Toutes fleurs dehors,
le grand magnolia a dressé de son corps
un haut rempart
qui a découragé l'hiver.
Seules passent sans crainte
les trop agiles averses de giboulées.
De l'une d'elles est tombée
une fine plume de neige
qui a éveillé le rêveur.
Toutes les publications (16059)
Que sont devenues ces quelques gouttes de regards que Vous daigniez m'accorder parfois, et qui suffisaient à étancher ma soif du monde ?
Se sont-elles desséchées dans des déserts sans fins ?
Ont-elles inondé des grandes plaines devenues ainsi mers de boues ?
Toujours la même question.
Toujours la même soif.
Titre français: "La femme qui murmurait à l'oreille des éléphants"
Tout commence par la rencontre entre une petite paysanne et un éléphant pris au piège dans la jungle thaïlandaise pour être voué à l'industrie du tourisme. Lek Chailert lui fait le serment de consacrer sa vie à aider les éléphants. En dépit de la promesse faite à sa mère de trouver un job dans l'administration, ce qui lui vaudrait des soins de santé gratuits, Lek suit sa vocation et consacre sa vie à sauver des éléphants maltraités et dressés pour assouvir les demandes extravagantes du public des cirques et autres parcs d'attraction où des éléphants sont élevés à coups de fouet ou de pique pour faire "le beau", saluer ou même rouler à vélo.
Avec la bénédiction de sa mère, Lek prend le risque de braver la mafia pour créer une réserve naturelle où ses "pensionnaires" récupérés, même en fin de vie, puisse goûter à la liberté et mourir dans la dignité et le bien-être. Maintes fois menacée, au risque de sa vie, elle mène son combat dans un environnement sourd à la souffrance où l'argent fait foi et loi.
Autrefois animal sacré, l'éléphant est aujourd'hui une marchandise essentielle du développement touristique de la Thaïlande qui a enregistré durant la dernière décennie des records en terme de bénéfices. La plupart des 3 000 éléphants d’Asie restants en Thaïlande vivent aujourd'hui en captivité dans des conditions précaires. La crise du COVID a amené son lot de ravages. La plupart des mahouts (dresseurs et soigneurs d'éléphants) sont rentrés chez eux face à la pandémie abandonnant les animaux à leur sort et à la famine (l'interruption de l'affût des touristes ayant engendré une crise économique sans précédent du secteur). Mais serait-ce aussi le début d'une prise de conscience sur le chemin de la rédemption ?
Le film, remarquable par la qualité des images, suit Lek dans ses batailles pour le sauvetage de chaque individu et nous plonge au coeur d'une histoire d'amour entre les hommes et cet animal dont l'intelligence et le sens de la solidarité au groupe ne sont plus à prouver.
Ce film porte le thème dominant de cette 15ème édition du festival : placer l'humain et l'humanité au centre des débats et ce qui ne gâte rien il dresse le portrait d'une battante dans une société où la femme marche derrière l'homme et a vocation à se taire.
Après un premier film réussi sur les ravages de la drogue et de l'alcool sur la jeune génération d'une petite bourgade dans le Yorkshire (Meilleur premier LM britannique au East Film festival 2010), Jez Lewis continue à produire des documentaires (dont Ghosts sur l'immigration clandestine chinoise au Royaume-Uni) et s'apprête à sortir avec sa partenaire Rachel Wexler et leur société de production Bungalow Town Productions, un nouveau portrait de femme, celui d'une jeune sumo japonaise, une combattante dans une société toujours trop machisme.
Lek Chailert sera présente lors de la projection du film le 26 mars.
Palmina Di Meo
Retrouvez le programmation complète du festival via le lien:
http://www.festivalmillenium.org/fr/page-daccueil/
Comme Elle, vous représentez la beauté sur terre.
Comme Elle, vous êtes lumineux.
Comme Elle, vous êtes tout en galbes et rondeurs.
Comme Elle, vous êtes d’un toucher velouté.
Mais jamais le vent ne vous échevèle.
Mais jamais le vent ne chante dans vos cheveux.
Mais jamais le vent ne me fait parvenir votre parfum.
Mais jamais vous ne m’apporterez le goût de sa bouche.
Elle, elle sera toujours la plus forte, je dois m’y faire.
Dominique (Thierry Helin) et Gilles (Vincent Minne), deux flics se retrouvent matins et soirs au vestiaire, lieu de confidences au moment d'endosser ou retirer les attributs du pouvoir: uniforme, gilet pare-balles, matraque. c'est aussi l'endroit de la césure entre la sphère professionnelle et privée. Ils sont co-équipiers et très différents l'un de l'autre. Dominique est un sanguin. Gilles est plutôt sans histoire. Le foot est son principal centre d'intérêt. Il est aussi l'oreille bienveillante de Dominique sans toutefois s'impliquer plus que nécessaire. Quand Dominique lui fait part de ses soupçons quant à l'infidélité de sa femme, Gilles le taquine. Mais pour Dominique qui a besoin d'un environnement rassurant après une journée de stress et de violences, la coupe est pleine. Il est persuadé que sa femme le trompe et comble de l'ironie, avec un noir. Peut-être un talentueux joueur de foot? Il confie à Gilles qu'il est prêt à la "buter" quitte à se tuer lui-même.
Servir et protéger, ce sont les missions qui doivent les guider en tant que forces de l'ordre... On les retrouve le soir. Gilles remonte les bretelles à Dominique: "T'es sorti des clous. On s'est mis à trois pour t'écarter" car oui, Gilles a passé ses nerfs sur un jeune noir sous prétexte de "rébellion". Mais Gilles ne va pas au-delà de la mise en garde. Dans la police on se serre les coudes. Sauf que Dominique dispose d'une arme...
"Deux flics au vestiaire" fait partie d'une trilogie écrite par Rémi De Vos (éditée chez Actes Sud) à la demande du Poche avec pour objectif de faire rire à propos des bavures policières. Sauf qu'on ne rit pas vraiment. Même si le sujet est traité sur le mode de la blague (Allons, si on dit qu'on va tuer sa femme, c'est qu'on ne le fera pas, sinon on se tairait), la gravité du propos et sans doute son actualité, nous assène le texte comme un coup de poing. Racisme, féminicide, indifférence, passivité face aux actes de violence, nous sommes tous concernés.
Le Poche a suscité le débat il y a quelques jours en invitant Valentin Gendrot, journaliste infiltré dans la police parisienne dont les révélations avaient déclenché en France une vaste enquête.
Si la violence n'est pas montrée dans la pièce, on se souvient de l'affaire Michel Zecler, un producteur de rap martiniquais tabassé par plusieurs policiers à son domicile et dont l'agression avait été filmé par des caméras de surveillance par un heureux hasard avec des images particulièrement choquantes.
Thierry Helin et Vincent Minne sont parfaitement complémentaires lorsqu'ils enfilent les caractères de ces personnages hors cadre: un homme violent et à cran et un passif un brin évaporé coincé dans la trouille et le démenti, tous deux représentants de la force et de l'ordre publics.
Un affrontement qui interpelle et suscite la réflexion sans réellement l'alimenter. Le débat est à chercher ailleurs.
A voir au Poche jusqu'au 25 mars.
Palmina Di Meo
Des gens de l’Art au théâtre du Parc pour jouer Pinocchio
Comédien auteur, metteur en scène, Thierry Janssen nous livre au théâtre du Parc une adaptation originale du conte moralisateur italien bien connu de Carlo Collodi (1883). Dans ce spectacle savoureux et grisant, tant pour les adultes que pour les enfants, l’auteur déploie habilement un fantastique arsenal théâtral fait de textes subversifs et drôles, pimentés d’une dose bien rafraîchissante d’italien. Un arsenal fait d’espaces bien construits, de corps brûlants de dynamisme, de sons et lumières qui n’ont rien à envier au cinéma. La brillante mise en scène ne manque pas d’humour et est signée Maggy Jacot et Axel de Booseré. Les enfants adorent ! Les comédiens Aurélien Dubreuil-Lachaud et Mireille Bailly se partagent astucieusement les rôles de Lino, le chat, Arlequin et Colombine, le renard et Vanda. L’ambiance est celle de la Commedia dell’arte, les enfants jubilent.

Julien Besure, Fabian Finkels Photo Aude Vanlathem
Lorsque le tissu est à l’endroit, on croit voir ce que l’on attend, à savoir la reconstitution subtile et resserrée des tribulations du jeune pantin de bois à travers l’évocation de ses multiples métamorphoses dans un univers de magie et de rêve. Puisque c'est là que se trame de fil en aiguille un parcours complexe vers la découverte de son humanité, ciselée avec ferveur par l’amour de Gepetto, son génial créateur.
Mais, première surprise, le Pinocchio que l’on a devant les yeux est d’emblée un vif jeune homme, en chair et en os sous les traits du pétillant Julien Besure, en comédien tête d'affiche d’une tournée théâtrale du spectacle « Le avventure di Pinocchio ». Place au mystère du théâtre dans le théâtre. Les enfants sont éblouis. Et dès l’entrée de jeu, l'extraordinaire vedette du théâtre du Parc, Fabian Finkels, dans le rôle du directeur de la troupe prévient : l’histoire sera extraordinaire : vraie ou pas, c’est aux spectateurs d’en décider. Vrai ou faux ? Il promet de ne jamais mentir, de parler vrai. Mais, qu’est-ce que parler vrai ? Doit-on le croire ? Faut-il croire les deux gredins escrocs et séducteurs en carricatures de renard et de chat ? Doit-on croire la pauvresse Fée Dora dont la blessure est une morsure de chien pour avoir volé un pain? Comment fait-elle pour devenir une vraie féé bleue ? Peut-on en tomber amoureux ?

Mireille Bailly, Aurélien Dubreuil-Lachaud, Karen De Paduwa, Fabian Finkels, Julien Besure, Thierry Janssen, Elsa Tarlton Photo Aude Vanlathem
C’est alors qu’ à l’envers du tissu, on découvre une toute autre histoire. Eternelle ou anecdotique? Certes, misérable et merveilleuse. Emouvante, donc. Celle d’une résistante communiste indigente (Elsa Tartlon) poursuivie par les forces de l’ordre. Celle de Sofia – le nom est bien choisi – joué par une éblouissante Karen de Padoua. La régisseuse codirectrice est rebelle aux bruits de bottes qui déferle sur l’Italie. A l’occasion, elle se montre même à cheval sur la question de l’orthographe, question de préserver la complexité de la langue, partant, celle de la pensée. Pressent-elle que Joseph Goebbels, quelques années plus tard, dira « Nous voulons convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu’ils ne puissent plus exprimer que nos idées » ? Elle est bouillante et prête à la révolte et bataille avec le direttore en refusant d’aller se produire devant un public de fachistes en marche sur Rome et rassemblés à Santa Marinella. Puisqu’en effet, tout se passe il y a cent ans, en octobre 1922, alors que fermente la grogne des Italiens après un traité de Versailles qui les a bernés, alors que sévissent la faim et la misère dans les villages toscans, une réalité sociologique qui n’épargne ni les ouvriers ni les paysans. Peut-être même que cela se passe autour du 31 octobre… ce jour de 1922 où un certain Benito Mussolini s’approprie la présidence du Conseil du Royaume d’Italie.
Très prosaïquement, toute la question pour la troupe de forains n’est-elle pas de trouver de l’argent coûte que coûte, simplement pour ne pas mourir de faim? Alors, aller jouer devant les troupes du Duce…c’est un moindre mal ! Avanti ! tranche le direttore.
En filigrane, on voit aussi apparaitre un autre thème. Celui d’une société de loisirs et de consommation souvent abêtissante, où l’on fuit l’effort et les contraintes pour de vains plaisirs. … ce qui arrange bien sûr les profiteurs et les dictateurs de tout poil. Le très crédule Pinocchio n’est-il pas prêt à enterrer son argent dans un champ pour s’enrichir heureux de se vanter de ses vaines prouesses? Et puis, Qui est-il ? Est-il capable de se changer et de devenir autre chose que ce qu’il est, un vulgaire morceau de bois? Que reste-t-il des souvenirs du brave Gepetto qui semble avoir perdu la mémoire ? Il est interprété avec chaleur par Thierry Janssen, lui-même. Dire qu’au plus profonde de la misère, il échange son manteau pour un livre d’école destiné à son fils! Et ce fils, doit il se soumettre aux règles de l’ordre établi ou y a-t-il quelque place pour la liberté de devenir soi? On est au cœur de la fonction du théâtre : se poser des questions, chercher le sens de la vie, douter, alimenter la réflexion. Et tant pis pour le criquet moralisateur ! Pardon, c’est un grillon!
Avec ces gens de l’Art, on est à cent lieues du Walt Disney bienpensant de 1940.

Julien Besure, Aurélien Dubreuil-Lachaud, Mireille Bailly. Photo Aude Vanlathem
Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres
Au Théâtre Royal du Parc | Rue de la Loi, 3 – 1000 Bruxelles Du 18/03/2023 au 08/04/2023
© 2023 LES BILLETS DE DEASHELLE
Tu n'as pas de parfum,
Alors tu t'es habillée de soleil
A mon passage.
Et ça a marché,
Comme toujours …
"Le cours de la vie", dernier film de Frédéric Sojcher, est un petit manuel de scénario en soi. On connait la volonté de transmettre de ce réalisateur, professeur et écrivain, auteur de plus de trente ouvrages sur le cinéma parmi lesquels "La kermesse héroïque du cinéma belge", "Main basse sur le film", "Le manifeste du cinéma", "Je veux faire du cinéma" pour n'en citer que quelques-uns. Passionné par les rapports entre réalité et fiction, ce film illustre plus que tout autre cet engouement pour la fusion entre le cinéma et la vie.
Adapté de l’ouvrage “Atelier d’écriture- 50 conseils pour réussir son scénario sans rater sa vie” d’Alain Layrrac, l'histoire décortique finement au fil d'un cours sur l'art d'écrire, la relation amoureuse abruptement avortée trente ans auparavant entre Vincent, directeur de l'école supérieure de l'audiovisuel de Toulouse et Noémie, scénariste de réputation internationale, invitée par ce dernier à donner une masterclass. Leur histoire née d'un amour commun pour le cinéma va-t'elle renaître de ses cendres lors des échanges parfois houleux entre Noémie et les étudiants qu'elle exhorte à pénétrer les personnages au plus profond de leur être ? La connaissance de soi ne passe-t'elle pas par une introspection dérangeante que l'on tente souvent de contourner ? L'art d'écrire finalement n'est-il rien d'autre que l'humilité de la vérité et cette vérité n'est-elle pas plus passionnante que les artifices que nous utilisons pour la masquer à nos propres yeux ? La leçon de scénario rejoint la connaissance de soi.
"J’ai la fascination pour de grands cinéastes aussi différents que Bergman, Eustache et Fassbinder, qui font un “cinéma de la parole”, c’est-à-dire qui rendent cinématographique leur manière de filmer des scènes avec beaucoup de dialogues (ou de monologues)". Ces propos de Frédéric Sojcher sont l'écho de sa recherche esthétique fondée sur la charge émotionnelle des mots. Il confie quelques secrets des ressorts dramatiques du film : "Avec le chef opérateur Lubomir Bakchev, nous avons décidé qu’aucun plan ne serait pareil dans le film. La caméra se veut “actrice”, comme si le point de vue donné par l’image participait à la narration." Et cette narration est provoquée par une question fondamentale à toute création : Et si ? Fenêtre sur tous les possibles, ouverture vers toutes les options refoulées, censurées. Vincent et Noémie ont construit leur vie, chacun de leur côté mais sur base de fantômes qui continuent à les hanter. Péché d'orgueil, précipitation de la jeunesse, c'est par les mots de la maturité que leur vie reprendra un cours plus serein.
Le film est interprété avec la pudeur et la subtilité de jeu tout en nuances calculées de Agnès Jaoui (Magritte d'Honneur 2023) et Jonathan Zaccaï.
Je ne peux que recommander ce film réalisé par un amoureux du cinéma et qui sait si bien nous en faire découvrir les richesses.
Palmina Di Meo
Rien n’est pire que l’abominable train-train,
Le cahot qui nous berce et puis nous endort,
Sans cesse nous retrouve tous les lendemains,
Tel le marin fidèle rivé à son port.
Train-train, comme le bébé rivé à son pot,
Sera plus tard l’aventurier de son boulot,
Ou la dame parée de son beau chapeau,
Surprise des années depuis le berceau !
Train-train engagé à rester,
Sans fenêtre et sans soleil,
Ou fenêtre refermée,
Sur tous les lendemains pareils.
Le train-train c’est le dernier train,
Avant la nuit qui tombe,
Qui s’éloigne au loin,
Comme un rêve qu’il plombe.
Train-train, attention c’est danger !
Immobile navire qui sombre,
Las d’attendre et voyager,
Le voilà pâle comme son ombre.
Ces deux là peinent bien souvent à s’entendre,
L’un cherche au plus profond de la matière,
L’autre vise à en saisir les méandres,
En dérouler le vide de ses lumières !
Ce critique là qui croit tout savoir sur tout,
N’est pas un peintre, un sculpteur, un écrivain,
Non, c’est un flâneur, se pense homme de goût,
Fier de lui. Enfin, il ne verra rien de bien !
Ce critique quand il parcourt les allées,
Se délecte pour un court instant d’être vu,
Comme un prince, un roi que l’on vient flatter,
Armé du regard sournois d’un fat parvenu !
Mesdames, messieurs les artistes, écrivains,
Qui arpentez la piste bien tôt le matin,
Qui répondez mille et mille fois en vain,
Voyez le sot passer qui se frotte les mains !
et j'écoute le physicien
me dire que,
en réalité,
dans ces yeux,
il n'y a rien,
rien d'autre
qu'un échange
de quanta de lumière.
Cette réalité là
m'a l'air bien drôle,
et je préfère te trouver jolie.
Inspiré de "L'Esprit et la Matière"
De Erwin Schrödinger.
J'ai terminé d'écrire mon manuscrit ... et après?
Régulièrement confronté avec des auteur(e)s cherchant à se faire éditer ou ayant été arnaqués par des éditeurs peu scrupuleux, profitant du désir bien légitime de se faire éditer, j'ai décidé d'écrire un petit livre intitulé "J'ai terminé d'écrire mon manuscrit ... Et après?"
J'essaye de faire le tour des sortes d'éditions (cpte d'éditeur, cpte d'auteur, auto-édition..) des avantages et inconvénients liés à chaque mode. On peut y trouver quelques conseils de préparation du manuscrit avant de l'envoyer. Une analyse des contrats avec les pièges à éviter. ETC....
Ce livre est disponible sur Amazon et téléchargeable sur Kindle
« Enchantées » Christel Pourchet et Barbara Castin
Un court métrage sur les planches
On en a plein la vue. C’est le duel d’une jeune blonde et mince et d’une belle et brune Dulcinée, vrai délire de féminité, qui se déploie dans la chaleureuse proximité de la scène du Théâtre de la Clarencière à Bruxelles.
C’est la blonde, Cristel POURCHET, le capitaine en pantalon à pont et chemisier froufrou qui a écrit le texte et les chansons. Dans ses débuts, la jolie brune, Barbara CASTIN interprétait ses premiers rôles dans « Le Sexe faible » d’E. Bourdet et « On ne Badine pas avec l’amour » de Musset. La voici en adorable jupe paysanne rose frais et pull à manches courtes de jersey blanc. Elle porte des incroyables chaussures de dame couleur chair qui se confondent avec le galbe de la jambe. En coiffure d’époque Parapluies de Cherbourg ou Demoiselles de Rochefort, elle arbore une série d’accessoires ultra féminins, du rouge Saint-Valentin aux diamants de Marilyn. En plus, elle est folle du réalisateur, scénariste, dialoguiste, parolier, producteur et acteur Jacques Demy qu’elle croit toujours vivant.
Le pitch. Toutes deux, avec le charme de gentlemen cambrioleurs, sont prêtes à oser des crimes en mode Agatha Christie pour amasser assez d’argent pour partir outre Atlantique et faire carrière à Hollywood. Enfin, Vivre la grande vie? En Minuscule ou majuscule? Enchanteuses de toutes façons.
Elles livrent d’ailleurs un avant goût très étudié de la culture des chorégraphies classiques américaines. Leurs voix nettes et claires sont assurées et leurs pastiches très réussis. Le texte? Un peu un flou artistique mais finalement assez secondaire devant ce duo de talents scéniques offert aux yeux éblouis des spectateurs. Mais, ne manquerait-il pas dans ce casting, juste un homme, pour faire bonne mesure?
Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres
Et voilà qu’on s’en souvient: la même Christel au Théâtre de la Clarencière, il n’y a pas si longtemps.
Tout public :
Les jeudi 2, vendredi 3 et samedi 4 mars 2023 à 20h30
Les jeudi 9, vendredi 10 et samedi 11 mars 2023 à 20h30
Les jeudi 16, vendredi 17 et samedi 18 mars 2023 à 20h30
P.A.F. : 20 € - étudiant : 15 € -
Contacts | Direction artistique |
Régie technique | Geoffrey Dressen |
Réservations | 02/640 46 76 Répondeur téléphonique |
Mode de paiement | Par compte à l'asbl du Théâtre de la Clarencière ING BE91 310 1228398 76 Ou par Paypal (mode sécurisé) |
Adresse | 20 rue du Belvédère - 1050 Bruxelles |
Situation géographique | près de la Place Flagey et de l'Eglise Sainte-Croix, dans la petite rue parallèle arrière à l'ancien bâtiment de l'I.N.R. devenu aujourd'hui Radio Flagey. |
Accès | bus 38/59/60/71/366 Trams : 81 |
Foyer et jardin | ouverts 30 minutes avant le spectacle, soit 20h00 ou 15h30 |
Son : Augustin Pitrebois Chorégraphie : Theodora Valente
Un plan d’eau tranquille,
Autour de moi,
Un air tranquille,
Plein mes yeux,
Une lumière tranquille,
Dans ma méditation,
Un visage tranquille.
Je vais bien.
Premier long métrage pour Giacomo Abbruzzese, connu pour des courts primés (Archipel, Fireworks, Stella Mari) et un documentaire nominé aux César : America, sur l'émigration américaine de sa famille.
Disco Boy accompagne Aleksei, un Biélorusse qui, avec son ami Mihhael, tente de fuir son pays pour rejoindre Paris via la Pologne. Dans le car d'un club de foot biélorusse, ils passent la frontière polonaise de l’Union européenne. Mais alors qu'ils tentent de franchir une rivière à bord d'un canoë gonglable, Mikhael est abattu par un patrouilleur. Aleksei, quant à lui, parvient à arriver en France. Jeune gaillard robuse et sans attaches familiales, on lui propose d'intégrer la légion étrangère qui lui permettrait d'obtenir un permis de séjour de cinq ans et au bout la nationalité française. « Êtes-vous prêt à prendre des risques ?». « Celui qui a peur reste à la maison » bravache Aleksei. Il est enrôlé.
«Avocat ou sans abri, je me fiche de qui vous étiez» clame l'instructeur de la Légion devant les nouvelles recrues, «ici, tout le monde a une nouvelle chance si vous avez l'intention de devenir Français avec tout votre cœur et vos muscles». "La légion est votre famille". A l'issue de son entraînement et de son endoctrinement, Aleksei est envoyé dans le Delta du Niger.
Changement de point de vue: nous faisons la connaissance de Jomo, un chef rebelle, qui depuis son village dans la jungle dirige le MEND (Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger) contre les compagnies pétrolières qui dévastent l'écosystème et réduisent l'espérance de vie des habitants. Udoka, la soeur de Yomo, pense que la lutte est vaine et rêve de s'expatrier. Alors qu'il plaisante avec un ami, Jomo exprime un rêve : «Que ferais-tu si tu étais né blanc dans une ville avec de l'argent et une bonne éducation ?». « Je ne sais pas, peut-être que j'aimerais être danseur, un disco boy».
C'est lors de la prise en otage des dirigeants d'une compagnie pétrolière, qu'Aleksei se trouvera face à Yomo surgissant brusquement devant lui lors d'un repérage alors qu'il traversait un marais. Le combat nocturne est hallucinant filmé à l'aide d'une caméra thermique. Aleksei tue Yomo dans un tourbillon de lumières rouge orangées et blanches rappelant un jeu vidéo. Aleksei ramène Yomo à terre. Les yeux grands ouverts de Jomo émeuvent Aleksei au point qu'il enterre son adversaire en lui creusant une tombe à mains nues alors que l'hélicoptère de la brigade tournoie dans le ciel.
Hanté par ce premier crime, Aleksei sombre dans un mélancolie irréversible. Lors d'une marche, il refuse de chanter le chanson de Piaf "Non, je ne regrette rien". Humilié, déshabillé, exhorté à la raison "Tu auras la nationalité française, tu pourras épouser une fille d'ici et envoyer tes enfants dans une bonne école, Aleksei finira par mettre le feu à son permis de séjour dans son casier.
Dans une boîte de nuit, il épousera les rythmes d'une danse tribale, celle de Udoka et Yomo et comme dans un rêve Udoka rejoindra la scène pour se joindre à lui.
Film anti-guerre au rythme narratif troublant où rêve introspectif et réalité crue se chevauchent créant un suspens étrange jusqu'à son dénouement symbolique, Disco Boy parvient à toucher le spectateur avec très peu de mots mais des images fortes et une esthétique nouvelle dans les films de ce registre. Giacomo Abbruzzese a expliqué sa démarche dans une note pour la Berlinale : «Nous sommes habitués à ce que la guerre soit racontée d'un seul point de vue. L'autre, l'ennemi, existe rarement en tant qu'entité complexe.» Il poursuit: «Je voulais montrer l'horreur de la guerre en donnant aux deux camps la même dignité émotionnelle. Je voulais m'éloigner des stéréotypes de masculinité et de violence qui caractérisent de nombreux films de guerre.»
Le projet remonterait à 2013, quand Abbruzzese rencontre dans une discothèque française un danseur classique ancien soldat, deux activités qui demandent effort extrême discipline physiques. “J’aime vraiment y penser comme à une peinture et pas seulement comme à un drame psychologique d’êtres humains traumatisés, parce qu’ils le sont” dit le réalisateur à propos de ses choix visuels. “Par exemple, je ne voulais pas filmer le combat entre Aleksei et Jomo comme dans un Rambo. Cela aurait été ridicule". L'idée du film a ensuite été développée lors d'une résidence d’artistes Cinéfondation dans le cadre du Festival de Cannes.
Casting prestigieux puisque c'est l'acteur allemand primé Franz Rogowski (Freaks Out) qui a été choisi pour le rôle d'Aleksei et pour Jomo, c'est l’acteur Gambien Morr N’Diaye (Tumaranké) qui relève le défi. Quant à Udoka, le rôle revient à Laetitia Ky, mannequin militante ivoirienne. Dans la distribution, on retrouve encore le Croate Leon Lučev, l’Italien Matteo Olivetti, le Polonais Robert Więckiewicz et le Belge Mutamba Kalonji.
Né à Tarente dans les Pouilles en 1983, Abbruzzese a étudié à Bologne et à l'école nationale de cinéma Le Fresnoy en France. Abbruzzese a travaillé dans plusieurs pays dominés par les guerres et les troubles civils en tant que photographe au Moyen-Orient et directeur artistique de la chaîne de télévision palestinienne AQTV. Il a aussi enseigné l'écriture de scénarios et le montage de films au Dar Al- Kalima College de Bethléem en Cisjordanie.
Disco Boy est une coproduction française, belge, polonaise et italienne.
Palmina Di Meo
A l’étang de rêves,
tes yeux, toujours,
émergent et puis replongent.
Je veux m'y noyer
pour te rejoindre,
mais la fraîcheur de l'eau m'éveille
et le fantôme s'éteint.
Que reste-il de ta présence ?
A part cette absurde absence.
L'odeur de ton parfum persiste.
Depuis un grand manque existe.
Je devine encore l'ombre de ta silhouette.
Qui s'efface de ma mémoire et me laisse.
Les couloirs se dégradent jour après jour.
Le silence effrayant a remplacé l'amour.
Le marbre blanc est en manque de tes pas.
Le bruit exquis de tes talons n'est plus là.
Ce dernier bouquet de roses.
Que tous les jours j'arrose.
Perd au sol d'innombrables pétales.
A présent, ma tête est en pagaille.
J'ai retrouvé ton rouge à lèvres préféré.
Celui que tu as tant cherché était égaré.
Celui que tu appliquais sur tes jolies lèvres.
Un brillant éclatant qui fini par disparaître.
Tes yeux noirs en forme d'amandes.
Tes beaux sourcils d'un noir intense.
Ton portait était au mur, à l'encre de chine.
Tout a disparu et plus que je ne l'imagine.
Je regarde ce fauteuil vide.
Dans ce calme qui m'abîme.
Silhouette perdue, néant dans le miroir.
Boucles d'oreilles oubliées dans ce tiroir.
Je n'ai rien compris, je n'avais rien vu.
Je m'en remets à Dieu une fois de plus.
« Beau-Papa » de François Dumortier
Du 15 févr. 2023 – au 26 févr. 2023
Succulente Première mondiale à la Comédie Royale Claude Volter dans une mise en scène fulgurante. Écrite par François DUMORTIER, la pièce « Beau-Papa » est une comédie de mœurs bruxelloise rafraîchissante qui détrône avec verve et belle impertinence le règne de l’argent et le mythe de la réussite sociale. Un délice pour ceux qui ont le cœur à rire…ou à pleurer. Beau-Papa, Belle-Maman, des vocables euphémiques pour conjurer l’intrusion! Sans doute, un spectacle plein d’avenir.
On est à Bruxelles, avec l’accent de RTL. Le jeune Simon (Alexis Goslain) travaille surtout la nuit. Il est illustrateur d’albums jeunesse au pays de la BD. Personnage principal: une Libellule qui s’appelle Hercule. Drôle de nom pour un insecte aussi léger et gracieux! Aucune crainte du ridicule. C’est la création qui compte, n’est-ce pas?
Il vit avec sa compagne Margot (Laure Chartier) dans un appartement exigu où ils accueillent régulièrement un alter ego, Jeff, qui a largué toute velléité d’embourgeoisement en devenant chômeur par prédilection, pressé de se déboulonner des obligation liées au monde du travail, jetant aux orties avec une désinvolture incroyable la quête du profit pour celle des cool délices de l’amitié et de la vie Bohême. On n’est pas loin du boulevard Montgom’ tout de même…avec l’étincelant Jean-François Brauer.
Alors que Simon doit terminer son quatrième projet, Margot lui annonce que René, son paternel qui vit en France, est sur le point de débarquer en visite chez eux dans le Norrrrd! Le beau-père, avec ses airs de Bernard Blier, est interprété avec brio par un fabuleux Joël Riguelle. Il a toujours été très critique vis-à-vis de la relation sans le sous de sa fille. Aussi, pour l paix des ménages, ‘inventive Margot – un prénom à la Georges Brassens -, a déjà préparé le terrain, elle a fait le lit d’un énorme mensonge qui devrait permettre aux chatouilleux père et beau-fils de se rapprocher enfin.
En résulte toute une gastronomie de boulevard pleine de vivacité qui n’a rien à envier aux modèles du genre. Le Vaudeville moderne tout à fait hilarant monte comme des œufs en neige. Tous les codes y sont, en version 21e siècle. Les tranches de vie s’embrouillent… les méprises et les quiproquos fleurissent. Le langage est vif, les inventions les plus abracadabrantes jouent à cache-cache avec la cruauté du réel. On assiste à des sommets d’ invraisemblance, sous des dehors, ma foi, fort plausibles. C’est d’ailleurs tout l’art. Le rire, attisé en continu par chacun des personnages si attachants fait … qu’on se délecte devant l’ incessant chassé croisé des squatteurs.
Alors, le fleuve de mensonges débite à toute allure. Dans un rythme endiablé, ça défile, ça déroule, et ça vous enroule dans des cascades de rire. Que de plaisir et au tournant, des coups d’œil moqueurs sur la vie d’artiste, la vie rangée des voitures, le mythe du fonctionnaire ou plutôt, celui du banquier ou du grand patron en vacances aux Maldives. Les discussions vont donc bon train dans l’appart modeste et banal du jeune couple sans enfant. ILs auront dû accueillir, non seulement ledit Beau-Papa – mais aussi sa délirante jeune et sauvage nana toute blonde, avèèè un délicieux acceng du Midi. C’est la coach sportive du monsieur, …. Tiens donc! Rôle endossé par l’exquise Bénédicte Philippon.
Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour Arts et Lettres
Ô mes sœurs , Ô mes frères ,
Savez-vous à qui je pense,
Étant ma seconde mère,
OÙ toujours je me lance ?
C’est Alizdihar ,mon école,
OÙ j’ai vécu de beaux moments,
À jouer de très grands rôles,
Et progresser vivement.
Dès la rentrée , mon premier et beau jour,
Avec mes copains dans la cour.
Je me sentais comme chez moi,
Comme si j’y étais depuis des mois.
J’ai fais plusieurs connaissances,
Dans ma classe et en récréation.
J’avais beaucoup de jouissances,
De bonheur et de méditation.
Les maîtres ainsi que les maîtresses,
Nous aident chaque jour et sans cesse,
À combler à vaincre nos faiblesses,
Pour avoir enfin des robustesses.
Grand hommage à ceux qui nous ont quittés,
Et très longue vie pour les retraités,
Coup de chapeau à ceux qui sont restés,
Pour nous mener avec fidélité.
Nos remerciements pour les directeurs ,
Qui ont guidé l’équipe vers le bonheur ,
Étant de bons et de loyaux serviteurs,
Pleins d’acharnement d'amour et d’ardeur.
Sans oublier le vétéran gardien,
Qui nous ne faisait que du bien,
En surveillant toute l’école,
Et avec ses actes bénévoles .
Nous étions tous une grande famille,
De femmes, d' hommes ,de garçons , de filles,
Personne ne se sentait étranger,
D'ailleurs rien de cela ne pouvait changer.
C’est un message pour les générations à venir,
Pour garder le gouvernail et le tenir,
Droit vers la bonne direction,
Avec amitié, fraternité, et affection.
Lahoucine BOULSANE




