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Le Misanthrope signé Dominique Serron à L'ATELIER JEAN VILAR du 17 au 27 octobre 2017

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 Jean-Baptiste Poquelin, autrement plus connu sous le pseudonyme de Molière, a dû se retourner de plaisir  du fond de sa tombe infamante, avec la belle mise en scène ultra-chic et moderne,  par  Dominique Serron en 2017, de sa  pièce emblématique « Le Misanthrope »  représentée pour la première fois au théâtre du Palais-Royal à Paris, le 4 juin 1666, par la Troupe du Roi.

Retrouvez les personnages : ALCESTE, dit le Misanthrope, amant de Célimène ; PHILINTE, ami intime d’Alceste ; ORONTE, « poète » et amant de Célimène ; CÉLIMÈNE, amante d’Alceste ; ÉLIANTE, cousine de Célimène ; ARSINOÉ, « amie » de Célimène ; ACASTE & CLITANDRE : 2 marquis prétendants de Célimène,  BASQUE, valet de Célimène ; UN GARDE de la maréchaussée de France ; DU BOIS, valet d’Alceste. Voici l’adresse du texte! http://www.toutmoliere.net/IMG/pdf/misanthrope.pdf

Alceste, l’atrabilaire drôlement sympathique et vif-argent joué par Patrick Brüll a tout pour plaire! Il circule à la vitesse du vent sur un plateau ouvert, entre les alexandrins bénis des amoureux de la langue française et ses élans passionnels pour la belle Célimène. « Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur, On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. » « Sur quelque préférence, une estime se fonde, Et c'est n'estimer rien, qu'estimer tout le monde. » « Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié, Ce commerce honteux de semblants d'amitié » « et je hais tous les hommes: Les uns, parce qu'ils sont méchants, et malfaisants  Et les autres, pour être aux méchants, complaisants».  

@Célimène : #headoverheelsinlove : « Mon amour ne se peut concevoir, et jamais, Personne n'a, Madame, aimé comme je fais. » Mais, «  J'entre en une humeur noire, en un chagrin profond, Quand je vois vivre entre eux, les hommes comme ils font; Je ne trouve, partout, que lâche flatterie, Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie » C’est là que l’on se dit que Molière a hélas mille fois raison! 

Et la belle Célimène, adulte-ingénue, blogueuse insatiable, fille du siècle, coquette ravis-s-amants vêtue et dévêtue,  et incarnée par la belle Laure Voglaire aura moralement bien du mal à capter les vivats du public! Sa présence physique elle a de quoi ensorceler!  Et tout le monde tombe sous le charme  tandis que  la mise au goût-du-jour de Dominique Serron fait merveille. Un nuage virtuel  nimbe les comédiens qui ont tous leur smartphone à la main, de la cuisine à la salle de bains. Le public médusé de la génération X applaudira bien sûr avec délectation les recours scénographiques aux nouvelles technologies et aux espaces des réseaux sociaux,   ...et la génération Y se trouvera pour une fois, très heureuse d’être au théâtre! Un théâtre qui leur tend pourtant le miroir d’une société totalement « moi-je »,  mais où ils peuvent se contempler à loisir, en selfies, en pied, en cap, sans épée, en échange photos, vidéos, liveshows,  en popularité et surtout en alexandrins extraordinaires! Irrésistible, non? Effet comique assuré! 

La mise en scène a mis le paquet et les deux mondes, celui du verbe et celui du virtuel font excellent ménage, grâce à l’inventivité de la mise en µscène qui infuse Molière dans les esprits en toute liberté et avec avec un art consommé. Notre mode de vie du "tout à l'écran", n'est il pas complètement dégénéré? L'étape suivante c'est la puce derrière l'oreille!  Côté peines du cœur et peines de d’argent, telles que vécues par le grand dramaturge français,  elle en a une  connaissance profonde et partage avec feu  les souffrances de cet Homme Révolté avant la lettre. A se demander d’ailleurs si l’Histoire, comme le pensent tant de  pays d’Orient, ne serait pas finalement cyclique? 

Les autres personnages, ne sont pas en reste. Arsinoé, vieille d’au moins quarante ans et jalouse (Alexia Depicker, qui joue également Eliante,  en deux tonalités parfaitement opposés) se la joue à la perfection dans son rôle d'hypocrite donneuse de leçons. Les soupirants, bien que sans rubans, sonnent très juste, et Philinthe (le très élégant François Langlois)  l’ami inconditionnel et l’honnête homme presque parfait, fait vraiment plaisir à écouter. Bien que, question d’honnêteté et de connivence,  on penche franchement pour l’atrabilaire amoureux!  Et l'on délecte les 780 alexandrins si agréablement prononcés par  la troupe bourdonnante de dynamisme, de l'Infini Théâtre!    

 

Ainsi donc, vous ressortirez, quelle que soit votre génération, enchantés d’une telle explosion de créativité  si bien rythmée et  infiltrée avec tant de savoir-faire de sagesse profonde !  

  • Création au Théâtre Jean Vilar  du 17 au 27 octobre 2017
  • Durée : 2h sans entracte
  • Réservations : 0470/67 97 20 ou reservations@audioscenic.be 

http://www.atjv.be/Le-Misanthrope-2017

 

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Commentaire de Deashelle le 23 octobre 2017 à 9:23

SCÈNES"Le Misanthrope" de Molière adapté aux réseaux sociaux, le coup de génie de Dominique Serron.  Critique.

Certes, chaque pièce de Molière, pour peu que la mise en scène l’actualise, rappelle l’éternelle modernité du grand dramaturge. Mais lorsque Célimène, sensorielle et captivante Laure Voglaire, affiche sa page Facebook et guette fébrilement ses "like", cette contemporanéité explose au regard. Celui des autres avant tout, tellement prégnant dans "Le Misanthrope". Car de quoi nous parle cette pièce sinon des rapports sociaux à l’heure où les réseaux se montraient moins virtuels ?

Misanthrope, Alceste (Laurent Capelluto épatant et touchant) ne l’est pas de naissance. Trop aimer les hommes, les femmes, et la sienne en particulier, aura nourri cette amertume en lui, porte-parole d’un Molière désemparé face aux attitudes séductrices de sa jeune épouse.

Au XVIIe siècle, les salons précieux rassemblaient les coquets, les frivoles, les opportunistes et les arrivistes. Mais aussi les artistes et les intellectuels. Ce sont les mêmes qu’on retrouve sur la toile. Le hipster poste des photos sur son compte Instagram et la coquette tient salon sur son blog ou sur FB. Et ce en mode exponentiel.

Pas plus que l’Alceste de Poquelin, celui de Dominique Serron ne veut jouer le jeu des réseaux sociaux. Dans la création de l’Infini Théâtre, l’écran remplace le salon, les textos les missives et les tweets les rumeurs. Et lorsqu’Oronte entre en scène, jean, baskets et blouson noir tendance sur le dos, c’est directement affublé de "@bogoss".

La metteure en scène, douée on le sait, pour adapter les classiques, qu’il s’agisse de "Carmen" (2015) ou du "Cid" (2013), et drainer le tout public au théâtre, dont des classes entières d’adolescents qui boivent les alexandrins sans broncher - un exploit à souligner à l’heure des tyranniques 140 signes du tweet - pousse cette fois l’exercice avec encore plus d’acuité, de vitalité et d’intelligence. Car franchement, adapter Molière aux réseaux sociaux, cela frise le coup de génie…

Visuels actuels, propos indémodable

© Pierre Bolle

Créée, pour les trente ans de la compagnie, au Studio Thor du chorégraphe Thierry Smits, dans un lieu habité de virginité, la mise en scène se révèle encore plus élégante, à l’image des toilettes branchées de ces dames, qui rentrent du shopping les bras chargés de paquets enrubannés. Coulisses à vue, vidéos, baskets blanches de mise et jolis dénudés composent une esthétique adaptée à l’indémodable propos.

Le tout servi par une distribution de haut vol, avec cinq acteurs pour onze rôles et une alternance entre Patrick Brüll et Laurent Capelluto dans le costume d’Alceste. Malgré un rythme parfois effréné pour les alexandrins, le texte est maîtrisé, déclamé avec d’intéressantes diversités de tempo, tantôt fulgurant, tantôt hyper lent, découpé, presque haché pour mieux être entendu. Ce sont ces dissonances qui permettent de mieux l’écouter. Et de comprendre, in fine, qu’à ce jeu de l’apparence, tout le monde est perdant. 

© Pierre Bolle

Commentaire de Deashelle le 20 octobre 2017 à 23:41

 Palmina Di Meo  Demandez le programme

Tournez manège !

Pour Dominique Serron, « Le misanthrope » est la plus marivaudesque des pièces de Molière et sa proposition le traduit à la perfection.

Le jeu est là, au centre de la scène, où le lit de la belle Célimène tournoie, dans sa cage rose, au rythme de l’humeur de ses « fans », telle une girouette aux quatre vents. C’est qu’elle cache bien son jeu. Coquette, elle ne cède rien lorsqu’elle dévoile sa vie sur son blog, s’amusant à entretenir la « virtualité » des sentiments. Celui qui est pris dans sa toile, c’est Alceste. Amoureux transi, épris de loyauté et de sincérité, il ne peut se plier au jeu social de l’hypocrisie et de la flatterie, ce qui lui vaut de récolter quelques misères au risque de retarder son explication avec Célimène qu’il souhaite demander en mariage... à condition qu’elle sacrifie sa vie mondaine pour lui vouer un amour exclusif.
Les alexandrins de Molière, légers, ludiques, n’enlève rien à la gravité du propos de Dominique Serron. Nos sociétés sont-elles déresponsabilisées, voire enfantines ? Le culte de l’instant, de l’image, de l’accès à l’autre par un « clic », les gadgets, tout cela peut-il tuer les valeurs d’honnêteté et de dignité ? L’écran va-t-il bouffer la vie ? L’angoisse de Célimène, est perceptible pourtant, filmée en gros plan depuis sur son smartphone. Alceste lui plait bien mais renoncer à son blog ? Trop cruel !
C’est la trouvaille de Dominique Serron, transposer les salons des précieuses sur le net. Le blog personnel devient une antichambre pour se rapprocher de la « lumière » : du roi au temps de Louis XIV, de la notoriété aujourd’hui, un subterfuge pour s’assurer un certain pouvoir social.
Avec une mise en scène dynamique, sur le mode du montage rapide, Dominique Serron pousse les comédiens dans l’urgence. Ils s’entrechoquent comme des pions sur un échiquier, surpris par les aléas du jeu.
Et nous nous surprenons à penser que Molière est bien vivant !

Commentaire de Deashelle le 20 octobre 2017 à 23:39

Infini Th+-«++¦tre Misanthrope (c) Pierre Bolle E45I1638

Molière résiste décidément à tout. La preuve avec Le Misanthrope , comédie en cinq actes écrite en 1666. Sous la houlette de Dominique Serron en 2017, ses salons précieux se muent en communauté Internet, sa prosodie chantonne au diapason des tweets, son accessoire principal devient le GSM et son intrigue alimente une « story » (Instagram). Célimène prend des airs de Paris Hilton quand elle exhibe son shopping à coups de selfies tandis que ses prétendants prennent le pseudo de « bogoss » sur les réseaux sociaux.

Bref, la mise en scène s’empare allègrement des écrans pour démontrer que l’hypocrisie et la superficialité de notre ère virtuelle n’ont rien à envier aux précieuses ridicules du XVIIe siècle.

Ainsi actualisé en mode hipster, ce Misanthrope aurait pu virer à la mise en trop mais la fable tient étonnamment bien la route (c’est bien là tout le mystère de l’œuvre intemporelle de Molière). Même en version 2.0, l’affrontement entre la mondaine Célimène et l’austère Alceste, entre le culte de l’apparence et la droiture des sentiments, fait mouche. D’ailleurs, mercredi soir, ce bain de jouvence confirmait ses effets tonifiants puisque la salle, largement occupée par un public scolaire, est restée bouche bée.

Il faut dire que, malgré l’omniprésence des objets connectés, les comédiens composent une partition charnelle, nerveuse. Et même sensuelle dans le cas de Laure Voglaire, Célimène d’une grâce voluptueuse. Elle a beau changer de tenue plus vite qu’une bloggeuse de mode, elle affiche une belle constance dans le snobisme et la frivolité, tout ce qu’Alceste, l’amoureux atrabilaire, déteste. Ce dernier est porté par un Laurent Capelluto ténébreux, romantique incorruptible, éprouvé dans son rigorisme par son amour pour Célimène. De sa bouche, les vers de Molière coulent comme du miel.

D’un même naturel avec les alexandrins, Alexia Depicker, François Langlois et Vincent Huertas endossent le reste des personnages : le pédant Oronte, le calculateur Philinte, la médisante Arsinoé, les bourgeois oisifs. Si ces croisements de rôles manquent encore un peu de clarté, ils donnent un ressort incontestable à l’intrigue.

D’une sobriété racée, les costumes racontent aussi leur part de futilité dans cette métaphore d’une société qui se perd à force de s’exposer, de se vendre, et de chercher son salut dans le nombre de « like » et de « retweet ». Un monde où l’être s’efface derrière le paraître.

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