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TROIS PIES...

Trois pies dans le jardin batifolent

Elles s'observent, se titillent, virevoltent!

Ballet habillé de noir et blanc

Et je retrouve un regard d'enfant...

Au soleil, la gaité est de mise

Et l'envie de vivre à sa guise

Orage et nuages sont en réserve

Au présent, c'est la joie que j'observe!

Trois pies sur un banc, du ciel s'amusent!

Et leur grâce active réveille ma muse

Trois petites strophes naissent avec le vent

Et je les chantonne au firmament...

Trois pies... trois pies jouaient, élégamment...

J.G.

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Approches sensibles.

 

Les clefs imprimées en toi,

 

je les vois bien en-deça des cimes.

 

En-dedans, les complaintes des astres lunaires.

 

Dehors, c’est l’infini déploiement des corps.

 

A tes côtés, s’éveiller à l’écoute de ta voix.

 

Ton visage s’éclaire et la lumière traverse l’air.

 

L’herbe est haute et ce que je découvre, je le dessine.

 

Pour détacher l’invisible,

 

la veilleuse des étoiles respire au rythme des mélodies.

 

Minuscules édifices qui prennent racine

 

Aux sources de la plume.

 

A Mondeville

 

Julien Boulier

poème déposé Sacem code oeuvre 3439940111 

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Les dates du 11 et 12 août prochain sont, dans mon agenda, soulignées en rouge et je vous invite, si vous aimez la littérature, à faire preuve de mimétisme.

Comme à l’école, prenez vos journaux de classe et notez ceci : Salon du livre de Montcuq en Quercy Blanc,

« rencontre avec l’homme au chapeau ».

12273288275?profile=originalParcourir les Salons littéraires organisés dans la Francophonie est l’une des aventures que je ne manquerais pour rien au monde. Certes, il n’est pas toujours facile de s’assoir derrière une table alors que le public que vous allez rencontrer n’a probablement jamais entendu parler de vos écrits. Est-ce vraiment important ?

Un Salon littéraire, à mon regard, est avant tout l’opportunité de belles rencontres. Le reste, c’est du bonus.  À

propos de rencontre, s’il en est une qui mériterait d’être soulignée s’est déroulée le jour mémorable ou j’allais enfin serrer la main du président du Salon du Livre de Montcuq en Quercy Blanc. Vous ne le connaissez peut-être pas encore, Stéphane Ternoise, écrivain, chansonnier, poète, anarchiste, contestataire, « dévoileur » de vérités et cinéaste amateur. Avec un tel curriculum vitae nul besoin de confirmer que le personnage fait partie de ces êtres adulés ou détestés, c’est selon, question d’humour, le second degré pouvant s’avérer corrosif. Esprits sensibles, s’abstenir.

Oups ! pardon, Stéphane Ternoise est mort et vient de renaître sous le nom de Stéphane Terdream… Le roi est mort vive le roi ! Secret bien gardé, le phénix s’abrite sous l’ombre de Montcuq. (Pas de mauvaise pensée s’il vous plait)12273288078?profile=original

Bien que je ne sois pas neutre en vous parlant de ce bonhomme, je dirais que l’artiste mérite le détour.

Sa plume ressemble à ces manèges qui vous entrainent sur les sommets les plus vertigineux avant de plonger sans le moindre préambule, vers les abîmes de son imagination.

Génie ou clown de service ? Je refuse d’apporter réponse à cette question, car ce serait faire injure au personnage de l’enfermer dans l’une ou l’autre définition. Il est lui, sans limites, ni dieu ni maître et tant pis si les coups doivent pleuvoir, il continue sa quête pour le bonheur de ceux qui l’aiment et au désespoir des autres. Les autres ? Ceux qui évitent les vérités et ne les dévoilent que dans le secret des alcôves ou peut être pire encore, sous le sceau de l’anonymat.

Pas facile de décrire ce personnage, cet homme qui m’a ouvert la porte de son cercle d’amis, alors que l’on sait que les mots ne sont jamais anodins et qu’un devoir de réserve fait partie de la déontologie.

Et voici que pour la troisième année consécutive, Stéphane organise le Salon du Livre de Montcuq en Quercy Blanc.

Entouré d’une petite équipe, le Salon du livre de Montcuq en Quercy Blanc vit le jour avec timidité. Peu de visiteurs, mais qu’importe, la leçon fut bien apprise, les choses ont évolué de façon positive. La troisième édition démontre que l’évènement prend ses marques puisqu’il s’étale à présent sur deux dates. Le samedi 11 août 2018, une Causerie littéraire se déroulera de 15 à 17 heures causerie qui abordera deux sujets :

  • - « Pourquoi écrire, pourquoi publier… La place de l’écrivain dans l’édition ? »
  • - « L’œuvre de Georges Coulonges 15 ans après sa disparition »

Le dimanche 12 août, place aux auteurs, le livre est à l’honneur et les écrivains exposeront à l’extérieur, juste à côté du marché hebdomadaire.

L’occasion est si belle que Montcuq enfilera ses culottes dominicales pour accueillir les auteurs venus de France et d’outre frontière.

Le prix littéraire, premier prix de l’année (prix décerné le 1er janvier à 00h01) sera remis à l’écrivain Belgo Néerlandaise Jessica Lefèvre pour son roman « 11 » édité aux éditions Acrodacrolivre «Belgique ». L’auteure et l’éditeur seront présents, belle opportunité de retrouver des gens appréciés pour ce qu’ils font.

Alors, pourquoi ne pas vous offrir un petit W.E. dans le pays de Nino Ferrer ? Pour le plaisir de rencontrer l’organisateur du Salon de Montcuq en Quercy Blanc et de pouvoir dire si l’occasion se présentait : Stéphane, moi je le connais !

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Si tu savais

Si tu savais
comme je m’essouffle vite
à marcher
sur les sentiers perdus
sur toutes ces routes
qui mènent quelque part
ce que j’aime
c’est m’attarder
sur les chemins de sable
des mots
ou entrer
dans le mouvement
d’une symphonie

Martine Rouhart

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12273156064?profile=originalIl s'agit d'un traité historique, écrit dans un but didactique, par le poète et humaniste italien François Pétrarque (1304-1374), commencé en 1344 et resté inachevé. Les livres de Valère Maxime, "Factorum et dictorum memorabilium", inspirèrent le poète qui fut sans doute séduit par la structure de l'ouvrage; celui-ci lui permettait de faire montre de sa vaste érudition historique, chose unique en son temps, et de tirer un enseignement moral pour ses lecteurs. C'est dans ce dessein qu'il trace un plan assez artificiel. L'ouvrage s'ouvre par l'éloge de l' oisiveté, comprise comme le repos de l' âme occupée par des études élevées; il traite ensuite des différentes vertus, à commencer par la prudence dont il distingue plusieurs aspects: souvenir du passé, attention accordée au présent, prévoyance du futur. Les exemples qui viennent illustrer la démonstration abondent. Ainsi, parlant de l' oisiveté, le poète rappelle les hommes qui la cultivèrent dans les temps anciens comme dans les temps modernes: les deux Scipion, Cicéron, Epaminondas, Achille, Socrate, Robert d'Anjou. Suivant la même méthode, il l'applique à l'analyse des qualité que requiert la prudence. Il en résulte que l'ouvrage a un ton typiquement médiéval que n'a pas l'autre oeuvre historique de Pétrarque, le "De Viris illustribus" (voir "Des hommes illustres"); mais dans l'un comme dans l'autre de ces ouvrages, se révèle l'amour de Pétrarque pour l' Antiquité qu'il a découverte; de plus, il conte de fines anecdotes, fort intéressantes, spécialement pour nous, car elles ont trait à des personnages plus proches de l'auteur dans le temps. Dès le début du traité, le souci de faire oeuvre d' humanisme apparaît en toute clarté; le poète est fier d'être le restaurateur de l' Antiquité jugée sévèrement par les générations qui l'avaient oubliée ou déformée. "Posté sur les confins de deux peuples et regardant ce qui suit et ce qui précède, ce jugement que je n'ai pas hérité de mes pères, je veux le transmettre à mes descendants", paroles mémorables qui marquent le début d'un nouvel âge: la Renaissance.

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Juste dénouer le temps

Sur un sentier qui file
je marche vers nulle part
la tête ailleurs

j’écoute le vent
j’écoute les ombres
je regarde les oiseaux
arpenter le ciel
rien de plus

tant de fois j’ai fait cela
juste dénoué le temps

Martine Rouhart

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D'or est saupoudrée l'herbe verte

J'ouvre les yeux à la lumière.

Me sens joyeuse d'être en vie.

Ne débordant pas d'énergie,

Je m'abandonne au laisser-faire.

 

En éveil, ne pense à rien.

D'or est saupoudrée l'herbe verte.

Des fourmis y passent alertes,

Sans doute y repèrent des biens.

 

Leur vivacité m'impressionne.

Je les observe de très près,

Or ne les vois pas s'emparer

Des aliments qui y foisonnent.

 

Intelligence ou bien instinct?

Tous les êtres vivants agissent

Pour obtenir un bénéfice,

Non pas un profit incertain.

 

Les lois, régissant la nature,

Demeureront inaltérables.

Aux espèces sont profitables,

Font que l'équilibre perdure.

 

14 juillet 2018

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Au temps de ma passivité

Un instant à occuper s'offre.

Certes ce jour est avancé.

Aucun défi ne m'est lancé,

Lors, je vais fouiller dans le coffre.

 

La mémoire est une réserve

Des plaisirs que donne la vie

Et aussi des tendres envies.

Dans la durée, elle préserve.

 

J'aimerais être créative,

Faire surgir de la beauté,

Dans des espaces enchantés,

Cependant demeure passive.

 

Face à la grisante brillance.

Je murmure l'hymne à la joie.

De ma mère, j'entends la voix

Qui avait bercé mon enfance

 

13 juillet 2018

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Tu me diras combien les chênes,

 

combien les chants anciens,

 

ont compté pour toi.

 

Nous qui sommes les enfants des campagnes,

 

les lueurs de la ville.

 

Dans ce paysage, la très lente mélodie,

 

de sa gorge déployée,

 

fait chanter le piano.

 

La nuit dans le poing, le jour dans la main.

 

Tes yeux en mouvement secouent les branches des arbres

 

au-dessus de la statue.

 

Sa silhouette dessine tes rêves au-dessus de la fontaine.

 

Tant de chemins à parcourir encore.

 

Julien Boulier

poème déposé Sacem code oeuvre 3439778711

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Quelques notes d’un lointain syrinx me reviennent… Pan, sans doute, est à la traversière… empruntons donc cette voie de traverse, sur l’air des vendanges de l’amour.
       Cupidon nous accompagnera à la parade, déjà il me tend une plume… en garde ! elle peut être perfide.

12273291070?profile=original Paon et Cupidon
Détail des « Scènes de vendanges »
« L’Amour, ce fripon, ce brandon de discorde, a d’étranges formules. »,
                                                                    Moschos de Syracuse (IVe s. av. J.-C.)
Maison de Dionysos (Nea Paphos, Chypre)

Dernière tournée et ultimes tours pour Aphrodite, Eros, héros et héroïnes avant de leur tirer notre révérence.
       Susceptible, vindicative, exclusive, et intrigante, Aphrodite ne fut pas pour rien dans la mort tragique d’Hippolyte. A ses beaux yeux, il avait commis ce péché originel d’incliner pour la lunaire Artémis (Diane), vierge de surcroit, et tenant à le rester, pour qui il se vouait.
       Hippolyte était le fils de Thésée. Lorsque le vainqueur du Minotaure quitta la Crète, il conduisit Ariane et sa sœur, Phèdre, vers d’autres destinées. Chemin faisant, il se lie à une Amazone, Antiope, qui lui donna ce beau fils. Après le décès d’Antiope, il épousa Phèdre.

12273291261?profile=originalPhèdre et Hippolyte
Hippolyte s’apprête ici à partir à la chasse – chaussé, sachant chasser, avec son chien - lorsqu’il reçoit un diptyque de Phèdre, sa belle-mère, lui avouant son amour. Dans l’attente, Phèdre sur son trône se consume. Cupidon, ce petit scélérat, avait su embraser son cœur. Avec ce brûlot qu’elle lui inspira

« C’est Vénus tout entière à sa proie attachée. »
Maison de Dionysos (Nea Paphos, Chypre)

Vous suivez ? Reprenons le fil, cherchons l’intruse et son agent de liaison.


C’est là qu’Aphrodite intervint comme le ferait un corbeau malfaisant, avec la complicité d’Eros, son envoyé spécial qui dicta sans états d’âme un fallacieux message à Phèdre. Calamiteux calame…
Alors que Thésée était absent, Phèdre le crut mort et déclara sa flamme à son gendre Hippolyte, qui, glacé d’effroi, la repoussa.
Sur ces entrefaites, Thésée réapparait. Craignant sa colère, l’épousée accusa alors Hippolyte de l’avoir violée. Fils maudit, Hippolyte partit et fut tué sur son char par une vague monstrueuse transmuée en un taureau furieux guidé par Poséidon en personne !

Après ce scandale dans la famille, Phèdre se suicida


« Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
Je péris la dernière et la plus misérable. »,
                                                                                           Jean Racine (1639-1699)


Et Thésée, qui apprit la vérité par l’entremise d’Artémis, abandonna son royaume.
Amour fatal, tragédie mémorable.

Et Aphrodite est parfois dite Sôsandra, « celle qui sauve les hommes » ! Faut-il se voiler la face, se draper dans sa vertu !

12273290884?profile=original Eros monté sur un taureau
Survivances païennes en période paléochrétienne*1.
Ces œuvres datent, pour la plupart, du IVe siècle.
Mosaïque de la maison d’Aion (Nea Paphos, Chypre)

      Europe, princesse de Tyr, gambadait dans les prés avec son petit panier fleuri et ses amies. Zeus, au balcon d’un nuage, observait cette charmante scène champêtre d’où se détachait notre héroïne, tant elle était fraîche, fleur parmi les fleurs, prête à être cueillie. Un peu sauvage aussi. De son côté, la déesse de l’amour veillait pareillement, et aimant mêler les cœurs autant que le grain et l’ivraie dans l’ivresse des sens, elle demanda à Eros de décocher une de ses fameuses flèches, qui derechef atteint le dieu suprême. Incontinent, le père des dieux et des hommes, et roi des transformistes, se mua en taureau, échappant ainsi à la vigilance d’Héra, sa légitime épouse. Sans ambages, il héla la fille du roi Agénor, « Io ma sœur, en croupe ! » (c’était un rapteur avant l’heure), se rua sur la belle et l’emporta. Au galop sur les flots, ils gagnèrent Chypre, pour jouir de la félicité d’un amour partagé. Elle lui donna trois fils, puis épousa le roi de Crète. Et c’est comme ça que, descendus de l’Olympe et « des fils glorieux dont les sceptres exerceraient leur pouvoir sur tous les hommes », nous sommes tous Européens !

12273291297?profile=original L’enlèvement d’Europe
Ils atteignirent Matala et vécurent heureux en Crète, où on dit qu’à Gortyne le platane qui abrita leurs amours reste toujours vert… En toute saison*2 !
On ne mesurera jamais assez les bienfaits du régime crétois !
(IIIe s. ap. J.-C. ; mosaïque trouvée dans la ville de Rhodes en 1966)

      Clio pour sa part, un jour, désavoua Aphrodite et son amour trop tapageur pour Adonis. Clio pensait avoir la haute main sur l’histoire, la suite lui prouva que non. Ses piaillements l’incommodant, la déesse fit qu’une irrésistible inclination poussa la Muse de l’Histoire dans les bras du roi Piéros. Piéros, roi d’Emathie (Macédoine) et ses neuf filles, les Piérides*3, à qui il avait donné le nom des neuf Muses, raison pour laquelle, outre qu’elles rivalisaient avec elles au chant, elles furent métamorphosées en pies et corneilles, oiseaux rebelles que nul ne peut apprivoiser. Et pan sur son bec ! Faut pas la chercher. Et ne bayez pas ! La musique n’adoucit pas ses mœurs.

12273291494?profile=original ‘Tu croas ça toi’ croassèrent les Piérides, avec, comme dit Ovide, leur « caquet, une voix rauque et un insatiable désir de parler. ».

      Avançons-nous maintenant vers cette représentation populaire (pandemos) de la déesse où on voit Vénus chevaucher un bouc. Elle est du type Epitragia.
Les cheveux dans le vent, il lui monte des désirs divins dans le creux de ses reins, sur son terrible caprin.

12273292069?profile=original Vénus Pandemos
« Le vulgaire, dans la nature, se mêle souvent au sublime »,

Mme de Staël.

(ca 250 ans av. J.-C. ; marbre de Pentélique ; musée du Louvre, Paris)

      Une croyance répandue dans la Grèce antique voulait, ainsi que le rapporte Pline, que « les chèvres respirent par les oreilles… et que la fièvre ne les quitte jamais : ce serait pour cette raison que leur souffle est plus brûlant et qu’elles sont plus ardentes à l’amour… »*4.

12273292094?profile=originalLa chèvre de la mosaïque des « Quatre saisons »
Remarquez la flute de Pan (syrinx).
Faut-il y voir une bique lubrique ?
Bê… fabæ caprini fini ! réplique-t-elle bellement.
Maison de Dionysos (IVe s., Nea Paphos, Chypre)

      Priape, né sous la bonne étoile du berger qui l’éleva, veillait particulièrement les troupeaux de chèvres, première espèce ruminante à être domestiquée par l’homme.
Fils naturel d’Aphrodite et de Dionysos, mais si petit, si laid, si libidineux, que sa mère l’abandonna. Il devint donc le protecteur du cheptel et des jardins… Jardins où notre disgracieux homoncule réapparut plus tard sous forme du charmant nain ornemental*5 que nous connaissons tous. Gage de fertilité, son sexe énorme telle une masse d’armes avait aussi l’avantage d’éloigner les voleurs comme de servir d’épouvantail à moineaux !

12273291659?profile=original La jeunesse de Jupiter (ca 1700, détail)
Ignaz Elhafen (1658-1715)
(ivoire, Victoria & Albert Museum, Londres)


Pan au tambourin, une nymphe et Amalthée, la chèvre nourricière de Zeus. Pour Homère, Zeus, le plus glorieux des dieux, était le père d’Aphrodite, qu’il eût de de son union avec Dioné. Il devait y avoir un certain atavisme.

12273291872?profile=originalEstán como cabras
María del Carmen Díez Muňoz (Villadovid, 1989)
(linogravure, 2015 ; musée insulaire de La Palma)
Tant il est vrai qu’elle m’a rendu chèvre !

Cabri c’est fini.


       Malgré tout, je ne voudrais pas terminer sur une figure un peu trop fruste. Il suffit pour cela de changer de disque pour prendre celui, bien plus aimable à nos yeux, mais hélas perdu, que décrivait Anacréon, le chantre de Téos, il y a deux mille cinq cents ans. J’en appelle donc à l’aède…


« Qui donc osa graver la mer ? Quel art habile déroula sur ce disque les flots arrondis de l’onde azurée ? Quel est celui dont l’esprit inspiré des dieux a représenté sur le dos de l’humide élément la blanche et douce Cypris, reine des Immortels ? Il nous l’a montrée nue : les flots servent seuls de voile aux appas qu’il faut cacher : elle erre sur l’eau comme l’algue blanchissante que balance une onde paisible.
Le corps soutenu par la mer, elle sépare devant elle les vagues frémissantes et fend pour la première fois les flots répandus autour de son sein de roses, au-dessous de son cou délicat. Au milieu des sillons d’azur, comme un lys enlacé aux violettes, Cypris brille sur le calme de la mer. L’argent représente des dauphins en chœur et portant l’Amour et le Désir qui se jouent des finesses des hommes. La troupe des poissons, en cercle sur les flots, caresse la reine de Paphos partout où elle nage en souriant. »*6


       Assez chanté ses louanges, de dithyrambe… Cependant, sans l’abandonner, nous laisserons notre déesse se délasser, pour nous consacrer à ses Amours, turbulents enfants, et à leurs traits… de caractère.

12273291897?profile=originalLe repos de Vénus et de Vulcain
Les Amours affutent leurs flèches.
L’Albane (Francesco Albani, dit ; 1578-1660)
(musée du Louvre, Paris)

Vous pouvez, en attendant, retrouver notre héroïne dans les précédents épisodes de cette série :
1. A Paphos, l’effrontée Aphrodite fût :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-paphos-l-effront-e-aphrodite-f-t-aphrodite-1-5

2. A la poursuite d’Aphrodite la dorée :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-la-poursuite-d-aphrodite-la-dor-e-aphrodite-2-5

3. Toujours fondu d’Aphrodite ? :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/toujours-fondu-d-aphrodite-aphrodite-3-6

4. Dans le miroir de Vénus :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/dans-le-miroir-de-v-nus-aphrodite-4-7-1

5. Rhodos, Salmacis et hermaphrodite :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/recherche-aphrodite-perdument-aphrodite-5-7
6. Vénus ou l’écume de nos nuits :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/v-nus-ou-l-cume-de-nos-nuits-aphrodite-6-7

Michel Lansardière (texte et photos)

*1 L’île de Chypre a été évangélisée par Paul, Barnabé et Marc en 45. La religion chrétienne sera proclamée religion officielle de l’Empire romain en 392. En 395, à la mort de Théodose, l’empire est scindé en Empire romain d’Orient et Empire romain d’Occident. Il y eut aussi des foyers de résistance polythéiste, notamment pendant le règne de l’empereur Julien (331-363), l’Apostat pour les Chrétiens.


*2 Sempervirens, il l’est ! Vérifications faites, une espèce endémique à feuilles persistantes vit sur l’île (platanus orientalis cretica). Il n’en resterait qu’une trentaine de spécimens. Ils font naturellement partie des spermatophytes (angiospermes). Par la semence de Zeus !


*3 Les Piérides sont souvent assimilées aux Muses (idem pour les Carmènes) et données comme synonymes d’après leur lieu de naissance, la Piérie, en Macédoine. Leurs vocalises se répétaient en écho sur les monts Olympe, Piérus, Pinde, Parnasse et Hélicon pon pon pon pon.


*4 Antiquité ?... Avant la Seconde Guerre mondiale, un charlatan américain, John Romulus Brinkley (1885-1942), greffa des testicules de bouc, émissaire de puissance et de gloire, à des patients (plus de 15000 victimes tout de même !) voulant retrouver leur virilité. Ce personnage sulfureux, aux ambitions politiques, propagea les nauséabondes thèses nazies… Il est vrai que l’odeur hircine n’est pas celle de la sainteté, le Diable s’habille en angora.
Un film d’animation documentaire, Nuts ! (jeu de mots entre « cinglé » et « testicules »), se basant sur cette histoire a été réalisé en 2016 par Penny Lane.
Mais « le bonheur ne serait pas le bonheur sans une chèvre qui joue du violon » selon une réplique d’un personnage contemplant « La mariée » de Marc Chagall dans Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell.


*5 Kobolde et Nicker, sont des esprits de la terre des légendes saxonnes. Ces « Petits vieillards, à barbe blanche, armés d’un marteau, ceints de cuir protecteur des mineurs, la tête couverte d’un bonnet conique. La figure souriante, ils batifolent dans les grottes, trottinent le long des filons, à la recherche des pierres fines, des métaux précieux. » (Karl Grün, 1843-1890) sont aussi à l’origine de nos nains de jardin, comme des mots « cobalt » et « nickel ».

*6 Traduction d’Ernest Falconnet (1815-1891). Bien sûr, pour Anacréon et ses contemporains le dauphin était un poisson. Linné n’était pas né.
Le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778) a classé le monde animal en proposant une nomenclature binominale latine dans son Systema naturae. Dans la famille vénus, il a donc mis de l’ordre. Dans la langue vernaculaire la palourde avait tout pour praire. Il les trouva mauvais genre, communes. Une faune (on lui doit le mot pour désigner le peuplement animal, idem pour la flore) bêtement vulgaire. Esprit systématique, il nomma la première Venerupis decussata Linnaeus, 1758 et la praire Venus verrocusa L., 1758, et cætera. Vous admettrez, que cela redonne une certaine classe à une famille ainsi recomposée. Bien rangée, Vénus est bien à tiroirs taxinomiques autant que mythologiques, voire métaphysiques. Dois-je consulter, Dr Freud ?

12273291684?profile=originalVénus aux cheveux d’or
Auguste Arnaud (1825-1883)
(palais de Compiègne, Oise)
J’aurai tenté avec cette série de faire toute la lumière, ou presque, sur la déesse…
Initialement cette sculpture était partiellement dorée. Napoléon III en ayant fait l’acquisition au Salon de 1863 demanda à ce que l’on lui ôta cette parure.
Voir à propos de ses cheveux le billet 2/7 : « A la poursuite d’Aphrodite la dorée »
(lien ci-dessus)

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Une habitude prioritaire

J'ai un puissant besoin, parfois,

De saisir de l'instant qui passe

Une délicieuse grâce

Ou bien le trouble d'un émoi.

 

M'arrivent des vers sans emphase.

Ils riment agréablement.

M'émeut toujours joyeusement,

La musicalité des phrases.

 

Des milliers de pages écrites,

De petits morceaux de papier

En deux soigneusement pliés,

Couverts de mots à la va vite.

 

Je garde toujours en ce temps

L'habitude prioritaire

D'écrire pour me satisfaire

Mais cela n'est plus évident.

  

Avec confiance j'espère

Que pareil me sera rendu

Mon talent qui semble perdu.

Me fascine le grand mystère.

 

22 juillet 1018

 

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Mots épars

Que reste-t-il
du temps éparpillé
des mots épars
et des poèmes inachevés

de nos nuits blanches?

Si peu de chose
une plume ou deux
abandonnées le soir
par un oiseau

Martine Rouhart

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Aussi je dirais que ton âme parcourt les sentiers sauvages.

 

Colères et tempêtes d’hiver, lourd soleil d’été.

 

Tu franchis les heures parvenues.

 

Vois cette clarté qui habille tes rêves.

 

C’est ta vie qui enveloppe de fougères

 

l’agitation et le tumulte des grandes villes

 

jusqu’à ce qu’en marchant,

 

tu découvres, transpercé de lumière,

 

les rivages à jamais en suspens.

 

Puisses-tu devenir immuable en t’éveillant chaque jour,

 

semblable à la brume qui se déchire,

 

laissant apparaître les paysages scintillants

 

à travers tes yeux et ton regard. »

 

Julien Boulier, à Lorient

poème déposé Sacem code oeuvre  3439653711

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L'envie d'une chanson

La forte chaleur a cessé,
Le vent agite le feuillage.
La prudence me gardant sage,
De sortir, ne suis pas pressée.

Ce jour se nomme Vendredi.
Il s'écoule dans le silence.
Son éblouissante brillance
Certes me rend ragaillardie.

Me vient le goût d'une chanson,
Créatrice de fantaisie,
D'une suave poésie,
De géodes remplies de sons.

Venez chez moi, Mimi Pinson,
Répandez-y votre énergie!
Voudrais dater ce vendredi.
Que s'y combinent de doux sons!

6 juillet 2018

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Un don en tendresse

À Michèle Choucroun

Vivant sereinement seulette,
Je capte des instants de grâce.
De m'émerveiller ne me lasse,
Ai souvent le coeur à la fête.

J'évoque les êtres que j'aime,
Dont le sort me tient éloignée,
Du chagrin étant épargnée.
Se perdent les envies qu'il sème.

Toi, qui as de forts courts loisirs,
Assumant une lourde tache,
Te soucies certes que je sache
Que tu couves nos souvenirs.

Recevoir un don en tendresse,
Provoque une profonde joie,
Souvent, un savoureux émoi.
L'apporte un souffle qui caresse.

5 juillet 2018

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HISTOIRE COURTE 42.

L'ART CELA FAIT DU BIEN.

Confronté sans transition souvent, de la beauté à l'horreur, du bien-être à la souffrance...

Secoué, perturbé, incrédule...l'homme doit pourtant faire face!

Lorsque le cœur déborde, lorsque la raison butte, l'instinct prend le relais...

Alors, pour surnager, pour exister, pour se détendre, pour partager, certains cherchent à traduire leur vécu. Ils prennent pinceaux, plumes, archets. Ils malaxent, ils sculptent, ils photographient, ils imaginent. Ils sortent de leur condition!

Ils se sentent tout à coup pour quelques instants magiques, créateurs d'une autre vie plus proche de leur ressenti. Ainsi en une minute, ils se sentent apaisés.

Et ceux qui posent leur regard et leur intelligence sur leurs œuvres, en ouvrant aussi leur cœur, éprouvent comme malgré eux, par onde de choc, ou devrai-je dire onde d'empathie, d'amour? Eprouvent donc, à leur tour, une part de cette joie de se sentir enfin, en osmose avec les autres, ou même seulement, en réflexion, en universalité.

L'art, c'est le fil qui nous fait danser avec la beauté, avec l'envie, avec la vie...

Il emplit nos yeux, nos oreilles, il nous fait ressentir la richesse qui sommeille au fond de nous. Il nous fait du bien.

J.G.

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Ma délivrance

Un autre jour de canicule.
Elle produit mêmes effets,
Mon déboussolement complet,
Un comportement ridicule.

Pour établir un courant d'air,
À nouveau, j'ouvre les fenêtres.
C'est la chaleur qui y pénètre.
Le résultat me semble clair.

Alors que je cherche un endroit, 
Où l'inconfort est moins pénible,
Persiste l'incompréhensible
Oubli de mon autre chez moi.

Descendant pour y prendre un livre,
Me sens pénétrée de fraîcheur.
Tant que durera la chaleur
Vais confortablement y vivre.

4 juillet 2018

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 Probablement influencé par le côté « gamin » qui domine quelquefois ma personnalité, j’adore fréquenter les égodefroi%20de%20bouillon.gifcrits qui touchent au « moyen âge » aux « croisés » ainsi qu’aux « templiers ». Il faut bien avouer que mon avis sur la question est certainement inspiré par la ville de Bouillon qui avoisine notre terroir, ville que l’on visite quelquefois en n’oubliant pas son château fort dans lequel sommeille la célèbre « Chambre des tortures ».

Malgré l’absence de « coupe du monde » ils avaient, à l’époque, quelques dons pour la distraction. S’il faut le rappeler, Bouillon est le nom que portait le souverain du « royaume de Jérusalem » qui refusa, au terme de la première croisade, le titre de roi pour celui de : «avoué du Saint-Sépulcre ». 

Je ne puis m’empêcher de sourire devant ce « péché d’orgueil » faisant probablement partie d’une forme de propagande afin de justifier les crimes commis au nom de la souveraineté divine. La mort était souvent au rendez-vous et sous le soleil d'Orient, les infections trouvaient terrain favorable.

la-dame-de-la-sauve-tome-1-1075-1125-9782953602838_0.jpg?t=1513339632« La dame de La Sauve » est un roman, que dis-je, une sorte de machine à remonter le temps. « Sandrine Biyi » n’est pas femme à camoufler des vérités. Elle ne s’encombre ni de dogme ni de faux semblant, l’Histoire étant ce qu’elle est, tant pis pour la légende.

A quoi bon falsifier la réalité ? Les croisades n’ont pas toujours été glorieuses. C’était une boucherie, opportunité à tous les excès, combien s’en sont privés ? « Sandrine Biyi » possède le talent de tenir le lecteur en haleine. Elle utilise pour ce faire le choc des civilisations, la bêtise des rivalités et sait placer sa plume sur les zones sensibles, tant pis si ça gratouille à notre envie de confort intellectuel.

Brunissende naît à Jérusalem en 1108. Elle est la fille d’un Seigneur aquitain parti en Orient lors de la première croisade et d’une jeune femme médecin, Arabe de la dynastie des Abassides.

Une chanson paillarde façonnera le destin d’un Seigneur obligé de guerroyer pour obtenir indulgence d’une église décidément avare de complaisance; il fallait y songer. 

L’écrivaine jongle admirablement avec les destinées des acteurs qu’elle place sous nos yeux… L’ouvrage nous livre une merveilleuse histoire d’amour, mais pas que. Il nous fait ressentir les déchirements d’une jeune femme éduquée avec tolérance qui revient « au pays » en compagnie de son père.

Une « Sarrasine » qui monte à cheval comme un homme et qui plus est d’une rare intelligence, voici de quoi faire trembler l’église en son entier.

À propos d’intelligence, l’Auteure nous ‘rappelle l’air de rien’ que nos civilisations sont redevables à ces voisins qui fontAVT_Sandrine-Biyi_9386.jpg hésiter l’Europe. Pour ne citer que quelques exemples ; l’hygiène, la médecine, l’astrologie, les mathématiques et j’en passe.

Le père de Brunissende possède énormément de terres sur lesquelles une abbaye se construit. Oui, mais, le Seigneur qui revient reprend ses droits et chasse quelques ambitions camouflées sous de pieuses intensions.

Jolie plume, pour une histoire que l’on aimerait entendre racontée sous le halo des chandelles ou pourquoi pas, assis au coin d’un feu de bois. Je n’ai pas eu cette opportunité, mais le destin m’a offert un ciel radieux, brulant comme le serait un bon vieux four à pain.

De Brunissende j’en suis tombé amoureux ainsi que de son caractère entier. Amour platonique qui n’a rien à confesser, se confesse-t-on d’un rêve ? J’ai envié l’intelligence de son père qui a su construire cette complicité malgré les chagrins partagés. J’ai sublimé le choc de civilisations des éducations. En d’autres mots, j’ai été séduit et je n’ai qu’une envie c’est de me jeter sur le second Tome. Mon Dieu, j’allais oublier de vous confier que cette histoire ne compte pas moins de cinq volumes. Pas de quoi vous effrayer, c’est passionnant.

La qualité de l’ouvrage ne provient pas seulement du don d’écriture que nous offre « Sadrine Biyi » il émane de sa passion pour l’Histoire médiévale que nous avions soulignée après la lecture de « Cathares » et pas que ; elle provient en grande partie de son regard honnête dépourvu de complaisance à l’égard de ce qui arrange notre vision des choses. Belle leçon d’histoire qui prête à la réflexion.

Parbleu ! Que l’on scelle mon destrier, les souffles d’Orient m’appellent.

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