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"Sur un air de cinéma", une création de Laurence Briand à la Clarencière en décembre dernier, revient à l'aube de 2016

 « C’est la tendresse qui vous rend vulnérable, qui vous rend ouvert, qui vous rend sensible au mystère qui vous entoure ». Et ainsi, on ne passe pas à côté de la vie. Parfois aussi grâce au cinéma, ou à la musique, ou les deux! Voici des paroles et des musiques qui font rire, réfléchir, se projeter, s’apaiser, s’enchanter ! Esprit, es-tu là ? Ce nouveau spectacle mis en cœur par Laurence Briand ne peut décevoir. La dissertation très vivante vaut le détour!

L’expérience ludique intelligente  est au rendez-vous, en tous cas. On reconnaît tout de suite   une écriture  trempée dans la sensibilité et l'humour,  doublée d' une présence scénique toujours chaleureuse qui galvanise ses deux aimables complices. Une réalisation dans la lignée du non moins pétillant spectacle : « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », bien que dans un registre totalement différent,  hormis le climat poétique qui en découle. Travail de fourmi ou de cigale ?  Ce cocktail de  rigueur et de liberté a été créé à la Clarencière en décembre dernier devant une salle comble : what else? Vous voulez une définition charmante du cinéma ?  Pour Cocteau, le cinéma,  "c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière."

Le public frémit de plaisir devant ce rassemblement de pépites. Alice est au pays du cinéma. Le texte est sculpté, vivant, imagé, créatif. La mise en voix sonne juste. Les chansons et musiques de film soulèvent des tourbillons d’émotion  pour certains, un fleuve de nostalgie pour d’autres. Une suite palpitante de rêves, de souvenirs, de connotations, menée tambour battant. C’est tonique, bien composé et bien rythmé. Tantôt, peinture de lumières dramatiques ou tendres, tantôt gratitude pour tout ce que le siècle cinématographique a apporté à notre culture. A l’objectif, le trio fougueux des artistes : Laurence Briand, Yvann Drion et Marie-Gaëlle Janssens, pour célébrer les merveilles du rêve, du bonheur, des émois amoureux, des premiers baisers et des longs sanglots. Le sablier égraine les monstres sacrés du vingtième siècle. Marilyn, Romy, Montand, Signoret, Reggiani, Gabin, Arletti, Pagnol, Sautet, Lelouch, Truffaut, Rohmer, Chabrol, Godard, Varda, sont conviés à un festival de phares dans l’océan cinématographique de notre jeunesse. La pluie bienfaisante des citations va droit au cœur.
Chaplin disait « Quand intelligence et sensibilité sont en parfait équilibre, on a de merveilleux acteurs ». A l’écran et sur les planches. Jetez-vous sur ce bateau ivre de lumières et de jolies voix.

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Commentaire de Deashelle le 5 mars 2016 à 13:40

Les jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 mars 2016 à 20h30
Plus d’infos :
www.laclarenciere.be

Commentaire de Deashelle le 5 mars 2016 à 13:39

Commentaire de Deashelle le 16 février 2016 à 18:39

Rencontre avec Yvann Drion

« Sur un air de cinéma », Laurence Briand, Yvann Drion et Marie-Gaëlle Janssens vous embarquent pendant 1h20 dans une virée pétillante à travers les grandes productions de l’histoire du cinéma sur la piste de la Clarencière. De Charlie Chaplin aux « Les Parapluies de Cherbourg », vous fredonnerez avec eux ces chansons inoubliables que nous avons tous dans le cœur. Un spectacle débordant de vitalité et d’humour.

« Sur un air de cinéma » est un spectacle de cabaret dans lequel on retrouve toutes les plus grandes chansons des films qui ont fait l’histoire du cinéma. Comment se lance-t-on dans un tel challenge ? Je pense que pour toi, c’est un challenge puisque tu joues en live - tu es pianiste au départ - et tu chantes et danses aussi.

Yvann Drion : C’est jouer du piano et chanter en même temps. Ou bien c’est chanter et danser en même temps. Et c’est jouer la comédie aussi. C’est drôle parce que pour moi, qui viens du monde de la musique classique, je savais jouer du piano mais chanter et jouer du piano en même temps, je ne le savais pas avant de commencer un projet comme celui-ci. Et c’est un vrai challenge parce que c’est travailler avec différentes parties de mon cerveau et différentes partie de mon corps en même temps. Et je trouve cela très excitant parce c’est très riche. Cela me permet de me libérer. Je sentais qu’avec le Conservatoire et la musique, je racontais une histoire. Mais ici, je mets des mots sur cette histoire et cela me plait beaucoup. Cela me parle…

Comment avez-vous monté le spectacle ? Vous vous y êtes mis à trois ? As-tu été contacté quand tout était écrit ? As-tu adapté les musiques ?

Yvann Drion : J’ai eu un travail préalable d’adaptation des musiques parce que ce sont des musiques de films qui ne sont pas forcément écrites pour le piano ni pour la guitare (il y a Marie-Agnès Janssens qui accompagne à la guitare). Et il a fallu réécrire ces chansons. Cela a été ma partie de création à moi. Par contre, c’est Laurence Briand avec qui je joue qui a écrit tout le texte et qui a réadapté des citations ou des scènes, des séquences de films et de chansons.

Vous avez créé le spectacle entre vous, et puis vous l’avez vendu ?

Yvann Drion : Non. C’est l’inverse. Cela se passe à la Clarencière, près de la place Flagey. C’est un tout petit café-théâtre d’une quarantaine de places que je ne connaissais pas du tout avant d’y jouer. La directrice de la Clarencière qui connait bien Laurence a décidé de réserver chaque année trois mois pour du théâtre musical ou du cabaret. Avant même d’avoir monté le projet, on savait qu’on allait jouer trois mois là-bas.

La scène est toute petite… Cela oblige à une rigueur dans la mise en scène ?

Yvann Drion : Oui c’est extrêmement petit. On essaye de l’utiliser au maximum. Il y a trois entrées que l’on essaye d’utiliser au maximum. On s’amuse beaucoup ! La difficulté pour moi qui ne suis pas acteur à la base, c’est d’être sur scène. On a deux mètres de profondeur de scène et puis on a la tête en face du public. Ce qui chouette, c’est d’arriver à garder son rôle, et de jouer avec ce public.

Vous chantez tout un répertoire avec des timbres de voix fort différents et cela fonctionne très bien. Comment as-tu découvert que tu pouvais chanter sur scène ?

Yvann Drion : J’ai toujours aimé chanter et je suis au Conservatoire en chant pour le moment. C’est un répertoire que je ne connaissais pas et en me penchant sur un projet comme celui-là, je découvre une autre façon de chanter et j’en découvre la richesse.

Tu composes aussi toi-même ?

Yvann Drion : J’ai composé pour le théâtre et le cinéma, pour des productions de l’INSAS théâtre et l’INSAS cinéma, de la musique électronique ou sur des instruments acoustiques. Parler d’un style… c’est difficile à définir. Je m’adapte aux demandes du réalisateur ou du metteur en scène.


Pour monter « Sur un air de cinéma », il a fallu combien de temps ?

Yvann Drion : Nous avons eu très peu de temps. On l’a monté en un mois et demi. Le spectacle fait une heure vingt avec du théâtre, de la danse, du chant et de la musique instrumentale. C’était court mais intense. Les deux semaines avant la première on a travaillé jours et nuits.

C’est un cabaret interactif puisque le public est pris à partie. Il y a un quizz sur le cinéma… Toi qui vois le public réagir tous les jours : les jeunes connaissent-ils encore le cinéma classique hollywoodien ?

Yvann Drion : Dans ce spectacle, on parle de cinéma français essentiellement mais aussi hollywoodien. Les références les plus anciennes sont de Charlie Chaplin, jusqu’à nos jours, mais cela tourne essentiellement autour des années 50 et 60, voire 70. Ce n’est pas de notre génération - moi j’ai 28 ans. On a eu un soir un gamin de 12 ans qui répondait à toutes les questions mais après on s’est aperçu que c’était son père qui lui soufflait toutes les réponses. Mais c’est bien le retour que j’ai eu des personnes de 20 ou 30 ans et qui n’ont pas une éducation au cinéma. Et moi-même, avant de découvrir le texte et les chansons, il y avait des choses que je ne connaissais pas, ou que j’avais vaguement entendues mais que je ne connaissais pas bien… Donc voilà, je dirais qu’au niveau des références, c’est pour 30 ans et plus.

Mais il a aussi des gens qui fredonnent en même temps…

Yvann Drion : Oui, ce qui est intéressant c’est qu’on parle de Marilyn Monroe que tout le monde connait, mais on parle aussi de Romy Schneider, de Michel Piccoli, de Michel Legrand… de grandes femmes et de grands hommes, dont on joue la musique. Et même si quelqu’un est novice, c’est un foisonnement… À travers eux, on parle de thèmes qui sont essentiels. On parle d’amour, on parle d’enfance, on parle de malheurs, de drames. Cela touche à énormément de choses.

Il y a aussi une réflexion sur le cinéma. Quel est ce regard-là ?

Yvann Drion : Il y a plusieurs regards. Il y a le regard sur le rapport au producteur quand on passe un casting par exemple. Il y a une scène dans laquelle je suis un acteur qui se fait dévorer par une directrice de casting. Il y a aussi le rapport au star system, et ce désir de vouloir être emmené dans ce système. Il y a ceux qui sont déchus et puis, ceux qui sont dedans, dans le cinéma où tout est illusion et décorum, et qui y croient ; et d’autres qui n’y croient pas du tout parce que c’est du carton-pâte, que ce n’est pas vrai finalement…

Tu as envie de continuer dans la comédie musicale ?

Yvann Drion : Complètement. C’est ce qui est génial pour moi. Comme je le disais, je suis pianiste mais j’ai toujours adoré danser. Je voulais être danseur quand j’étais gamin. On a eu une chorégraphe, Aline Salvé, qui nous a dirigés. Pour moi, c’est une découverte le fait de pouvoir mettre plusieurs de mes intérêts ensemble, j’adore ! Cela m’enrichit et sur scène, cela me décoince car je suis dans une personnage, je raconte quelque chose.

Vous avez tous les trois un rapport presque intime avec le public, la scène étant minuscule. Est-ce une découverte ?

Yvann Drion : C’est ce qui est intéressant, venant de la musique classique où il y a un rapport assez lointain avec le public, même si on est connecté. Alors qu’ici, on est face au public, on joue avec lui… Derrière mon piano ou sur la scène, je bouge beaucoup pendant le spectacle, je vois comment le public réagit. Le fait qu’on ait un quizz permet de sentir ce public et savoir comment jouer avec.

Propos recueillis par Palmina Di Meo

« Sur un air de cinéma », mise en scène de Laurence Briand, avec Laurence Briand, Marie-Gaëlle Janssens Casteels et Yvann Drion (piano). Assistanat et coaching vocal de Marie-Laure Coenjaerts.

Les 28, 29 30 janvier et les 5, 6, 11, 12 et 13 février 2016 à La Clarencière

Les jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 mars 2016 à 20h30
Plus d’infos : www.laclarenciere.be

Commentaire de Deashelle le 16 février 2016 à 16:31

Et encore une reprise! Les jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 mars 2016 à 20h30

P.A.F. : 15 € - étudiant : 10 €

RESERVATIONS UNIQUEMENT EN LIGNE : WWW.LACLARENCIERE.BE 

Commentaire de Deashelle le 9 février 2016 à 13:14

On air! Réécoutez Laurence  Briand à la minute 28 (+/-)

http://podaudio.rtbf.be/pod/m3-fievres_la_fic3a8vre_du_samedi_soir_...

Commentaire de Deashelle le 23 janvier 2016 à 18:58
Commentaire de Deashelle le 23 janvier 2016 à 18:21

Commentaire de Deashelle le 23 janvier 2016 à 18:12

Commentaire de Deashelle le 23 janvier 2016 à 18:11

Commentaire de Deashelle le 23 janvier 2016 à 18:08

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