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Chiens perdus sans collier

12272800501?profile=originalIl s'agit d'un roman de Gilbert Cesbron (1913-1979), publié à Paris chez Robert Laffont en 1954.

 

 Dans l'immédiat après-guerre, la vie de Terneray, un centre modèle de rééducation pour la jeunesse, à travers l'histoire de deux enfants qui y sont placés au même moment, et deviennent amis: Alain, pupille de la Nation, et Marc, adolescent mal entouré, éloigné de sa famille. Cependant, la disparition d'Olaf, le jeune protégé d'Alain, provoque la fugue de celui-ci, enfui à Paris pour chercher ses parents inconnus, en compagnie d'un chien perdu comme lui; puis celle de Marc, entraîné par les deux garçons les plus «durs» du centre, pour revoir sa famille. Cependant tout s'arrange grâce à l'intervention de deux figures exemplaires: celle du psychiatre, le Dr Clérant, et surtout celle du juge pour enfants, M. Lamy, entièrement dévoué à son oeuvre de «sauvetage».

 

 

Rien ne semblait prédisposer Gilbert Cesbron, né à Paris dans une famille aisée, à s'intéresser aux jeunes délinquants, sinon la passion de cet homme de radio pour l'actualité _ qui a souvent valu à ses romans l'appellation méprisante de «reportages romancés» _ et pour les figures méconnues, comme celle du Dr Schweitzer, qu'il a révélée au grand public dans une pièce célèbre (Il est minuit, docteur Schweitzer, 1952). Il décrit donc avec une sympathie naïve de prosélyte le travail de ces sauveteurs, notamment celui du juge pour enfants, innovation alors récente, qui arrache les mineurs à l'engrenage infernal de la répression.

 

Mais il retrouve aussi l'atmosphère de ses premiers écrits, d'inspiration autobiographique, en choisissant d'adopter le plus souvent le point de vue des enfants. A travers le regard d'Alain, qui s'est inventé des parents, à travers celui de Marc, qui vit sa vie comme un film, ou celui d'Olaf et de tant d'autres, l'univers de ces «chiens perdus» se met à ressembler à celui de tous les enfants, avec ses passions et ses rêves. Cependant, ce sont des délinquants: mais la faute en est aux adultes, qui leur ont volé leur enfance. Le roman dresse ici un sévère réquisitoire contre les fléaux du monde moderne: alcoolisme, prostitution, abandon. C'est pourquoi il n'y a guère de différence, parmi les enfants du centre, entre ceux de l'Assistance et ceux dont les parents ont failli à leur tâche. Pourtant, Cesbron se défend de toute complaisance: si la «société» est coupable, les éducateurs s'efforcent de donner à leurs protégés le sens de l'honneur et de la responsabilité. Car au fond, ceux-ci ont moins manqué de confort que d'amour, et les enfants, comme le souligne l'auteur, en meurent parfois. D'où certaines images symboliques et récurrentes: les chiens perdus, comme celui qu'Alain recueille dans son errance, ou la flèche de la Sainte-Chapelle au milieu des murs du Palais de Justice, rappelant cette nécessité de l'amour. Le refus de la facilité explique aussi que tout ne soit pas rose dans l'univers de ce chrétien exigeant: la lassitude gagne parfois les éducateurs ou le juge, qui doivent lutter contre les pesanteurs d'une administration réticente, mais surtout contre un passé trop lourd, qui rend certains cas désespérés. Pourtant, la conviction qu'en chaque être cohabitent le pire et le meilleur fait du roman un plaidoyer résolu contre la tentation du découragement.

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Au désert de ces souvenirs..

Il y a longtemps le soleil levant

Les chemins se croisaient

la vie emplie de lumière.

 

Quelques souvenirs posés sur le papier

histoire de se rappeler que tout a existé

Avec comme seule promesse

le choix de sa destinée.

 

Au désert des souvenirs

les étendues de tristesses

de ne pas pouvoir reculer le temps.

 

Seul l'amour garde sa place au centre de notre coeur.

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LE PETIT MOINE

12272799887?profile=originalLe petit moine s'est endormi , tout seul dans son coin sombre , il parle avec les Anges

Les autres Frères s'agitent et commentent une vision curieuse

Lui , dans ses nuages voit Frère François sur un chariot tiré par un cheval flamboyant  et des petits oiseaux volètent  tout autour

Cela se raconte encore sur les fresques de la chapelle à ASSISE

AA pour votre plaisir

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Vie

 

Être vraiment vivant,

est là un grand danger ;

le temps de l'envolée d'un papillon,

au dessus de Paris,

un Monde,

une éternité courte,

une vie fragile mais libre.

 

Toucher l'air de rien,

la chair de l'existence,

jusqu'à son sang,

qui se mêle parfois

à celui de l'humain.

 

Ce sang profondément rouge,

qui se transfuse, se partage

et s'écrit.

 

Écrire, c'est toucher le soleil,

se brûler sans mourir,

vivre de sa plume nue et bleue,

chaude.

 

 

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Le courage.

 

Arriverais-je à vous offrir des mots

aussi beaux et vertigineux,

que les fleurs et les arbres de là-bas ?

Touchants et chauds

 comme les visages bruns de l’enfance malgache,

dont les yeux affamés, désarmés,

 avec désespérance aux vôtres s’attachent ?

A mon grand désespoir,

je ne fais que vous écrire !

Aurais-je le courage des fleurs,

des roses neuves et blanches ;

celui de s’ouvrir avec abandon et grâce,

au monde, au risque d’être cueillies ?

Montrer ainsi son absolue nudité,

parfumée, intouchée,  son essence,

sous une robe en soie claire ?

A votre égard, mon engagement

sera entier, illimité;

 écriture poétique, musique.

Entendre dans un jardin, sur un chemin,

grandir une rose blanche est pareil à un chant,

une rose pourpre à un Opéra tragique.

Je suis autant à moi qu’à vous !

Me recevez-vous ?

 

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Printemps, temps de travail

Printemps, temps d'intense travail. 3 nouvelles expos à préparer dans les prochaines semaines :

- Marché d'art de la Perrière 27-28 mai 2012 (j'y expose et ai intégré le Jury Professionnel)

- Marché de l'Art de St-Germain-en-Laye (2 juin)

- Festival Au Fil de l'Art, (19 au 28 juillet) à Duclair où je serai invité d'honneur (http://aufildelart.org/)

Au plaisir de revoir peut-être certains d'entre vous au gré de vos ballades artistiques.

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O N D E E

 

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                Or la ville étalait tous ses petits

                métiers par les rues pavées

 

                Vers cinq heures la pluie catastropha

                les heures dorées vers les touristes

                pensifs

 

                Sur d'immenses terrasses devisions au

                sein des fumées de pipes

 

                Soudain, ô Gamaliel, un rayon d'or

                traversa le ciel et l'on vit en chair

                dorée rutiler le beffroi sous les

                fronces du ciel funèbre

 

(Poussière d'âme , éditions Chloé des Lys, 2009)

 

 

 

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La grimace, d'Heinrich Böll

Tout aspirant écrivain devrait connaître ce roman. Il ne faut pas s’arrêter au sujet en lui-même : les démêlés sentimentalo-religieux d’un clown alcoolique dans la République Fédérale du début des années soixante... N’importe quel écrivain, même très doué, se casserait le nez avec une histoire pareille.


Pourquoi la réussite de Böll est-elle éclatante ? Parce qu’il a réussi un tour de force : emprisonner le temps dans une très petite boucle à l’intérieur de laquelle il se déploie pourtant avec une ampleur ahurissante.


Au début du roman, Hans Schnier, le clown, personnage principal et narrateur, débarque à la gare après une tournée calamiteuse et fortement alcoolisée. Il rejoint son appartement et y passe un certain temps (mais très certainement moins d’une journée), durant lequel il se livre à une « soûlographie puérile » (sic), après quoi nous le retrouvons à la fin du livre sur les marches de la gare.


C’est un intermède très bref, en termes de durée « réelle » cela ne peut pas compter plus de quelques heures, mais dans le même temps Böll utilise les souvenirs de Schnier ainsi que des dialogues téléphoniques ou directs avec des proches ou sa famille pour nous faire revivre les sept dernières années de la vie de Schnier et les vingt dernières années de l’histoire allemande.


En termes de maîtrise de l’écoulement du temps dans un cadre narratif relativement resserré (La Grimace est plutôt un mince volume comparé à des pavetons bölliens comme Portrait de Groupe avec Dame ou Les Deux Sacrements), c’est d’une précision quasi sans faille, très allemande en somme.

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L'île

 

  J'ai tellement ramé pour atteindre mon île

  Fragile, révoltée et souvent indocile

  Fuyant les requins insatiables et cupides

  Ecoeurée par le prix de leur trésor fétide

 

  J'ai tellement aimé durant ce long voyage

  Albatros malhabile en quête de bonheur

  J'ai connu la souffrance et même les naufrages

  Au courant hostile, j'opposai ma douceur

 

  Enfin dans un lagon au coeur de ma conscience

  Aujourd'hui de ma vie je goûte la quintessence

  Et plongeant dans l'eau pure de la sérénité

 

  J'ai trouvé mon île, sublunaire, mystérieuse

  Où la vie jaillit dans toute sa beauté

  Imparfaite, tendre, unique et précieuse

 

    Marcelle Pâques

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Nouvelle Féline en Mémoire D'Un Disparu


Une Destinée Inachevée :

 D comme Darius la Douceur de Norvégien incarnée



Celui qui n’aime nul être  ignore la joie de vivre.

Saadi.

 


Prologue -

 

Pour le sage, tristesse et bonheur se confondent

Comme le bien, le mal, qui partagent le monde

Il prend d’un cœur égal le bonheur qui survient

Et la peine qui frappe et qu’il n’attendait point.

 

                            

                               Par ce quatrain d’une prégnante philosophie intemporelle, le poète persan médiéval Omar Khayyâm nous engage à consentir au sentiment d’acceptation dont le simple commun des mortels devrait être pourvu pour prétendre évoluer dans son existence, dégagé de phénomènes paroxystiques destructeurs auxquels la souffrance le confronte fréquemment, sagesse épicurienne prônant de s’emparer de chaque feuille égrenée du calendrier, «  cueillant le jour  » de ce Carpe diem fugace avec une indescriptible saveur et volupté : Ô douce volupté sans qui, dès notre enfance, le vivre et le mourir nous deviendraient égaux,  prophétise  une plume sagace, l’auteur du Songe de Vaux [1], incitation à savourer l’instant présent, fort d’une foi effervescente inaltérable, tout en se préparant à l’inéluctable : à ce que la grande faux sévisse à tout moment, du haut de sa sentence tranchante, implacable !

                            Cette doctrine ne nous enseigne t’elle pas aussi, qu’un esprit serein s’acquiert volontiers par l’abandon des passions et la recherche continuelle de plaisirs tempérés ?

                            Hélas, cette ligne de conduite nous recommandant une maîtrise de soi exemplaire n’en reste pas moins, craignons-le, un idéal à accomplir, en analogie de la quête d’une inaccessible étoile ou de la chimère rêvée par le preux chevalier de la Mancha, le valeureux Don Quichotte. Prenons-en pour preuve ce constat : quand la fortune cesse brutalement de nous sourire, meurtris, nous nous empressons sitôt, de maudire l’arrêt qui nous touche de plein fouet, et c’est là, concédons-le, un sentiment humain bien intelligible, hormis de quelques pauvres d’esprit ou faibles de cœur  [2], et si, tels des oiseaux blessés qui se cachent pour mourir  [3], nous nous évertuons, dans un élan de pudeur souhaitable, à dissimuler notre désolation aux yeux d’autrui, en empruntant un masque de composition afin de les épargner, elle n’en est pas pour autant moins vivace, dénuée de profondeur, cette désolation honnie !!!

                             La nature de l’humane status, notre condition humaine, est foncièrement instable, soit ! Inconstant est notre sort, inconstant, il perdurera  encore jusqu’à la fin des temps, pour des siècles et des siècles. C’est un fait de l’admettre du point de vue de l’intellect, certes, c’en est un autre de l’assimiler sur le plan de l’affect, le mettant en application au gré de nos desiderata, sans être incontinent anéantis aux tréfonds de notre âme, par le ressentiment et la révolte.

                             Or, comment apprivoiser, sinon retenir l’éphémère, capter les fils ténus des dédales et labyrinthes ponctuant notre périple d’hominiens vulnérables, appelées à plus ou moins longue échéance à une partance inexorable, comment faire en sorte qu’elles ne s’échappent point trop vite ces mailles, tandis que l’on voudrait éternellement prolonger, préserver les rares moments de grâce privilégiés, cette Clarté de vie  [4], subtilisée à l’Ombre des jours  [5] et dispensée selon l’humeur de dame Providence, avaricieuse de bienfaits, il nous faut bien l’avouer ?

 

Si l’amertume t’envahit comme la mer

Un pays, qui plus tard, n’est qu’un sable sauvage ;

Garde au moins en toi les songes du désert,

Ces souvenirs si doux que l’on nomme mirages ,

 

nous préconise une sensibilité poétique[6] à fleur de peau...

                                Tiendrions-nous là, une possibilité de nous libérer de nos tourments délétères, en ne conservant, au contraire, qu’une souvenance bénéfique contribuant à nous redonner un peu de baume au cœur, atténuant d’une once, s’il se peut, nos plaies à vif, à l’heure de l’épreuve endurée ?

                                Tant qu’usant de faux-fuyants, nous demeurerons dans l’incapacité majeure de réaliser, que l’univers qui nous entoure est constitué de contrastes, d’ambivalences, et qu’en raison de cette dualité fondamentale qui oppose les joies des peines, il nous faut instamment saisir la Vie opportune [7] comme si notre avenir en dépendait, lorsque munificente, elle condescend à s’offrir à nous, au lieu de sempiternellement gémir, nous apitoyer et nous répandre en lamentations, maugréant contre les malheurs s’abattant sur nos fronts de «déshérités», nous ne risquons guère de prétendre atteindre une maturité salutaire, souveraine, de «contemplatif », épousant ce dogme de l’ataraxie [8], sans toutefois sombrer dans le piège inverse du détachement excessif, d’un stoïcisme complet, si l’on adhère un tant soit peu à une pénétrante devise spirituelle à inscrire en exergue de son journal intime, puisque :    

 

L’Indifférence est une paralysie de l’âme,

une mort prématurée. [9]

 

                                 A fortiori, s’affranchir de tortures néfastes, d’une démesure infligée par le chagrin, n’est pas à la portée du premier d’entre nous, reconnaissons-le honnêtement ; le mépris de l’« endolorissement » de la psyché, base de la fameuse morale d’Épictète, supporte et abstiens-toi, n’en persiste pas moins une gageure à relever, voire une utopie à atteindre !

                                 En l’occurrence, parvenir à adopter et établir un équilibre savamment dosé est sans nul doute, ce qu’il y a de plus malaisé à réussir au long de notre parcours d’adultes ; la règle incontournable édictée par on ne sait quelle suprématie céleste, surnaturelle, veut que l’injustice prévaudra ad vitam aeternam ici-bas, et ce, envers n’importe quelle forme d’espèces vivantes que ce soit, humanité, faune et flore confondues, indissociables les unes des autres, proies et prédateurs reliés entre eux, non pas, dans un souci d’entraide, mais par un ingénieux instinct de survie propre à chacun.

                                De grâce, gardons-nous, et en dépit de ce fait, de toute émanation manichéenne, car les « bourreaux  » comme les «  innocents  », ce nous semble, sont exposés pareillement à être rudoyés après avoir entrevu et recueilli, même subrepticement, les secrets de la voûte étoilée.

                                Oui, l’attente d’un quelconque dédommagement en faveur d’un « juste » est à la fois vaine et simpliste ; ainsi, n’oublions jamais, en adéquation avec un penseur du mouvement romantique, que :

Le genre de mort, pas plus que le genre de vie, ne doivent être considérés comme punition ou récompense. La rémunération ne peut être de ce monde [10] !

                             

                                Certes, nous ne pouvons nier pareille évidence : aspirer à l’éternité pour nous et nos semblables, sans omettre nos Amies les bêtes [11] composant le Cortège d’Orphée [12], ainsi que la floraison d’essences botaniques volatiles, fructueuse Corne d’abondance appartenant  au noble univers du Règne végétal, est un vœu pieux, frisant le ridicule et l’invraisemblable !

                                N’est-il pas grotesque de nourrir l’illusion de la constance, de la possession sur cette planète où nous ne sommes que de passage, invités appelés à jouer un rôle conditionné, prédestiné  par des puissances supérieures tenant de l’invisible, de l’impalpable, conformément à cette maxime [13] qui tente de nous éclairer sur la chose, en proclamant que :

 

Rien n’est jamais acquis à l’homme ni sa Force

Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit

Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix

Et quand il croit serrer son bonheur il le broie

Sa vie est un étrange et douloureux divorce.

 

                                 Pourtant, même si nous savons ô combien ceci, qu’ :


"Il n’y a pas d’amour heureux mais qu’en revanche

C’est notre amour à tous deux’’   [14]],


nous nous efforçons d’être parfaitement conscients de vers où exactement, nous nous dirigeons, acheminant nos pas de Wanderer[15] ou de Mélancoliques Pèlerins [16] dans l’incertitude totale quant à l’achèvement de notre itinéraire, et bien que le mystère de notre destination irrévocable subsiste (même s’il faut raison garder, peut-on encore nourrir le fol espoir de trouver une échappatoire, une consolation, nous libérant de nos sombres émotions en songeant au principe de la réincarnation ?) un questionnement nous interpelle et nous taraude continûment : pourquoi certains fleurons sont condamnés à se flétrir prématurément, alors que d’autres ont l’incroyable chance de se distinguer, d’être élus par un bon génie «non identifiable », frère de la clémence ?

                            Tel est le lot qui nous est réservé et qu’il nous faut vaille que vaille endurer : s’éteindre  naturellement , comme un « beau coucher de soleil », à « l’hiver de sa vie », non sans avoir goûté, lors d’étapes précédentes successives, à de délectables présents, ou hélas, s’éclipser de façon précoce au «printemps  » de celle-ci, ou à la rigueur « au cœur de l’été  », s’inclinant devant le fatidique, pour ne pas dire le Fatum, au lieu de s’insurger contre l’indécence des vicissitudes nous enlevant ceux que nous chérissons.

                          Quant à en comprendre la signification, le message de ce fatum, bien malin serait l’heureux vainqueur qui pourrait se targuer de détenir un semblant de réponse plausible ! Nous ne sommes pas égaux devant le droit de vie ou de mort, c’est un truisme avéré, irréfutable, que nous n’essayerons ni de combattre ni de contredire, ayant nous-mêmes, à plusieurs reprises, fait l’expérience de cette brûlante vérité, ressortant à chaque fois de l’abîme, plus éprouvées que jamais !

                          L’aimable figure à laquelle nous dédions notre hommage posthume par message épistolaire interposé, et qui, à l’aube de sa jeunesse florissante, s’est soudainement retirée  de ce monde, en est une illustration probante.

                          Nous permettant de détourner ces vers provenant d’une Ode [17] compatissante de style baroque, rédigée en l’honneur d’un père au supplice d’avoir perdu sa fille chérie, nous osons reprendre sans fausse honte cette déclaration à notre compte (toute proportion gardée, étant donné qu’il n’est nullement question présentement, de mentionner un membre de notre race dite « supérieure »; mais dites-nous, cher ami lecteur, si selon vous, il existe un degré spécifique dans l’échelle des valeurs chargées de soupeser notre affliction?), pièce d’essence lyrique, précieuse, professant ce credo :

 

Mais elle était du monde où les plus belles choses

Ont le pire destin:

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,

L’espace d’un matin.

 

                             Et je vous en conjure, ne nous dites pas, dans l’objectif  louable d’apaiser notre émoi, qu’un noble représentant de la gent Grippefromage pourra bientôt s’enorgueillir de « remplacer » (ô le vilain verbe proche du blasphème), de se substituer à notre cher disparu, ce serait là, sans conteste, lui faire offense, tant la singularité de son tempérament, inhérente à toute créature animée peuplant le globe terrestre, le dispense de successeurs.

                             Incomparable il était, incomparable, il s’inscrira désormais dans nos mémoires, en similitude de ces paroles insignes proférées par un noble savant[18] animé d’un feu sacré :

 

La vie durant

on peut soutenir

que des fleurs comme la mienne

Il en existe des millions, des millions.

Comment convaincre

que non seulement la mienne,

Mais que toute

et n’importe quelle fleur

N’a pas sa pareille qu’elle est unique ?

 

                              Ah ! S i seulement vous pouviez deviner à quel point nous aurions tant aimé nous exclamer à son égard :

 

 

Le royal exilé prend de sublimes poses  ;

Il allonge son nez sur ses pieds de satin ;

Il s’endort, il échappe au stupide destin,

À l’irrémédiable écroulement des choses.

 

                               Mais non, n’en croyez rien! Point de lendemains luxuriants pour ce voyageur sans bagages. Aujourd’hui « l’irrémédiable » est bel et bien consommé ; celui que nous nommions hier encore, notre gentil bambino gatto (gentil, dans le sens vertueux, médiéval du mot) s’est métamorphosé en contours immatériels, venant, telle une obsession, nous hanter nuit et jour. Sa trajectoire abolie, cependant qu’aucun signe précurseur ne présageait une semblable calamité, a été brisée net, par un intransigeant et triste sire, le hasard, auquel nous sommes tous soumis, sans condition, ni distinction de naissance, de fortune, de beauté et d’âge…

 

                              De là où il est, le pauvret, dans la dernière demeure où sa dépouille repose au pied d’un rosier aux corolles enluminées et embaumantes, bénéficie-t-il seulement  de l’ombre tutélaire des divinités du Domaine d’Asgard ? A t-il été placé d’emblée, sous la protection de Freyja la blonde, déesse phare de la Beauté et de l’Amour dans la mythologie scandinave ? Pourquoi soupçonnerions-nous le contraire en adeptes de l’école du scepticisme ? Le cher trésor ne rayonnait-il pas d’attraits ?

                            Par conséquent, sa personnalité, la douceur incarnée, ne peut – elle perdurer à rayonner, en son nouvel et saint ermitage, au-delà de son sort de météore traversant le ciel de nos planètes astrologiques, continuant d’inspirer de tendres sentiments, même aux plus sévères des critiques d’une cour suprême tutoyant l’azur [19],ce store bleu de l'infini. [20]

                           Quelle originalité, raillerez-vous ? Mais nous n’ambitionnons pas, ne vous en déplaise, à être originales, même en exprimant notre dénuement moral ! Non, nous aspirons à un simple dessein : traduire à l’aide de notre dialectique, notre trouble profond.

                           Néanmoins, nous savons que trop bien à quel point la douleur aiguë et le poids de ce fardeau  s’estomperont un jour prochain (Dieu merci?), que nous serons immanquablement délivrées de ces affres alors à leur apogée, violence, pour l’heure où nous rédigeons notre «  déploration  », au point culminant de son exacerbation, frôlant parfois l’insoutenable et l’indescriptible, sur le plan sensoriel…

                           Faut-il s’en réjouir ne serait-ce que l’espace d’un instant, ou bien, mues par un élan pétri de remords un rien coupables, le regretter, en considérant ceci :

                           Quel que soit le choc qu’engendre une disparition, qui pourrait se prévaloir de vivre en permanence avec cette sensation imprimée dans sa chair, traduisant une impression de vide saisissant, de manque absolu, procurée par l’absence irréfutable d’un être qui, patiemment, telle une araignée tissant avec art sa toile, a su se rendre ô combien attachant, nous captivant par la ferveur de ses prunelles  obliques «   parlantes   », caressantes, fidèles miroirs de son«  intériorité  » ?

                          Fasse que dans un futur proche, plus « félinement » fructueux, notre vœu soit promptement exaucé : que s’adoucisse enfin l’intensité de notre détresse !!!

                          Nonobstant, soyons une once, réalistes :

 

Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage  [21],

 

suivant une illustre et haute devise, car il est irréfutable, qu’il nous faudra encore tourner nombre de pages de notre «  livre d’heures  », avant que puisse enfin, officier la paix ; la guérison ardemment convoitée, si guérison il y a, ne se fera qu’à ce prix, nous ne l’ignorons pas, et si nous ne respectons pas à la lettre ce travail  «  d’acceptation  », de compromis avec notre seule véritable, incontournable ennemie, l’inflexible Atropos  [22] , nous serons perpétuellement tentées de nous retourner vers le passé, nanties d’une crainte paralysante, partagées entre le désir de cultiver «  la fleur précieuse de la souvenance  » ou de nous complaire dans un pessimisme aux relents méphitiques, affirmant le dilemme suivant par intermittence :

 

J’ai fait mon nid au bois dans l’orage des pleurs.

Maintenant l’arc-en-ciel rit au ciel de pervenche :

Mais il suffit d’un rien pour qu’aussitôt mon cœur

Sente encore pleuvoir l’ancien temps des pleurs [23].

 

                                 Ah s’il savait, le « poverino », sacrifié par cette Déesse pressante, cruelle [24], combien il nous est pénible d’esquisser son portrait en empruntant le temps de l’imparfait, nous qui, en égoïstes patentées, dévotes conquises et confites devant son culte, aurions amplement préféré jouir de sa radieuse présence, chantant les mérites du mignon, à travers maints récits relatant l’épanouissement, ou plutôt l’efflorescence de notre gentil lutin !

                                Nous étions assurément, il y a peu de cela, à cent lieues de présumer que son devenir serait irrévocablement menacé, à quel point nous rivaliserions de malchance et à quel point, surtout, nous serions derechef exposées aux images négatives de naguère, ébranlées par cette séparation inopinée avec notre «  Pussy-cat  » de Norvégien, «  chat-fée  », la quintessence de l’amabilité ( selon des critères purement subjectifs, concédons-le, dictés par nos sentiments et non par des données imposées, censées se rapprocher de la perfection esthétique subissant le diktat d’une vogue fugace, en adéquation de la perspicace citation due au créateur de l’Aigle à deux têtes [25], proclamant qu’ : il n’y a rien qui se démode plus vite que la mode), « chat-fée » donc, ne se défaisant qu’en de rares circonstances, de son flegme aristochattesque au pouvoir absolutique, revêtant à l’intention de sa frèrie de cœur et non de sang, ainsi qu’à notre endroit, mille et une pattes de velours, scellant donc avec la maisonnée, un pacte de non agressivité revendiqué.

                                C’est ainsi, que de sa « tour d’ivoire  »,c'est-à-dire de la fenêtre de sa résidence de citadin obligé, s’adonnant à l’un de ses loisirs de prédilection, observer attentivement les « bipèdes » , nos congénères, foulant d’un pas pressé, réglé au métronome, le pavé tourangeau, notre protagoniste de l’histoire, graine en germination d’une somptueuse inflorescence se fanant malencontreusement bien trop tôt, surprit, peu avant son «  envol  » pour d’autres cieux, ce dialogue insensé entre acteurs du genre humain, ravi, que l’un de ces passants, mystique converti au culte de sa Majesté féline , subjugué par son mystère, n’en doutons pas, puisse la confondre avec une voluptueuse corolle botanique de la famille des Opiacées, en la prenant pour un attribut de Morphée[26], car, bien qu’exécrant les flagorneries de courtisans, sa Seigneurie Darius (« Dada » pour son cercle rapproché usant d’une familiarité un peu bêta) n’en prisait pas moins les compliments sincères déposés à ses pieds, dévolus à célébrer ses appâts charnels souverains :

 

Oh ! La jolie fleur derrière la vitre !

-Oui. C’est un petit pavot blanc.

-Je ne vous  parle pas des petits pavots,

je vous montre la fleur d’en bas, tachetée de clair et de sombre, veloutée,

avec deux gouttes de rosée qui brillent et de grandes étamines blanches pointues...


Tiens, je me trompais : ce n’est pas une fleur, c’est un chat.

-Non, non, vous aviez raison, poète : c’est une fleur. [27] 





Conseil philosophique –

à méditer, sur l’heure de notre partance…

 

La Mort ne surprend point le sage ;

Il est toujours prêt à partir,

S’étant su lui-même avertir

Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage.

Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps :

Qu’on le partage en jours, en heures, en moments,

Il n’en est point qu’il ne comprenne

Dans le fatal tribut ; tous sont de son domaine ;

Et le premier instant où les enfants des rois

Ouvrent les yeux à la lumière,

Est celui qui vient quelquefois

Fermer pour toujours leur paupière.

Défendez-vous par la grandeur,

Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse,

La mort ravit tout sans pudeur

Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.

Il n’est rien de moins ignoré,

Et puisqu’il faut que je le die,

Rien où l’on soit moins préparé.

 

Jean de La Fontaine

 

(Première partie ou introduction en forme de morale

de la Fable I du Livre VIII : « La Mort et le Mourant. »)

-

 


Impressions sentimentales -

Ou

Variations enamourées autour d’une lettre de l’alphabet :    D  comme  Darius.

 

 

Tu deviens responsable pour toujours

de ce que tu as apprivoisé.

Antoine de Saint Exupéry.

 

 

De ta sagesse, ami, que nul n’ait à souffrir,

Domine ta colère et sans cesse pardonne.

Pour la paix de ton cœur accepte sans gémir

Le destin qui te frappe, et ne frappe personne.[28]

 

                              

                              D     comme Darius, notre tendre «  Norvégien  », dont chaque voyelle et consonne de son identité, rebaptisée par nos soins, reflète un éventail succinct de vertus léguées par Dame Nature, le dotant d’un prestige unique à nos yeux :


D      douceur

A      aura

R      radieux

I       inimitable

U     unanimité

S      sensible

 

                              Ainsi la douceur de son aura radieuse et inimitable ne faisait-elle pas l’unanimité même auprès des non initiés, n’ayant pourtant guère le loisir d’approfondir, d’être sensibilisés aux différentes facettes de son idiosyncrasie de «  chat-fée  » semblant tout droit échappé du pays des farfadets peuplant les terres nordiques, où s’ élancent, au centre des sapinières, tant de géants en bonnets pointus, résineux verdoyants ou immaculés, chers à Guillaume Apollinaire [29]

 

                              D       comme Darius I er du nom, d’une dynastie aristocratique, prénom glorieux saluant le berceau d’origine de sa civilisation avant qu’elle soit introduite sous les cieux scandinaves par ces conquérants de Vikings, à l’aide de leurs somptueux drakkars, si l’on en croit la légende, appellation donc, évocatrice du puissant Empire de Perse (royaume persan nimbé de magie) que nous avions choisi délibérément d’attribuer à notre gentil dauphin, en raison de son panache d’aristochat.

 

                             D        comme damoiseau, assumant dignement son titre,dont nous n’ aurons pas le plaisir, hélas, de voir grandir, ou plutôt éternel jouvenceau ayant dû renoncer à conter fleurette aux damoiselles de son rang qui, n’en doutons pas, se seraient aisément prêtées, au rite de la Parade Nuptiale, tant les charmes de notre dandy inné auraient causé de ravages, dandy ne se découvrant jamais, au grand  jamais, jusqu’à l’heure de son trépas, de son digne maintien, de son allure majestueuse sans imitation possible, gage de sa haute extraction aristochattesque de Chat  des Forêts Norvégiennes parfaitement civilisé... Diamant étincelant d’un éclat à nul autre pareil, selon nos critères partiaux de rigueur, venant parachever le diadème ouvragé de sa lignée d’essence princière, composée de six joyaux au charisme ineffable…

 

                              D         comme Damas, oasis d’un Proche-Orient légendaire, source probable de son arbre généalogique aux ramures florifères, puis fructifères, d’antique Felis catus anciennement silvestris, s’inscrivant dans la postérité, sous la dénomination reconnue de Norsk Skogkatt. Damas, cité impériale résonnant de mille et une splendeurs raffinées au passé florissant, synonyme de magnificence, telle l’illustre étoffe soyeuse, damassée, telle la mythique inflorescence médicinale aux effluves enivrants, Rosa damascena, fleur de prédilection chantée par une floraison de poètes lyriques persans, ou bien, telle encore, une prune fétiche goûteuse, à la chair bleue-ardoise, immortalisée dès son implantation occidentale, au temps de la Reine Anne de Bretagne, grâce à son « portraitiste » botaniste [30] attitré, le peintre Jean Bourdichon, dévolu au service de quatre générations de monarques, François I er inclus...

                             D         comme le danger imminent, fulgurant de violence, dangereux intrus qui nous guettait au détour de notre sente commune déjà parcourue, que nous avons été inaptes à détecter, et dont il est vrai, nous ne pouvions imaginer qu’il nous conduirait vers une semblable détresse, tant son parcours juvénile rayonnait - pensions-nous, candides - de promesses. C’était sans compter les méandres, les dédales de l’imprévu se profilant à l’horizon, s’invitant à trancher le fil de notre Romance sans paroles tissée d’une délicatesse indescriptible...

 

                             D         comme la datation de notre serment, de notre engagement inassouvi, rompu par son départ foudroyant, ferme résolution que nous nous étions faites à nous-mêmes de veiller sur notre bébé-chat, suite à notre visite inaugurale, heureuse rencontre validée par un «  contrat officiel  » scellant les prémices de notre pacte d’amitié, de compagnonnage et plus si affinités...

 

                             D         comme la date fatidique de sa disparition, jour, inopportun et inique, damné, mettant un terme à notre intimité et signant par cet acte, notre infortune, disgrâce accentuée par la scène déplorable à laquelle il nous fallut assister, jouant malgré nous le rôle de spectatrices impuissantes, désemparées, soumises à le voir se retirer du monde du vivant, éclipse non pas provisoire mais irrévocable, que nous aurions tant aimé contribuer à différer.

 

                            D         comme le défi de sauver notre «  bel ami  » des griffes d’Atropos, qui nous aura échappé, entourant de son dédain notre vibrante supplique afin qu’il revienne à la vie... Mais non, nous devons nous plier au vœu de l’horrible marâtre en robe de Moire [31] qui vint enlever le cher petit.

 

                            Dorénavant, que pouvons-nous faire d’autre que de nous résigner, acceptant le verdict funeste de la grande loi universelle, cette Plume qui a tout écrit depuis la première heure puisque  Le livre du destin n’est jamais raturé [32] et qu’une deuxième chance ne se présentera pas, concernant une opportunité de reviviscence...

 

                            D         comme déloyal, la fatalité et le sort déloyaux, cruels, qui lui furent réservés, si jeunot ;

                            D         comme les dommages créés par notre séparation  irrémédiable, d’une dureté implacable, déchirement qu’il nous faut dominer et soustraire au «  regard  » de la société, toujours si prompte à juger !

 

                           D         comme Dante Alighieri  et sa Divine Comédie. Trilogie poétique traitant du Paradis, du Purgatoire et de l’Enfer, enfer d’où notre innocent, voué à être sacrifié par une inflexible   mégère que nul n’apprivoisera jamais, sera exempté de séjour, trouvant illico presto refuge au cœur d’un Éden reconstitué, antérieur au péché originel... en vertu de sa nature féline généreuse de «  juste », l’incarnation même de la douceur, « doux agneau » dépourvu d’une mine doucereuse, véritablement bienveillant jusqu’à en être désarmant, tant il paraissait sans défense, ne répondant même pas aux assauts d’un belligérant confraternel à vibrisses, voulant imposer sa suprématie de dominant…

 

                           D         comme dédicace, comme le dédicataire de notre éloge posthume, ou comment dédier à notre choupinet (sobriquet dont nous usions et abusions à son endroit) un hommage subtil, incantatoire, au travers d’un vocable, admettons le,  prosaïque, dans l’objectif que sa mémoire ne puisse s’éteindre dans notre souvenance sensitive, sensorielle, déclaration de notre vive affection, ayant pour vocation de dévoiler sans fausse pudeur, aux yeux d’autrui, un pan infime de la dimension de nos sentiments... indicibles, sous évalués, tandis que ce noble lionnin régnait encore sur nous…

 

                           D         comme description fidèle ; d’emblée, nous renonçons à le décrire sous peine de le trahir, soit en livrant une définition incomplète, fort imprécise, de ses adorables attraits, assurément irrésistibles pour nous, versant de ce fait , dans un style grossier dénué de finesse de traits, soit à l’inverse du portrait « humanisé » de son essence féline, nous nous astreignons à contenir nos élans impulsifs qui nous feraient volontiers sombrer dans le dithyrambe frôlant la caricature, proche de coutumes sacrées usitées sous l’ère de l’Antiquité égyptienne, «  embaumement  » spirituel déifiant notre chère seigneurie Raminagrobis. et puis nous ne tenons pas davantage à dépoétiser la pléiade de ses atours en déployant nos « maigres » moyens, ayant recours à des propos cartésiens...  rebattus, allant à l’encontre de notre volonté, de notre idéal de ne point déflorer son personnage de «  libertaire  », «  libre-penseur  » énigmatique, revêtant des poses hiératiques de Grand sphinx allongé au fond des solitudes, qui semble s’endormir dans un rêve sans fin.  [33]

 

                           D         comme défunt, les défuntes heures d’un autrefois révolu et idéalisé... comme nos défuntes espérances d’avoir la joie d’observer sa plénitude d’adulte alliant l’esthétisme à un rayonnement comportemental... Ou  bien

                           D        comme dédommagement ; rien ni personne ne saurait nous dédommager de la perte de notre mignard sourien [34]...

                          

                                  comme se délecter ou la délectation qu’il se faisait à l’avance devant l’idée d’un « safari  » organisé par nos soins en sa faveur ou qu’il improvisait lui-même, en traquant assidûment les menues proies venues le défier sur le « terrain » privatif de son logis, insectes et araignées détectés de son « œil de lynx », le comblant au plus haut point sur le côté psychologique, d’une part, et de l’autre, satisfaisant son palais de fin gourmet aux antipodes d’un vorace de notre connaissance à l’appétence pantagruélique : alias signore La Goulue  [35]...

                           D         comme le délice toujours nouveau, chassant la fâcheuse manie, l’habitude, de le contempler... comme les délicieux tableaux qui s’offraient à notre vue et dont le décor de notre cadre de vie nous remémore que trop bien, combien notre environnement riche de l’empreinte indélébile de notre douceur incarnée de Darius, l’une des mascottes présidant à l’honneur du foyer, orgueil de la maison  [36] selon un fin connaisseur des Fleurs maladives, est aujourd’hui désespérément vide , sans vie intérieure et sans âme, en dépit de la présence de nos deux compagnons, « rescapés » félins de cette fratrie recomposée, pour le meilleur, mais aussi pour le pire !!!

                          D          comme défaillir, comme notre courage qui, par instants, défaille... climat de désolation s’emparant de nos cœurs dolents, troublés, pour ne pas dire assaillis de doutes, qui s’interrogent sur le bien-fondé de cette troublante défaite, de ce cuisant échec à le conserver auprès de nous, contraint, à son corps défendant, d’abandonner un foyer accueillant, aimant, où il se plaisait à se faire dorloter, pour gagner une rive inquiétante, d’où l’on ne revient jamais...

 

                          D         comme se déguiser (dans le sens de travestir ses sentiments) ou revêtir un déguisement de parade afin de « tromper l’ennemi » ne comprenant pas l’étendue de notre chagrin, ou par souci de pudeur, tenter, sous ce masque, de dissimuler nos états d’âme pour ne pas encombrer notre entourage, chantant par couverture  [37], prochain ne manquant pas de juger incongrus, déplacés et déraisonnables au demeurant, ces derniers, en plus d’être dérangeants ; n’entendons-nous pas d’ici s’élever les voix discordantes d’une majorité de Fâcheux molièresques, s’insurgeant contre un désarroi qualifié d’excessif :

                              «Mais tâchez de vous maîtriser, que diable ! Il ne s’agit quand même que d’une bête ! »... Commentaires déplacés, fort explicites au demeurant, nous laissant sous entendre qu’il n’est question là, que d’une créature vivante appartenant à une catégorie mineure, et pour laquelle, il est, ô combien ridicule, selon la raison imparable des hommes, de se lamenter…

                              Censeurs, saluant allégrement votre ouverture d’esprit, ne serions-nous pas tentées de vous repartir la saillie suivante : notre race de «  bipèdes  » douée, il est vrai, d’un langage articulé éminemment sophistiqué, se révèle tout aussi créative, sinon plus ingénieuse, lorsqu’il lui faut déployer des trésors de perfidie, de perversité, s’adonnant ainsi sans remords, à une bestialité féroce, pure et dure ; comment alors, ne pas préférer la saine animalité d’ un «  quatre pattes  » guidé, quant à lui, par un instinct de survie élémentaire, faussement cruel, puisque exclusivement animé d’une pulsion viscérale, consistant à assouvir les nécessités inhérentes à son espèce [38] !

 

                            D        comme se délester d’un pesant fardeau : celui de la souffrance ; tourments envahissant de manière insidieuse notre conscience, rejaillissant sur notre affect, nous faisant, de plus, culpabiliser, pour avoir été dans l’incapacité, au moment crucial, critique, de son malaise, de le ranimer, de lui insuffler notre propre souffle et fluide positif, par ondes magnétiques interposées.

Où avons-nous pu démériter ? Quand notre vigilance nous a-t-elle fait défaut ? Aurions-nous pu éviter ce désastre ? Nous le pardonnerons-nous un jour, seulement ? Le temps viendra-t-il, par miracle, à notre rescousse, afin d’atténuer la prégnance de notre ressentiment actuel, faisant, au contraire, sourdre en nos cœurs moult souvenirs fleurissant le cheminement trop tôt interrompu de notre Darius ?

 

                            D        comme demain, ou comment dépasser cette pénible expérience, en envisageant des lendemains plus souriants, tandis que nous sentant, pour lors, démunies, il nous faudra faire sans la «  lumière  » de son attendrissant minois, à présent dématérialisé, évanoui, ayant rejoint l’immensité du néant ou la miséricorde divine, au libre choix des convictions de chacun…

 

                               Maintenant, notre dormeur repose de son dernier sommeil, d’un sommeil éternel, preuve, s’il en est, que l’irréparable est consommé.

                               En attendant que notre mal soit estompé, sinon dissipé comme par enchantement, tâchons de ne pas nous complaire dans un apitoiement malsain et jurons-nous de nous ressaisir... Demain !

                               Car pour l’heure, ce n’est pas encore à l’ordre du jour :

 

Demain ! J’irai demain voir ce pauvre chez lui,

Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine,

Demain je te dirai, mon âme, où je te mène,

Demain je serai juste et fort... pas aujourd’hui. [39]

 

                             D         comme délier ; déliés de nos liens affectifs tombés en déliquescence, déliées de notre parole de protéger notre mistigri, nœuds dénoués par des puissances infernales, et que nous aurions tant aspiré à prolonger...

                             D         comme demeurer. Notre regretté fripon dont l’organe fragile s’est brusquement arrêté de battre à l’âge de vingt mois, à notre grand dam, et cela sans  faire référence à la moindre logique, demeurera dans nos esprits et dans nos cœurs de manière vivace, ne s’altérant que d’une once, malgré les saisons effeuillées. Que les grâces auréolant sa «  plastique  » ainsi que son caractère soient ainsi célébrées !

                               Nous nous inclinons devant ses dispositions spontanées à dispenser une affabilité d’envergure, devant le don qu’il détenait à distiller l’harmonie, devant son potentiel d’adaptation, d’une souplesse inégalée. Et c’est par son humeur d’une grande stabilité, par la « dolcor » de ses attitudes et de son aménité, que le trésor se distingua des comparses de sa tribu, à jamais «  orpheline  » de son «  clair soleil  »...

                              D        comme destin ; comme l’absurdité de celui-ci, éphémère, insondable et impitoyable, coupant la sève à une jeune tige ne demandant qu’à prospérer et dont on s’ingénierait cependant, en vain, à comprendre le dessein.

 

                                 Paradoxe, Réversibilité [40] de l’existence qui nous portent à appréhender la règle rigoureuse des contrastes, comme, si l’on épouse l’une des maximes de monsieur de La Rochefoucault :

 

Dans toutes les existences,

on note une date ou bifurque la destinée,

soit vers une catastrophe, soit vers le succès.

 

                                 Que désincarnée, dégagée de son enveloppe charnelle, elle puisse se fondre au sein de notre cosmos, retournant aux origines, aux mystères de la création précédant son éclosion, dorénavant accueillie au Walhalla aux côtés de héros mythologiques scandinaves, sous la garde  infaillible des WalkyriesA près avoir constellé le ciel de notre quotidien, notre jeune étoile aura-t-elle la chance de se transmuer en astre immortel, guidant les siens, de là où elle se trouve ?

                              D         comme le dernier-né de notre couvée, le dernier tant attendu, si désiré avant qu’il fasse son entrée au centre d’une famille chattesque reconstituée, « frères » de cœur, d’adoption, apprenant d’abord à se tolérer, à s’accepter, afin de mieux partager le territoire de leur fief, puis enfin à s’aimer ; modèle où régnait une entente idyllique enchanteresse nous ravissant, et suscitant, de surcroît, l’admiration de la part d’intimes visitant ces « gentilshommes » aux longues vibrisses, en leurs appartements.

                             Duo de juniors, parrainé par messire Cherubino de la Haute Roche de la Falaise de Tuffeau de la Vallée Ligérienne, vénérable doyen aux treize printemps, qui imposait le respect avec un savoir-faire de fin diplomate exempt de tyrannie.

                              Nous berçant d’illusions, nous avons cru pendant longtemps que notre numéro de duettistes sans cesse au diapason serait « programmé » pour un « développement durable », un voyage au long cours ; c’était, hélas, faire fi des caprices du sort, d’un futur plus qu’improbable !

                             Maintenant, amputé d’un fleuron éminent, notre exquis benjamin, il nous faut faire le deuil de ce trio uni jadis, nous soumettant tant bien que mal à ce précepte immuable:

 

Tout s’anéantit, tout périt, tout passe

Il n’y a que le monde qui reste. Il n’y a que le temps qui dure. [41]

 

                            D         comme le «duel amical », forgé d’une complicité fusionnelle confondante avec notre diablotin de Prince Noir dit aussi Diabolus [42], le protecteur attitré qu’il s’était assigné...,

 

                            D         comme son art de dialoguiste consommé, dialogues ou joutes oratoires truffés d’effusions auxquels se livrait notre tandem «roucoulant » à l’envie, langage indescriptible qui n’appartenait qu’à lui seul !

 

                            D         comme devise, comme celle d’un fabuliste d’exception de la période baroque, doté d’une prodigalité inouïe, l’un de nos Maîtres révérés du patrimoine littéraire, analysant maintes véracités, moralité qui nous convie à supporter bien des maux et à laquelle nous nous empressons de souscrire, en théorie… :

 

Plutôt souffrir que mourir,

C’est la devise des hommes.

 

                             D         comme don ; en postlude de ces louanges plus que méritées, destinées à notre « beau sire », « la douceur incarnée », nous refermerons sa «  déploration » en manifestant à notre regretté Darius, toute notre infinie gratitude pour le don enrichissant qu’il nous a fait de sa « personne  » durant sa vie brève, particulièrement pour nous avoir permis de l’aimer pour lui-même et non pour ce que nous aurions voulu qu’il soit, en fonction de nos besoins et desiderata personnels à satisfaire, de nos failles et névroses à combler !

 

                             Puissions-nous lui être, par la pensée, du moins, éternellement fidèles, doublement fidèles, à ce qu’il nous a légué, lui étant à jamais gré de notre désir d’offrande, en vertu de la devise littéraire de Chamfort :

 

Donner est un plaisir plus durable que recevoir,

car celui des deux qui donne

est celui qui se souvient le plus longtemps.

 


Valériane d’Alizée.

Texte composé pour le vingt-six mars 2010

(Première version)

revu et modifié en Mars de l’année suivante et dédié à M.



DARIUS I er Du Nom

Du Domaine D’Asgard  

à l'âge de sept mois sous la protection vigilante du "Prince Noir"





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[1] :  Les deux premiers vers précités ouvrent l’« Éloge de la Volupté » de Jean de La Fontaine, pièce faisant partie du

      recueil poétique  des « Amours de Psyché ».

[2] :  Expression d’Omar Khayyâm issue du quatrain « L’Éloge des buveurs », recueil « Le Robaïyat ».

[3] : Formule signée du même auteur provenant du quatrain « Les oiseaux blessés » (éditions « Le Cherche Midi »

adaptation de Jean Rullier du Livre des Quatrains dit le «Robaïyat» d’Omar Khayyâm.).

[4]   : Allusion au titre d’une œuvre poétique de Francis Vielé-Griffin.

[5]   : Titre du Corpus éponyme de la poétesse Anna de Noailles. 

[6] :  En référence au « Poète rustique » d’Orthez, Francis Jammes.

[7] : Emprunt à une expression verlainienne tirée de « Clair de lune », recueil « Fêtes Galantes ».

[8] : Évocation à la quiétude de l’esprit que « rien ne saurait venir troubler », à l’absence de douleur morale

professée au cœur des mouvements philosophiques épicurien et stoïcien...

[9] : Devise d’Anton Tchekhov.

[10] : Citation  due à Alfred de Vigny.

[11] : Formule de Colette révérant ô combien ses héros quadrupèdes souvent victimes de cet affreux bipède : l’homme.

[12] : Titre d’un recueil poétique de Guillaume Apollinaire.

[13] : Première strophe du poème de Louis Aragon « Il n’y a pas d’Amour Heureux. ».

[14] : Derniers vers du poème de Louis Aragon mentionné précédemment.

[15] : Vocable germanique désignant dans la langue littéraire métaphorique : le voyageur.

[16] : Évocation de « Donneurs de Sérénades » de P. Verlaine ou plutôt de « Mandoline », corpus « Fêtes Galantes ».

[17] : Fragment du long poème de F. de Malherbe intitulé « Consolation à Monsieur du Périer, gentilhomme d’Aix en

       Provence, sur la mort de sa Fille. »

18 : Allusion au père du recueil poétique  « le Rosaire » de Dom Helder dont est issue cette œuvre portant le titre

       Suivant : « Uniques. »

 [19] : Expression empruntée au peintre pré- Impressionniste, Eugène Boudin, le « Roi des Ciels ».

[20] : Citation due au poète Francis Jammes.

20 :  Moralité signée Jean de La Fontaine provenant de la Fable XI du Livre II « Le Lion et le Rat ».

[22] : Allusion à la terrible déité faisant parti du trio infernal des Moires régissant la destinée des mortels.

[23] : Quatrain  de Francis Jammes issu du « Quatrième Lire des Quatrains»  intitulé « La Crainte du Passé ».

[24] : Formule de J. de La Fontaine extrait de la fable I du Livre VIII « La Mort et le Mourant », voir en finalité les

      dix neuf premiers vers reproduits, «morale » illustrant fort bien notre élégie.

23 : En référence à un amoureux de la gent féline, Jean Cocteau.    

[26] : Allusion aux vertus de la semence de pavot, «  papavéracée » nous plongeant dans les bras du divin sommeil.

[27] : Détournement d’une prose signée Colette (« Autres Bêtes, Chats de Paris ») dont nous avons modifié

       légèrement la première phrase ; l’original spécifie : « dans la vitrine » au lieu de « derrière la vitre. »

28] : Quatrain issu du recueil le Robaïyat du poète persan Omar Khayyâm (1048-1131) portant le titre

      suivant : « Ne frappe personne ».

 29] : Allusion à une expression du poète précité désignant sa majesté conifère, l’Épicéa, honoré au sein d’un fameux poème portant le titre suivant : « Les Sapins », tiré du recueil « Alcools ».

[30] : Allusion  au créateur du « Grand Livre d’Heures» d’Anne de Bretagne, sorte d’herbier composé de la flore tourangelle et donc d’espèces botaniques exotiques lointaines, récemment acclimatées…

[31] : Allusion à la trinité de divinités grecques qui, sous l’Antiquité, présidait à la destinée, dont la plus terrible des trois (Atropos) tranchait le fil de la vie.

[32] : Reprise ou détournement d’une partie d’un quatrain d’Omar Khayyâm (« Le Livre du Destin »).

[33 : Allusion à une citation de Charles Baudelaire, op. Cit.

[34] : Expression renaissance due à la plume de Joachim du Bellay.

[35] : Surnom de notre senior « Poil de Carotte » alias Cherubino, poulbot sans blason princier de notre fratrie féline,  mais riche de bien des attributs... gargantuesques !

[36] : Emprunt légèrement modifié au poème de C. Baudelaire « Les Chats » (Sonnet LVI des « Fleurs du Mal »)  qui commence ainsi :

« Les amoureux fervents et les savants austères

Aiment également, dans leur mûre saison,

Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,

Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires. »

[37] : Détournement du premier vers d’un poème de Christine de Pisan illustrant fort bien notre propos; se reporter en fin de texte pour prendre connaissance de ce dernier dans son intégralité.

[38] : «  Quatre pattes », formule due à la plume imaginative de Colette désignant « nos Amies les bêtes. »

 39] : Quatrain de Sully-Prudhomme (« Le Temps Perdu ») provenant du volume de « Poésies » complètes.

[40] : Titre de poésie de Charles Baudelaire recueil « Les Fleurs du Mal » et qui commence par l’interpellation suivante :

« Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse,

La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,

Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits

Qui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse ?

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse » ?

[41 : Adage de Denis Diderot.

[42] : Surnom de Cyrus, dit le Prince Noir, Angora Turc à la robe d’ébène et qui en raison de ses « diableries » à n’en plus finir, est ainsi dénommé...


 

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ITINERAIRE DE LA COULEUR CONSCIENTE

ITINERAIRE DE LA COULEUR CONSCIENTE

 

Le hasard fait-il toujours bien les choses ? Impossible, bien sûr, de l’affirmer. Néanmoins, le hasard a parfaitement travaillé pour harmoniser ce puzzle que constitue souvent l’exhibition des œuvres à l’intérieur d’une galerie d’art.

Les trois artistes exposés du 04-04 au 29-04-12 à l’ESPACE-ART-GALLERY(Rue Lesbroussart, 35,1050 Bruxelles), ont chacun choisi un espace particulier à l’intérieur de celle-ci, en réponse aux besoins qu’exigent les pièces présentées.

Monsieur JEAN LECLERCQZa demandé l’entrée ainsi que le milieu de la galerie parce que ces espaces lui offraient le volume adéquat pour présenter l’ensemble impressionnant des tableaux exposés.

Parsemées ça et là, tout le long de la galerie, les sculptures de Monsieur MARIO MOLINSnous proposent une série de « corps végétaux » vivants, dressés comme des reliques de la nature.

Enfin, l’espace du fond s’avérait propice pour abriter le caractère globalement introspectif contenu dans l’œuvre du peintre, Madame BETTINA MASSA.

Et le hasard dans tout cela ? Eh bien, il a travaillé de main de maître ! Car, en parcourant l’espace artistique, l’on ressent une progression allant du ludique se dégageant des œuvres de Jean Leclercqz au silence méditatif de Bettina Massa, en passant par la célébration joyeuse et mystique de la nature à travers l’Art de Mario Molins.

Tout cela, le plus naturellement et le plus fluidement du monde !
Mais entrons dans le vif (c’est le cas de le dire !) du sujet avec le vivant ludique des œuvres de JEAN LECLERCQZ.

Le point de départ des œuvres de l’artiste exposé trouve son origine dans une précédente exposition de ses œuvres au Musée Royal de l’Armée et d’Histoire militaire situé au Parc du Cinquantenaire, à Bruxelles, en novembre 2010, pour laquelle Jean Leclercqz a présenté, en parallèle avec de véritables engins de guerre (donc de mort !) d’époque, sa vision personnelle de l’avion, comme pour conjurer la dimension létale des premiers.

Mais force est de constater que l’avion conçu par Jean Leclercqz est une sorte de créature hybride, à l’intersection entre la machine et l’oiseau. Cela donne un être volant (piloté par un homme que l’on ne voit jamais) sillonnant un ciel tranquille et toujours bleu. Cela affirme et renforce la dimension ludique de son œuvre, laquelle est presque toujours en rapport avec la ville de Bruxelles et son architecture.

Cette architecture est reprise dans sa réalité pour être légèrement modifiée dans certains de ses aspects, notamment, par l’intermédiaire de la couleur.

A titre d’exemple, le tableau intitulé FLAGEY(103 x 77 cm) nous présente l’ancien INR (Ancien Institut national de Radio) tel qu’il est mais rehaussé de bleu très foncé au niveau des fenêtres comme pour mieux mettre l’extra structure en exergue.

 

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Jean Leclercqz avoue nourrir des velléités d’architecte. Et cela se perçoit dans le traitement qu’il apporte à l’appareil cyclopéen. Dans MUSEE DE TERVUREN(99 x 75 cm), nous retrouvons le même soin apporté à l’architecture, dans la coupole ainsi que dans la toiture du bâtiment, lesquelles sont soulignées par une bordure noire pour en affirmer le volume. Le trait gonfle la pierre de vie.

 

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Dans toutes les œuvres de Jean Leclercqz, l’avion-oiseau occupe la partie centrale de la composition avec, à l’arrière-plan, le support architectural bruxellois qu’il célèbre dans des couleurs de joie. Mais l’architecture n’est pas constamment présente dans son œuvre. En effet, les deux tableaux intitulés LES DANSES AERIENNES(1 m x 1, 20), proposent chacun une danse autour d’un personnage filiforme. Est-ce une danseuse ? Est-ce une tour de contrôle ? Toujours est-il que des êtres volants ayant l’apparence d’oiseaux, voire même de poissons, voltigent autour de cet axe comme pour le butiner. Le tout évoluant au centre d’un paysage floréal presque « fauve », annonçant la communion d’amour entre la Machine et la Nature.

 

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Dans l’œuvre de cet artiste le regard du visiteur n’arrive pas à saisir le simple détail car il se perd, attiré par mille éléments comme, notamment, cette série de chiffres et d’opérations d’une mathématique inconnue, converties en écriture, presque hiéroglyphique, comme pour en désacraliser la complexité. Ses tableaux sont, d’emblée, entourés d’une marge faite de motifs géométriques dont la couleur reprend (ou annonce) celle servant de dominante chromatique à l’œuvre.

A la perception de l’univers de Jean Leclercqz, d’aucuns pourraient s’interroger sur une éventuelle influence littéraire (Verne, Wells…) qu’aurait subi l’artiste.  A cette question, ce dernier répond par la négative. Rien de ce qui serait tributaire de la littérature fantastique (ou encore moins de la bande dessinée) ne l’aurait influencé. Et à y regarder de près, son œuvre échappe à tous les poncifs que pourraient imposer quelque influence littéraire ou graphique. Elle est bien trop personnelle pour obéir à des directives esthétiques.

Jean Leclercqz illustre parfaitement la conception que l’on se fait de l’idée de l’Art, considérée dans son acception grecque (technè). En effet, l’élément technologique intervient directement dans son œuvre, en ce sens qu’il nous offre des sérigraphies modernes dans un tirage de photographies à partir d’un fichier numérique pour des dessins au format A3, scannés en haute définition. Leur coloration se faisant sur ordinateur et leur taille pouvant varier selon les besoins. Les photographies peuvent être retravaillées, tant dans les couleurs que dans le dessin.  

Cet élément technologique n’est en réalité qu’une réminiscence, ou si l’on veut, un avatar de sa vie professionnelle car Jean Leclercqz est graphiste de formation. Il poursuit actuellement son activité via la société de communication graphique qu’il dirige à Bruxelles.

Son rêve, nous a-t-il confié, serait de mettre sur pied une exposition dans un lieu « insolite », telle qu’une usine ou carrément la rue, comme pour désacraliser le côté institutionnel (sinon mort !) du Musée.

 

MARIO MOLINSest un jeune sculpteur espagnol qui entretient un dialogue mystique avec l’une des formes, à la fois les plus matérielles et les plus tactiles de la nature, à savoir le bois. L’artiste considère cette matière comme un « corps » qui porte en lui la mémoire de la nature. Mémoire qu’il exprime par mille contorsions, élancements et sphères, traduites par l’artiste dans un discours humaniste. Non. Ce n’est pas de la « littérature » que de dire que Mario Molins se perd dans un rapport mystique avec la nature. Vie et mort se confondent dans le tronc d’arbre mort que le sculpteur ramasse (ou pour mieux dire, prélève) au sol, considéré comme une tombe destinée au pourrissement. Après l’avoir en quelque sorte « purifié » par le feu, l’artiste lui confère une patine d’un noir luisant, semblable à une introspection dans la matière, pour le « ramener » à la vie. Une vie esthétique pour le plaisir du regard qui interpelle la conscience du visiteur, lui-même frère de l’arbre, faisant partie intégrante de la nature.

Des œuvres telles que ANIMA I (2010) (35 x 40 x 165) réalisée en bois d’olivier ou EVOCACION III  (2011) (139 x 30 x 31), pièce en découpe directe, tirée d’un noyer brûlé dans un incendie que le sculpteur a sauvée en éliminant les parties consommées pour la recréer, font de l’artiste le démiurge distillant à l’argile informe un souffle nouveau.

 

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Dans son dialogue avec la matière, Mario Molins, qui a fréquenté l’Académie des Beaux-Arts de Barcelone n’envisage de sculpter qu’une pièce à la fois. Jamais il ne mélange plusieurs pièces. Car chaque rapport est intime, de même que chaque histoire ayant précédé (et qui engendrera) la matière est intime.

Sa démarche s’inscrit dans la dialectique du «Land Art », discours qui date de la fin des années ’60 et qui considère que l’artiste et la nature fusionnent dans un rapport intime, se réalisant au cœur même de celle-ci. Par la force des choses, leurs créations demeurent à l’extérieur et se présentent comme la négation de l’ « espace clos » tel que la Musée.

Et l’on peut, in fine, se demander après avoir vu les œuvres de Mario Molins qui « imite » qui. Est-ce la nature qui « imite » l’Art, comme le soutenait Oscar Wilde ou est-ce le contraire ?  Quoi qu’il en soit, la question est (volontairement) mal formulée car l’ « imitation » n’intervient jamais lorsqu’il s’agit de création !

La nature des œuvres de Mario Molins nous interroge sur la nature de nos origines dans toute la force et la beauté de leur volume.

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Nous atteignons la profondeur méditative avec l’artiste corse BETTINA MASSA. L’ensemble pictural qu’elle présente à l’ESPACE ART GALLERY est principalement structuré par le rapport au temps ainsi que par le mythe, ou plus exactement, par le riche héritage mythologique méditerranéen.

En vérité, mythologie et rapport au temps sont intimement liés. L’un des plus beaux exemples du rapport au temps se trouve dans le récit homérique. L’amnésie qui frappe Ulysse, prisonnier de Circé, est tout entière basée là-dessus. Il se cherche dans une dimension qui a perdu la conscience du temps. Temps et mythe s’enchevêtrent l’un dans l’autre. Il n’y a que la force du sentiment pour en exprimer la quintessence. L’acte créateur, lui, cherche à figer le temps en une métamorphose d’instantanés exprimant la volonté d’en garder, néanmoins, la trace.

Cette trace c’est l’ « idée », plastiquement exprimée sur la toile. A titre d’exemple, les TETES  (œuvres sans titre – 0,69 x 0, 77 – réalisées entre 2010 et 2012) que Bettina Massa nous offre, existent non pas en tant que telles, comme des trophées, mais bien pour exprimer l’ « idée » du visage, contenues dans des différences de couleurs et de plans.

Ces têtes « humaines » dans l’acception la plus physique du terme, sont en réalité, des sculptures sur toiles où les chairs s’enflamment et explosent sous la tension des couleurs changeantes au gré des positions qu’elles occupent par rapport à la lumière ambiante.

 

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12272805490?profile=original

12272804875?profile=original

Ces visages, le pinceau de l’artiste semble les avoir taillés au burin, tellement le volume en ressort comme les plis transparaissent du marbre. L’humain montre une face labourée à chacune de ses métamorphoses. Jusqu’à ce tableau (toujours sans titre – 0,64 x 0, 74) peint en 2011, montrant un visage féminin aux yeux bandés symbolisant la vacuité de la présence. Ici, la présence se fait déjà absence par la lumière éphémère que dispense la couleur. La toile utilisée par l’artiste est en fait un papier de couleur noire provenant du Bhoutan. Il s’agit d’un papier au grain extrêmement sensible, agissant comme un buvard, lequel absorbe les pigments avec une telle rapidité que l’on ne peut plus les effacer une fois fixés sur le support.

Bettina Massa est titulaire d’une Maîtrise auprès de la Faculté des Arts Plastiques de la Sorbonne. Elle a notamment travaillé avec des restaurateurs de peintures. Mais on peut dire qu’elle a baigné dans l’Art depuis sa plus tendre enfance, son père travaillant au Musée Fesch d’Ajaccio. C’est là qu’elle est entrée en contact avec, notamment, les Primitifs italiens et les suiveurs du Caravage napolitains.

Cela se traduit par une vision personnelle et moderne qu’elle offre du MARTYR DE SAINT MATTHIEU(1, 52 x 1, 38) réalisé en 2010.

 

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L’œuvre est réduite à l’essentiel. La foule des personnages présents dans la composition originale du Caravage (323 x 343 cm) abritée à la Chapelle Contarelli de l’Eglise St. Louis des Français, à Rome disparaît pour faire place au nœud de la tragédie : le sicaire, sur la gauche. Le jeune homme, sur la droite et Matthieu, en bas vers la droite. La totalité de l’ensemble du Caravage est remplacé par le polyptique (quatre panneaux d’égales dimensions portant chacun la fraction - ou la subdivision - d’un moment (traduit en mouvement) sont assemblés pour ne plus former qu’une entité scénique). L’essentiel : le drame biblique ainsi que l’éclairage dont on ne perçoit jamais la source – typique du style caravagesque – est respecté.

L’artiste n’est d’ailleurs pas étrangère à la conception de l’espace « scénique » car elle eut l’opportunité d’évoluer dans le monde du théâtre en créant des scénographies destinées, notamment,  à des textes de Louis Aragon, Garcia Lorca ou Armand Gatti, sous la direction du metteur en scène Najib Ghallale, à partir du milieu des années ’80.

La peinture de Bettina Massa exposée à l’ESPACE ART GALLERYest une peinture aussi vibrante que complexe, parce que hautement cultivée, pétrie d’un Humanisme renaissant modalisé, comme le fut ce même Humanisme  devant se distancer de la pensée gréco-latine pour pouvoir exister.

Elle clôt cet itinéraire de la couleur consciente qui ne peut se réaliser qu’en exhortant la part (re)créative vivant en chacun d’entre nous.

 

François L. Speranza.

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Ière Partie :

Dédicace

 

                          En mémoire à notre fier lionnin [1] de Darius, innocent parti prématurément rejoindre la Voûte étoilée à l’aube de ses candides vingt deux mois [2], et se fondre dans l’infini du cosmos, après s’être délesté de son enveloppe matérielle encombrante, nous dédions ce message intime «  félinesque  », ayant, en outre, plus qu’une pensée à l’égard de tous ceux que le destin a jadis rudoyé, et n’épargnera sans doute guère à l’avenir, (ne nous berçons pas en vain d’illusions), les éprouvant par la perte de leur compagnon, qu’il soit à Quatre pattes ou à Deux, pour paraphraser une fervente amie des bêtes , veillant jalousement sur elles [3] !

                         Et quand bien même, nous n’aurions pas le privilège de nous connaître, nous autres «  bipèdes  », et que pareillement, notre petit protégé vous serait tout aussi «  étranger  », nous nous permettons, malgré ce fait  indubitable et au nom de nos Affinités électives goethéennes en faveur de la gent «  chattesque  », de vous livrer nos pensées les plus impudiques, fleurissant à l’heure de sa partance, osant présumer que votre sensibilité vous portera volontiers à l’indulgence, comprenant un tant soit peu, de grâce, non, pas que sur un plan de l’intellect mais de l’affect, notre vive émotion exception faite, naturellement, pour quelques  âmes sèches, Pauvres d’esprit et Faibles de cœur [4], dépourvus de semblables dispositions !

                        Fasse, que cet hommage posthume, prenant la tournure d’une déploration, consacré à «  l’incarnation de la douceur  », digne héritière d’une longue dynastie venue du froid conquérir nos contrées, contribue à pérenniser, ne serait-ce que l’espace d’un instant, son souvenir !

                       Et puisque désormais, il ne saurait être question le moins du monde, d’aspect charnel, il nous plait à imaginer notre aimable figure évoluant ad vitam aeternam en plein cœur d’un univers radieux, libéré du sombre versant du manichéisme, parmi le cortège orphique de petits sacrifiés, ayant tour à tour enfin trouvé une place d’élection au sein d’un pays idyllique ou Paradis de rêve [5], loin, bien loin de la pléthore de mesquineries, bassesses et iniquités inhérentes à l’espèce humaine:

 

Au franciscain Saint Roch et son chien au grand cœur,

À Saint François d’Assise et son loup de Gubbio,

À Saint Antoine ermite et ses lions protecteurs ;

À tous les Saints amis et frères des animaux

Qui surent réparer, en de trop rares instants

De la terrible histoire depuis le premier homme,

L’abominable plaie qui, par leurs divins baumes,

S’est remise à rêver de ce bienheureux  port

Où mal et maladie n’existaient pas encore.

 

Félinement vôtre.

 

 

DARIUS Ier

Du Domaine D’Asgard

 

habité d’un calme olympien au temps de l’efflorescence  juvénile de ses jours

(ici posant pour la postérité à l’âge de sept mois) mais néanmoins dubitatif :

 

« Dites moi, mon cher,

vous prendriez vous par hasard

pour Robert Doisneau ?

 Ce n’est pas un peu fatiguant de me tirer le portrait ?

Ah, franchement, ces humains, à quelles drôles d’occupations, ils s’adonnent !!!

Étranges  étrangers aurait devisé Jacques Prévert…»




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[1] : locution renaissance appartenant à l’un des chantres du groupe de la Pléiade, le poète Joachim du Bellay, veillant ardemment sur son favori de «Belaud», qu’il chérissait au point de lui avoir dédié une pièce d’essence lyrique.

2 : Nous avons eu la douleur de perdre notre gentil compagnon, il y a maintenant de cela un an, le 5 Mars 2010, tandis que nous le pensions en pleine épanouissement et promis à une longue destinée à nos côtés...

3 : Expression due à la plume de Colette qui chérissait particulièrement notre mascotte, le félin…

 [4] : Emprunt à un quatrain du poète persan, Omar Khayyâm issu du recueil le « Robaïyat».

[5] : Allusion à la dédicace signée de la plume du regretté Docteur vétérinaire Francis Lizon, auquel nous devons cette merveilleuse définition.

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ITINERAIRE DE LA COULEUR CONSCIENTE

                                             ITINERAIRE DE LA COULEUR CONSCIENTE

 

Le hasard fait-il toujours bien les choses ? Impossible, bien sûr, de l’affirmer. Néanmoins, le hasard a parfaitement travaillé pour harmoniser ce puzzle que constitue souvent l’exhibition des œuvres à l’intérieur d’une galerie d’art.

Les trois artistes exposés du 04-04 au 29-04-12 à l’ESPACE-ART-GALLERY (Rue Lesbroussart, 35,1050 Bruxelles), ont chacun choisi un espace particulier à l’intérieur de celle-ci, en réponse aux besoins qu’exigent les pièces présentées.

Monsieur JEAN LECLERCQZ a demandé l’entrée ainsi que le milieu de la galerie parce que ces espaces lui offraient le volume adéquat pour présenter l’ensemble impressionnant des tableaux exposés.

Parsemées ça et là, tout le long de la galerie, les sculptures de Monsieur MARIO MOLINS nous proposent une série de « corps végétaux » vivants, dressés comme des reliques de la nature.

Enfin, l’espace du fond s’avérait propice pour abriter le caractère globalement introspectif contenu dans l’œuvre du peintre, Madame BETTINA MASSA.

Et le hasard dans tout cela ? Eh bien, il a travaillé de main de maître ! Car, en parcourant l’espace artistique, l’on ressent une progression allant du ludique se dégageant des œuvres de Jean Leclercqz au silence méditatif de Bettina Massa, en passant par la célébration joyeuse et mystique de la nature à travers l’Art de Mario Molins.

Tout cela, le plus naturellement et le plus fluidement du monde !


Mais entrons dans le vif (c’est le cas de le dire !) du sujet avec le vivant ludique des œuvres de JEAN LECLERCQZ.

Le point de départ des œuvres de l’artiste exposé trouve son origine dans une précédente exposition de ses œuvres au Musée Royal de l’Armée et d’Histoire militaire situé au Parc du Cinquantenaire, à Bruxelles, en novembre 2010, pour laquelle Jean Leclercqz a présenté, en parallèle avec de véritables engins de guerre (donc de mort !) d’époque, sa vision personnelle de l’avion, comme pour conjurer la dimension létale des premiers.

Mais force est de constater que l’avion conçu par Jean Leclercqz est une sorte de créature hybride, à l’intersection entre la machine et l’oiseau. Cela donne un être volant (piloté par un homme que l’on ne voit jamais) sillonnant un ciel tranquille et toujours bleu. Cela affirme et renforce la dimension ludique de son œuvre, laquelle est presque toujours en rapport avec la ville de Bruxelles et son architecture.

Cette architecture est reprise dans sa réalité pour être légèrement modifiée dans certains de ses aspects, notamment, par l’intermédiaire de la couleur.

A titre d’exemple, le tableau intitulé FLAGEY (103 x 77 cm) nous présente l’ancien INR (Ancien Institut national de Radio) tel qu’il est mais rehaussé de bleu très foncé au niveau des fenêtres comme pour mieux mettre l’extra structure en exergue.

12272803478?profile=original

Jean Leclercqz avoue nourrir des velléités d’architecte. Et cela se perçoit dans le traitement qu’il apporte à l’appareil cyclopéen. Dans MUSEE DE TERVUREN (99 x 75 cm), nous retrouvons le même soin apporté à l’architecture, dans la coupole ainsi que dans la toiture du bâtiment, lesquelles sont soulignées par une bordure noire pour en affirmer le volume. Le trait gonfle la pierre de vie.

12272803276?profile=original

Dans toutes les œuvres de Jean Leclercqz, l’avion-oiseau occupe la partie centrale de la composition avec, à l’arrière-plan, le support architectural bruxellois qu’il célèbre dans des couleurs de joie. Mais l’architecture n’est pas constamment présente dans son œuvre. En effet, les deux tableaux intitulés LES DANSES AERIENNES (1 m x 1, 20), proposent chacun une danse autour d’un personnage filiforme. Est-ce une danseuse ? Est-ce une tour de contrôle ? Toujours est-il que des êtres volants ayant l’apparence d’oiseaux, voire même de poissons, voltigent autour de cet axe comme pour le butiner. Le tout évoluant au centre d’un paysage floréal presque « fauve », annonçant la communion d’amour entre la Machine et la Nature.

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Dans l’œuvre de cet artiste le regard du visiteur n’arrive pas à saisir le simple détail car il se perd, attiré par mille éléments comme, notamment, cette série de chiffres et d’opérations d’une mathématique inconnue, converties en écriture, presque hiéroglyphique, comme pour en désacraliser la complexité. Ses tableaux sont, d’emblée, entourés d’une marge faite de motifs géométriques dont la couleur reprend (ou annonce) celle servant de dominante chromatique à l’œuvre.

A la perception de l’univers de Jean Leclercqz, d’aucuns pourraient s’interroger sur une éventuelle influence littéraire (Verne, Wells…) qu’aurait subi l’artiste.  A cette question, ce dernier répond par la négative. Rien de ce qui serait tributaire de la littérature fantastique (ou encore moins de la bande dessinée) ne l’aurait influencé. Et à y regarder de près, son œuvre échappe à tous les poncifs que pourraient imposer quelque influence littéraire ou graphique. Elle est bien trop personnelle pour obéir à des directives esthétiques.

Jean Leclercqz illustre parfaitement la conception que l’on se fait de l’idée de l’Art, considérée dans son acception grecque (technè). En effet, l’élément technologique intervient directement dans son œuvre, en ce sens qu’il nous offre des sérigraphies modernes dans un tirage de photographies à partir d’un fichier numérique pour des dessins au format A3, scannés en haute définition. Leur coloration se faisant sur ordinateur et leur taille pouvant varier selon les besoins. Les photographies peuvent être retravaillées, tant dans les couleurs que dans le dessin.  

Cet élément technologique n’est en réalité qu’une réminiscence, ou si l’on veut, un avatar de sa vie professionnelle car Jean Leclercqz est graphiste de formation. Il poursuit actuellement son activité via la société de communication graphique qu’il dirige à Bruxelles.

Son rêve, nous a-t-il confié, serait de mettre sur pied une exposition dans un lieu « insolite », telle qu’une usine ou carrément la rue, comme pour désacraliser le côté institutionnel (sinon mort !) du Musée.

 

MARIO MOLINS est un jeune sculpteur espagnol qui entretient un dialogue mystique avec l’une des formes, à la fois les plus matérielles et les plus tactiles de la nature, à savoir le bois. L’artiste considère cette matière comme un « corps » qui porte en lui la mémoire de la nature. Mémoire qu’il exprime par mille contorsions, élancements et sphères, traduites par l’artiste dans un discours humaniste. Non. Ce n’est pas de la « littérature » que de dire que Mario Molins se perd dans un rapport mystique avec la nature. Vie et mort se confondent dans le tronc d’arbre mort que le sculpteur ramasse (ou pour mieux dire, prélève) au sol, considéré comme une tombe destinée au pourrissement. Après l’avoir en quelque sorte « purifié » par le feu, l’artiste lui confère une patine d’un noir luisant, semblable à une introspection dans la matière, pour le « ramener » à la vie. Une vie esthétique pour le plaisir du regard qui interpelle la conscience du visiteur, lui-même frère de l’arbre, faisant partie intégrante de la nature.

Des œuvres telles que ANIMA I (2010) (35 x 40 x 165) réalisée en bois d’olivier ou EVOCACION III  (2011) (139 x 30 x 31), pièce en découpe directe, tirée d’un noyer brûlé dans un incendie que le sculpteur a sauvée en éliminant les parties consommées pour la recréer, font de l’artiste le démiurge distillant à l’argile informe un souffle nouveau.

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Dans son dialogue avec la matière, Mario Molins, qui a fréquenté l’Académie des Beaux-Arts de Barcelone n’envisage de sculpter qu’une pièce à la fois. Jamais il ne mélange plusieurs pièces. Car chaque rapport est intime, de même que chaque histoire ayant précédé (et qui engendrera) la matière est intime.

Sa démarche s’inscrit dans la dialectique du «Land Art », discours qui date de la fin des années ’60 et qui considère que l’artiste et la nature fusionnent dans un rapport intime, se réalisant au cœur même de celle-ci. Par la force des choses, leurs créations demeurent à l’extérieur et se présentent comme la négation de l’ « espace clos » tel que la Musée.

Et l’on peut, in fine, se demander après avoir vu les œuvres de Mario Molins qui « imite » qui. Est-ce la nature qui « imite » l’Art, comme le soutenait Oscar Wilde ou est-ce le contraire ?  Quoi qu’il en soit, la question est (volontairement) mal formulée car l’ « imitation » n’intervient jamais lorsqu’il s’agit de création !

La nature des œuvres de Mario Molins nous interroge sur la nature de nos origines dans toute la force et la beauté de leur volume.

 

Nous atteignons la profondeur méditative avec l’artiste corse BETTINA MASSA. L’ensemble pictural qu’elle présente à l’ESPACE ART GALLERY est principalement structuré par le rapport au temps ainsi que par le mythe, ou plus exactement, par le riche héritage mythologique méditerranéen.

En vérité, mythologie et rapport au temps sont intimement liés. L’un des plus beaux exemples du rapport au temps se trouve dans le récit homérique. L’amnésie qui frappe Ulysse, prisonnier de Circé, est tout entière basée là-dessus. Il se cherche dans une dimension qui a perdu la conscience du temps. Temps et mythe s’enchevêtrent l’un dans l’autre. Il n’y a que la force du sentiment pour en exprimer la quintessence. L’acte créateur, lui, cherche à figer le temps en une métamorphose d’instantanés exprimant la volonté d’en garder, néanmoins, la trace.

Cette trace c’est l’ « idée », plastiquement exprimée sur la toile. A titre d’exemple, les TETES  (œuvres sans titre – 0,69 x 0, 77 – réalisées entre 2010 et 2012) que Bettina Massa nous offre, existent non pas en tant que telles, comme des trophées, mais bien pour exprimer l’ « idée » du visage, contenues dans des différences de couleurs et de plans.

Ces têtes « humaines » dans l’acception la plus physique du terme, sont en réalité, des sculptures sur toiles où les chairs s’enflamment et explosent sous la tension des couleurs changeantes au gré des positions qu’elles occupent par rapport à la lumière ambiante.

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Ces visages, le pinceau de l’artiste semble les avoir taillés au burin, tellement le volume en ressort comme les plis transparaissent du marbre. L’humain montre une face labourée à chacune de ses métamorphoses. Jusqu’à ce tableau (toujours sans titre – 0,64 x 0, 74) peint en 2011, montrant un visage féminin aux yeux bandés symbolisant la vacuité de la présence. Ici, la présence se fait déjà absence par la lumière éphémère que dispense la couleur. La toile utilisée par l’artiste est en fait un papier de couleur noire provenant du Bhoutan. Il s’agit d’un papier au grain extrêmement sensible, agissant comme un buvard, lequel absorbe les pigments avec une telle rapidité que l’on ne peut plus les effacer une fois fixés sur le support.

Bettina Massa est titulaire d’une Maîtrise auprès de la Faculté des Arts Plastiques de la Sorbonne. Elle a notamment travaillé avec des restaurateurs de peintures. Mais on peut dire qu’elle a baigné dans l’Art depuis sa plus tendre enfance, son père travaillant au Musée Fesch d’Ajaccio. C’est là qu’elle est entrée en contact avec, notamment, les Primitifs italiens et les suiveurs du Caravage napolitains.

Cela se traduit par une vision personnelle et moderne qu’elle offre du MARTYR DE SAINT MATTHIEU (1, 52 x 1, 38) réalisé en 2010.

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L’œuvre est réduite à l’essentiel. La foule des personnages présents dans la composition originale du Caravage (323 x 343 cm) abritée à la Chapelle Contarelli de l’Eglise St. Louis des Français, à Rome disparaît pour faire place au nœud de la tragédie : le sicaire, sur la gauche. Le jeune homme, sur la droite et Matthieu, en bas vers la droite. La totalité de l’ensemble du Caravage est remplacé par le polyptique (quatre panneaux d’égales dimensions portant chacun la fraction - ou la subdivision - d’un moment (traduit en mouvement) sont assemblés pour ne plus former qu’une entité scénique). L’essentiel : le drame biblique ainsi que l’éclairage dont on ne perçoit jamais la source – typique du style caravagesque – est respecté.

L’artiste n’est d’ailleurs pas étrangère à la conception de l’espace « scénique » car elle eut l’opportunité d’évoluer dans le monde du théâtre en créant des scénographies destinées, notamment,  à des textes de Louis Aragon, Garcia Lorca ou Armand Gatti, sous la direction du metteur en scène Najib Ghallale, à partir du milieu des années ’80.

La peinture de Bettina Massa exposée à l’ESPACE ART GALLERY est une peinture aussi vibrante que complexe, parce que hautement cultivée, pétrie d’un Humanisme renaissant modalisé, comme le fut ce même Humanisme  devant se distancer de la pensée gréco-latine pour pouvoir exister.

Elle clôt cet itinéraire de la couleur consciente qui ne peut se réaliser qu’en exhortant la part (re)créative vivant en chacun d’entre nous.

 

François L. Speranza.

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Prière pour la Paix

( attribuée à Saint François d'Assise)

Le Cantique de Frère Soleil (Cantique des Créatures)

 

 "Très haut, tout puissant et bon Seigneur,

à toi louange, gloire, honneur,

et toute bénédiction ;

 

À toi seul ils conviennent, ô Très-Haut,

et nul homme n’est digne de te nommer.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,

spécialement messire frère Soleil,

par qui tu nous donnes le jour, la lumière :

 

Il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,

et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :

dans le ciel tu les as formées,

claires, précieuses et belles.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,

et pour l’air et pour les nuages,

pour l’azur calme et tous les temps :

grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Eau.

qui est très utile et très humble,

précieuse et chaste.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,

qui nous porte et nous nourrit,

qui produit la diversité des fruits,

avec les fleurs diaprées et les herbes.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux

qui pardonnent par amour pour toi ;

qui supportent épreuves et maladies :

 

Heureux s’ils conservent la paix

car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur,

pour notre sœur la Mort corporelle

à qui nul homme vivant ne peut échapper.

 

Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;

heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,

car la seconde mort ne pourra leur nuire.

 

Louez et bénissez mon Seigneur,

rendez-lui grâce et servez-le

en toute humilité !"

 

 II)

2 ème Version du Cantique des créatures

( écrit en 1225...la dernière strophe au début de 1226 pour accueillir sa mort ...)

 

Très Haut, Tout Puissant et Bon Seigneur

à Toi, louange, gloire, honneur

et toute bénédiction

à Toi seul ils conviennent, ôTrès-Haut

et nul homme n'est digne de Te nommer

 

Loué sois-Tu , mon Seigneur, avec toutes les créatures

spécialement messire frère Soleil

par qui Tu nous donnes le jour, la lumière

il est beau ,rayonnant d'une grande splendeur

et de Toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole

 

Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles

dans le ciel tu les as formées

claires, précieuses et belles

 

Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère Vent

et pour l'air et les nuages

pour l'azur calme et tous les temps

grâce à eux Tu maintiens en vie toutes les créatures

 

Loué-sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur Eau

qui est très utile et très humble

précieuse et chaste

 

Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère Feu

par qui tu éclaires la nuit

il est beau et joyeux

indomptable et fort

 

Loué sous-Tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre

qui nous porte et nous nourrit

qui produit la diversité des fruits

avec les fleurs diaprées et les herbes

 

Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour ceux

qui pardonnent par Amour pour Toi

qui supportent épreuves et maladies

heureux s'ils conservent la Paix

car par Toi, le Très-Haut , ils seront couronnés

 

Loué sois-Tu, mon Seigneur,

pour notre sœur la Mort corporelle

à qui nul homme vivant ne peut échapper

Malheur à ceux qui meurent en péché mortel

heureux ceux qu'elle surprendra faisant Ta Volonté

car la seconde mort ne pourra leur nuire

 

Louez et bénissez mon Seigneur

Rendez-Lui Grâce et servez-Le

en toute humilité !

 

 

III)

Autre Pièce attribuée au "Poverello" d'Assise

Prière  pour La Paix ornée d'une tige de Myosotis :

 


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Représentation de Saint Francois d'Assise

figure protectrice entre- autres de la Nature...

(vers 1181-1226, icône byzantine)





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Son meilleur outil...


Son meilleur outil


Il avait été annoncé que le diable allait se retirer des affaires et mettre en vente ses outils.

Le jour de la vente, ceux-ci étaient exposés d'une manière attrayante.

Malice, haine, envie, jalousie, luxure, fourberie... Tous les instruments du mal étaient là, soigneusement étiquetés, chacun marqué à son prix.

Parmis tous ces outils, il y en avait un en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix était supérieur à tous les autres. Quelqu'un demanda au diable ce que c'était.

"C'est le découragement", répondit-il.

"Pourquoi le vendre si cher ?"

"Parce qu'il m'est plus utile que tous les autres, expliqua le diable. Avec lui, je puis entrer dans n'importe quel homme, et une fois à l'intérieur, le manoeuvrer comme je l'entends".

"Pourquoi est-il si usé ?"

Parce que je l'emploie avec presque tout le monde mais très peu de gens savent qu'il m'appartient."

Le prix fixé pour le découragement était si élevé que l'outil n'a jamais été vendu.

Le diable en est resté propriétaire et continue de l'utiliser...


(édité sur un feuillet de la Société de Saint-Vincent de Paul, Belgique)


diable


Méphistophélique, ton bonhomme !

Diable de pacotille, ce diable va naître,

Vouloir y ressembler, c'est bien pour sa pomme,

A vouloir toujours, il va le connaître !


(haïku de Léo)


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EXPOSITION DE PEINTURES ET SCULPTURES

Mon mari, Philippe Renault, et Véronique Bordaçarreexposent leurs peintures et sculptures du 12 Mai au 04 Juin 2012 au :

MOULIN POUSSET

COËMONT

72500 VOUVRAY-SUR-LOIR

FRANCE

Vernissage le 12 Mai à 16H. Exposition ouverte les samedis, dimanches, lundis, et les autres jours sur renvdez-vous.

VOUS ETES LES BIENVENUS !!!

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Mon mari, Philippe Renault, et Véronique Bordaçarreexposent leurs peintures et sculptures du 12 Mai au 04 Juin 2012 au :

MOULIN POUSSET

COËMONT

72500 VOUVRAY-SUR-LOIR

FRANCE

Vernissage le 12 Mai à 16H. Exposition ouverte les samedis, dimanches, lundis, et les autres jours sur renvdez-vous.

VOUS ETES LES BIENVENUS !!!

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http://www.payot.ch/fr/nosLibrairies/nosEvenements?payotAction=27&showEvent=01289

L'ILE AUX ENFANTS

au Stand de la Librairie Romande Payot -

est l'espace réservé et dédié aux enfants par divers ateliers dans le Salon du livre de Genève.

Il est organisé par Francine Cellier en partenariat avec la responsable du site

de Vaud Famille, Isabelle Henzy avec laquelle je collabore depuis des années par des articles

pour son site et des animations diverses.

La signature dédicacée des livres de mon édition La Lyre d'Alizé se fera à 12h30

après mon atelier de contes prévu à 11 h.

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LE TABLEAU...

Quelques branchages et puis la mer...

Quelques rochers dans la lumière!

Depuis toujours il était là...

Même quand je fis mes premiers pas!

 

De cette beauté accoutumée

Je ne me suis jamais lassée...

Et puis un jour en héritage

Il fit partie de mon babages!

 

Si sur lui mon regard se pose

Il y a comme une sorte d'osmose...

Car dans mon passé tout est besu

Quand je regarde ce tableau!

 

Pourtant il y eu des blessures

On n'avance pas sans déchirure...

Mais cette envie si colorée

C'est sûr, c'est lui qui me l'a donnée!

J.G.

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