Rocroi, le soir, par temps d'orage, ça ne manque pas de charme.
Les lampes oranges s'accrochent aux façades de maison.
Le tonnerre s'accroche. Le clocher de l'église, en face, aussi.
Et si la jeune serveuse blonde de l'hôtel, en bas, au rez de chaussée, qui fait les cent pas, m'inspirait une chanson !
Il fait chaud dans la chambre. Le contraire m'eût étonné. On m'a donné, en bas, une télécommande pour le mini poste de télé, dans la chambre où je dormirai deux nuits consécutives. Une fois de plus, quand j'essaie de faire fonctionner l'appareil, j'ai pas de chance. Ah, j'ai une baignoire dans la pièce à côté !
Cette ville m'a plu. J'ai eu envie de m'y poser, un peu plus que le temps d'une escale. Marcher, j'aime, oui. Mais ... m'arrêter, flâner en chemin, aussi.
Rocroi, c'est la ville en étoile. Avec des fortifications autour du centre. J'ai essayé, déjà, de me rendre sur les lieux, mais la pluie qui s'agite m'a fait changer d'avis. Demain, je retourne sur ces lieux symboliques qui me font penser, par moments, aux dunes sur la côte belge.
Je ne peux dire si le guide qui me renseigne le cours de la marche manque de justesse ou de précision. Mais ... en le suivant, une case m'a encore manqué.
Il était écrit, texto : "continuer par la rue au Bois jusqu'au château d'eau d'Hiraumont ... prendre la DI à droite et franchir la rocade autoroutière ... à la N51, aller en direction du Centre Ville ... au rond-point, suivre la rue A.Maine à droite et entrer dans Rocroi par la porte de Bourgogne (musée de la bataille de Rocroi)"
J'ai bien repéré le château d'eau d'Hiraumont. J'ai, ensuite, pris à droite plutôt qu'à gauche (je me suis dit : en repérant le ch'min, à gauche, je sais où on doit rev'nir pour continuer, demain). J'ai franchi un pont au dessus de l'autoroute. Je suis arrivé à un rond-point. J'ai regardé les panneaux ; j'ai bien vu, sur un de ceux de droite, la mention "ROCROI-centre". J'ai suivi. Final'ment, je tombe sur un panneau, sur la route, m'indiquant ... la fin de la commune de Rocroi.
Je reviens sur mes pas.
Je reviens sur le rond-point.
Je regarde une nouvelle fois les panneaux directionnels. En effet, y en avait un, dans la direction que j'avais prise ... mais il était prévu pour les camions. Dans l'autre sens, y en a une qui m'indique aussi ... le centre de Rocroi.
Ca va, j'ai fini par arriver.
Quand à la fameuse "rue A.-MAine", elle reste ... une énigme.
Tiens ! A Rocroi, on mange de la tarte aux fromages. On y met du lard dedans, apparemment. Elle est ... délicieuse. Sa préparation est différente de sa soeur jumelle, qui a son succès, en Belgique, dans la région de Wavre.
Tiens ! De l'autre côté de la place, presque face à l'hôtel où je loge, une halle abrite les flaques d'eau ... et plus d'un prom'neur.
Tiens ! Des Anglais sont de passage.
Tiens ! Des clients, qui prennent leur repas en même temps que moi, râlent contre les bières traitées industriell'ment.
Tiens ! Dans la région, les relais prévus pour les pélerins de Saint-Jacques ne manquent pas.
Demain, je compte me rendre à Bourg-Fidèle, l'étape suivante. Ca me vaudra juste ... six kilomètres. En f'sant le ch'min en sens inverse, j'arriv'rai à douze. OK.
J'aurai toute la matinée pour capter la température de la ville.
Tiens ! J'ai rêvé, la nuit dernière, que je pendais du linge, sur une hauteur qui me vaudrait la mort si je tombais, avec un collègue néerlandophone, qui me répondait en français.
Tiens ! Mes deux cloches aux pieds ne vont pas en s'améliorant.
Tiens ! La sangle de ma guitare se porte à merveille.
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