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"La famille du collectionneur" (Goldoni) du 1er septembre au 8 octobre 2016 au Public

 Petit billet pour une grande reprise. L’Atelier Jean Vilar s’exporte à l’ouverture de la  nouvelle saison théâtrale au Public avec la reprise d’une pièce satirique à souhait,  « La famille du collectionneur » qui met en scène un magnifique  festin de comédiens, tous plus racés dans le stéréotype, les uns que les autres. Ils  se gourmandent autour du personnage principal, un Amateur digne des caractères de la Bruyère, pas loin de l’Avare de Molière, joué avec intensité, feu et drôlerie par Maître Alexandre von Sivers. What else? 

  La pièce signée  Carlo Goldoni (1707-1793) le réformateur du théâtre comique italien, renaît dans des costumes Vogue 1950 et  dans un décor solide comme une forteresse imprenable. Comme dans certaines fontaines italiennes, deux séries (inégales) de marches se rencontrent au pied d’un mur. Sauf que le mur est celui de l’incompréhension mutuelle et de la vengeance au centre duquel se trouve une porte à deux battants laqués d’or lorsqu’ils s’ouvrent de brefs instants. C’est dans ce bureau ouvert à l’imaginaire  que le comte Anselme range, trie, étiquette, classe ses précieuses collections, tandis que, du haut de ses appartements, son élégante épouse Isabelle/Cécile Van Snick mène la maisonnée désargentée, de main de fer.

 Hilarants, les  deux jolis-cœurs, clients de la famille au sens romain du terme : l’un est docteur l’autre, on ne sait pas : Docteur Bassette/Toni D’Antonio et Monsieur Delbosco/Nicolas Ossowski. Ils ont un format de Don Juan et Quichotte Panza, ce dernier la panse bien en avant. A se tordre de rire.

Monsieur Valmy/John Dobrynine, le père de Dorothée, la jeune épousée– enfin quelqu’un de sérieux - a lui tout du gentleman ou gentilhomme de l’époque sans être noble. Il est simple mais riche négociant, il a l’éducation, lit le grec, personnifie  la  sagesse et surtout  un amour paternel peu commun, émouvant. Le duo d’enfer, Dorothée et Isabelle la comtesse incontestable, marche sur les flammes de l’hypocrisie et de la haine haut de gamme et navigue sur  les marches brûlantes de l’autorité. Aucune, bien sûr, n’est à prendre au sérieux. Vous l’aurez compris, la jeune intruse  qui a été  monnayée pour renflouer les caisses du comte Anselme  est une belle-fille  honnie par la belle-mère. Emmanuel-Philibert/Valéry Stasser est le mini mari de  cette jeune dulcinée, éperdu d’amour respectueux pour sa maman, éploré de déplaire à son papa, divisé en trois par sa jeune femme exigeante. Un rôle d’un comique absolu mais touchant.   

Le mur gris perle de la forteresse est un immense lambris de médaillons, où des  trappes secrètes  ravissent chaque fois le spectateur surpris. Ainsi jaillissent à tout moment moult objets, accessoires et commentaires fusant de l’intérieur. Notamment ceux d’une domesticité intelligente mais scélérate, surtout roublarde et intéressée, prête à trahir avec la meilleure foi du monde. Sylvio/Emmanuel Guillaume et Agatha/Manon Hanseeuw forment un magnifique duo d’opérette.  Cela grince donc dans la demeure. Cependant que le grand Anselme se préoccupe innocemment de ses chères collections, complètement hors-jeu, hors du temps, dans son espace secret, indécrottable égoïste heureux, tout à sa passion des médailles et vieilles antiquités.

On allait oublier Gigi/Maroine Amimi, l’escroc arménien, à lui seul, un bouquet de comique saltimbanque au cœur d’une adaptation succulente et  mise en scène électrisante de Daniela Bisconti.

C’est donc  avec cette troupe immensément farceuse que le  Public célèbre dans sa grande salle l’ouverture d’une nouvelle saison.

Du 1er septembre au 8 octobre:

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=453&type=1

http://www.atjv.be/La-Famille-du-collectionneur

 

 

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Commentaire de Deashelle le 28 septembre 2016 à 17:02

[Clin d'oeil] « La famille du collectionneur » côté coulisses, ça ressemble à ceci... ⬇️ On aime ! Et vous ?https://www.facebook.com/theatrelepublic/videos/10154505910112310/

Commentaire de Deashelle le 22 septembre 2016 à 18:30
Commentaire de Deashelle le 15 septembre 2016 à 13:44

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Commentaire de Deashelle le 15 septembre 2016 à 13:42

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Commentaire de Deashelle le 9 septembre 2016 à 12:24
Commentaire de Deashelle le 9 septembre 2016 à 12:22

Comédie douce au palais, sans excès de matière grasse, La famille du collectionneur est le mets idoine, à l’approche des réveillons, pour entraîner son gosier avant de passer aux bûches et marrons glacés de saison. Mise en scène avec punch par Daniela Bisconti, cette comédie de Carlo Goldoni est un réjouissant spectacle de fin d’année, festif et léger comme un amuse-bouche.

Première surprise : le décor ! Pour évoquer l’intérieur d’Anselme, maladif collectionneur d’antiquités, Charly Kleinermann et Thibaut De Coster ont imaginé un mur imposant et élégant de petits tiroirs, à mi-chemin entre un intérieur d’apothicaire et la salle des coffres-forts d’une banque. S’il a l’air, à première vue, de réduire considérablement l’espace de jeu des comédiens, il lui confère, au contraire, un ludique relief puisque les personnages, les accessoires, et même les meubles, surgissent à l’improviste de ces tiroirs magiques.

Cette belle idée rythme joyeusement l’intrigue de Goldoni : pour renflouer ses caisses, asséchées par son obsession pour les pièces de collection, Anselme consent à marier son fils, Emmanuel-Philibert, à une roturière, Dorothée. Même si elle débarque dans la maisonnée avec une dote de 20.000 écus, celle-ci se heurte au mépris de sa belle-mère qui ne la considère pas digne de son rang. L’aristocrate ruinée et la parvenue vexée vont se livrer une guerre sans merci, attisée par des intrigants et des domestiques peu scrupuleux.

Dans un personnage très Moliéresque, proche d’un Bourgeois Gentilhomme, Alexandre Von Sivers reste comiquement pédant en amateur d’art aux goûts hasardeux. Il se voudrait esthète mais devient la risée de son entourage. Son épouse le surpasse largement en vanité dans la peau d’une venimeuse Cécile Van Snick, d’une arrogance hargneuse. Mis à part le naïf fils d’Anselme (Valéry Stasser, un talent comique à suivre) et le très sage père de Dorothée (le classieux John Dobrynine), tous les personnages, domestiques inclus, sont aveuglés par leurs propres petites obsessions, qu’il s’agisse d’argent ou d’amour-propre.

Dans des costumes enjoués, inspirés des années 50, la dizaine de comédiens papillonne avec entrain dans cette critique à peine déguisée des faux-semblants d’une aristocratie cynique et désenchantée. 

.CATHERINE MAKEREEL

Commentaire de Deashelle le 9 septembre 2016 à 12:21

La folie de la Collection

Par Suzane VANINA

Collectionneurs de babioles ou amateurs d'art, avides de posséder de manière compulsive ou calculateurs avisés de placements juteux, tous les types d'êtres humains peuvent se prévaloir de ce qui est souvent une véritable passion. Cette pièce met en scène un exemplaire... assez tordu.

Anselme/Alexandre von Sivers, collectionneur passionné de médailles et autres antiquités, dilapide la fortune familiale en objets anciens qu'il croit rares et précieux, ignorant ce qu'il en est de leur réelle authenticité.

Pour sauver la famille de la ruine, lui, le Comte Anselme, se résout à marier son fils unique Emmanuel-Philibert/Valéry Stasser, à une roturière fortunée, Dorothée/Aurélia Bonta, fille d'un riche commerçant, Monsieur Valmy/John Dobrynine.

Son arrivée dans la maisonnée - qui s'accompagne d'une très belle dot - ne suscite que le rejet méprisant de sa belle-mère, Isabella/ Cécile Van Snick, et l'indifférence de son beau-père, Anselme tout à ses chères "collections".
 
Et ce seront des guéguerres incessantes, entre la "vieille"aristocrate et la jeune parvenue, alimentées par des serviteurs roublards, Sylvio/Emmanuel Guillaume et Agatha/Manon Hanseeuw, et des conseillers intrigants: le Docteur Bassette/Toni D’Antonio pour Isabella et Monsieur Delbosco/Nicolas Ossowski pour Dorothée.

Serviteurs et petit escroc, Gigi/Maroine Amimi, trouveront en Anselme une proie facile, tandis que le père de Dorothée fera figure d'homme de bon sens, de médiateur généreux. Il est bien le seul à ne pas penser qu'à lui. 

Sous les personnages de comédie bourgeoise à la Molière, on retrouve encore les types classiques bien connus de cette commedia dell'arte que Goldoni entendait réformer : valet et soubrette, bourgeois opulent et noble ridicule...

Avec le souci de faire tomber les masques (au propre comme au figuré), celui de railler davantage les habitudes de son époque, et d'apporter un texte de comédie plutôt qu'une succession de scènes comiques sur un vague canevas, Carlo Goldoni (1707-1793) réussit le pari de traverser les époques et de garder toute sa pertinence. 
 
Il les doit à une adaptation, une mise en scène et une direction d'acteurs de Daniela Bisconti, qui en cumulant les fonctions assure un résultat tout à fait homogène.

"Analyste du coeur humain"...

L'appât du gain, le besoin de gloriole, le souci des apparences, le respect des convenances, l'égoïsme des protagonistes... tout cela n'est pas l'apanage d'une époque précise, et si l'action est située dans une autre époque que la nôtre, c'est davantage pour justifier une adaptation du texte et pour marquer un décalage par rapport à certaines situations un peu désuètes. 

Avec la scénographie, due au duo Charly Kleinermann et Thibaut De Coster, se marque l'intemporalité de l'ensemble malgré un petit air "années cinquante" et un ton général proche du burlesque (maquillages, coiffures en pétard, attitudes et déplacements improbables...).

Notons que la pièce ("La famiglia dell'antiquario") date des années 50, mais... 1750, et qu'elle fut la première d'une bonne quinzaine en une saison ! Celle-ci n'est ni la plus connue, ni la plus réussie de toutes celles dues à cet auteur italien - "Vénitien de Paris"- qui fut prolixe autant que novateur. Elle n'est qu'un pan d'une vaste fresque qui peint le monde et ses travers ordinaires.

Des bouffées sonores (son de Laurent Beumier) et des flashes de lumière (d'Alain Collet) accompagnent les changements de scènes en soulignant avec humour le côté satirique de l'ensemble. Et à côté des comédiens chevronnés et bien connus, on découvre de nouvelles têtes qui, loin de démériter, s'inscrivent fort bien dans le rythme soutenu général.

Constituant le fond de scène, un grand mur fait de caches et de trappes, présente aussi sur le devant deux praticables en gradins qui se font face et entourent une grande porte à deux battants. Le décor fait irrésistiblement penser à celui imaginé par  Michiel Voet pour le KVS alors qu'il ne s'agissait pas du tout d'une comédie légère !

Rencontre de grands esprits créatifs ...mais ici, les tiroirs-à-lourds-secrets ont fait place à des boîtes à surprises. Elles ne manqueront pas, et de toutes sortes, tout au long d'un spectacle de près de deux heures qui passent allègrement, compte non tenu de quelques longueurs et répétitions de situations.   

http://www.ruedutheatre.eu/article/3407/la-famille-du-collectionneu...

Commentaire de Deashelle le 9 septembre 2016 à 12:15

Tout s’achète et tout se vend

En renonçant aux masques et aux improvisations de la Commedia dell’ arte, Carlo Goldoni a transformé le théâtre italien. Dans le sillage de Molière, il écrit des comédies de caractères, qui utilisent le rire pour critiquer les comportements humains. "La Famille du collectionneur" nous montre que tout s’achète : les pièces de collection comme les titres de noblesse. Pour mettre en valeur cette fièvre acheteuse, Daniela Bisconti, adaptatrice et metteuse en scène, a situé l’action dans les années 50, une période marquée par le démarrage d’une croissance fulgurante et d’une boulimie consommatrice : " une société qui, au lendemain des privations et de la guerre, s’épanouit dans "l’avoir" et "l’apparence" ".

Fasciné par les médailles et les antiquités, le comte Anselme ne peut s’empêcher d’accroître sans cesse sa collection . Mais sa naïveté et son incompétence en font une proie facile pour les margoulins. Résultat : unmusée de pacotille et... une famille ruinée. Pour sortir de cette ornière, il n’hésite pas à marier son fils à une roturière. Fille de monsieur Valmy, Dorothée apporte une dot de 250.000 francs. De quoi retrouver dupouvoir d’achat et... susciter la convoitise de Sylvio, un serviteur rusé et sans scrupules. Pourquoi ne profiterait-il pas, lui aussi, de la crédulité de son maître ?

Hostile à cette mésalliance, Isabella, l’épouse d’Anselme, tient à rester LA maîtresse de maison et rabroueconstamment sa belle-fille. Tout en se payant des robes avec "l’argent de la boutiquière". Grâce à cette dot, Dorothée est devenue noble et tient à se faire respecter. Elle a le sens de la hiérarchie sociale. Son père est "un commerçant qui a pignon sur rue". A ne pas confondre avec "un marchand ambulant". La rivalité entre les deux femmes tourne à l’aigre : chamailleries, vexations et guéguerre permanente. Appâtée par un salaire doublé, Agatha, la femme de chambre d’Isabella, passe à l’ennemie et met de l’huile sur le feu. Le docteur Bassette, chevalier servant de la comtesse et monsieur Delbosco, bel homme imbu de son charme, échouent lamentablement dans leurs négociations. Ecartelé entre son amour pour sa femme et son respect pour sa mère, Emmanuel-Philibert espère un miracle.

Au bord de l’implosion, cette famille nous fait éclater de rire. Enchaînant les affrontements musclés et cocasses, Goldoni se moque de la plupart de ses personnages, ridiculisés par leur aveuglement, leur prétention, leur mesquinerie, leur cupidité ou leur lâcheté. Le décor imaginé par les scénographes Thibaut De Coster et Charly Kleinermann, contribue à rendre la comédie pétillante. La porte centrale, qui ouvre sur LA collection, est encadré par un imposant mur, incrusté de niches, qui suggèrent une salle des coffres. Mais truffé de trappes, il s’anime et surprend le spectateur par des apparitions magiques. La symétrie des deux escaliers, coupés de paliers, donne souvent du relief aux querelles et aux luttes d’influence.

Les scènes qui révèlent les obsessions des personnages alternent avec des séquences d’un comique plus débridé. La mise en scène de Daniela Bisconti maîtrise efficacement ce mélange, qui donne à la comédie de caractères un ton de plus en plus décalé. Sylvio a la fourberie de Scapin, mais forme avec Gigi un duo de bras cassés. Les interventions de ce complice balourd et peureux tournent à la farce. Autre couple burlesque : les conseillers des femmes en guerre. Le docteur Bassette voit sa servilité récompensée par du mépris et monsieur Delbosco a beau se déhancher comme un chippendale, il sera répudié de la même manière.

Dans la peau de personnages farfelus ou excessifs, les comédiens impriment au spectacle un rythme de plus en plus vif, écho de la folie ambiante. Pas sûr que le raisonnable monsieur Valmy y résistera. Ce commerçant avisé tente de remettre de l’ordre dans la famille, mais il est prêt à sacrifier son immense fortune. A son unique passion : le bonheur de sa fille chérie.

Jean Campion

http://www.demandezleprogramme.be/La-Famille-du-collectionneur

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