Le matin
a des oiseaux dans la voix
la grâce fragile
des espérances
quelque chose se défroisse
au-dedans
*
Martine Rouhart
Le matin
a des oiseaux dans la voix
la grâce fragile
des espérances
quelque chose se défroisse
au-dedans
*
Martine Rouhart
Il faut peu de mots
pour qu’il pleuve
doucement
dans un poème
Just a few words
And I’ll rain softly
Within the poem
Les partenariats
Lettres
"Souffle"
Abstraction lyrique
Acrylique 70x70
Je n'aime que ce qui est beau,
mais la beauté est relative,
alors j'aime ce qui élève la personne,
ce qui relève de l'Humain.
J'aime ce qui est noble,
les sentiments,
la générosité, l'amour,
le soir et ses nuits incertaines,
le matin qui se lève sur l'espoir.
J’aime aimer.
J’aime la vie.
Le Crotoy, les épaves.
"Le Saint-Antoine de Padoue"
Peinture de Claude Hardenne
EPAVES
Jouets d'une tempête imaginaire et sombre
Et couchés à jamais levant haut leurs étraves
Dérisoire érection vers le ciel qui les lave
Rêvant dans leurs flancs creux de naufrages sans nombre
Au creux des verts polders somnolent les épaves
Jalousant leurs frères les navires qui sombrent
Chargés de gloire et de lumière - A eux l'ombre
De l'oubli peu à peu qui les couvre de bave
Cette bave putride usant leur cimetière
Pas marin pour un sou - Ah! vivre encore entier
De rapt en abordage au temps des flibustiers
Et puis infiniment brûler sous les sabords
Et couler d'un seul coup pour faire sa litière
Au creux de l'Océan couvert de gloire et d'or
Dessin de Claude Hardenne
Cette peinture (gouache) est ma première oeuvre;
c'était en 1963 sur le port de Zeebruges; j'avais 16 ans...
Claude Hardenne
Barques
FORTUNE DE MER
Acrylique sur Toile
"L’évocation du monde marin en peinture exige une analyse prudente, tant se posent des questions liées à un paysage idéal à la recherche du pittoresque, du fantastique ou du réalisme. Au-delà de cette volonté de transmettre une réelle émotion, il est primordial d’aimer la mer, son environnement, mais aussi ses plus belles histoires comme ses plus dramatiques. Si certaines épaves pouvaient parler, elles nous étonneraient sans doute"
Il était né au milieu de la mer
Sur une île de granite rose recouverte de genêts jaunes.
Parfois il prenait un bateau ivre pour partir au bout de ses rêves
Et affronter sa peur et tous ses démons intérieurs.
Il partait sous un ciel bleu quand le vent était fort
Et naviguait des jours durant
Se laissant bercer par l’océan, ses vagues et son chant.
Quand il avait dépassé tous les horizons
Et que ses voiles s’étaient perdues dans la nuit du temps
Il mettait le cap sur son île.
Dans les petits matins blafards celle-ci surgissait soudain de la brume,
Masse de granite rose surmontée de genêts jaunes.
Alors il accostait lentement et laissait sur le sable humide
Son bateau échoué, ses rêves et tous ses espoirs.
Bateau de la Côte des légendes
Epaves à Lanriot
Deux épaves de bateaux de pêche attendent patiemment dans les eaux saumâtres d'une ria bretonne que les éléments les renvoient en poussière.
Méditerranée
Des voiliers blancs
des canots à la dérive
la mer si bleue
de la couleur
que lui prête le ciel
la mer si sombre
des promesses
non tenues
la mer toujours
se souviendra
ce poème a été publié dans un recueil "Migrants"
Merci à Claude Hardenne pour ses généreuses publications,
merci à Martine Rouhart, Valachman Henri, Alain Faure,
Jean-François Foulon, Paul Mayeur et Mehu André.
Les partenariats
Lettres
Chercher la grâce
donner voix à la beauté
faire chanter les possibles
n’est-ce pas le but
Seek Grace
Give Beauty a voice
Make possibilities
Sing
Isn’t that the point?
Les partenariats
Lettres
EPAVES
Jouets d'une tempête imaginaire et sombre
Et couchés à jamais levant haut leurs étraves
Dérisoire érection vers le ciel qui les lave
Rêvant dans leurs flancs creux de naufrages sans nombre
Au creux des verts polders somnolent les épaves
Jalousant leurs frères les navires qui sombrent
Chargés de gloire et de lumière - A eux l'ombre
De l'oubli peu à peu qui les couvre de bave
Cette bave putride usant leur cimetière
Pas marin pour un sou - Ah! vivre encore entier
De rapt en abordage au temps des flibustiers
Et puis infiniment brûler sous les sabords
Et couler d'un seul coup pour faire sa litière
Au creux de l'Océan couvert de gloire et d'or
Photo martine rouhart
Aujourd’hui
le silence
tissé d’oiseaux
et rien d’autre
To day’s Silence,
Woven with
Sky birds,
And nothing
Else
Les partenariats
Lettres
Il s'agira dorénavant, comme condition préalable à toute communication sur le réseau se présentant comme partenariat, de mentionner un lien hypertexte vers la page du dit partenaire. Cela a toujours été le cas jusqu'à présent.
Je contate que certain membre semble systématiquement déroger à cette courtoisie élémentaire.
Je m'opposerai à la publication de billets ne suivant pas mon consel.
Robert Paul
La roche volcanique tient le gaz en maraude
Et quand il se libère, l’espace emplit d’eau chaude
Reçoit par gravité, en couches horizontales,
Une gelée de silice qui donne la calcédoine.Si tu vois un caillou, brun chocolat, ridé,
Que tu le trouves moche et le laisse tomber,
T’es passé à côté d’une merveille de la terre ;
Un bijou délicat, c’est « un œuf de tonnerre » !Au contraire, intrigué par ta belle découverte,
Découpe la roche en deux pour en polir les faces :
Une étoile à cinq branches, tu découvriras la trace
Ou peut-être un tableau, lequel te déconcerte…
Suzel Swinnen
Légendes :
En-tête : agate à eau, Brésil. Agate enhydre (ou aérohydre), où une cavité centrale (géode) conserve un peu de la solution originelle piégée lors de sa formation et laissant affleurer une bulle de gaz mouvante lorsque on la remue. La silice (calcédoine) a quant à elle précipité en couches concentriques.
Une explication bien prosaïque pour un effet magique.
Poètes, c’est ce qu’on peut appeler l’odyssée de l’eau mère.
Calcédoine (agate), lithophyse « œuf de tonnerre” (thunder egg), Oregon (Etats-Unis). Quand une étoile éclot dans la rhyolite*…
Lithophyse « œuf de tonnerre » (agate), Sankt Egidien (Saxe, Allemagne). Comme une fleur pétrifiée laissée par la lave refroidie.
Lithophyse (agate) faisant apparaître à notre imagination exaltée (paréidolie) l’image étrange d’un « monstre », la bête de Gévaudan peut-être…
Calcédoine enhydre (Indonésie)
Au centre, la cavité montre une solution biphasée (liquide et gazeuse) mobile.
L’eau est bien un minéral (que l’on aperçoit par transparence),
elle est restée cloîtrée après que la silice se soit cristallisée,
plus ou moins colorée en brun, rouge ou beige par le fer
selon sa concentration.
Cette eau a donc l’âge de la formation de la pierre.
Comme un reliquaire conservant l’eau primordiale,
l’humeur vitrée de l’œil de la terre.
Michel Lansardière : titre, légendes, photographies
* Roche volcanique acide.
Saumon
Il m’aurait tant plu de naître saumon
Pour m’en aller mourir où je suis née
Loin des freluquets et des rodomonts
Autre devait être ma destinée
J’aurais remonté le fil de mes ans
Sillonnés de joies d’amours et de rires
Lorsque je m’en allais en pavoisant
Mes jours sans avoir le temps d’un soupir
Un quelconque saumon vit-il heureux
A fréquenter les mers et les rivières
Son avenir n’est il pas cahoteux
A l’approche de prédateurs pervers
Tout comme lui j’ai esquivé les coups
Affligeants de ma fragile existence
A suivre gourous tabous et voyous
Que je prenais pour de vraies éminences
Tandis que nos destins nous séparaient
Le saumon et moi répandions nos larmes
Pour avoir trop souvent goûté l’ivraie
Qu’on ne pouvait combattre de nos armes
Dès lors ce poisson deviendrait mon frère
De passé et d’avenir confondus
Le temps d’un assentiment éphémère
Auquel ma folie aurait répondu
Comme le saumon j’irais retrouver
Si ce songe s’avérait ponctuel
L’origine virginale innée
Qui m’accompagnerait jusques au ciel
Au théâtre Royal du Parc jusqu'au 30 juin.
https://www.theatreduparc.be/une-maison-de-poupee/
Crée en 1879 sur base de l’histoire vraie de Laura Petersen, une écrivaine amie des Ibsen « Une maison de poupée » produit encore aujourd’hui un effet révélateur. Jouée pour la première fois en langue française au Parc dans une version censurée, la pièce retrouve ses lettres de noblesse avec les revendications féministes de Nora. Car c’est bien de théâtre politique dont on parle avec cette pièce qui fut scandale à l’époque obligeant Ibsen à réécrire une fin où Nora vient s’excuser d’avoir abandonné sa famille.
Nora, très éprise de son mari, Torvald, n’a pas hésité pour le sauver d’une maladie grave à imiter la signature de son père réalisant un faux en écriture. Grâce à cet acte illicite dont elle ne mesure pas la gravité (une femme ne pouvait emprunter d’argent sans être chapeautée par un homme), le couple a pu réaliser le voyage en Italie conseillé par le médecin de famille.
Mais voilà que son usurier réapparait. Dévoré d’ambition, ayant appris que le mari de Nora est nommé directeur de banque, il se livre à un chantage : pour prix de son silence, il exige de Nora qu’elle le fasse embaucher pour pouvoir se hisser aux plus hautes fonctions en dépit de sa réputation douteuse. Nora va alors vivre l’enfer.
Si Laura Petersen fut enfermée dans un asile par son mari, Nora, elle, sera sauvée in extremis mais le mépris de son mari à son égard lorsqu’il apprend ce qu’elle a fait, lui ouvre les yeux sur sa condition d’épouse ‘modèle’ ou plutôt de poupée divertissante, rôle qu’elle a tenu à la perfection jusqu’alors.
De retour au Parc après « Kennedy » en 2016, Ladislas Chollat (plusieurs Molières) retrouve Anouchka Vingtier, fragile à souhait, pour évoquer le personnage enfantin de Marilyn, Revêtue de son costume « emballage cadeau », Nora prend consciente de sa condition de « jouet » d’abord pour son père ensuite aux yeux de son mari (« mon alouette qui gazouille », « mon écureuil qui frétille », « ma joueuse a encore trouvé le moyen de gaspiller un tas d’argent») ainsi que de sa responsabilité dans l’éducation de ses propres filles.
Le décor de Thibaut De Coster et Charly Kleinermann contribue à la progression de l’intrigue. Il « respire » au rythme des angoisses de Nora. Les murs rétrécissent, se dilatent, le plateau tourne comme sur un index, la maison entière éclate comme une bulle lors de la prise de conscience de Nora pour se réduire à une miniature, une peau de chagrin, entre les mains de Torvald quand sa femme, son « divertissement », le quitte.
Plus de 140 ans après sa publication, la pièce d’Ibsen ravit encore le public malgré certains aspects caricaturaux et garde un souffle de modernité dans la défense du droit de tout être humain à l’épanouissement et à la liberté.
Palmina Di Meo
Quand vient le matin
et ses vols d’hirondelles
courir oublieuse
légère
vers cette voix
venue de l’enfance
And the lassie thought to herself
When the morning rises
And its flights of swallows soar
Lightly
And oblivious
I run
To the voices of childhood
Les partenariats
Lettres
Interrompues par le covid 19, elles reprendront en novembre 2021 si les conditions sanitaires le permettront.
Elles seront menées par Thierry-Marie Delaunois qui en assurera également les chroniques.
Ces rencontres auront lieu dans la prestigieuse Espace Art Gallery
Robert Paul
Dans le sanctuaire des souvenirs
Je voyage je vague je délire
Depuis que j’ai humé la fleur toxique
Qui a rendu mon âme amnésique
A décliner les mots blasphématoires
De la nécropole de ma mémoire
Des mots et des noms entachés d’oubli
Qui s’échappaient de mon cœur affaibli
En vain je pourchasse en ce refuge
Des cendres soustraites par un déluge
De tourments , de chagrins et de douleurs
Qui n’ont pas su s’alourdir de mes pleurs
Ici ou ailleurs il m’est refusé
Le dû absolu d’avoir d’existé
De ma pleine destinée disposer
Par l’avantage d’un jour me poser
Aussi me faut-il trainer le fardeau
De ma vacuité tel un vermisseau
Avec l’improbable attente d’être
Et le souhait de demeurer, peut-être
En ondées troublantes
D'une lumière caressante
Mes pensées vont et viennent
Envolée bohémienne
Au soupir des souvenirs
Quand les pas deviennent trop lourds
C'est dans le silence que vient s'adoucir
La tristesse des mauvais jours
Cette aura qui nous entoure
Et qui veille avec tendresse
Sur tout ce que l'on savoure
Et que l'on cueille avec allégresse
•⊰✿~•
© Elea Laureen
Merci à Danielle Bellefroid pour ce partenariat,
vous pouvez retrouver sa jolie toile "Vague à l'Âme" sur sa page