nous plonge dans le ravissement. Avec une délicatesse extrême, il chante la gloire de la création, don d’amour et vie.
Il chante la beauté du monde dans une mélopée empreinte de tendresse.
Il chante les fleurs et la joie. Il rend hommage à Gaïa.
Il loue avec grâce et douceur l’éclat généreux de mère terre.
Il conte la métamorphose d’ombre en lumière par le pouvoir lumineux du soleil,
mythe éternel bienfaisant.
L'ambiance poétique de son petit paradis végétal fait autant rêver les petits que les grands.
Texte poétique de Dominique Amat
Illustrations et calligraphie de Dominique Amat
Collaboration artistique de Rébecca Terniak
40 pages couleur - Illustrations originales
Format 240 x 240 mm
Ed. La Lyre d’Alizé - Rébecca Terniak
Novoprint – Février 2020 – 22 E
Pour enfants et adultes.
Pathétiques pantins d'un vieux compte à rebours
Nous ne sommes à bout de course que des voleurs de jours...
Déluge ou plein soleil, on y trouve son compte
On s'adapte, on se fond, sans éprouver de honte!
Résignés et serviles, s'accrochant à la vie
Et anxieux de trouver des raisons aux envies...
Emportés par la vague des années qui s'ennuient...
On cherche des images dans la mémoire enfuies...
La douceur d'un matin au parfum de printemps
Et l'automne flamboyant la tendresse au présent!
De l'été à l'hiver tous les instants volés
Ironie... nous rappelle qu'il nous faudra passer
J.G.
Le long de tes rivages
Vagabondent
Ombres désespérées
Ames passionnées
Et autres forcenés
La terre te respire
Tu sembles la servir
La terre te craint
Les cris des noyés
Ne gênent point tes abysses
Océan capricieux
Tes vagues volages
Importunent les mirages
Et les soifs lunaires
Que doivent tes nuages au ciel
Et ta vastitude salée au désert