Je vais chanter. Pour une soirée-cabaret.
Je vais en croiser d’autres, dont l’un ou l’autre que je connais.
Ce s’ra pour une audition à huis clos, devant un jury, des gens qui s’ront là pour donner des conseils.
Je s’rai peut-être ret’nu pour passer au même endroit, demain soir, vers 20 heures 30.
Il me suffira (soyons pratiques), une fois d’plus, de prendre un train jusque Namur, de prendre ensuite un bus jusque Eghezée, dans les temps requis.
Quant au log’ment, sur place …
Là, je n’ai rien trouvé de concluant.
Sur Internet, j’ai pointé l’un où l’autre gîte, l’une ou l’autre chambre d’hôte. Mais ça ne se trouve jamais à Eghezée même, mais toujours dans une localité … avoisinante. Or, on sait que les rencontres (de spectacle), comme celles du type où je me rends aujourd’hui, commencent à une telle heure et se terminent parfois … plus tard que prévu. Et que même si la chambre d’hôte, le gîte se trouve peut-être rien qu’à trois ou cinq kilomètres, l’idée de réintégrer le lieu, à pied, à une heure peut-être avancée de la nuit, c’est pas d’la tarte (sans négliger les prix parfois peu démocratiques des gîtes et des chambres d’hôtes … qui ne sont même pas forcément renseignés sur Internet).
J’ai, à tout hasard, demandé à une responsable (de la soirée où je me rends aujourd’hui) si elle ne connaissait pas une possibilité d’hébergement à Eghezée, elle m’a répondu : « Là, tu me poses une colle ! »
Plutôt que de pousser les recherches, j’ai préféré pratiquer le lâcher prise, le « On verra bien ! ».
Au pire, que peut-il m’arriver ?
Me retrouver, peut-être, à deux heures du matin, seul, sur la route, entre Namur et Eghezée, quand le « Café des Sports », où je me s'rai rendu, aura plié boutique. Avec ma guitare et mon ukulélé sur le dos. Seul, à pied, dans la direction de Namur, sur une route (bordée d’arbres, je suppose). Je finirais bien par me retrouver à la gare de Namur (vers 6 heures du matin), je r’prendrais encore un train jusque Bruxelles, je m’donn’rais encore quatre ou cinq heures pour pioncer et récupérer chez moi, je pourrais à nouveau reprendre le train direction Namur en début d’après-midi, reprendre à Namur un bus jusqu’Eghezée (y en a encore à 18 heures) et me (re)trouver au « Café des Sports », demain, vers 20 heures 30, quand la soirée officielle (re)démarre.
Au pire, oui !
Ceci dit …
Moi qui ai déjà vécu, dans ma vie de troubadour itinérant, ce type de situation (rentrer tard sur les routes, dormir sur un banc, tenter de dormir sur ma housse de guitare à proximité d’une gare quand la gare est encore fermée), je suis bien placé pour avouer qu’en pratique, je ne le vis pas forcément "trop" mal, quand ça se présente. C'est surtout l'idée d'y penser (plus que la pratique, oui) qui peut être ... oppressante.
Bien sûr …
J’ai des connaissances à Namur. Je pourrais toujours téléphoner et leur demander si ça ne les dérang’rait pas de … J’obtiendrais peut-être des réponses satisfaisantes, enthousiastes. Mais … je n’ai pas toujours le cœur, l’énergie suffisants pour téléphoner. Etre en état de demande, c’est parfois la mer à boire, oui.
Bien sûr …
Je peux toujours trouver, à Eghezée, au "Café des Sports", des gens qui retournent vers Bruxelles.
Bien sûr …
Je peux toujours trouver, à Eghezée, au "Café des Sports", des gens qui rentrent vers Charleroi. Je connais même un endroit, par là, où je peux dormir sans problèmes (je dispose même d’une clé de cet endroit).
Bien sûr …
Tous les possibles restent encore possibles.
Autrement dit …
Je ne panique pas, je ne m’en fais pas.
Je tiens surtout compte de mon état physique qui n’est guère au beau fixe, ces derniers jours, malgré le soleil, malgré les jours de congé qui m’accordent une immense liberté. Mes états d’essoufflement, mes états vaseux, mes états de fatigue, mes sentiments continus de marcher à côté de moi-même, à côté de mes pompes, comme si j’allais tomber, comme si j’allais m’effondrer, se poursuivent, m’attaquent, m’enchaînent, me tarabustent. Je ne sais toujours pas , clair’ment, comment je dois agir à ce sujet. J'ai vu, hier matin, un méd'cin (qui m'a déjà consulté, y a trois s'maines) qui m'a dit que ça ne s'améliorait pas et que j'aurais intérêt à visiter un pneumologue pour des ... exercices fonctionnels respiratoires.
Quand je reste chez moi, je veux sortir. Quand je sors, j’en ai marre au bout d’un moment. Quand je m’occupe, mes bras me lâchent plus vite que prévu.
Il me semble, jusqu’à présent …
Que l’idéal, que la solution pratique la plus saine n’est autre que de … poursuivre, à p’tits pas, mon bonhomme de ch’min, avec les joies qui se présentent, les arpenter points par points, à p’tits pas (même dans un état vaseux, quand je ne sais pas faire autrement), en gardant un regard extérieur, vigilant, bienveillant, indulgent, lucide sur moi-même.
Et je me réjouis d'aller chanter ce soir.
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