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Œuvres en partage est l’asile où la plume d’ici ou en exil jette l’ancre à l’enseigne du relais littéraire de Jacqueline Brenot qui éclaire l’itinéraire de ces « routards » à la Nedjma qu’elle a au cœur. Et du halo de Kateb Yacine (1929-1989), l’auteure de La dame du chemin des Crêtes d’El-Mouradia (ex-le Golf) éclaire sa terre de prédilection qui est l’Algérie et lève aussi le voile de l’anonymat sur des écrivains qui n’ont d’autre lien que ce trait d’union qui les lie également au sol.
Notamment la terre où Jacqueline Brenot s’est nourrie aux fruits de cette terre et À l’école en Algérie – des années 1930 à l’indépendance. D’ailleurs, ce professeur de lettres de collège et lycée (Paris) a de qui tenir. De sa mère qui est aussi cette « dame des crêtes » qui l’a outillée des affreusetés d’Une enfance dans la guerre.
Journaliste-chroniqueuse à l’hebdomadaire Les presses du Chélif, l’auteure a conçu le concept « une semaine, un auteur dont le thème du livre doit être en osmose avec l’actualité », a-t-on su de celle qui a bâti une passerelle entre « Alger-Marseille » afin de diffuser ses Chroniques culturelles du Chélif en Hexagone. « Il y a une déperdition de l’esprit de curiosité qui s’ajoute au fait que l’on ne trouve plus des auteurs étrangers dans les kiosques de gares de France », a déclaré cette Algérienne de cœur que nous avons rencontrée au stand des Presses du Chélif. D’où la publication d’un florilège de chroniques chélifiennes intitulées Œuvres en partage I et II où figurent vingt-deux auteurs. Préfacé par le journaliste Djilali Bencheikh, « ce recueil se présente donc comme une croisière, un agréable voyage à travers la créativité algérienne contemporaine ».
« On peut rêver, mais ce type de littérature contemporaine existe, pas très loin, et sa terre d’élection est l’Algérie depuis plusieurs décennies, avec brio », écrit l’auteur en guise d’avant-propos où elle ressuscite le souvenir de Taos Amrouche dite Marguerite (1913-1976), Mohamed Dib (1920-2003), Mouloud Feraoun (1913-1962), Malek Haddad (1927-1978), ces pères fondateurs de notre littérature et plus tard Tahar Djaout (1954-1993). Seulement, celle qui a conduit l’ouvrage collectif Une enfance dans la guerre – Algérie 1954-1962 se heurte à la difficulté d’avoir du grain à moudre.
« L’idéal est d’avoir à portée de main des ouvrages dans toutes les langues en usage en Algérie, dans l’optique de diffuser plus d’œuvres d’auteurs algériens des années 1930-50 et jusqu’à ce jour, auprès des bibliothèques de cités de banlieues de Paris, de France et de Navarre. » S’agissant de la poésie, celle-ci n’est pas en reste, à l’instar de l’œuvre Le désert à petites gorgées d’Amina Mekahli, qui a reçu la mention d’honneur du prix Léopold Sédar Senghor à Milan 2018 et traduit en roumain par Ion Deaconescu pour le festival mondial de poésie Mihai-Eminescu de Craiova (Roumanie).
Autre perle, Hamid Larbi qui a été primé à Azerbaïdjan, a déclaré Jacqueline Brenot. Voilà qui met fin aux thèmes récurrents de la femme battue et de l’intégrisme religieux. « L’Algérie est un fertile creuset de littérature aux thèmes identitaires et de la revendication des libertés démocratiques », a conclu cette Algérienne jusqu’au bout de ses ongles.
Par Nourreddine LOUHAL
In Liberté du 06 Novembre 2019.
S’bah El Kheir Âalikoum (Bonjour) mes ami(e)s ! N’harkoum Mabrouk (Agréable journée) ! Le mélodieux clapotis des eaux de nos fontaines s’ajoutent à la déferlante des flots du Chélif[1] et jouent sur un air de « Lasnamia[2] » et à l’unisson la « Symphonie de L'Eau » de Serge Lancen (1922-2005) qu’il a composé en 1984. Et à y prêter l’oreille on n’entend aussi la chorale des «Enfantastiques » qui chante : « C'est de l'eau - La planète bleue, oh que c'est beau. C'est de l'eau.» Bien entendu, une aussi belle alchimie est l’œuvre de mon amie et consœur Jacqueline Brenot qui a chroniqué mon livre à la rubrique « Culture » de l’hebdomadaire le Chélif : « Alger la Mystique » (Ziyarat autour de nos fontaines) publié aux éditions Tafat et Aframed (2018). Lisez l’article ou plutôt cette fiche d’appréciation de lecture qu’elle a tissée de ses mains de fée « Pénélope ». Mieux, et dans son bouillon de culture, elle en a plus d’une opinion littéraire la bien nommée Jacqueline Brenot qui chronique de sa plume d’ambassadrice auprès de l’Hexagone (France) la littérature qui s’écrit ici chez-nous. C’est là, la noblesse de sa démarche, de ses écrits qui consistent à présenter les œuvres d’autrices et d’auteurs algériens en guise de lettre de créances qu’elle présente au-delà de la frontières à l’aide de son « Trait d’Union » qui rapproche les amoureux du livre des deux rives Sud-Nord. Et ça ! Le Chélif (journal) s’avère cette idéale passerelle pour que les auteurs d’ici et de là bas puissent échanger loin des clichés et des idées reçues. Donc, autant applaudir cette tisseuse de mots à qui l’on doit d’être lu par autrui. Et rien que pour ça, notre consœur doit bénéficier de toutes les attentions, notamment en logistique pour y acheminer ses œuvres en partages à Paris où elle est sollicité, par les deux communautés qui désire en savoir plus sur nous. L’appel sera-t-il entendu par l’autorité en charge de la culture et des arts? En attendant, lisez l’hebdomadaire « Le Chélif » n° 414 du 17 au 23 novembre 2021.Bonne lecture et agréable lecture. Alger, le 20 Novembre 2021.
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Alger la mystique – Ziyarate autour des fontaines
- Quand l'eau rythmait la vie de la cité –
Publié dans l’hebdomadaire Le Chélif n° « Le Chélif » n° 414 du 17 au 23 novembre 2021
Par Jacqueline Brenot
Derrière certaines démarches littéraires, il existe un désir de restituer la beauté et la poésie de lieux légendaires malmenés par le temps, les catastrophes naturelles, les guerres et l’oubli. Celle de Nourreddine Louhal propose d’ouvrir large le regard et la réflexion sur les sources de vie et d’histoires de la Casbah à travers ses fontaines, celles d’Alger et de sa banlieue.
L’eau source de vie livre des secrets comme des contes populaires, mais surtout des témoignages historiques incontournables sur l’art de vivre qui y présidait. Cette mise à l’honneur de l’«or bleu » de l’Algérie n’a pas fini d’interroger le passé au profit du présent.
En feuilletant l’ouvrage illustré de photos en noir et blanc et d’une multitude de références, de récits associés qui illustrent la centaine de fontaines d’origine, remises à l’honneur, on suppose une imposante recherche d’archives et un souci du détail. Après un « préambule » sur la mémoire collective et le « prélude sur les aqueducs et fontaines d’Alger », l’auteur déroule sur sept chapitres fort documentés un tapis rouge à ces puits de vie indispensables à la vieille cité et à ses artisans.
Loin des poncifs sur cet héritage millénaire aride de documents, et dont le parc des fontaines varie « de 100 à 150 » suivant les experts et les époques, avant la conquête française, cette étude sur cette manne ancestrale de l’eau s’appuie également sur des souvenirs d’enfance et des témoignages croisés. L’intérêt de la recherche réside dans cette diversité d’apports entre documents savants des « voyageurs-diplomates » du 17ème siècle, inventaires effectués au cours du Consulat français au 18ème, puis ceux de « la conquête » et autres découvertes singulières sur le terrain.
Difficile d’évoquer chacune des fontaines de cet ouvrage, tant elles furent nombreuses, différentes d’aspect et d’origine, pour lesquelles les habitants marquaient une halte pour se rafraîchir ou faire leurs ablutions. Cependant dans ce chapelet d’anciennes constructions « algéro-mauresques » de la Casbah, pour beaucoup taries ou murées, et dont il ne subsiste que cinq, dont Aïn Sidi-Ramdane contre la mosquée du même nom et Aïn Sidi-M’hamed Chérif. Certaines persistent dans le souvenir, « auréolées de carreaux de faïence » comme les deux célèbres du mausolée du saint Sidi Abderrahmane Ethâalibi et de sa petite-fille L’alla Aïcha, ou celle privée de la « Bab Eddar de l’Ila Khedaouedj El Aamia, ou encore la fontaine du marché du vendredi « Aïn Souk El-Djemâa ».
L’auteur choisit parfois des envolées poétiques pour rappeler le patrimoine fluvial de « la belle El Djazaïr » sous « la gérance de la cité durant le 18ème siècle ». Dans l’apport extérieur déterminant, l’arrivée de « l’élite des migrants » morisques, « médecins, hommes d’art et de lettres », et « artisans-fontainiers » spécialistes en captage de l’eau, expulsés d’Espagne par les monarques catholiques, bénéficia à la ville. Parmi les initiatives des dirigeants qui se succédèrent, celles du Bey Hassan Pacha ou Hassan Barberousse qui obtint « le portefeuille pour l’édification d’aqueducs… canalisations et fontaines ».
Parmi les sources citées, celle de Sidi Yacoub El Cordobi, au lieu-dit de la « Colline du savon », refuge des migrants d’Andalousie qui alimentait des fontaines d’El Djazaïr. Déjà au 10ème siècle, la beauté de la ville blanche et de ses fontaines est mentionnée par un chroniqueur arabe. Parmi les fontaines rendues célèbres par leurs visiteurs figurent celle de Sidi M’hamed Chérif auprès de laquelle écrivains et artistes venaient s’asseoir au début de 1900, de plus ses eaux avaient la réputation d’apporter la « baraka ».
Chaque fontaine, même oubliée ou murée est répertoriée, accompagnée de précisions sur son lieu d’origine, souvent au cœur de la médina, « l’âme de la Casbah ». Dans cette impressionnante liste, citons la fontaine de Bir Chebana près de laquelle fut dressé le décor du film de 1937 de « Pépé le Moko » avec l’acteur français Jean Gabin. Ou encore, dans un autre registre célèbre, la fontaine Sidi Abellah qui « a bercé de ses clapotis » les deux princesses, N’Fissa et Fatma, filles de Hassan Pacha. Sans oublier l’eau digestive de l’Aïn El Aateuch, la fontaine de la soif.
L’auteur rappelle aussi certaines démolitions dûes à « la folie du génie militaire français », comme celle de l’aïn El Hamra, en 1863. Cette « excursion » littéraire ne peut omettre le rôle de ceux qui ont participé à la préservation de ces lieux, depuis celui du « guerraba », l’« apaiseur » de soif, ou le « bsikri », le porteur d’eau, immortalisé par le peintre Lazerges, aux souverains: Dey Hussein, dernier dey d’Alger, surnommé le « généreux fontainier », et Baba Ali Neskis pour la fontaine du Hamma près de la villa Abd El Tif.
De nombreuses pistes sur le réseau hydraulique préexistant, mais aussi d’anciens métiers disparus, dont ceux de parfumeurs, sont abordés à travers ce panorama culturel. Ces fontaines ont participé à la renommée de la Casbah et d’Alger depuis des siècles, mais les guerres n’ont pas épargnées ces points d’ancrage social.
Grâce à l’opiniâtreté et au talent de l’auteur dans cette recherche, la fontaine devient ici un personnage majeur aux multiples visages de la métropole urbaine qui s’est imposée des siècles durant dans la vie des habitants. Disgraciée par le temps, les circonstances et les gens qui n’ont pas toujours pris soin d’elle, sa disparition progressive nous affecte et suscite le désir d’une ultime sauvegarde.
Cette recherche invite aussi à s’interroger sur les causes de l’abandon progressif de ce précieux patrimoine.
Indépendamment de la symbolique de l’eau et des fontaines, le fil rouge de cet ouvrage reste la volonté de partager la connaissance du patrimoine hydraulique de la Casbah et d’Alger, à portée de puits délaissé, bouché par certains propriétaires au détriment du collectif.
En sauvant de l’oubli et de l’indifférence ces lieux vitaux, Nourreddine Louhal fait émerger les richesses de la vieille ville abîmée, brisée par le temps et la négligence collective, par l’égoïsme de propriétaires qui se sont attribués des points d’eau. Cette mine d’informations suscite l’envie de découvrir et de sauvegarder le réseau de ces sources, témoins d’une époque révolue où les souverains d’avant la colonisation ont apporté un soin particulier.
Le choix formel simple de présentation est inversement proportionnel à la richesse de l’enquête menée sur deux ans. Pas de grands formats de photos qui écrasent et dispersent le discours. La quête de l’historien s’exprime en filigrane derrière chaque commentaire, avec parfois regret et amertume devant tant de trésors oubliés ou brisés et la volonté d’« une sauvegarde d’un patrimoine hydraulique ancestral » suivant l’auteur-chercheur. Ses récits rapportés rendent les fontaines aussi éternelles que l’eau dispensée, même si elles n’ont pu échapper à la disgrâce de la rue et des autorités locales. Oasis culturel ancré dans l’une des plus célèbres médinas, classée site historique au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992 et secteur sauvegardé en 2003, elle interroge l’Histoire et ceux qui ont négligé sa protection.
La culture de ces édifices participe d’un savoir millénaire autour de l’eau. Faute de monument et de transmission, la chaîne de cette connaissance est rompue. A ce point de réflexion sur cette « ziyarate » de ces puits de source, il est juste de rappeler l’expression mystique de la Nature à travers l’eau protectrice synonyme de Vie. Du même coup, le devoir de sa préservation et de bienfait s’impose dans la continuité, au bénéfice du plus grand nombre. L’analyse qui découle de cette imposante recherche nous ramène à l’essentiel: la sauvegarde de l’eau, qui nous sauve et nous garde.
Souhaitons une large audience à cet ouvrage, afin que des initiatives de rénovation puissent encore sauver quelques uns de ces lieux au profit de la vie d’un quartier, à la vie tout court, face aux menaces d’accélération des changements climatiques.
Alger la mystique – Ziyarate autour des fontaines
Nourredine Louhal
Coédition de Tafat et Aframed - 2018
Bio de Nourreddine Louhal: originaire d’Azeffoun, né en 1955 à la Casbah. Ancien cadre chargé d’études hydrauliques, journaliste, et écrivain, auteur de « Chroniques algéroises la Casbah éd, A.N.E.P 2011 », « Les jeux de notre enfance éd, A.N.E.P 2013», « Alger la blanche (Contes, légendes et boqalat) éd, Tafat/Aframed 2016».
[1] C’est le plus important fleuve d'Algérie. Long de 733 km, au nord-ouest de l'Algérie, il prend sa source dans l'Atlas saharien et a son embouchure dans la Mer Méditerranée, près de Mostaganem.
[2] Genre musical de l’Ouest d’Algérie qui est tiré de la Ville d’El-Asnam (ex-Orléans-ville) coloniale devenu Chlef depuis le tremblement de terre du 10 octobre 1980.
Ce matin, je me suis regardé dans la glace.
Sur le côté gauche du front, une trace !
Et bien ça c'est une drôle de tête !
Aurais-je encore fait la fête hier ?
Serais-je tombé de mon lit?
Aurais-je fais pipi au lit ?
Je n'y comprends rien !
Si défiguré ce matin ?
Blessé en journée, je comprendrais !
Prendre ses pieds dans un tabouret !
Mais là, je ne saisi pas !
Je ne me reconnais pas !
Que vais-je faire maintenant ?
Va t'elle me reconnaître maman ?
Comment faire pour changer d'allure ?
Jeter des élastiques dans ma figure ?
Ouille ! J'ai visé juste mon nez.
Ah ! Cette fois-ci j'ai changé.
Je souhaiterais aussi changer de coiffure.
Découvrir une autre tête, une belle figure.
Me voilà prêt, je me retrouve enfin.
Café au lait et tartines du matin.
Mais oû sont donc mes lunettes ?
Je ne trouve pas ma bicyclette ?
Décidément, cette journée, ça ne va pas.
Je sens que je vais finir dans de beaux draps !
Est-ce bien moi qui écrit ces choses-là ?
Pince-toi ! Aïe, oui c'est bien moi Benoit !
Rester à tes cotés jusqu'à ma mort.
Voyez donc, en bas de la colonne de droite du réseau des liens vers de très nombreux billets consacrés a des sujets comme:
Les lumières
-16 billets
Voies et chemins antiques de la Grèce
-19 billets
Ethique et spiritualités
-38 billets
Guerre et Paix
-5 billets
Etc..., etc...
Lumière douce, ciel pâlissant
Feuilles jaunes, feuilles rousses et vent gémissant
L’érable est nu
Sol jonché de feuilles d'automne
Mésange nichant dans le verger
Merle dormant dans la haie
Mais le sapin reste toujours aussi vert et même en hiver
Nous deux si heureux en balade entre marais et iris sauvages
à Uccle dans la réserve naturelle de Kinsendael
Une baie de houx sur la joue
Et un baiser doux dans mon cou
19/11/2021
Nada
Partenariat Poésie - Peinture
"Elea Laureen & Gucciardo Salvatore"
sur Arts et Lettres
Nimbée d'une aura presqu'irréelle
De toute les fleurs, elle caresse mon cœur
A la lisière du bonheur, rayonne sa splendeur
Abandonnée à ses rêves, si sensuelle
Belle endormie au creux d'un paradis
Berce en sa source le secret de la vie
Quand les étoiles alentours papillonnent
Mon cœur et mon âme en émoi frissonnent
Le rêve exquis a la beauté d'une galaxie
Où la femme est déesse de vie et d'amour
Chaque jour, délicatement, il se savoure
Et se magnifie de valeurs et d'envies
Au goût sacré et mêlé d'ambroisie
•⊰✿~•
© Elea Laureen
Merci à Salvatore Gucciardo
pour son partenariat et sa magnifique peinture
à retrouver sur sa page
LA VISION COSMIQUE, ENTRE PEINTURE ET POÉSIE, DE SALVATORE GUCCIARDO
Du 04-11 au 28-11-21, l’ESPACE ART GALLERY a le plaisir de vous présenter une exposition consacrée à l’artiste belge, Monsieur SALVATORE GUCCIARDO, intitulée : LYRISME CÉLESTE.
A’ l’instar de sa poésie, son œuvre picturale est un voyage initiatique basé sur une mythologie personnelle dont les origines, souvent sorties de leur contexte, se rattachent aux mythes de l’Antiquité proche-orientale, européenne du Moyen Age et biblique. Nous retrouvons des constantes telles que la sphère, le culte de la lumière celui de la montagne-pyramide, scellant l’union mystique entre la terre et le ciel ainsi que le culte de la Femme, à la fois spiritualisée et érotisée. Chacune de ces images, intervenant dans des contextes narratifs particuliers, est au service d’une vision cosmique dont le point central est l’Homme (l’Anthropos grec), luttant désespérément pour sortir de sa caverne, infestée d’ombres et de limites. Sa vision cosmique picturale n’est pas dominée par le noir sidéral, comme l’on s’attendrait à la rencontrer lorsqu’il s’agit d’espace mais bien par la couleur et la lumière, figurant par là, la conception d’un univers féerique, se déclinant sur le bleu, le rouge et le jaune. Cette triade chromatique traduit trois états d’âme majeurs de l’artiste : le bleu étant synonyme d’espoir, le rouge symbolisant la passion et le jaune exprimant un état de plénitude absolue. Remarquons, à propos du jaune, que contrairement aux deux expressions chromatiques précédentes, ce dernier ne fait jamais office de couleur dominante. Il se pose à l’apex de la composition, en ce sens qu’il la termine, comme l’on achève un récit mythologique. La vision cosmique devient, au contact de l’œuvre, une longue étendue mobile, aux accents terrestres, flottant à l’intérieur d’une mer céleste dans laquelle l’humanité gravit la pente conduisant vers la lumière. Belge d’origine sicilienne, l’artiste exprime sur la toile les couleurs chaudes, douces et savantes des cultures méditerranéennes.
L’UNIVERS VERSION BLEU
HARMONIE HUMAINE (122 x 104/acrylique sur toile)
Se dégageant sur un fond bleu, l’ensemble résultant de la mixis humaine, entre à la façon d’un Michel-Ange à l’intérieur d’une sphère ouverte trouvant son origine dans le langage poétique de l’artiste. Si nous évoquons Michel-Ange, c’est à cause de l’agglutinement des corps, à la fois nus et musclés, rappelant les « Damnés » de la Sixtine.
Sauf qu’ici, on peut parler de « Bienheureux », tellement l’harmonie spirituelle et corporelle, est manifeste. Cette œuvre, aux accents dantesques, est construite à l’intérieur d’une demi-sphère dans laquelle le genre humain évolue, adoptant une posture en demi-lune, épousant ses limites sphériques. Un socle massif soutient la demi-sphère. L’humanité est amorcée par deux nus sur chaque côté : un homme (à gauche), une femme (à droite). Ils tendent un bras vers le bas, assurant à l’ensemble la verticalité requise. Chaque sommet de cette montagne humaine est terminé par un corps, debout, dont nous ignorons le genre. Au centre de la mixis humaine, se trouve un personnage masculin tendant son bras vers la droite et pointant son doigt vers cette direction. Les rendus physiques sont fort différents. Le personnage central tendant le bras, possède une musculature affirmée, laquelle (bien que fort différente), n’est pas sans rappeler cette celle de Michel-Ange. Les autres typologies physiques varient selon leurs proportions dans l’espace. Chacune d’elles est soulignée par un trait, définissant son volume. Nous évoluons au cœur d’un univers sphérique. Cinq sphères s’affirment au regard : la première (à l’avant-plan) la seconde (celle englobant la scène), la troisième (au début du chemin conduisant vers les hauteurs lumineuses, la quatrième (au-dessus du point lumineux) et la cinquième (englobant l’image de la famille, celle que l’artiste exalte dans sa poésie). A’ l’intérieur de la demi-sphère, diverses petites planètes évoluent au loin. A’ partir de la dominante bleue (en dégradés), figurant l’univers ainsi que de l’ensemble rocheux entourant la route, une autre dominante apparaît, à savoir le rouge (également en dégradés) rehaussé de noir. Quelques touches blanches, à l’avant-plan, entourent l’ensemble massif. Cette montagne humaine se présente en éventail, laissant apparaître le paysage rocheux, en perspective, divisé par une route serpentine, conduisant vers un point irradié d’une lumière à la fois chaude (créée par un jaune, vif et opaque, à la Turner) et blanche, donnant à l’ensemble l’aspect d’une flamme.
L’ÉMERGENCE CÉLESTE (70 x 50 cm - acrylique sur toile)
Cette œuvre reprend une thématique similaire avec cette différence que dans l’œuvre précédente, l’humanité était à l‘honneur.
Tandis que dans cette œuvre-ci, c’est vers le Christ en croix face à une humanité déchue que le discours se porte. Le Christ est crucifié dans le Monde, affirmant ainsi sa participation dans l’Humanité. Avec ce groupe de huit femmes nues, rampant hors de leur antre en forme de cercle (en haut, à gauche), l’œuvre dégage une atmosphère de « décadence », telle qu’on peut la concevoir dans la sphère biblique, littéraire ou picturale, par rapport à l’image de la lascivité, coïncidant avec la luxure, par conséquent avec le péché et la mort. Un oiseau mort surplombe le Christ mort. A’ partir du troisième plan du tableau, une ville dominée par une architecture à peine cubiste, apparaît. La dialectique scénique est la même que celle de l’œuvre précédente. Il s’agit de la vision dantesque laquelle guide le regard humain à partir du bas pour le guider vers les hautes sphères célestes. Le regard débute son ascension à partir de l’avant-plan pour atteindre la « flèche » dressée, indiquant le chemin lumineux (serpentin comme dans l’œuvre précédente). La position de cette « flèche » coupant, en quelque sorte, la perspective est fort intéressante. Le chromatisme général ne diverge nullement du reste.
LA MUSE SOLAIRE (70 x 60 cm - acrylique sur toile)
Au centre d’une structure inconnue, une femme de dos, dont le dessin du vêtement coupe le corps dans sa longueur, regarde devant elle. Nous ne voyons pas son visage. La seule trace corporelle que nous percevons d’elle c’est sa main gauche, tendue vers le bas. Il s’agit d’un être spirituel car elle est Muse, une Parque de la Poésie.
LA MUSE ÉTOILÉE (60 x 50 cm - huile sur toile)
De « solaire », la Muse devient « étoilée ». De « spirituelle », elle devient « érotique ». Pour la première fois dans l’œuvre du peintre, Eros s’invite à la fête. La femme exposée, dont la tête est entourée d’une auréole, se montre comprise entre deux cercles cosmiques, elle-même évoluant à l’intérieur d’une sphère de feu, offrant sa féminité érotique. Ses seins, volumineux, deviennent le point d’ancrage du buste, alors que la tête, reposant sur un long cou, penche vers l’épaule gauche (droite par rapport au visiteur). Son bassin joue le rôle mécanique dans son pivotement vers le bas. Les poils pubiens effleurent, ramassés dans un bouquet stylisé. La conception technique du corps de la femme, met en évidence l’amour que l’artiste éprouve pour Amedeo Modigliani. La cassure rythmique opérée par l’épaule gauche (droite par rapport au visiteur) du personnage féminin, permet à la tête de trouver un point d’appui.
L’expression du regard est conforme à celui de Modigliani. Particulièrement, en ce qui concerne ce que le peintre « montparnos » appelait « l’œil intérieur », plongé dans l’intériorité de l’Etre, mis en exergue par une pupille petite et vive, doucement enveloppée par une paupière soulignant le dessin de l’œil. Mais si le regard du nu féminin de Modigliani regarde souvent vers le visiteur, celui de SALVATORE GUCCIARDO couve avec une infinie douceur l’homme à la recherche de la lumière, venu se placer sous sa bienveillance, érotique et maternelle. Le cou penché vers l’épaule, permettant la cassure rythmique (évoquée plus haut) est également conforme à l’esthétique d’Amedeo Modigliani.
L’UNIVERS VERSION ROUGE
LE MYSTÈRE DE BABEL (122 x 104 cm - acrylique sur toile)
Cette œuvre est la traduction picturale de l’épisode vétérotestamentaire de la Tour de Babel, revu par la sensibilité de l’artiste. La couleur rouge, symbolisant la passion, est la note dominante sur laquelle s’articule la composition. L’édifice conçu par le peintre est animé non par le style, à proprement parler, mais bien par l’esprit futuriste du début du 20ème siècle. A’ l’intérieur de l’édifice (lequel ressemble à s’y méprendre à une nef intergalactique), diverses niches, semblables à des petites grottes platoniciennes, retiennent prisonnière une humanité en proie à ses peurs, incapable de distinguer leur ombre de la réalité lumineuse. L’avant-plan nous montre un personnage qui s’apprête à gravir le chemin conduisant à la lumière, présenté comme une constante dans l’œuvre de l’artiste. Tandis qu’à sa gauche, vers le bas, un ersatz d’humanité, enfermée à l’intérieur d’une niche, stagne dans ses impasses. Le sujet biblique est détourné par l’artiste, néanmoins, la Tour de Babel demeure. L’outrage de Nemrod envers Dieu, s’avère être positif, malgré la confusion des idiomes qu’il engendre, car il encourage la connaissance de l’Autre malgré l’obstacle linguistique. Il devient, de ce fait, le tremplin vers la culture et la pensée de l’Autre. Par le détournement qu’en fait l’artiste, la Tour devient à présent, l’image d’un espoir vers la connaissance de soi et du Monde. Remarquons que par sa structure, elle adopte, dans cette excroissance métallique située vers la droite, une tête d’oiseau.
L’ETRE ASTRAL (90 x 70 cm - acrylique sur toile)
Voici un personnage qui parsème la poésie du peintre-poète : le Sage.
Celui vers qui le voyageur de la fin du voyage initiatique s’incline. Du Sage, nous ne percevons que la tête, les épaules et les bras, posés sur un symbole, celui du triangle.
Ce triangle, l’artiste le présente onze fois. Comme nous l’avons observé, plus haut, le triangle est le trait d’union entre le haut et le bas. Entre l’ouranien et le chtonien. Il se retrouve sous bien des images : la montagne, la pyramide, les mains jointes en prière et même dans l’image du triangle pubien que l’on retrouve, mis en évidence, sur les statues des Vénus préhistoriques. Les chairs du personnage sont d’une blancheur immaculée, évoquant sa dimension spirituelle. Cette blancheur contraste avec l’ensemble chromatique dominé par le rouge. Passion et spiritualité se mélangent donnant ainsi une consistance dramaturgique et picturale au personnage. Autour du Sage, six cercles gravitent autour de lui. Le cercle est l’union de l’Alpha et de l’Omega. La boucle unissant les deux extrémités du temps (celles du commencement et de la fin) dans leur accomplissement. Considéré déjà chez les présocratiques comme une figure logique, sa forme est associée, notamment au Monde, situé au centre de l’univers. Sa dimension sphérique est considérée comme parfaite parce que d’essence divine. Est-il donc si étonnant de voir figurer ces deux entités géométriques (le triangle et le cercle) dans l’univers de l’artiste? La position des mains est très intéressante : sa main droite (gauche par rapport au visiteur) touche à peine la gauche (droite par rapport au visiteur). A’ la question de savoir ce qui l’a motivé à adopter cette position, l’artiste répond qu’il n’a voulu qu’effleurer l’attitude physique de la prière chrétienne (les mains jointes) sans vouloir l’aborder de front, précisément pour prendre ses distances par rapport aux liturgies séculaires et garder ainsi da propre dialectique.
SALVATORE GUCCIARDO, considère l’œuvre exposée comme un résumé de sa pensée actuelle, en ce sens qu’elle sanctionne cinquante ans de travail assidu, affirmant sa contribution à l’Humanité actuelle. Nous avons insisté, plus haut, sur le fait que l’artiste est à la fois peintre et poète. Peinture et poésie sont consubstantielles à son œuvre. Les thématiques exposées dans sa peinture se trouvent élaborées en sa poésie, aussi cosmique que son œuvre peinte. C’est par la poésie que l’artiste a commencé à s’exprimer par la lecture de Rimbaud. Autodidacte, il est entré en peinture, comme l’on entre en religion, à l’âge de dix-sept ans.
Sa révélation lui a été donnée par l’œuvre de Modigliani, chose parfaitement perceptible à l’analyse de LA MUSE ÉTOILÉE (citée plus haut). Son écriture picturale est sensuelle, musicale et harmonieuse.
Tout est structuré et pensé, autant dans la couleur que dans le dessin. Techniquement, il a adopté l’acrylique depuis une quinzaine d’années, après s’être exprimé par l’huile pendant quarante-cinq ans. Néanmoins, l’artiste insiste sur le fait qu’il arrive (et c’est absolument discernable) à obtenir la même finesse graphique tant avec l’acrylique qu’avec l’huile.
SALVATORE GUCCIARDO a toujours été à l’écoute des Maîtres de l’Histoire de l’Art. Peintre à l’écriture contemporaine, il jouit d’une grande culture classique et humaniste, résolument tournée vers un futurisme, parsemé d’intemporalité. Son œuvre parle à l’Humanité.
Collection "Belles signatures" © 2021 Robert Paul
N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste SALVATORE GUCCIARDO et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles.
Photos de l'exposition de SALVATORE GUCCIARDO à l'ESPACE ART GALLERY
Damas, ma bien-aimée mystique et envoûtante
L’une des plus anciennes cités au monde
Au cœur de son âme s’enlacent histoire et légende
Sur son sol se croisent civilisations et patrimoines
Son air embaumé de rose et du jasmin
À travers sa silhouette se révèle ‘Souk Al Hamidieh’
Coupole percée d’étoiles et d’étincelles
Éclairent ce chemin de mystères
Petites échoppes serrées en caravanes infinies
Fins artisans au savoir-faire
Dans le brouhaha se bousculent visiteurs et marchands
Pyramides de safran et de cumin
Montagnes de cardamome et de clous de girofle
Moulus grains de coriandre et cannelle
Manège de senteurs et de saveurs
Colliers d’ocra, sirop de grenade et tamarin d’Inde
Verres soufflés aux couleurs jaune citrine et rouge cornaline
Narghilés aux couleur vert olivine et bleu aigue-marine
vitrines d’or scintillantes
S’étalent bracelets, colliers et khilkhals
Étoffes de soie et brocard tramé
Fils d’or et d’argent se brodent de joie
Pétales de nacre et bois de rose
Marqueterie et bois de citronnier
Boîtes de mosaïques et bois de noyer
A l’eau de rose de Damas pâtisseries et caprices
Aux pistaches et vermicelles paklawa de convoitises
09/10/2010
Nada AL-ATTAR
Chères amies et amis de la galerie,
Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter son prochain vernissage du 02 décembre 2021.
Lien vers l’exposition de décembre et mon agenda culturel :
Vernissage le jeudi 02 décembre 2021 de 18h 30 à 21h 30.
Finissage les 26 décembre de 11h 30 à 18h 30.
Les artistes présents lors de cet événement sont :
Leonard COHEN (photographies et concert le samedi 04 décembre), Éric CHAPEAU (peintures), Marie-Eve PIEL (peintures au couteau), Elisabeth de DORLODOT (encres), Claudio CERMARIA (sculptures en bois et en pierres), Jerry DELFOSSE (encres de Chine), DIELLE (peintures) et l’écurie d’artistes de la galerie (peintures).
Il y a actuellement 123 vidéos en ligne sur ma chaîne YouTube « Espace Art Gallery ». À partager sans modération et n’oublier pas de donner des « j’aime » et commentaires sur celles que vous aimez ? Il y a actuellement +/- 25.000 vues sur l’ensemble des vidéos depuis fin juillet 2020 ! Et je compte sur vous TOUS pour faire augmenter ce nombre à l’avenir… Bon visionnage !
Pour visionner toutes les vidéos sur YouTube :
https://www.youtube.com/playlist?list=UUzA0FaoQB-FAHQR_UOUCigg
Pour ceux qui sont sur Facebook pouvez-vous indiquez que vous « aimer » la page de la galerie (4334 actuellement) ainsi qu’avoir visité ce lieu (124 seulement !). Cela permettra de faire augmenter ses chiffres à l’avenir. Merci d’avance pour votre participation à toutes et à tous…
Au plaisir de vous voir nombreux pour ce prochain événement…
Bien cordialement,
Jerry Delfosse
Galeriste
Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,
EAG Studio’s & Les Éditions d’Art EAG
Co-Fondateur et Président de
La Porte dorée ASBL
Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles
GSM: 00.32.497. 577.120
https://www.espaceartgallery.eu/
https://artsrtlettres.ning.com/
De la musique sacrée à Bozar
Le dimanche 14 novembre 2021 à 15h00 au palais des Beaux-Arts de Bruxelles avait lieu un concert magnifique dans la salle Henry Le Boeuf avec l’orchestre national de Belgique sous la direction du chef d’orchestre estonien Mihhail Gertset le Chœur de Chambre de Namur sous la direction de Riccardo Minasi. Certes, les meilleurs ingrédients étaient réunis : un public nombreux enfin de retour dans les fauteuils cramoisis de notre salle mythique, la conduite architecturale du chef estonien, l’enthousiasme des choristes pourtant masqués, le talent des quatre solistes, et la passion de l’écoute en live!

Au programme : La messe en ut mineur K427, dite grande messe, un chef-d’œuvre inachevé de Wolfgang Amadeus Mozart écrite entre 1782 et 1783 pour propulser sur la scène musicale sa nouvelle épouse adorée, Constance Weber, sœur de son ancienne bien-aimée, Aloysia. C’est dire si contrairement au thème de la mort, c’est le feu de l’amour qui inspira le compositeur. Seuls les Kyrie, Gloria et Benedictus étaient complets. De l’Agnus Dei et de la seconde moitié du Credo, il n’y a aucune trace. On reconnaît en outre dans cette messe des allusions à la récente découverte par Mozart de l’œuvre de Johann Sebastian Bach et de celle de Georg Friedrich Händel, en particulier l’Hallelujah dans le Messiah. Une musique de la joie et de la ferveur heureuse.
Tout de suite, dans le Kyrie le chœur a su produire des ascensions lumineuses de confiance tandis que naissent ensuite des profondeurs des Christe Eleison poignants. C’est Jodie Devos qui ouvre avec émotion Le Gloria avec le Laudamus te. L’ensemble est explosif pour se terminer en caresse apaisante. L’acte de foi rejoint l’émotion profonde avec les vocalises et le timbre joyeux de la soprano belge tandis que l’orchestre se plaît à broder le bonheur musical. Mais bien sûr le drame est aussi présent, sombre, avec des violons dramatiques, un tempo de marche funèbre, le miserere nobis est fait de larmes, les cordes scandent le triste vécu du calvaire. Le suscipe deprecationem nostram lumineux des sopranes est constitué de vagues répétées de supplications exaltantes tandis que le miserere nobis flotte comme un radeau de solitude à la dérive sur les flots des bois et des violons.
Cela se palpe au silence ému de la salle : les deux sopranos Jodie Devos et Olivia Vermeulen, mezzo-soprano recueillent une admiration sans conteste de la part du public. Les interventions du ténor écossais Thomas Walker et surtout de la basse (Le baryton norvégien Johannes Weisser) semblent réduites à la portion congrue, comme si Mozart avait délibérément amplifié les rôle des femmes. La voix en rondeur et en vibrato élégant de Jodie Devos se marie avec bonheur avec celle très affirmée et chaleureuse et bien colorée d 'Olivia Vermeulen…. Dans le Quoniam tu solus la première intervention du ténor fait preuve de beaucoup de vaillance face à ces deux femmes qui ont eu tout le loisir de chauffer leur voix.
Lorsque le chœur achève le Gloria avec le cum sancto spiritu, le plaisir choral inonde la salle comme si de partout jaillissaient des traits de lumière. Les cuivres tressent la venue d’un Amen florissant. Dans le Credo Le Deum verum de Deo vero est majestueux. Mais sans doute le moment le plus poignant, c’est après le sourire échangé entre Jodie et le chef d’orchestre lorsqu’elle est sur le point de dévoiler avec douceur infinie son solo bouleversant de l’incarnatus est, comme un moment d’ amitié exquise et privilégiée avec Dieu. C’est qu’elle offre à un public conquis un moment d’ extase personnifié. L’orchestre s’est tu, comme on le fait dans les églises lorsque l’on entend les paroles sacrées homo factus est, la soliste est portée par le très beau trio instrumental de flûte, hautbois et basson. C’est le retour des cors dans le Sanctus comme une armée humaine en marche qui ouvre le chemin de la majesté étincelante de l’hosanna in excelsis final.
Et enfin, tutti : le chœur et les quatre solistes célèbrent l’heureux homme qui vient au nom du Seigneur dans le Benedictus, un moment de gloire pour le baryton Johannes Weisser.
Dimanche 14 novembre 2012 at Bozar https://www.bozar.be/fr/musique-classique
Wolfgang Amadeus Mozart 1756-1791 – Grosse Messe in c-moll –
Belgian National Orchestra Chœur de Chambre de Namur
Riccardo Minasi, direction
Jodie Devos, soprano
Olivia Vermeulen, mezzo-soprano
Thomas Walker, ténor
Johannes Weisser, baryton
✓ Kyrie
✓ Gloria
✓ Credo
✓ Sanctus ✓ Benedictus
durée : ± 1h30
Dominique-Hélène Lemaire pour Arts et Lettres
Partenariat Poésie-Peinture
"Elea Laureen & Chantal Roussel"
sur Arts et Lettres
Je me laisse bercer par l'odeur salée
Le ciel s'est empourpré d'un ton parme enrubanné
Et le ressac se pose sur un air plus que léger
☆
La plage s'est vidée et le calme s'impose
Seules les mouettes se régalent de ce que la mer dépose
L'air est doux et le soleil va rejoindre la nuit
Bientôt les étoiles révèleront leur origami
☆
Mais profitons encore de ce tendre décor
Pendant que le jour doucement s'évapore
Sur le fil d'Ariane, nos vagues à l'âme
S'enflamment, tissant la trame de notre idéal
Car la mer baigne nos pensées souveraines
Et sur la dune au perpétuel frisson de cette marée
Elle sonde et rend l'aube fluorine plus sereine
Merci à Chantal Roussel
pour ce partenariat et cette très belle peinture
à retrouver sur sa page
https://artsrtlettres.ning.com/photo/dscn5047-2?context=user
Quand la paix est rentrée dans mon esprit, les colombes ce sont envolées.
Soudain j'ai vu le ciel s'habiller de ces couleurs
où le blanc dans sa grâce était le meilleur
et des enfants bras levés
chantant les mélodies de l'amour et de la paix.
Ma main ayant crée l'imaginaire
transpiré le bonheur dans ses mystères
et une pluie de confettis
tombés du ciel ou du paradis
car nos visages illuminés
partagent l'amour désormais.
José Mangano
Poète et artiste
Elle était appuyée au bar, souriante, rayonnante !
Jambes croisées et collants noirs, trop attrayante !
Pas du tout style topless, plutôt très distinguée.
Une chaise haute, tailleur osé et grand décolleté.
Venue se divertir, sortie d'une mère au foyer.
Prendre l'air, changer d'habitudes et s'évader.
Un verre à la main, coupe en provenance d’espagne.
Non, du bon, une excellente coupe de Champagne.
Longs cils, maquillée jusqu'au bout des ongles.
A côté d'elle, je paraissais bien trop sombre.
Ravissante, élégante, une allure exquise.
Ne cherchant que le bonheur sans se dévêtir !
Grande, séduisante au teint hâlé.
Tellement seule et vite remarquée.
J'étais assis là, à quelques mètres.
Dans ce lieu de perdition secret.
Je regardais dans sa direction depuis un moment.
Faire marche arrière, non, plutôt un pas en avant !
Faire connaissance, une attirance étonnante !
Comment se rapprocher d'elle, peu de chance.
Sa bouche mastiquant un chewing-gum à la fraise.
De jolies lèvres pulpeuses qui souvent effraient.
Subitement, elle vide son verre, quitte sa chaise et la range.
Se déplace sur la scène, prend le micro puis chante...
Un spectacle remarquable, minuit moins le quart.
Un baiser tant désiré, je suis arrivé trop tard !
Sans regards échangés et sans signe d'au revoir.
Soirée inachevée, je remets ma veste avec désespoir.
Je m'en vais triste, une nouvelle fois.
Ce doux baiser manqué, ce samedi soir.
Où iraient mes mots
si tous les oiseaux
repliaient leurs ailes
s’endormaient
dans leur chant ?
Wher would my words go?
If all the birds
Folded their wings
Whilst sleeping
Into their songs
Les partenariats
Lettres
Dès notre réveil matinal nous nous demandons que faire de notre journée ? Pour certains cette question n'a pas lieu d'être puisque l'engrenage dans lequel ils sont emprisonnés ne leur laisse pas la liberté de décider. Parfois ils sont même qualifiés de courageux par tout les autres tout aussi obsédés qu'eux. Mais obsédés par quoi ? On peut voir deux catégories qui se dessinent. La première rassemble les produits estampillés de la société dite moderne, celle qui travaille pour rembourser des prêts immobiliers souvent importants, des prêts liés aux automobiles qui permettent d'aller au travail et d'autres prêts largement consentis pour l'ameublement et autres inutilités qui tapent à l'œil et la confortent dans l'aisance superflue. Même les vacances sont à crédit ! Cette vie-là gravite autour du crédit octroyé sur la base d'un travail qui le rembourse. Travail devenu si précaire qu'il conduit tout naturellement à l'obsession de tout perdre et de finir à la rue. Cette première catégorie s'inscrit dans le "toujours plus" où tout sens du raisonnable semble avoir disparu. Les pauvres craignent de devenir encore plus pauvres et les riches de tout perdre. Ils sont pareils. Ils ont perdu toute mesure du nécessaire, du " juste assez ". C'est le ravin qui s'approche et hante les rêves nocturnes les plus sombres. La seconde catégorie qui nous touche tous est celle de la mémoire. La mémoire est une obsession perpétuelle. Elle nous fait nous souvenir de nos instants passés. Elle nous rend gais parfois et tristes aussi. Elle engendre par un mécanisme secret des travers indomptables. Nous aimons la faire vivre comme une réalité et lui permettons de prendre le chemin comme un guide de nos jours. A son extinction, il semble bien que la paix revienne et que toutes les obsessions, hormis la dernière sans doute, s'évadent avec elle laissant place à un immense désert. Nous naviguons donc parmi nos obsessions occultes comme nous aimons le chant du petit oiseau dans sa cage où nous l'y avons enfermé afin de le protéger du vilain chat !