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journal de bord, mardi 3 mai 2011

Les journées se suivent, avec leur part de nuance.

 

Pas eu trop de mal à me lever tôt, ce matin.

 

D'ici trois quarts d'heure, j'aurai peut-être déjà l'énergie de prendre mon bain.

 

Entre cinq heures (du matin), les jours de boulot, et huit heures trente (du matin), heure où j'entame ce "journal de bord", y a déjà de la différence. Même s'il est encore ... tôt.

 

J'aurai sûr'ment la force d'aller poster mon certificat. J'ai droit à cinq jours de récupération. Ca ne se refuse pas. Si ça se présente, je m'achèt'rai un nouvel album de photos, j'irai m'ach'ter une imprimante (j'ai assez d'sous), j'irai aussi m'ach'ter un nouveau p'tit bloc ... pour dessiner.

 

Hier, encore, ça m'a été difficile, après m'être levé, de décrocher de mon PC. Faire cinq pas pour valser dans le bain, c'était toute une expésition. Mes épaules, mes bras avaient du mal à se mouvoir et leurs mouv'ments étaient plus scandés qu'autre chose.

 

J'ai du me traîner par la peau du dos pour sortir, sur le coup de quinze heures. J'avais un rendez-vous chez un méd'cin vers dix-sept heures. Autant se mettre en marche rapid'ment.

 

Marcher en aveugle, tel est mon état d'esprit, mon état d'âme depuis quelque temps. MOn cerveau, par contre, fonctionne sept sur sept, lui. Le bonheur, ce n'est pas refuser sa condition, mais ... avancer avec, l'accepter. En f'sant confiance à la vie et aux jours merveilleux qu'elle nous réserve.

 

Ce qui est dur, quand on est claqué, surmené ...

 

C'est cette difficulté de voir quel est le bon choix pour avancer. Rester dans son trou ou sortir ? Si je reste chez moi, je risque de tourner à vide et de me taper la tête au mur. Si je bouge, c'est risqué, aussi. Beaucoup de gens en surmenage, en dépression (qui l'ont été ou qui le sont) me comprendront.

 

Un truc difficile à assumer, à assurer, quand, le coeur atrophié, le coeur fatigué, on prend quand même le temps, la peine de sortir et de rester en contact avec le monde : les regards que plus d'un(e) vous porte, les questions qu'on vous pose, l'obligation (sous-entendue) de répondre, de se justifier peut-être ...

 

Hier, je remonte l'av'nue des Celtes, la rue des Tongres. J'arrive devant deux terrasses. Et je tombe, comme par hasard, sur ... quelqu'un qui me connaît et qui me tend un sourire. Je m'arrête.

 

"Vous avez congé et vous prenez le soleil ?", me demande-t-elle, la voix légère, insouciante.

"Non, je suis en maladie", je réponds.

"Ca, c'est pas bien !"

 

Et voilà. Déjà, dans les gencives, dans le coeur, une réponse lourde à entendre. "C'est pas bien !" Mais merde, pourquoi ces réponses toutes faites, ces réponses franch'ment bateau, ces évaluations sans queue ni tête, dites sans doute pour dire quelque chose ? Je me suis permis de le lui faire remarquer, à la nana. Voilà qu'elle me répond : "je n'ai pas voulu dire ça, j'ai voulu dire : c'est dommage". Pauvre gamine : en voulant t'excuser, tu fais pire que bien. "C'est dommage !". Encore une évaluation, une expression bateau, une phrase ... négative. Dite sans arrière-pensée, mais qui fait ... mal. Non, c'est pas dommage d'être malade, le corps réagit avec ses signaux, c'est tout à fait légitime, agir (ou réagir) en connaissance de cause, c'est justement louable. C'est le contraire qui est ... dommage. Enfin, bon, Hugues, passe ta route !

 

Je me suis assis à une autre terrasse. Décidé à me détendre. Décidé à ne pas me faire aborder. Décidé à fermer les yeux.

 

Et, comme de bien entendu, j'ai à nouveau rencontré quelqu'un. Une voisine de table de terrasse. Une nana qui travaille dans un bureau, pas loin de la poste qui m'emploie. Une nana ... avec laquelle j'ai déj pris le tram.

 

Elle m'explique, avec un grand sourire, qu'elle est en dépression, qu'elle a eu des problèmes à son boulot. Elle m'évoque sa situation ... sans se plaindre, avec la bravoure du combattant. Déjà, ça me plaît. Déjà, ça me parle. Non pas essentiell'ment pour m'épancher sur "mon propre surmenage", mais pour vivre, recevoir un partage. Son ami, avec lequel elle est depuis deux ans et d'mie, a la sclérose en plaques et a du changer quelquefois de boulot. Il la soutient très fort. Ils aiment tous les deux l'Afrique. Elle passe, pour l'instant, son temps libre à faire des vaccins adaptés, en vue de partir, bientôt, au conjoint, au Ghana, avec tout le bonheur du monde.

 

Chapeau, amie !

 

 

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