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journal de bord, lundi 9 mai 2011 (1)

Aucune certitude sur la mort de Ben Laden.

 

Alain Delon, l'acteur, refuse de partir en tournée avec sa fille.

 

Vent frais, ce matin. J'ai senti la différence, en partant en tournée (de facteur). Plus de tonus. Je ne me pressais pas en marchant. Machinal'ment, mon rythme était plus rapide. Y avait moins de boulot que ... y a deux s'maines (c'est pas difficile).

 

Bien sûr, c'est lundi. Premier jour de la s'maine. Tiens, donc ! Jour où on distribue systématiqu'ment les publicités "Aldi".

 

"Enfin, facteur, c'est du temps perdu, tout le monde les jette !". Me disent certains clients.

 

 Je m'obstine à les croire ... à moitié. C'est pas que j'aime cette partie du boulot, non. Je me dis juste : on ne connaît jamais la relation qu'entretient le client avec ce qu'il reçoit. On m'a déjà abordé en rue et demandé : "A tout hasard, facteur, vous n'auriez pas une pub en trop ?". Y a deux s'maines, une dame, rue de Vergnies (n°18) m'a dit : "Je n'ai pas reçu mon ALDI (ou mon LIDL), facteur !". Je n'ai su quoi répondre. Moi qui suis général'ment soigneux, même avec les pubs, eh bien, dans la surcharge de travail, j'avais négligé ... quatre boîtes. Et il a fallu que la personne me tombe dessus. Transmission de pensée ?

 

La plupart des env'loppes beiges, destinées aux contributions, sont distribuées. Celui qui me remplace a agi en conséquence, la s'maine dernière. Je m'attendais au contraire. Mais voilà : cueillons les bonnes surprises !

 

Chaussée d'Ixelles (ou rue des Champs Elysées) ...

 

Les trottoirs en diagonale et les boîtes aux lettres aussi dures à cuire que des pièges à souris étaient fidèles au programme, ce matin. Ha ha ha. Oui, je suis d'accord à l'idée ... qu'on devrait refaire le ch'min ou imposer des boîtes aux lettres règlementaires. Ca évit'rait aux vieilles personnes ... les chutes en cours de route. Le facteur évit'rait de se prendre le pouce dans la boîte en enfonçant le courrier. OK, OK. D'un autre côté, mon coeur vacille. Ces irrégularités ne sont-elles pas le sel du ch'min ? Ces irrégularités n'ont-elles pas une âme ? J'avoue que ... à force d'y rev'nir, de m'y faire la main, de voir mon caddy valser par terre et d'apprendre à le rel'ver, j'ai acquis une expérience de terrain, sur laquelle je ne crache pas. Les enn'mis au bout du bois sont-ils dev'nus mes amis ? Se limitaient-ils à jouer avec moi, comme des gosses dans une cour de récréation ?

 

Des clients se demandent s'ils recevront bientôt leur plaque de voiture. Paraît que ça arrive par la poste, comme recommandé. En réunion opérationnelle, au bureau, j'en ai entendu parler, y a déjà un certain temps. Mais je n'ai toujours rien vu venir. C'est d'ailleurs la poisse, à certaines périodes, quand un client, rue des Champs Elysées, de son balcon, m'attend (presque en chialant), quasi chaque jour, pour me demander ... quand lui parviendra sa plaque adorée, sa plaque chérie.

 

Rue de Vergnies.

 

J'en parle souvent, de celle-là.

 

Elle est belle, cette rue, quand elle se repose. La s'maine dernière, quand j'étais en repos, j'y suis repassé, en visiteur. Ses balcons sont typiques. Ses balcons font le guet. Ses balcons abritent des bouquets de fleurs. Un magasin de sports. Un théâtre. Un bistro populaire, d'où le chien ne peut pas sortir. Une ambiance de quartier. Encore.

Les rues de Paris, célèbres sur des clichés photos en noir et blanc, n'ont rien à lui envier.

 

Tiens ! Un coquillage sur une table !

 

Tiens ! Le chien du bistro de la rue de Vergnies, qui s'amuse à respirer, à fouiner autour de mon caddy !

 

"Tiens, où est votre sac ?", me demande une cliente. Oui, madame, j'ai traversé la rue pour présenter un recommandé au gars qui tient un magasin avec des baignoires. Quant au caddy, je l'ai laissé sur l'autre trottoir. En lieu sûr. "Tiens, où est votre sac ?". J'ai l'impression de me retrouver à l'école, à la fin du mois, ou du semestre, quand, radical'mrent, les autres élèves, les voisins, les grands-parents demandaient : "Combien t'as eu à ton bull'tin ?" (j'aimais pas ça du tout).

 

Rue de Vergnies, 29.

 

Mon collègue (remplaçant) est passé par là. Je le vois : trois lettres figurent au dessus d'un appui, pas loin d'un radiateur et à côté d'un journal. Du mauvais courrier, sans aucun doute. Je regarde les env'loppes et j'y lis : "Cécile Michel, rue de Vergnies 28", "Sandrine Buckinckx, rue de Vergnies 29" et "Sandra D'Hondt, rue des Champs Elysées, 27"

 

"Il ne sait pas lire, votre collègue ?", me diront plein de gens. Hugues, sois imperméable ! Relativise ! Analyse !

 

Allez, reprenons les trois mauvaises lettres retrouvées au ... rue de Vergnies, 29.

 

La première : "Cécile Michel, rue de Vergnies, 28".

 

Assurément, le "8" (de "28") est mal écrit. On peut le prendre pour un "9". Je suis égal'ment bien placé pour savoir que des clients font suivre leur courrier dans des boîtes où leur nom n'est pas forcément mentionné ; ça peut être la p'tite amie ou la mère ou la tante de l'occupant, une dame qui s'est déjà installée et qui n'a pas encore mis son nom sur la boîte. Miss Cécile Michel habite bien au "28", mais les numéros impairs, sur la rue de Vergnies, passent en premier. Mon remplaçant, qui n'a sans doute pas (encore) l'habitude des noms, a agi logiqu'ment.

 

La seconde : "Sandrine Buckinckx, rue de Vergnies, 29".

 

Là, l'adresse est correcte. Mais Madame Sandrine Buckinckx est partie. Le chang'ment d'adresse postal qu'elle a fait (qui dure trois mois) est expié, maint'nant. Je le sais. Le remplaçant, lui, est un peu moins au courant.

 

La troisième : "Sarah D'Hondt, rue des Champs Elysées, 27"

 

Là, il y a une erreur au niveau de la rue. Là, le remplaçant est ... en tort. Mais, comme je l'ai dit, déjà, dans un autre '"journal de bord", la confusion ne vient pas spécial'ment du manque d'observation du remplaçant, mais du système de tri, au bureau. Avant, oui, on classait le courrier par rues. Maint'nant, tout est séparé par numéros. Modernisation. Quand on trie, le matin, on est focalisé par le numéro.

 

Un peu plus loin, sur ma tournée, rue des Champs Elysées (au n° 56).

 

Au dessus de la boîte aux lettres, un envoi arrivé par erreur. J'y lis "rue des Champs, 56 - 1050 Bruxelles". Les gens qui écrivent ne mentionnent pas forcément une adresse en entier. Négligence ? Sens de l'abréviation ? Toujours est-il ... qu'il y a une "rue des Champs" (sans "Elysées") à "1040 Etterbeek". Les expéditeurs se trompent volontiers de numéro postal.

 

Et la vie s'écoule.

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