Petite astuce pour afficher les oeuvres facilement l'une après l'autre: cliquez simplement sur une oeuvre, et la suivante se présente à votre admiration, et éventuellement à vos commentaires...
Toutes les publications (16169)
DE LA VARIATION DES FORMES : L’ONDE MAGNÉTIQUE DE DIELLE
Du 05-03 au 28-03-21, l’ESPACE ART GALLERY a le plaisir de présenter l’œuvre du peintre belge, DIELLE dans une exposition intitulée : ONDES DE FORMES.
Il y a des expositions dont l’intitulé épouse magiquement le but escompté par l’artiste. L’adéquation de « ondes » et « formes » illustre parfaitement l’âme de ces œuvres.
ONDES. Il y a, effectivement, du magnétisme dans cet univers infini de volutes virevoltantes, définissant la FORME qui les assemble et leur confère le mouvement. Des ondes créant des formes entrelacées à l’origine d’un discours pictural où les corps dansent et se dilatent à l’intérieur d’une musique ondoyante de laquelle la forme, réduite à l’état de silhouette, capture l’espace en s’étirant à l’intérieur du cadre. Si nous osons le terme de « silhouette », c’est parce que les corps composant la forme, ne sont qu’esquissés. Filiformes, élancés, leur volume n’est qu’à peine perceptible, tellement la délicatesse du trait, à la fois léger et prononcé, les enserre dans une verticalité vitale. A’ l’exception d’un couple, le personnage de référence est assurément la Femme. Une « Femme-fleur » dont la sophistication s’avère être la signature de l’artiste. Cet élancement de la forme s’inscrit à la fois dans la dimension verticale même de la toile (souvent longue et rectangulaire) mais aussi dans le chromatisme de l’arrière-plan, lequel est toujours monochrome, quelle que soit l’intensité de la couleur. Ce qui assure à la forme sa mise en relief. De plus, la couleur définissant l’arrière-plan, est toujours douce, qu’elle soit claire ou sombre. Une ligne médiatrice scinde la forme en son milieu, l’isolant du reste de l’ensemble.
INNER WALTZ (80 x 30 cm-huile sur toile)
Perdue dans une myriade d’entrelacs, un trait, partant du haut de la tête, signifiant la chevelure (presque une tresse), tombe le long des épaules pour arriver au creux des reins. Un espace laissé vide, suggérant la forme, indique le coccyx, lequel est immédiatement réinvesti par la continuation du même trait, affirmant la jambe gauche du personnage, scindant et terminant derechef, la forme. En réalité, deux lignes esquissent l’arrière du personnage : celle que nous venons d’évoquer et une autre, prenant son point de départ à partir du bas du visage (privé d’attributs), se prolongeant sur la tête pour descendre sur le dos avant d’aboutir dans le creux des reins et reprendre da course à partir du coccyx pour descendre vers la jambe droite jusqu’à atteindre ce que le visiteur imagine être l’aboutissement de la forme car à aucun moment (et c’est là un trait de son originalité), les pieds ne sont jamais indiqués.
Signalons, au passage, que dans les mains sont également absentes du vocabulaire pictural de l’artiste. L’avant du corps est conçu de façon moins complexe : une simple ligne part du haut du bras (privé de main) lequel descend de façon abrupte pour aboutir au torse (de profil) et terminer sa course sur la jambe droite avant d’atteindre le bas.
LA VALSE (68 x 57 cm-huile sur toile)
Les personnages sont, pour ainsi dire, imbriqués l’un dans l’autre. Le pas de danse devient le moteur fusionnel. L’arrière du corps de la femme « coupe » la composition en deux parties distinctes. Chaque partie répond à l’autre : la jambe droite (gauche par rapport au visiteur) de l’homme répond à la jambe gauche (droite par rapport au visiteur) de la femme. De même qu’à la jambe droite de la femme répond la jambe gauche (droite par rapport au visiteur) de l’homme. Une spirale prenant naissance au niveau du torse des personnages, englobe le couple, ce qui accentue le rythme envolé et saccadé de la valse. Symboliquement, dans bien des cultures, la spirale est l’image de l’infini. Le couple évolue dans les méandres des ondes magnétiques d’un espace se perpétuant à l’infini. La finesse du rendu plastique s’exprime dans la façon dont le couple s’enlace : le bras droit (gauche par rapport au visiteur) de l’homme enlace la femme, tandis que le bras droit (gauche par rapport au visiteur) de la femme enlace l’homme. Le bras de l’homme achevant le geste enveloppant s’affirme en une fine terminaison. Cette œuvre est issue d’un rêve, lequel s’est concrétisé dans la réalité, par une rencontre. Même éphémère, l’artiste a senti la nécessité de la retranscrire sur toile en assumant à la fois le rôle de l’homme et celui de la femme. Il s’agit de la concrétisation éveillée de l’activité onirique dans tous ses mécanismes, au cours de laquelle le rêveur s’incarne dans chacun de ses personnages.
MAJESTÉ (72 x 62 cm-huile sur toile)
Cette œuvre est une étude sur la démultiplication du visage. Un personnage féminin bicéphale, aux attributs finement esquissés, scindé en deux parties au centre de la toile est le point de départ d’une série de démultiplications sur ses deux côtés. Seule la bouche demeure le vestige d’un visage « oublié », délesté de ses attributs, au fur et à mesure qu’il se démultiplie.
La couleur blanche est le point de départ chromatique du visage originel. Progressivement, les démultiplications se fondent dans l’arrière-plan, adoptant ainsi un chromatisme sombre, conçu en violet, une couleur nocturne, accentuant l’effacement du visage, à l’instar d’une mémoire qui s’estomperait. Il ne demeure de cet être bicéphale à la sensualité crépusculaire qu’une bouche charnue et sensuelle, laquelle déjà vire au bleu à partir du rouge vif, présent sur le visage de droite, fusionnant avec l’univers nocturne de l’arrière-plan, qui se dissipe au fur et à mesure que l’onde magnétique s’élargit.
Ce qui fascine chez cette artiste, c’est la finesse déployée à l’extrême de son trait, associée à cette verticalité évoquée plus haut, donnant au visiteur l’illusion que ces personnages-silhouettes sont, au premier regard, privés de volume.
Autodidacte, DIELLE se définit comme étant née artiste. Bien qu’elle dessine depuis son enfance, beaucoup de temps s’est écoulé avant qu’elle ne se serve de l’Art comme véhicule de son humanité. Ayant réalisé des croquis de mode, elle privilégie, comme le démontre la qualité de son œuvre, la ligne. Ces croquis sont à la base de ses productions transposées sur la toile. Un autre élément discrètement présent dans son œuvre actuelle et qu’elle a l’intention de développer dans le futur est la calligraphie. En effet, son grand intérêt pour la ligne se traduit par les volutes et les entrelacs laissés par les circonvolutions du trait, à l’origine d’une calligraphie embryonnaire, laquelle ne demande qu’à éclore. Elle privilégie la peinture à l’huile. A’ la question : « avez-vous des influences? », elle répond par la négative. Il est vrai que même si tout artiste est influencé, souvent à son insu, par l’œuvre d’un autre, force est de constater l’originalité ainsi que la mise en scène spatiale de son trait.
DIELLE trouve son alter ego dans ses personnages-silhouettes, en tant qu’expression d’une humanité tendue au fil duquel elle est issue, se répercutant en ondes sonores au regard, dans les clapotis magnétiques d’une eau cosmique.
Collection "Belles signatures" © 2021 Robert Paul
N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste DIELLE et François Speranza : interview (masquée !) et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles.
Photos de l'exposition de DIELLE à l' ESPACE ART GALLERY
Merci à l'artiste
Felicitez donc l'artiste en lui
laissant un petit compliment sur sa page
Essayez donc l'ignorance
N’hésiter pas à cliquer, pour découvrir quelques poèmes. ..mon blog sur le site de ce cercle poétique
Bonjour mes ami(e)s ! Je vous espère bien vous et vos proches ! En ce 8 mars 2021, qu’est la journée internationale des droits des femmes, je fais le vœu qu’il n’y aura plus d’inégalités Femmes/Hommes et que cesse la brutalité ainsi que la violence contre nos mères, nos épouses, nos sœurs et nos filles. A ce propos, je dédie cette citation d’Ono Yoko «Un rêve que l'on rêve seul n'est qu'un rêve. Un rêve que l'on rêve ensemble, c'est la réalité ». Donc, c’est la main dans la main que l’avancera vers demain avec vous Mesdames. Ceci dit, je vous souhaite donc une excellente journée exceptionnelle qui soit pareille aux jours ordinaires, où la femme est ce qu’elle est : Belle, altière et surtout Résistante où qu’elle soit. Alger, Louhal Nourreddine, le 8 mars 2021.
Avec toi j'ai le corps qui parle à cœur ouvert
Et je renonce à sentir le froid de l'hiver
Nos lèvres se retroussent ébauchant un sourire
Il est question de vivre et non plus de mourir!
La passion est une arme de construction passive
Et les regards sont purs si les poses sont lascives...
Quand la maturité se confond avec joie
Il n'est rien de plus vrai que le goût de l'émoi...
J.G.
Peut-être, la flânerie.
Promenant son regard ;
Franchissant le pont, au détour d’un sentier.
Après quelques jours de marche,
Nous sommes retournés tout au début.
D’autres formes pourtant surgissent,
S’assemblent,
Au-dessus des reliefs.
Quelques pas et bien des années après,
Le même arbre, sans son rocher.
Il existe des parcours
Où le pas est lent,
D’autres sous les semelles de vent ou de pluie,
De chair ou d’os,
Sous les rondeurs des silhouettes,
Les foules des ruelles,
Dans les quartiers de ces villes
dont les ruelles en pente
mènent au port.
Julien Boulier
A Brest,
Le 02 mars 2021
https://soundcloud.com/julien-boulier/le-reveur-de-pierres-itineraires-ii
Un aparté, un doux moment
Celui où on oublie le temps
Quand les jours soudain deviennent longs
Chercher du sens, du beau, du bon!
Une quête qui attend un écho
Trouver alors le bon tempo
C'est une question de talent
D'envie de vivre simplement!
Faut excuser cette exigence
Ne plus parler de tempérance
Seul vaut de vivre avec passion
Ne plus brider nos émotions.
J.G.
Aux « quatre tentations de l’homme », le vin, les femmes, la richesse et la colère, qui, selon la tradition chinoise, sont les vices communs des mortels qui, en outre, les empêchent de demander l’inspiration au rêve.
A Pékin, je vous parle de l’ancien Pékin pas de la moderne Beijing, on retient toujours le chiffre quatre : les « Quatre Grands Maîtres Yuan » (les peintres Huang Gondwang, Wu Zhen, Ni Zan, Wang Meng), les « Quatre Bonheurs » en cuisine, les « Quatre Génies » d’un sanctuaire, les « Quatre Professions » pour les classes sociales (de l’aristocratie aux vils marchands, en passant par les paysans et les artisans), les « Quatre Plantes souveraines » (prunier, bambou, chrysanthème, orchidée), les « Quatre grandes inventions » (boussole, papier, imprimerie, poudre noire), les « Quatre Trésors » du lettré (pierres, encre, pinceaux, papier), les « Quatre Livres extraordinaires » (Au bord de l’eau, Les Trois Royaumes, La pérégrination vers l’Ouest, Fleur en fil d’or, ou, selon l’époque pour ce dernier, Le Rêve dans le Pavillon rouge), jusqu’aux « Quatre Livres » de l’enseignement confucéen (La Grande Etude, L’Invariable Milieu, les Entretiens de Confucius et de Mencius) ou les « Quatre Nobles Vérités » révélées par le Bouddha (la douleur ; la racine de la douleur qui est le désir ; la douleur peut être vaincue en atteignant le nirvana ; pour le gagner il faut suivre la voie de la sagesse, de l’éthique, de la méditation) en passant par les « Quatre Montagnes Sacrées » du bouddhisme (les monts Wutai, d’or, représentant la sagesse, Putuo, d’argent, la compassion, Emei, de bronze, la pratique, Jiuhua, de fer, le vœu)…
La forme la plus pure de poésie chinoise classique est le quatrain. La part belle y est faite aux images simples et spontanées comme fleurs des champs, mais rigoureusement réglée selon quatre figures ou tons. Forme qui évoluera en huitain (qi lü).
Et même aux temps nouveaux des lendemains qui devaient chanter, aux « Quatre Vieilleries » selon Mao (vieilles idées, cultures, coutumes, habitudes) succédèrent les « Quatre Modernisations » (agriculture, industrie, science, défense) de la Chine Populaire de Zhou Enlai et Deng Xiaoping.
Chute de la Bande des Quatre.
Quatre restera le chiffre de la prospérité. Dans le respect évidemment des « Quatre Grands Principes fondamentaux » inscrits dans le préambule de la Constitution de 1982 : le Socialisme, la Dictature démocratique populaire (admirez l’oxymore), le rôle dirigeant du PCC, le marxisme-léninisme et la Pensée du Grand Timonier.
Humblement, je m’en suis donc remis à une pierre de rêve (mengshi). Celle-ci m’a suggéré quatre textes purement imaginaires que j’ai réunis ici afin substituer aux quatre funestes tentations ces Quatre visions de la porte Vénération des Lettres : Poème visuel, Abolir le temps, L’esprit est un miroir brillant et Essence de vie.
Toutes s’inspirent des Quatre Vertus, les principes fondamentaux du tch’an, harmonie, respect, pureté, sérénité.
Se retrouvent ainsi les « trois enseignements » de Bouddha, Kongzi (Confucius) et Laozi (Lao-Tseu), piliers de culture chinoise traditionnelle. Du moins vus par un occidental réduit à interpréter des signes, un promeneur qui tente de traduire l’intime et sensible relation qui se crée entre l’homme et la nature. Un peu comme le ferait un moine errant en robe pourpre vagabondant sur le sentier de la longévité.
Les Quatre visions de la porte Vénération des Lettres (Chongwenmen*)
Poème visuel
Quand les mots ne suffisent plus
Quand le mystère est trop grand
Que même la pierre ne peut exprimer l’indicible
Que ma plume s’assèche en attendant le jour
Que l’hiver espère un nouveau printemps
Alors la nature toute entière se grave dans ma mémoire
Comment s’en détacher ?
Et je pleure sur le monde d’hier.
Abolir le temps
Il s’assit alors sous le pin de la longévité,
dans cet entredeux, cet entrelacs,
ne servant à rien,
ne faisant rien
Sublime oisiveté
Il n’eut plus ni passé
ni présent
Il ne pâtit de rien
Suprême liberté
Tel le phénix,
oiseau de paradis,
vit au loin un rocher d’éternité
et, passant au-delà de sa psyché,
il entra dans le domaine où il n’existe ni vie ni mort
Infinie félicité.
En italique : Tchouang-tseu (ou Zhuangzi, IVe s. av. J.-C.)
L’esprit est un miroir brillant
Maîtrise de l’esprit sur la matière
En laissant chanter la pierre
Abolir le temps, l’espace
Se soustraire au monde.
Juste une sensation de fraîcheur
Un bouquet d’arbres, en fleurs
Un reflet de lune pâle
Saisie d’une caresse magique.
Pure jouissance esthétique
Le goût subtil de l’inutile
Du lointain éclat de l’opale
Astre d’une nuit magnétique.
« L’esprit est comme un miroir brillant », Shen-hsiu (ou Shénxiù, ca 607-706).
Essence de vie
Chef-d’œuvre non signé
Chef-d’œuvre d’humilité
Saisir la beauté et la sublimer.
Harmonie, respect, pureté, sérénité
Humanité délivrée
Simplicité inspirée
Complicité, spontanéité.
Transcender l’ordinaire
Creuser aux racines
Pour atteindre l’universel.
Conscience, essence de vie
Sincérité de cœur et d’esprit.
Ainsi la fleur de cerisier s’abandonne au vent
Gagne l’onde, quitte le réel pour l’éternel.
En italique : Sen no Rikyū (1522-1591)
Michel Lansardière
A-t-on jamais entendu pareille pierre muette parler ?
A-t-on déjà vu chose inerte ainsi inspirer ?
Une certaine sagesse immanente, sidérale peut-être…
Tout est possible, surtout si l’artiste se fait démiurge, le minéral illusionniste, le poète visionnaire.
Voilà, j’ai ici groupé mes quatre « poèmes visuels » pour former un cinquième billet. Cinq comme le sont en Chine les cinq éléments (bois, feu, terre, métal, eau), les cinq couleurs primaires (rouge, jaune bleu, blanc, noir), les cinq saveurs (âcre, aigre, amère, douce, salée), mais aussi les Cinq Classiques (les Livres des Mutations, de l’Histoire, des Odes, des Rites, les Annales du Printemps et de l’Automne) qui forment le canon confucéen à la base de la culture chinoise, les Cinq Dynasties (907-960), les Cinq Empereurs de l’âge d’or du bon gouvernement qui honorèrent le mieux les cinq vertus confucéennes (humanité, intégrité, sagesse, justice, persévérance), les cinq bénédictions (longue vie, richesse, santé, amour, fin heureuse)… Poèmes traditionnellement composés de cinq (quatrain) à sept (huitain) caractères, musique savante.
Si pour les Chinois cinq est un chiffre parfait… pour nous cinq est un nombre premier et six un nombre parfait (c’est la somme de ses diviseurs en-dehors de lui-même).
Cela m’a semblé idéal pour fêter la fin du Nouvel an chinois et clore un mois de février « parfait » lui aussi : quatre semaines commençant par un lundi et se terminant par un dimanche.
Pour connaître le vertige de la liste (Umberto Eco), la griserie des mots d’un Li Yi-chan (ou Li Shangyin, 813-858) dans ses Notes, comme dans sa litanie des
Choses agaçantes :
…
Des arbres dont l’ombrage coupe la vue
Un mur si haut qu’il cache une montagne
Pas de vin à la saison des fleurs…
et approcher de l’ivresse d’un Li Bai (ou Li Po, 701-762)…
Trois coupes et je maîtrise le Tao
Une jarre pleine et je fais corps avec la nature
Quand les coupes d’or se rempliront-elles à nouveau
Sur ces routes qui mènent au Mont de la Porte des pierres ?
Les oiseaux s’effacent en s’envolant…
Fond opalescent, ciel bleu :
nuit après nuit, je songe
hiver, lune pâle
merles d’or qui chantez,
versez vos pleurs
abreuvez les dernières fleurs.
Michel Lansardière
(pastiche de Li Yi-chan)
* Dans le vieux Pékin, au début du XXe siècle, la porte « Vénérations des Lettres » ou « de la Culture » (Chongwenmen, ou Hademen ou Hatamen, ou Wenmingmen sous la dynastie Yuan, 1279-1368) ouvrait sur des quartiers populaires animés par de nombreux artisans.
« Le quartier était habité par des artisans, des petits commerçants,
des porteurs de palanquins, des coolies et quelques rares riches commerçants ou des prostituées. »,
Deng Youmei
Cette porte, connue pour sa tortue marine en fer (dans le temple Zhenhai) qui protégeait la ville fut démolie dans les années soixante. C’était « le lieu de prédilection des artistes qui travaillent le jade, l’ivoire, le feutre, le strass et autres matériaux plus humbles. » (id.)
La porte « Vénérations des Lettres » est une des trois voies d’accès internes qui faisaient communiquer la « Ville tartare » (ou « mandchoue », soutiens de la dynastie en place, dite encore, à tort, « mongole », ou « Ville intérieure ». Elle protège la « Ville impériale » - ou « Ville jaune » ou Houang-tchen - avec ses temples et pagodes, ses jardins et lacs, ses hauts dignitaires, qui elle-même enclave la « Cité interdite » - « Ville rouge », Houang-chan-ti-kong - , le Palais impérial) et la « Ville chinoise » (ou « Ville extérieure »).
C’est près de cette porte, à l’intérieur de la « Ville tartare », que s’installeront les légations étrangères à partir de 1860, chacune dans une résidence princière ou Fou (le Tsing-kong-fou, pour le palais de la légation française).
Au sud, près de Suzhou la cité des mille canaux, nous dit Yuan Hongdao (1568-1610) en adepte du bouddhisme tch’an amoureux des paysages, nuages, montagnes et pierres, « Le Kiosque de la Littérature est lui aussi admirable. »
Pour lui, comme l’eau vive « la littérature s’élabore par la concentration et s’exprime par le souffle. »
« Rien, sous le ciel, n’est plus proche de la littérature que l’eau. Elle part soudain tout droit, ou soudain change de cours. ]…[ Rapide ou lente, nonchalante ou brusque, elle jaillit sous dix mille formes. »
C’est quand même fou ce qu’une pierre a à transmettre !
M. L. (texte, notes, photos)
Illustration de tête : Léonard (détail ; fresque murale réalisée par Nadège Dauvergne et Fabrice Minel/Captain’Baf, Méru, Oise)
Très chère amie. Nos meilleures pensées t'accompagnent. Tu es une brillantissime chroniqueuse théâtrale sur notre réseau. Chacun de tes billets, nourris par tes enthousiasmes, nous ont enchantés. Et voici que les théâtres sont clos.
Nous savons combien cela t'affecte.
Aussi, sache que le premier de nos voeux est que cette triste situation cesse le plus rapidement possible.
Nous t'envoyons saluts et amitiés.
Que je vous recommande.
Bel auteur, bel éditeur, belle préface.
Joyaux éphémères
Rêveries assumées
Eclats de lumière
Grâce sublimée...
Les fleurs...
Heureuse détente
Coroles éclatées
Splendides et ardentes
Et soudain pâmées...
Les fleurs...
Rien que mots très doux
Au sortir des lèvres
Si je pense à vous
Comme un goût de fièvre...
Les fleurs...
Le monde est trop triste
Quand il vous oublie
La beauté existe
Rétines éblouies...
Les fleurs...
Merci à Anne Marie REMONGIN pour toutes ces belles aquarelles.
Qu'elle reçoive mon affection.
Liliane
Un partenariat
Arts
Lettres
Le jardin
je m’y retrouve
mes souvenirs
ont le visage des fleurs
la voix des oiseaux
l’apparence des arbres
la joie des secrets
la mélancolie
des feuilles qui battent
de l’aile
*
Martine Rouhart
Un grand merci à Mr. François Speranza, car le billet me concernant me touche profondément, c'est une façon de voir et comprendre avec justesse mon état d'âme
Un artiste a besoin d'un regard éclairé sur son travail, et quelle regard !! Mr. F. Speranza.
La perception que vous avez de mon travail me réconforte, un artiste est toujours seul devant sa toile, vous avez traduit en mots l'exactitude de mes émotions.
Ce titre "Omer Amblas ou l'esthétique de l'effacement" m'oblige à reconnaitre qu'effectivement au fond de moi même "l'effacement" n'est pas un vain mot car le fondement de mon travail est justement "effacer pour mieux voir"
Devoir de mémoires" lors de mon exposition à la galerie EAG c'est parce que je suis intimement convaincu que mon passé et celui de mes ancêtres ont subi le triste sort d'un effacement naturel.