Arts et Lettres

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Inédit : "...." une comédie de S. B. par le théâtre d' I... question: Avez -vous trouvé?

Ensemble et séparément

Spectacle sublime

Porte Clair-obscur

Jeune avant-garde au garde-à-vous

Visages lisses.

Turkish delights dans une boîte de Pandore

Pas d'instruments, pas de couleur

Chaises suspendues sans peur du vide

Partition lumineuse à quatre mains

Pas à pas des éblouissements

Bombardement photographique haletant

Fragmentation du trio assis en cinq dimensions:

Quinze personnages.

Fascination de clignotements dont on ne peut comprendre la trame

Logettes, ruche, lucarnes, cellules brillantes claquent

Tout s’agite en solo sur ce  mur d’urnes qui parlent.

Mystérieux glissements de place

Vociférations muettes fracassantes, gestes picturaux

Palabres et prières en éclats

Concert de voix  parlée dans une langue inconnue sopranos, alto, baryton

Débit ultra rapide et totalement articulé  à tous les étages

Ensemble parfait mélodieux et tendu

Oiseaux migrateurs qui se sont abattus quelque part dans la ville.

Un sac de dame dans lequel on fouille rageusement

Perte de mémoire

Poses corporelles calculées au millimètre

Robes  de ville stylées et costumes bien coupés

Sombrent en un éclair

Maquillages parfaits

Chevelures soignées

Violents coups de talon au sol 

Les personnages se trouvent traqués

Dans leurs conversations anodines

Par la lumière comme des animaux

Des  forêts émus traversant la route, la nuit.

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Commentaire de Pascale Eyben le 3 juin 2013 à 16:48
Merci Deashelle d'avoir évoqué ici le talent de cette artiste remarquable qu'est Sahika Tekand, qui travaille à Istanbul.
En effet, Sahika Tekand est une femme multi-talentueuse qui réalise des spectacles qui vous marquent longtemps après les avoir vus, je dirais même vécus . Je l'avais découverte à Bruxelles, lors de la présentation de sa pièce "Oedipus Rex " en 2005, à Bozar, durant le Festival Europalia Turquie qui se déroulait alors. Oedipus Rex, basé sur la tragédie de Sophocle nous présentait des artistes et comédiens exceptionnels et une mise en scène tout à fait inédite, du jamais vu chez nous.

Les comédiens étaient placés dans des cages verticales, sortes d'échaffaudages avec des guérites, comme des boîtes géantes sur lesquelles la lumière se dirigeait à la vitesse de l'éclair, dans une frénésie qui soutenait ce rythme,  lumière dirigée vers chacun à son tour  selon sa gestuelle de mots,, de
cris, ou celle du choeur.    Un théâtre incantatoire, habité par la lumière et l'obscurité.
Un théâtre  du cri, du questionnement, de l'audace, de la parodie, et de la désespérance.
Jusqu'où irait l'homme dans ce monde sans communication vraie, pour assouvir son pouvoir? Qui écrase qui, qui répond à qui? Strictement déterminé par les règles du jeu. 

Une expérience à vivre, non seulement par la tête, mais aussi par le coeur et par le corps.

Sahika Tekand a plus d'un tour dans son sac et nous réserve encore quelques surprises  étonnantes de son cru. Une artiste à suivre, qui réalise un travail d'une immense exigence avec une troupe de grand talent. Ses comédiens  vivent ce "jeu" avec l'intensité nécessaire à ce genre de création.

 

D'autre part, voici quelques notes de Sahika Tekand elle-même (en anglais) au sujet de sa création Oedipus Rex, prises en 2002, qui éclairent quelque peu sa recherche et son travail de scénariste.

"# The crossword puzzle is at the same time Oedipus' weapon of power.
# The crossword puzzle is one of the most important factor in the legend that changes Oedipus' destiny.
# The crossword puzzle is a design that obligates practically to ask questions and look for answers.
# Because of this reason, all the questions in the play text are emphasised, and the play is practically settled on these questions. The music of the language of the play is essentially defined by these questions.

Commentaire de Deashelle le 9 mai 2013 à 12:01
Commentaire de Deashelle le 1 mai 2013 à 10:25

Play it cool!

Tu avais bien raison, Louis!  Et Joelle la première! J'ai essayé de calibrer ma "critique" sur le plaisir intense que nous avons eu à voir ce spectacle totalement codé à l'inverse de la coutume théâtrale ordinaire. Et donc j'ai pris un chemin de traverse dans l'émotion (mon texte) et l'humour (le jeu). PLAY!

Commentaire de Deashelle le 1 mai 2013 à 0:05

Lumière à la turque sur Beckett
Posted by Acturca in Art-Culture, Turquie. 
 
Le Soir (Belgique) mardi 9 avril 2013, p. 31

Catherine Makereel, Istanbul de notre envoyée spéciale

Sahika Tekand revient à Bozar avec « Play », interrogatoire déroutant.

On pourrait se dire que voir du Beckett en turc non surtitré relève d’un sérieux penchant sado-maso. Beckett, même en français dans le texte, tient déjà du voyage en Absurdie. Quand, en plus, découverte à Istanbul, l’irrationnelle logorrhée de l’auteur irlandais file sur une langue nerveuse dont on ne saisit pas un traître mot, tout cela pourrait paraître aussi attractif qu’un mode d’emploi électroménager en chinois. Pourtant, miracle d’une mise en scène physique et visuelle, d’une maniaque précision musicale, la petite heure de « Play » se gobe comme une spécialité culinaire étrangère, dont on préfère ne pas connaître la liste d’ingrédients pour n’en garder sur le palais que la mystérieuse saveur.

Rassurons les indécrottables sceptiques : Bozar promet de surtitrer cet étonnant kaléidoscope dessiné par la metteuse en scène turque Sahika Tekand. Néanmoins, on ne peut que vous conseiller de faire abstraction des sous-titres (à condition de lire au préalable le résumé de la pièce) pour ne pas perdre une miette d’un surprenant tableau mouvant, diabolique mécanique qui court sur quinze cases vivantes orchestrées par un jet de lumière déclenchant la parole des personnages dans un remuant ballet haché. Sous la lampe instable de cet interrogatoire cruel, les comédiens boxent avec des dialogues sectionnés, coupés en plein vol, repris en boucles lancinantes, pour faire toute la lumière (littéralement et vainement) sur une obscure affaire de tromperie. A l’origine, Beckett a imaginé un homme, sa femme et sa maîtresse, coincés dans leur cercueil respectif, comme au seuil d’un surréaliste purgatoire, monologuant chacun sur sa position, ses souvenirs, sans bien savoir ce qu’il ou elle fiche là.

C’est tout ce que vous avez besoin de savoir pour suivre, en turc, ce huis clos existentialiste sur l’incommunicabilité des êtres. Sahika Tekand travaille le texte comme un jeu, où les personnages apparaissent aléatoirement dans la lumière comme des pions sur une grille de Puissance4.

L’artiste travaille surtout le texte de Beckett comme une partition, avec des tempos réglés comme du papier à musique. Chapeau surtout au régisseur lumière, qui manie sa console comme les doigts d’un musicien sur son piano. Pas le droit à la moindre erreur dans cette danse des projecteurs réglés sur les infimes respirations, foudroyants mouvements, brusques hoquets et laconiques joutes de comédiens stroboscopiques.

C’est cette précision qui fait de la pièce un triangle amoureux paradoxalement très carré. Un choeur à la fois mathématique et fuyant. Que ce soit dans une langue étrangère achève de rendre cohérent cette métaphore de nos existences insensées.

Festival 0090, les 26 et 27 avril à Bozar, Bruxelles.

Les artistes à suivre:

Gökhan Girginol

Il a fait sensation en mars avec un Woyzeck décoiffant au Toc Tok Knock Festival du KVS. Il n’a que 25 ans et vient de finir ses études de mise en scène au R.I.T.S. Inspiré de l’art brut, il empoigne le classique de Büchner pour en faire un trip hallucinant en marge de la société doublé d’une charge féroce contre l’injustice sociale. Un Woyzeck entièrement en turc non surtitré mais accessible à tous dans un style très imagé. Et qui s’apprête donc à voyager à Anvers, Courtrai, Ostende, Louvain, Malines. Né à Genk, il est la troisième génération d’une famille immigrée dans les années 60 pour travailler dans les mines. Après avoir baigné dans le slam et le hip-hop, il a intégré le R.I.T.S. où il était le seul élève d’origine turque !

Sibel Dincer

Née à Istanbul, Sibel est venue en Belgique pour étudier le théâtre à l’IAD et a travaillé avec Frédéric Dussenne ou Philippe Sireuil. En parallèle, elle a fondé le groupe Sibel pour réarranger des chansons turques dans un style jazzy et anime une chorale de femmes chantant a cappella. « En théâtre, quand on est turque et qu’on a un petit accent, ce n’est pas facile de se faire une place sur la scène belge. Ce qui m’intéresse, c’est de créer des choses qui n’existent pas. » C’est ainsi qu’elle a monté une traduction française de Voilà la tête, voilà le tronc, voilà les ailes de Sevim Burak. «Le public turc immigré reste tourné vers la culture turque populaire, commerciale, vue à la télé. Peu vers ce quiest plus intellectuel. » www.sibelmusic.com.

Kadir Balci

Ce réalisateur belge s’est fait un nom avec son film Turquaze sur la crise identitaire de trois frères turcs de retour à Gand après avoir enterré leur père à Istanbul. Chronique familiale sur le tiraillement entre racines et pays d’accueil. « Né à la lisière des cultures flamande et turque, je n’ai jamais été sûr d’être à la bonne place ou d’être considéré en tant que personne à part entière, indépendamment de mes origines, raconte le cinéaste. Au cours de mes études, j’avais l’impression qu’on me percevait avant tout comme un Turc faisant des études de cinéma en Belgique, qu’on m’acceptait en tant qu’étranger, ce qui me mettait dans une position très étrange, vu que je me sentais aussi belge que les autres étudiants.»

Commentaire de Deashelle le 1 mai 2013 à 0:00

Commentaire de Louis Van Cappellen le 30 avril 2013 à 17:41

Je crois qu'il s'agit de la pièce "PLAY" de Samuel Beckett ?

Commentaire de Deashelle le 30 avril 2013 à 15:25


Commentaire de Deashelle le 30 avril 2013 à 11:21

Il y a quand même bien  quelqu'un qui va dire le nom de la pièce et celui de l'auteur?  

Commentaire de Deashelle le 30 avril 2013 à 9:25

mais oui! C'est le théâtre d'Istamboul!

Commentaire de Louis Van Cappellen le 30 avril 2013 à 0:04

Bravo à Joëlle qui a plus d'une corde à son arc : poète - duettiste - détective !

Avant de donner ma langue au chat par faute de temps, je pose une dernière question sur l'origine de la troupe : est-ce Istanbul ?

L'inscription sur le réseau arts et lettres est gratuite

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