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" Sonate d'automne "

de Chantal  Longeon

Requiem

J'entends au loin le vent d'automne,

Comme un requiem en bémol,

Le chant de l'adieu qu'il entonne

M'entoure de sa fine étole.

 

Confutatis maledictis

La bise frappe à mon carreau

Mon génie, comme un maléfice,

Semble devenir mon bourreau.

 

Je suis béni, je le devine...

Ma vie tombe en feuilles mortes

Ma musique en rafales divines.

Que la paix m' ouvre ses portes!

 

Ma destinée est embrumée

Dans ce matin pâle automnal,

Et ma sonate triomphale

S'évapore toute en fumée.

 

J'entends mugir le vent d'automne

Que t'ai-je vendue ô mon âme

A ce monde qui m'étonne...

Mon requiem aeternam.

 

JDL

25/12/2013

 

" La  maturité d'un  compositeur doutant encore de ses moyens, épuisé par les efforts à la recherche de ses tonalités à l'automne de sa vie"

Chantal Longeon

Un partenariat

Arts

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Lettres

 

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Un intermède inattendu

 

Douée d'un merveilleux talent,

Notre mère chantait souvent,

Surtout des extraits d'opérettes,

Qui nous mettaient l'esprit en fête.

Sa mémoire nous subjuguait.

Elle savait monologuer,

Rendant vivants les personnages.

Que de trésors en héritage!

Ce jour, invitée à souper,

Chez des proches, préoccupés

À se gaver dans le silence,

Je ressens soudain sa présence.

Plus tard, près du sapin immense,

Une pluie de présents commence.

J'offre un charmant petit cadeau,

Maison de bois pour des oiseaux.

 

Lors, m'arrive une chansonnette,

Qui parle d'une maisonnette,

À louer pour un faible prix.

Aussitôt, je chante ceci: 

« J'ai mis une gentille cage,

Au beau milieu de mon jardin,

Afin qu'un oiseau de passage,

S'y vienne établir un matin,

Toi qui voles là-bas, fauvette

Viens t'y loger pour la saison,

Je ne veux qu'une chansonnette,

Pour tout loyer de ma maison.

Si dans les bois, ma locataire,

Tu désirais finir l'été,

Je me rendrais à ta prière

 De reprendre ta liberté. .

Je ne veux pas que ma chambrette

Te serve à jamais de prison,

Ô viens, pour une chansonnette,

Louer ma petite maison!»

24 décembre 2013

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Heureuse Nouvelle Année!

Noëlimg2r22020.jpg Noël


Quand décembre a commencé

Tout le monde attend et sait

Que chaque jour désormais

Sera plus blanc et pus gai.

Il y a partout dans l’air

Des murmures de secrets.

On attend et on espère.

Et le grand jour arrivé,

On recevra des jouets,

Des bijoux des bagatelles,

Dans l’amour et l’amitié.

Puis,un nouvel an viendra

 

 

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Biographie : Hassane Amraoui

Biographie : Hassane Amraoui
Depuis 20 ans, cet artiste prolifique au talent exceptionnel crée et expose, en solo ou en collectif, dans les lieux les plus prestigieux en Afrique du Nord (Algérie et Tunisie surtout), en Europe (France) ailleurs sur le continent mère Afrique (en 2007, il a participé à une exposition collective à Libreville au Gabon) et aussi, ces quatre dernières années, il est présent sur la scène culturelle montréalaise. Il est parmi les professionnels les plus remarqués de Diversité artistique Montréal (DAM) sous l’égide du Conseil des arts de Montréal (CAM).
Il est engagé dans la promotion du langage pictural ancestral des Arts Premiers jaillis de la culture Amazigh ou Berbère, fondatrice d’une expression artistique ancienne originaire du bassin méditerranéen.
Fort de cet enracinement dans les traditions profondes d’une culture transversale qui a inspiré les arts de la Renaissance et s’est mariée aux expressions arabo-berbères et négro-africaines, formé aux techniques modernes et confronté aux expressions universelles tant en peinture que dans tous les arts visuels, Hassane Amraoui s’est imposé par la qualité de ses oeuvres.
À Montréal, Hassane Amraoui s’est vite mis au diapason d’un mouvement culturel en mutation marqué du sceau de la diversité des expressions culturelles et des pratiques artistiques professionnelles nouvelles qui en résultent. Exposition individuelle a Montréal,
en 2012, La virée des ateliers, Espace Grov-Art, «Le désordre du Printemps», 2009 et 2010.
La virée des ateliers Immeuble Grover. En 2008 et 2007, Porte ouverte, journées de la culture Immeuble Grover, Montréal Plusieurs exposition collective a Montréal en 2011 à la Maison de la culture cote des neiges, titre : L’écorché vif, à la mémoire de l’artiste M’hamed Issaikhem, 3eme Printemps culturel nord Africain.
En 2010, Exposition présentée dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, Les efforts de chacun font la richesse de tous, l’édifice Gaston-Miron. En 2009, Afrique contemporaine- chez Encadrex Montréal (Qc) Canada. En 2009 Galerie Cherif-fine Arts, Tunis. En 2008 : Galerie sous-marine d'art Aquart Thetford Mines, (Qc) Canada.
Il a pris part à la 6e exposition du Collectif Bain Mathieu en 2008. Hassane Amraoui a aussi présenté une exposition solo, intitulée Où va le monde? À la galerie Crescent Contemporain toujours à Montréal en 2006. Hassane Amraoui a réalisé dans son pays d’origine, l’Algérie, plusieurs fresques mesurant entre 15 et 40 m dans des grottes et sur des rochers. Entre 1997 et 2005, Hassane Amraoui a exposé dans la plupart des grandes galeries tunisiennes et algériennes, de même qu’à l’Hôtel de ville de Paris (2001).
Ses oeuvres sont exposés dans différents lieux publics (édifices, hôtels, banques) dont notamment le l’Hôtel Hasdrubal prestige à Djerba. On retrouve aussi de ses oeuvres dans différentes collections en Europe et dans le monde arabe dont des tableaux acquis par la commission d’achat des artistes tunisiens pour la Collection de l’État.
Diplôme en arts de l’École nationale de Batna (Algérie) et de l’École supérieure des Beaux-arts d’Alger (Algérie). Formation en photographie à la Maison de la presse d’Alger. Il a aussi suivi de nombreuses formations et participé à des ateliers de perfectionnement technique, administratif en Europe et au Canada.
Yves Alavo
Une oeuvre (La tribu du soleil) de Hassane Amraoui a été sélectionnée en 2009 pour le prix du concours interculturel de Montréal, prix Abe-Limonchik. En 2010 le prix du concours d’affiche du Festival PanAfrica International (Vues d’Afrique)
amraoui.hassane@gmail.com

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La mort de mon père.

 

Mon père est mort sans savoir que ma femme était morte depuis plus de six mois et que les nouvelles que je lui donnais à son sujet étaient fausses. Lorsqu'il croisait l'infirmière dans le salon, il me disait:

- Durant quelques minutes, je ne l'ai pas reconnue.

- Elle a changé, comme nous tous. C'est l'âge.

- C'est l'âge, oui.

Il retournait se mettre au lit. L'infirmière pouvait faire sa toilette et lui donner ses médicaments. La plupart ne servaient à rien mais durant des années il avait eu chez lui sur une console devant le poste de télévision, une grande variété de flacons dont il avalait le contenu, liquides ou pilules, dans un ordre déterminé et selon un horaire précis. Si l'infirmière avait cessé de lui en donner, il en aurait été profondément perturbé.

Il n’avait plus pour longtemps à vivre, le médecin me l'avait laissé entendre

Il avait commencé à déraisonner d'une manière étrange mais est-ce qu'il en est qui ne le sont pas? Une nuit, il avait ouvert la fenêtre de sa chambre et il avait crié qu'il ne se rendrait pas.

- Vous ne m’aurez pas. Jamais.

Je me suis souvent demandé quels étaient les monstres qui encombraient sa mémoire. C'est un de ses voisins qui m'avait téléphoné le lendemain matin. J'ai persuadé mon père de venir vivre chez moi. Après quelques jours il a retrouvé sa sérénité et j'ai eu le sentiment qu'il était heureux.

A midi nous nous attablions dans la cuisine pour manger. Souvent, lorsqu'il était en face moi, il me regardait attentivement et il secouait la tête.

- Quel âge as-tu? Laisse-moi deviner. Tu as déjà quarante ans. Est-ce que Thérèse va venir nous rejoindre ?

- J'ai cinquante cinq ans, papa. Thérèse n'est pas là.

La scène se répétait régulièrement mais je m'efforçais de ne pas m'énerver. Ensuite, c'était pareil à chaque fois, il me racontait en détail des évènements survenus durant sa jeunesse en accordant autant d'importance à des vétilles qu'à des incidents qui avaient marqué sa vie. Tous les vieillards atteints de la même affection agissent ainsi, m'a-t-on dit. C'est le début de la sénilité. Est-ce que moi aussi je finirai comme lui?

Parfois en revanche il me faisait des reproches avec animosité. Il me reprochait d'avoir été un mauvais fils, de ne l'avoir jamais aimé. Je lui répondais avec véhémence jusqu'à ce que je me souvienne qu'il était malade.

- Oui papa, tu as raison.

Thérèse était morte depuis six mois. Je le lui avais annoncé par téléphone le jour de son décès et il avait pleuré. A l'époque, il était encore chez lui et je lui téléphonais tous les jours.

Mon père était veuf depuis vingt ans. Il vivait seul. J'étais sa principale distraction. J'ai compris que sa santé mentale se dégradait lorsqu'il m'avait demandé des nouvelles de Thérèse quelques jours après que je lui avais annoncé qu'elle était morte. A chaque fois que je l'appelais, il me disait:

- Oui, je me souviens bien d'elle. Comment va-t-elle?

Si bien que je répondais qu'elle allait bien.

- Comme d'habitude.

Et il arrivait que je lui donne des détails quant à ce qu'elle avait fait ou ce qu'elle avait dit. Il m'arrivait de penser que ce n'était pas seulement à lui que je m'adressais. Je n'inventais pas ce que je lui disais. Les faits que je lui relatais, et à moi aussi par conséquent, étaient réels. Ils s'étaient produits lorsqu'elle vivait encore.

Lorsque le voisin de mon père m'a appelé pour me dire que mon père perdait la raison, j'en ai été heureux. Chez moi désormais chacun d'entre nous poursuivait le monologue qui lui tenait à cœur sans que l'autre n'en soit surpris. Il parlait de lui et de sa femme. Il la dépeignait avec amour. Il répétait qu'elle était belle. Ou bien il m'interrogeait sur Thérèse et Thérèse avait la vie que je lui inventais au travers de mes réponses. Etait-ce de l'invention ?

Thérèse était née le 14 septembre. Le jour de son anniversaire, j’ai débouché une bouteille de champagne et j'ai demandé à mon père s'il voulait que je l'aide à se lever. Son regard était plus vif qu'à l'habitude.

- Est-ce que Thérèse est là?

- Thérèse est morte, papa. 

Mon père dépérissait. Je ne sais pas si j'appréhendais sa mort ou si je la souhaitais. Je ne comprenais pas qu'un vieillard puisse vivre plus longtemps qu'un être jeune qui est censé avoir une longue vie devant lui pour accomplir, plus tard sans doute, ce qu'il n'avait pas eu le temps d'accomplir durant sa jeunesse. En réalité, je lui reprochais la mort de Thérèse qu'il aurait pu échanger contre la sienne.

- Thérèse est morte, papa. Tu entends, elle est morte.

 J'ai répété:

- Elle est morte, morte.

J'ai dû le faire entrer à l'hôpital où il attendrait sans souffrir la fin qui était proche. Il disposait d'une chambre pour lui seul et une infirmière le veillait constamment. C'était une jeune femme attentive et d'une santé triomphante.

Ce soir-là le médecin m'avait fait savoir que mon père ne passerait probablement pas la nuit et j'ai décidé de veiller à ses côtés. Je lui serrais le poignet pour lui transmettre les flux de ma propre vie. J'avais la sensation qu'il en avait conscience.

- C'est la fin.

L'infirmière était penchée au dessus de lui. A travers sa blouse de nylon je distinguais son corps. Je ne sais pas si c'était l'atmosphère de cette chambre, la lumière mate qui venait du mur et marquait d'ombres nos visages, l'odeur de désinfectant et la présence de ce cadavre qui avait été mon père mais je voyais sa lourde poitrine à peine dissimulée par un mince soutien, ses cuisses pleines et serrées et j'avais envie de la toucher. Elle m'a regardé un moment, peut-être qu'elle attendait quelque chose, j'ai pensé à Thérèse puis elle s'est écartée en disant:

-Il est mort.

 

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prix de l' AREAW

Avis à mes amis. Un de mes textes, "Talons d'Achille", vient de se hisser au rang des lauréats du prix annuel de la nouvelle organisé par l' Association des Ecrivains et Artistes de Wallonie. Il sera bientôt en ligne sur www.areaw.org sous l'onglet "anthologie".

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Haïkus de fin d'année

 

 

Traces de baisers

Sur une joue ridée

L'année commence.

 

                                       Des flocons de neige                                      

Rafraîchissent le vin chaud

Marché de Noël.

 

Je lève les yeux

L'étoile dans le sapin

Se met à rougir.

 

                      Entouré d'enfants                    

        Jésus tout seul dans sa crèche 

                       Semble intimidé !                    

 

                        Les sapins ornés                     

Comme le sont les coquettes,

Qui montre la voie ?

 

Sur toutes ces bûches

Les jésus en sucre rose

Paraissent bien seuls !

 

Noël enneigé

~Aussi blanc que ta chemise

Notre jardinet.

 

À l'encre dorée

D'une écriture hésitante

Finir les menus !

 

 

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2014

J'édite un calendrier pour 2014 qui présente 13 de mes œuvres surréalistes. 22 euros payable par Paypal port compris pour la Belgique.

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L'anniversaire

 

André voulait fêter son cinquantième anniversaire, sa nouvelle demeure dans un faubourg élégant de la capitale, et la vente du dixième immeuble qu’il avait construit avec son seul argent sans l’aide aucune de la banque. Il était fier de ce qu’il appelait sa réussite et n’avait, disait-il, aucune raison de le cacher.

Il plaisait aux femmes. Peut-être un peu moins à la sienne. Il était généreux avec elle, il lui offrait le bijou de valeur qu’elle souhaitait pour l’exposer, c’est le mot, lors d’un dîner. Elle avait sa voiture, un cabriolet de marque courante, mais dont les sièges étaient en cuir et elle portait des vêtements discrets dont les connaisseurs reconnaissaient l’origine.

Le cuir parce qu’il se froissait entre les mains comme un chiffon quand il était de la qualité voulue, était la matière qu’elle appréciait le plus. Souple il moulait ses hanches et provoquait instantanément chez les hommes des associations d’idées dont elle jouissait.

Peu d’hommes ont conscience de frustrer leur femme des plaisirs que procurent ne seraient ce que les attouchements qui sont les mots des amants.

Deux jours après la fête d’anniversaire, Irène avait  pris un amant italien. Luigi représentait une firme italienne. Célibataire, il occupait dans le haut de la ville un petit appartement coquet qui lui servait aussi de bureau. Il n’avait pas de secrétaire. Un ordinateur et le téléphone suffisaient à faire des affaires qui paraissaient excellentes.

C’était un beau garçon qui accentuait son accent italien lorsqu’il était en compagnie de femmes. C’était une coquetterie dont elles avaient conscience mais qui les faisait sourire et qui lui conférait un charme de plus. Parfois elles le reprenaient.

- Voyons Luigi, soyez sérieux !

Soit, disait-il avec un regard contrit, mais elles étaient à moitié conquises. 

Il avait dit à Irène qu’il connaissait l’agent d’une des premières firmes italiennes de vêtements de cuir et puisque Irène adorait ces vêtements qui lui étaient comme une seconde peau :

- Si vous voulez, je vous conduis à ses bureaux, il vient de rentrer une toute nouvelle collection et il vous fera les prix qu’il fait à ses clients détaillants.

Elle voulait bien. Elle ne le dit pas mais elle pensa que Luigi était un ange. 

Les détails de sa liaison avec Luigi, André ne les connut que quelques mois plus tard. Il y a toujours des amis ou des amies qui ont le sentiment de  rendre service en révélant à un mari que sa femme le trompe, ou à une épouse heureuse que son mari a une double vie. Curieux service que celui qui torture mentalement ses amis !

Luigi avait dit à Irène que la jupe en cuir rouge écarlate qui moulait ses fesses lui allait à ravir. Qu’elle était si luisante qu’on pouvait imaginer que c’était l’eau de sa douche qui ruisselait sur ses hanches. De voir Irène en petite culotte, elle avait refusé qu’il se retire, elle avait dit en riant qu’il avait vraisemblablement, elle avait répété vraisemblablement, déjà vu des femmes en petite culotte, lui avait donné des idées comme on dit. Une coucherie comme un merci et tout serait resté comme avant.

Il faut croire qu’Irène avait non seulement apprécié les attentions de Luigi  mais qu’elle avait été émue par le caractère que cette aventure donnait à sa vie. Comme un relief de feu, c’est l’adjectif qu’elle se murmura,  qui soulignait l’histoire généralement si plate de la plupart des épouses.

Quand André fit appel aux services d’un détective spécialisé qui avait mis leur téléphone sur enregistreur, il apprit que leurs relations, téléphoniques en tout cas, étaient torrides. Les cassettes qu’André conserva quelques années après leur divorce auraient pu sortir de maisons spécialisées. Cela donne à penser quant aux jardins secrets des êtres humains.

André travailla beaucoup plus tard et Josette sa secrétaire resta au bureau jusqu’à ce qu’il lui intime l’ordre de rentrer.

- Personne ne m’attend. Vous savez bien que je vis seule.

Elle travaillait avec André depuis dix ans. Elle l’avait toujours accompagnée et il se souvenait de la jeune femme timide qu’elle était lorsqu’elle s’était présentée. Irène avait dit : elle est parfaite, cette jeune femme. Elle a l’air un peu gourde mais ce n’est que mieux. Elle n’est pas obligée de comprendre le dessous des choses.

- Je vais vous reconduire, j’y tiens.

Elle habitait un petit immeuble à proximité des quais. Un quartier populaire d’immeubles anciens et d’entrepôts.

- Où mangez-vous, d’habitude? Je suis certain que vous ne mangez rien quand vous rentrez tard ? Quelqu’un vous attend ? Non, bien, je vous emmène au restaurant.

Il avait repris ce ton qui n’était pas autoritaire mais déterminé comme il le définissait lui-même. Ce ton qui est la marque des chefs, de ceux auquel, tout naturellement, on obéit. Il le pensait d’ailleurs: « il y a ceux qui disent ce qu’il faut faire, et il y a ceux qui disent : oui, monsieur ».

Elle connaissait un petit restaurant thaïlandais, pas un restaurant de luxe mais « elle s’y rendait de temps à autre en rentrant du cinéma ou du théâtre, on y mangeait bien et pas cher. ».

- Et l’opéra, vous aimez ?

Après le restaurant, il avait ramenée Josette chez elle, il voulait voir comment elle vivait, ils avaient bu un verre d’alcool, ils avaient parlé de théâtre, des derniers films qui étaient sortis, ils s’étaient rendus compte qu’ils avaient beaucoup de goûts en commun, sinon que Josette, au contraire d’Irène, était une jeune femme timide, un peu effacée, et qui se contentait de peu. Il l’avait embrassée, elle n’avait pas trop résisté, et il l’avait prise sur le tapis du salon. Il n’avait plus aimé une fille sur le tapis d’un salon depuis son adolescence.

Irène prétendit devant leurs amis au moment de leur divorce qu’André avait connu Josette à la manière biblique, Dieu sait depuis quand il la baisait au bureau, pendant qu’elle s’efforçait de séduire les banquiers, Elle avait trouvé dans la poche du veston d’André une petite culotte froissée qui était celle de Josette.

- Salope, avait-elle crié au bureau devant les deux employées.

Une culotte ? Qu’est-ce que ça prouve ?  Est-ce qu’elle se préoccupait, elle, des sous-vêtements de Luigi ou d’Irène lorsqu’ils se rencontraient ? Entre cinq et sept à ce qu’on disait.

Les larmes coulaient encore sur son visage si candide lorsqu’Irène était sortie sans se donner la peine de fermer la porte du bureau.

La situation devenait singulière. Irène et André partageaient toujours le même toit mais le lendemain de l’altercation au bureau, Irène s’était absentée, elle avait des courses à faire; avait-elle dit.

Le facteur avait remit une lettre à André. Un avocat lui faisait savoir que sa femme se préparait à demander le divorce pour adultère.

- Tu veux divorcer ?

- Comment continuer à vivre avec un homme qui me trompe avec sa secrétaire ?

- Moi je te trompe? Et Luigi? Tu me prends pour un con.

Ils cessèrent de se parler et ils montèrent se coucher comme ils le faisaient depuis vingt ans mais dos à dos.

Le lendemain André se leva le premier, bu une tasse de café, il en laissa pour Irène et quitta la maison le premier.

Au bureau il travailla comme si rien ne s’était passé, déjeuna ave Josette d’un sandwich qu’il fit livrer et rentra chez lui. Il avait besoin de réfléchir.

 Sur la table de la cuisine il y avait la tasse qu’il avait utilisée le matin et le café qu’il avait laissé à l’intention d’Irène. Elle avait dû s’absenter toute la journée. Il pensa à nouveau qu’il avait besoin de réfléchir, c’était déjà une forme d’action, mais il ne savait pas comment s’y prendre.

Lorsqu’ Irène rentra, ni elle ni lui ne firent allusion à leur future séparation. Ils montèrent se coucher et, aussi étrange que cela paraisse, une pulsion soudaine et de la rage aussi, le poussa à se porter vers sa femme, elle fît à peine semblant de résister, et ils firent l’amour avant de se retourner.

C’est ce matin-là qu’André emplit une valise de vêtements, il pensa qu’il valait mieux quitter la maison.

- Ce n’est pas la peine de nous disputer. Je te ferai écrire au bureau ?

- Au bureau, oui.

Elle était encore en chemise de nuit. C’est vrai qu’elle était appétissante. Il lui vint à l’esprit qu’il n’avait jamais fait l’amour avec sa femme le matin. Finalement, quinze ans de mariage n’épuisent pas le sujet en matière érotique.

Le plus ardu fut de chercher un endroit pour y passer les nuits. Chez Josette ? L’appartement était charmant mais modeste. Hélas, il n’avait plus l’indifférence de la jeunesse quant au confort depuis qu’il possédait une jolie maison près du bois.

Ce soir-là, lorsque les deux employés furent partis, seul avec Josette, il lui dit qu’il avait quitté la maison.

- J’ai pris une chambre à l’hôtel, ce n’était plus possible.

- Tu aurais pu loger chez moi.

Il était émerveillé. Tant de gentillesse et de spontanéité dans la gentillesse. Elle n’avait pas hésité un instant.

- Et je dérangerais ta vie ? Même si tu n’as pas d’ami sérieux, tu as des parents, des amis, des habitudes que je risquerais de déranger.

- Dis-moi la vérité : ce qui s’est passé entre nous, ce n’était que l’aventure d’une nuit. Je ne t’en voudrai pas tu sais. Mais, j’ai cru un moment…

Les larmes mouillaient ses yeux. Le lendemain, en revoyant la scène, et ce qui s’en était suivi, les baisers, le retour chez elle, le repas chez le vietnamien où ils avaient mangé ensemble la première fois, à peine le prix de quelques sandwiches, et ses caresses sitôt revenu chez elle, il se disait en riant que ce qu’on appelle ironiquement des romans de gare ne traduisaient que la réalité. Il fallait être fou ou cynique et blasé pour ne pas voir que c’est là que se trouve le reflet de l’amour véritable.

Pourquoi ne pas le dire, il était flatté aussi de la manière dont, alors qu’il repoussait la porte, elle s’était serré contre lui, avait saisi sa main, et l’avait posée sur sa poitrine en gémissant. Jamais il ne s’était senti si nécessaire à l’épanouissement physique d’une femme, et capable de la combler.

Désormais, disposant de moyens honorables, il pouvait jouir d’un célibat retrouvé ou songer avec l’expérience qu’il  possédait à reconstruire sa vie sur des bases bien réfléchies. C’est vrai, on y perd un peu du hasard des rencontres adolescentes mais par contre les choix, parce qu’il y a des choix, sont soigneusement pesés.

Etre marié et ne pas l’être en même temps, c’était une situation ambiguë devant laquelle il manquait de repères. Désormais s’il lui venait à l’idée de coucher avec Irène et d’en jouir comme cela avait été le cas hier encore, il devrait la séduire et attendre son bon vouloir. Le corps d’Irène lui parût soudain plein de secrets et le plaisir qu’il en avait tiré beaucoup trop mince.

Il se dit qu’il était temps de penser à Josette parce que c’est elle qu’il trompait en pensée.

- Tu vas déménager, dit-il. Nous allons chercher un appartement confortable.

- Mais moi, je n’ai pas besoin de plus que ce que j’ai. Comment le payer ? Et le jour où tu ne voudras plus de moi ? Tu mérites beaucoup mieux, j’en suis consciente.

- Un ange ! Ca existe donc encore ? Il la prit dans ses bras. Un ange !

Il fallu peu de temps pour que le couple qu’il formait avec Josette s’impose à tous ses amis Et c’est d’elle désormais qu’il attendait qu’elle soit l’expression féminine de sa réussite. D’ailleurs, Josette avait des gouts identiques à ceux d’Irène tant en matière de bijoux, de voiture ou de vêtements. Mais, et c’était une grande différence, André devait insister pour qu’elle accepte ce qu’il lui offrait.

Avez-vous remarqué ? Lorsqu’un homme trompe sa femme, c’est souvent avec une femme qui ressemble à la sienne. Au fond, c’est faire preuve de fidélité à son égard.

Leur union commença à se déliter lorsqu’elle raconta lors du premier anniversaire de leur mariage qu’elle avait fait la connaissance d’un jeune peintre d’origine italienne qui les avait invités tous les deux, son mari et elle, au vernissage de son exposition. Ses tableaux, dit-elle, étaient très beaux. Elle ajouta qu’il avait promis de leur faire des prix.

Non il ne se nommait pas Luigi mais Alberto.

Nous étions quelques uns à fêter le premier anniversaire de leur union. C’est moi qui en mon for intérieur fit cette boutade. Il y eut cependant un silence soudain autour de la table.

C’est André qui le rompit en portant un toast. Heureux anniversaire, dit-il.

 

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Un Noël floral...

Message à l'attention des amis de notre réseau Arts et lettres,

J'ose espérer que chacun de votre côté, vous vous apprêtez à vivre une chaleureuse célébration de Noël, que vous en fassiez une festivité profane, ou au contraire sacrée, loin de l'aspect mercantile qu'est devenue cette fête, et surtout que personne parmi vous ne restera solitaire en cette veillée du 24 Décembre et jour du 25 inclus.

Je vous présente également tous mes vœux les plus florissants à l'aube de ce nouvel an.
Que les souhaits qui vous tiennent à cœur s'accomplissent, et que notre seul vrai trésor, la santé, nous permettent la réalisation de nombreux projets...
Et surtout, surtout, soyons un brin utopistes, que l'année 2014 soit le moins possible éprouvante en barbarismes de par le monde...

Floralement vôtre,
Une Valérianacée

Post-scriptum : Je vous ai concocté un court dossier concernant cette corolle hivernale, à partir de mon impulsion de vous faire partager un texte de Colette nous livrant un portrait de la Rose de Noël.

J'espère qu'il suscitera votre intérêt.

À propos de la Rose de Noël.pdf

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Je ne fêterai pas sans toi

 

Soliloque

Un au-revoir n'est jamais triste.

On sait que revient le printemps,

Chaque saison en fait autant.

Sans cesse s'ouvrent d'autres pistes.

On sait que revient le printemps;

L'énergie circule et subsiste.

Sans cesse s'ouvrent d'autres pistes.

Tu trouvais cela exaltant.

L'énergie circule et subsiste,

Sauvée par son pouvoir troublant.

Tu trouvais cela exaltant,

Chercheur demeuré humaniste.

Sauvée par son pouvoir troublant,

Ta pensée fait que tu existes.

Je lui prête ma voix, te cite.

Dans ma maison tu es présent.

22 décembre 2013

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Cher Ami,

 

Me voilà heureuse,

comme ça, pour rien !

Juste la hâte,

de vous l'écrire.

Toute ma peau se dilate,

pour boire,

se désaltérer  de la vie toute entière,

en un seul instant !

C'est une sensation fort agréable,

précieuse et rare,

qui peut s'apparenter à un envol.

C'est comme écrire déjà ;

l'aube d'un texte, d'un poème,

une floraison hors saison !

L'élancement réciproque,

de parfums, point entêtants,

vierges mais pourpres,

entre deux fleurs voisines,

au coeur d'une vallée féconde,

de soleil et de pluie gorgée !

Voici mon Cher Ami,

un peu de mon bonheur,

ce soir pour vous seul.

Bien à vous.

NINA

 

 

 

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Pensées vers ceux ou celles ....

Dans le ciel,

des êtres chers,

aimés,

un peu des anges,

dont les yeux d'or,

lorsqu'ils les ouvrent,

plus ou moins grands,

 diffusent,

l'ensoleillement sur terre,

lorsqu'ils les ferment,

 l'onctueuse nuit noire,

veloutée et chaude ;

des murmures alentours,

le bruissement du ciel,

devenu invisible.

Papier métallisé,

 argenté et froissé,

en altitude, grandiose ;

soleil sombre,

première neige.

Sentiment de paix,

point furtif,

d’originel souffle,

tiède et bleu ;

La vie réinvitée,

ici, partout.

Mienne.

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Un mariage ordinaire.

 

La richesse n’intéresse pas la plupart des filles lorsqu’elles ont vingt ans. Néanmoins, elles sont séduites par la situation qu’elle vous procure auprès de ceux qui en ont moins. Entre Pierre et George, c’est Georges qu’elle avait choisi. Georges, son père et l’usine du père de Georges, d’un seul oui l’avait propulsée dans le monde des gens biens.

Pierre était le secrétaire du père de Georges. C’était un garçon sensé et raisonnable, il comprenait Isabelle et il fût son témoin de mariage.

Georges était un garçon simple. Il n’était pas attaché au besoin de paraître. Sa voiture, un cabriolet anglais, une Aston-Martin, était la voiture la plus sale de la ville. L’une d’entre elles en tout cas. Lorsque son père souhaitait qu’il profitât de ses passages à l’usine pour la faire laver, il répondait :

- Ta Bentley, je comprends. C’est une question de standing, mais moi ?

Mariés, Georges et Isabelle firent leur voyage de noces à Bali.

C’est au retour, en embrassant Pierre qui était venu les attendre à l’aéroport qu’elle prit conscience que c’est Pierre qu’elle aurait du épouser. Il s’était penché pour l’embrasser et durant un instant elle avait eu le sentiment que c’était son mari qui l’embrassait. Elle ne pouvait pas se l’expliquer, elle y avait réfléchi le soir même, c’était comme si leurs corps s’étaient reconnus.

Georges, après avoir embrassé celui qui était son meilleur ami, l’invita à dîner pour le lendemain soir.

- On t’en dira des choses, Pierre. Bali, c’est formidable.   Isabelle a adoré. Si tu avais été à ma place, tu aurais adoré aussi.

- A ta place, à ta place…

Ils se mirent à rire mais pour chacun d’entre eux la nature du rire avait été différente.

Le lendemain, comme promis, ils dinèrent ensemble, Georges dit que Bali était spectaculaire, elle ressemblait à ce qu’en disaient les brochures touristiques, et les balinaises étaient typiques, les mêmes brochures le confirmaient.

Ils burent une bonne bouteille et un peu plus tard, ils se séparèrent  en riant de ce même rire  qu’ils avaient eu la veille. 

Parce que quelques mois plutôt, Pierre aurait terminé  la nuit dans l’appartement de Georges.

- Hé oui, Pierre. Entre Isabelle et toi, je choisis Isabelle.

- Je ferais comme toi.

Isabelle se redressa

- Vous, les hommes ! Et moi, personne ne demande son avis aux femmes.

Deux mois à peine après son mariage, Isabelle s’ennuyait déjà. Georges était souvent à l’étranger, son père lui avait confié le contrôle des filiales étrangères. Chez elle, le plus gros des tâches dévolues à une épouse, étaient le lot d’une servante. L’ennui corrode les plus belles unions.

- Je m’ennuie Pierre.

Pierre lui tenait compagnie lorsque Georges était absent.  Et lorsque Georges l’appelait au téléphone, elle lui transmettait le bonjour de Pierre.

Un soir que Pierre l’embrassait avant de renter chez lui, elle le retint.

- Reste Pierre.

Il arrive qu’un mari ait une maîtresse de laquelle il attend les élans dont il prive son épouse. Il arrive qu’une épouse ait un amant qui lui confirme qu’elle est la plus séduisante. Cela pourrait donner à penser qu’une tragédie est peut être en train de naitre. En réalité, dans la vie courante, il dépend des médias qu’une tragédie  soit un fait dit de société ou une bête histoire de cul. Les histoires de fesses, on en parle peu. Elles sont souvent le pain d’unions parfaitement honorables, à deux ou à trois, et souvent heureuses.

- Je t’aime. C’est toi que j’aurais du épouser.

En général, entre amants on s’aime bien ou on s’aime beaucoup, s’aimer tout court suppose beaucoup d’amour. Et de mensonge. Pas seulement l’abandon  de son corps.

Aimer la femme d’un ami est une situation inconfortable pour l’esprit. Etre son amant  oblige à des manœuvres complexes pour être fidèle à sa maîtresse et à son ami. Il y a peu de solutions faciles. Le meurtre de son ami vous lie à sa femme indéfiniment. La rupture d’avec sa femme vous sépare de lui pour très longtemps sinon pour toujours. Comment faire ?

Heureusement la vie dispose de solutions simples et souvent répétées mais les héros n’en sont pas conscients.

Parce que l’excitation du début de sa liaison avec Pierre qui avait ajouté du piment à leurs ébats avait laissé place à des angoisses, Isabelle convint avec Pierre dont Georges deviendrait un jour le patron, qu’il valait mieux rompre.

- Tu comprends Pierre. J’aime Georges.

- Je te comprends Isabelle. L’amour compte plus que le sexe.

Michel, c’est dans le salon d’un hôtel de luxe qu’elle l’avait rencontré. Le salon des hôtels de luxe était le terrain de chasse préféré de Michel. Endroit neutre, les engagements n’y étaient pas profonds.

C’est curieux, pensait Isabelle. De  tromper son mari avec des inconnus lui apparaissait plus honorable que de le tromper avec son meilleur ami.

 

 

 

 

  

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Joyeux Noël !

Joyeuses fêtes de fin d'année autour du sapin et bonne année 2014. Merci pour tous les partages tellement  divers et de si grand intérêt. Longue vie à ce réseau d'amis,  à ses cadres sans oublier son fondateur  bien sûr qui lui confèrent  sérieux et qualité quotidiennes.Amitiés de Périgueux. Joyeux réveillon !

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