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Le temps de lâcher prise

Propos

Accueillir une vérité,
Qui se présente clairement,
Peut me surprendre à tout moment.
Lors je me mets à la scruter

.

Je continue à constater
Des changements semblant étranges,
Qui me distraient ou me dérangent,
Dont je ne pouvais me douter.

Comprendre les comportements,
N'est pas une chose facile.
Essayer n'est pas inutile,
Pour juger équitablement.

Je lâche prise, confiante
En ce qui ce pourra m'advenir.
Et m'expose à tous les plaisirs,
Qu'offre la nature exaltante.

29 juin 2015

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Canicule,

 

Il fait si chaud,

l'air me brûle la peau, les yeux

et ma bouche qui ne réclame

que la vôtre, pleine d'ombre,

dès lors que vous me parlez en secret.

D'elle, je me désaltère un peu,

 contre elle, la mienne s'abrite

et devient infinie.

Il fait tellement chaud,

 que mon chat apathique,

 délaissant la chasse aux libellules,

s'étend dans une flaque d'ombre,

miraculeusement là, tombée du ciel clair,

à l'instar d'un châle d'une fée toute bleue,

 dont les yeux "ébène" étonnent

 ceux radieux et  mi-clos

de mon chat qui somnole,

 près d'un essaim d'abeilles

qui bourdonnent,  un peu folles,

à cette heure sombre et fraiche,

dans ma maison d'enfance,

dont les volets sont clos,

 mais point les roses et les pivoines

qui veillent sans  répit,

au repos de ma mère,

 étendue non loin d'elles ;

pourtant jamais elles ne se fanent

 ni ne se résignent à vieillir,

à devenir d'elle amnésiques.

Les fleurs se donnent tout le temps .......

Oui, il fait si chaud !

NINA

 

 

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Jours de pluie

Un début d'été peu rieur;
Le soleil ne se montre guère,
La pluie tombe, certes légère,
Or la nature à l'air en pleurs.

La journée s'annonce ennuyeuse.
Dans le silence, je médite.
L'ondée serait de l'eau bénite
Où sévit la chaleur tueuse.

Sont épargnés bien peu de lieux.
Le pire, étant inévitable,
Cause des torts irréparables,
Que l'on appelle «actes de Dieu».

Suis à l'abri, là où je vis.
Me prend l'envie d'en rendre grâce.
Sous le ciel blanc, immense espace,

Sereinement, je dis merci.

29 juin 2015

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Les pensées de Pascal

  • Propos
  • Lycéenne, j'aimais Pascal,
  • Tout autant que les romantiques.
  • J'admirais son esprit critique,
  • Son art de dire, peu banal.

  • Je savais de lui ses pensées
  • Les plus connues, paraissant sages, 
  • Qu'il illustrait parfois d'images
  • Et voulait toujours nuancées.

  • Depuis le temps de ma jeunesse,
  • Tant de choses se sont passées!
  • Nombreuses m'ont bouleversée
  • Mais d'autres comblée de tendresse.

  • J'existe en étant d'un autre âge.
  • Or en relisant les Pensées,
  • Avec émoi, intéressée, 
  • J'y découvris un bel un hommage
  • .
  • Pascal révèle qu'il admire
  • Le peuple juif, qui eut des lois 
  • Et garde une suprême foi.
  • Or qui d'autre eut osé le dire?

  • Partout, progressaient la torture
  • La haine et les atrocités.
  • Ô ces infernales cités!
  • La honte les cernant perdure.

  • 27 mai 2014
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Une triste réalité

Fête de la musique, en ce mois de Juin.
Un spectacle en plein air, offert à une foule.
L'énergie de la joie se répand et défoule.
Les assistants s'animent, en élevant leurs mains.

Sur scène, sont présents des hommes et des femmes,
Chanteurs appréciés et sûrs de leur talent.
Les robes écourtées, n'ont pas d'effet troublant,
N'ajoutent certes pas au charme de ces dames.

L'ivresse bat son plein aux sons des instruments.
Les mots lancés au vent pourraient sembler débiles,
Les mêmes répétés, sans fin, pour être utiles.
Persistent chaleureux, les applaudissements.

.

Devenue fatiguée de rester en attente,
Je quitte le gala et atterris chez moi.
J'essaie de démêler les imprécis émois
Qui font que je me sens confuse, mécontente.

Sur la terre de France, abonde la beauté.
Art et littérature éblouirent longtemps.
L'héritage est gardé religieusement.
Le déclin culturel est une cruauté.

28 juin 2015

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PAS A PAS

12273105078?profile=originalPetit intermède

Sandales ou escarpins  , bottines ou chaussures de sport 

le choix de chacun est divers et plein d'enseignement

Portrait inversé de la tête aux pieds

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"Les Provinciales" de Pascal

12273106675?profile=original"Les Provinciales sont des lettres polémiques de Blaise Pascal (1623-1662), publiées séparément à Paris de janvier 1656 à mai 1657, et en volume sous le titre Lettres écrites à un provincial par un de ses amis sur le sujet des disputes présentes de la Sorbonne chez Langlois (sous la marque fictive "A Cologne, chez Pierre de la Vallée") en 1657; réédition avec de nombreuses corrections qui ne sont pas de la main de l'auteur en 1659.

 

Rares sont les ouvrages de polémique à survivre aux circonstances qui les ont suscités. Le cas des Provinciales est d'autant plus remarquable que l'occasion de leur naissance peut nous paraître non seulement lointaine, mais étrangère - à savoir les débats provoqués par l'éclosion du mouvement janséniste. Cornelius Jansénius était un évêque hollandais, mort en 1638 dans la communion de l'Église, mais qui lui légua, avec le manuscrit de son Augustinus, un véritable brûlot théologique propre à alimenter un siècle et demi de controverses. De quoi s'agissait-il? De revenir, par-delà l'inspiration humaniste et optimiste de la Renaissance représentée dans le catholicisme par l'ordre des jésuites, à un augustinisme sévère, voire déformé, qui semblait faire bon marché de la liberté de l'homme devant la toute-puissance divine. Le jansénisme sera condamné à plusieurs reprises par Rome: en 1643 dans la bulle In eminenti d'Urbain VIII, en 1653 dans la bulle Cum occasione d'Innocent X, puis dans la bulle Ad sacram fulminée par Alexandre VII en 1656. La papauté réprouve en particulier cinq "propositions" qui lui ont été déférées par la Sorbonne et sont censées contenir l'essentiel de la doctrine de l'Augustinus sur la grâce.

 

Mais le jansénisme trouve en France des défenseurs, spirituellement groupés autour du monastère de Port-Royal qu'a réformé au début du XVIIe siècle la jeune abbesse Angélique Arnauld: parmi eux, Saint-Cyran, directeur de conscience des religieuses, qui meurt en 1643; les solitaires de Port-Royal (Antoine Le Maistre, Le Maistre de Sacy, Lancelot, Hamon, etc.) qui, sans voeu de religion, mènent dans la vallée de Chevreuse une existence consacrée à la prière et à l'étude; Antoine Arnauld, frère de la mère Angélique, sans doute le plus brillant docteur en Sorbonne du siècle. Précisément, c'est à partir de deux ouvrages d'Arnauld parus en 1655 (la Lettre d'un docteur de Sorbonne à une personne de condition et la Seconde Lettre de M. Arnauld à un duc et pair de France) qu'éclate la polémique où s'inscriront les Provinciales. La Sorbonne reproche en effet à Arnauld d'avoir insinué dans ses Lettres que les cinq propositions condamnées ne figuraient pas dans l'Augustinus (question de fait) et d'avoir lui-même soutenu que la grâce avait manqué à saint Pierre lors de son reniement (au lieu de dire que saint Pierre avait manqué à la grâce: c'est la question de droit). Malgré une défense vigoureuse, Arnauld est censuré sur la question de fait le 14 janvier 1656 et la condamnation sur le droit semble inévitable. Devant la perspective d'une défaite en Sorbonne, les jansénistes décident d'ouvrir un nouveau front: il faut passer des discussions techniques entre théologiens à une véritable campagne auprès du public, non spécialisé par définition, des "honnêtes gens". De cette métamorphose, Arnauld est incapable: alors Pascal s'offre.

 

En janvier 1656, Pascal a trente-deux ans. Il n'est connu encore que pour ses travaux scientifiques: principalement, l'invention de la machine arithmétique et les expériences sur le vide. Du point de vue religieux, il s'est converti en 1646 à une vie spirituelle plus fervente, sous l'influence d'un disciple de Saint-Cyran. Première empreinte port-royaliste donc, confirmée par la lecture des ouvrages publiés en faveur de l'Augustinus. Sa soeur Jacqueline devient religieuse à Port-Royal de Paris en 1653 et lui-même, après la "nuit de feu" du 23 novembre 1654, fait une retraite à Port-Royal-des-Champs, où il s'entretient avec Le Maistre de Sacy, le confesseur des moniales (voir l'Entretien avec M. de Sacy). Pascal est donc loin d'être un inconnu pour les jansénistes. Mais en quoi peut-il leur être utile dans la controverse? Par sa connaissance des milieux mondains visés dans la campagne d'explication et par la solidité de sa culture théologique: sur ce dernier plan, Pascal ne doit pas être considéré comme un simple amateur; il est depuis 1648 "un augustinien consommé" (Ph. Sellier), auteur en 1655-1656 d'Écrits sur la grâce restés inédits de son vivant. Au reste, Port-Royal lui fournit l'appoint de deux théologiens professionnels, Arnauld et Nicole, qui mirent à sa disposition une vaste documentation, esquissèrent le plan de certaines lettres et les relurent toutes: par où les Provinciales peuvent être dites une oeuvre collective. Elles sont aussi une oeuvre anonyme, parue d'abord sous forme de lettres séparées, adressées "à un provincial par un de ses amis". Ce n'est qu'avec le recueil de 1657 qu'apparaît le pseudonyme de Louis de Montalte, et il fallut encore deux ans aux jésuites pour percer la véritable identité de leur adversaire. Les Provinciales enfin sont une oeuvre clandestine: il s'agit de déjouer les manoeuvres d'un pouvoir qui a dès l'origine pris fait et cause contre le jansénisme. La police inquiète les libraires-imprimeurs amis de Port-Royal sans pouvoir empêcher, ni par scellés ni par incarcérations, la parution des "petites Lettres"; quant à l'auteur lui-même, il se cache dans différentes auberges - dont l'une serait située en face du collège de Clermont, tenu par les jésuites! - et chez des amis, d'où il lance à ses toutes-puissantes victimes: "Vous vous sentez frappés par une main invisible, qui rend vos égarements visibles à toute la terre" (lettre XVII).

 

L'ami du provincial prend la plume pour débrouiller à son correspondant les confuses disputes de Sorbonne autour du cas Arnauld. Il importe peu de savoir si ce dernier doute que les propositions incriminées par le pape soient dans l'Augustinus: ce n'est qu'une question de fait qui ne peut fournir matière à hérésie. La question de droit, en revanche, intéresse la foi. Peut-on dire que "la grâce, sans laquelle on ne peut rien, a manqué à saint Pierre dans sa chute"? Montalte - l'honnête homme en quête d'éclaircissements - se rend auprès de toutes les parties en conflit et conclut à l'inanité de l'accusation portée contre Arnauld: il n'a rien écrit qui ne soit appuyé sur l'autorité de saint Augustin et de saint Jean Chrysostome; sa conception d'une grâce qui n'est pas donnée à tous et agit efficacement sans dépendre de l'aval du libre arbitre est la seule orthodoxe, alors que les chimères du "pouvoir prochain", de la "grâce suffisante" et de la "grâce actuelle" sont des inventions toutes récentes qui servent à rassembler dans l'équivoque, contre les docteurs augustiniens, une majorité numérique formée de théologiens - les molinistes et les nouveaux thomistes - en fait désunis sur le fond (lettres I-IV).

 

A la Sorbonne, cette éphémère coalition l'emporte sur Arnauld en février 1656, mais le combat des port-royalistes continue dans l'opinion. Il passe du terrain dogmatique au terrain éthique, avec pour adversaire la Compagnie de Jésus. Montalte apprend d'un ami janséniste le dessein des jésuites: non point corrompre les moeurs, ni les réformer, mais gouverner toutes les consciences et pour cela s'accommoder à toutes. Soucieux de vérifier une si troublante information, l'épistolier se rend chez un des "bons pères" pour une série d'entretiens. Le jésuite révèle d'abord à Montalte, qu'il prend pour un "client" admiratif, le fondement de la morale de son ordre, le probabilisme: d'après cette doctrine, une opinion est probable, et donc sûre en conscience, lorsqu'elle est approuvée par un théologien de quelque poids; c'est-à-dire que tout casuiste un peu renommé, et de préférence jésuite, pourra à son gré faire et défaire les règles de la morale, nonobstant les préceptes contraires laissés par la tradition chrétienne. La porte est ouverte à un laxisme effréné (V). Les entretiens ultérieurs le confirment: par leurs maximes complaisantes, les jésuites rendent tout permis - la simonie aux bénéficiers, la désobéissance aux religieux, le vol aux valets (VI). Grâce à leur méthode de diriger l'intention, "qui consiste à se proposer pour fin de ses actions un objet permis", ils innocentent le duel entre gentilshommes (VII). Quant aux gens du tiers état, ils sont largement autorisés à se laisser corrompre, à ne pas rembourser leurs dettes, à garder des biens acquis par les voies les plus infâmes (VIII). Dans le domaine de la vie religieuse, les casuistes mettent de doux coussins sous les genoux des pécheurs: les fautes capitales sont transformées en fautes vénielles, notamment par l'usage de la restriction mentale, et les obligations du chrétien allégées au maximum (IX). C'est dans le sacrement de pénitence que les jésuites achèvent de banaliser ce qu'ils n'ont pu excuser avant, puisqu'ils n'exigent point de contrition - ce regret des fautes fondé sur l'amour de Dieu - de la part de leurs pénitents. Dispenser les chrétiens d'aimer Dieu, voilà le comble de l'impiété: Montalte scandalisé part en claquant la porte (X).

 

Les jésuites ne laissent pas sans réplique les terribles accusations portées contre eux. Ils reprochent d'abord à Montalte d'avoir traité de sujets religieux sur un mode ironique: à quoi l'auteur des lettres répond par une charte du polémiste chrétien incluant la possibilité d'un bon usage de la raillerie (XI). Les jésuites lui imputent aussi d'avoir rapporté infidèlement les opinions de leurs casuistes: il justifie alors ses citations sur l'aumône, la simonie, la banqueroute (lettre XII), sur le duel et l'homicide (XIII-XIV). Puis il passe à la contre-attaque en dévoilant que les jésuites, qui se plaignent à tort d'avoir été calomniés, ne se privent pas, eux de calomnier les autres - et cela pour la bonne raison qu'ils ne considèrent pas la calomnie comme un péché mortel (XV). De là vient le flot de mensonges qu'ils n'ont cessé de déverser sur le compte de Port-Royal (XVI). Enfin, Montalte répond à l'accusation d'hérésie lancée contre les jansénistes par le P. Annat: ne pas reconnaître la présence, dans le livre de Jansénius, des "cinq propositions" condamnées ne peut constituer une hérésie, puisque c'est une question de fait (XVII); sur le droit, les jansénistes sont parfaitement orthodoxes, puisqu'ils pensent - au contraire des protestants - que la volonté humaine a bel et bien le pouvoir de résister à la grâce (XVIII).

 

Les Provinciales sont le plus long des ouvrages "achevés" de Pascal. Ni la fragmentation en lettres ni les rebondissements de la polémique n'empêchent qu'elles forment un ensemble organisé - au demeurant expansible, puisqu'on possède l'ébauche d'une XIXe lettre. Classées d'après leur contenu, elles se répartissent ainsi: les quatre premières sont consacrées au problème de la grâce; les six suivantes exposent la morale des jésuites pour la dénoncer; six autres reviennent sur cette matière pour justifier Montalte; les deux dernières marquent un retour aux questions de la grâce. Cette répartition coïncide en outre avec celle qu'induit la forme épistolaire de l'oeuvre, ou s'y intègre: les dix premières lettres sont adressées au provincial; les lettres XI-XVI, aux "Révérends Pères" de la Compagnie de Jésus; les lettres XVII et XVIII au père Annat, confesseur du roi. Au changement de statut du destinataire qui, de fictif, devient réel, correspond une évolution du destinateur: non seulement Montalte se transforme, au cours des dix premières lettres, d'interlocuteur naïf en interlocuteur avisé et instruit, mais il se confond, à partir du moment où il doit répondre de ses écrits, avec Pascal lui-même. Depuis la lettre XI inclusivement, le "je" du narrateur ne fait plus qu'un avec celui de l'auteur. Montalte aura été un relais d'identification du lecteur à la cause janséniste.

 

Le principal moyen rhétorique mis au service de ce processus est à coup sûr l'ironie. Dans les lettres V à X, où il s'entretient avec le bon père, Montalte multiplie les formules par lesquelles il semble louer les maximes des casuistes jésuites qui, en réalité, le scandalisent (" que cela me plaît! lui répondis-je; que j'en vois de belles conséquences!", "Voilà un honnête homme, lui dis-je, qu'Escobar", "Cela est très respectueux, lui dis-je, etc.). Montalte est indigné, mais si son indignation éclate, le dialogue est rompu et le travail d'information tourne court; les compliments au contraire incitent le jésuite à révéler des articles toujours plus compromettants de la morale de son ordre. Ces fausses louanges permettent le rapprochement des points de vue du lecteur et de Montalte: ils ont en effet en commun la jouissance du sens authentique des paroles prononcées, et peuvent ensemble jeter un regard condescendant sur le pauvre père réduit au fallacieux bonheur du sens littéral. Mais l'usage de l'ironie n'est pas limité aux lettres dites "plaisantes"; il se poursuit dans les lettres dites sérieuses (à compter de la XIe), où il prend les deux formes spécifiques de la permissio - qui est un encouragement à l'adversaire - et du sarcasme: " grands vénérateurs de ce saint mystère, dont le zèle s'emploie à persécuter ceux qui l'honorent par tant de communions saintes, et à flatter ceux qui le déshonorent par tant de communions sacrilèges!" (XVI). Comme chez Platon, l'ironie cueille de la bouche même de l'antagoniste le fruit mûr de la contradiction: ce sont les propres livres de ses confrères, cités par le jésuite avec toute les références voulues, qui montrent un gouffre entre la théologie, la morale de la Compagnie et la tradition catholique, voire les préceptes les plus élémentaires de la morale naturelle; ce sont ensuite les lettres authentiques des révérends pères auxquels répond Montalte-Pascal qui exhibent les contradictions de ses contradicteurs: "Qu'il est avantageux, mes Pères, d'avoir affaire à ces gens qui disent le pour et le contre! Je n'ai besoin que de vous-mêmes pour vous confondre" (XV). Le véritable auteur des Provinciales, ce sont les jésuites.

 

Mais le conflit entre jésuites et jansénistes n'est pas seulement religieux: il oppose deux rhétoriques, et même deux esthétiques. D'un côté, ce que Marc Fumaroli a baptisé la "rhétorique des peintures", qui vise à séduire l'imagination et à charmer le sensibilité en couvrant de fleurs les épines du christianisme: elle est excellemment représentée par le père Le Moyne, dont Pascal déchire la Dévotion aisée (IX) et les Peintures morales (XI). De l'autre, la rhétorique gallicane, qui unit, en l'auteur des Provinciales, la gravité de Du Vair au style coupé hérité de Montaigne. Ici, les "mots" n'ont droit de plaire que s'ils sont transparents aux "choses"; là, ils s'enchantent de leurs chatoiements dans l'indifférence à la vérité. La confrontation, à l'intérieur des "petites lettres", entre l'écriture pascalienne et le style jésuite tourne à la victoire d'une esthétique du naturel sur une esthétique du bizarre, complaisante à l'allégorie, à la métamorphose, à la pointe, compagne inséparable des subtilités de la casuistique et d'une morale du déguisement. Si Voltaire a tant aimé les Provinciales, ce n'est pas seulement parce qu'elles attaquaient les jésuites, c'est parce qu'avec elles, aux dépens de ce qu'il faut bien appeler le baroque, s'ouvrait l'ère du classicisme triomphant: "Le premier livre de génie qu'on vit en prose fut le recueil des Lettres provinciales, en 1656. [...] Il faut rapporter à cet ouvrage l'époque de la fixation de la langue."

 

Le jugement de Voltaire, si excessif soit-il, n'en traduit pas moins l'admiration unanime - exception faite du jésuite Daniel dans ses Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe, en 1694 - qu'a suscitée aux XVIIe et XVIIIe siècles la valeur littéraire des Provinciales: ce n'est que depuis le XIXe siècle et le mythe romantique du génie foudroyé que Pascal est "l'auteur des Pensées"; avant, c'est-à-dire aussi longtemps que régna l'esthétique classique, il était d'abord "l'auteur des Provinciales". Et l'intérêt marqué de la critique contemporaine pour l'analyse rhétorique et les stratégies argumentatives ne peut manquer d'inciter à une féconde relecture des "petites lettres". Du point de vue moral, nombreux sont ceux qui ont accusé Pascal de calomnie à l'égard des jésuites: en fait, si l'on peut mettre en question l'interprétation systématiquement machiavélique qu'il donne de la politique de l'ordre, "Montalte" a dénoncé une authentique dérive laxiste des casuistes de la Compagnie en même temps qu'une tentation prononcée d'utiliser le spirituel à des fins de domination. Par là, par le combat qu'elles ont mené contre des pouvoirs sortis de leur sphère de légitimité, les Provinciales ne cessent de témoigner pour le libre amour de la vérité.

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Quand vous êtes là.

 

A l'orée de votre corps,

que du vôtre,

commence l'infini,

la mer qui s'y dessine,

est la plus vaste de toutes ;

d'un bleu indélébile, limpide,

immuable et chaud ;

elle illumine votre peau,

contre la mienne si sombre,

lorsque vous n'êtes plus là.

Vers l'orée de votre corps,

que du vôtre,

 s'achemine le mien apaisé, éclairci.

Vous aimer, vous dis-je,

 agrandit mon bonheur.

NINA

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Songerie

Chaque être aspire à un succès.
Stimulante est la confiance,
Bien plus que l'illusoire chance.
Il faut en contrôler l'excès.

En dépit de leurs compétence
Et de leurs efforts soutenus,
Nombreux ne sont pas parvenus
Là où les menait leur croyance.

Imprévisible, le hasard
Fait que les éléments varient.
Un projet devient un pari,
Parfois, s'il a pris du retard.

Dans des conditions restées stables,
Ce qui avait été prévu
Arrive sans déconvenues.
Ce peut être fort agréable.

Le pouvoir de la providence,
Qui rend un destin glorieux,
Au-delà de toute espérance,
Paraît certes mystérieux.

27 juin 2015

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Sous les caresses de la pluie

Les baisers de la pluie, agréables caresses,
Haut perché sur un fil, un oiseau les reçoit.
Ses plumes imbibées semblent faites de soie.
Il s'expose, en éveil, à l'humide tendresse.

Haut perché sur un fil, un oiseau les reçoit,
Se secoue vivement, me paraît en liesse.
Il s'expose, en éveil à l'humide tendresse,
Je l'observe, amusée, partageant son émoi.

Se secoue vivement, me paraît en liesse.
Peut-être dérangé, lorsqu'il m'aperçoit.
Je l'observe, amusée, partageant son émoi,
Sans trop réaliser mon indélicatesse.

Peut-être dérangé lorsqu'il m'aperçoit,
Il s'envole soudain à très grande vitesse.
Sans trop réaliser mon indélicatesse,
Je le vois disparaître au-dessus de mon toit.

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Voilà, j'ai presque fini !

Je ne suis ni poète ni comptable ni homme d’affaires,
J’étais sportif, de beaucoup de sports j’en sors lassé.
N’entendant pas la musique avec ses pénibles caractères
Mais simplement l’aimant quand j’en suis charmé.

La danse, tiens, voilà un art qui m’aurait plu,
Mais de voir des corps entrelacés et langoureux
Ou qui se démènent en tous sens l’esprit perdu,
M’ont plutôt fait sourire que d’y voir des heureux.

Enfant, j’avais un rêve, celui de devenir écrivain.
Il m’a bien servi de jeter quelques phrases, quelques mots ;
Et des lettres, des documents sérieux pour gagner mon pain
N’ont été que le triste reflet d’une vision de marmot !

Scribouillard sans grand talent avec de temps à autre
L’illumination la nuit d’une pensée inattendue,
Perchée sans doute sur la branche d’un autre,
Et au réveil évaporée , déjà disparue.

De nature joueuse, n’ayant pu me résoudre sans doute
A franchir une ligne qui me semblait dangereuse,
Ai jeté pêle-mêle des forces plus qu’il n’en coûte
Et retiré des émotions que j’ai cru avantageuses.

Grisé par un imaginaire semble-t-il enfantin,
J’ai affronté des Goliath bien trop puissants.
Comme de toucher à tout était mon destin
Pour m’asseoir enfin sur un rocher bienfaisant.

J’ai presque fini, comme une fin de voyage
Qui transperce le coeur comme une lance meurtrière.
Ressemblant à déposer l’équipage
Au pied d’un ennemi tranquille ayant gagné la guerre.

Je compte ou plutôt ne compte plus ceux qui partent,
Sans au revoir ni adieu comme des voleurs empressés.
Et perplexe devant ce vide qui un moment me marque
M’oblige à croire que c’est de leur faute s’ils s’en sont allés !

J’espère que vous savez pourquoi vous êtes venus,
Qu’en dépit des tempêtes qui vous ont agité,
Vous n’avez pas douté, ni de vos amours n’étiez déçus
Et que chaque jour de leurs lumières vous fûtes enchantés ?

Ainsi en la raison suprême et sans l’ombre d’un regret
Vous finirez serein ce test de tous les jours.
Et que ce lourd bagage devenu soudain si léger
Devienne tel une aile vers l’horizon de l’éternel amour !

Voilà, c’est presque fini !

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Un cimetière littéraire

En hommage à Vicki Baum

Ma maison, offrant de l'espace,
Abrite, avec mes souvenirs,
Tout ce qu'elle a dû accueillir,
Demeuré à la même place.

Sur de très hautes étagères,
Au hasard, se trouvent rangés
De nombreux livres ravagés,
Géodes d'oeuvres littéraires.

Dans cet étrange cimetière,
Où personne ne se recueille,
Circule encore, entre les feuilles,
Une énergie sans doute entière.

Ô la conteuse savoureuse,
Qui communiquait son entrain,
Et nous mena sur le chemin
Où les biches sont dangereuses!

26 juin 2015

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administrateur théâtres

Alexander%20Polzin-Age%20of%20Anxiety%2012.jpg?width=276Musique & images ou méditation sur le Monde ? Le 2 juin 2013,  Rémi Geniet gagnait à 20 ans le  deuxième prix du Concours international Reine Elisabeth  à Bruxelles, une consécration pour un aussi jeune soliste ! Nous le retrouvons avec grand plaisir au festival de Lille piano(s) 2015, parmi les jeunes  musiciens qui joueront l’intégrale des concertos de Bartok à l’occasion de la célébration des 70 ans de la disparition du compositeur austro-hongrois, l’une des lignes maîtresse de ce festival. Rémi Genieta été choisi pour interpréter le  Premier Concerto, Kotaro Fukuma (lauréat du Concours de Cleveland en 2003) pour  le deuxième,  et  Béatrice Rana (lauréate du concours Van Cliburn 2013) pour le troisième. Trois moments-clés de cette fête de l’intelligence musicale et de la convivialité.

 

Dans ce  premier concerto de Bartok, Rémi Geniet  se transforme d’emblée en un créateur énergique  d’images cosmiques et sensorielles. Figure dantesque semblant émerger des cercles de l’enfer, il apparaît ensuite comme un démiurge calmant la tempête, puis  creusant des gouffres abyssaux dans un paroxysme de tournoiements musicaux. Les cuivres prophétiques annoncent  le tableau d'un soleil mort.  Son  deuxième mouvement  participe  à la même puissance évocatrice. C’est le temps cette fois qu’il semble avoir apprivoisé et emprisonné dans les battements d’une horloge invisible. Ses lents arpèges descendants suggèrent-ils le retour aux premiers jours de la Genèse ? Une recherche inconsciente de paradis perdu ?  Sa lecture du concerto est à la fois limpide et sauvage. Imagée et  vibrante.   Le troisième mouvement ressemble à un affrontement des pulsions de vie et de mort. Les cors et les flûtes s’emballent et l’effervescence créatrice du pianiste s’affirme encore. On est en face de la  liberté échevelée du principe créateur / L’être contre le néant. En toute discrétion, le jeune artiste, soucieux de préserver son intimité et son  mystère,  se retire et ne se disperse pas en saluts mondains,  laissant la place,  comme dans  un esprit de continuité du programme,  à Wilhem Latchoumia un géant d’humanité musicale, présent déjà  au même festival l’année dernière, qui interprétera “The Age of Anxiety” la Symphonie n°2 de Bernstein.

Cette symphonie jazzy pour piano et orchestre est une vraie découverte. Elle est  accompagnée  par  la projection simultanée  d'une sélection d'œuvres choisies parmi les 99  esquisses du peintre  Alexander Polzin  illustrant des extraits du poème épique psycho-historique de W.H Auden « The age of Anxiety ».   La  rencontre  bouleversante des arts plastiques, de la musique et du verbe sera un des points  forts récurrents  de cette édition 2015, marquée par une grande recherche de profondeur et d’intensité.  

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 Les instruments  font écho aux  battements des phrases anglaises rythmées par la scansion épique, et en même temps semble générer le fondu enchaîné des différentes images. Le message du poème tend à  démontrer que des protagonistes étrangers les uns aux autres (les musiciens ? le public? les uns et les autres ?) ne peuvent trouver de réconfort qu’en cultivant la sympathie, l’amour mutuel, ne fût-ce qu’au hasard d’une rencontre éphémère.  Le poète exilé aux Etats-Unis en 1939  a écrit cette œuvre pour mettre à jour l’horreur génocidaire nazie et  pour  sonder et contempler le tréfonds de la conscience humaine.  Mais l’ennemi une fois vaincu, la guerre terminée,  restera toujours la peur.  Et nous, nous connaissons-nous suffisamment  pour discerner les manipulations de nouveaux Barbares ?  A vous de choisir leurs dénominations. W.H Auden  accusait le profit, le mensonge, le progrès!  «The knowlege is not essential » « Lies and lethargies police the world in its periods of peace! » Les mots, les images et les sons s’enchaînent inexorablement,  laissant des traces d’amères intuitions, de vestiges de bonheur perdu, d’illusions envolées, d’inéluctables et tristes répétitions historiques.   

Age of Anxiety 26/99 - Mixed Media on Board 44 x 31 cm12273103453?profile=original “In the higher heaven, ageless plans” ”The hungry are eating their boots” ”In the numb North there are no more cradles” ”The sullen South has been set on fire” “In the wild West they are whipping eachother!” ”No soul is safe!” ” Unequal our happiness In peace or war, married or single” « Many have perished, more will! »

sml_Alexander%20Polzin%20-%20Age%20of%20Anxiety%20-Bernd%20Kuhnert%2023.jpg12273103879?profile=original Des mots soulignés et illustrés avec la passion de couleurs  musicales presque fauvistes de  Wilhem Latchoumia, le visionnaire. Il semble instinctivement parvenir  à incarner tour à tour,  les quatre protagonistes allégoriques du poème : l’intuition, la sensibilité, les cinq sens et l’intelligence. Un tour de magie, qui donne du corps aux esquisses  diaphanes  et sombres et disloquées de Polzin. Une façon de transmettre des émotions sur le vif, et en temps réel, au rythme mutuel de la perception. C’est de la traduction musicale simultanée et en plusieurs langues à la fois, tant sa  palette musicale est  complexe, différenciée  et évidente. On est spectateur de cette musique fascinante et en même temps aspiré comme  partie prenante de l’expérience. A la fois sur la rive et   au cœur du fleuve de perceptions.   Le flux entre le compositeur et le chef d’orchestre, tout d’abord,  entre celui-ci et le pianiste ensuite, puis avec le poète, le peintre et un public subjugué, a merveilleusement fonctionné. "Fluxé " a-t-on envie de dire, si l'on ose le néologisme! 

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images?q=tbn:ANd9GcTtEVWD7r02vsBsejsX-Ln79v5puI3RkrUR3xAPt7Vu6TYPfu2b      http://www.lillepianosfestival.fr/juin_2015/samedi/spectacle_07.php

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ENTRE DEUX PLUIES...

Obstinée et fragile

Aller d'un pas tranquille...

Désir de fantaisie

Et rêve d'amnésie!

Entre deux pluies...

Goûter au chant de la terre

Ignorer sa misère.

S'emplir les yeux d'étoiles

Quand le ciel se dévoile...

Entre deux pluies...

Rêver à d'autres jeux

Ceux qui peuvent rendre heureux!

Et puis courir sa chance

Croire en la tolérance!

Entre deux pluies...

Tout tenter pour guérir

Rassembler ses délires...

Respirer l'air du temps

Ou juste, prendre un amant!

Entre deux pluies...

Laisser larmes couler

Te couvrir de baisers

Chanter le jour qui passe...

Et que grand bien lui fasse!

Entre deux pluies...

Sauter dans un taxi

Humer l'air de Paris

Et sentir dans ses veines

S'écouler toute peine!

Entre deux pluies...

Penser : Est belle la vie!

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Tenter ou non?

Soliloque

Certains osent et d'autres pas,
Parler fort pour se faire entendre.
Cela est-il indélicat?
Or, pour juger, il faut comprendre.

Ceux qui possèdent un pouvoir,
Souvent, ne sont pas à l'écoute.
Ils en ont pourtant le devoir.
Voguez, projets à la déroute!

Des êtres sages et sensibles,
Essaient, avec intensité,
De rendre leurs voix accessibles.
Ô triste inefficacité!

Ils insistent élégamment.
Les barrages restent les mêmes.
Or, par hasard, au cours des ans,
S'ouvre une porte d'elle-même.

Je viens d'envoyer une lettre
À un éditeur de mon choix,
Qui mérite d'être célèbre.
Voudra-t-il entendre ma voix?

25 juin 2015

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La Rochelle...pourquoi pas!

une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a été inspirée

par

Les Ports, le port

de

Raymond Martin

 

Je suis arrivé à bon port,

La misaine boursouflée par le vent du nord.

Deux tours flanquées là, échec au Roi, bon rapport.

Hermines au vent ! A ma vie! Tout à tribord.

 

Me rendre ? Plutôt la mort !

Je n’ai pas jeté l'encre pas marine, même à dix Beaufort

Le nœud de l'histoire s'explique sans effort

Epique et pique l'histoire d'un port.

 

Il y avait une vague brisée, sur l'avant-port

Ecumante, écumée à érotiser les pores

Que le marin, poète par sa plume, honore

A la lueur du Paon d'Armor.

 

Elles sont fières les Demoiselles de Rochefort

Jalousées par la silhouette de l'Hermione, sans tort

Sacré Marquis vogueur perruqué à l'effort

En cette terre lointaine tu bataillas si fort !

 

Les pages maritimes salées jaunissent alors,

Clamons les hymnes racés des ports !

 

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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L'oiseau blessé

À Isabelle

Un oiseau est blessé et gît dans mon jardin.
Sans doute l'un de ceux qui picorent mon pain,
Mais s'envolent à ma vue, très vite chaque fois.

Je ne peux m'approcher, il se méfie de moi.
Je me tiens à l'écart et à bonne distance,
Pour ne pas ajouter la peur à sa souffrance.

Je surveille craignant qu'un chat ne le découvre.
Je le vois immobile, apeuré et qui souffre.
Les siens ne savent pas ce qu'il est devenu.

Chacun vole à son gré , le beau temps revenu.
Quand tout semble parfait dans un monde attrayant,
Des embûches sont là, meurtrières souvent.

Je demeure troublée, à chercher un recours,
Quand l'énergie, soudain, arrive à son secours.
Il se relève alors et fait de faibles pas,

Puis volette hardiment jusqu'au jeune lilas.
Je reste bouche bée. Quelle grande leçon
Ce drame s'achevant d'une heureuse façon!

30 mai 2005

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12273103273?profile=originalProméthée est l'une des plus puissantes figures nées de la légende et dont la littérature et les différents arts n'ont cessé de s'inspirer depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours. A l'origine, divinité du feu, les poètes et les conteurs lui ont peu à peu conféré maintes attributions et un sens philosophique et moral: il en est venu à symboliser l'esprit humain aspirant à la connaissance et à la vertu.

C'est dans le "Prométhée enchaîné" d'Eschyle que le mythe s'offre avec le plus de grandeur et de vérité. C'est à la fois la plus facile et la plus difficile des tragédies d'Eschyle (525-456 av JC): la plus facile quant à l'interprétation littérale, la plus difficile quant à l'interprétation critique. Elle fit partie d'une trilogie dont nous savons exactement l'ordre de composition; ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que le "Prométhée délivré" suivait le "Prométhée enchaîné". Quant à savoir si le "Prométhée porteur de feu" ouvrait ou terminait cette trilogie, l'une et l'autre hypothèse sont également valables. La date à laquelle Eschyle l'écrivit est de même inconnue, mais il est permis d'en situer la composition entre celle des "Perses" et celle des "Sept contre Thèbes". Les personnages en sont tous des divinités: Kratos, Bias (rôle muet), Héphaïstos, Prométhée, le Choeur des Océanides, Océan, Io (fille d' Inachos), Hermès. La scène se passe dans une région désertique de la Scythie, sur les flancs d'une montagne, non loin de la mer. Nous sommes aux premiers temps du règne de Zeus qui, aidé de Prométhée, a renversé depuis peu la tyrannie de Cronos et des Titans. Prométhée, coupable d'avoir ravi le feu céleste et d'en avoir enseigné l'usage aux mortels, est conduit en ces lieux par Kratos et Bias, les deux principaux serviteurs d'Héphaïstos, qui est lui-même aux ordres de Zeus. Tandis qu'on l'enchaîne, Prométhée se tait; mais sitôt il commence son long et célèbre monologue: "Ether divin, vents à l'aile rapide, eaux des fleuves, sourire innombrable des vagues marines, Terre, mère des êtres, et toi, Soleil... je vous invoque ici". Du fond de la mer, les Océanides ont entendu sa plainte et les voilà qui surviennent. Prométhée leur fait le récit de ses fautes et reconnaît avoir révélé aux hommes les bienfaits du feu. Océan paraît à son tour. Il conseille au Titan de se montrer moins fier de cet exploit, de faire preuve d'humilité et de repentir; à cette seule condition, il lui viendra en aide. Prométhée ironise et le repousse, ainsi que ses conseils, puis continue à raconter aux Océanides les nombreux services qu'il a rendus à la race infortunée des mortels. "Ne va pas, Prométhée, pour obliger les hommes, jusqu'à dédaigner ton propre malheur". Un jour viendra aussi où Zeus devra céder au destin, répond fièrement le Titan et, le plus mystérieusement du monde, il fait allusion à un terrible secret qui sera l'arme de sa délivrance. A cet instant même, une jeune fille, dont le front est orné de deux petites cornes, entre en scène en courant, affolée: c'est Io (la lointaine aïeule d' Héraklès, le futur libérateur de Prométhée). Condamnée à parcourir la terre, elle est inlassablement poursuivie et piquée par un taon: telle est la vengeance de la jalouse Héra qui a connu sa liaison avec Zeus. Si Io se trouve en ces lieux, c'est par hasard; elle ignore devant quel captif elle se trouve et s'étonne fort en apprenant son nom. Comme elle se lamente et pleure sur elle-même, Prométhée lui annonce que le règne de Zeus prendra fin quand, lui, sera libéré: ce mystère lui a été révélé un jour par Thémis, sa mère. "Mais qui serait capable de te délier en dépit de Zeus?" demande Io. -"Un de tes descendants..., trois générations après le petit-fils d'Io à la douzième génération). Ainsi le voile du destin s'entrouvera-t-il légèrement; le drame approche de sa conclusion: Zeus envoie Hermès auprès du Titan pour qu'il révèle le secret qu'il prétend si orgueilleusement détenir; mais, tandis que Prométhée refuse, voici qu'un cataclysme bouleverse le ciel et la terre, et que le rocher auquel Prométhée est enchaîné se fend: on voit disparaître le prisonnier dans l'abîme. Nous le retrouverons sur le Caucase dans la tragédie suivante; c'est là qu'il fera connaître son secret et qu'Héraklès brisera ses liens. Plus que toutes les autres pièces d'Eschyle, le "Prométhée enchaîné" connut une vogue immense, il y a un demi-siècle environ dans les cénacles à tendances révolutionnaires dressés contre toute autorité établie (en particulier l' autorité religieuse). Inutile de dire que, de toutes les façons d'interpréter le drame, celle-ci, pour opposée qu'elle puisse être à la pensée d'Eschyle en général et au sens de son Prométhée en particulier, n'en est pas moins valable, prouvant aussi combien le mythe de Prométhée est fécond et bien propre à exalter l'imagination.

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Un joyeux émoi

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Deux dames, âgées, se divertissent
Dans un parc immense, exaltant,
Qui suit le cours du Saint-Laurent,
Où, sans bruit, des vagues bondissent.

Un temps propice à l'allégresse!
Assises sous l'ardent soleil,
Tout en demeurant en éveil,
Avec entrain, elles conversent.

Un homme bien plus jeune, alerte,
En les observant leur sourit.
Les deux dames en semblent ravies.
Des photos leur seront offertes.

Sur le vif, ma cadette et moi.
Je nous découvre, fort surprise.
Trois photos que mon fils a prises.
Je ne sais nommer mon émoi.

24 juin 2015

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L'aveu

Vous ai-je dit un jour, ami, que je vous aime?
C'était, souvenez-vous, sous la pluie à Paris.
Vous sembliez ému et tellement surpris.
Quarante années de plus et cependant nous-mêmes.

C'était, souvenez-vous, sous la pluie à Paris.
Après l'étonnement, votre joie fut extrême.
Quarante années de plus et cependant nous-mêmes.
Notre amour de la vie n'était pas amoindri.

Après l'étonnement, votre joie fut extrême.
Nous avions bavardé mais surtout beaucoup ri.
Notre amour de la vie n'était pas amoindri.
Je vous ai dit combien, de toujours, je vous aime.

Nous avions bavardé mais surtout beaucoup ri.
Un hasard provoqué comme un défi suprême.
Je vous ai dit combien, de toujours, je vous aime.
Nous marchions en chantant dans les rues de Paris.

23 janvier 2007

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