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Nous étions ravis, hier soir au PALACE de SETE de retrouver des protagonistes du film : Henri COHEN et Jeanne CORPORON et ceux qui font vivre la création cinématographique indépendante à SETE : Gérard CORPORON qui s'est occupé de la projection, Nima RAFIGHI, Domie PELLERIN et bien d'autres, Luc & Géraldine SIDOBRE, Albert PEIFFER de l'Union Artistique et Intellectuelle des Cheminots de France.

Le réalisateur Frédéric OURTAUD venu avec deux membres de l'équipe du long-métrage " La femme aux yeux rouges"  et un public nouveau venu assiter à la projection de notre long-métrage " DU BLEU AU-DESSUS DES TOITS "...

Serge-Elie MASSON souffrant ne pouvait être présent avec nous.

Soirée sympathique qui marque la volonté de faire texte, texture, réseau, entre des collaborations sur le tournage de nos films jusqu'à la création d'un événement régional consacré aux longs-métrages du cinéma indépendant ...

Nous verrons bien.

Et pour " DU BLEU... " ? Peut-être en fin avril une séance " senior " à NARBONNE à la MJC, si suffisamment de personnes s'inscrivent...

Le film en BELGIQUE ou au QUEBEC ?

Puis, peut-être autre chose, un autre film, mais il nous faut maintenant réfléchir quant à notre expérience maintenant importante...

 Michel SIDOBRE

Acteur : http://sidobremichel1.e-monsite.com/ 

Auteur ( NOUVEAU SITE) : http://sidobrepoete.e-monsite.com/  

 

 

 

 

 Quelques liens sur le net :

AlloCiné : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=233914.html 

Filmstarts (Allemagne) : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=233914.html 

International Movie Data Base : http://www.imdb.com/title/tt4548654/fullcredits?ref_=tt_ov_st_sm

 

Et, espérons, prochainement sur FilmWeb (Pologne) ...

 

 

 L'histoire : 

 
À bout de souffle et d’espérances, trois hommes se rencontrent une nuit sur les bords du canal du Midi. Superbes chevaliers des temps modernes, ils décident de partir à l’assaut de cet impitoyable monde. Pour atteindre leur quête, le seul moyen encore efficace à leurs yeux, consiste à retourner, contre lui, les règles du jeu que ce monde sécrète : la puissance communicationnelle du buzz. Mais ne devient pas stratège qui veut ! Et les exploits des idéalistes aventuriers n’atteignent pas forcément à tous les coups leur cible. Pourtant, insensiblement, au fond du vase quelque chose bouge…


Du bleu au-dessus des toits est un film humoristique résolument optimiste planté dans une trame sociale réaliste. L’absence de vision d’avenir et de projet collectif, l’éducation à la dérive, l’Art réduit au rang de produit de consommation, le racolage grossier des émissions de télévision, l’insignifiance généralisée, le mensonge des discours pour combler le vide vertigineux, et bien d’autres ingrédients caractéristiques d’un système qui ne sait plus justifier son identité autrement que dans le concept de crise, sont rassemblés dans ce film, pour notre plus grand amusement. 
Mais, à bien y réfléchir, quoi de mieux que la comédie pour esquisser le tableau de la mise en scène quotidienne d’une époque absurde qui tente désespérément d’être prise au sérieux ?    "

 

 

Du bleu au-dessus des toits.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site du film :

 http://dubleuaudessusdestoits.blogspo...





Ciné Club MJC de NARBONNE
VENDREDI 12 JUIN 2015 à 20 h 30
(adulte 6,50 € (ADH : 5€) : enfant 3 €)

 

  La bande-annonce (version longue) :

 

Le reportage FRANCE 3 Languedoc-Roussillon au 19/20 :

 

 

 

La copie du reportage (faite sur le précédent  12/13) :

 

 

 

 

 

La bande-annonce (version courte)

 

 

Le clip de KIKO (chanson du générique de fin) :

 

 

Le film entier en V.O.D. :

 


CINÉMA : Du bleu au-dessus des toits un film de... par Ecranlocal 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Du silence à la naissance de la sagesse

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Émanation sombre, reine de l'immensité,
mes obsécrations rejoignent tes silences
et tes profondeurs dans un royaume de fable.
À ton doigt se posant sur ma bouche,
chaque parcelle de mon corps se fond au sacré
monochrome qui m'inonde et les nuances
du fruit de mon attente s'enchevêtrent
dans une solitude céleste où ton souffle
de sagesse vient caresser mon visage.
Ô Sige, éon intemporel, tu guides par ta puissance
l'alchimie fusionnante de ma pensée
et l'écriture au langage nue de l'âme.
Dame noire sortant du vortex temporel des astres,
toi qui consoles sans paroles, c'est dans la transparence
de mes larmes que reflète la lumière de ton espace
et entre les deux atriums de mon cœur
que demeure ton message dans lequel
se purifie mon esprit affable.

Nom d'auteur Sonia Gallet

recueil © 2015

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Passionnément...

Une main, un regard

Un désir, une histoire...

L'intelligence qui danse

Une pulsion, une romance...

Une faim, un destin

Se tourner vers demain...

Une fiction vérité

Une option qualité!

La douceur à demeure

Et que chantent les heures...

Un rêve prend toute la place

Et que fondent les glaces.

Le néant sera là

Quand viendra le trépas!

Si la vie n'est qu'un leurre

Y diluer sa peur...

Et sans hésitation

Oublier la raison!

J.G.

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Un bref intermède

 

Une troupe de gros oiseaux,

D'un plumage noir, satiné.

Au bec très long, affiné,

Se disperse sous mes fenêtres.

Quatorze visiteurs, peut-être.

Ils se déplacent, picorant

Sans s'arrêter, avidement.

Je ne peux pas les trouver beaux.

Sans aucun danger perceptible,

Lors je ne comprends pas pourquoi,

Toute la troupe de gourmands,

Soudainement, d'un même élan,

S'envole très loin de chez moi.

Elle n'est plus du tout visible.

Un bref intermède achevé.

Je pourrais croire avoir rêvé.

9 avril 2015

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La morale des fous de Dieu

 

La Fontaine nous dit qu'une femme fidèle,
Devenue veuve, alors qu'elle était jeune et belle,
Ne resta dans le deuil que le délai décent,
Son chagrin s'étant fait, très tôt, évanescent.

Le conteur ironise, sur ce, allègrement,
Mais nous paraît déçu par ce comportement.
Il faut se souvenir que, pour les grands seigneurs,
La morale imposait des lois avec rigueur.

Ils avaient du talent, des lettres, de l'esprit,
Certains prenaient plaisir, parfois dans leurs écrits,
À dénoncer des vices, soigneusement cachés,
Que l'on ne sait comment, ils avaient dénichés.

Mais les moeurs évoluent, et les valeurs aussi.
Peu de dérèglements causent de grands soucis.
La censure, abolie irréversiblement,
On ne dénonce plus et moins souvent, l'on ment.

 

Restant toujours tenu à respecter le droit,

Chacun devrait pouvoir agir selon ses choix.

À l'ère des fous de Dieu cela n'est plus possible;

Ceux qui osent choisir ont une fin horrible.

 

 

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Je trompe à l'envi ma vieillesse

 

Je me dis que, désormais,

Je ne parlerai qu'à moi-même.
Mes émois ne sont plus extrêmes,

Je me répète et n'y peux mai.

Or, je ne cesse d'accueillir

Des formes de beautés nouvelles,

Et des sujets qui m'interpellent,

En me forçant à réfléchir.

Mon goût de m'exprimer persiste,

Me fait réagir promptement.

Lors souvent, machinalement,

J'aligne des mots qui insistent.

Je trompe à l'envi ma vieillesse,

En me donnant la liberté

De cibler une indignité.

Je la dénonce sans faiblesse.

Je soliloque solitaire,

Pensant aux êtres que j'aimais,

Et quand revient le mois de mai,

Je fête un autre anniversaire.

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Du langage et des gestes

 

 

Propos

 

Le langage est l’outil parfait dont on use quotidiennement pour faire savoir ce que l’on désire obtenir, mais aussi pour exprimer des sentiments et des idées.

Une langue n’est accessible qu’à ceux qui en ont héritée ou qui l’on acquise par un apprentissage laborieux.

Entre gens d’un même pays, la communication est généralement aisée. Avec des étrangers, nos mots, ainsi que les leurs, sont comparables à des géodes. Lors, parfois, pour se comprendre, on recourt à la gestuelle.

L'expression corporelle des acteurs, des humoristes et des chanteurs de notre époque, les aident à faire réagir une audience.

Par ailleurs, il peut paraître puéril ou dérangeant, de voir gesticuler, surtout à la télévision, une personne qui accompagne chacune de ses phrases de gestes absolument superflus.

Il semble qu'un tel comportement soit de plus en plus répandu. Il nuit à la concentration de celui qui écoute.

Pour se faire comprendre de ses compatriotes, les mots bien choisis se suffisent.

 

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Il est souvent bien tard !

Il faut que je vous dise
A quel point c’est une forte surprise
Que cet instant que vous avez tant désiré
Soit le plus absurde que vous n’ayez rêvé !
Vous vouliez cesser de travailler un jour
Pour cela vous vous êtes éreintés nuit et jour
Noté sur maints cahiers des années remplies
Qui devaient libérer enfin votre vie
Les douleurs ne vous étaient permises
Tant vous buviez aux sources promises
Les ans n’allaient assez vite
Pour toucher à ces heures dites
Et les cheveux de gris à blancs
Ne scellaient qu’un chèque en blanc
Pour enfin les espérer tenir
Le chemin restant à parcourir.
Il faut que je vous dise maintenant
Que ces espoirs insensés tout ce temps
Ressemblent fort à des rêves fripons
Qui auraient gagné à goûter le bâton !
Mais il est bien tard et l’heure aux pleurs
Les vieux sont fatigués et pour leur malheur
Ils se voient soudain plus vieux qu’ils pensaient
Plus vieux qu’ils n’avaient pensé qu’ils seraient
En cadeau ils reçoivent une place toute pour eux
Avec le sourire des jeunes fous jadis comme eux
Rentrent chez eux pour la table qui les attend
Avec dessus plus rien qui ne les surprend.
L’absurde est là, enfin on le touche
Tant de labeur pour qu’enfin l’on se couche
Tant d’heures à guetter l’heure,
Tant d’heures à guetter la dernière heure !
Mais faut-il que je vous dise
De remonter la pendule de cette méprise ?

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Du 01 – 04 au 26 – 04 – 15, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous présenter HAPPY ART, l’œuvre picturale de Madame MARIE-HELENE FROITIER, une jeune artiste Française qui vous plongera dans l’émerveillement originel, celui de l’Homme face à son rêve.

Qu’il s’agisse de toiles à grand, moyen ou petit format, MARIE-HELENE FROITIER appréhende l’espace avec le même bonheur.

Ce qui, au premier regard, ne manquera pas de frapper le visiteur, ce sont les myriades de détails emplissant l’espace. Il n’y a pas un atome de vide dans les œuvres de cette artiste. Mais il n’y a pas non plus que les seuls détails qui constellent l’espace scénique. Il y a aussi la présence matérielle de la couleur, consubstantielle à la forme. Car le dénominateur commun à son œuvre c’est l’amour de la couleur manifesté dans un chromatisme luxuriant. Néanmoins, ces seules composantes discursives ne suffisent pas à définir l’identité profonde de MARIE-HELENE FROITIER. Un onirisme candide plonge le visiteur dans un monde de fables et d’enfance élémentaire. Le rêve primordial se réveille au fil des rencontres avec chaque tableau. Il y a de l’Orient dans ses toiles. Il y a la mer et le soleil, déclinés dans un fauvisme « tendre », en ce sens qu’une harmonie délicate unit les couleurs et ne les oppose pas. La joie de créer explose le long des rythmes alternant dans chaque espace.

Avec ses scansions rythmiques obtenues par cette succession de petites coupoles de hauteurs différentes, COLORADO (50 x 50 cm – acrylique sur toile)

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enivre la composition d’une folie sensuelle.

Un autre univers, à la fois parallèle tout en étant intrinsèque à l’onirisme scénique propre à l’artiste est celui du « théâtre ». Des personnages féminins posant au centre d’une scène, créée par le cadre de dimensions réduites (40 x 30 cm), sont campés dans l’instant de la pose. Le cadre est scéniquement conçu de façon identique aux autres : un monde fabuleux parsemé de fleurs où chaque recoin de l’espace est rempli par la couleur.

SWEET SPRING (40 x 30 cm – acrylique sur toile)

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est exemplatif de ce discours. Deux personnages féminins évoluent à l’intérieur d’un cadre à la fois renaissant et festif. La nature, du moins la vision sublimée de celle-ci, subjugue la totalité de la composition. Elle transparait jusque sur les vêtements des personnages.

La jupe de la femme, à l’avant-plan, devient par les motifs floraux déployés sur celle-ci, autre chose qu’un vêtement. Elle se mue en « allégorie », à proprement parler, du Printemps. Une sorte de papillon flottant dans les notes chromatiques. Un trait propre à l’artiste réside dans la fine stylisation de ses personnages. Cela permet leur évolution, carrément aérienne, à l’intérieur du cadre spatial. (MISS BOB SINCLAR – 40 x 30 cm – acrylique sur toile).

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Le dessin est placé au centre de la toile donnant à celle-ci une mise en perspective à l’intérieur d’un cadre dont la couleur entre en harmonie avec la scène représentée, créant ainsi un contraste souple. Toutes ces représentations de la Femme ne sont pas innocentes, en ce sens qu’elles s’inscrivent dans la vitrine de prédilection à l’élégie de la féminité, à savoir l’univers de la Mode. Selon l’artiste, seule l’image de la Femme symbolise l’élégance par excellence. Influencée par le légendaire René Gruau, qui pendant des années mit son immense talent, notamment, au service de la Maison Dior, une grande sophistication se retrouve dans le geste, témoin d’une mise en scène, traduisant une mise en « signe » dans l’espace scénique. Observons, à titre d’exemple, LA REVEUSE (40 x 30 cm – acrylique sur toile).

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L’évolution que le personnage occupe dans l’espace se structure en deux zones chromatiques bien distinctes : mauve : zone droite/rouge – orange – blanche : zone gauche. A part la bouche, conçue comme une tache rouge-vif, le visage est privé d’attributs. Les deux zones chromatiques définissent, en fait, deux moments de la scansion du geste : à droite, (zone mauve) le bras et la main sont portés vers le haut. A gauche, (zone rouge – orange – blanc), le bras et la main reposent sur la hanche. La grande influence qu’a le dessin sur l’artiste se fait surtout sentir au contact des œuvres de petites dimensions. Il est à noter qu’elles représentent toutes des femmes filiformes. Il s’agit avant tout d’un hommage plastique, dans le sens le plus total du terme, rendu à la Femme.  

Même si le style demeure personnel, force est de constater qu’à l’analyse, MARIE-HELENE FROITIER se trouve à la croisée de deux écritures distinctes.

Dans l’une de ses toiles exposées, résident les fantômes d’un genre qui a donné énormément de fil à retordre aux historiens de l’Art depuis la fin du 19ème s, à savoir l’art dit « naïf ».

Cela se constate dans le traitement graphique qu’elle apporte à la faune et à la flore de LA CABANE PERCHEE – 1,16 x 89 cm – acrylique sur toile).

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Il s’agit, en l’occurrence, d’une « naïveté » sans malice, en ce sens que cette dimension « naïve » ne sous-entend que ce qu’elle veut bien montrer. Et rien d’autre. Aucune sorte de discours sous-jacent ne transparait de cette écriture. Les cygnes, évoluant dans la fontaine, sont deux points d’interrogation étirés de couleur blanche parmi les nénuphars. Le cheval, à l’arrière-plan, conçu de façon ramassée est proche de l’esthétique « naïve ». La végétation, soutenant et entourant la cabane perchée, assure une entité esthétique. La cabane se fond dans la branche de l’arbre qui la soutient et l’unit, tant dans la forme que dans le chromatisme, avec l’ensemble de la composition dans une haute note d’enfance cachée que l’on pourrait, alors et seulement alors, qualifier génériquement de « naïve ».  

Néanmoins, même si cette œuvre embaume la « naïveté », elle n’y entre jamais de plein pied. Car elle est trop personnelle pour se laisser accaparer par un discours trop rhétorique.

Mais quel contraste avec LANDSCAPE (1 m x 80 cm – acrylique sur toile)

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dont les arbres, si « naïfs » dans l’œuvre précédente, semblent cette fois remplis d’une si grande « nécessité » réaliste ! Quelle volonté géométrique dans la conception de ce mur surplombant la mer, lequel n’est en dernière analyse, qu’une succession de carrés agencés, laissant percevoir quelque velléité cubiste. Sans doute faut-il voir dans cette œuvre (laquelle n’est autre que sa dernière création), l’amorce d’une écriture nouvelle, à la fois plus incisive (le trait définissant la matérialité des arbres est conçu à la pointe du couteau), tout en gardant certains éléments constitutifs de son style. Dans ce cas-ci, une homogénéité chromatique divise le tableau en zones : le vert pour les arbres, le bleu et le blanc pour la mer, le rouge et le rose pour le ciel.  

Rien de commun avec les symphonies de couleurs explosant dans les autres toiles ne se retrouve associé à son écriture actuelle. Bien sûr, certains éléments demeurent, tels que les petites coupoles formant un mouvement rythmique, en haut vers la gauche du tableau. Et c’est là, la seule réminiscence échappée des autres toiles.

Car LANDSCAPE sanctionne, à coup sûr, une phase nouvelle dans le processus créatif de l’artiste. Formée à l’Académie des Arts Plastiques d’Epinal, MARIE-HELENE FROITIER, originaire des Vosges, peint depuis « longtemps », comme elle se plait à dire. Issue d’une famille d’artistes (son père est sculpteur), elle a commencé à peindre lorsqu’elle était encore au collège. Très vite, elle s’est intéressée à la mode (comme le prouvent ces tableaux de petites dimensions, axés sur l’image de la Femme). A Paris, elle a parfait sa connaissance sur le sujet. Mais ne se plaisant pas dans cette ville, l’envie de retourner dans les Vosges l’a prise. Dès lors, tout en n’abandonnant pas son intérêt vital pour la peinture, elle a décidé de suivre des études d’infirmière. Et sa passion pour la mode et le paysage n’a fait que s’accroitre. En 1997, elle a participé à sa première exposition, organisée par la Maison de la Jeunesse et de la Culture de Nancy. Si, jusqu’à présent, le dessin fut le moteur préalable à toute initiative créatrice, il ne l’est plus aujourd’hui. En effet, l’artiste ne passe plus par cette phase. Désormais, par un jeu de construction, elle peint directement sur la toile, sans le préambule du croquis. Au fur et à mesure des ajouts de couleurs, l’œuvre se précise dans sa matérialité. En tant que paysagiste, ses scènes de prédilection se situent dans les Vosges. Mais il s’agit, plus que tout, d’une interprétation personnelle du décor vosgien. La douceur qu’elle y apporte exprime la nécessité de réaliser une œuvre intime. Sa matière de prédilection est assurément l’acrylique. Mais elle utilise également la dorure ainsi que des liants mâtinés pour apporter au sujet un maximum de relief. L’artiste unit dans le même amour sa mission d’artiste à sa profession d’infirmière en réalisant des fresques dans les hôpitaux.  

HAPPY ART ! Une vision du bonheur constellée de couleurs étincelantes. L’œuvre d’une artiste qui a fait de la folie de l’instant créateur le fondement d’un credo qu’elle partage, généreusement, avec le visiteur dans une vision féérique de l’indicible.

 

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

 

A voir: 

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Marie-Hélène Froitier et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles 

(1er avril 2015  -  Photo Robert Paul)

12273089256?profile=original    (Photo Espace Art Gallery)

Accompagnement musical: Richard Clayderman

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Voir la présentation PowerPoint ou télécharger l'article illustré en PDF sur mon site

12272888086?profile=originalWilliam Eugene Smith, familièrement appelé Gene Smith, est né à Wichita (Kansas) le 30 décembre 1918.
Adolescent, il est fortement intéressé par l’aviation, ce qui est assez naturel à Wichita qui compte plusieurs usines d’aviation (Cessna, Boeing) et débute en photographie. En 1933 il rencontre le photographe de presse Frank Noel, qui le conseille, et commence rapidement à publier des photos dans les journaux locaux (Le Wichita Eagle, et le Wichita Beacon). En 1935-36, il fait des reportages sur les événements sportifs, l’aviation, les catastrophes naturelles. C’est l’époque du Dust Bowl et de la grande misère des fermiers du Middle West, rappelez-vous les photos de Dorothea Lange et Walker Evans.
En 1936 il étudie la photo pendant un semestre à l’Université Notre Dame du Lac de South Bend (Indiana) puis à l’Institut de Photographie de New-York. Il détruira le travail de ces premières années par la suite, le jugeant techniquement insuffisant et manquant de profondeur.
Dès 1938, il travaille pour Newsweek mais est licencié parce qu’il a utilisé un appareil de petit format (± 6x6) contrairement aux règles du magazine (À cette époque les reporters utilisent généralement un Speed Graphic 4x5 inches, alors qu’il défend le petit format qui donne “une plus grande liberté de vision”) puis intègre l’agence Black Star et publie des photos dans Life, Collier’s, The New York Times et Harpers Bazaar. Il est rapidement intégré au staff de Life qui l’engage pour réaliser deux reportages par mois. Il quitte le magazine en 1941, insatisfait de la routine qu’impose une publication régulière dans ce magazine et devient freelance. Il jugera par la suite qu’il a mal utilisé sa liberté, produisant des photos montrant une grande profondeur de champ mais une très faible sensibilité (“a great depth of field, a very little depth of feeling”). Il travaille notamment pour le magazine Parade, magazine reconnu pour la qualité de ses documents photographiques. Il est blessé par une explosion de dynamite lors d’une séance de photos de conditions de combats simulées.
En 1942 il est invité à rejoindre l’unité photographique de la Navy (Naval Photographic Institute) dirigée par Edward Steichen, mais sera refusé par la commission de sélection pour “insuffisance physique et académique” : il souffre en effet d’une audition déficiente, conséquence de l’accident avec la dynamite, et ne possède pas de diplôme universitaire. Le comité de 3 amiraux qui statue sur son cas dira que “Quoiqu’il apparaisse comme un génie dans son domaine, il ne se montre pas à la hauteur des standards de l’U.S. Navy.” Il sera néanmoins engagé par la Ziff-Davis Publishing Company comme correspondant de guerre dans le Pacifique sud et s’embarque sur un porte-avions. Il réalise des prises de vue aériennes, en mer et sur terre de la campagne des îles Marshall, revient brièvement à San-Francisco en 1944, puis repart pour le Pacifique comme correspondant pour Life. Il a quitté Ziff-Davis parce qu’il s’est aperçu que près de la moitié de ses photos ont été censurées. Il semble qu’il ait trop montré les souffrances des populations civiles. Il photographie aussi bien les combats que leurs conséquences sur la population japonaise et c’est alors qu’il développe dans son travail le thème de la responsabilité sociale du reporter qui restera présent durant toute sa vie. Il a toujours voulu être au plus près de son sujet, (selon son expression “sink into the heart of the picture”: plonger au cœur de l’image) et c’est ainsi qu’il est gravement blessé lors des combats à Okinawa le 22 mai 1945 et est rapatrié. Il a été touché par un éclat d’obus qui lui a traversé la main gauche et la joue. Il subit une trentaine d’opérations et sa rééducation durera 2 ans. Il avait cru perdre la possibilité de tenir encore un jour une camera en main. Durant sa convalescence il publie des articles et des interviews et insiste sur son attachement à une éthique du photo journalisme. La première photo qu’il réalise au terme de cette période difficile est The Walk to Paradise Garden, une photo de ses enfants, devenue ultra célèbre mais qui sera refusée par Life car les personnages tournent le dos à l’objectif. C’est elle qui clôturera l’exposition The Family of Man, 503 photos choisies dans un ensemble de 4.000.000 venues du monde entier, qu’Edward Steichen montera à partir de 1951 (présentée pour la première fois au MOMA en 1955) et qu’on peut encore voir actuellement au château de Clervaux (Grand-Duché de Luxembourg).
Il travaille à plein temps pour Life jusqu’à sa démission en 1954 suite à un désaccord de plus en plus profond sur la façon dont la revue modifie les légendes de ses photos et l’usage qui en est parfois fait. Le sujet de rupture sera la publication du reportage sur Albert Schweitzer, alors considéré par Life comme le plus grand homme de son époque. Smith, tout en reconnaissant son travail humanitaire, le trouve autoritaire et raciste et veut montrer par un reportage en deux parties la complexité du personnage. Life publiera une version abrégée conforme au sentiment de l’époque sur le médecin, Prix Nobel de la Paix en 1952.
Smith rejoint l’agence Magnum en 1955 et va à Pittsburgh pour un reportage, qui devrait durer 3 semaines, et pour lequel il doit fournir une centaine de photos à l’occasion du bicentenaire de la ville. Il va y travailler durant 3 ans et en ramener plus de 10.000 images, sans l’accord ni le soutien de l’agence, ce qui entraînera sa ruine malgré deux bourses reçues de la Fondation Guggenheim, en 1956 et 1958, car aucune revue ou agence n’accepte de financer un tel projet. Il refuse une proposition de 21.000 $ pour une publication partielle car on ne lui accorde pas le contrôle du choix des images, de leurs légendes et de la mise en page. Il y aura une publication de 88 photos dans Photography Annual de 1959, pour laquelle il ne touchera que 1.900 $ mais dont il aura le contrôle total.
En 1956, il réalise sa première commande en couleurs pour l’American Institute of Architects lors d’un travail sur l’architecture moderne. Des tirages géants de 3,50 m. seront réalisé à cette occasion. En 1957 il quitte sa famille et s’installe seul dans un loft de la Sixième avenue à New York où il commence un travail de longue haleine sur des images de rue prises depuis sa fenêtre et des photos de musiciens lors de jam sessions ou de séances d’enregistrement. Il enseigne à la New School for Social Research, et quitte Magnum en 1958.
En 1961-62 il fait un reportage de 2 ans sur la firme Hitachi au Japon. En 1971 il s’installe avec sa seconde épouse Eileen Mioko, également photographe, à Minamata, une petite ville du Japon, afin de suivre les effets de la pollution industrielle. Il y passe 4 ans dans le dénuement le plus complet. Victime de violences de la part d’employés de la firme Chisso,  responsable de la pollution, il perd presque la vue et doit être rapatrié d’urgence aux Etats-Unis. La publication de 11 photos dans Life puis d’un livre sur le sujet aura un retentissement mondial.
On peut dire que sa volonté d’implication personnelle dans les sujets de ses reportages a révolutionné cette nouvelle forme de photojournalisme, pour l’époque, appelée “essai photographique”. Insistant sur la responsabilité sociale du photographe, il a développé tout au long de sa carrière une éthique à laquelle il s’est tenu sans dévier et est devenu un modèle pour beaucoup de reporters qui l’ont suivi.
En 1976 il dépose ses archives (11 tonnes !) à l’Université d’Arizona, à Tucson, où il enseigne. Il meurt d’un infarctus en 1978, avec 18 $ sur son compte en banque...
Un “Prix de la Photographie humaniste” de 30.000 $ portant son nom est décerné annuellement depuis 1980 par l’International Center for Photography de New York. Il est destiné à aider et encourager les photographes travaillant indépendamment des courants de la mode et des impératifs économiques de l’édition pour rendre compte des aspects importants du monde actuel.
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Le goût du beau-parler

 

Soliloque

 

J'écris sans m'en apercevoir.

J'ai mis en vers nombreuses grâces,

Dont je voulais garder l'espace.

J'aime à me laisser émouvoir.

 

Les mots m'arrivent aisément.

J'apprécie la simplicité,

La clarté et la vérité.

 Je ne transcende nullement.

 

Je trouve toujours surprenant

D'être incapable de redire

Un quatrain que je viens d'écrire,

 Il est vrai, machinalement.

 

C'est par un excès d'assurance

Que je me relis vite et mal,

Un comportement anormal,

Dont m'échappaient les conséquences.

 

Je suis devenue indulgente

Mais voudrais ne pas décevoir.

Je devrais certes tout revoir;

La moindre erreur me mécontente.

 

Quand on décide d'échanger,

On se révèle idéaliste,

Nostalgique ou surréaliste,

Ayant le goût du beau-parler.

 

4 avril 2015

 

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Surprise printanière

 

(Pantoum)

Dans la froidure, en abondance,

Se répand dans les jardins blancs,

 De voiles agités par le vent,

Une poussière de faïence.

 

Se répand dans les jardins blancs

Sur les arbustes en somnolence,

Une poussière de faïence,

Les saupoudrant complètement.

 

Sur les arbustes en somnolence,

Secoués vigoureusement,

Les saupoudrant complètement,

Des rayons emplis de brillance.

 

Secoués vigoureusement,

Se déchirent les voiles immenses.

Des rayons, emplis de brillance,

S'installent magistralement. 

 

4 avril 2015

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Le monde de la raison

 

Soliloque

On existe par habitude,

Sans écouter battre son coeur,

Qui fait ce qu'il doit, en douceur.

On se fie à des certitudes.

Le corps humain est programmé,

On peut lui faire confiance.

Il paraît certes, à l'évidence,

Qu'il sera longtemps animé.

Point nous est besoin de connaître

Les effets de ses composants.

S'y intéressent des savants,

Soucieux de notre mieux-être.

La Nature offre des saisons,

Présentant des beautés suprêmes.

Crée l'instinct qui fait que l'on aime,

Dote les êtres de raison.

Celle-ci permet le contrôle

D'actes qu'il faut souvent choisir.

Or déréglée, laisse tenir,

Parfois, d'intolérables rôles.

L'effroi terrasse les terriens,

Quand la folie mène à la haine,

Se propage en semant des graines.

Agressés, ils ne peuvent rien.

Certains voudraient pouvoir créer

Le meilleur des mondes possibles,

Où nul au prochain n'est hostile.

La raison y triompherait.

Le sage essaie de vivre bien,

S'il est en zone restée sûre.

Il réfléchit, pèse, mesure,

Finit par se mêler de rien.

6 avril 2015

 

 

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Les yeux de Nina

 

Point de sortie dans tes

immenses yeux verts,

somptueux, je m'y perds ;

douceur de Lucifer,

pour eux,

 j'ai une tendresse de fer.

Ta petite tête précieuse,

met la mienne tout à l'envers,

j'en écris maints vers,

au cœur de l'hiver,

jardin tout littéraire,

fleuri sur une flaque de lumière.

Point de sortie dans tes

immenses yeux verts,

p'tits soleils chambouleurs,

beauté de lucifer,

pour eux dans mes yeux

se dessine le ciel.

NINA

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Une errance suave

 

 

 

Du ciel batik illimité,

D'un bleu layette dilué,

 Sont descendues des formes roses

Fasciné mon regard s'y pose.

 

Au-dessous, un bloc allongé

Semble de marbre violet.

Plus loin, bien plus bas, de l'or jaune.

De la tendresse qui se donne.

 

Soudain j'aimerais être artiste.

Or quel brillant aquarelliste,

Face à une telle splendeur,

                                                          Penserait la mettre en couleurs?

 

5 avril 2015

 

 

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Les pauvres sont ceux qui, par eux-mêmes, sont incapables d'assumer pleinement et librement leur condition d'homme dans le milieu où ils vivent. Quels que soient l'époque, la région, le type de société, dénuement, dépendance, faiblesse, humiliation accompagnent la condition des pauvres ; en outre, ceux-ci sont dépourvus de tout ou partie de moyens, variables selon les milieux, de tenir un rang social : argent, vigueur physique, capacité intellectuelle, qualification technique, science, honorabilité de la naissance, relations, influence, pouvoir, liberté et dignité personnelles. La précarité, sinon la déchéance, sont leur partage. Ils sont anonymes, isolés même dans la masse ; ils n'ont aucune chance de se maintenir ou de se relever sans l'aide d'autrui. Vivant au jour le jour, et dans l'attente perpétuelle de lendemains meilleurs, ils sont aussi accessibles à toutes les espérances, à toutes les illusions, à tous les mythes, que prompts au désespoir et à la révolte. Applicable à tous les types de société, cette définition inclut tous les frustrés, tous les laissés-pour-compte, tous les marginaux, tous les asociaux, à côté des chômeurs, des mal payés, des infirmes et des ratés. Elle n'exclut pas non plus ceux qui, par idéal ascétique, mystique et charitable, ont voulu délibérément vivre pauvres parmi les pauvres. L'histoire des pauvres est donc étroitement liée à l'évolution du milieu, sous tous ses aspects, social, économique, technique et mental.

Les problèmes, cependant, ne sont pas simples. Les mots pauvre, pauvreté sont ambivalents et ambigus. Le second recouvre une notion exprimant simultanément une vertu et une abjection ; il désigne aussi des réalités sociales nuancées. Ainsi, par pauvre, il faut entendre des types sociaux forts divers et le mot comporte, sinon des synonymes, du moins des équivalents nombreux. Historiquement, géographiquement et socialement, la condition du pauvre, essentiellement relative, comporte des degrés séparés par des seuils économiques, biologiques, sociaux.
À ces difficultés d'analyse s'ajoutent celles de la documentation. Les pauvres sont les muets de l'histoire ; leur passé s'inscrit en contrepoint de celui des autres couches sociales et constitue, en quelque sorte, l'envers du tableau.


Les pauvres dans les sociétés à prédominance rurale

Dans l'Antiquité
À lire la Bible, les pauvres apparaissent dès les premiers temps de l'humanité, avec Abel, Isaac et Joseph, victimes de l'envie de leurs frères, et avec la malédiction de Cham. L'histoire antique a été écrite, dans le silence, par les pauvres des peuples asservis et par des millions d'esclaves jusqu'au-delà de la chute de Rome. " Le pain et les jeux " étaient autant des moyens de faire avorter les germes de révolte que des manifestations ostentatoires de l'évergétisme hérité du monde hellénistique. Sans doute, la génération d'Antonin le Pieux connut-elle des institutions philanthropiques, mais c'était au IIe siècle après J.-C., alors que s'infiltraient des principes, insolites, de charité, appelés à transformer, lentement et non sans avatars, la condition des pauvres, et à la réhabiliter, au moins spirituellement.
Déjà, la religion juive avait inspiré aux anawim l'ascétisme d'une pauvreté volontairement humiliée devant Jaweh, dont les Esséniens, puis Jean-Baptiste sont des exemples. Des modèles analogues se rencontrent, à haute époque, dans les religions hindoues et se retrouvent dans l'islam, surtout en ses premiers siècles ; la tradition s'en était prolongée dans la communauté chrétienne de Jérusalem et parmi les ermites d'Égypte et de Cappadoce.

Au haut Moyen Âge

En Orient plus tôt qu'en Occident, les calamités naturelles firent refluer vers les grandes villes, Alexandrie, Antioche, Césarée, Constantinople, les foules d'indigents, en faveur desquels s'élevèrent les voix prophétiques de Clément d'Alexandrie, de Grégoire de Nysse et de Jean Chrysostome. Ce dernier avance le nombre de cinquante mille indigents dans la capitale impériale vers 400. Plus tard, Justinien dut légiférer sur leur sort. Moins nombreuses, mais aussi graves, semblent avoir été les misères pour lesquelles agirent Ambroise à Milan, Grégoire le Grand à Rome et Césaire en Provence. En se diluant dans la vie rurale, la société romaine à son déclin y transféra une pauvreté que la brutalité des moeurs mérovingiennes aggrava. L'identité s'établit entre pauvres et travailleurs des champs livrés à l'exploitation des puissants ; Grégoire de Tours décrit cette situation dans son Histoire des Francs au VIe siècle ; l'hagiographie montre que la réputation de sainteté naît des bienfaits aux pauvres ; seules les aumônes aux indigents inscrits sur les " matricules " et les hôtels-Dieu ouverts par les évêques, " défenseurs des pauvres ", accordent aux malheureux les secours réclamés par les décisions réitérées des conciles.
L'ordre carolingien est éphémère. Si la pauvreté est alors moins une indigence qu'une dépendance, la protection due aux faibles par les puissants se mue en coutumes abusives et s'inverse en violence. Les calamités naturelles aggravant leur détresse, les pauvres s'attroupent à la porte des aumôneries monastiques où se font des distributions de vivres et de vêtements. Ces rassemblements préludent à d'autres mouvements, annonciateurs peut-être d'une certaine conscience collective, destinés à imposer le respect des faibles protégés par la " paix de Dieu ". Les assauts de la misère étaient durs au XIe siècle, et le rapport entre l'accroissement démographique et l'extension des défrichements demeurait assez négatif pour expliquer le manque de travail et le désarroi des " jeunes " vers 1100. Les communautés villageoises ne suffisent ni à nourrir, ni à retenir tous " leurs " pauvres. Certains rejetés ou fugitifs, rebelles ou exclus, criminels en puissance ou en acte, " déguerpissent " et grossissent la cohorte des prédicateurs populaires et des ermites (Pierre l'Ermite, Robert d'Arbrissel) : affranchis des contraintes, ils trouvent là des sortes de structures d'accueil inspirées par le revival de la confraternité charitable attribuée à la communauté apostolique de Jérusalem. Cependant, la plupart des pauvres des campagnes bénéficient d'aumônes, de legs et de petits " dispensaires " locaux fondés parfois par d'humbles gens, dont les testaments commencent à émerger de la masse des archives. Mais, déjà, à la troupe des pauvres des campagnes vient se superposer celle, complexe et trouble, des pauvres des villes renaissantes.

Les pauvres dans la ville

À son début, au XIIe siècle, le développement urbain recrute des pauvres à la campagne et, on l'a dit, la ville, à son tour, sécrète la pauvreté. Elle offre, ou plutôt les pauvres croient qu'elle offre, des possibilités d'embauche, et l'on vit, aux derniers siècles du Moyen Âge, s'organiser des marchés du travail, la place de Grève à Paris, par exemple, où les manoeuvriers, de bon matin, offraient leurs bras à la journée. Plus sûrement, aux périodes de guerre, comme la guerre de Cent Ans, la ville, à l'intérieur de ses remparts, attire les réfugiés du " plat pays ". Dans l'anonymat de leurs bas quartiers, les plus grandes cités permettent aux faillis, aux exclus, aux bâtards, prostituées, condamnés et bannis fugitifs de se refaire une vie. Tavernes, champs de foire, porches des églises, distributions d'aumônes des confréries, des " tables " ou " plats " des pauvres sont des lieux de rencontre où se nouent des solidarités horizontales spontanées, voisines et parfois génératrices de complicités. Le mouvement s'est accéléré après la peste de 1348 avec les troubles et les crises économiques des XIVe et XVe siècles. Paris en fut au temps de Villon un modèle achevé. Ainsi, la galerie des pauvres s'enrichit, si l'on peut dire, de figures nouvelles, et la terminologie qui les désigne désormais en langue vulgaire est d'une truculente variété.
Cependant auprès des visages des truands, caïmans, vagabonds, qui composent les " classes dangereuses ", on ne peut oublier les pauvres traditionnels qui " méritent l'aumône. Les voilà plus nombreux, mendiant "à grant rage de faim pour Dieu " (Gerson) : veuves sans ressources et chargées d'enfants, malades, enfants trouvés ; ce sont les " maintes misères cachées " des " pauvres honteux ", impossibles à compter, qu'un maréchal de Boucicaut, sous Charles V, s'efforçait secrètement de soulager. Que les mendiants valides ne doivent pas être condamnés en bloc pour refus de travail, c'est une découverte des villes les plus industrialisées de ce temps, telle Florence, l'insuffisance du salaire ou le chômage justifiant des secours : c'est la pauvreté laborieuse. Certains frères mendiants, dominicains et franciscains, eurent ce discernement. Professant la pauvreté absolue pour se rapprocher du Christ et voués par destination à l'apostolat urbain, les Mendiants devaient naturellement comprendre l'infortune des pauvres involontaires. Les théologiens et les canonistes du XIIe siècle leur avaient ouvert la voie ; vers 1230, le " vol " de l'indigent en extrême nécessité était légitimé. Cent ans plus tard, à Florence, la parole d'un Taddeo Dini et les aumônes des confréries (Or San Michele) affirmaient la nécessité du partage et du don personnalisé.
Pour dénombrer les pauvres et distinguer leurs catégories, les recensements fiscaux, en usage dès le XIIIe siècle dans les villes méridionales, répondent imparfaitement : leur importance numérique, de 30 à 40 p. 100 de la population, amena les autorités municipales à se saisir de ce problème d'ordre public. Les pauvres devenaient une masse disponible pour des démagogues ambitieux : on le vit partout vers 1380. Les institutions charitables étaient débordées. Sans en exclure l'Église, souvent à sa demande, les communes contrôlèrent la gestion des hôpitaux, les distributions, les déplacements des mendiants. Sans souscrire aux condamnations du pauvre par les humanistes, qui omettaient de voir en lui un homme, les franciscains de l'observance (avec Bernardin de Feltre) amenèrent les villes italiennes à instituer les monts-de-piété, dont les prêts à intérêt modique respectaient la dignité du pauvre laborieux. À une expansion économique éphémère, vers 1500 succéda une recrudescence de la pauvreté. Pour rationaliser l'assistance, on regroupa les petites maisons en hôpitaux généraux. Le foisonnement des libéralités individuelles fit place à des bureaux des pauvres ou aumônes générales, alimentés par des cotisations obligatoires. Ainsi, surtout dans les pays protestants, le sort des pauvres, passé de la charité privée au contrôle urbain et étatique, tomba dans le domaine de la " police des pauvres ".

Les pauvres dans l'État mercantiliste

Pendant les trois siècles modernes, la pauvreté paraît liée aux avatars de la démographie et de l'économie. Le chômage, les dévastations (guerres de religion, guerre de Trente Ans, Fronde), l'endettement, les saisies judiciaires, en Angleterre la substitution des pâturages aux labours ont lancé beaucoup de vagabonds sur les routes ; si la ville les accueille, elle leur propose des tâches éphémères, sans qualification, et les loge, en marge des riches, sous les combles des maisons, dans des masures sinon dans les " cours des miracles ". La morale pour beaucoup n'existe pas : absence de mariage, naissances illégitimes, abandons d'enfants ; des indigents ne connaissent des églises que le porche où ils mendient. La criminalité et l'insécurité règnent la nuit en ville et le jour sur les routes. Le banditisme est endémique en certains secteurs comme les pays méditerranéens. Des révoltes éclatent lors des disettes. La pauvreté a fourni ses troupes à la guerre des Paysans en Allemagne, à la rebeyne lyonnaise de 1529, aux révoltes anglaises de 1536 à 1780, en passant par celles de 1607 et 1630, aux " va-nu-pieds " normands, aux Bretons insurgés contre le " papier timbré ", enfin aux émeutes frumentaires du XVIIIe siècle. Les simples miséreux, inoffensifs, sont plus nombreux ; mais les " présences inquiétantes " et les " menaces obsédantes " inspiraient aux contemporains une méfiance générale. Dieu lui-même aurait difficilement reconnu les siens ! Il fallait la vertu de Pierre Fourier, de Vincent de Paul et de Louise de Marillac pour voir le Christ en ses " membres souffrants ". Pour la plupart des chrétiens, le pauvre était l'instrument du salut de son bienfaiteur, car " l'aumône éteint le péché ". Même pour les plus charitables, le pauvre, anonyme, reste, derrière le Sauveur, un être impersonnel. La réprobation de la pauvreté était formelle chez ceux qui, liant la tradition biblique et l'idéal humaniste, associaient le malheur au péché et le succès à la bénédiction divine. Les pauvres n'y auraient pas trouvé leur compte, sans le ressourcement d'une charité pérenne.
Pour tous, le sort des pauvres est un mal à soulager, surveiller, réglementer, encadrer. Éternels mineurs, les pauvres attendirent longtemps qu'on cherchât les causes de l'infortune. Considérant l'utilité sociale, le mercantilisme voit dans le seul travail la solution du paupérisme. Mendiant et vagabond sont répréhensibles ; depuis Élisabeth Ière, les lois anglaises sur les pauvres sont des modèles de répression. Les villes gagent des " chasse-coquins ". L'ordre public et un souci de rééducation postulèrent la mise au travail et le renfermement des pauvres. Partout, peut-être en Espagne dès le XVIe siècle, des chantiers préfigurent les ateliers de charité, sous le nom d'hôpital, de workhouse , de spinhuis ... ; des rafles y rabattent les vagabonds. D'autres sont envoyés aux galères.
La plupart des pauvres, exempts de ces rigueurs, végètent et bénéficient des pratiques séculaires de la charité. D'ailleurs, la " police des pauvres " n'était pas unanimement approuvée. De Vincent de Paul au milieu du XVIIe siècle à Massillon en 1705, des protestations s'élevèrent en faveur de " ceux qui sont réduits à feindre d'être malheureux ". " Ne vaut-il pas mieux donner à de faux besoins que courir le risque de refuser à des besoins véritables ? " Bossuet célébrait " l'éminente dignité du pauvre ". Vauban conseillait une justice fiscale qui soulagerait les pauvres. Jean-Baptiste de La Salle fondait des écoles pour leurs enfants.
Vers 1700, la pauvreté est objet d'enquêtes. Les dénombrements fiscaux (rôles du vingtième) révèlent, au cours du siècle, la proportion des non-imposables, donc des pauvres. Les économistes cherchent les causes de la pauvreté et sont près de l'imputer, au-delà des circonstances conjoncturelles, à l'organisation sociale. Le travail producteur reste, pour eux, la loi naturelle suprême. Le pauvre qui s'y soustrait est un délinquant ; sa pauvreté, un vice. " Au grand banquet de la nature, il n'y a pas de couvert vacant pour le pauvre " (Malthus). On prête à Voltaire d'avoir stigmatisé la charité pour son aveuglement. Au siècle des Lumières, certains n'étaient pas assez éclairés pour muer leur sensiblerie en une vraie sensibilité à toute misère. L'Encyclopédie reconnaît le droit au travail, mais traite l'aumône en pratique superstitieuse génératrice d'oisiveté. Au contraire, l'État, guidé par la philanthropie, doit organiser la bienfaisance. Le principe d'utilité marie postulats philosophiques et exigences économiques. Les pauvres doivent s'y conformer et l'État y veiller. Malgré de bonnes intentions et d'incontestables réalisations, les pauvres ont peu bénéficié du despotisme éclairé. En France, à la veille de 1789, Turgot développe les ateliers de charité et, sous la Constituante, le comité de mendicité n'innove pas.

Au temps de la révolution industrielle

En Angleterre puis sur le continent, en France d'abord, à Rouen, de nouvelles pauvretés apparaissent avec l'usine. Leurs problèmes en furent perçus au milieu du XIXe siècle. Les doctrines économistes du XVIIIe prévalaient encore. La persistance du régime électoral censitaire prouve l'" incapacité " légale des pauvres. Mais la misère ne consiste pas dans cette infériorité politique ; elle réside dans l'insuffisance de salaire par rapport à la longueur de la journée de travail, dans la précarité de l'emploi, l'insalubrité du logement, la déficience de l'hygiène, dans le désarroi moral et la dépendance. De la prolétarisation, peu prennent conscience. Les descriptions d'un Villeneuve-Bargemont, d'un Villermé, d'un Lamennais, les protestations de quelques évêques et les efforts d'un Frédéric Ozanam sont aussi lucides que sont virulentes les analyses socialistes de Proudhon et de Marx.
Au milieu du XIXe siècle cette pauvreté ouvrière restait un phénomène urbain, limité aux industries mécanisées (textile, métallurgie). Ses victimes se recrutaient dans les campagnes, où les formes ancestrales de pauvreté, liées aux caprices de la nature, sont aggravées par la concurrence des marchés. L'exode rural, sur de nouveaux chemins, engendre, par millions, un nouveau type de pauvres : les émigrants d'Europe centrale, d'Italie, d'Irlande, vers les Amériques ; leur trafic au XIXe siècle a remplacé la traite négrière du XVIIIe siècle et préludé à l'exil des " personnes déplacées " du XXe. La science quantitative fait alors la tragique découverte d'une véritable marée de pauvres, de toutes catégories et de toutes nations, dont les notions de Tiers et de Quart Monde sont l'actuelle expression. L'histoire des pauvres n'appartient pas qu'au passé.

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COQUETTERIE EN JAUNE

12273090069?profile=originalTimides le matin elles virevoltent le soir se faisant admirer comme les stars des catalogues

Soleil dans le jardin  Soleil dans les coeurs

Le pinceau garde alors un peu de cette splendeur

12273089501?profile=originalPhotos   et  Huile sur carton ( 50 x60) AA

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