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L'attente,

Attente,

inexprimable orage,

se taire auprès des autres,

les pas d’une écriture fébrile,

cheminent dans l’entre-deux, glissent ;

espace ou les échos de nos cœurs,

s’attendent et se répondent,

ou nos corps,

se guettent, l’un dans l’autre se mêlent,

s’emmêlent, se perdent.

Mordre la vie ainsi,

se mettre en danger,  à nu ;

écrire, le cœur ouvert, tout de travers,

empourpré, pour vous seul !

Attente,

 inexprimable orage,

se taire auprès des autres,

l’encre respire, s’éclaircit, se fait peau ;

à son frisson donner un Monde,

puis un langage sur-mesure,

démesuré et bleu ;

comme ça vous toucher,

vous bousculer un peu,

d’amour vous faire tomber.

Enfin j’espère !

 

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Idylle

I D Y L L E

Idylle adorable
Adorable idylle
Règne paisible
Sur mes îles
Sur mes rêves
Bâtis sans trêves
Tes joies sensibles
Sur mon âme affable
Grandiose charme
Ne cesse d'éblouir
Mon cœur blême
Si je puis m'abstenir
Je dirai certes
O ma forte raison
Que chantent les saisons
Tu seras ma fête.

Si tu savais colombe
Que ton mystère luit
Dans mes tristes nuits
Depuis mille aubes
Raison d'être
Tu es et je suis
Tu t'en vas maître
Et je m'ennuie
Rien ne m'embrase
Qu'un lointain regard
Puisé et hagard
Et je trépasse.

Dis-moi joli sort
Qui sert l'autre
Si j'ai raison ou tort
Que mon destin est autre
Le sable est témoin
De mes remords
Le soleil ne se lève point
Sur mes aurores
Rappelle-toi
Que la vie est courte
Et que sans toi
Je mourrai sans doute

                              aziz

 

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12272799469?profile=original"Les armes miraculeuses" est un recueil poétique d'Aimé Césaire (né en 1913), publié à Paris chez Gallimard en 1946.

 

Bon nombre de poèmes des Armes miraculeuses, pour la plupart écrits en vers libres, avec quelques poèmes en prose ("Phrase", "le Cristal automatique", "la Forêt vierge") et un poème mixte ("les Armes miraculeuses"), avaient été publiés à Fort-de-France dans la revue Tropiques, fondée par Aimé Césaire, René Ménil et Aristide Maugée, entre 1941 et 1945: "Avis de tir" (n°8/9, octobre 1943), "les Pur-sang" (n°1, avril 1941), "N'ayez point pitié" (n°3, octobre 1941), "Poème pour l'aube" (n°4, janvier 1942), "Au-delà" (n°3, octobre 1941), "Tam-tam de nuit" (n°6/7, février 1943), "le Grand Midi" (n°2, juillet 1941). Dans l'ensemble, les textes ne varient guère, Césaire se contentant de revoir la disposition typographique, la ponctuation et, parfois, de supprimer quelques passages. On sait que Breton rencontra Césaire après avoir découvert, fortuitement, un numéro de Tropiques qui l'avait enthousiasmé. Bien que la revue, après la visite de Breton à la Martinique en 1941, se réfère au surréalisme, il serait abusif de considérer les Armes miraculeuses comme un recueil proprement surréaliste _ même si Césaire avoue son admiration pour Breton: pour l'essentiel, comme l'atteste le Cahier d'un retour au pays natal, la poétique de Césaire était déjà formée lorsque celui-ci rencontra Breton. Les Armes témoignent d'une convergence saisissante entre les deux poètes, plutôt que d'une quelconque influence. Ainsi que l'explique Césaire, l'affinité tient aux «ancêtres» communs: Mallarmé, Rimbaud et, surtout, Lautréamont.

 

La fascination exercée par Mallarmé, dont l'hégélianisme influence profondément le philosophe René Ménil, davantage encore que Césaire, se traduit par le goût pour le mot «rare», précieux, qui vaut à Césaire l'accusation d'hermétisme. Le mot savant pour le lecteur métropolitain renvoie en fait à la réalité antillaise ou africaine, à sa botanique, sa zoologie, sa géologie; il est parfois emprunté au créole (mais rarement puisque Césaire remet en question la légitimité du créole comme langue d'écriture), comme dans la poésie de cet autre Antillais _ «béké» quant à lui _, Saint-John Perse. Aucun effet d'exotisme, pourtant: la poésie, de même que les articles d'histoire naturelle, de géographie, d'histoire publiés dans Tropiques, vise à une connaissance de la réalité antillaise censurée par la colonisation. Depuis 1850, selon Césaire, la poésie n'est plus «divertissement», mais «connaissance».

 

Mais l'ascendant exercé par Rimbaud et Lautréamont est encore plus patent; les Armes miraculeuses sont en effet hantées par une violence irrépressible. Dans l'hommage rendu à Lautréamont dans le n°6/7 de Tropiques, en février 1943, Césaire célèbre le «prince fulgurant des césariennes». Le recueil, «surréaliste» certes en cela qu'il joue essentiellement sur l'image «convulsive», inconsciente, est sous-tendu par une violence primordiale qui, comme chez Lautréamont, disloque les corps:

 

 

 

chair riche aux dents copeaux de chair sûre

volez en éclats de jour en éclats de nuit en baisers de vent

en étraves de lumières en poupes de silence

 

("la Femme et le Couteau")

 

 

et fait couler le sang à flots. Le poème d'ouverture porte le titre emblématique "Avis de tir" («la ballerine invisible exécutera des tirs au coeur/à boulets rouges d'enfer...») et le recueil tout entier est traversé par des fantasmes d'agression, de viol et de meurtre, comme dans le poème éponyme "les Armes miraculeuses":

 

 

Le grand coup de machette du plaisir rouge en plein front il y avait du sang et cet arbre qui s'appelle flamboyant et qui ne mérite jamais mieux ce nom-là que les veilles de cyclone et de villes mises à sac [...]

 

 

Cette violence qui fait naître, assurément, un vif plaisir comme chez Lautréamont, n'est pourtant pas gratuite, liée qu'elle est à l'«espoir» («là où l'arc-en-ciel est chargé d'unir demain à l'espoir...»), à la «fraternité» et à la «liberté», dont le nom est prononcé à plusieurs reprises. «Ici poésie égale insurrection», ainsi que l'observe Césaire à propos de la poésie moderne _ de Rimbaud en particulier. Par cette révolte contre l'«acquiescement», les Armes prolongent le Cahier, qui appelait déjà à vaincre la léthargie, la «torpeur». De là, le désir de balayer le confort des sensations tièdes et douces _ de la poésie symboliste, peut-être _ pour se laisser envahir par la «barbarie» rimbaldienne, signifiée précisément par la violence primitive de la «forêt vierge».

 

Les Armes renouent ainsi avec le «sacré/tourbillonnant ruissellement primordial/au recommencement de tout» d'une relation au monde immédiate et instinctive. Nul doute que Césaire, qui a lu passionnément la Naissance de la tragédie, assigne à la violence poétique le caractère sacré du «fonds» dionysiaque. Un des plus beaux poèmes de recueil s'intitule "le Grand Midi", comme le célèbre chant du Zarathoustra, dont il retrouve souvent la portée de «prophétie», selon le titre d'un autre poème. L'emploi fréquent du futur («nous frapperons l'air neuf de nos têtes cuirassées/nous frapperons le soleil de nos paumes grandes ouvertes/nous frapperons le sol du pied nu de nos voix») et, comme dans le Cahier, les répétitions qui scandent vers et prose recréent l'espace du sacré. Dans la conférence sur «Poésie et Connaissance» parue dans Tropiques en janvier 1945, Césaire proclame la «revanche de Dionysos sur Apollon». Certes, les Armes multiplient les images solaires («les cent pur-sang hennissant du soleil»), mais loin d'être apolliniennes, celles-ci, comme chez Nietzsche, semblent alliées aux forces chthoniennes représentées par le serpent: «Soleil serpent oeil fascinant mon oeil.» La violence, par conséquent, prend la valeur d'un rite de sacrifice lustral, comme l'attestent l'obsession de la pureté originelle «d'avant Adam» et le rêve de l'enfance perdue. Pour échapper à la culpabilité, la poésie se ressource dans les forces «primitives» des «tam-tam de la nuit». L'Afrique, telle qu'elle est rêvée, est synonyme du sacré oublié.

 

La violence rituelle est donc destinée à retrouver une harmonie perdue avec le «cosmos» par-delà le «principe d'individuation». Les Armes expriment ainsi la nostalgie fusionnelle d'une dissolution du moi dans les éléments:

 

 

A mesure que se mourait toute chose,

Je me suis, je me suis élargi _ comme le monde _

et ma conscience plus large que la mer!

Dernier soleil.

J'éclate. Je suis le feu, je suis la mer.

Le monde se défait. Mais je suis le monde.

 

 

Dans «Poésie et Connaissance», Césaire demande l'«épanouissement de l'homme à la mesure du monde _ dilatation vertigineuse» par laquelle la poésie devient «véritablement cosmique», résolvant l'«antinomie du moi et du monde». Les nombreuses images érotiques chantent leur union retrouvée dans la plus pure tradition du romantisme allemand _ à laquelle la Naissance de la tragédie appartient encore _ de Novalis, sous le signe de qui René Ménil place sa réflexion. L'amour et la mort se confondent alors, selon un topos ici ravivé:

 

 

 

Nous mourons

avec des regards croissant en amours extatiques

dans des salles vermoulues.

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12272799267?profile=original" La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France" est un poème en prose de Blaise Cendrars, pseudonyme de Frédéric Louis Sauser (Suisse, 1887-1961), publié à Paris aux Éditions des Hommes nouveaux en 1913, avec des illustrations de Sonia Delaunay. Les trois premiers grands poèmes de Cendrars (Prose, les Pâques à New York, 1912, et le Panamá ou les Aventures de mes sept oncles, 1918), seront regroupés sous le titre Du monde entier chez Gallimard dès 1919.

 

A peine âgé de seize ans, le poète est à Moscou. Son adolescence est «si ardente et si folle que [son] coeur, tour à tour, brûlait comme le temple d'Éphèse ou comme la place Rouge de Moscou». «En Sibérie tonnait le canon, c'était la guerre.» Un vendredi matin, il part avec un représentant en bijouterie qui se rend à Kharbine. Il est accompagné par sa maîtresse, la petite Jehanne de France, «une enfant, blonde, rieuse et triste», trouvée dans un bordel et qui demande sans cesse: «Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre?» Le train avance et le poète perçoit «dans le grincement perpétuel des roues / Les accents fous et les sanglots / D'une éternelle liturgie». La guerre et ses visions d'horreur accompagnent le voyageur. Il débarque à Kharbine alors qu'«on venait de mettre le feu aux bureaux de la Croix-Rouge», et se promet d'aller «au Lapin Agile [se] ressouvenir de [sa] jeunesse perdue / Et boire des petits verres» dans ce Paris «ville de la Tour unique du grand Gibet et de la Roue».

 

 

La Prose du Transsibérien fut annoncée bien avant sa réalisation par un bulletin de souscription des Éditions des Hommes nouveaux. C'est grâce à la découverte, due aux Delaunay, des «contrastes simultanés» que Cendrars entrevit très tôt les moyens techniques de donner forme à son lyrisme cosmique. L'ouvrage visait en effet délibérément à un complet renouvellement de matière et d'inspiration, loin de «l'ancien jeu des vers». La course du Transsibérien lancé à travers les steppes de Russie et entraînant le rêve du voyageur offrait un thème idéal à Cendrars pour définir et proclamer son nouvel art poétique, associé à une véritable révolution typographique: car la première édition de l'ouvrage fut composée sur un dépliant de deux mètres de long, mêlant divers corps et caractères, et permettant une parfaite interpénétration du texte et de l'illustration.

 

Les lettres et les fragments d'agenda de Cendrars, divulgués depuis sa mort, établissent indiscutablement qu'au cours des deux séjours qu'il effectua en Russie (le premier de l'automne 1904 au printemps 1907 et le second entre avril et novembre 1911), il n'accomplit jamais le voyage dont il est question dans ce poème. C'est pourtant la mémoire, le lointain souvenir de son arrivée là-bas, au temps de la guerre russo-japonaise (1904-1905), qui donne le départ de la Prose. Écrit à la première personne, le poème a le «je» comme unité, la subjectivité comme principe de cohérence et le «broun-roun-roun des roues» pour tempo.

 

Le rythme frénétique de la course du Transsibérien va s'accélérant au fur et à mesure, amplifié par la répétition d'images évoquant des tournoiements, des tourbillons, une violence vertigineuse. Dès les premiers vers, le rouge du feu et du sang donne la couleur du poème: celle d'une course infernale dans laquelle «tous les démons sont déchaînés» et «tous les trains sont les bilboquets du diable», qui prend l'allure d'une plongée dans l'abîme à mesure que l'on approche de la fin: «La mort en Mandchourie / Est notre débarcadère et notre dernier repaire.» Le train a pour escorte les maladies, les famines («La faim, la putain, se cramponne aux nuages en débandade»), la guerre, les souffrances («J'ai vu [...] des plaies béantes des blessures qui saignaient à plein orgue») et le voyage, expérience de désillusion, laisse le poète en proie à la nostalgie de sa «jeunesse perdue» et au regret: «Je voudrais n'avoir jamais fait mes voyages.»

 

«Dédiée aux musiciens», la Prose du Transsibérien est composée comme un poème symphonique; les visions y défilent en gammes qui montent du présent vers l'avenir et les leitmotive s'y succèdent, dont le fameux refrain «Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre?» de Jehanne, la «fleur du poète», son inspiratrice, qui reste pourtant comme en marge du voyage vers l'Orient: «De toutes les heures du monde elle n'en a pas gobé une seule». C'est à Jehanne, en revanche, que revient la scansion d'un second voyage qui, à l'intérieur du trajet Moscou-Kharbine, fait défiler les images d'un paradis perdu et de plus en plus lointain: le «gros bourdon de Notre-Dame», le cabaret du Lapin Agile, Montmartre, la Butte qui a «nourri» la jeune fille.

 

Conjuguant les registres les plus variés _ de l'envolée lyrique la plus parfaite au «Mimi mamour ma poupoule mon Pérou» ou au réalisme le plus cru _, la Prose du Transsibérien est un voyage halluciné de froid, de dépaysement, d'insomnie, de violence; le récit d'un globe-trotter sans attaches, d'un nomade savant qui, les sens en éveil («Je reconnais tous les pays les yeux fermés à leur odeur»), a su, vitesse et tragédie mêlées, élaborer ici un des grands mythes de la modernité poétique.

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Une voiture, c’est cher, ça pue et ça tue les fleurs… Parfois aussi les enfants. Mais c’est utile… On s’en aperçoit surtout quand on n’en a plus.

Si je n’en n’avais jamais eue, elle ne m’aurait pas manqué… J’aurais pris d’autres habitudes et j’aurais continué ainsi. Ce n’est pas le cas : pendant plus de trente ans, je me suis fait balader… Madame et son chauffeur… Et puis, la cata : un permis en poche mais trop de stress et pas assez de moyens.

En matière de moyens, ceux de locomotion, ne sont pas tristes… tellement de critères entrent en ligne de compte : il faut que ce soit en journée (le soir, je me sens en insécurité sur les quais, en bord de route, etc.)…  que je me sente assez bien (les escaliers, la hauteur des quais, les hautes marches des trains me brisent les jambes et le dos)… que ce soit le bon horaire… voire le bon jour (en week-end, pas ou peu de transports en commun chez moi)… la bonne destination (sans trop de correspondances, sinon, ça galère).

Il se trouve toujours quelqu’un pour dire : « Si tu as besoin, n’hésite pas… ». Et effectivement, j’ai beaucoup de chance. J’essaie toutefois de ne pas en abuser, de me débrouiller seule. Après tout, je n’avais qu’à pas la vendre cette foutue voiture… Les autres ont leurs propres soucis, leur vie et le carburant n’est pas gratos…

A ce sujet, lorsque quelqu’un me fait le plaisir de me prendre en charge, j’estime qu’il est normal qu’il en soit dédommagé… Mais comment présenter cela à un ami qui le fera volontiers et tout naturellement sans rien attendre en échange et sera, au contraire choqué, que vous ayez l’ombre d’un instant pensé qu’il puisse en être autrement. Et vous, vous serez gênée d’avoir, par votre faute, encore un peu plus grevé son budget, pris de son temps ou empêché de faire quelque chose qui lui tenait à cœur… Et vous essayerez d’encore moins faire appel à lui… Ce qui le fâcherait ou l’attristerait s’il savait… Quitte à vous priver d’un bien-être ou à remettre ou annuler un rendez-vous, une sortie ou une course.

Je me suis donc organisée pour dépendre le moins possible de mon entourage : ma commune met à la disposition d’allocataires sociaux ou de personnes ne possédant pas de véhicule, un transport social disponible en semaine aux heures de pointe, dans un rayon d’action assez large pour vous rendre à l’hôpital de votre choix, faire les courses ou vous déposer chez le coiffeur ou vos amis… Ce n’est déjà pas si mal.

Tout d’abord, mon fils m’a conduite au cours du soir de sophrologie… C’était trop beau pour durer. Ensuite, un de mes condisciples habitant près de chez moi a pris la relève… Mais il a abandonné le cours. Il a donc fallu trouver une autre solution… Faut-il que la sophrologie me tienne à cœur… J’ai fait appel à un bénévole qu’une amie d’une amie connaissait assez bien… Au téléphone, il m’a paru sympa… Je n’ai pas osé lui demander son tarif… Je stresse à l’idée de me faire véhiculer par quelqu’un d’inconnu… Mais les tarifs des taxis sont un peu exorbitants. Alors, j’essaie de gérer au mieux… je fais quelques respirations supplémentaires et fais appel au « petit bonhomme chinois ». Le paradoxe : faire des exercices de sophrologie pour pouvoir étudier la sophrologie…

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Transfuge, étranger, stranger, outsider... 

Ecrit par Richard Wright au début des années cinquante, le Transfuge (The Outsider) est construit autour de Cross Damon : un personnage d'une grande complexité, très dostoïevskien.

 Cross Damon est le cousin américain et noir du Meursault de Camus. A première vue, il n'y a pas de points communs et fort peu de ressemblances entre les deux personnages et les deux romans.

J'avoue que L'étranger m'a rebuté pendant longtemps : la première fois que je l'ai lu - par obligation scolaire, c'était je crois en classe de cinquième ou de quatrième, en tout cas bien avant la terminale - je n'y ai pas trouvé le moindre intérêt.

Quant à la première lecture du Transfuge, en 1979, elle m'a laissé l'impression d'un texte exagérément long (c'est en effet un vrai paveton de plus de 600 pages, environ quatre fois plus volumineux que L'étranger), verbeux et affligé d'une quantité de défauts narratifs.

Pourtant depuis plus de trente ans je suis indéfectiblement attaché à ces deux romans. Ils se répondent et se complètent. Le Français continue à me fasciner par sa perfection formelle et sa précision glacée. L'Américain continue à me toucher par son amour désespéré du réel et sa maladresse typiquement anglo-saxonne.

Je n'ai pas voulu faire ici un compte-rendu de lecture : l'Etranger est trop connu, et le Transfuge pas assez.

Je voulais juste témoigner de leur fidèle présence à mes côtés.

Je reviens toujours à eux dès que je me sens un peu trop envahi par ma radicale étrangeté au monde.

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Une bouteille à la mer

Prenez une bouteille,

glissez-y l’air de Madagascar,

que vous respirez,

loin de moi,

pour le partage ;

puis un peu de cet orage,

qui dans vos yeux sombres éclate,

écarlate ;

faites-y couler un bout de lagon bleu,

qui vous enveloppe,

loin de moi,

pour le partage ;

puis ce paysage,

qui devant vos yeux éblouis, s’étire à l’infini,

arborescent, unique.

Puis-je recevoir l’air maritime et chaud

 que vous respirez ?

Mouiller mes lèvres glacées,

d’un Océan torride,

bleu-indien ?

Ainsi vous faire don d'un baiser,

à distance vous toucher.

Oh, je vous le demande,

envoyez-moi en express cette bouteille ;

nuit et jour,

 sur les berges de la Seine,

je l’attendrais.

Nous resterons ensemble.

    

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voeux pascales

a TOUS MES AMIS ET ARTISTES D'ARTS ET LETTRES

Merci pour vos voeux Pascales

Soyez sans crainte.....je n'ai point "cassés" les oeufs pour

faire l'omelette

mais "le silence" n'est-il point d'Or pur, pour recevoir la Grâce

et de nourrir de son extace ?

Que les "cloches de Notre Dame retentissent chantent à la Vie

un chant nouveau....Que ma paix soit avec vous"

Amitiés

Humblement vôtre

Mamyblue

 

 

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Prose philosophique nous incitant à la Tolérance  entre "Frères humains"

 "Hommes de bonne volonté"  luttant contre le jugement des leurs…


ou Sagesse afin d'apaiser le feu des échanges passionnés, 

source de discorde destructrice  et pour ne jamais oublier

combien notre existence est éphémère :


"Nous nous faisons beaucoup de tort les uns les autres

et puis un jour nous mourons."

Christian Bobin

 


Clés de l’Amour Inconditionnel des Indiens Hopi


 

"Ainsi qu'une flamme entoure une flamme,

Met de l'idéal sur mon idéal."

Paul Verlaine[1]

 


Tu es unique, différent de tous les autres.
Sans réserve ni hésitation, je te permets d’être dans ce monde comme tu es, sans une pensée ou une parole de jugement… Je ne vois aucune erreur dans les choses que tu dis ou fais, sens et crois, car je comprends que tu t’honores toi-même en étant et en faisant ce que tu crois être bon pour toi.

Je ne peux pas traverser la vie avec tes yeux ni la voir à travers ton cœur. Je n’ai pas été là où tu as été ni expérimenté ce que tu as expérimenté, voyant la vie de ton point de vue unique.


Je t’apprécie tel que tu es, étant ta propre et unique étincelle de la Conscience Infinie, cherchant à trouver ta propre façon individuelle à créer une relation avec le monde.

Sans aucune réserve ou aucun doute, je te laisse faire chaque choix afin que tu puisses apprendre de la façon qui te paraît appropriée. Il est vital que tu sois unique, tel que tu es, et non pas la personne que je pense ou que d’autres pensent que tu « devrais » être.

Dans la mesure de mes capacités, sans me dénigrer ou créer un engagement, je te soutiendrai en cela.


Je ne peux pas savoir ce qui est mieux pour toi, ce qui est vrai ou ce dont tu as besoin, car je ne sais pas ce que tu as choisi d’apprendre, comment tu as choisi de l’apprendre, avec qui ou en quelle période de temps. Seul tu peux sentir ton excitation interne et écouter ta voix intérieure - je n’ai que ma propre voix.

Je reconnais que, bien que différents les uns des autres, toutes les manières de percevoir et de vivre les différentes facettes de notre monde… sont toutes valables.

Sans réserve ni hésitation j’admets les choix que tu fais à chaque instant. Je n’émets aucun jugement à ce sujet car il est essentiel d’honorer ton droit à ton évolution individuelle, ceci donne le pouvoir à ce droit, pour moi-même et pour tous les autres.

À ceux qui voudraient choisir un chemin sur lequel je ne peux pas marcher… et même si je choisissais de ne pas dépenser ma puissance et mon énergie sur leur chemin, jamais je ne te refuserais le don d’Amour que Dieu m’a donné pour toute la Création.

Comme je t’aime, ainsi je serai aimé. Comme je sème, je récolterai.

Sans réserve ni hésitation, je te laisse le droit universel de libre arbitre pour marcher sur ton propre chemin, en créant des étapes, ou bien, en te tenant tranquille quand tu sens que cela est approprié pour toi.

Je ne peux pas toujours voir l’image élargie de l’Ordre Divin, il ne sera donc pas question de juger si tes pas sont grands ou petits, légers ou lourds, ou s’ils conduisent vers le haut ou vers le bas, parce que cela ne serait que mon point de vue.

Même si je te vois ne rien faire et je juge que cela est indigne, je reconnais que tu pourrais être le seul à porter une grande guérison en restant calme, béni par la Lumière de Dieu.

Parce que c’est le droit inaliénable de toute vie, de choisir sa propre évolution, et sans réserve ou doute, je reconnais ton droit à déterminer ton propre avenir.

Avec humilité, je m’incline devant le constat que le chemin que je pense être le meilleur pour moi, n’est pas forcément le meilleur pour toi. Ce que je pense n’est pas nécessairement vrai pour toi.

Je sais que tu es guidé comme je le suis, suivant ton enthousiasme interne afin de connaître ton propre chemin.

Je sais que les diverses races, les religions, les coutumes, les nationalités et croyances dans notre monde nous apportent une grande richesse et nous procurent les avantages et les enseignements d’une telle diversité.

Je sais que chacun de nous apprend à sa façon unique afin de retourner cet amour et sagesse au TOUT. Je comprends que sil n’y avait qu’une seule façon de faire quelque chose, on n’aurait qu’une seule personne.

J’apprécierai ta lumière intérieure unique, que tu te comportes ou non de la façon que je crois que tu devrais, même si tu crois en des choses auxquelles je ne crois pas.

Je comprends que tu es vraiment mon frère et ma sœur, même si tu es né dans un lieu différent ou si tu as des idéaux différents.

L’amour que je ressens est absolument pour tout ce qui EST. Je sais que toute chose vivante fait partie d’une conscience et je ressens un amour profond pour le Tout… et pour chaque personne, animal, arbre, pierre et fleur, chaque oiseau, rivière et océan, et pour tout ce qui est dans le monde.

Je vis ma vie au service de l’Amour, en étant le meilleur que possible pour moi, me rendant plus sage dans la perfection de la Vérité Divine, me rendant plus heureux, plus sain, et de plus en plus abondant et joyeux.

Bien qu’au long du chemin tu puisses me plaire, tu pourrais m’être indifférent, ou me contrarier mais je ne cesserai pas de t’aimer, d’honorer ta singularité et de te permettre d’être TOI.

Ceci est la clé de la paix et l’harmonie dans nos vies et sur notre Terre parce qu’elle est la pierre centrale de l’Amour Inconditionnel.

À Hopi Man - 1904 - Les indiens Hopi.

 

Source : http://www.urantia-gaia.info, Publié le 8 mars 2012 par Le Passeur



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Bouddha dans sa jeunesse d'Odilon Redon

[1]  : En référence à la grande œuvre de Jules Romains

[2]  : Vers issus du poème de Paul Verlaine "L'hiver a cessé : la lumière est tiède", recueil "La Bonne Chanson"

 

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Soir de pluie.

 

Il pleut sur les marquises,

les toitures ardoisées,

les pierres meulières et brunes,

d’une banlieue toute grise,

sous un ciel, qui dans la nuit s’annule.

pourtant,

sur une chaise blanche,

pensante,  s’enchante Lise,

en écoutant conquise,

une étrange musique ;

l’alphabet d’une fleur,

élancée et toute seule.

Du lys gracile et pâle,

seraient-ce les vocalises

blanches et bleues qui bruissent ?

Où la « Lettre à Élise » qui s’infuse ça et là ?

Ce soleil musical ;

C’est vous tout entier.

 

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Le printemps,

Un arbre de neige,

papillon rose tout autour volète,

l’Isabelle ;

Cerises à naître,

ou pommes peut-être ?

Les lilas blancs sont là,

danse des fleurs,

mélodie dans les branches.

Vacances d’enfance,

du chocolat sur le visage,

turbulence, insouciance ;

saison chaude et douce.

Du bruit plein les yeux,

extatiques nous sommes,

au cœur d’un jardin bleu.

Un arbre de neige,

les cloches d’argent et d’or,

tout autour carillonnent,

annonciatrices de l’éveil printanier.

Vacances d’enfance,

du lait chaud plein le ventre,

les mères enfuies,

saison sucrée et douce.

Du bruit plein les yeux,

nous dévalons légers,

 la pente lisse du ciel,

lorsque la terre se fait bleue.

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La Métamorphose Des Plantes Et Autres Écrits


iplume-1.jpeggoethe.gif"La parenté secrète des différentes parties externes de la plante, à savoir des feuilles, du calice, de la corolle, des étamines, qui se forment successivement et comme naissant les unes des autres, a été reconnue depuis longtemps par les savants. On a nommé métamorphose des plantes l'action par laquelle un seul et même organe se montre à nous diversement transformé."
GOETHE Johann-Wolfgang (1790)
Echo à Goethe
«A quoi bon les loupes et les microscopes? Les véritables verres grossissants, ce sont les fleurs elles-mêmes. Il nous faut les contempler jusqu'au moment où elles deviennent transparentes, comme des lentilles, et nous verrons alors, derrière elles, au foyer de la gerbe des rayons, une lumière: la splendeur de la semence spirituelle, qui n'a aucune étendue. Telle est la véritable plante originaire. Quand le monde nous semble vaciller sur ses bases, un regard jeté sur une fleur peut rétablir l'ordre».
ERNST JÜNGER

 

Des avalanches d'or du vieil azur, au jour 
Premier et de la neige éternelle des astres 
Jadis tu détachas les grand calices pour 
La terre jeune encore et vierge de désastres, 
Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin, 
Et ce divin laurier des âmes exilées 
Vermeil comme le pur orteil du séraphin 
Que rougit la pudeur des aurores foulées,
L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair 
Et, pareille à la chair de la femme, la rose 
Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,
Celle qu'un sang farouche et radieux arrose!
Et tu fis la blancheur sanglotante des lys
Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure 
À travers l'encens bleu des horizons pâlis 
Monte rêveusement vers la lune qui pleure!
Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs,
Notre Dame, hosannah du jardin de nos limbes!
Et finisse l'écho par les célestes soirs, 
Extase des regards, scintillements des nimbes! 
Ô Mère qui créas en ton sein juste et fort, 
Calice balançant la future fiole,
De grandes fleurs avec la balsamique Mort 
Pour le poète las que la vie étiole.
Mallarmé

Je vous recommande le livre de GOETHE
"la métamorphose des plantes"


http://insaeculacatherine.blogspot.com133926312170424215-382308441579683167?l=insaeculacatherine.blogspot.com

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Documentaires approfondis lors de diverses émissions de TV -

Découvrez ces vidéos !

http://leweb2zero.tv/video/domdomfridom_62459f6d1417a03

http://www.wat.tv/video/moteur-pentone-eau-nrnx_2gfy5_.html

Le moteur à eau Pentone nous vient d'un inventeur américain depuis les années 1 998.

Depuis les années 2 002 nous en entendons parler dans le milieu écologique et associatif.

Ce qu'il faut savoir c'est qu'il est un peu partout mis en fonction, dans le milieu autant rural

que privé, que des cours sont donnés pour en construire et qu'il marche bien,

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http://www.musee-unterlinden.com/assets/files/ServiceEduc/ServiceEducatif/FichesPedagogiques/FichesOeuvresMoyen_Age/Retable_Issenheim/Concert_Anges.pdf

Cher amis,

Outre que je garde toujours le Christ en gloire du Rétable à ma vision dans ma chambre,

je suis passionnée par l'ensemble des représentations du Rétable et ne manquais pas de le visiter une fois par an, lorsque j'allais voir les amis de Colmar et la Foire Eco-bio.

Cette fiche en lien est la plus intéressante que j'ai pu trouver pour poser des questions approfondies et s'approcher de ces mystères, à un détail près d'importance que :

 - l'appellation donnée à l'ange sombre et plumé avec la crête ne devrait pas être : Lucifer, le porteur de Lumière déchu,

mais Satan le ténébreux. Dense et tout bagué dans son pouvoir qui regarde avec recul.

Cependant, c'est une confusion habituelle et il n'est pas courant de voir différencier ces  deux faces contrastées du Mal qui apparaissent :

Dure, sombre et froide et rétractée d'une part    et    Brulante, voyante, dilatée, gonflée d'orgueil et d'illusion de l'autre.

- Lucifer pourrait être vu tout devant  - comme bien décrit - rose et visage boursoufflé de l'intérieur mais dans une extase un peu molle.

Mais un doute intervient : ne serait il pas plutôt représenté comme celui qui est re couronné, retrouvant sa couronne perdu dans sa chute ?

Tel que le veut la légende pour son à-venir, lorsqu'il s'inclinera devant la naissance du Messie ?

et ne serait il pas représenté à nouveau sous cette figure couronnée toute auréolée de Lumière étrange ?
C'est une question ?

Cette figure couronnées est troublante et l'on voit bien que le critique a de la peine à l'appeler Marie ... quelque chose d'exagérée le gêne, une extase amplifiée ... Marie étant déjà représentée avec l'enfant au centre. Et ce côté gauche étant réservé au concert des "Anges" et autres...

Et pourtant cette figure ressemble peut être à un double exagéré de Marie, un double de la Marie-Sophia de la gnose liée à la sphère du Saint Esprit ?

Et l'on peut se rappeler pour Lucifer son état de sagesse cosmique suprême perdu ...  qu'il est censé reconquérir dans la légende s'il s'amende en servant le Christ Messie. Et ce faisant, alors, il  deviendrait à même de remettre sa couronne lumineuse tombée et perdue dans sa révolte  ? 

Bien des questions et suppositions.

Il y a encore dans le ciel tous les petits êtres qui viennent s'incarner dans leurs bulles.

Tout le Rétable est rempli de lectures hermétiques et recèle bien d'autres mystères   ....

dont entre autres, les êtres hideux provenant d'un plan inférieur et rendu ici visibles,  attaquant  furieusement Saint Antoine - des scènes qui n'ont rien à envier aux visions de Jérome Bosh ... et font illusion aux tentations ou luttes intérieures que traverse l'âme humaine dans ses internes tentations ou tiraillements, face aux aspects sombres de son propre être.

Si je me souviens bien, les scènes très fortes du Rétable avaient pour but aussi de guérir les malades de la maladie de l'Ergot de Seigle très douloureuse que l'on appelle le Feu de Saint Jean ou Zona. Et les malades étaient placés devant, ces tableaux, comme c'était aussi le cas à Chartres et autres lieux  pour d'autres cas de guérisons.

Le but et la pensée était que s'ils ne guérissaient pas ... de leurs vivants   ... au moins devant ces tableaux leurs âmes seraient purifiées et donc guéries pour passer le seuil !

Je vous invite à aller regarder ces magnifiques tableaux, même si la scène de crucifixion est rendue très difficile à supporter à dessein par le peintre qui en a exagéré pour son propos les détails et proportions afin de rendre compte de toute la portée immense de la tragédie :  le point de vue choisi étant psychique et tout intérieur et non pas réaliste. La Sainte allemande, Catherine Emmerick dépeint aussi la Passion d'une façon difficile à supporter qui porte à hurler de douleur. Elle la voyait ainsi : insupportable.

Cette oeuvre est exceptionnelle et comme concernant beaucoup de sujets alchimiques des Cathédrales, son livre ouvert reste pourtant hermétique et comporte encore  bien des mystères à élucider, comme  enclos là par un peintre initié ! Et on peut réaliser que bien des peintres et artistes anciens suggéraient de la sorte des mystères auxquels ils semblaient eux avoir accès.

Rébecca

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12272800276?profile=original"Bourlinguer " est un roman de Blaise Cendrars, pseudonyme de Frédéric Louis Sauser (Suisse, 1887-1961), publié à Paris chez Denoël en 1948. Initialement sollicité pour rédiger de courtes légendes qui devaient accompagner une série d'eaux-fortes sur les ports, Blaise Cendrars a poursuivi la rédaction des onze textes regroupés ensuite dans Bourlinguer.

 

Bourlinguer s'inscrit dans la série des quatre récits souvenirs publiés coup sur coup de 1945 à 1949 (l'Homme foudroyé, 1945; la Main coupée, 1946; Bourlinguer, 1948; le Lotissement du ciel, 1949) qui se tiennent étroitement et dont le Lotissement du ciel constitue le sommet mystique. Vaste fresque de chroniques d'une vie reconstruite à travers le filtre d'un imaginaire, cette saga autobiographique mythique doit tout à la fantaisie.

 

 «Venise». De la bibliothèque Saint-Marc, le narrateur se projette en 1653: une tartane appareille pour Smyrne; à bord, un gamin de quatorze ans s'est faufilé: il veut partir faire le tour du monde. Le narrateur rend hommage à ce Vénitien devenu plus tard l'auteur de la Storia do Mogor, Nicolao Manucci qui s'est vu spolier de son texte par le jésuite Catrou avant que l'édition originale ne soit partiellement restituée deux siècles plus tard par un éditeur anglais (chap. 1). «Naples». Le narrateur renoue avec la ville où il a passé son enfance. A bord de l'Italia, il avait conclu un marché avec le matelot Domenico, auquel son père l'avait confié pendant la traversée Alexandrie-Naples: caché, il ne descendrait pas à Naples et continuerait vers New York. Mais Domenico révéla finalement la cachette de l'enfant (2). «La Corogne». Lors d'une escale dans ce port, il évoque Picasso, ce «Philippe II de la peinture» (3) [...]. «Gênes». A vingt ans, en 1906, il était parti se réfugier à Naples dans l'ancien lotissement de son père, le Vomero, poursuivi par son patron, Rogovine le joaillier. C'est là qu'enfant il jouait avec Elena. «Rien n'est changé dans l'enclos» qui abrite le tombeau de Virgile et où il s'installe en pensant à la petite fille qui fut tuée d'un coup de feu au pied d'un arbre de l'enclos. Ricordi, le père d'Elena, était photographe à la cour et les avait emmenés voir le berceau de l'héritier du trône. Avec Elena, il découvrit la «différenciation des sexes» et entreprit un dressage d'escargots. Après la mort de la fillette, l'enclos est devenu lieu maudit. «Est-ce cela la Roue des Choses à laquelle les Hommes sont liés?» Après quelques jours au Vomero, il embarque sur un bateau de contrebande de vin de Samos... «Aujourd'hui j'ai soixante ans», dit-il, assis devant sa machine à écrire, et «j'écris ma vie», évoquant une soûlographie avec Modigliani, l'histoire de la Goulue ou la tour Eiffel. «La vie m'emporte et mon écriture me presse» (8).

 

Par son titre, ce roman est une synthèse de la vie de Cendrars. Il est porteur de cette fuite en avant dans le voyage et l'action qui caractérise «l'Homère du Transsibérien» comme l'a appelé Dos Passos, mais il ne faut pas s'en tenir à cette première interprétation. A travers les ports de l'Europe qui constituent les sous-titres de Bourlinguer, Cendrars nous entraîne en réalité dans une longue méditation sur la lecture et l'écriture.

Dans le chapitre 8 («Gênes») qui constitue le noyau de Bourlinguer, Cendrars retourne au paradis perdu des amours enfantines pour y découvrir les clés de ce moi examiné d'un bout à l'autre du texte ainsi que l'indique l'exergue emprunté à Montaigne: «Je me suis présenté moy-mesme à moy pour argument et pour subject.» Il avance comme dans un miroir et se heurte au reflet de cette petite fille, Elena, son double féminin, dont la mort met fin au paradis de l'enfance. Mais le travail d'introspection et la quête de l'identité pratiqués dans ce chapitre central sont systématiquement interrompus par des digressions où s'enchevêtrent des récits inspirés d'autres textes et des souvenirs d'une réalité plus extérieure. Le retour sur soi est sans cesse différé par de longues parenthèses, des excroissances qui jaillissent du corps du texte et éloignent le narrateur d'Elena et du clos Vomero, de telle sorte que ce chapitre 8 laisse l'impression d'un brassage infernal où se mêlent spectacles de la terre et ceux du monde intérieur, d'un flux de vie assourdissant.

 

A la frontière des mémoires et de l'essai, Bourlinguer balaie les soucis de chronologie et d'enchaînements rationnels transformés par l'imaginaire. Le livre ne commence et ne s'achève nulle part. Si «Gênes» constitue son ancrage, c'est «Venise», le premier chapitre, qui introduit les thèmes de l'insoumission au père, de l'errance et de la question de l'écriture dans son rapport avec la vie.

Manucci, double de Cendrars, est lui aussi aventurier et écrivain; son projet d'évasion est répété au chapitre 2 qui met en scène un «passager clandestin» (sous-titre de «Naples»): Cendrars lui-même, enfant. Tout ce qui touche au livre et à l'écriture est porteur d'une malédiction. L'écrivain est un être marqué dès son enfance, et l'écriture va de pair avec une mutilation originelle.

 

Ce n'est pas contre la vie mais contre le silence («Depuis les années que je ne sors plus, que je ne bouge plus, que je ne voyage plus») que le voyageur a choisi l'écriture: c'est là qu'il faut voir le sens du fameux «écrire c'est abdiquer». Entre vie et écriture, Cendrars adopte une formule de superposition des divers ordres de réalité et nous donne la clé de la fonction du réel dans son écriture: «Aujourd'hui j'ai soixante ans, et cette gymnastique et cette jonglerie auxquelles je me livrais [...] je les exécute maintenant devant ma machine à écrire [...] glissant ma vie comme une feuille de papier carbone entre deux feuilles de papier blanc [...] intercalant dans la vision directe celle, réfléchie, qui ne peut se déchiffrer qu'à l'envers comme dans un miroir.» Au lieu d'être objet de représentation, la vie est perçue comme agent reproducteur de l'écriture. L'écriture double ou redouble la vie et le monde est créé aussi souvent que l'artiste intervient et imprime sa vision. Il y a à la fois insertion de la pensée dans le monde, volonté d'agir, de laisser une marque, c'est le côté masculin de Cendrars; il y a aussi la prise de possession du monde par la réflexion, c'est son côté féminin. Sorte d'hermaphrodite, il est l'artiste à la recherche de l'unité première, du paradis perdu.

 

L'écriture est une obsession pour Cendrars, il la subit comme une possession, et, parce qu'elle n'est pas une fête, elle ne cesse d'être pour lui une question. L'écriture a exigé de lui une «lente et progressive initiation qui devait durer une dizaine d'années» (l'Homme foudroyé). Ce n'est que dans sa tétralogie finale qu'il parviendra au prodigieux enchevêtrement textuel qu'atteste déjà Bourlinguer.

 

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https://artsrtlettres.ning.com/video/paysages-par-marie-jos-phe-bourgau?xg_source=activity

Marie-Josèphe, c'est un pur bonheur
De voir vivre et s'épanouir votre univers ...
En cette douce harmonie défilant, sans heurt
Au son de cette musique aux accents vibrants
Qui le soutient et l'éclaire.
La vue de vos œuvres dans cette mise en valeur
Nous procure une délicieuse caresse
Dans le cœur,
Tant vos ambiances expriment la douceur
Le calme, la paix profonde de la terre
Et la discrète délicatesse.
Et par tous temps,
De la terre s'élève un doux chant
De bonté et d'allégresse
Qui voit l'humain confiant
Marcher dans les champs
De sa maternelle tendresse.

 

Rébecca - Lundi de Pâques 2012

 

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Déclaration d'une enamourée… dépitée,

"Cueur d'amour épris" dépris… mi figue mi raisin  

 

                          

                          Figurez-vous, cher monsieur, qu'à la lecture de votre chronique "engagée" étayée d'apports historiques où l'amateurisme n'a pas droit de cité et de références certes non négligeables, dont celle du "Rêveur éveillé", alias Jean-Marie Pelt, plume qualifiée de "boulevardière" par vos soins, terme à mon sens, ô combien péjoratif, que nombre de ses admirateurs pourront apprécier à sa juste valeur (ne peut-on rendre accessible un sujet quel qui soit, en le vulgarisant, au sens noble du terme, sans être pour autant taxé de la sorte avec un soupçon de condescendance ?), j'étais enthousiaste de votre initiative d'évoquer cette thématique du végétal, demeurant en marge de notre civilisation de l'ère technologique industrielle favorable à Mosanto, Rhône Poulenc et quelques autres empoisonneurs de notre alma mater, la Terre, à tel point, que moralement, assurément, je me suis permise une familiarité des plus inavouables caractéristique de la gent de "femenie", sexe faible ou deuxième sexe, comme il vous plaira, auquel j'ai le bonheur ou la malchance d'appartenir, c'est selon le point de vue où l'on se place, en venant déposer sur vos deux belles joues, si, si, ne protestez point, je réitère mon compliment, deux belles joues à la carnation de la "Rosa canina L., un frais baiser digne de mon trouble pubère !

                         Et puis, patatras ! J'ai promptement ressenti la vive brûlure d'un soufflet sur ma ravissante pommette gauche (et oui, je m'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…pas du tout !) faisant sitôt retomber mon émoi, et extase divine, comme …un soufflet !!!

                        Jugez un peu ma déconvenue ! En effet, quelle ne fut pas mon horrible déception d'amante déjà en partie conquise (un autre petit effort, et Cupidon aurait eu raison de mes maigres résistances, vous incitant à vous emparer de tout mon être, en volant à mes devants, vous autorisant à cueillir mes pétales odorants de "rose des chiens" hérissé de piquantes défenses...) déception, dis-je, non point de ne pas partager avec vous l'ensemble de vos convictions subjectives, puisque nous savons tous que c'est bien là, la loi du genre de souffrir la contradiction, lorsque l'on s'expose à commettre publiquement sa vision d'un univers, saluant même au passage votre mention en faveur de ce magnifique peintre Jean Bourdichon, peintre de cour officiant sous quatre dynasties royales, de Louis XI à François Ier, en passant par Charles VIII et louis XII, époux respectifs de la reine mécène Anne de Bretagne ; non, concédons que si j'ai été mise devant le fait accompli de mon repli, tandis, que je m'apprêtai, pauvre innocente, à vous déclarer ma flamme, la raison en est tout autre : l'inquiétude d'essuyer votre courroux ! Dieu merci, j'ai pu prendre connaissance à bon escient, de votre tempérament de feu, c'est le moins que l'on puisse dire, me soustrayant juste à temps du risque de subir vos foudres, sous prétexte que nous n'aurions pu "partager" VOS intimes convictions !

                          Ne sommes nous pas en démocratie, que diantre, riches d'une liberté de pensées et d'échanges-débats incluant de conserver une amabilité de rigueur, sans pour autant sombrer dans des platitudes et diplomaties doucereuses avec notre semblable, revendiquant aussi parfois le droit d'être dissemblable ? Et comme vous le soulignez fort à propos, nous sommes accueillis sur un réseau où la courtoisie est plus que conseillée, ce me semble, et où le maître des lieux nous offrant l'hospitalité ne transige pas avec les règles élémentaires d'un savoir vivre indissociable d'un savoir faire et du respect d'autrui, à défaut de pouvoir parler d'un humanisme en voie de disparition, en similitude d'espèces végétales et animales menacées d'extinction !

                          C'est la raison pour laquelle, vous me voyez au grand désespoir de battre en retraite, en refermant mon calice de lis-délice oudourant efflorescent à peine entrouvert, frémissant à l'énoncé de certaines de vos propositions… indécentes (sic!), étant donné que vous menacez ni plus ni moins, si j'ai bien compris, sinon d'apostropher, au pire de museler en censurant le commentaire du récalcitrant, si par hasard le malheureux émettait l'idée saugrenue de rentrer en résistance, n'hésitant pas à faire disparaitre les dires de ce denier, si vous les jugez guère flatteurs pour votre égo, brefffffff…, je ne sais si je dois redouter des rétorsions, mais n'étant pas femme à trembler, comme la Carmen de Mérimée, laissez moi vous transmettre combien, j'ai été choquée de la tonalité de langage colorant votre réponse à l'égard de l'un des membres amis de ce cercle.

                          Pour ma part, n'étant pas plus que vous prédisposée à la "tiédeur", volontiers impulsive, d'aucuns diront excessive, confessons-le, je sais ce qu'est ne pas être en accord avec mon interlocuteur ; il m'est arrivée nombre de fois même, d'être insupportée par quelques bonnes âmes pétries de certitudes, un tantinet donneuses de leçons persuadées de détenir la vérité ! Mais peut-on seulement les blâmer de défendre aves ardeur leur idéal, cependant, que nous sommes enclins à un penchant analogue ? Tenez, avant de nous séparer, je vais m'appuyer sur un modèle éloquent, concret qui m'oppose avec ma sœur gémellaire, née tout comme ma fiole sous le signe de Castor et Pollux, une certaine Oiselle-Liliacée de l'Oiseau Lyre, et bien sur le simple motif que nous n'avons pas une conception identique concernant la dualité de l'identité de la psyché d'un individu, sommes nous destinées à la discorde, à nous entre déchirées à la façon sanglante des Harpies ?

                           Par éthique personnelle, la mécréante que j'avoue être, non par provocation, mais par honnêteté intellectuelle et sentimentale, se refuse à cela ! Quant à "l'esprit de ce site" dont je note que vous vous réclamez, en usant d'accents proches de l'admonestation, ne sommes-nous pas en droit en tant que lecteurs, de nous interroger sur le bien fondé de votre semonce et, méprisante, et, violente en diable, car si il y a "agression", et "dédain" ils sont loin de se trouver là où vous les avez situés !

                          Voilà ce qu'il me tenait à cœur de vous déclarer, cher monsieur, et cela sans tenir compte du fait, que vous devriez vous sentir honoré d'être visité, le pire n'étant pas de devoir faire montre de tolérance envers qui nous allègue des objections, non, le pire est l'indifférence suscitée par les supposées publications.

                         J'ai bien l'honneur de vous saluer…


                         Une Valérianacée, " botaniste en herbe" qui aurait rêvé, si ce n'est totalement adhérer à vos conceptions naturalistes, du moins dialoguer sur cet "Empire de Flore" tellement méconnu, méprisé de nos "Frères humains."

 

                         Post-scriptum : je m'en voudrai d'envahir le mur de commentaires suivant votre article, donc, en conséquence, je préfère me retire dans mon antre privatif, en espérant qu'un vent favorable soufflera jusqu'à vous afin d'essaimer ma parole …




Dois-je vous "redouter" ?


"Rosa pumila" de Pierre-Joseph-Redouté.

dit Rosier d'Amour



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